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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 22 No. 01
Mardi, 1er Mai 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CDD-10
LUNDI 30 AVRIL 2001
La dixième session de la
Commission du Développement Durable (CDD-10), agissant en
tant que comité préparatoire (PrepCom) du Sommet Mondial sur
le Développement Durable, a ouvert ses travaux le lundi 30
avril, au siège des Nations Unies à New York. Au cours de la
séance du matin, les délégués devaient élire les membres
du Bureau et procéder à l'examen de l'ordre du jour et du
calendrier des travaux. Ils devaient également entendre
lecture des rapports concernant les progrès réalisés en
perspective du Sommet Mondial sur le Développement Durable et
des commentaires présentés sur le processus d'élaboration
de l'ordre du jour et de détermination des principaux thèmes
devant être abordés par le Sommet. La lecture des
commentaires s'est poursuivie durant la séance de
l'après-midi, puis le Secrétariat a présenté le règlement
intérieur provisoire du Sommet.
LA PLENIERE D'OUVERTURE
L'ELECTION DES MEMBRES DU
BUREAU: Après l'ouverture de la
session, le Président de la CDD-9, Bedrich Moldan
(République Tchèque) invita les délégués à procéder à
l'élection des membres du Bureau du Comité. Les délégués
élirent, par acclamation Emil Salim (Indonesie), Président
du PrepCom. Dans sa déclaration inaugurale, le Président
Salim passa en revue les principales préoccupations liées au
développement durable et en particulier le fait que les
considérations environnementales ne soient pas encore
intégrées dans le développement. L'orateur appela à la
nécessité de tracer une voie de collaboration ouvrant sur le
développement durable aux fins d'éviter "à notre
vaisseau spatial, la Terre, de finir dans une catastrophe
environnementale."
Les membres suivants du
Bureau devaient être également élus par acclamation: Ahmed
Ihab Gamaleldin (Egypte) et Ositadinma Anaedu (Nigeria) pour
l'Afrique; Kiyo Akasaka (Japon) pour l'Asie; Jan Kara
(République Tchèque) et Alexandru Niculescu (Roumanie) pour
les pays de l'Europe de l'Est; et Maria Luiza Ribeiro Viotti
(Brésil) et Diane Marie Quarless (Jamaïque) pour l'Amérique
Latine et les Caraïbes. Pour la représentation du Groupe
Europe de l'Ouest et Autres Pays, la Plénière devait élire
par voie de scrutin secret, Richard Ballhorn (Canada) et
Lars-Göran Engfeldt (Suède).
ORGANISATION DES TRAVAUX:
Le Président Salim introduisit, et les délégués
adoptèrent, l'ordre du jour et le calendrier des travaux
(E/CN.17/2001/PC/1).
LES ACTIVITES PREPARATOIRES
ET LE PROCESSUS D'ELABORATION DE L'ORDRE DU JOUR DU SOMMET
MONDIAL SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE
Le Président Salim attira
l'attention sur les 24 documents de la session du PrepCom
listés dans E/CN.17/2001/L.1 et invita les délégués à
procéder à l'examen des points de l'ordre du jour portant
sur l'état d'avancement des activités préparatoires du
Sommet et du processus d'élaboration de son ordre du jour et
de détermination de ses thèmes éventuels.
Introduisant les rapports du
Secrétaire Général, le Sous-secrétaire Général, Nitin
Desai: appela à l'établissement d'une responsabilité
mondiale comme éthique du développement durable; présenta
les activités planifiées du Sommet; et recommanda la mise à
disposition de ressources pour les préparatifs du Sommet, y
compris un site et une 'listserv' sur la toile.
LES PRESENTATIONS DES
PRINCIPAUX GROUPES SOCIAUX: Au nom
du COMITE DES FEMMES, l'Organisation Féminine pour
l'Environnement et le Développement donna un aperçu sur les
activités d'évaluation préliminaires du Plan d'action 21,
initiées par les femmes et qui culmineront avec le lancement
à Johannesburg de l'Ordre du Jour des Femmes pour le Sommet
Mondial de 2002 et encouragea la détermination des lieux des
réunions sur une base thématique et non sur la base de
l'identité des acteurs. Au nom du COMITE DES JEUNES,
l'Association Nations Unies, du Canada, recommanda: la
reconnaissance du lien entre pauvreté, surconsommation et
environnement; la reconsidération des modes de vie non
durables; et l'intégration de la durabilité dans
l'éducation des économistes et des ingénieurs. Intervenant
au nom du COMITE DES PEUPLES INDIGENES, le Conseil
International du Traité Indien exhorta les Etats Membres et
le Secrétariat à s'assurer d'une large contribution des
Peuples Indigènes dans les sessions préparatoires et mit en
exergue le lien entre la diversité culturelle et la
diversité biologique.
