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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 22 No. 46
Vendredi 30 Août 2002
LES FAITS MARQUANTS DU SMDD
JEUDI 29 AOUT 2002
Les Délégués auprès du Sommet Mondial pour
le Développement Durable (SMDD) se sont réunis pour la
Plénière finale organisée en Partenariat consacrée à l'examen
de la mise en œuvre régionale puis, dans l'après-midi, ont
entendu les déclarations des entités non étatiques. Une
consultation ministérielle officieuse a été convoquée le matin
pour examiner l'état d'avancement des négociations et
l'implication des ministres dans le processus. Le cadre de
Vienne s'est réuni l'après-midi pour considérer les libellés
en suspens. Au cours de la séance nocturne, les délégués ont
tenu un débat animé autour des voies et moyens de faire
avancer les choses, et ont repris leurs délibérations tard
dans la nuit. Le groupe de contact sur la question des
arrangements institutionnels s'est réuni brièvement dans la
matinée et, avec le groupe de contact sur la question des
moyens de mise en œuvre, s'est retrouvé pour une séance de
travail tard dans la soirée. Des exposés sur les partenariats
de Type II ont été présentés dans le cadre des activités
spéciales organisées en marge du Sommet, tout au long de
l'après-midi
LA PLENIERE
LA MISE EN ŒUVRE REGIONALE: Rosa Elena
Simeon, Ministre Cubain des Sciences, des Technologies et du
Développement Durable, présida et Gus Speth, de l'Université
de Yale, modéra la Plénière finale organisée en Partenariat.
Speth donna un aperçu sur les cinq commissions régionales des
Nations Unies, soulignant leur rôle potentiel dans le suivi
des résultats du SMDD et leur capacité d'établir des
passerelles entre le travail au niveau mondial et le travail
au niveau national, de procéder à un échange d'expertise avec
les pays et de fournir des conseils politiques.
La Discussion de Groupe: La COMMISSION
ECONOMIQUE EUROPEENNE (CEE) expliqua que la CEE adopte les
plans d'action régionaux, tels que l'initiative dans les
domaines des transports, de l'environnement et de la santé. La
CEE promeut la coopération intersectorielle, les processus
décisionnels participatifs et le suivi écologique des accords
régionaux. La COMMISSION ECONOMIQUE DE L'AMERIQUE LATINE ET
LES CARAIBES (ECLAC), déclara que les groupes régionaux aident:
à réduire le double-emploi; donnent une voix aux petits pays;
protègent les écosystèmes partagés; et attirent les
financements. La COMMISSION ECONOMIQUE ET SOCIALE DE L'ASIE ET
DU PACIFIQUE (ESCAP) nota qu'à la fois les riches et les
pauvres contribuent à la dégradation environnementale. La
COMMISSION ECONOMIQUE AFRICAINE (CEA) parla de la nécessité:
de la stabilisation du financement des pays en développement,
y compris pour les accords tels que le traité de Kyoto; de
l'allégement de la dette; d'une responsabilité régionale pour
l'attraction des capitaux privés; et d'une technologie moderne
culturellement appropriée. La COMMISSION ECONOMIQUE ET SOCIALE
DE L'ASIE DE L'OUEST (ESCWA) déclara que les groupes régionaux
peuvent aider à l'adaptation aux défis de la mondialisation à
travers l'intégration régionale et le commerce.
D'autres intervenants signalèrent une
amélioration, depuis Rio, de la prise de conscience du secteur
de l'entreprise, quant aux entraves que présentent pour le
profit, les changements climatiques et les pertes de la
biodiversité; et, anticipèrent des bouleversements sociaux et
des mouvements de populations humaines.
