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Bulletin du Forum mondial de l’eau
 
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Volume 82, Numéro 16 - Mardi, 17 Mars 2009
FAITS MARQUANTS DU 5ème FORUM MONDIAL DE L’EAU
LUNDI 16 MARS 2009
Le 5ème Forum mondial de l’eau s’est ouvert le lundi 16 mars 2009 à Istanbul, Turquie, et se poursuivra jusqu’au 22 mars. Dans la matinée, les participants se sont réunis en séance plénière pour écouter les discours d’ouverture et assister à la remise du Prix du Premier Ministre de la République turque pour l’eau et du Grand Prix mondial du Roi Hassan II pour l’eau. Dans l’après-midi, l’on a procédé à l’ouverture des sessions thématiques et au lancement du Rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau. Les participants ont également pris part à des sessions d’intérêt spécial.

Le Forum mondial de l’eau a pour objectif de faciliter une participation multipartite et un dialogue pour influencer la prise des décisions relatives à l’eau au niveau mondial, dans la poursuite d’un développement durable. Plus de 100 sessions thématiques sont prévues, et plus de 28000 participants attendus, notamment: des représentants des gouvernements, des agences des Nations unies, des organisations intergouvernementales et des organisations non gouvernementales (ONG), des universités, des médias et d’autres groupes de la société civile.

Le principal thème du Forum, “ surmonter les divergences, pour l’eau” sera débattu dans six sous-thèmes, à savoir: le changement global et la gestion du risque; la promotion du développement humain et des Objectifs de Développement du Millénaire (ODM); la gestion et la protection des ressources en eau; la gouvernance et la gestion; les finances; et le développement de l’éducation, de la connaissance et des capacités.

Une foire de l’eau et une exposition sur l’eau seront également organisées au cours du Forum, offrant ainsi aux participants une plate-forme pour présenter leurs réalisations et mettre en relief les aspects culturels de l’eau. Un Centre d’apprentissage facilitera les échanges de connaissances et d’expériences; l’on assistera également à des évènements permettant la participation des grands groupes réunis en vertu de l’Agenda 21, en particulier les enfants, les jeunes et les femmes.

OUVERTURE DU FORUM

DISCOURS D’OUVERTURE: Oktay Tabasaran, Secrétaire général du 5ème Forum de l’eau, a souhaité la bienvenue aux participants et a souligné que l’objectif principal de ce forum est de traiter en urgence la question d’une utilisation efficace de l’eau. Il a déclaré que le Forum sera aussi une tribune où discuter du développement économique, de la gestion locale, de la gestion du risque, du développement humain et des objectifs de l’ODM.

Loïc Fauchon, Président du Conseil mondial de l’eau a souligné que la tâche d’assurer un accès à l’eau “est une longue voie pavée de difficultés”, mais qu’elle doit être menée. Il a appelé à un partage plus rigoureux et plus harmonieux de l’eau et note l’importance de la volonté politique à cet égard. Fauchon a aussi relevé la nécessité d’une gestion efficace de l’eau, d’une protection des plus pauvres, ainsi que la nécessité de prendre en compte le principe de l’eau virtuelle.

Rappelant que les idéaux d’Istanbul sont la paix et la tolérance, Kadir Topbaş, Maire d’Istanbul a souhaité aux participants la bienvenue dans sa ville. Il a remarqué que les villes sont de grandes consommatrices des ressources en eau et que les autorités locales avaient une obligation de protéger les ressources naturelles et de planifier la sécurité de l’eau pour les générations futures.

Veysel Eroğlu, Ministre de l’environnement et de la foresterie de Turquie, a relevé que les questions liées à l’eau affectent la paix et que la stabilité ne peut être atteinte que grâce à une répartition juste des ressources en eau. Il a déclaré que l’eau est indispensable pour le développement et a souligné la nécessité de répondre à la sécheresse en Afrique et ailleurs dans le monde. Eroğlu a aussi souligné la nécessité de disposer d’une grande infrastructure de l’eau en Turquie et rappelé que l’objectif du Forum n’était pas de commercialiser l’eau, mais de fournir “une eau de bonne qualité à tous”.

José Luis Luege Tamargo, Directeur général de la Commission nationale de l’eau du Mexique a, au nom du Président Felipe Calderón du Mexique, parlé de la gestion de l’eau, du changement climatique et des projets d’infrastructure lancés lors du 4ème Forum mondial de l’eau tenu à Mexico.

