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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 25 No. 05
Vendredi 6 Juin 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA QUATRIEME REUNION
DU PROCESSUS CONSULTATIF:
JEUDI 5 JUIN 2003
Les délégués près de la Quatrième Réunion
du Processus Consultatif Officieux sur les Océans et le Droit
de la Mer (Le Processus Consultatif) a conclu le Groupe de
Discussion sur la protection des écosystèmes marins fragiles.
Les participants ont entendu des exposés et engagé des
discussions sur les récifs coralliens, des habitats proches
des littoraux dans le Pacifique, et les monts marins.
LE GROUPE DE DISCUSSION B
LES EXPOSES: Les récifs coralliens:
Diana Ponce Nava, du Federal Environment Secretariat of
Mexico, a donné un aperçu sur le cadre administratif et
juridique mis en place par le Mexique pour la protection de
l'environnement marin et des ressources qu'il recèle, se
focalisant sur les récifs coralliens. Elle a indiqué que les
mesures protectrices englobent l'établissement de zones
marines protégées (ZMP), la surveillance et le suivi, et des
restrictions imposées sur la pêche, la navigation et le
tourisme. Elle a noté que les sanctions des préjudices causés
comprennent amendes, peines de prison, annulations de permis,
et saisies. Ponce Nava a mis en exergue le problème de
l'échouage des navires sur les récifs coralliens, citant le
cas du navire Rubin, et a parlé de la faiblesse du régime
juridique mexicain en matière de responsabilité et de
compensation. Elle a appelé entre autres: à une étude
écologique du système des récifs coralliens et de leurs
valeurs non-utilitaires; à l'élaboration d'un annuaire
international des experts en matière de d'évaluation des
écosystèmes et d'estimation des préjudices; à une assistance
technique dans le domaine de la production et de l'entretien
des cartes de navigation; à une coopération diplomatique et
juridique pour la résolution des cas de compensation; et le
renforcement des procédures de réparation des préjudices.
Les habitats proches des littoraux du
Pacifique: Tim Adams, du Secrétariat de la Communauté du
Pacifique, a donné un aperçu sur le système de gouvernance des
pêcheries du Pacifique, notant qu'il reconnaît les systèmes
communautaires et les savoirs traditionnels. Il a mis en
exergue les sujets de préoccupation, notamment, l'impact des
changements climatiques; la fragilité des habitats de mangrove
et autres espèces de flore aquatique, du fait de l'activité
humaine; la préservation des stocks de thons, et la culture
des perles. IL a expliqué que la fragilité des écosystèmes
marins du Pacifique est due: à la proximité d'une population
humaine dense; à l'absence d'une gestion des zones éloignées;
et, à la dépendance économique sur les ressources marines. En
vue de relever ces défis, il a plaidé pour l'entreprise d'un
aménagement en zones, l'instauration d'un contrôle efficace,
et l'imposition de fermetures saisonnières, il a souligné
l'importance de la coopération régionale et internationale, et
a apporté son appui à l'application du principe de précaution.
Les monts marins et la biodiversité des
mers profondes: Matthew Gianni, de l'UICN, a présenté un
exposé sur les monts marins, mettant en relief la richesse de
leur biodiversité et leur fragilité face à la pêche,
principalement la pêche illicite, non documentée et
irrégulière. Il a fait état de l'augmentation enregistrée dans
les pêches de ce genre avec des navires capables d'aller plus
loin et plus en profondeur. Il a décrit le cadre juridique
international en vigueur où des actions sont menées pour le
traitement de ce problème, et a souligné l'impératif d'un
recours au principe de précaution. Il a recommandé que
l'Assemblée Générale envisage l'adoption d'un Moratoire sur
les pêches aux alentours des monts marins. Il a noté que
contrairement aux autres écosystèmes à riche biodiversité,
tels que les forêts pluvieuses et les récifs coralliens, les
monts marins ne sont exposés ni à l'éventail des menaces ni à
la pression des communautés locales, ce qui rend leur
protection plus aisée, en quelque sorte.
Le débat: Après chaque présentation,
les participants mènent un débat sur les sujets ayant trait: à
la protection des écosystèmes marins fragiles; aux littoraux;
aux récifs coralliens; aux monts et écosystèmes des zones
situées au-delà des lignes de juridiction nationale; à la
pêche; à la coopération et à la coordination; et à
l'évaluation des zones marines de la planète.