Le Débat en Plénière: Les intervenants
apportèrent leur appui aux actions régionales et
sous-régionales pour la promotion du développement durable et
mirent en relief un certain nombre d'initiatives régionales
particulières. Le BRESIL souligna l'impératif de financer les
institutions pour le renforcement de la coopération sud-sud,
et d'augmenter de 10% par an, la part d'énergie renouvelable
d'ici 2010. Le TAJIKISTAN souligna la nécessité d'approches
pluri-sectorielles et multi-régionales. TUVALU mit en garde
que les organisations régionales disposent de programmes, dont
certains ne sont pas toujours en phase avec le développement
durable. L'ARGENTINE nota que l'efficacité des actions
dépendait d'un niveau de multilatéralisme fort. La SUISSE
souligna l'importance des montagnes; l'OUGANDA mit en exergue
le problème de la désertification; et le PNUD brossa un
tableau de la situation en Afrique.
Plusieurs pays notèrent que les conflits
régionaux compromettaient les efforts de développement
durable. ISRAEL affirma que le régionalisme est un nouveau
concept au Proche-Orient, et l'AUTORITE NATIONALE
PALESTINIENNE et la LIGUE DES ETATS ARABES soulignèrent que la
paix, la stabilité et la fin de l'occupation sont des
conditions préalables au développement durable. L'AZERBAIDJAN
nota que les conflits sont préjudiciables et à la terre et à
l'environnement et qu'ils entravent l'utilisation rationnelle
des ressources.
L'ORGANISATION DES FEMMES POUR
L'ENVIRONNEMENT ET LE DEVELOPPEMENT nota que le développement
durable tournait autour du pouvoir des pauvres à négocier avec
les riches, des femmes avec les hommes et des êtres humains
avec la nature. Le SECRETARIAT DU FORUM DES ILES DU PACIFIQUE
souligna le caractère central de la bonne gouvernance et de la
focalisation sur la participation de l'ensemble des parties
prenantes, dans le développement durable. Le PNUE souligna son
rôle dans "la concrétisation régionale." La BANQUE ASIATIQUE
DE DEVELOPPEMENT souligna le besoin de voir les ministres des
finances apporter leur soutien au développement durable.
LES DECLARATIONS DES ENTITES NON ETATIQUES:
Au cours de la séance, M. Robinson, de l'UNHCR, appela à
l'intégration des droits de l'Homme dans les Objectifs de
Développement du Millénaire et suggéra d'élaborer les lignes
directrices en la matière devant encadrer la mise en
application de chacun des objectifs. D. Anderson, du PNUE,
appela à des contributions pour aider à la mise en application
des résultats du SMDD. G. Brundland, de l'OMS, annonça
l'établissement d'une nouvelle alliance pour assurer des
environnements sains aux enfants. M. Stuart, de la Business
Action for Sustainable Development, apporta son appui à
l'élaboration des normes relatives aux bonnes pratiques
internationales, pour aider à juger de la performance des
compagnies internationales.
J. Somavia, de l'OIT, nota que la
réorganisation des systèmes économiques et des politiques
fiscales offrait l'occasion de réaliser des percées
technologiques et une croissance durable, et annonça la mise
en place de la nouvelle Commission Mondiale sur les Dimensions
Sociales de la Globalisation, au sein de l'OIT. M. Boisard, de
l'UNITAR, annonça la mise en place de partenariats dans les
domaines de la formation et du renforcement des capacités pour
l'urbanisation viable et du programme africain en matière de
technologie d'information environnementale. G. Obasi, WMO,
appela au renforcement des systèmes de suivi environnemental
et de l'organe de conseil scientifique et technologique, pour
le soutien des résultats du SMDD. M. El-Ashry, du FEM, fit
état des engagements pris récemment pour la reconstitution de
fonds la plus importante du FEM et pour l'élargissement de son
mandat à la CDD et aux POPs. A. Petitpierre, de l'ICRC,
présenta les directives de l'ICRC concernant la protection
environnementale durant les conflits.
