|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 22 No. 47
Samedi 31 Août 2002
LES FAITS MARQUANTS DU SMDD
VENDREDI 30 AOUT 2002
Les délégués auprès du Sommet Mondial pour
le Développement Durable (SMDD) se sont réunis, matin et
après-midi, en séances Plénières pour entendre les
déclarations des observateurs non Etatiques. Des consultations
ministérielles sous forme de "cadre de Johannesburg" ont été
convoquées le matin, l'après-midi et dans la soirée, pour le
traitement des questions politiques transmises par le cadre de
Vienne. Le cadre de Vienne s'est réuni le matin et de nouveau
le soir pour la poursuite de l'examen des libellés en suspens.
Le groupe de contact sur la question des moyens de mise en
œuvre s'est réuni le matin, l'après-midi et en nocturne. Les
concertations bilatérales se sont poursuivies dans la soirée,
sur un certain nombre de questions.
LA PLENIERE - LES DECLARATION DES ENTITES
NON ETATIQUES
C. Bellamy, de l'UNICEF, appela à la mise à
disposition de l'eau potable salubre et à des installations
sanitaires pour les deux sexes dans toutes les écoles
primaires, ajoutant que la fourniture d'une éducation de base
de qualité, en particulier pour les filles, est susceptible de
donner lieu à un saut important en matière de développement.
L. Bage, du FIDA, nota le déclin de la quote-part de l'APD
réservée à l'agriculture et au secteur rural, et annonça la
mise en place d'un partenariat contre la faim et la pauvreté.
M.M. Brown, du PNUD, mit l'accent sur le thème de population
et qualifia la protection environnementale d'investissement.
A.K. Tibaijuka, d'HABITAT, annonça le lancement d'une
coalition œuvrant pour une urbanisation viable. N. Heptulla,
de l'Union Parlementaire Internationale, mit l'accent sur
l'intégration des coûts environnementaux et sur l'implication
des parlementaires dans le développement durable.
G. Doormbos, de l'Association des
Agriculteurs Néerlandais, appela à l'établissement d'un fonds
pour le renforcement des capacités régionales, en soutien aux
partenariats. H. Zedan, de la CDB, fit état des progrès
réalisés depuis Rio, citant le Traité de Carthagène sur la
Biosécurité, à titre d'exemple, et appela à des mesures
d'encouragement en faveur de la conservation, à une gestion
responsable des ressources et à l'application des lois dans
les pays en développement. H.A. Diallo, de la CCD, mit en
exergue le nouveau fonds attendu pour la mise en œuvre de la
CCD, qui viendra aider à faire décroître les sécheresses et
accroître la fixation de carbones. J. Waller-Hunter, de la
CCCC, nota les défis posés à l'atténuation des effets des
changements climatiques, à l'adaptation et à l'accès aux
technologies respectueuses du climat, et mit en relief
l'importance de la mise en application des accords
interconnectés de Rio. P. Ayan, de l'Association des Jeunes
pour Habitat et pour le Plan d'Action 21, appela à
l'intégration du développement durable dans les programmes
d'éducation.
J. Ocampo, de l'ECLAC, parla le
l'importance de la diffusion des principes éthiques, tels que
le respect des droits de l'Homme, de la démocratie et de la
diversité culturelle. H.S. Kim, de l'ESCAP, passa en revue un
plan régional de développement durable. K.Y. Amoako, de l'ECA,
présenta un index de durabilité intégrant des indicateurs et
focalisé sur les capacités humaines et institutionnelles. D.
Kaggwa, de l'Environmental Alert, appela à une évaluation des
politiques de libéralisation du commerce, à l'ouverture de
l'accès aux marchés et à la suppression des subventions. M.
Tallawy, de l'ESCWA, mit l'accent sur les politiques
régionales en matière de gestion intégrée des ressources en
eau, de la conservation énergétique et de la justice sociale.