Protection des écosystèmes marins fragiles:
Plusieurs pays ont parlé des mesures intérieures appliquées
pour la protection des écosystèmes marins fragiles. Nombre de
délégués ont apporté leur appui à l'approche basée sur
l'écosystème dans le domaine de la conservation et de la
gestion de l'environnement marin et de ses ressources, le
CANADA mettant en exergue son approche fondée sur des
objectifs précis. L'INDE a souligné l'importance de la
participation des parties prenantes dans l'élaboration des
plans de conservation et de gestion. Le VENEZUELA a appelé au
transfert des technologies et l'échange d'informations aux
fins d'améliorer l'efficacité des efforts fournis au plan
intérieur. La JAMAIQUE a souligné la nécessité de traiter de
la question du transport des substances dangereuses et du
dédommagement des préjudices, et a encouragé la fourniture
d'une assistance pour la conduite d'études sur les capacités
disponibles. L'ARGENTINE a appelé à un renforcement du suivi
des capacités. Le délégué des ETATS-UNIS a décrit les critères
devant être appliqués pour les réseaux de ZMP, notant qu'ils
doivent être fondés sur la science, applicables et efficaces,
et en conformité avec l'approche basée sur l'écosystème et le
droit international. La BANQUE MONDIALE a souligné la
nécessité d'un cadre scientifique solide, et du traitement des
lacunes constatées dans les domaines des données disponibles
et des capacités disponibles.
Les littoraux: Plusieurs pays ont donné
un aperçu sur les mesures intérieures prises pour la
protection des littoraux. Notant que 90% des prises de pêche
proviennent de ces zones, le JAPON a plaidé pour
l'établissement de ZMP proches des littoraux. La CHINE et le
JAPON ont appelé à une amélioration de la prise de conscience
dans les rangs des parties prenantes quant à l'importance des
écosystèmes marins. Le Pérou, au nom de la COMMISSION
PERMANENTE DU PACIFIQUE SUD (CPPS), a appelé à la
modernisation des plans d'urgence régionaux, et a souligné le
besoin de renforcer les activités de gestion des littoraux.
Mettant en relief l'impact des activités
basées sur les continents, sur l'environnement marin, le
CANADA, le PORTUGAL et le PNUE ont évoqué le besoin d'intégrer
la gestion des littoraux et de l'eau douce, le PNUE
encourageant une définition holiste de l'assainissement.
Les récifs coralliens: Ponce Nava a mis
en exergue l'impératif d'un mécanisme de coordination pratique
pour le soutien des activités menées dans le cadre des divers
mandats, la fourniture d'une assistance juridique, et la
facilitation des échanges d'informations, dans le cadre de la
conservation et de la gestion des récifs coralliens. Le JAPON
et les ETATS-UNIS ont mis l'accent sur les contributions
qu'ils apportent à la conservation et au suivi des récifs
coralliens. La NORVEGE, appuyée par plusieurs Etats, a appelé
à une plus grande attention aux récifs coralliens des eaux
froides, insistant sur leur fragilité particulière et leur
haute biodiversité.
Les monts et les écosystèmes marins au-delà
des lignes de juridiction nationale: La NORVEGE a
encouragé la poursuite de la recherche sur les monts marins et
les vents hydro-thermiques. FIDJI et le JAPON ont exprimé leur
appui au travail de l'International Seabed Authority (ISA),
sur ces questions. Décrivant les travaux menés actuellement
sur les régimes juridiques régissant les fonds marins, y
compris les travaux menés au sein de la Commission sur les
Limites des Plateaux Continentaux (CLCS) et au sein de l'ISA,
la NORVEGE a déclaré que le Processus Consultatif ne doit pas
prendre des décisions susceptibles d'entraver ou de préjuger
des résultats de ces processus, et s'est opposée au traitement
de la question des ressources des profondeurs marines, dans le
cadre de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) ou
des régimes de gestion des pêches. Le PORTUGAL a indiqué que
l'ISA ne dispose pas de la compétence nécessaire pour le
traitement de sujets autres que ceux des ressources minérales,
et a posé la question de savoir si des zones réclamées par un
Etat, et qui ne font pas encore partie de sa juridiction,
pouvaient, dans le cadre de la CDB, être considérées comme
étant rattachées à une juridiction nationale ou si un accord
provisoire est envisageable, en attendant la délimitation
finale du plateau continental.
L'ISA a indiqué que les mesures de
protection de la biodiversité des fonds marins doivent être en
conformité avec la CNUDM et respectueux de la responsabilité
de l'ISA dans l'administration de la zone et de ses ressources.
