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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 25 No. 03
Mercredi 4 Juin 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA QUATRIEME REUNION
DU PROCESSUS CONSULTATIF:
MARDI 3 JUIN 2003
La quatrième réunion du Processus
Consultatif Officieux sur les Océans et le Droit de la Mer (le
Processus Consultatif) a tenu, toute la journée, un Groupe de
Discussion sur le thème de la sécurité de la navigation. Les
participants y ont entendu quatre exposés portant
respectivement sur les cartes de navigation électronique,
l'Organisation Hydrographique Internationale (OHI), la
Commission pour la Protection de l'Environnement Marin de la
Mer Baltique (Commission d'Helsinki - HELCOM), et
l'Organisation Maritime Internationale (OMI). Les discussions
ont couvert un large éventail de sujets, notamment: le
renforcement des capacités dans le domaine de la production
des cartes de navigation; la délimitation des frontières
maritimes; la mise en application par l'Etat du pavillon; et
l'établissement de zones protégées.
LE GROUPE DE DISCUSSION A
LES CARTES DE NAVIGATION ELECTRONIQUES: les
exposés: Richard West, du Consortium pour la Recherche et
l'Education Océanographique, a présenté les avantages des
cartes de navigation électroniques (CNE) par rapport aux
cartes en papier et en trame, mettant en relief la réduction
des risques de dégradation environnementale et autres associés
au transport maritime des cargaisons dangereuses. L'orateur a
indiqué que les diverses applications des CNE requiert un
équipement, des données aux normes internationales, et un
renforcement des capacités.
Le Débat: Dans le débat qui a suivi,
plusieurs délégués ont noté l'importance des cartes de
navigation pour la sécurité maritime. Les délégués ont traité,
entre autres, du rôle des CNE dans la délimitation des
frontières maritimes et le suivi des écosystèmes, la mise au
point et le développement des CNE, et le renforcement des
capacités.
Au sujet de l'utilisation des CNE dans les
négociations portant sur la délimitation des frontières
maritimes, l'OHI a indiqué qu'il était besoin de se mettre
d'accord sur les normes du calcul des coordonnées et des
profondeurs hydrographiques. La JAMAIQUE a souligné
l'importance des CNE pour la délimitation des frontières dans
les mers semi-fermées. Le PORTUGAL a noté les avantages
offerts par l'utilisation des CNE, pour l'ajustement des
lignes d'équidistance et la prise en considération de facteurs
équitables.
Au sujet du rôle des CNE dans le suivi des
écosystèmes, West a expliqué que les CNE sont plus précises et
qu'elles permettent des mises à jour plus rapides des données
que les cartes en papiers. L'OHI a noté les potentialités des
CNE dans le suivi des écosystèmes et dans la signalisation
efficace des récifs coralliens.
Au sujet de l'élaboration et le
développement des CNE, West a noté que la transition des
cartes en papier aux cartes électroniques est onéreuse et
qu'aucune date n'a été fixée pour imposer l'utilisation des
CNE. Le Pérou, au nom de la COMMISSION PERMANENTE DU PACIFIQUE
SUD et le PANAMA, a déclaré que l'élaboration et la
normalisation des CNE doivent être traitées dans le cadre des
agences spécialisées dans le domaine maritime. La JAMAIQUE a
appelé à une aide régionale et internationale et à une
formation dans le domaine de l'élaboration des CNE normalisées,
et a encouragé l'élaboration de codes de bonne conduite dans
l'utilisation des données collectées. En réponse aux
préoccupations exprimées par le PORTUGAL concernant le besoin
de s'assurer des normes des formats, West a mis en exergue la
question de la formation face à la prolifération des formats,
expliquant que le logiciel est capable de traiter les
différents formats. L'OHI a souligné le besoin de s'assurer
d'une couverture continue de la planète par les CNE.
La NORVEGE et le PORTUGAL ont mis l'accent
sur l'importance du renforcement des capacités et de
l'établissement d'administrations maritimes dans les pays en
développement, et a identifié la difficulté à trouver des
bailleurs de fonds, comme étant le principal obstacle. Le
PORTUGAL a déclaré que le renforcement des capacités doit être
mené dans le cadre de l'OHI. La FEDERATION DE RUSSIE a mis en
relief la nécessité de données mises à jour, de systèmes
hydrographiques nationaux opérationnels, et de mécanismes
d'échange d'informations maritimes et de navigation, à
l'échelon national et à l'échelle internationale.