Le Sous-secrétaire général des Nations unies, Sha Zukang, au nom du Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, a souligné que le Forum mondial de l’eau facilite le dialogue entre la communauté de ceux qui élaborent les politiques et la société civile. Il a recommandé quatre domaines d’action stratégique pour le Forum, à savoir: souligner les liens entre l’eau et le changement climatique; tirer des leçons de la réduction des risques de désastre pour accroître la capacité d’adaptation; améliorer la capacité des individus et des institutions grâce à l’appui des ressources financières et reconnaître l’importance de la gestion collaborative des eaux transfrontalières.

Abbas El Fassi, Premier Ministre du Maroc, a noté que le Forum se tient à la suite de la Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale organisée en 2008, et précède les négociations des Nations unies de 2009 sur un régime climatique de l’après 2012; le Forum intervient aussi au milieu d’une crise financière internationale.

Naruhito, Prince héritier du Japon, a souligné la nécessité que la collaboration doit servir à résoudre les questions urgentes de l’eau et à renforcer les initiatives pour atteindre les ODM. Il a relevé entre autres: le lien entre l’eau et le changement climatique; l’importance des initiatives de financement de l’eau; les dialogues de niveau ministériel ainsi que les sommets régionaux pour consolider la collaboration; et la nécessité du suivi et du renforcement des capacités par le biais de Eau-Nations unies.

Abdullah Gül, Président de la République de Turquie, a quant à lui déclaré que l’eau est non seulement une question technique, mais aussi un sujet qui requiert une attention et une priorité politique du plus haut niveau. Il a aussi déclaré que la communauté internationale doit reconnaître la nature limitée de l’eau et a souligné que des changements sont nécessaires dans les politiques pour apporter une solution au problème de la rareté de l’eau. Pour terminer, il a déclaré que le 5ème Forum mondial de l’eau devrait aller au-delà des efforts entrepris dans le passé et a appelé la communauté internationale à surmonter les divergences sur l’eau.

Les représentants des enfants de 21 pays sont par la suite montés sur la scène pour symboliser la coopération culturelle. Un concert donné par l’Orchestre philharmonique de Tekfen composé de musiciens venant de 23 pays de la région caspienne et de l’est de la méditerranée, a clôturé la session plénière.

PRIX DU PREMIER MINISTRE DE LA RÉPUBLIQUE TURQUE POUR L’EAU: Irfan Aker, du Conseil des gouverneurs du Conseil mondial de l’eau, au nom du Premier Ministre de Turquie, a remis le Prix du Premier Ministre turc pour l’eau, qui honore les représentants des média qui se sont distingués par leur couverture des questions nationales et internationales relatives à l’eau. Ce prix international a été remis à Alison Bartle, d’Aqua-Media International. Des prix nationaux ont été remis à Özgür Coban (Agence anatolienne), Özgür Yildirim (Canal 24), et Gurhan Savgi (Journal quotidien Zaman), et au programme Yesil Ekren sur NTV (reçu par Erman Yerdelen).

GRAND PRIX MONDIAL DU ROI HASSAN II POUR L’EAU: Le Premier Ministre El Fassi a présenté le Troisième Grand Prix mondial Hassan II pour l’eau récompensant la coopération et la solidarité dans les domaines de la gestion et du développement des ressources en eau. Abdelkébir Zahoud, Secrétaire d’État marocain chargé de l’environnement et de l’eau, a remis ce prix à Abdulatif Yousef Al-Hamad, Directeur général du Fonds arabe pour le développement social et économique. Al-Hamad a félicité le Maroc pour son leadership en matière de gestion de l’eau et a énuméré les projets de l’eau financés par son organisation.

OUVERTURE DES SESSIONS THÉMATIQUES

Henk van Schaik, du Programme de coopération sur l’eau et le climat, à propos du thème “changement global et gestion des risques”, a mis l’accent sur le lien entre l’eau et le changement climatique, les désastres et les migrations. Pasquale Steduto, Président de Eau-Nations-unies/organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sur le thème “développement humain”, a plaidé pour le renforcement des capacités nationales indispensables pour une action sur le terrain. Karin Krchnak, The Nature Conservancy, sur le thème “gestion et protection des ressources en eau”, a souligné l’importance de la gestion intégrée des ressources en eau pour répondre aux besoins humains et environnementaux.

Andre Dzikus, du Programme des Nations unies pour les établissements humains (UN-HABITAT), à propos du thème “gouvernance et gestion” a relevé que la crise de l’eau et de l’assainissement est une crise de gouvernance et de gestion, et non pas une crise de ressources.