Il a encouragé l'élaboration de critères agréés à l'échelle
internationale, éventuellement dans le cadre de l'ISA, pour la
détermination et la gestion des sites d'importance cruciale.
Le représentant a souligné la nécessité de s'assurer du suivi
efficace des activités et d'un partage juste et équitable des
avantages offerts par les ressources génétiques des grands
fonds marins et, appuyé par le MEXIQUE, a annoncé que
l'organisation pourrait élaborer un code de conduite pour la
recherche scientifique marine et la bio-prospection des grands
fonds marins. L'ISA et le Mexique ont également noté les
difficultés posées dans la distinction entre recherche
scientifique et bio-prospection des ressources génétiques des
grands fonds marins, le MEXIQUE appelant par ailleurs à la
poursuite des études menées sur ce sujet, et recommandant
l'�tablissement d'un m�canisme de n�gociation pour traiter de
l'utilisation commerciale et de l'usage �quitable des
ressources g�n�tiques des grands fonds marins.
GREENPEACE a appel� � un moratoire sur les
activit�s commerciales men�es autour des monts marins connus,
sur les vents hydrothermiques et sur les r�cifs coralliens des
eaux froides en haute mer, et a encourag� l'�laboration d'un
programme de cr�ations, en haute mer, de ZMP en rapport avec
ces �cosyst�mes. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS s'y est oppos�,
notant que cela risque de pr�juger des conclusions des
discussions en cours dans d'autres fora.
Plusieurs pays ont soulign� le besoin d'une
coop�ration dans le domaine de la protection des zones au-del�
des lignes de juridiction nationale. Le JAPON a soulign� que
l'�tablissement de ZMP en haute mer doit �tre fond� sur les
meilleures connaissances scientifiques en la mati�re et doit
�tre en conformit� avec le droit international. L'ITALIE a
soulign� que le principe de libert� des hautes mers n'est pas
absolu et qu'il doit �tre consid�r� � la lueur des
d�veloppements, notant que les supertankers, le transport des
produits dangereux, et les navires de p�che modernes
n'existaient pas lorsque le principe a �t� proclam�. Il a
soulign� aussi le besoin d'�tablir un �quilibre entre les
utilisations en contradiction et les int�r�ts en conflits, et
a appel� � l'�laboration d'un trait� abordant la question des
�cosyst�mes marins fragiles de mani�re int�gr�e. L'UE a
apport� son appui au travail men� par la CDB dans le domaine
de la protection des �cosyst�mes marins situ�s derri�re les
lignes de juridiction nationale. L'ISA a mis en relief le
besoin d'�viter l'�tablissement, le chevauchement, et la mise
en conflit des r�gimes des hautes mers.
La d�l�gu�e des Pays-Bas a d�clar� qu'il
n'existe aucun trait� r�gissant l'identification et la
protection de tous les �cosyst�mes marins nationaux fragiles
relevant de la juridiction nationale, de mani�re int�gr�e, et
a soulign� que l'absence de donn�es scientifiques ad�quates ne
saurait excuser l'inaction, par rapport au principe de
pr�caution. Elle a sugg�r� que la r�union consid�re la mani�re:
dont la protection des �cosyst�mes fragile pourrait �tre
trait�e dans le cadre des Nations Unies; dont les instruments
pertinents disponibles pourraient �tre utilis�s pour la
protection des zones vuln�rables, situ�es au-del� des lignes
de juridiction nationale; et dont l'approche bas�e
l'�cosyst�me, pourrait �tre appliqu�e � de telles zones.
Plusieurs pays, dont le CANADA et l'AUSTRALIE, ont appel� �
l'adoption d'une approche pratique pour la protection des
�cosyst�mes fragiles au-del� des lignes de juridiction
nationale, dans le cadre juridique existant.
La p�che: La FAO a parl� de la r�cente
publication des lignes directrices techniques concernant
l'application de l'approche bas�e sur l'�cosyst�me au domaine
de la gestion des p�ches, et a pr�sent� un rapport sur les
travaux men�s par la FAO dans le domaine des p�ches dans les
grands fonds marins, et celui des tortues de mer. La
CHINE a d�clar� que la question de protection des esp�ces
halieutiques doit �tre trait�e au sein de la FAO, et que la
CPPS a soulign� la n�cessit� de politiques de p�che communes.
