|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 22 No. 22
Mercredi 27 Mars 2002
LES FAITS MARQUANTS DE LA PREPCOM III DU
SMDD:
MARDI 26 MARS 2002
Les délégués se sont réunis, le matin, dans
deux séances parallèles des Groupes de Travail I et II pour
entamer la considération du Papier du Président (A/
CONF.199/PC/L.1). Le Groupe de Travail I s'est réuni de
nouveau dans la soirée pour des consultations
informelles-informelles. Le Groupe de Travail II n'a pas été
en mesure de mener de telles consultations dans la soirée car
le nouveau texte négocié durant la séance du matin n'était
toujours pas disponible. Pour sa part, le Groupe de Travail
III s'est réuni l'après-midi pour commencer l'examen du thème
de la gouvernance pour le développement durable. Des
consultations informelles ont été menées dans le courant de
l'après-midi pour un échange de points de vue autour des
initiatives en matière de partenariat – les résultats de type
II.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
Le Groupe de Travail I, coprésidé par
Kiyotaka Akasaka (Japon) et Maria Viotti (Brésil) commença
l'examen des chapitres I et II du Papier du Président,
couvrant l'introduction et le thème de l'éradication de la
pauvreté. Avant le débat, Alan Miller, du FEM, présenta un
rapport sur la table ronde tenue autour du thème de l'énergie
durant la PrepCom II, notant que les objectifs du
développement durables passaient par l'accès aux technologies
de l'énergie propre. Le Groupe mena ensuite une discussion,
paragraphe par paragraphe du Papier du Président.
L'INTRODUCTION: Le délégué des
ETATS-UNIS réaffirma l'engagement de son pays en faveur des
objectifs de développement "approuvés à l'échelle
internationale". La HONGRIE suggéra des modifications
structurelles permettant, en particulier, de traiter des
thèmes transversaux, plaida pour un plan d'action concret pour
la mise en œuvre du Plan d'Action 21, et appela à une bonne
gouvernance au niveau régional.
Le Venezuela, au nom du G-77/CHINE, proposa
l'insertion d'un libellé appelant à la réalisation des
objectifs de la Déclaration du Millénaire, à travers le
principe des responsabilités communes mais différenciées et
des actions concrètes, y compris des ressources financières
nouvelles et supplémentaires, un transfert de technologies, un
renforcement des capacités et un accès aux marchés. L'Espagne,
au nom de l'UE, appuyée par la HONGRIE, proposa l'insertion
d'un libellé portant sur les objectifs retenus par les
principales conférences des Nations Unies. La NORVEGE proposa
l'insertion de la définition du développement durable retenue
dans le Rapport de Brundtland. Le délégué des ETATS-UNIS
suggéra l'inclusion d'un libellé stipulant que les pays sont
les premiers responsables du développement économique et
social, et, avec le CANADA, la REPUBLIQUE DE COREE, la SUISSE
et TUVALU, souligna l'importance de la bonne gouvernance. Le
CANADA, avec l'UE, apporta son appui au libellé concernant les
écosystèmes, et, avec la REPUBLIQUE DE COREE, appela à
l'insertion d'une référence à la question du rôle des femmes.
Le G-77/CHINE mit en exergue les
conclusions favorisant l'émancipation des femmes et des jeunes.
La SUISSE estima que l'Introduction était l'endroit où il
fallait placer les principes fondamentaux, tels que ceux des
droits humains, appelant à leur application de manière
universelle. La NORVEGE suggéra une reconnaissance de l'écart
grandissant en matière de revenus et le délégué des ETATS-UNIS
recommanda la suppression des libellés portant sur les modes
de vie non durables, l'adjonction de l'équité, la
participation et la responsabilité. Le NEPAL mit en relief les
thèmes de planification familiale et d'alphabétisation des
femmes et des pauvres. La TANZANIE requit une définition de la
gouvernance mondiale.
L'ERADICATION DE LA PAUVRETE: Le porte-parole
du G-77/CHINE fit part de l'approbation générale en faveur du
texte au sein du groupe et requit la reconnaissance d'une
responsabilité conjointe dans la lutte contre la pauvreté
ainsi que la reconnaissance que certaines normes
environnementales pouvaient constituer une entrave à
l'éradication de la pauvreté. L'AUSTRALIE, appuyée par les
ETATS-UNIS, fit part de ses réserves concernant le risque de
voir l'inscription des engagements dans des calendriers
précis, réduire la flexibilité des besoins émergeants en
matière de développement.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
Coprésidé par Ihab Gamaleldin (Egypte) et
Richard Ballhorn (Canada), le Groupe commença de faire les
commentaires préliminaires autours des chapitres V et VI du
Papier du Président, traitant du thème du développement
durable dans un monde en globalisation et de celui de santé et
développement durable.