L'ORGANISATION HYDROGRAPHIQUE
INTERNATIONALE: l'exposé: Kenneth Barbor, de l'OHI, a
présenté un rapport sur les programmes techniques de
l'organisation et des initiatives de renforcement des
capacités dans le domaine de la production des cartes de
navigation. Il a indiqué que la précision des cartes de
navigation contribue à la baisse des risques d'accidents
maritime, à la protection de l'environnement marin et à
l'amélioration de la qualité de vie en mer. Mettant en exergue
les dispositions pertinentes de la Convention Internationale
pour la Sécurité de la Vie en Mer, il a signalé que les Etats
ont l'obligation de produire et de divulguer les cartes de
navigation maritime. Il a donné un aperçu sur la structure
organisationnelle de l'OHI, mettant en relief ses commissions
régionales et encourageant les Etats non-adhérents à
participer activement dans ses commissions.
Le débat: Dans le débat qui a suivi,
les délégués ont abordé, entre autres, les contraintes posées
et les approches adoptées dans le domaine du renforcement des
capacités, l'adhésion à l'OHI, et les perspectives culturelles
de la production des cartes de navigation maritimes. Plusieurs
pays ont élaboré sur les programmes de renforcement des
capacités dans le domaine de la production des cartes
nautiques.
Au sujet des contraintes posées au
renforcement des capacités, plusieurs délégations ont
mentionné la sécurisation des fonds comme étant le principal
défi posé. Le PORTUGAL a souligné le besoin d'une formation en
matière de suivi, assortie d'une expérience pratique.
Plusieurs pays, dont le CANADA et les ETATS-UNIS, ont noté les
obstacles auxquels se trouvent confrontés les pays en
développement dans la production et l'entretien des cartes
nautiques, et ont apporté leur appui à l'idée d'adopter des
approches régionales et d'établir une coopération dans le
domaine de la collecte et de la divulgation des données
hydrographiques. Rappelant la focalisation du SMDD sur les
partenariats, la BELGIQUE s'est enquise des initiatives
entreprises par l'OHI pour asseoir une collaboration avec
l'industrie des transports maritimes et des assurances. Barbor
a indiqué que l'OHI n'a pas été proactive mais qu'elle est
actuellement en train de reconsidérer son implication avec
l'industrie.
Au sujet de l'adhésion à l'OHI, la NORVEGE
a posé la question de savoir si la fourniture du renforcement
des capacités ne devrait pas être rattachée à l'adhésion.
Barbor a indiqué que l'OHI étend son assistance aux pays non-
adhérents, parce qu'elle estime que les considérations de
sécurité maritime sont au-dessus de tout.
Reconnaissant le savoir dont disposent
certains peuples indigènes en matière de données maritimes, la
NOUVELLE ZELANDE a posé la question de savoir si ces
perspectives culturelles sont prises en considération dans les
activités et les programmes de formation de l'OHI. Barbor a
répondu que les CNE ont la capacité d'intégrer les
connaissances autochtones, mais que l'OHI n'a pas pris en
compte ces données.
LA COMMISSION D'HELSINKI: L'exposé:
Anne Christine Brussendorff, de la HELCOM, a présenté les
mesures entreprises par la HELCOM en vue d'accroître la
sécurité de la navigation et de réduire les risques
environnementaux en Mer Baltique. Elle a mis en exergue: les
mesures de routage; l'utilisation des pilotes et des CNE; les
enquêtes hydrographiques; le contrôle des Etats du port; le
suivi du trafic maritime; la suppression graduelle des
navires-citernes monocoques; l'implication de l'industrie
maritime; et l'éventuelle désignation de la Mer Baltique, en
tant Zones Maritime Particulièrement Sensible (ZMPS) relevant
de l'OMI.
Le débat: La FINLANDE a fait part de
ses réserves concernant l'augmentation du trafic maritime et a
noté la conduite en Mer Baltique, d'un projet conjoint de
gestion de la circulation des navires, intégrant notamment la
soumission d'un rapport obligatoire sur les schémas de
séparation du trafic. Répondant à une question posée par le
JAPON sur la manière dont la HELCOM s'assure du respect des
obligations par les Etats non-adhérents, Brussendorff a
expliqué que la sensibilité de la Région de la Mer Baltique
est reconnue au sein de l'OMI, étant donné que la Mer Baltique
bénéficie d'une désignation pertinente dans le cadre de la
Convention Internationale pour la Prévention de la Pollution
due provenant des Navires (MARPOL 73/78).