I. Johnson, de la Banque Mondiale, se
félicita des efforts multilatéraux visant à mettre en place
des politiques publiques éclairées pour la réalisation du
développement durable. F Frangialli, de l'Organisation
Mondiale du Tourisme, annonça le démarrage de l'Initiative
conjointe OMS/CNUCED, Tourisme Viable, Outil au service de
l'Elimination de la Pauvreté. M. Hassan, de la Communauté
Scientifique et Technologique, mit l'accent sur l'importance
du renforcement des capacités scientifiques et technologiques,
axé sur les centres d'excellence, les femmes, le savoir
indigène et la coopération nord-sud. A. Essy, de l'Union
Africaine, déclara que les résultats du SMDD ne seraient
profitables pour le développement durable en Afrique que s'ils
proposent des solutions aux problèmes posés dans les domaines
de la santé, de l'aide, de la dette et du commerce. A.
Chowdhury, représentant des Pays les Moins Avancés, des Pays
en Développement Enclavés et des Petits Etats insulaires en
Développement, déclara attendre avec impatience de voir les
PMA prendre en main les propres processus de développement et
affirma que le développement ne sera durable que lorsqu'il
touchera les pauvres.
L. Kouyate, de l’Organisation
Internationale de la Francophonie, présenta le plan d'action
de son organisation en matière de développement durable. T L
Sundness, de l'ICFTU, qualifia les normes de travail de l'OIT,
de cruciales pour le développement durable. G.
Battaini-Dragoni, du Conseil de l'Europe, donna un aperçu sur
l'approche du Conseil, fondée sur le respect des droits de
l'Homme, en matière de développement durable, et sur son
engagement en faveur du pluralisme et de la démocratie. K.
Sekimizu, de l'OMI, parla de la participation de son
organisation dans nombre de conventions et d'initiatives,
depuis 1992, en sa qualité de gardien de l'environnement marin.
J. M. Suarez de Toro, de la Fédération
Internationale de Sociétés de Croix et de Croissant Rouges,
mit l'accent sur les rapports entre catastrophes naturelles et
développement, appelant le Sommet à traiter des causes des
catastrophes. J.C.I. Matheu, de la Commission Consultative des
Nations Unies pour les Collectivités Locales, évoqua la
nécessité de renforcer les collectivités locales et le besoin
de ressources économiques et de capacités de mise en
application du développement durable. A. Falaschi, du Centre
International du Génie Génétique et de la Biotechnologie,
souligna le besoin d'un renforcement des capacités
scientifiques des pays en développement dans le domaine de la
biotechnologie. Y. S. Abdulai, du Fonds de l'OPEC, appela à
des accords pour la création de marchés et d'emplois et pour
l'amélioration des services sociaux. L. G. Mayila, de
l'Association Internationale des Conseils Economique et Social
et Institutions Similaires, souligna la nécessité d'accords
dans les domaines: de l'énergie renouvelable; de l'accès à
l'eau potable salubre et aux systèmes sanitaires; et de la
responsabilité juridique des entreprises. C. Basset, de la CCD,
parla du besoin de résultats tangibles assortis d'un
engagement politique, ainsi que d'une cohérence politique et
une mobilisation des ressources financières.
T. Goldtooth, de l'Indigenous Environmental
Network, proposa la tenue d'une conférence internationale sur
les peuples indigènes et de développement durable, dans le
cadre du suivi du SMDD. J. R. Goulongoma, de l'ACP, appela à
l'éradication de la pauvreté dans les pays en développement et
souhaita voir le traité de Kyoto entrer en vigueur dans les
meilleurs délais. D. Ratliff, de la Court Permanente
d'Arbitrage, suggéra que les règles de conciliation et
d'arbitrage soient appliquées aux AEM disponibles et dans les
domaines de l'imputabilité des entreprises et de
l'investissement bilatéral. N. Guy, de l'Organisation
Hydrographique Internationale, évoqua l'impératif de disposer
de navires plus propres et plus sûrs, d'une navigation sûre et
d'une coopération en matière de recherche, pour le soutien de
la protection de l'environnement marin. B. Schmognerova, de
l'ECE, appuya l'idée de promouvoir une meilleure compréhension
des liens entre les politiques environnementales, sociales et
économiques. M. Sharipov, de l'organisation Femmes Européennes
pour un Avenir Commun, appela à une réorientation des dépenses
militaires vers la promotion de la femme. M. Elahi, du
Programme Sud Asiatique de Coopération Environnementale,
présenta 12 partenariats de Type II lancés en coopération avec
le PNUE en Asie du Sud.