Abel Mejia de la Banque mondiale, à propos de “Finances”, a parlé des obstacles au financement durable; de l’établissement du prix des services de l’eau; et de l’accès à l’eau et à l’assainissement pour les pauvres. András Szöllösi-Nagy, de l’Organisation des Nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), sur le thème de “l’éducation, la connaissance et le renforcement des capacités”, a noté que le projet de déclaration ministérielle du 5ème Forum est moins vigoureux que prévu lors des réunions thématiques préparatoires.

Kusum Athukorala, de Associated Development Research Consultants, a souligné que les six thèmes du Forum doivent être traduits en processus ministériels, tandis que Sahana Singh, de Asian Water, a souligné que les politiques doivent promouvoir le “changement difficile”. Monica Scatasta, de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), a indiqué que le processus thématique doit développer la compréhension commune des sujets critiques, notamment, la récupération des coûts et l’établissement des prix de l’eau. Ibrahim Gürer, de l’Université Gazi, a rappelé aux participants d’utiliser les sessions thématiques pour promouvoir la compréhension mutuelle.

LANCEMENT DU RAPPORT MONDIAL SUR LA MISE EN VALEUR DES RESSOURCES EN EAU

Le Directeur général de l’UNESCO Koїchiro Matsuura, a lancé le Troisième Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau (WWDR-3), et a souligné les mesures prises pour relever les défis à venir. Il a mis l’accent sur les messages clés du Rapport, notamment: la nécessité d’associer les spécialistes en matière d’eau à la prise des décisions; l’impact significatif sur l’utilisation de l’eau, des décisions prises pour répondre au changement climatique dans le secteur de l’énergie; l’importance du suivi et de l’évaluation d’une bonne gestion de l’eau; et la nécessité de renforcer les capacités dans les pays en développement.

Ali Backoğlu, Gouverneur général adjoint d’Istanbul, a encouragé une meilleure collaboration entre les pays, les secteurs et les parties prenantes. Emomali Rahmon, Président du Tajikistan, a déclaré que le Rapport aidera les décideurs dans l’application des approches et des technologies les plus avancées à la gestion de l’eau.

Alexander Müller, de la FAO, Hasan Zuhuri Sarikaya, Sous-secrétaire du Ministère de l’environnement et de la foresterie de la Turquie, et Pasquale Steduto, Président de Eau-Nations-unies/FAO, se sont félicités du lancement du rapport comme outil indispensable pour la gestion durable des ressources en eau. András Szöllözi-Nagy, de l’UNESCO a souligné que les facteurs externes ont des effets sur les ressources en eau et qu’une augmentation de la capacité de stockage de l’eau est essentielle pour faire face au changement climatique.

Olcay Ünver, du Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau et Willian Cosgrove de WWDR-3, ont souligné le changement de paradigme du rapport qui passe d’un focus spécifique à l’eau à un qui traite des paramètres externes de l’utilisation des ressources en eau, ainsi que les liens que le Rapport établit entre l’utilisation de l’eau et les objectifs élargis de développement.

Kenneth Konga, du Ministère de l’énergie et du développement des ressources en eau de la Zambie, a présenté l’étude de cas de son pays contenu dans le WWDR-3. Narcio-Rodrigues da Silveira, Vice-président du Brésil, a proposé la constitution immédiate d’un “Parlement mondial de l’eau”.

Yong-Joo Cho, de l’Institut des technologies de la construction de la Corée, a présenté un aperçu des initiatives coréennes en matière de gestion d’eau dans le contexte du changement climatique. Giorgio Sfara, de Coopération pour le développement, Italie, a mis l’accent sur le Plan d’Évian de G-8 et sur sa stratégie améliorée de mise en œuvre, en partenariat avec les pays africains.