P. Tiot, de l'UNAIDS, déclara que la situation du HIV/SIDA est
le signe d'une crise au niveau des ressources humaines, et
appela à l'engagement des fonds nécessaires à la lutte contre
ce fléau, ainsi qu'à un leadership gouvernemental et local.
K.G. Ruffing, de l'OCDE affirma que les effets des subventions
perverses dépassaient les avantages apportés par l'APD.
O. Arias, de la Fondation pour la Promotion
du Savoir Indigène, parla des limites de la définition du
développement durable dans les paramètres du "progrès et des
modes de vie occidentaux". Kunio Waki, du FNUAP, déclara que
la pauvreté et la dégradation environnementale ne pouvaient
être traitées sans prise en considération de l'aspect
population. L. Mollel, de l'ICAO, mit en exergue les efforts
visant à traiter les problèmes liés à l'aviation civile, y
compris la pollution due au bruit et aux émissions de gaz à
effet de serre. F. Reifschneider, du CGIAR, nota que la
production alimentaire viable est cruciale pour la durabilité
et apporta son appui à l'établissement d'une coopération entre
les secteurs privé et public dans le domaine de la recherche
agricole. M. Sapir, de la Confédération des Syndicats
Européens, appela à la suppression des subventions accordées
dans le domaine agricole, au recours à l'énergie renouvelable
et au traitement des modes de consommation et de production.
S. Christensen, du Conseil des Ministres des Pays Nordiques,
mit en exergue "la Stratégie Nordique – Nouvelles Coordonnées
pour les Pays Nordiques."
A. Steiner, de l'IUCN, mit en garde contre
toute tentative de renégociation de Rio et appela à un plan
d'action assorti d'un calendrier précis. M. Soto-Lacourt, de
l'Estado Libre de Puerto Rico, mit l'accent sur les menaces
environnementales et sanitaires posées par les essais de
bombes effectués par les Etats-Unis à Vieques.
I.Vaidere, de la Commission sur la
Protection de l'Environnement Marin de la Baltique, nota le
besoin pour le SMDD de guider vers "un développement durable
écologiquement rationnel" de la région Baltique. Y. Malitikov,
du CIS, souligna l'importance de "l'éducation continue," et
encouragea l'utilisation des outils modernes dans les
processus décisionnels. U. Munaylla-Alarcon, de la Comisión
Permanente del Pacifico Sur, souligna l'importance des
systèmes océaniques dans le développement durable. C. Corbin,
des Iles Vierges, accueillit favorablement les recommandations
concernant les petits Etats insulaires dans le projet du Plan
de Mise en Œuvre. S. Kuwabara-Yamamoto, de la Convention de
Bâle, nota que le développement ne peut être réalisé sans une
réduction et une gestion écologiquement rationnelle des
déchets. V. Silva, de la Conférence des Ministres des Mines
des Amériques, apporta son soutien aux politiques qui prennent
en considération les dimensions environnementales, économiques
et sociales dans le cadre de la gestion rationnelle et de
l'utilisation sûre des minerais et métaux. W. Erdelen, de
l'UNESCO, apporta son appui à la proclamation d'une "décennie
de la sensibilisation au développement durable," et suggéra de
considérer la durabilité à travers le prisme de la diversité
culturelle.