LES CONSULTATIONS MINISTERIELLES
OFFICIEUSES
Des consultations ministérielles
officieuses, présidées par la Ministre Sud-Africaine des
Affaires Etrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, ont été
organisées dans la matinée, pour l'examen de l'état
d'avancement des négociations et du besoin pour les ministres
d'y être plus directement impliqués. Emil Salim (Indonésie)
présenta le rapport concernant l'état d'avancement, commentant
qu'à la date du 24 août, les paragraphes comportant des
crochets étaient au nombre de 156 et qu'à la date du 29 août
ils ne sont plus que 84. Il recommanda que le cadre de Vienne
continue à travailler sur les désaccords d'ordre techniques et
que les ministres se penchent sur les divergences d'ordre
politique, tels que celles concernant les Principes de Rio,
les subventions commerciales et les questions ayant trait à
l'énergie.
La Présidente donna la parole pour les
suggestions des ministres et autres délégués concernant la
manière de procéder. Il y eut consensus général sur le besoin
pour le cadre de Vienne de poursuivre ses réunions en
parallèle aux séances de négociations ministérielles qui
doivent démarrer aussitôt que possible. Il n'y eut pas
d'accord sur le format que doit revêtir le processus.
Différentes options furent avancées: format de Vienne,
plénière ou "bulles"(groupes de consultations officieuses). En
réponse à une question posée au sujet de la déclaration
politique, le Président indiqua que le texte en sera émis aux
ministres, le 30 août dans l'après-midi, en fonction de la
marche des négociations.
Après une brève suspension de la réunion,
pour la tenue de consultations, la Présidente annonça que le
cadre de Vienne se poursuivra dans l'après-midi et qu'elle y
communiquera un certain nombre de points concernant les
interventions ministérielles. Elle tiendra également des
consultations dans l'après-midi pour déterminer le format de
la réunion ministérielle.
LA GRANDE COMMISSION
LE CADRE DE VIENNE: Après avoir fait
part de leurs positions respectives sur le point de savoir
s'il fallait "entreprendre un effort pour," "adopter un
objectif similaire pour," ou "viser un objectif similaire en
vue de réduire de moitié, d'ici l'an 2015, la proportion de"
personnes ne disposant pas d'accès à un système sanitaire
amélioré, les délégués décidèrent de référer les paragraphes
consacrés à l'objectif relatif aux systèmes sanitaires (7,
24), à la consultation ministérielle. Plusieurs délégués
appuyèrent l'idée de soumettre les libellés consacrés aux
sources d'énergie renouvelables (8 et 19(e), (p)bis,
(s) et (w)), au haut niveau, mais d'autres requirent le temps
d'avoir d'abord des nouvelles des consultations en cours.
Un pays industrialisé suggéra de présenter
la question des droits de l'Homme et des libertés
fondamentales (47), aux ministres, mais les pays en
développement souhaitèrent la poursuite des consultations
officieuses sur le sujet.
Présentant un rapport sur les consultations
officieuses menées autour de la question des Principes de Rio,
le modérateur Paterson (Afrique du Sud) expliqua que le groupe
a traité du principe des responsabilités communes mais
différenciées et de la question de précaution, et suggéra que
les paragraphes concernant la précaution (22, 45(e), 93(e)
bis) soient présentés au haut niveau. Soulignant la
nécessité d'une mention équilibrée des Principes de Rio dans
le projet de Plan de Mise en Œuvre, plusieurs pays
industrialisés apportèrent leur appui à l'établissement d'un
lien entre les deux principes et au besoin de les traiter dans
le cadre d'un paquet global. Un autre pays industrialisé et
les pays en développement notèrent que les principes avaient
chacun un caractère unique et plaidèrent pour leur traitement
de manière séparée. Il n'y eut pas de consensus quant à la
manière dont le groupe devait avancer sur ce point.