SESSIONS D’INTÉRÊT SPÉCIAL

PANNE SÈCHE! COMMENT TRANSFORMER LA SÉCHÉRESSE EN OPPORTUNITÉS POUR UNE MEILLEURE GESTION

Le modérateur de la session, Marta Moren, Directrice générale de l’eau d’Espagne, a ouvert la séance en soulignant la nécessité d’une gestion efficace de la sécheresse au niveau local et global. Milagros Couchoud de l’Institut méditerranéen de l’eau, a noté que l’Espagne possède de nombreuses expériences en gestion de l’eau qu’elle peut partager. Hachmi Kennon, du Conseil mondial de l’eau, a noté la mise en œuvre réussie d’un plan de gestion de la sécheresse au cours de la sécheresse récente de quatre ans qui a frappé l’Espagne. Juan Antonio Arrese Luco, Ministère des travaux publics du Chili, a relevé que le changement climatique et son impact sur la quantité d’eau disponible sont passés au premier plan des préoccupations politiques. Jean-Paul Rivaud, Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable, de la ville et de la planification territoriale, France, a plaidé pour la promotion de l’efficacité de l’eau. Donald Wilhite du Centre national d’atténuation de la sécheresse, États-Unis, a pour sa part noté que le monde devrait: abandonner la stratégie de gestion de crise en faveur de celle de gestion des risques; demander aux intervenants d’élaborer des plans d’atténuation de la sécheresse, et établir des priorités pour une politique globale de la sécheresse.

Au cours des discussions qui ont suivi, les participants ont noté que la sécheresse est un processus cyclique national et ont appelé à une attention plus grande sur les stratégies d’adaptation. D’autres contributeurs ont souligné la nécessité d’approches de bas en haut en vue de réduire les conflits liés à l’eau, ainsi que les plans flexibles de gestion de la sécheresse.

Au cours des discussions au sein d’une table ronde, Carlos Motta Nunes du Brésil a présenté les activités de gestion de la sécheresse menées dans la région nord-est du Brésil. Notant que cette région reçoit des pluies en quantité suffisante, mais seulement dans un court intervalle de chaque année, il a souligné qu’une infrastructure adéquate de l’eau, ainsi qu’une implication des autorités locales, sont des préalables pour un accès équitable à l’eau. Javier Ferrer, d’Espagne, a présenté les activités du Bassin du fleuve Júcar, soulignant les avantages de passer d’une réponse en situation d’urgence à une structure de réduction de risque. Erkan Emіnoğlu,, de la Turquie, a parlé de la stratégie nationale de ce pays en matière de sécheresse, élaborée en utilisant une approche consultative.

Les discussions finales ont relevé: la nécessité de lier la gestion de l’eau aux autres secteurs environnementaux; la promotion des cultures résistantes à la sécheresse; le fondement juridique pour les transferts d’eau entre bassins; la disponibilité de fonds pour mettre à jour les systèmes d’eau; l’éducation des agriculteurs en matière de bonnes pratiques; la participation des enfants dans la planification de la gestion de l’eau.

SANTÉ, DIGNITÉ ET PROGRÈS ÉCONOMIQUE: LA VOIE À SUIVRE POUR L’ÉGALITÉ DES SEXES: La Co-présidente Kenza Kaouakib-Robinson, Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES-ONU), a ouvert la session en prônant des données ventilées par sexe dans le secteur de l’eau et de l’assainissement sur la base des recommandations d’un groupe d’experts réunis pour le DAES-NU et le programme de la Décennie des NU sur l’eau pour le développement des capacités(UNW-DPC).

La Co-présidente de la session, Uschi Eid, du Conseil consultatif pour l’eau et l’assainissement auprès du Secrétaire général des Nations unies, a demandé que terme soit mis fin au “silence entourant l’assainissement et a demandé instamment que des toilettes adéquates deviennent des préalables pour l’octroi des fonds aux projets de santé et d’éducation.

Bertrand Charrier, de la Fondation Chirac, a souligné le fait que l’eau et l’assainissement constituent des problèmes différents, mais que les deux présentent des dimensions liées au sexe. Deux femmes qui avaient participé à la Conférence préparatoire sur les Femmes et l’eau tenue à Hilal Gonca Coşkun, Université d’Istanbul, et Siegmien Staphorst, du Partenariat des femmes pour l’eau, ont parlé des résultats de la réunion, y compris une demande faite aux chefs d’états et aux ministres de mettre en œuvre un budget reflétant le rôle des sexes en matière d’eau et d’assainissement.

Elmira Joldosheva, de l’Alliance de l’Asie centrale pour l’eau, a présenté les expériences du Kyrgyzstan, Uzbekistan et Tajikistan en matière d’eau et d’assainissement, tout en soulignant leurs succès dans la formation des femmes en tant que facilitatrices régionales en assainissement.

Au cours d’un débat de haut niveau, Nimet Çubukçu, Ministre des Affaires féminines et familiales de la Turquie, a relevé la nécessité d’impliquer les femmes dans les processus de prise de décision, souligné l’importance de la sensibilisation et du renforcement des capacités, et noté le rôle spécifique des femmes dans l’agriculture et l’irrigation.