C. Magarinos, de l'ONUDI nota le besoin de
réconcilier la croissance économique avec la justice sociale
et de prendre en considération la capacité d'entraînement des
écosystèmes. J.Diouf, de la FAO, annonça la mise en place de
partenariats pour l'agriculture durable et le pour
développement rural et développement durable des régions
montagneuses. N, Ndiaye, de l'Organisation Internationale pour
la Migration, appela la communauté mondiale à intégrer la
migration dans le développement durable. W.Burkart, IAEA,
souligna le rôle que jouent les sciences nucléaires dans les
solutions efficaces du point de vue des coûts, visant à
satisfaire les besoins de l'être humain. H. van Ginkel, de
l'UNU, proposa que le développement durable soit intégrer dans
l'agenda politique mondial. H. Mamula, du Comité des Femmes,
nota les préoccupations suscitées par le recul enregistré dans
les négociations du SMDD, et de l'inversion des progrès
réalisés cette dernière décennie dans le domaine de l'égalité
des sexes. R. Ricupero, de la CNUCED, suggéra que le SMDD
accorde une priorité aux finances, au transfert des
technologies et à l'ouverture des marchés. C. Boucher, de la
Banque Africaine de Développement, appela à la promotion d'une
croissance économique durable en Afrique, compatible avec les
objectifs environnementaux et sociaux. J. Strachan, du
Secrétariat du Commonwealth, appela à un engagement, assorti
d'un calendrier, à la suppression graduelle des subventions
agricoles dans les pays industrialisés. L. Segovia, du Conseil
des Jeunes Mexicains pour le Développement Durable, appela à
la mise en place d'une cour internationale pour la mise en
application de l'imputabilité des compagnies multinationales,
et à la ratification du Traité de Kyoto et de la Convention
sur les Droits des Enfants.
A. Silva-Calderon, de l'OPEP, plaida pour
l'utilisation de combustibles fossiles propres, comme "une
voie claire et facile", pour les pays les plus pauvres, pour
la réalisation de leur croissance." A. Clark, EBRD, souligna
le besoin de complémenter le financement privé par une
coopération technique, des institutions forte, un secteur
commercial actif et l'implication des locaux. R. Letchumann,
de l'ASEAN, mit l'accent sur une mise en œuvre fondée sur le
principe des responsabilités communes mais différenciées, et
nota que ASEAN fournissait un mécanisme pour la mise en mise
en œuvre régionale. F. El Mallah, de la Ligue des Etats Arabes,
souligna le besoin de voir s'instaurer: la paix, la sécurité
et la fin de l'occupation. Eric Mann, du Wiltern Labor and
Community Management Center, prédit que le résultat du SMDD
sera un "document néo-libéral cohérent" mettant l'accent sur
la dérégulation, la libéralisation, la mise en conformité
volontaire et le "mythe du partenariat." A. M. Costa, du
Bureau de la Lutte contre la Drogue et de la Prévention des
Crimes, nota que le traitement des problèmes de la criminalité,
des narcotiques, du terrorisme et de la traite des être
humains est une condition préalable au développement durable.
R. Priddle, de l'Agence Internationale de l'Energie, notant
que 1,6 milliards de personnes n'ont pas accès à l'électricité,
appela le SMDD à prendre des engagements pratiques, et
efficaces du point de vue coût, en faveur du changement. C.
Jarque, de l'IADB, nota le rôle de son organisation dans la
catalyse des ressources pour le développement durable, à
travers les prêts, la mobilisation de l'investissement privé,
et les alliances avec les donateurs internationaux et la
société civile.
R. Khoza, de la Business Action for
Sustainable Development, indiqua que l'établissement de
rapports sur une base triple, est devenu la norme. G. Lagleder,
de l'Ordre Militaire Souverain de Malte, appela au respect et
à la protection de la vie. S. Taib, de l'Organisation des
Conférences Islamiques, nota que l'Islam reconnaissait le
caractère limité des ressources. R. Boehnke, du Common Fund
for Commodities, mit l'accent sur le lien entre la dépendance
des matières première et la pauvreté extrême. J. Medem, de la
Fédération Mondiale de Association d'Ingénieurs, nota que les
scientifiques et les ingénieurs sont engagés en faveur du
développement durable à travers l'engendrement et la diffusion
des connaissances. J. Moyo, de Partners in Population and
Development, mit l'accent sur les moyens d'amélioration de la
situation de la santé procréatrice par le biais de la
coopération Sud Sud. I. Maiava, du Forum des Iles du Pacifique,
appela à un traitement particulier et différentiel, avançant
comme arguments, l'isolation par rapport aux marchés, et
l'extrême vulnérabilité aux catastrophes naturelles.