Le Président de la Grande Commission, Salim,
annonça que suite aux consultations qui avaient été menées
plus tôt dans l'après-midi par la ministre Sud-Africaine des
Affaires Etrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, il y a eu accord
que le cadre de Vienne doive soumettre les points
d'achoppement aux ministres. Les ministres mèneront des
consultations bilatérales ou des discussions de groupes sur
chacune de ces questions et les accords éventuels seront
présentés au cadre de Vienne. Après un certain débat, les
délégués décidèrent de soumettre, dans la soirée, une liste de
questions aux ministres.
Avant l'ajournement de la séance, Kumalo
annonça qu'un accord est survenu autour des paragraphes 5
bis, portant sur la question de l'étique en matière de
développement durable, et 70, consacré au développement
durable dans la région Asie et Pacifique, sur le maintien de
la référence à l'Initiative de Kitakyushu pour un
Environnement Propre.
Au cours de la séance nocturne, Le
Président Dumisani Kumalo précisa que la Ministre Dlamini-Zuma
était en train de mener des consultations avec les ministres
des divers groupes de négociation sur une base officieuse et
potentiellement bilatérale, et qu'aucune réunion ministérielle
n'était prévue pour la soirée.
Signalant que le cadre de Vienne a épuisé
les possibilités de négociations au niveau technique et des
experts, un groupe de pays industrialisés suggéra qu'une
réunion ministérielle soit convoquée sous forme de cadre de
Vienne pour examiner les questions qui bloquent et leurs
interconnections, listant notamment: les Principes de Rio; la
bonne gouvernance; les droits de l'Homme; le fonds mondial de
solidarité; les systèmes sanitaires; l'énergie; le programme
décennal pour une consommation et une production durables; le
commerce et les finances; les ressources naturelles; le
changement climatique; les biens publics mondiaux; la
mondialisation; la dimension sociale; et les partenariats.
D'autres délégations indiquèrent que cette liste était trop
longue pour être référée aux ministres. Certains notèrent: que
plusieurs sujets n'avaient pas été débattus dans le cadre de
Vienne; qu'il n'y avait pas d'accord sur le point de savoir
quels sujets étaient bloqués; et que les groupes de contact
sur les moyens de mise en œuvre et sur les arrangements
institutionnels devaient encore présenter leurs rapports.
Le Président Kumalo requit l'indulgence des
délégués pour aller de l'avant. A 22h30, le cadre de Vienne se
réunit de nouveau pour examiner les paragraphes en suspens
consacrés à l'approche/ au principe de précaution (22, 23,
45(e), 45(e) alt, et 93(e)bis). Les délégués se
focalisèrent sur le paragraphe 22 (gestion des substances
chimiques) et 93(e)bis (amélioration de la plate-forme
scientifique des processus décisionnels) en tant que paquet
global. Après avoir débattu de l'utilisation du "principe de
précaution" et de "l'approche de précaution," les délégués
s'accordèrent sur un compromis consistant à utiliser le terme
"approche de précaution."
Au cours du débat, la Ministre Dlamini-Zuma
s'adressa brièvement aux délégués et présenta le compte rendu
de ses consultations avec les chefs des différents groupes.
Ils se sont accordés que le cadre de Vienne et les deux
groupes de contact doivent poursuivre leurs réunions pour
dégager l'ensemble des questions qui ne parviennent pas à être
résolues, quitte à ce que leurs réunions durent toute la nuit.
Après trois heures et demie de négociations,
incluant des propositions et des contre-propositions sur les
deux paragraphes, les délégués clôturèrent la discussion sur
ces deux paragraphes sans être parvenus à un accord. Les
questions au sujet desquelles ils n'ont pas pu s'entendre
englobent: la référence aux autres accords internationaux,
l'application de l'approche de précaution à la santé, le point
de savoir quand doit-on recourir à l'approche de précaution,
l'utilisation de l'approche de précaution à des fins
protectionnistes, et la référence à l'évaluation des risques.
Les délégués décidèrent de référer les deux paragraphes aux
ministres.
