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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 24 No. 23
Mercredi 21 Mai 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA PREPCOM I
MARDI 20 MAI 2003
Les délégués près de la Première Réunion du
Comité Préparatoire (PrepCom I) de la négociation de l'Accord
devant Succéder à l'Accord International de 1994 sur les Bois
Tropicaux (AIBT, 1994) se sont réunis en Plénière et dans des
groupes de travail. La Plénière a entendu des déclarations
d'ouverture, traité des questions d'organisation, et procédé à
l'examen du champ d'application et autres sujets de fond
relatifs à l'accord successeur. Le Groupe de Travail I (GT-I)
s'est penché sur la mise à jour du préambule et des objectifs
de l'AIBT, 1994, et le Groupe de Travail II (GT-II) a planché
sur la question de l'élargissement du champs d'application du
même AIBT, 1994. L'après-midi, une brève Plénière s'est réunie
pour entendre les rapports des groupes de travail.
LA SESSION PLENIERE
L'OUVERTURE: Le Président du PrepCom,
Jürgen Blaser (Suisse) a remercié le Panama pour
l'accueil de la réunion, a souhaité la bienvenue aux délégués,
et a remercié les pays qui ont répondu à l'enquête lancée
avant le démarrage des négociations. Il a noté que tous les
pays se doivent d'assumer la responsabilité du résultat des
négociations. Il a également indiqué que la PrepCom I doit
constituer l'occasion d'un échange de points de vue et servir
de plate-forme pour la suite des négociations, soulignant
l'importance du débat autour du champ d'application du nouvel
accord.
Le PrepCom devait ensuite procéder à
l'admission des observateurs, puis à l'adoption de l'ordre du
jour et calendrier des travaux (ITTA/3/PrepCom(I)/1 and
Info.3). Le Président Blaser a attiré l'attention sur le
document consacré aux définitions ayant trait au domaine
forestier (ITTA/3/PrepCom(I)/Info.1), en notant qu'il s'agit
là d'un document d'information sur le contexte général et non
d'un texte de négociation.
Jean Solo (Cameroun), Porte-parole du Bloc
des Pays Producteurs, a déclaré que la PrepCom I devrait se
focaliser sur la clarification et l'organisation des divers
points de vue. Il a mis en relief le besoin de prendre en
ligne de compte les thèmes émergeants et les capacités
techniques des pays, puis a énuméré les déficiences de l'AIBT,
1994, au plan financier. Aulikki Kaupila (Finlande),
Porte-parole du Bloc des Pays Consommateur, a souligné la
nécessité de se fixer des objectifs cadres tenant compte des
thèmes nouveaux et émergeants. L'oratrice a indiqué que le
travail de l'Organisation Internationale des Bois Tropicaux (OIBT)
ne doit pas se trouver en conflit avec celui d'autres
organisations.
LA PORTEE ET AUTRES SUJETS DE FOND: La
SUISSE, la NOUVELLE ZELANDE, le GABON et le GHANA ont déclaré
que l'AIBT, 1994 constituait une bonne plate-forme pour les
besoins de la renégociation. Les PHILIPPINES et la NORVEGE ont
mis l'accent sur la nécessité d'une approche holistique, les
PHILIPPINES notant le besoin d'un instrument dynamique
intégrant les critères et indicateurs (C&I), d'approches en
phases, pour la certification, et de services environnementaux.
La COLOMBIE a souligné l'impératif d'une approche intégrée,
englobant les facteurs économiques, sociaux et
environnementaux. La représentante a suggéré que l'accord
change d'appellation, de manière à mieux y refléter l'étendue
réelle de son champ d'application.
La SUISSE et l'INDONESIE ont déclaré que le
nouvel accord doit prendre en ligne de compte les thèmes
nouveaux, notamment, ceux ayant trait à la certification, à
l'exploitation forestière illicite, à l'application des
législations forestières et à la gouvernance (FLEG), et, aux
services environnementaux. La SUISSE a proposé que le nouvel
accord ne doive pas être limité aux arbres non-conifères.