J. Warioba, du Groupe de Discussion sur le
SMDD du Secrétaire Général, souligna le défi posé au SMDD, de
faire montre d'un engagement réel, à travers l'adoption
d'objectifs clairs, assortis de calendriers précis. B. Donkoh,
de l'UNHCR, mit l'accent sur les capacités productives et le
capital humain des réfugiés, soulignant qu'ils ne sont pas
uniquement des récipiendaires de l'aide humanitaire, mais
également des contributeurs au développement durable. M.
Karanja, de l'Union Nationale des Agriculteurs du Kenya, mit
l'accent sur la mobilisation des agriculteurs, le soutien
financier pour l'infrastructure rurale, et la suppression des
subventions accordées en dehors des exploitations agricoles
dans le nord. J. Achache, du Committee on Earth Observation
Satellite, souligna l'importance des données adéquates, les
échanges d'informations en matière de développement durable.
M. Kothari, de l'OHCHR, illustra la manière dont le paradigme
des droits de l'homme pouvait offrir une solution fondamentale
à la question du développement durable.
R. Chandra, du Pacific Centre for
Environmental and Sustainable Development, nota l'importance:
d'une gouvernance transparente et participative et du
renforcement institutionnel. D. Hykle, CMS, souligna la valeur
intrinsèque et les besoins particuliers de la conservation des
espèces migratrices. R. Zelius, de la Banque Asiatique de
Développement, présenta les activités de la Banque, y compris
la protection des systèmes de soutien à la vie, le
renforcement des partenariats et l'intégration de mesures de
sauvegarde environnementale et sociale.
D. Rangi, du Centre International des
Bio-Sciences Appliquées, appela à une focalisation sur
agriculteurs à faibles ressources; à l'utilisation de la
biodiversité microbienne; et à un accès effectif, à
l'utilisation et à la diffusion des connaissances. A. Lloyd,
de World Associations of Cities and Local Authorities
Coordination, annonça la conclusion d'un accord sur la
Déclaration de l'Administration Locale de Johannesburg, et
encouragea la reconnaissance du rôle des collectivités locales
dans les résultats officiel du SMDD. H. Djombo, de
l'Organisation Africaine du Bois, souligna la nécessité de
soutenir l'utilisation des forêts pour la croissance
économique tout en veillant à sa préservation en tant que
ressource de base.
LE CADRE DE JOHANNESBURG
La première séance au niveau ministériel du
"cadre de Johannesburg" s'est réunie à midi. Le Ministre
Sud-Africain des Affaires Environnementales et du Tourisme,
Valli Moosa, présida la séance consacrée à la détermination de
l'agenda des ministres. Moosa expliqua que le cadre de
Johannesburg travaillera sur les questions d'achoppement
transmises par le cadre de Vienne, mais qu'il ne pouvait pas
traiter de l'ensemble. Il demanda aux ministres d'identifier
une courte liste de sujets. Un ministre réitéra la liste de 14
points présentée par son groupe au cadre de Vienne, le jeudi
29 août. Un autre avança une courte liste: les objectifs en
matière d'énergie et de systèmes sanitaires, les Principes de
Rio, le Traité de Kyoto et le Fonds Mondial de solidarité.
Plusieurs délégués soulignèrent l'importance d'une
coordination avec le cadre de Vienne, de manière à ce que les
deux groupes ne puissent pas discuter, simultanément, du même
sujet. La discussion se poursuivit sur le point de savoir
quels sujets aborder et s'il fallait le regrouper par thème.
Le Président suggéra de commencer par
l'ensemble des questions consacrées aux objectifs et
calendriers. Il indiqua que le groupe n'aura pas à élaborer un
texte mais simplement à essayer de parvenir à des accords de
principe. Un ministre fit part de ses réserves concernant le
fait qu'ils ne pouvaient pas traiter des échéances alors que
la question des Principes de Rio n'est pas encore résolue.