Evoquant l'imp�ratif de traiter des pratiques de p�che non
viables � l'int�rieur des EEE, la NORVEGE a signal� qu'elle
n'autorise pas les navires hissant son pavillon, de p�cher
hors de sa EEE.
L'AUSTRALIE a r�it�r� la menace pos�e par
la p�che illicite, non document�e et irr�guli�re, a not� les
obligations des Etats du pavillon, relevant de la CNUDM, et a
appuy� l'arr�t de l'utilisation des registres ouverts. Le
repr�sentant a indiqu� que le Processus Consultatif devrait
recommander l'�tablissement et le d�veloppement des crit�res
devant r�gir le lien authentique, et la mise en place de
mesures incitatrices encourageant les Etats du pavillon � se
mettre en conformit� avec les r�gulations internationales. La
REPUBLIQUE DE COREE a soulign� la n�cessit� d'un syst�me de
pr�vention contre la p�che illicite, non document�e et
irr�guli�re, et a appuy� l'am�lioration de la prise de
conscience juridique, des p�cheurs.
La Coop�ration et la coordination: L'UE
a d�clar� que l'approche de la gestion int�gr�e requiert une
grande coop�ration et une coordination � tous les niveaux. Le
d�l�gu� a soulign� la n�cessit� d'�tablir des partenariats,
faisant �tat des efforts du FEM dans ce domaine, et
d'am�liorer la soumission des rapports et des �valuations
concernant les �cosyst�mes marins.
L'�valuation mondiale de l'�tat des mers:
La FINLANDE a recommand� que cette �tude rende compte,
entre autres, de la n�cessit� pour certain pays d'accro�tre
leurs capacit�s en mati�re de suivi, d'accro�tre la
participation des parties prenantes, et de cibler leurs �tudes
en fonction des audiences destinataires.
DANS LES COULOIRS
La fin de la r�union �tant toute proche,
les discussions sur la protection des �cosyst�mes marins
fragiles se sont intensifi�es. Plusieurs d�l�gu�s ont fait
remarquer que ce sujet a suscit� davantage d'int�r�t que celui,
plus sec, de la s�curit� de navigation et du renforcement des
capacit�s dans le domaine de l'�laboration des cartes
nautiques. Un autre participant a not� que les divergences de
vues qui ont fait surface sur les questions des ZMP situ�es
au-del� de l'espace de juridiction nationale et des
�cosyst�mes des grands fonds marins et celle de savoir quel
forum serait le plus appropri� pour le traitement de ces
sujets, avaient un air de d�j� vu qui n'est pas sans
rappeler les d�bats de la SBSTTA-8 de la CDB.
Alors que les recommandations de la r�union,
� l'adresse de l'Assembl�e G�n�rale, �taient en cours de
r�daction, le repr�sentant d'une ONG a fait part de sa
d�ception concernant le fait que les propositions appelant �
l'�laboration d'un nouvel accord international sur les
responsabilit�s des Etats du pavillon et � l'imposition d'un
moratoire sur les activit�s commerciales autour des
�cosyst�mes marins fragiles profonds n'aient b�n�fici� d'aucun
soutien. Un d�l�gu� a estim� que la r�union pourrait confiner
sa recommandation concernant sur les responsabilit�s des Etats
du pavillon, dans une liste ou un inventaire de ces
obligations.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Les d�l�gu�s se r�uniront de
10h � 13h puis de 15h � 18h dans la Salle de Conf�rence 1
pour: proc�der � un �change de vues sur la coop�ration et la
coordination dans les questions ayant trait aux oc�ans;
entendre les mises � jour des �tudes d'�valuation et des
rapports du groupe consultatif sur la mise en conformit� des
Etats du pavillon; proc�der � l'examen du rapport sur
l'�valuation approfondie du programme des activit�s dans ce
domaine; pr�senter des suggestions sur de nouveaux sujets qui
pourraient b�n�ficier d'une attention dans les travaux futurs
de l'Assembl�e G�n�rale; et s'accorder sur le projet de texte
des �l�ments � proposer � l'Assembl�e G�n�rale, pour
consid�ration, dans le cadre du point de son ordre du jour,
consacr� aux oc�ans et au droit de la mer, avant de cl�turer
la r�union.
COMPTE RENDU ET ANALYSE: Le
compte rendu du Earth Negotiations Bulletin concernant
cette r�union sera disponible sur l'Internet � partir du lundi
9 juin, �:
http://www.iisd.ca/oceans/icp4/. La version fran�aise, le
sera peu apr�s, le temps de finir le travail de traduction. |