Santha Sheela Nair, Ministre du développement rural de l’Inde, a parlé des tabous qui entourent la discussion sur les menstruations féminines et la défécation. Elle a souligné que les facilités sanitaires doivent être adaptées au contexte dans lequel elles sont construites et tenir compte des questions telles que la sécurité, la disponibilité de l’eau, ainsi que des besoins des enfants, des bébés et des adultes.

Asfaw Dingamo, Ministre des ressources en eau d’Éthiopie, a fourni des exemples démontrant comment les questions liées au sexe ont été incorporées dans l’agenda national au cours des 20 dernières années, en particulier le récent Mouvement sur la fourniture de l’eau, l’assainissement et l’hygiène. Les participants ont discuté des sujets suivants: le rôle du sexe dans la gestion des désastres; les données sur les questions liées à l’eau ventilées par sexe; et les barrières sociales à l’utilisation des toilettes sèches Ecosan.

Sascha Gabizon, de Femmes d’Europe pour un avenir commun, et Charlotte Van der Schaaf, de l’UNW-DPC, ont modéré une discussion sur les recommandations pour les objectifs globaux et nationaux, ainsi que pour des indicateurs sexospécifiques en matière d’eau et d’assainissement. Les panélistes et les participants ont discuté de la création et de l’utilisation d’indicateurs sexospécifiques, de la collecte des données, du financement pour l’eau et l’assainissement, ainsi que du renforcement des capacités pour la participation des femmes.

UN BREF HISTORIQUE DES QUESTIONS GLOBALES LIÉES À L’EAU

L’eau douce est une ressource épuisable et constitue un impératif pour le développement durable, la croissance économique, la stabilité politique et sociale, la santé et l’éradication de la pauvreté. Alors que les questions liées à l’eau figurent depuis longtemps dans l’ordre du jour des discussions internationales, le débat sur la manière de répondre à la demande mondiale croissante d’eau douce s’est intensifié au cours des dernières années: aujourd’hui, plus de 800 millions de personnes manquent d’eau potable, tandis qu’environ 2,5 milliards n’ont pas accès à un assainissement adéquat.

En réponse à ces défis, le Forum mondial de l’eau a été lancé comme une plate-forme pour inclure les questions liées à l’eau dans les discussions internationales. Le Forum mondial de l’eau est organisé tous les trois ans par le Conseil mondial de l’eau (CME) en collaboration avec le pays hôte. Le CME, un groupe international de réflexion sur la politique de l’eau, a été créé en 1996 pour traiter les préoccupations globales relatives aux pressions exercées sur les ressources en eau douce de la planète. Le Forum est un processus ouvert à tous, global et multipartite qui a pour objectifs: accroître l’importance de l’eau dans l’agenda politique, faciliter l’intensification des débats en vue de trouver des solutions aux problèmes internationaux de l’eau au 21e siècle, formuler des propositions concrètes, et susciter un engagement politique. Le Forum mondial de l’eau se réunit dans le contexte des autres dialogues internationaux, régionaux et nationaux sur l’eau.  

1er FORUM MONDIAL DE L’EAU: Le 1er Forum mondial de l’eau tenu à Marrakech, Maroc en mars 1997, a chargé le CME d’élaborer une vision à long terme sur l’eau, la vie et l’environnement pour le 21ème siècle. Le 1er Forum a également mis en garde contre le traitement de l’eau comme un bien marchand, et a établi des priorités, à savoir: l’eau et l’assainissement; la gestion des eaux partagées; la conservation des écosystèmes; l’égalité des sexes; et l’utilisation efficace de l’eau.

2ème FORUM MONDIAL DE L’EAU: Le 2ème Forum mondial de l’eau s’est déroulé à la Haye, Pays-Bas, en mars 2000. La Déclaration ministérielle a défini les principaux défis pour l’avenir, notamment : la satisfaction des besoins fondamentaux en matière d’eau; la sauvegarde de l’approvisionnement alimentaire, la protection des écosystèmes, le partage des ressources en eau, la gestion des risques, la valorisation de l’eau et la gouvernance raisonnable de cette ressource. Dans cette déclaration, les ministres ont convenu d’examiner sur une base régulière, les progrès accomplis pour relever ces défis, et de fournir un soutien au système des Nations unies pour la réévaluation périodique de l’état des ressources en eau douce.

SOMMET DU MILLÉNAIRE DES NATIONS UNIES: Au Sommet du Millénaire des Nations unies tenu au siège des Nations unies à New York en septembre 2000, les dirigeants du monde ont adopté la Déclaration du Millénaire qui comprend huit Objectifs de Développement du Millénaire (ODM) et 18 cibles, dont la cible consistant à réduire de moitié d’ici 2015, le nombre de personnes sans accès à l’eau potable.

CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR L’EAU DOUCE: La Conférence internationale sur l’eau douce s’est tenue à Bonn, Allemagne, en décembre 2001, dans le cadre de la préparation du Sommet mondial sur le développement durable (SMDD). Cette Conférence a discuté de : l’accès équitable à, et l’approvisionnement durable de l’eau pour les pauvres; les stratégies pour la gestion durable et équitable des ressources en eau; l’intégration de perspectives sexospécifiques; et la mobilisation de ressources financières pour l’infrastructure de l’eau.

SMDD: Lors du Sommet mondial sur le développement durable tenu à Johannesburg, Afrique du Sud en août-septembre 2002, les dirigeants du monde sont allés plus loin dans la cible des ODM sur l’eau potable en acceptant de réduire de moitié d’ici 2015, le nombre de personnes ne disposant pas d’un système adéquat d’assainissement. Parmi les autres cibles liées à l’eau établies dans le Plan d’application de Johannesburg, il convient d’inclure: l’engagement de développer une gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et la mise en place des plans d’efficacité de l’eau, avant 2005. Les gouvernements, les organismes de prêt et les organisations internationales ont également lancé plusieurs partenariats volontaires et initiatives dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.

3ème FORUM MONDIAL DE L’EAU: Lors du 3ème Forum mondial de l’eau qui s’est déroulé à Kyoto, Osaka et Shiga, au Japon en mars 2003, les ministres ont adopté une déclaration soulignant le rôle de l’eau en tant que moteur du développement durable, et ont lancé le Portefeuille d’actions pour l’eau, un inventaire de plus de 3000 actions locales relatives à cette ressource vitale. Le rapport intitulé “Financer l’eau pour tous”, élaboré par un Groupe de haut niveau présidé par Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international, a également été présenté, ce qui a conduit à la mise en place du Groupe de travail intersessions sur “Financer l’eau pour tous”.

29ème SOMMET du G-8: À leur sommet annuel tenu à Évian, France, en juin 2003, les dirigeants du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G-8) ont adopté le Plan d’action sur l’eau pour contribuer à la réalisation des cibles des ODM et du SMDD consistant à réduire de moitié d’ici 2015, le nombre de personnes sans accès à l’eau propre et à l’assainissement. Dans ce plan d’action, les dirigeants du G-8 ont pris l’engagement de: promouvoir la bonne gouvernance; tirer parti de toutes les ressources financières; donner les moyens aux autorités et aux communautés locales de construire les infrastructures; renforcer la surveillance, l’évaluation et la recherche; et renforcer l’engagement des organisations internationales.

12e et 13e SESSIONS DE LA COMMISSION DES NATIONS UNIES SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE (CSD-12 et CSD-13): À ses 12e et 13e sessions tenues à New York en avril 2004 et en avril 2005 respectivement, la CSD s’est concentrée sur les politiques et les actions visant à accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et des établissements humains. La section sur l’eau dans le document final de la CSD-13 demande entre autres: d’accélérer la réalisation des cibles 2015 d’accès à l’eau des ODM et du SMDD en augmentant les ressources et en utilisant une gamme d’instruments politiques tels que la réglementation, les outils axés sur le marché, la récupération des coûts, les subventions ciblées pour les pauvres et les incitatifs économiques pour les petits producteurs; l’amélioration de la demande en eau et de la gestion des ressources, en particulier dans le domaine de l’agriculture; et l’accélération de la fourniture de l’assistance technique et financière aux pays qui ont besoin d’aide pour atteindre l’objectif 2015 de la GIRE.

DÉCENNIE INTERNATIONALE 2005-2015 D’ACTION “L’EAU, SOURCE DE VIE”: Organisée par les Nations unies, la Décennie internationale d’action “l’eau, source de la vie” se concentre sur la mise en œuvre des programmes et des projets liés à l’eau et sur le renforcement de la coopération relative aux questions de l’eau à tous les niveaux. Les priorités comprennent: l’accès à l’assainissement; la prévention des catastrophes; la pollution; les questions des eaux transfrontalières, l’eau, l’assainissement et les questions liées aux sexes; le renforcement des capacités; le financement; et la GIRE. Pour la décennie, l’Afrique a été identifiée comme une région d’action prioritaire.