Le Groupe reprit ses travaux dans l'après-midi
lorsque Moosa demanda aux participants de présenter leurs
commentaires concernant les paragraphes traitant des échéances
pour les systèmes sanitaires, l'accès à l'énergie, les modes
de production et de consommation, de l'énergie renouvelable,
des subventions en matière d'énergie, des ressources
naturelles, du Traité de Kyoto et de la biodiversité.
LES SYSTEMES SANITAIRES: Un ministre
déclara que les objectifs et échéances figurant dans les
paragraphes 7 alt et 24 et consistant à réduire de moitié,
d'ici 2015, la proportion de gens n'ayant pas accès aux
systèmes sanitaires, étaient nécessaires, parce que les
recommandations douces ne marchent pas. D'autres arguèrent que
les moyens de mise en œuvre doivent faire partie intégrante de
l'objectif. Un délégué indiqua que les systèmes sanitaires
sont rattachés aux objectifs disponibles consacrés aux
questions de l'eau et de la santé.
L'ACCES A L'ENERGIE: Dans le paragraphe
8, les délégués étaient divisés entre "le lancement d'un
programme d'action" et "la prise de mesures" pour
l'amélioration de l'accès à des services énergétiques fiables
et abordables. Un délégué commenta que les circonstances
nationales étaient différentes et qu'il était difficile
d'élaborer un programme commun. Un autre appuya la mise en
place d'un programme d'action mondial puisqu'il s'agit là d'un
résultat mesurable. Un troisième affirma que l'idée d'un
programme d'action mondial était prématurée.
LA PRODUCTION ET LA CONSOMMATION: Le
chapeau du paragraphe 14 contient des crochets autour du point
de savoir si un programme d'action décennal ou des programmes,
devaient être élaborés pour la promotion du passage vers une
production et une consommation viable. Après avoir entendu les
commentaires, le Président déclara qu'un accord semble se
dessiner, selon lequel un programme unique est incapable
d'intégrer tous les pays. Le Président demanda à un délégué de
mener des concertations et d'élaborer un nouveau texte.
L'ENERGIE RENOUVELABLE: le Paragraphe
19(e) renferme des objectifs crochetés concernant la question
de l'accroissement de l'utilisation de l'énergie renouvelable
d'ici 2010. Un groupe de pays déclara qu'ils étaient en train
d'élaborer un texte et qu'ils espéraient le finaliser dans la
soirée. Le Président indiqua qu'il espérait voir les ministres
l'examiner en temps voulu.
LES SUBVENTIONS DANS LE SECTEUR DE
L'ENERGIE: Le Président déclara que l'examen de la
suppression éventuelle des subventions accordées dans le
secteur de l'énergie (paragraphe 19(p) bis) aura lieu
lorsque le nouveau texte consacré à l'énergie sera mis à
disposition.
LES RESSOURCES NATURELLES: Le
Paragraphe 23, traite de l'arrêt et de l'inversement de la
tendance actuelle des pertes de ressources naturelles aux
niveaux mondial et national, d'ici 2015. Un ministre expliqua
qu'il avait des difficultés à accepter l'objectif proposé en
raison de l'insuffisance de données scientifiques. Un ministre
rappela à la réunion que l'objectif 2015 avait tété approuvé
par la Sixième Conférence des Parties (CdP-6) de la CDB. Le
Président reconnut les arguments forts contre l'établissement
d'un objectif et les préférences d'une approche de gestion
intégrée, par opposition à l'approche de gestion basée sur les
écosystèmes
LE TRAITE DE KYOTO: Le Paragraphe 36
traite de la Déclaration du Millénaire dans laquelle les Chefs
d'Etat et de Gouvernement s'engagent à faire un effort en vue
de s'assurer le l'entée en vigueur du Traité de Kyoto, d'ici
2002. Les délégués de deux pays qui n'ont pas l'intention de
ratifier le Traité, présentèrent leurs positions. L'un d'eux
déclara qu'il serait ironique, compte tenu de leur intention,
d'encourager la ratification du Traité par d'autres, de
manière aussi conclusive. Plusieurs ministres appelèrent à
l'insertion d'un paragraphe encourageant la ratification.
