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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 22 No. 15
Mardi 5 Février 2002
LES FAITS MARQUANTS DU
PREPCOM II DU SMDD:
LUNDI 4 FEVRIER 2002
Les délégués se sont
réunis en Plénière, le matin, pour entendre la
présentation de Jan Pronk, Envoyé Spécial du Secrétaire
Général de l'ONU auprès du SMDD, puis dans l'après-midi et
dans la soirée, pour le Débat Interactif autour de la Liste
des thèmes et des Propositions à Discuter élaborée par
le Président au cours du week-end et ce, aux fins d'aider à
l'élaboration du rapport du Président qui doit être
examiné jeudi.
LA PLENIERE
Le matin, au cours d'une
brève séance Plénière, Jan Pronk, Ministre Néerlandais de
l'Environnement, de l'Habitat et de l'Aménagement du
Territoire et Envoyé Spécial du Secrétaire Général de
l'ONU auprès du Sommet Mondial sur le Développement Durable,
expliqua sa mission et donna un aperçu sur ce qu'il a
accompli et sur les réponses obtenues des différentes
capitales. Pronk indiqua qu'il était principalement chargé
d'obtenir des Chefs d'Etat et de Gouvernement de prendre part
au Sommet, ainsi que de l'identification des attentes des
dirigeants, de la sollicitation de leur engagement et de
l'encouragement de la coordination des préparatifs au niveau
national.
Le Président du PrepCom,
Emil Salim (Indonésie), introduisit la Liste des Thèmes
et des Propositions à Discuter, devant être examinée
par les deux Groupes parallèles de Discussion Interactive.
Soulignant que l'exercice ne doit pas consister en des
négociations mais, plutôt, en l'identification de choses qui
manquaient et des choses qui avaient besoins d'être
améliorées, Salim proposa, et les délégués approuvèrent,
l'ajournement de la séance du matin pour permettre la tenue
des consultations régionales autour de la Liste. Répondant
à des demandes d'éclaircissement faites par les ETATS-UNIS
et par l'AUSTRALIE, le Secrétariat indiqua avoir, par
inadvertance, omis les propositions sur le thème de la
gouvernance intérieure, soumises par JUSCANZ, et Salim
précisa que ces aspects seront également examinés au cours
des consultations informelles ouvertes prévues, jeudi 7
février, sur la question de la gouvernance du développement
durable. Les propositions furent distribuées, dans l'après-midi,
dans un document intitulé "Add.1 à la Liste".
LE DIALOGUE INTERACTIF
Au lieu de se scinder en
deux groupes de discussion parallèles, comme proposé au
début, les délégués se réunirent en Plénière, sous la
présidence de Salim, pour procéder à l'examen de la Liste
préliminaire. A la demande du G-77/Chine, entre autres, on
décida de supprimer l'intitulé des ensembles thématiques du
projet de document.
LA MONDIALISATION:
La Hongrie proposa d'attirer l'attention sur les questions
transfrontalières et de traiter des synergies entre le
Financement des processus du Développement et du SMDD. Le
JAPON souhaita un accent plus prononcé sur le renforcement
des capacités liées au domaine du commerce international,
sur l'évitement de références spécifiques aux accords ou
aux calendriers de l'OMC et, avec le CANADA, la REPUBLIQUE DE
COREE et la TURQUIE, s'opposa à toute référence à une
responsabilité globale du monde de l'entreprise. Le MEXIQUE
appela à des normes environnementales ayant trait à l'accès
aux ressources génétiques et à l'utilisation durable de
l'eau, des forêts et des océans. La SUISSE apporta son appui
aux références appelant à compléter l'ordre du jour de
l'OMC à Doha et souhaita voir un accent plus prononcé placé
sur la dimension environnementale et sociale des processus
économiques et sur l'intégration des coûts externes, à
travers, par exemple, le principe 'pollueurs payeurs'.