4ème FORUM MONDIAL DE L’EAU: Le 4ème Forum mondial de l’eau s’est tenu à Mexico, Mexique en mars 2006. Dans leur déclaration, les ministres ont souligné la nécessité d’inclure l’eau et l’assainissement comme priorités dans les processus nationaux, en particulier les stratégies nationales de développement durable et de lutte contre la pauvreté. Ils ont réaffirmé leur engagement à atteindre les objectifs convenus au plan international sur le GIRE, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement de base, et souligné le rôle de soutien que les parlementaires et les autorités locales peuvent jouer à cet égard. La Déclaration a aussi reconnu l’importance des politiques nationales et internationales de renforcement des capacités, et de la coopération dans l’atténuation les catastrophes dues à l’eau.

DÉVELOPPEMENTS DEPUIS LE 4ème FORUM MONDIAL DE L’EAU

PROCESSUS PRÉPARATOIRE DU 5ème FORUM MONDIAL DE l’EAU: Un certain nombre de réunions préparatoires se sont tenues avant le 5ème Forum mondial de l’eau, notamment, des rencontres visant à faire avancer les processus thématiques, politiques et régionaux du Forum.

L’Alliance des femmes turques pour le Forum de l’eau s’est réunie à deux reprises pour définir leur rôle dans ce Forum.

Réunions du processus thématique: Plusieurs réunions multipartites ont été organisées pour déterminer les thèmes, les sujets et les sessions qui guideront les discussions au cours du Forum.

Réunions du processus politique: Quatre réunions du Comité préparatoire se sont tenues pour négocier le projet de Déclaration ministérielle et le Guide stratégique d’Istanbul pour l’eau qui sera annexé à la déclaration finale. Les parlementaires se sont réunis à la Conférence préparatoire du processus parlementaire du 5ème Forum mondial de l’eau tenue à Strasbourg, France en novembre 2008, pour préparer leur ordre du jour pour le Forum. Les autorités locales se sont rencontrées à plusieurs reprises, notamment à la réunion des Cités et Gouvernements locaux unis (CGLU) tenue à Istanbul Turquie, en novembre 2008, pour rédiger le projet de consensus d’Istanbul sur l’eau.

Réunions du processus régional: Les quatre régions du Forum (Afrique, Amériques, Asie-Pacifique et Europe) et les trois sous-régions (à l’intérieur et autour de la Turquie, méditerranée et Moyen-Orient, Afrique du Nord et pays arabes) ont tenu des réunions pour préparer le Forum et déterminer leurs contributions au projet de déclaration ministérielle.

2008, ANNÉE INTERNATIONALE DE L’ASSAINISSEMENT: Organisée par les Nations unies, l’objectif de l’Année internationale de l’assainissement était de sensibiliser et d’accélérer l’évolution vers la réalisation de la cible des ODM sur l’assainissement. Le Plan d’action pour l’année comprenait des activités de sensibilisation, la diffusion et la mise à jour des publications, la surveillance de l’accès et des engagements, le progrès accomplis dans la mise en œuvre, le renforcement des capacités, l’évaluation des coûts et bénéfices.

16e SESSION DE LA CSD: Tenue à New York en juin 2008, la 16e session de CSD sur le développement durable a procédé à une étude sur la mise en œuvre des décisions de la CSD-13 des Nations unies relatives à l’eau et à l’assainissement. Les délégués ont constaté que: selon les tendances actuelles, l’Afrique ne pourra pas atteindre, avant 2076, les cibles des ODM sur l’eau et l’assainissement; la mise en œuvre de la décision de la CSD-13 des Nations relative à la GIRE a été lente; par ailleurs, les indicateurs pour la surveillance des changements chez les pauvres notamment, ne sont pas disponibles. Les délégués ont demandé instamment: un investissement pour améliorer et entretenir l’infrastructure, renforcer les capacités, et promouvoir la bonne gouvernance; la prise en compte de la gestion des eaux transfrontalières; et la prise en compte de l’importance vitale de l’assistance financière, particulièrement pour l’Afrique

34ème SOMMET ANNUEL DU G-8: À leur Sommet tenu à Toyako, Japon, en juillet 2008, les dirigeants des pays du G-8 ont accepté d’accroître leurs efforts pour la mise en œuvre du Plan d’action d’Évian sur l’eau qu’ils évalueront avant le prochain sommet du G-8 en 2009. Ils ont également accepté de promouvoir la GIRE et “la bonne gouvernance de l’eau”, avec un accent particulier en Afrique sub-saharienne, et dans la région Asie-Pacifique, notamment en renforçant les organismes de bassins transfrontaliers; en échangeant l’expertise et la technologie liées à l’eau avec les pays en développement, et en soutenant le renforcement des capacités en ce qui a trait aux initiatives liées à l’eau, la collecte et l’utilisation des données, et l’adaptation au changement climatique.