L'IndonesiE a mis en exergue le lien entre la GFD,
l'allègement de la pauvreté et la sauvegarde des moyens de
subsistance dans les zones rurales, et a indiqué que des
dispositions concernant l'accès au marché doivent être
intégrées dans le nouvel accord. La NORVEGE a déclaré que le
nouvel accord doit intégrer les thèmes environnementaux et
sociaux nouveaux et émergeants issus et le suivi des
engagements du Sommet Mondial pour le Développement Durable (SMDD),
en particulier, dans les domaines de l'allégement de la
pauvreté et de la bonne gouvernance. Le délégué des ETATS-UNIS
a souligné la nécessité d'une assiette financière plus large
pour l'OIBT, et a indiqué que l'accord successeur doit être
focalisé.
La MALAISIE a souligné que l'Objectif 2000
est encore pertinent. Il a mis en garde contre le risque de
surcharger et de paralyser l'Organisation ou de diluer les
objectifs de l'AIBT, 1994. La NOUVELLE ZELANDE a déclaré que
le nouvel accord doit porter sur tous les bois d'œuvre des
tropiques, et a recommandé l'établissement d'objectifs cadres
pour le nouvel accord, notant que de plus amples détails
peuvent être inclus dans une Annexe ou comme partie intégrante
du programme de travail ou plan d'action. La NOUVELLE ZELANDE,
la COMMUNAUTE EUROPEENE (CE) et le BRESIL ont déclaré que
l'OIBT doit renforcer la coopération avec les diverses
organisations internationales pertinentes. La CE a souligné
l'impératif de maintenir les objectifs de l'AIBT, 1994,
mettant l'accent sur le besoin de se focaliser sur les forêts
tropicales. Elle a encouragé une implication plus importante
du secteur privé dans le processus de la renégociation.
S'agissant des services environnementaux,
La CE a suggéré d'attendre le résultat des discussions en
cours dans d'autres fora, notamment, celui de l'Organisation
Mondiale du Commerce (OMC). La REPUBLIQUE DE COREE a proposé
l'intégration d'autres produits forestiers, tels que le papier
à pâte, dans le champ d'application du nouvel accord et, avec
la MALAISIE, a souligné que la GFD doit en être l'objectif
ultime. Le BRESIL a indiqué que le nouvel accord doit se
focaliser sur les bois tropicaux, et a appelé à une structure
financière plus ample. Le GABON, avec le GHANA, a déclaré que
le nouvel accord doit apporter une réponse à la question des
services environnementaux et aux préoccupations des habitants
de la forêt. La CHINE a déclaré, qu'en tant qu'accord portant
sur des matières premières, le nouvel accord doit être axé sur
l'action et non se confondre avec un forum politique. Faisant
état des insuffisances de l'OIBT, la CHINE a signalé que
l'Organisation a besoin de ressources supplémentaires et a
recommandé que la durée des réunions du CIBT et des Comités
soit réduite et de faire en sorte que le financement provienne
aussi de sources privées et de la société civile. Le JAPON a
indiqué que les produits forestiers autres que le bois d'œuvre
et les services environnementaux sont potentiellement
négociables sur le marché, et a recommandé que le nouvel
accord prenne en ligne de compte le caractère multi-fonctionnel
des forêts. Il a souligné l'importance des partenariats, de la
certification et de la lutte contre l'exploitation forestière
illicite. Le GHANA a souligné que le nouvel accord doit
couvrir les forêts tropicales, boréales et tempérées et que le
renforcement des capacités doit viser la GFD et les FLEG. Il a
ajouté que la certification servira à promouvoir et non à
entraver davantage, l'accès aux marchés. Le SURINAM a souligné
que les forêts tropicales fournissaient des services
environnementaux au monde entier et a suggéré l'implication du
FEM dans les arrangements financiers. Il a précisé que le CIBT
pourrait se réunir tous les ans s'il y a quelque organe
intérimaire pour l'approbation des projets.
Le Président du PrepCom, Blaser, a invité
ensuite, les observateurs à présenter leurs commentaires.
L'UICN, au nom du Groupe Consultatif de la Société Civile, a
indiqué que l'accord successeur doit adopter une approche
basée sur l'écosystème, respecter les tendances du régime
foncier des communautés, et reconnaître les différents schémas
de certification sans avaliser l'un d'eux, en particulier.