Mettant en relief la
relation entre la dé-responsabilisation et la dégradation
environnementale, le Comité des ONG hôtes d'Afrique du Sud,
parlant au nom des ONG, déclara que le Sommet de 2002 doit
recadrer les questions environnementales mondiales, entre
autres, dans leur rapport avec la pauvreté. Parlant au
nom des SYNDICATS, la Confédération Internationale des
Syndicats Libres encouragea les gouvernements à s'assurer de
la participation, au sein de leurs délégations respectives,
d'un ensemble approprié de représentants des principaux
groupes sociaux, et suggéra un certain nombre de thèmes à
retenir pour le Sommet, notamment ceux de la pauvreté, de
l'emploi, de la sécurité alimentaire, et de la santé
publique. Au nom des COLLECTIVITES LOCALES, Le Conseil
International des Initiatives Environnementales des
Collectivités Locales déclara que la réussite et la
crédibilité du développement durable dépendront de
l'articulation et de l'endossement des stratégies locale par
le Sommet. Au nom du COMMERCE et de l'INDUSTRIE, la Chambre
Internationale du Commerce mit l'accent sur l'innovation,
l'investissement, l'intégration et la mise en application des
politiques. Parlant au nom de la COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE ET
TECHNOLOGIQUE, le Conseil International des Syndicats des
Entités Scientifiques mit en exergue le besoin de renforcer
les capacités scientifiques et technologiques des pays en
développement et d'asseoir l'éthique et la responsabilité
de la science.
Au nom des AGRICULTEURS, la
Fédération Internationale des Producteurs Agricoles
identifia un certain nombre de thèmes à placer à l'ordre du
jour du Sommet: la sécurité alimentaire, le développement
rural, et les moyens de subsistance durables. L'orateur appuya
également l'impératif de concentrer les efforts sur la
réduction de la pauvreté et sur le renforcement des
capacité de manière à consolider le capital social.
LE DEBAT GENERAL: Le
Directeur Exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, décrivit les
changements intervenus depuis Rio, notamment un rôle accru
pour la mondialisation, une croissance de la société
d'information et une nouvelle révolution dans le domaine
biologique, et donna un aperçu sur la contribution qui sera
apportée par le PNUE au Sommet, à travers: la finalisation,
d'ici mai 2002, d'une étude d'évaluation des
accomplissements réalisés dans le cadre du Plan d'action 21;
l'achèvement du troisième Rapport sur l'Etat de
l'Environnement de la Planète; et des activités visant à
l'amélioration de la gouvernance environnementale
internationale (GEI).
L'IRAN, au nom du
G-77/CHINE, mit l'accent sur la résolution 59/ 199 de
l'Assemblée Générale de l'ONU et souligna, entre autres:
que le PrepCom doit fixer l'ordre du jour du Sommet; que la
CDD-10 doit inclure un projet de décision portant sur le lien
entre la GEI et les processus préparatoires du Sommet; que le
processus d'évaluation soit basé sur une approche allant
authentiquement du bas vers le haut; que le Plan d'action 21
n'est pas ouvert à la renégociation; et que les engagements
pris en matière de transfert des technologies, du
renforcement des capacités et de la fourniture de ressources
financières doivent être honorés.
La SUEDE, au nom de l'UE,
souligna, entre autres, la nécessité: d'une revue
exhaustive qui aborderait les challenges qui ont été
soulevés depuis Rio; d'une mobilisation de l'intérêt aux
niveaux les plus élevés des gouvernements; de la mise en
opération du développement durable à différents niveaux;
de l'examen des possibilités de réaliser un "nouveau
marché"; et d'apporter un soutien aux réunions
intergouvernementales régionales préparatoires.
Mettant en relief
l'importance du Programme d'action de la Barbade, SAMOA, au
nom de l'Alliance des Petits Etats Insulaires, souligna
l'impératif de renforcer les capacités des institutions, des
gouvernements et des organisations de base communautaire. La
CHINE parla de l'évaluation nationale en cours dans le
domaine du développement durable et appela à l'éradication
de la pauvreté, au transfert des technologies et au
renforcement des capacités. Le CHILI nota la tenue prochaine
d'une réunion sous-régionale et appela à l'établissement
d'un lien entre le développement durable et l'éradication de
la pauvreté. La MAURITANIE nota que la réussite du Sommet
dépendra des contributions des pays en développement dans le
processus préparatoire. L'EGYPTE déclara que la résolution
55/199 doit servir de plate-forme unique aux travaux, et
proposa que les Nations Unies élaborent des rapports sur les
trois facettes de la mise en application du Plan d'action 21
pour permettre une revue des réussites acquises et des
difficultés à vaincre: les tendances au niveau national;
l'évaluation de l'aide apportée par le système des Nations
Unies; et les contributions des principaux groupes sociaux. Le
délégué suggéra, par ailleurs, d'entreprendre une
réflexion au niveau des comités préparatoires régionaux
avant l'établir les thèmes et les priorités du Sommet.
L'INDONESIE appela à une évaluation exhaustive du
d�veloppement durable, assortie d'un programme d'action
tirant profit des meilleures pratiques et r�pondant aux
besoins �conomiques actuels sans compromettre ceux futurs.