D'autres soulignèrent l'intérêt à envoyer un signal fort du
SMDD, sur la question des changements climatiques. Certains
mirent en relief la nécessité de traiter la vulnérabilité. Un
certain nombre de ministres de pays en développement
apportèrent leur appui au projet de paragraphe, citant la
Déclaration du Millénaire comme plate-forme utile pour la
réalisation du consensus. Le Président invita un ministre à
modérer la séance de discussion devant mener à l'accord.
LA BIODIVERSITE: Les ministres
passèrent ensuite au paragraphe 42 consacré à la réalisation
d'une réduction importante des taux de perte actuelle de la
biodiversité, d'ici 2010. Un ministre issu d'un pays en
développement introduisit une proposition appelant à la
réalisation d'une réduction significative des pertes de
biodiversité, à travers les trois objectifs de la CDB. Il
expliqua que les données étaient insuffisantes pour justifier
un objectif quantifiable. Au sujet du sous-paragraphe 42(o),
le ministre ajouta que la négociation de la création d'un
régime international sur le partage juste et équitable des
avantages, doit avoir lieu "dans le cadre de la CDB."
Un autre ministre fit remarquer que la
fixation d'un objectif quantifiable dans le projet de
paragraphe était compatible avec la décision faite à la CdP-6
de la CDB. Le Président invita un ministre à modérer des
discussions visant à dégager une solution.
LES RESPONSABILITES COMMUNES MAIS
DIFFERENCIEES: Lorsque les ministres se réunirent de
nouveau à 21h, ils abordèrent la référence au principe de
responsabilités communes mais différenciées figurant dans le
paragraphe 75 (mise en application du Plan d'Action 21 et
réalisation des objectifs approuvés à l'échelle internationale).
Ils débattirent de l'importance de ce principe, de point de
savoir si oui ou nom, les pays sont en train d'abandonner les
engagements qu'ils ont pris à Rio, et le rattachement de ce
paragraphe au paragraphe 14 consacré à la question de
production et de consommation. Au moins quatre délégations et
le Président présentèrent des propositions et les délégués
firent de nombreuses pauses pour en discuter. Le consensus
n'était toujours pas atteint à 23h, lorsque les services
d'interprétation se sont terminés. Les délégués décidèrent de
poursuivre leur concertation avant de se réunir samedi, matin.
Le Président conclut en faisant part de son
espoir de voir les projets de texte de l'ensemble de tous les
paragraphes examinés vendredi, être prêts, samedi matin.
LE CADRE DE VIENNE
Le Président Dumisani Kumalo (Afrique du
Sud) ouvrit la séance du matin du cadre de Vienne par le
rapport du groupe de contact sur les moyens de mise en œuvre.
John Ashe (Antigua et Barbuda) présenta les résultats des
concertations autour des thèmes du commerce, des finances et
de mondialisation. Ashe rapporta que s'agissant de la question
des finances, les paragraphes 1 et 8 étaient approuvés, alors
que le groupe de contact n'avait pas atteint le consensus
autour des paragraphes traitant du commerce (13, 14 et des
segments des paragraphes 19, 20 et 21), le chapeau et les
chapitres des graphes 1(e) et 3 consacrés à la mondialisation.
L'Eradication de la pauvreté: Les
délégués ne parvinrent pas à réaliser un accord sur la
question du fonds mondial de solidarité (6). Un groupe de pays
industrialisés et en développement, apporta son appui au
libellé précisant que le fonds "aurait recours aux mécanismes
disponibles" Il y avait accord général autour du libellé, un
groupe de pays industrialisés réitéra, toutefois, ses réserves
que ce sujet n'était pas un sujet de structure mais de
mobilisation de ressources nouvelles et supplémentaires. Ils
préférèrent un libellé demandant à l'Assemblée Générale de
traiter ce problème de fonds.