Au nom du G-77/CHINE, le
CHILI suggéra: la suppression des références à la
Convention d'Åarhus; l'adjonction d'un libellé sur la
responsabilité des "compagnies transnationales et autres
institutions de dimension mondiale"; l'insertion de
références aux PEID dans le paragraphe consacré au
traitement des aspects 'duty-free' et 'quota-free' des
exportations; et l'intégration de nombre de paragraphes
tirés de leur papier de position. Le ZIMBABWE, intervenant
également au nom du G-77/CHINE, ajouta que la mondialisation
englobait plus que l'OMC et le commerce international. La
BIELORUSSIE proposa de tirer davantage de formulations de la
Déclaration du Millénaire pour accélérer le processus de
rédaction et éviter l'utilisation de concepts peu clairs. La
REPUBLIQUE DE COREE affirma que 2005 n'était pas un délai
réaliste pour la suppression des subventions causant des
distorsions commerciales et la fourniture de l'accès des pays
en développement aux marchés.
Le représentant des
ETATS-UNIS déclara que le rapport du Secrétaire Général
devait être utilisé en complément de la Déclaration de
Doha, appela à l'insertion d'un libellé appelant à
davantage de mondialisation et de commerce international pour
l'élimination de la pauvreté, et fit objection à
l'hypothèse selon laquelle les acteurs du monde des affaires
sont forcément de "mauvais" partenaires et qu'il
fallait davantage de régulations. La TURQUIE attira
l'attention sur l'importance des actions locales et de
l'amélioration de l'administration locale. Le KAZAKHSTAN,
avec le KIRGHIZSTAN, proposa l'insertion de références
additionnelles aux pays en transition économique. L'ESPAGNE,
au nom de l'UE, mit en exergue les domaines clés de la
mondialisation: des institutions adéquates pour l'action et
la gouvernance à l'échelle nationale; le commerce
international; la répartition des profits de l'investissement
extérieur direct; et la gouvernance environnementale
internationale.
La CHINE souligna
l'importance de l'accès des produits des pays en
développement aux marchés et, avec l'EGYPTE, proposa
l'insertion d'une référence au rôle des compagnies
transnationales dans la mondialisation. SAMOA attira
l'attention sur le programme de travail retenu, pour les
petites économies, par la réunion de l'OMC à Doha et
suggéra l'élaboration de la manière dont la pleine
participation des pays en développement pouvait être rendue
opérationnelle. L'ISLANDE proposa l'adjonction d'un libellé
sur la suppression des subventions écologiquement
préjudiciables, précisant que cela devait s'effectuer à
travers l'OMC. Le JAPON apporta son appui à l'insertion d'un
libellé sur le besoin de combler le fossé numérique,
faisant état de sa contribution volontaire, à hauteur de
US$15 milliards, consacrée à cette fin.
La représentante de l'INDE
affirma que les questions de participation, de processus
décisionnels et d'accès à l'information relevaient de la
gouvernance nationale et que, par conséquent, il n'y avait
pas lieu de les inclure. Précisant qu'aucun programme de
développement n'avait émergé de la réunion de Doha,
l'oratrice appela également à la suppression de tous les
libellés qui s'y réfèrent. L'AFRIQUE DU SUD appela: à la
discussion d'un train de mesures économiques répondant à la
mondialisation et incluant des éléments tels que le
transfert des technologies, l'allégement de la dette, l'aide
publique au développement, la régulation des compagnies
transnationales et des marchés financiers; et proposant le
lancement d'un programme d'action mondial pour le tourisme
durable.
L'ERADICATION DE LA PAUVRETE:
Le SAINT SIEGE nota le besoin d'un accès aux services sociaux,
tels que la santé et l'éducation, et du renforcement des
programmes existants, plutôt que du lancement de nouveaux
programmes. La TURQUIE fit observer que le débat sur les
problèmes de pauvreté était actuellement top focalisé sur
le milieu rural et appela à une mise en relief de
l'importance du renforcement des capacités dans le domaine de
l'éradication de la pauvreté. L'ARABIE SAOUDITE, avec le
ZIMBABWE, au nom du G-77/CHINE, nota que l'éradication de la
pauvreté ne devait pas être liée uniquement au secteur de
l'agriculture. La NORVEGE, avec l'EGYPTE, déclara que cet
objectif majeur du Sommet – l'éradication de la pauvreté
– ne devait pas être confiné dans un seul chapitre, et
qu'il devait plutôt figurer partout dans le document. SAMOA
requit que le thème de l'écotourisme soit clairement traité.