Les délégués devaient ensuite adopter,
ad referendum, le paragraphe 61(b), consacré à l'accès à
la terre et aux régimes fonciers, tel que transmis par le
groupe de contact. A 2h15 du matin, les délégués commencèrent
à débattre des paragraphes consacrés au principe des
responsabilités communes mais différenciées.
LE GROUPE DE CONTACT SUR LE CADRE
INSTITUTIONNEL: Le groupe de contact sur le Chapitre X du
projet de Plan de Mise en œuvre, coprésidé par Ositadinma
Anaedu (Nigeria) et Lars-Goran Engfeldt (Suède), s'est réuni
dans la matinée, pour une brève séance de travail. Un groupe
de pays encouragea une réaction officielle à sa proposition
sous forme de paquet global pour la question de la gouvernance
internationale (123 et 124), soumise la veille. D'autres
délégations suggérèrent que le groupe de contact se transforme
en consultations officieuses pour le traitement des nouveaux
libellés. Après un certain débat et suite aux appels lancés
par le Président, le groupe de contact ajourna ses travaux
pour poursuivre les consultations officieuses. Ces dernières
ne parvinrent pas à produire des résultats. Néanmoins, après
un examen de l'état d'avancement des négociations autour du
Chapitre X dans le cadre de Vienne, le groupe de contact
reprit les négociations à 22h, et se poursuivi jusqu'à minuit.
Le groupe traita des libellés consacrés à la gouvernance au
niveau international et à celui national, et un débat de fond
fut lancé. Une délégation fit circuler une version révisée du
libellé consacré à la gouvernance domestique.
Le GROUPE DE CONTACT SUR LES MOYENS DE MISE
EN ŒUVRE: Ce groupe de contact, modéré par John Ashe
(Antigua et Barbuda), se r�unit � deux reprises au cours de la
soir�e. Au cours de la s�ance tenue en d�but de soir�e, le
mod�rateur informa les d�l�gations qu'un groupe de pays
industrialis�s a d�cid� que son int�r�t lui dictait d'opter
pour la transmission de toute toutes les questions en suspens
qui restent, au niveau politique. Apr�s les discussions de la
Grande Commission, le groupe de contact se r�unit de nouveau.
Le Commerce: Il n'y eut pas d'accord
sur la question du soutien mutuel des politiques commerciales
environnementales et de d�veloppement. Un groupe de pays
industrialis�s fit objection � la r�f�rence stipulant "de
mani�re consistante avec les droits et obligations relevant de
l'OMC" arguant qu'elle implique une primaut� hi�rarchique du
commerce sur l'environnement et le d�veloppement. Il n'y eut
pas d'accord sur le paragraphe consacr� aux �valuations
d'impact sur la durabilit�, apr�s que les pays en
d�veloppement eussent fait objection, arguant que le concept
n'�tait pas encore bien d�fini. Dans le paragraphe sur la
promotion du soutien mutuel entre le syst�me commercial
multilat�ral et les accords environnementaux multilat�raux, un
accord fut atteint sur la reconnaissance de l'importance du
maintien de l'int�grit� des deux ensembles d'instruments. Il
n'y eut pas d'accord sur les r�f�rences � la "compl�mentarit�,"
� la compatibilit� "avec des objectifs viables" et au soutien
mutuel en tant que "compl�ment" au programme de travail de
l'OMC. Les pays en d�veloppement propos�rent un paragraphe de
remplacement pour la question des accords commerciaux et de
coop�ration. Il n'y eut pas d'entente sur les trois
paragraphes traitant des barri�res tarifaires et non-tarifaires,
et des subventions faussant la r�alit� du march�. Dans le
troisi�me paragraphe sur les subventions, des divergences
demeurent, entre autres, sur le point de savoir s'il
fallait "Prendre enti�rement en consid�ration le besoin de" ou
"R�duire ou supprimer, tel qu'appropri�, les subventions
�cologiquement pr�judiciables et/ou faussant le march�"; et le
point de savoir s'il fallait "encourager," et/ou "entreprendre"
une r�forme.