LE DEVELOPPEMENT DURABLE DANS UN MONDE EN
GLOBALISATION: Le G-77/CHINE qualifia le chapitre "d'équilibré."
Plusieurs pays appelèrent à un chapeau plus équilibré et à
l'insertion d'une référence à la Déclaration Ministérielle de
Doha. La Commission Européenne (CE), au nom de l'UE, avec le
CANADA et la SUISSE, appela à l'insertion d'une référence à
l'Accord Mondial des Nations Unies. Les ETATS-UNIS, avec la
REPUBLIQUE DE COREE, firent objection à la notion de "gestion"
de la mondialisation, et suggérèrent la mention de ses
avantages.
Au sujet de l'investissement extérieur
direct (IED): le G-77/Chine appela à un accroissement des
flux; la CE souligna la protection de l'environnement et des
droits sociaux, et l'instauration d'environnements incitateurs;
Le délégué des ETATS-UNIS souligna l'importance de mettre
l'IED davantage au service du développement durable; et la
TURQUIE mit l'accent sur la mise en place de cadres
institutionnels et juridiques. L'AUSTRALIE et la NOUVELLE
ZELANDE proposèrent de s'inspirer de la formulation retenue
dans le Consensus de Monterrey. Au sujet de la
tarification, plusieurs pays encouragèrent l'utilisation de la
formulation retenue dans la Déclaration Ministérielle de Doha.
Les nouvelles propositions avancées englobèrent: le concept de
capacités d'entreprise communautaires; l'accès à l'information
concernant les marchés financiers; la réduction de la
volatilité financière mondiale; l'opportunité d'avoir une
convention onusienne contre la corruption; et l'évaluation de
l'impact des principales politiques commerciales sur la
durabilité.
SANTE ET DEVELOPPEMENT DURABLE: Les
délégués présentèrent leurs commentaires autour des
paragraphes portant sur l'intégration des politiques devant
être adoptées en matière de santé, la fourniture des services
de santé de base, les programmes de soutien de l'OMS,
l'assistance technique et la suppression de l'essence
contenant du plomb.
Plusieurs pays s'accordèrent sur une
focalisation sur le thème du bien-être humain dans ce chapitre.
Le G-77/CHINE mit l'accent, entre autres, sur: les
ressources financières, le transfert et la dissémination des
technologies; les objectifs et les engagements dans le domaine
de la mortalité infantile et maternelle; et la malaria et
autres maladies infectieuses. L'UE souligna, entre autres:
les liens entre santé, développement et environnement;
l'éducation et la formation; et, avec les ETATS-UNIS, le
CANADA et le MEXIQUE, l'attention devant être accordée aux
groupes vulnérables. Par ailleurs, la FEDERATION DE RUSSIE
proposa une coopération régionale dans la lutte contre le HIV/SIDA;
le délégué des ETATS-UNIS mit l'accent sur la santé maternelle
et reproductive, la malnutrition, et la recherche sur les
effets sanitaires secondaires; le JAPON identifia des sources
de particules additionnelles; le CANADA mit en relief les
connaissances acquises à travers les initiatives
internationales en matière de renforcement des capacités; et
le SAINT SIEGE proposa une référence au logement adéquat. La
NORVEGE mit en exergue la santé, l'allégement de la pauvreté
et le complexe développement durable/environnement. La SUISSE
se focalisa sur l'accès aux services de santé de base et sur
la dimension environnementale de la santé. HABITAT, la FAO, le
PNUE et l'OMS proposèrent des références aux programmes de
santé mis en œuvre actuellement par les agences des Nations
Unies.
LE GROUPE DE TRAVAIL III
Le Groupe de Travail III se réunit à 16h30
pour entamer la considération du papier consacré au thème de
la gouvernance pour le développement durable (GDD) élaboré
pour la PrepCom III par les Vice-présidents Ositadinma Anaedu
(Nigeria) et Lars-Göran Engfeldt (Suède). Engfeldt signala que
le papier avait été préparé sur la base, à la fois, du Rapport
du Secrétaire Général de l'ONU, des contributions apportées
par les délégations durant PrepCom II et des consultations
informelles tenues le 28 février 2002. Le papier est appelé à
devenir le chapitre X du Papier du Président, et une
version révisée sera émise jeudi.