L'ORGANISATION MARITIME INTERNATIONALE:
L'exposé: Gaetano Librando, de l'OMI, a présenté la liste
des mesures prises par l'OMI dans le domaine de la sécurité
maritime, après l'attaque terroriste du 11 septembre. Il a
mentionné les propositions soumises récemment à la
considération de l'OMI, et qui portent notamment sur:
l'accélération de la suppression graduelle des bateaux
citernes monocoques et la désignation des zones maritimes
sensibles. Au sujet des refuges pour navires en détresse, il a
fait état de l'équilibre fragile entre le devoir des Etats à
fournir une assistance et leur droit à réguler l'accès à leurs
ports. Il a noté en outre le rôle central de l'OMI, de son
Comité de Coopération Technique et de son Sous-comité sur la
conformité de l'Etat du Pavillon, dans la mise en application
de la CNUDM.
Le débat: Dans le d�bat qui a suivi,
les participants ont examin� la mise en �uvre par les Etats du
pavillon, les mesures entreprises par l'UE apr�s l'accident du
Prestige, et les ZMPS.
Au sujet de la mise en �uvre par l'Etat du
pavillon, la CHAMBRE INTERNATIONALE DES TRANSPORTS MARITIMES
(ICS) et la NORVEGE ont soulign� que l'OMI est le seul organe
comp�tent pour le traitement de la question de la mise en
application dans l'Etat du pavillon. Le WWF a appel� � la
cr�ation d'un organe temporaire pour traiter de ce sujet. La
repr�sentante des ETATS-UNIS a affirm� qu'un nouvel accord sur
la mise en application n'est pas n�cessaire. Elle a soulign�
le besoin: d'une plus grande coop�ration pour parvenir � une
mise en �uvre harmonieuse des r�gles disponibles, par les
Etats du pavillon, et de l'�laboration de la liste des
obligations incombant � l'Etat du pavillon. Elle a propos� que
le Processus Consultatif recommande � l'Assembl�e G�n�rale,
d'appeler, entre autres, les Etats du pavillon � �tablir des
administrations maritimes efficaces ou de s'abstenir
d'enregistrer de nouveaux navires. L'ITALIE a soulign� que les
Etats du pavillon op�rant des registres ouverts engagent leurs
responsabilit�s internationales et, avec le BRESIL, a
encourag� l'�claircissement des cons�quences l�gales de la
non-conformit� par les Etats du pavillon. Le d�l�gu� des
BAHAMAS a indiqu� que son pays a toujours assum�, avec s�rieux,
ses responsabilit�s d'Etat du pavillon. Notant que nombre
d'accidents maritimes et de pertes de vie en mer, r�sultent
d'un manquement des Etats du pavillon, aux obligations qui
sont les leurs, l'UE a soulign� l'imp�ratif de mettre en
application les r�gles disponibles, de promouvoir la culture
de la s�curit�, et d'appeler � l'�tablissement d'un lien
authentique entre le navire et l'Etat du pavillon.
Le repr�sentant de l'ICS a d�clar� que les
mesures pr�emptives prises par l'UE apr�s les d�versements
p�troliers du Prestige sont en contradiction avec la
CNUDM et avec MARPOL 73/78, et a fait part de ses r�serves
concernant l'impact sur la s�curit� maritime. Le repr�sentant
de l'OMI a indiqu� que cette derni�re est l'unique forum ayant
mandat de traiter de la question des navires citernes
monocoque et s'est oppos� � tout r�gime r�gional. L'UE a not�
que bien que la principale responsabilit� de s'assurer des
conditions de s�curit�, en mer, dans le cadre de la CNUDM
incombe aux Etats du pavillon, les Etats c�tiers et du port
ont �galement quelques responsabilit�s, et a d�clar� que la
libre navigation doit s'accommoder des pr�occupations
environnementales �mergeantes. Il a mis en relief les actions
visant � �tablir un r�gime international harmonis� pour les
navires-citernes monocoques, notamment, les propositions de
l'UE d'amender les dispositions pertinentes de MARPOL 73/78.