Protection et Gestion des Ressources
Naturelles de Base: Les discussions autour du paragraphe
23 (ressources naturelles) commença par une proposition
avancée par le Président, et stipulant "dans l'effort visant à
inverser la tendance actuelle de la dégradation des ressources
d'ici 2015, il est nécessaire de mettre en place des
stratégies utilisant les écosystèmes et l'approche de
précaution, là où pertinent à la protection des écosystèmes."
La proposition fut appuyée par de nombreux pays en
développement, mais rejetée par d'autres. Ils déclarèrent que
l'inversement des tendances de la dégradation des ressources
naturelles ne pouvait pas être mesurée scientifiquement et fit
objection à l'application de l'approche basée sur les
écosystèmes, préférant des stratégies de mise en œuvre soit "sur
la base de" soit "en gardant à l'esprit" l'approche fondée sur
les écosystèmes. Un petit Etat insulaire suggéra un
inversement des tendances dans les "indicateurs clés" de la
dégradation des ressources naturelles, aux fins d'y ajouter
une rigueur scientifique. Les délégués décidèrent de référer
le paragraphe tel que formulé à l'origine, aux ministres, à
travers les consultations des groupes restreints. Restés entre
crochets: les objectifs de l'inversement des tendances; la
date cible 2015; les approches fondées sur l'écosystème et la
précaution; et l'intégration des stratégies. Au cours d'une
brève séance nocturne, le groupe reçut un projet de texte
concernant le paragraphe issu du cadre de Johannesburg puis,
ajourna ses travaux pour permettre son examen.
Au sujet des références à l'approche de
précaution, plusieurs pays industrialisés affirmèrent que la
formulation retenue dans le paquet proposé à travers les
concertations de la nuit précédente (22 et 93(e)bis
alt), affaiblissait plus que de raison l'application de
l'approche de précaution. Après une réaffirmation de leurs
positions, les délégués décidèrent de transmettre le paquet
aux ministres.
Les Moyens de Mise en Œuvre: Le groupe
supprima les crochets entourant la référence à l'accès des
pays en transition économique au développement, au transfert
et à la diffusion des technologies écologiquement rationnelles
et au savoir-faire correspondant (89).
LE GROUPE DE CONTACT SUR LES ARRANGEMENTS
INSTITUTIONNELS
NDLR: La couverture des travaux par le
BNT s'est arrêtée à 0h30.
Le groupe de contact sur le Chapitre X du
projet de Plan de Mise en Œuvre, coprésidé par Ositadinma
Anaedu (Nigeria) et Lars-Goran Engfeldt (Suède) poursuivit ses
négociations le matin, l'après-midi et dans la soirée. Les
délégués examinèrent les paragraphes restés en suspens dans le
chapitre et dans les libellés portant sur la gouvernance
internationale et domestique, soumis auparavant par une
délégation et un groupe de pays. Les délégués essayèrent de
nettoyer le texte devenu redondant au fur et à mesure de la
progression des négociations. Le groupe rompit ses rangs à 18h
pour permettre la tenue de concertations informelles. Les
négociations reprirent à 12h, pour se transformer en
consultations, peu après.
La plupart des délégués étaient d'avis sur
la suppression des sous-paragraphes 122(b) et (c) consacrés à
la question des finances et du commerce, avec un groupe de
pays industrialisés demandant le maintien du 122(c), pour le
moment. Un soutien grandissant s'exprima en faveur de
l'abandon du paragraphe 122(f) portant sur "l'accroissement
des ressources en fonds au sein des accords environnementaux
multilatéraux," et du chapeau du paragraphe 139 concernant la
non-discrimination entre les principaux accords. Les délégués
engagèrent un long débat sur le besoin de renforcer la
dimension sociale du développement durable (122(g)). Deux
groupes de pays réussirent à s'accorder sur un libellé faisant
référence au suivi du Sommet de Copenhagen pour le
Développement Social et Copenhagen+5. Seule, une délégation
réserva sa position.