 “LA PAIX AVEC L’EAU”: Réunie au Parlement européen, Bruxelles, Belgique en février 2009 à l’initiative de l’ancien dirigeant soviétique Mikhail Gorbatchev, et organisée par le Forum politique mondial, les Groupes parlementaires européens et l’Institut européen de recherche sur la politique de l’eau, cette conférence a demandé que les questions relatives à l’eau soient incluses dans tout accord qui succédera au Protocole de Kyoto sur le changement climatique. Les participants ont proposé un Mémorandum pour un Protocole mondial sur l’eau concentré sur la prévention des conflits, la promotion du droit à l’eau pour tous et la sauvegarde du patrimoine mondial de l’eau pour les générations futures.

1er FORUM MINISTÉRIEL DU G-77 SUR L’EAU: Dans leur déclaration de Muscat, les ministres du G-77 participant à cette réunion à Muscat, Oman, en février 2009, ont entre autres: souligné la nécessité d’améliorer les échanges sud-sud du savoir scientifique et technologique; demandé au système des Nations unies de jouer un rôle de premier plan dans le soutien à une recherche pertinente; souligné la capacité de la biotechnologie à lutter contre la pauvreté; et souligné la nécessité aussi d’une meilleure compréhension de cette technologie. Ils ont convenu de se réunir annuellement, si nécessaire.

1ère RÉUNION CONJOINTE DU RÉSAU DES FEMMES MINISTRES ET CHEFS DE FILE DE L’ENVIRONNEMENT (NWMLE): Tenue à Nairobi, Kenya en février 2009, cette réunion conjointe entre NWMLE et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a discuté des questions figurant également à l’ordre du jour de la 25e session du Conseil d’administration du PNUE/Forum ministériel mondial sur l’environnement. Pour ce qui est de l’eau, les participants ont recommandé : que soit reconnu le rôle clé des femmes dans l’approvisionnement, la gestion et la préservation de l’eau et des ressources environnementales; que les politiques et les stratégies relatives à l’eau et à la gestion environnementale respectent les différences entre les sexes; qu’une attention particulière soit accordée à la collecte des données liées aux sexes et ventilées par sexe, et que soient élaborés des indicateurs sexospécifiques pour le suivi de la mise en œuvre des politiques multilatérales et nationales.

Le Bulletin du Forum mondial de l’eau est une publication du l’institut international du développement durable (IIDD) <info@iisd.ca>, éditeurs du Bulletin des Négociations de la terre © <enb@iisd.org>. Ce numéro a été rédigé et édité par Robynne Boyd, Claudio Chiarolla, Alexandra Conliffe, Tallash Kantai, Wangu Mwangi, Kate Neville, et Anna Schulz. Photographe: Leila Mead. Éditeur numérique: Diego Noguera. Version française: Hélène Kom - révision: Pia M. Kohler, Ph.D. Éditeur: Lisa Schipper, Ph.D. <lisa@iisd.org>. Directeur du Service d’information de l’IIDD: Langston James “Kimo” Goree VI <kimo@iisd.org>. Le financement de la couverture de cette réunion a été fourni par le Secrétariat du 5ème Forum mondial de l’eau. L’IIDD peut être joint par voie postale au 161 Portage Avenue East, 6th Floor, Winnipeg, Manitoba R3B 0Y4, Canada; par téléphone au: +1-204-958-7700; et par télécopieur au: +1-204-958-7710. Les opinions exprimées dans le Bulletin appartiennent à leurs auteurs et ne reflètent pas forcément les vues de l’IIDD. Des extraits du Bulletin peuvent être utilisés dans d’autres publications moyennant citation académique appropriée. Les versions électroniques du Bulletin sont transmises à travers notre liste de distribution e-mail (formats HTML et PDF) et sont disponibles en ligne au <http://www.iisd.ca/>. Pour tous renseignements sur le Bulletin, y compris les demandes de couverture d’événements par nos services, contacter le Directeur du service d’information de l’IIDD par courriel à: <kimo@iisd.org>, par téléphone à: +1-646-536-7556 et par voie postale au 300 East 56th St.,11A, New York, NY 10022, États-Unis d’Amérique. L’équipe de l’IIDD au 5ème Forum mondial de l’eau peut être jointe par courrier électronique à: <alexandra@iisd.org>.
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