La NOUVELLE ZELANDE a accueilli favorablement la proposition
d'une suppression graduelle des navires-citernes monocoque
mais, avec la NORVEGE, a fait part de ses r�serves concernant
leur diversion des eaux de l'UE vers d'autres mers, en
r�sultat de l'adoption des r�centes mesures par l'UE. La
COMMISSION OCEANOGRAPHIQUE INTERNATIONALE a not� que la
pollution due aux d�versements p�troliers accidentels ne
repr�sentent que 12% de l'ensemble des d�versements effectu�es
en mer tous les ans, et a soulign� que la majeure partie de la
pollution p�troli�re en mer, provient des op�rations
d'extraction r�guli�res.
Au sujet des ZMPS, la NORVEGE a reconnu que
la CNUDM ne permet pas la d�signation de zones prot�g�es
couvrant toute la Zone Economique Exclusive, et a clarifi�
qu'elle a envisag� uniquement la possibilit� d'�tablir des
zones prot�g�es dans certaines parties de la Mer de B�ring. La
repr�sentante a ajout� que la d�signation de zones prot�g�es
en haute mer, n'est pas envisag�e par la CNUDM, et qu'une
telle d�signation ne doit en aucune mani�re entraver la
libert� de navigation. L'AUSTRALIE a rappel� que la
d�signation des ZMPS requiert l'approbation de l'OMI.
DANS LES COULOIRS
Dans le premier Groupe de Discussion, les
d�lib�rations sur la question de s�curit� maritime ne sont pas
rest�es confin�es, comme on a pu le sugg�rer, au th�me du
renforcement des capacit�s dans le domaine de la production
des cartes de navigation maritime. La mise en application par
l'Etat du pavillon, les ZMPS et les r�centes mesures adopt�es
par l'UE suite � l'accident du Prestige, ont figur�
parmi les questions abord�es qui ont suscit� beaucoup
d'attention. Au sujet des pavillons de complaisance, quelques
d�l�gu�s ont not� que tant que les cons�quences du non-respect
des obligations relevant des responsabilit�s des Etats du
pavillon ne sont pas clairement �tablies, les discussions
resteront peu productives. Des r�serves ont �galement �t�
exprim�es au sujet des ZMPS. Plusieurs d�l�gu�s ont dit
craindre que l'�tablissement de telles zones vienne
restreindre la libert� de navigation en haute mer et le droit
de passage � travers les eaux territoriales. Un d�l�gu�,
favorable � l'�tablissement des ZMPS, a soulign� que ces
derni�res diff�rent des Zones Marine Prot�g�es (ZMP), pour
lesquelles des crit�res et des d�finitions clairs sont encore
indispensables. Des questions restent pos�es quant � savoir
quel serait le forum appropri� pour la d�termination de ces
crit�res.
Bien que les mesures adopt�es par l'UE
apr�s la catastrophe du Prestige aient donn� lieu � des
critiques de la part de nombre de d�l�gu�s, qui n'ont pas
manqu� de souligner que ces mesures sont en contradiction avec
la libert� de navigation et en conflit avec les dispositions
de la CNUDM, ayant trait � l'adoption de mesures
environnementales plus fermes que les normes internationales,
un d�l�gu� a not� que l'incompatibilit� pourrait n'�tre que
temporaire, compte tenu du fait que l'OMI est susceptible
d'adopter la proposition de l'UE d'acc�l�rer la suppression
graduelle des navires-citernes monocoque.
Plusieurs d�l�gu�s ont accueilli
favorablement le Plan d'Action sur l'Environnement Marin et la
S�curit� des Navires Citernes, nouvellement adopt� au G-8, qui
engage les Etats du G-8, entre autres, � traiter l'absence de
contr�le efficace des navires de p�che par l'Etat du pavillon,
� �tablir des r�seaux de ZMP d'ici 2012, et � acc�l�rer la
suppression graduelle des navires-citernes monocoque et
l'introduction d'un code r�gissant les responsabilit�s de
l'Etat du pavillon.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPE DE DISCUSSION A: Les d�l�gu�s se
r�uniront de 10h � 13h dans la Salle de Conf�rence 1, pour
conclure le Groupe de Discussion sur la S�curit� de la
Navigation. Les participants entendront une pr�sentation du
Service Hydrographique Fran�ais.
GROUPE DE DISCUSSION B: Le Groupe de
Discussion sur la Protection des Ecosyst�mes Marins Fragiles,
aura lieu de 15h � 18h dans la Salle de Conf�rence 1. Les
Participants entendront des pr�sentations et engageront des
d�bats, entre autres, sur les menaces pos�es � ces �cosyst�mes,
et sur les cadres et les approches de la gestion de leur
protection. |