L'ASSOCIATION INDONESIENNE DES PROPRIETAIRES DE CONCESSIONS
FORESTIERES a indiqué que le nouvel accord doit prévoir la
participation du secteur privé dans les sessions du Conseil, a
souligné la nécessité de mesures incitatives en faveur de
l'adhésion aux approches par étapes dans le domaine de la
certification, et a mis en garde contre une adoption limitée
dans le temps, des schémas de la certification. Le MEXIQUE a
indiqué qu'il est dans le processus de devenir membre de
l'OIBT et qu'il contribuera aux discussions lorsque son
adhésion sera officialisée. La CNUCED a clarifié que, si un
Etat membre le souhaite, la durée et l'appellation de l'accord
peuvent être modifiées. Résumant le point de vue des pays,
Carlos Antonio da Rocha Paranhos (Brésil), Vice-président du
PrepCom, a signalé l'existence d'un large accord sur
l'utilisation de l'AIBT, 1994 comme point de départ des
négociations, faisant toutefois état de divergences de vues
sur le point de savoir si, oui ou non, il fallait en élargir
le champ d'application. Il a attiré l'attention sur la gamme
de points de vue enregistrés sur les sujets importants,
notamment sur la durée de l'accord, sur le point de savoir
s'il fallait modifier l'appellation de l'accord, et sur le
point de savoir s'il fallait s'y concentrer exclusivement sur
les bois tropicaux ou y inclure les produits forestiers autres
que le bois d'œuvre et les services environnementaux.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
Le Vice-président du PrepCom, da Rocha
Paranhos, a présidé les travaux du GT-I sur la mise à jour du
préambule et des objectifs de l'AIBT, 1994. Le délégué des
ETATS-UNIS a exprimé une certaine prudence quant à l'expansion
du champ d'application de l'accord et a déclaré que les thèmes
nouveaux et �mergeants pourraient �tre ins�r�s dans le
pr�ambule. Plusieurs pays ont apport� leur appui � des
r�f�rences, dans le pr�ambule, aux d�veloppements
internationaux, instruments et fora pertinents, tels que le
SMDD, le Round de Doha de l'OMC, la Convention sur la Lutte
contre la D�sertification, la Conf�rence sur le Financement du
D�veloppement Durable, et les Objectifs de D�veloppements du
Mill�naire. La NOUVELLE ZELANDE sugg�ra l'insertion de
r�f�rences, entre autres, � la GFD, � la certification, et aux
C&I. Le GABON, le PEROU et le JAPON ont sugg�r� une
mise � jour des engagements pris pour la r�alisation de la GFD
en 2000, la date �tant d�j� pass�e, et le d�l�gu� des
ETATS-UNIS a pr�cis� que le Conseil a d�cid� de retenir
l'engagement de "l'Objectif 2000". Le VENEZUELA, appuy� par le
PEROU et contr� par le JAPON, a indiqu� que le pr�ambule doit,
non seulement, reconna�tre l'importance des bois tropicaux
pour l'�conomie des pays disposant de for�ts de production,
mais �galement celle des sources du bois d'�uvre et des
valeurs foresti�res. Le JAPON a indiqu� que les modifications
apport�es au pr�ambule doivent �tre minimes.
Le repr�sentant de TRINITE ET TOBAGO,
appuy� par la NOUVELLE ZELANDE, a sugg�r� d'adopter trois ou
quatre objectifs cadres pour guider l'OIBT, la NOUVELLE
ZELANDE recommandant la pr�vision d'un ordre de mission souple.
La NORVEGE a indiqu� que l'ordre de mission doit pr�c�der le
pr�ambule. Le TOGO a sugg�r� cinq ensembles d'objectifs
int�ressant: l'expansion du champ d'application; la GFD; la
coop�ration internationale; les m�canismes de d�veloppement et
de financement; et les th�mes �mergeants. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS a mis en garde contre l'id�e d'une longue liste
d'objectifs et s'est enquis de la compr�hension des d�l�gu�s,
de la diff�rence entre une mise � jour des objectifs et une
expansion du champ d'application de l'accord. La CE a d�clar�
que la mise � jour implique un �largissement du champ
d'application. La C�TE-D�IVOIRE a recommand� une �valuation
des accomplissements dans chacun des objectifs, avant de
d�cider de leur maintien tels quels ou de leur am�lioration.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS a admis que les objectifs cadres
g�n�raux pourraient englober les th�mes nouveaux et �mergeants.