L'ISLANDE déclara que la mobilisation du capital politique et
financier en faveur des programmes d'éradication de la
pauvreté pouvait constituer un résultat significatif du
Sommet.
Le JAPON parla des divers
services agricoles, tels que ceux de la conservation et du
maintien environnemental des communautés rurales. L'orateur
appela à un accent plus prononcé sur les conditions locales
et suggéra l'insertion d'un libellé se référant à la
promotion et à la dissémination des pratiques agricoles
durables pour garantir la sécurité alimentaire. Le ZIMBABWE,
au nom du G-77/CHINE, suggéra l'adjonction d'un libellé sur
l'occupation étrangère, les conflits, les réfugiés, la
disponibilité des denrées alimentaires, "l'adéquation"
et l'accès à l'énergie.
L'IRAN suggéra l'insertion
d'une formulation tirée du papier de position du G-77/Chine
et se référant à l'accès à des soins de santé abordables,
à l'amélioration de l'aide internationale à la promotion de
l'essor social et à la lutte contre le HIV/SIDA et autres
maladies transmissibles. L'AFRIQUE DU SUD suggéra de faire de
la référence aux objectifs de réduction de la pauvreté, le
chapeau introductif de l'ensemble des thèmes.
LES MODES NON VIABLES DE
CONSOMMATION ET DE PRODUCTION:
L'AFRIQUE DU SUD déclara que le système de production
mondial non viable devait être plus équitable et plus
équilibré. Le ZIMBABWE, au nom du G-77/CHINE, affirma que le
Contrat Mondial n'�tait qu'une liste de principes volontaires.
Le JAPON proposa l'adjonction d'une r�f�rence aux pays en
d�veloppement dans le paragraphe appelant � un changement
des modes non viables de production et de consommation.
Le BRESIL d�clara que la
notion de comp�titivit� du d�veloppement durable manquait
au document, que le texte ne doit pas donner l'impression que
la mondialisation n'avait d'effets que sur les seuls pays en
d�veloppement et que son r�le, pour les pays industrialis�s,
devait �galement �tre trait�, mentionnant � titre
d'exemple, l'augmentation des �missions de gaz � effet de
serre. L'orateur appela aussi � un libell� plus sp�cifique
dans les r�f�rences au "lancement" de divers
programmes. Il indiqua par ailleurs: que les conclusions de la
r�union r�gionale d'Am�rique Latine et des Cara�bes
n'�taient pas bien refl�t�es dans la Liste du Pr�sident;
que les points faisant r�f�rence � l'agriculture durable
devaient �tre regroup�s; et que la pauvret� devait �tre
abord�e comme �tant un th�me intersectoriel.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
sugg�ra de placer un accent plus prononc� sur les probl�mes
de s�curit� alimentaire et de famine et sur le r�le de
femmes, et d'ins�rer un libell� appelant � la
diversification des �conomies � travers l'entreprenariat et
des approches fond�es sur la loi du march�. L'orateur
proposa �galement la suppression de certaines parties du
texte du chapitre consacr� aux questions de pauvret� et de
modes de consommation, et l'�claircissement de certaines
notions, telles que celle de la responsabilit� du monde de
l'entreprise. La HONGRIE proposa l'insertion de r�f�rences
aux besoins humains de base, � l'acc�s � l'alimentation et
� l'�nergie, � l'�radication de la pauvret� urbaine et �
la capacit� d�mographique de la plan�te. Le repr�sentant
attira l'attention sur le fait que le th�me de la
responsabilit� du monde des affaires �tait d�j� en cours
d'examen dans le Dialogue avec les Acteurs Sociaux et les
discussions avec le secteur de l'industrie. La NOUVELLE
ZELANDE sugg�ra l'adjonction d'une r�f�rence des
opportunit�s de financement du secteur public en tant
qu'�tape transitoire n�cessaire dans les pays en
d�veloppement. L'orateur fit objection aux propositions
appelant � la suppression des r�f�rences � la D�claration
Minist�rielle de Doha et � l'OMC et sugg�ra l'harmonisation
de l'id�e de responsabilisation du monde des affaires avec
l'esprit et la lettre du Contrat Mondial. Il appela aussi �
un chapitre "solide" sur le probl�me des modes de
consommation. Le NEPAL pr�f�ra l'insertion de la formulation
consacr�e au savoir traditionnel figurant dans le papier de
position du G77/Chine, et d'un libell� appelant �
l'accession des pays les moins avanc�s � l'OMC. La RPD DU
LAOS insista sur le besoin d'ins�rer une r�f�rence aux pays
vuln�rables.