La Mondialisation: Un nouveau
paragraphe introductif de remplacement sur le th�me de la
mondialisation fut introduit par deux pays en d�veloppement,
s'inspirant des formulations retenues par le Consensus de
Monterrey et par la Session Extraordinaire des Nations Unies
sur les Enfants. Il 'y eut pas d'accord. Pas d'accord non
plus, ni sur la question de l'assistance technique li�e au
commerce ni sur celle de la responsabilit� des entreprises. Le
mod�rateur indiqua qu'il pr�sentera un rapport � la Grande
Commission.
LES PARTENARIATS POUR LE DEVELOPPEMENT
DURABLE
Au cours de l'apr�s-midi et tout au long
des trois prochaines journ�es, les initiatives de partenariats
de Type 2, qui sont actuellement au nombre de 200, seront
annonc�es. Les Renseignements concernant les partenariats sont
disponibles on-line � l'adresse http://www.johannesburgsummit.org/html/sustainable_dev/
partnership_initiatives.html
DANS LES COULOIRS I
La consultation minist�rielle officieuse de
la matin�e �tait destin�e � �claircir le processus de
l'implication minist�riel dans les n�gociations et de faire
avancer l'�laboration de la d�claration politique, mais en
d�but de soir�e, les rumeurs ont pris une fois de plus, libre
cours. Certaines d�l�gations ont pr�tendu qu'un projet de
d�claration �tait en cours de distribution � un petit nombre
de d�l�gations cl�s. D'autres ont assur� qu'aucune action
officielle ou officieuse n'a �t� encore prise. L"annulation et
la rumeur de la reprise de la r�union minist�rielle dans la
soir�e, ont sem� la confusion dans bien des esprits.
Le stratag�me utilis� par l'UE a consist� �
retirer les n�gociateurs des groupes de contact et � chercher
� forcer la transmission d'une liste de questions � la
discussion minist�rielle et � remettre ainsi la situation en
marche. Certains ont applaudi cette action qu'ils estiment
�tre un moyen de passer � l'offensive quant � leur souhait de
parvenir � des formulations et des objectifs forts dans le
projet de Plan de Mise en �uvre. D'autres en sont rest�s � se
demander s'ils n'avaient pas jou� leurs cartes ma�tresses un
peu trop t�t. Avec la s�rieuse r�sistance dont ont fait montre
le G-77//Chine et les Etats-Unis, ce coup de bluff n'a pas
march� et le cadre de Vienne s'est r�uni de nouveau pour
travailler toute la nuit sur les libell�s crochet�s restants.
DANS LES COULOIRS II
S'agissant de l'une des questions
controvers�es, celle de l'objectif � fixer dans le domaine de
l'�nergie renouvelable, abord�e jeudi apr�s-midi, dans les
informelles consacr�es au th�me de l'�nergie, certaines
parties ont souhait� "des objectifs r�gionaux � caract�re
volontaire pour l'�nergie durable" comme moyen de d�passer le
blocage entre les groupes et en leur sein. D'autres, faisant
�tat de la d�marcation qui s'insinue au sein du G-77/Chine sur
la ligne s�parant l'OPEC et les PEID, en sont � s'interroger
sur l'impact que cette fissure pourrait avoir sur la dynamique
des n�gociations.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Les d�clarations des Entit�s
Non Etatiques reprendront � partir de 10h puis de nouveau �
15h dans la Salle des Pl�ni�res.
CONSULTATIONS MINISTERIELLES: Les
consultations minist�rielles commenceront probablement
aujourd'hui sur les th�mes des syst�mes sanitaires, de
l'�nergie renouvelable, de l'approche de pr�caution et autres
sujets transmis par le cadre de Vienne.
CADRE DE VIENNE: La r�union en cadre de
Vienne reprendrait ses travaux ce matin. Consultez le
Journal pour les d�tails.
GROUPE DE CONTACT SUR LES ARRANGEMENTS
INSTITUTIONNELS: Le groupe de contact se r�unira � 10h.
Consulter le Journal pour le lieu de la r�union. |