La CE a appuy� l'adoption d'objectifs g�n�raux et d'objectifs
d�taill�s sp�cifiques, � inclure �ventuellement dans une
annexe. Le JAPON et TRINITE ET TOBAGO ont apport� leur soutien
� l'id�e de refl�ter les th�mes nouveaux et �mergeants, la CE
a d�clar� que ces derniers doivent �tre clairement s�par�s des
objectifs. La CE a soulign� l'importance du maintien de
l'objectif stipulant que l'AIBT fournira un cadre effectif
pour la coop�ration internationale dans tous les aspects de
l'�conomie mondiale du bois d'�uvre.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
Le Pr�sident du PrepCom, Blaser, a pr�sid�
les travaux du GT-II et a invit� les d�l�gu�s � examiner les
implications d'une expansion du champ d'application.
L'AustraliE a d�clar� que les th�mes nouveaux, tels que celui
des OGM, ne constituent pas �largissement du champ
d'application, mais que l'insertion de for�ts autres que
celles tropicales constitue un �largissement du champ
d'application. Le d�l�gu� a indiqu� que l� o� le terme "bois
d'�uvre" appara�t dans texte, les services environnementaux
peuvent �tre ajout�s, et que les communaut�s locales peuvent
�tre incluses dans le pr�ambule. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS a
indiqu� que la mise � jour de l'accord peut englober
l'insertion d'une r�f�rence au SMDD ou � l'acc�s aux march�s,
dans le pr�ambule. L'INDONESIE a propos� que les th�mes
nouveaux doivent �tre trait�s avec les objectifs. La COLOMBIE
a sugg�r� l'int�gration de l'approche bas�e sur l'�cosyst�me.
Les PHILIPPINES et le GABON ont indiqu� que la r�f�rence aux
services environnementaux et � l'approche bas�e sur
l'�cosyst�me, peut, dores et d�j� �tre plac�e dans les
objectifs.
DANS LES COULOIRS
Les premi�res craintes que les d�l�gu�s
aient perdu de vue leur mandat exact, et de les voir risquer
de s'engager dans un travail de r�daction, plut�t que dans la
d�termination du cadre n�cessaire, se sont, plus tard dans la
journ�e, dissip�es pour laisser place � un sentiment
d'optimisme quasi g�n�ral. Un d�l�gu� s'est, toutefois, dit
frustr� de constater que jusqu'ici, les pays se sont content�s
de dresser la liste de sujets � consid�rer, sans la moindre
allusion � la mani�re dont ces derniers pourraient �tre r�gl�s.
D'autres se sont d�clar�s peu s�rs de la sinc�rit� de
l'�change des points de vue, qui leur a sembl�, parfois, un
simple test des eaux. Un d�l�gu� a affirm� que l'exercice de
r�vision- expansion qui s'est d�roul� dans les groupes de
travail, a �t� fructueux, dans la mesure o� il a permis
l'ouverture d'un d�bat et un coup d'�il dans les discussions
des blocs de pays, qui se sont d�roul�es plus t�t.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira de
11h15 � 12h30, pour poursuivre l'examen du champ d'application
du nouvel accord, puis de 16h45 � 18h30, pour faire la
synth�se des points de vue, identifier les travaux
intersessions n�cessaires, et cl�turer la r�union.
GROUPES DE TRAVAIL: Le GT-I et le GT-II
se r�uniront de 9h15 � 11h15, puis de 15h15 � 16h45, pour
poursuivre leurs discussions. Un autre Groupe de Travail sera
convoqu� de 13h � 14h, pour �laborer le cahier des charges de
l'�tude command�e sur les exp�riences v�cues dans la mise en
�uvre de l'AIBT, 1994.
BLOCS DES PAYS PRODUCTEURS ET CONSOMMATEURS:
Les blocs des Pays Producteurs et des Pays Consommateurs se
r�uniront de 14h � 15h.
GROUPE DE COORDINATION: Le Groupe de
Coordination se r�unira de 18h30 � 19h.
RAPPORT DE SYNTHESE DU ENB: Le rapport
de synth�se du Earth Negotiations Bulletin, comportant
le r�sum� et analyse de la PrepCom I, sera disponible en ligne,
vendredi 23 mai, � http://www.iisd.ca/forestry/itto/prepcom1/.
La version Fran�aise, quelques jours plus tard, le temps
de terminer le travail de traduction. |