Les délégués accueillirent favorablement le
papier, plusieurs d'entre eux affirmant qu'il était bien
structuré et acceptable de manière générale comme plate-forme
pour la suite des travaux. La SUISSE se focalisa sur le rôle
de la CDD. Le G-77/CHINE souligna l'importance de la
mondialisation, des institutions financières, des commissions
régionales des Nations Unies et de l'OMS dans la gouvernance.
L'UE proposa souligna les références aux Principaux Groupes
Sociaux. L'INDONESIE souhaita une référence aux réformes
institutionnelles en cours au sein des Nations Unies et
proposa une délimitation plus claire des responsabilités de
l'ECOSOC et de la CDD. Le délégué des ETATS-UNIS rappela la
focalisation placée par de nombreux pays sur la bonne
gouvernance intérieure, avec le CANADA suggéra que le sujet ne
doive pas revêtir un caractère polémique et requit davantage
de clarté dans les procédures devant encadrer l'élaboration
des rapports, mentionn�es dans le papier.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS proposa de
recadrer l'objectif global de la GDD de mani�re � aider les
gouvernements dans la mise en place d'une architecture
domestique favorable � la r�alisation du d�veloppement
durable. L'IRAN d�clara que les commissions r�gionales ne
doivent pas �tre charg�es de la surveillance des rapports des
pays. L'OIT appela � une gouvernance appuyant la
transformation des �conomies en �conomies viables. L'UE
proposa, entre autres: l'�tablissement d'un lien entre
le consensus de Carthag�ne sur la Gouvernance Environnementale
Internationale et les diff�rents aspects de la GDD;
l'int�gration du suivi des principales conf�rences des ann�es
1990; la clarification des responsabilit�s de l'Assembl�e
G�n�rale de l'ONU, de l'ECOSOC et de la CDD concernant la GDD;
et le traitement des th�mes de gouvernance r�gionale et du
r�le des strat�gies nationales de d�veloppement durable.
LES PARTENARIATS
Jochen Eigen, d'Habitat, parla des
arrangements de partenariat retenus pour les domaines de la
d�centralisation du renforcement des capacit�s, des forums
r�gionaux, et des contributions th�matiques, en particulier,
celles apport�es par les agences des Nations Unies. Annik
Dollacker, de CropLife International, d�crivit l'accord de
partenariat consacr� au transfert des connaissances aux petits
agriculteurs, en utilisant un programme �lectronique
d'apprentissage � distance. A l'issue des pr�sentations, le
Pr�sident du PrepCom, Salim, expliqua la mani�re dont les
conclusions 'Type II' sont destin�es � la mise en application
du document n�goci� 'Type I', soulignant que les partenariats
se devaient de fournir mati�re et action au Papier du
Pr�sident et au Plan d'Action 21, et de contribuer � la
r�alisation des objectifs de la D�claration du Mill�naire.
Le Copr�sident Jan K�ra ouvrit le d�bat
autour des conclusions 'Type II'. L'UE appela � une d�finition
du caract�re, de la port�e et de la strat�gie de suivi de ces
conclusions. Le d�l�gu� des PAYS-BAS identifia l'eau,
l'�nergie, le d�veloppement rural, l'agriculture durable, les
soins sanitaires, la pauvret� urbaine et les initiatives pour
l'Afrique comme autant de domaines cl�s de Type II. La SUISSE
indiqua que les partenariats se doivent d'impliquer l'ensemble
des acteurs importants et �tre assortis de proc�dures de suivi
transparentes. L'AFRIQUE DU SUD sugg�ra que le Programme
d'Action de Johannesburg �tablisse des liens entre les
conclusions Type I et Type II. La REPUBLIQUE TCHEQUE d�crivit
sa focalisation sur les partenariats dans les domaines de la
conscientisation, de l'�ducation et de la science. L'INDONESIE
indiqua que des initiatives de partenariat ont commenc� au
sein du groupe 'ASEAN' dans les domaines de la lutte contre
les incendies forestiers, de la gestion des zones marine et
des littoraux, et de l'�nergie. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
identifia les domaines importants de partenariat comme �tant
ceux de l'�nergie, de l'eau potable salubre, de la s�curit�
alimentaire et de la sant�.