Les délégués se déclarèrent prêts à laisser
tomber le libellé appelant la CDD à rendre opérationnel le
principe de responsabilités communes mais différenciées
(138(b)), avec un groupe de pays demandant son renvoi.
Plusieurs pays préférèrent le maintien du libellé consacré à
la protection des droits de l'Homme et de l'environnement
(152), en dépit de la proposition d'un groupe de pays, de le
supprimer, avec une délégation proposant une référence à la
pauvreté, et d'autres, faisant objection à l'invitation lancée
aux organes des Nations Unies à procéder à l'examen de toutes
ces questions. A l'exception d'un seul groupe de pays, les
délégués appuyèrent la suppression du libellé consacré à
l'élaboration des lignes directrices devant encadrer l'accès
et la participation du public.
Le groupe de contact procéda à l'examen des
libellés consacrés à la bonne gouvernance aux niveaux
international et national (123, avec en accompagnement le "paquet"
de paragraphes et une nouvelle version du 146). Plusieurs
amendements furent proposés, tels que celui concernant la
participation des femmes dans les prises de décisions.
DANS LES COULOIRS I
Le Centre des Congrès de Sandton a connu un
certain remous, vendredi soir. Les ministres réunis dans le
cadre de Johannesburg avaient apparemment renvoyé le
paragraphe 23, portant sur les ressources naturelles, au cadre
de Vienne, pour nouvel examen. Là les délégués étaient au
courant de la manière dont le cadre de Johannesburg était
arrivé à la proposition et ont montré quelque hésitation à
poursuivre les délibérations sans concertation avec leurs
ministres. En outre, les délégués étaient quelque peu
perplexes quant à la manière dont ce texte, dont certains
assurent qu'il n'a pas du tout été abordé par les ministres, a
été mystérieusement retrouvé sur le chemin du retour vers le
cadre de Vienne. Compte tenu de ces problèmes de communication
et de coordination, le Président Kumalo a ajourné la séance
nocturne sans avoir examiné le texte. Finalement, ce cadre de
Johannesburg, créé pour fournir aux négociateurs un mandat
politique clair, a donné lieu lui-même à davantage de
confusion pour ce qui est de la manière dont ces deux
processus pourrait être intégrés pour produire le plan de mise
en œuvre final.
DANS LES COULOIRS II
La discussion autour de la question du
régime international sur le partage équitable des avantages a
suscité pas mal d'excitation dans les salles de conférence, en
particulier avec l'apparition du Groupe "Megadiverse" de Même
Esprit et de son projet de document politique. La première
manifestation de ce groupe sur la scène internationale, qui
s'est produite à la CdP-6 de la CDB, avait été une manœuvre de
pays en développement riches en biodiversité, cherchant à
imposer la forme qu'ils souhaitaient donner à l'agenda de
biodiversité. Compte tenu des liens inextricables entre
l'accès aux ressources génétiques et le partage des avantages,
dans le cadre de la CDB, l'appui qu'ils ont apporté au régime
de partage des avantages a amené certains à se demander si le
groupe "Megadiverse" n'est pas travailler en coordination avec
le Groupe Africain, sachant le soutien de long date de ce
dernier en faveur de l'élaboration dans le cadre de la CDB,
d'un Protocole sur l'Accès.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
CADRE DE JOHANNESBURG: Les
consultations ministérielles démarreront à 10h dans la Salle
Ballroom 1.
CADRE DE VIENNE: Le cadre de Vienne se
réunira à partir de 11h dans la Salle Exhibition 1.
GROUPE DE CONTACT SUR LES ARRANGEMENTS
INSTITUTIONNELS: Consultez le Journal pour
l'horaire et le lieu de sa réunion. |