DANS LES COULOIRS
Bien que la Liste des
Th�mes et des Propositions � Discuter ait provoqu� des
r�actions mitig�es de la part de tous les groupes r�gionaux,
plusieurs d�l�gu�s ont exprim� une certaine d�ception. La
Liste ne ferait pas mention de nombre de sujets discut�s
durant la premi�re semaine. L'additif consacr� au th�me de
gouvernance int�rieure soumis sur la base du papier de
position des Etats-Unis, a �t� per�u par certains comme
"une bonne recette quant � la mani�re dont les
gouvernements devraient agir." Des r�serves ont �t�
�galement exprim�es concernant la probabilit� de voir la
d�sertification pr�sent�e comme un probl�me africain,
concernant la non-identification des points urgents �
figurant en gras, ailleurs dans le texte � dans le chapitre
consacr� aux modes de consommation et de production, et
concernant la pr�sentation du probl�me du plomb des
carburants, et non de celui du HIV/SIDA, comme le probl�me
num�ro un pos� dans le domaine de la sant�.
La frustration de certains
d�l�gu�s s'est exacerb�e avec l'annonce de modifications
proc�durales soudaines. Alors que l'intention initiale �tait
d'avoir deux groupes parall�les de discussion interactive sur
la Liste, durant toute la journ�e, � partir de 10h, la
s�ance Pl�ni�re du matin a report� le d�marrage des
d�bats � l'apr�s-midi, les groupes r�gionaux ayant requis
de mani�re informelle, un d�lai pour mener leurs
concertations. L'apr�s-midi, au d�but des discussions
parall�les, les d�l�gu�s devaient �tre inform�s que le
Pr�sident Salim proposait de retourner � la Pl�ni�re pour
des orientations proc�durales, et c'est seulement l� qu'ils
ont appris que la Discussion Interactive allait �tre men�e
en Pl�ni�re. Le lente progression du d�bat et le d�part
des interpr�tes � 18h, n'�taient pas pour arranger les
choses. La France s'est interrog�e sur l'utilit� de
poursuivre les travaux dans une seule langue, suite � l'appel
du pr�sident Salim de continuer la Pl�ni�re jusqu'� 19h et
de reprendre le travail, mardi, dans deux groupes parall�les,
pour acc�l�rer l'avancement des discussions, et auquel le
Secr�tariat � r�pondu que les services de la Salle de
conf�rence pr�vus pour le second groupe avaient d�j� �t�
annul�s. Les d�l�gu�s ont d�cid� alors de lever la
Pl�ni�re � 19h et de reprendre les travaux mardi.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE:
La Pl�ni�re se r�unira dans la Salle de Conf�rence 1 pour
poursuivre le D�bat Interactif autour de la Liste de
th�mes et de Propositions � Discuter, de 10h � 13h puis
de 15h � 18h et en nocturne, de 19h � 21h, en commen�ant
par "l'ensemble officieux des questions relatives au
th�me de la sant�.
EN MARGE DE LA REUNION:
Le Bureau du Forum des Nations Unies sur les For�ts organise
une s�ance d'information informelle de 13h15 � 14h45 dans la
Salle de Conf�rence 5 sur le Forum pr�vu au mois de mars
prochain. |