Le repr�sentant de BUSINESS ACTION FOR
SUSTAINABLE DEVELOPMENT se f�licita de la focalisation sur les
actions et sur les r�sultats plut�t que sur le processus et
les proc�dures. Le porte-parole du RESEAU TIERS-MONDE
identifia les principes r�gissant les partenariats existants,
notamment, le respect des cultures et des syst�mes de
connaissances locaux, et l'implication �quitable. Le d�l�gu�
du FORUM DES ACTEURS SOCIAUX souligna que les partenariats, �
eux seuls, ne sauraient relever tous les d�fis pos�s au
d�veloppement durable. La CITIZENS� ALLIANCE FOR CONSUMER
PROTECTION OF KOREA mit en relief l'implication des mass media
dans les partenariats. L'INTERNATIONAL INSTITUTE FOR A
SUSTAINABLE FUTURE parla des projets de partenariats dans le
domaine du d�veloppement rural. L'ASSOCIATION INTERNATIONALE
DES HYDRO-GEOLOGUES parla de l'utilisation durable des
ressources en eau. Le repr�sentant du LABOR COMMUNITY STRATEGY
CENTER fit part de son espoir de voir les gouvernements
accepter de travailler avec les ONG sur la question de la
responsabilit� du monde de l'entreprise. Le WOMEN�S CAUCUS fit
objection aux partenariats entre les Nations Unies et les
compagnies transnationales. La FAO, appuy�e par l'organisation
AGRICULTURE DURABLE ET SECURITE ALIMENTAIRES et les comit�s
des PEUPLES INDIGENES, donna un aper�u sur l'Initiative
Conjointe Agriculture Durable et D�veloppement Rural. Le PNUE
souligna que les partenariats se devaient d'�tre
�cologiquement rationnels. L'UNESCO d�crivit un certain nombre
de th�mes pour les partenariats, tels que celui des principes
�thiques devant r�gir le d�veloppement durable.
LES CONSULTATIONS INFORMELLES- INFORMELLES
Des consultations Informelles-informelles
du Groupe de travail I, mod�r�es par les Copr�sidents Akasaka
et Viotti, se sont d�roul�es de 18h � 20h30. Les d�l�gu�s s'y
accord�rent sur des libell�s se r�f�rant: aux d�fis pos�s par
la pauvret� end�mique, les in�galit�s sociales, les modes non
viables de production et de consommation, et la d�gradation
environnementale; au besoin de revigorer l'engagement de la
communaut� internationale en faveur des objectifs du
d�veloppement durable; et � la n�cessit�, au SMDD, de
r�sultats favorables � l'�mancipation des femmes, des jeunes
et des groupes vuln�rables. Cependant, apr�s de longues
d�lib�rations, les d�l�gu�s ne parvinrent pas � s'accorder sur
un libell� faisant r�f�rence � l'instauration d'un
environnement international favorable, aux moyens de mise en
ouvre et � l'inclusion du principe de responsabilit�s communes
mais diff�renci�es.
DANS LES COULOIRS
La n�gociation des r�sultats de
Johannesburg a commenc� pour de bon, mardi soir, dans une
atmosph�re tendue, � cause, probablement, de la frustration
qui n'a cess� de monter dans les rangs des participants, tout
au long de la journ�e. Certains �taient pr�occup�s par la
grosse "liste de v�ux" figurant dans le Papier du Pr�sident
qui semble manquer d'"�l�ments concrets". D'autres ont
d�clar� ne pas bien voir quoi faire du papier sur la GDD
soumis plus t�t par l'Australie, le Canada, l'Islande, le
Japon, la Nouvelle Z�lande, la Norv�ge, la Turquie et les
Etats-Unis, arguant que le papier des Copr�sidents �tait d�j�
bien structur�, bien formul� et progressant � un bon rythme.
Le grand int�r�t port� aux conclusions Type II a rendu
certains nerveux, ces initiatives risquant de d�tourner
l'attention ailleurs que sur l'engagement d'action des
gouvernements. Les participants ont not� "l'absence de
substance et de positions claires" des gouvernements sur les
partenariats sp�cifiques. Quelques-uns ont sugg�r� que
requ�rir des d�l�gations de proposer des actions pr�cises et
d'identifier les ressources n�cessaires pouvait faire avancer
les d�bats dans la bonne direction.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPE DE TRAVAIL I: Le GT-I poursuivra
l'examen du Papier du Pr�sident dans la Salle de
Conf�rence 1, � partir de 10h et reprendra ses travaux dans
l'apr�s-midi.
GROUPE DE TRAVAIL II: Le GT-II
poursuivra l'examen du Papier du Pr�sident dans la
Salle de Conf�rence 4, � partir de 10h et reprendra ses
travaux dans l'apr�s-midi.
GROUPE DE TRAVAIL III: Le GT-III se
r�unira pour la poursuite du d�bat autour du th�me de la GDD.
Consulter le Journal des Nations Unies pour le lieu et
l'horaire. |