S'agissant des r�sultats
escompt�s du Sommet, l'ISLANDE mit en garde contre la
production de longs textes sur "les sujets
domestiques," au lieu d'appeler � une focalisation sur
les th�mes de la lutte contre la pauvret�, de la s�paration
entre croissance �conomique et pr�judice environnemental �
travers une utilisation plus efficace des ressources et le
maintien de l'int�grit� fonctionnelle des �cosyst�mes. Le
PAKISTAN souligna l'importance de l'adoption d'une approche
int�grative � tous les niveaux, y compris au niveau: des
initiatives des acteurs sociaux et des gouvernements; des
trois piliers du d�veloppement durable; et de la
participation des principaux groupes sociaux. La TURQUIE
appela � la mise � disposition de ressources financi�res
nouvelles et suppl�mentaires, au renforcement des capacit�s
et au transfert des technologies n�cessaires � la mise en
application du Plan d'action 21. Le CANADA apporta son appui
� l'�tablissement d'objectifs mondiaux clairs en mati�re de
d�veloppement durable, articul�s autour des th�mes: sant�
et environnement; conservation et gestion; GEI; communaut�s
viables; et, innovation et partenariat, en particulier entre
le Nord et le Sud. Le VENEZUELA appela � un transfert des
technologies non polluantes et mit en garde contre les dangers
de l'homog�n�isation culturelle.
La REPUBLIQUE DE COREE
appela � l'am�lioration des liens et de la coordination
entre les divers programmes, et au traitement de l'inertie
institutionnelle des principaux m�canismes �tatiques de
coop�ration. Au sujet de l'application du Plan d'action 21,
le d�l�gu� des ETATS-UNIS mit l'accent sur le r�le des
principaux groupes sociaux et du secteur priv�, et sur
l'importance d'une bonne gouvernance aux �chelles nationale
et internationale. La SUISSE d�clara que les changements
�conomiques, technologiques et sociaux que n�cessite le
d�veloppement durable ne sont possibles qu'� travers une
mobilisation de tous les acteurs au sein d'une alliance
politique forte, et fit remarquer que des r�sistances
pouvaient se manifester si la vie des gens s'en trouvait
perturb�e de mani�re significative. La NORVEGE encouragea
l'�largissement de l'ordre du jour du d�veloppement durable
aux questions ayant trait � la r�duction de la pauvret�, et
mit en relief le d�fi � relever consistant � faire �voluer
les modes de production et de consommation. Le MEXIQUE affirma
que la d�gradation environnementale mena�ait la viabilit�
des strat�gies de d�veloppement.
La FEDERATION DE RUSSIE mit
l'accent sur les actions entreprises en perspective du Sommet
de 2002, notant que le Sommet est un processus politique et
non une n�gociation diplomatique ou un s�minaire technique.
Le BRESIL d�clara que le Sommet doit �tablir de mani�re
claire les succ�s et les �checs de la mise en application du
Plan d'action 21. La BOLIVIE indiqua que le processus
d'�valuation du Plan d'action 21 doit: �tablir un processus
allant de bas en haut, ouvert � la pleine participation des
pays en d�veloppement et bas� sur les principes des Nations
Unies; et, consid�rer, entre autres, les th�mes de la
mondialisation, des ressources financi�res, des instruments
de la mise en application du Plan d'action 21 et des
�cosyst�mes des r�gions montagneuses.
L'ARABIE SAOUDITE appela: �
l'adoption d'une approche allant de bas en haut, traitant du
probl�me de la pauvret�; au recours � la r�solution 55/199
de l'AG et aux r�gles de Rio pour l'orientation du processus;
� la prise en compte de toutes les contributions, y compris
celle concernant la GEI, et leur canalisation � travers les
processus du PrepCom; et le respect du principe des
responsabilit�s communes mais diff�renci�es. Le JAPON
pr�senta un rapport mentionnant l'�tablissement d'une ONG
puissante, l'Action Environnementale Mondiale, pour guider le
processus pr�paratoire national.
La COMMUNAUTE INTERNATIONALE
DES BAHA'I d�clara que le PrepCom doit aborder la
spiritualit� dans le contexte du th�me de l'�tique et de la
responsabilit� mondiale en mati�re de d�veloppement
durable, et d�crivit un certain nombres d'approches
possibles.
LE REGLEMENT INTERIEUR DU
SOMMET
Pr�sentant le r�glement
int�rieur propos� (E/CN.17/2001/PC/24), la Directrice de la
Division des Affaires Economiques et Sociales, JoAnne DiSano,
attira l'attention sur la r�solution de l'AG mandatant le
PrepCom de fixer les r�gles devant encadrer la participation
des principaux groupes sociaux aux travaux du Sommet.
L'oratrice nota que le r�glement int�rieur provisoire
n�cessitait l'approbation de l'AG sur les recommandations
retenues par le PrepCom, et recommanda l'examen du r�glement
int�rieur provisoire par ce PrepCom en vue de le soumettre �
la 56�me session de l'AG. Elle sugg�ra aux d�l�gu�s
d'envisager la conformit� � la r�gle 31 de l'AG concernant
l'�lection du Pr�sident et des Vice-pr�sidents. La
discussion de ce point de l'ordre du jour fur report�e � la
s�ance jeudi matin.
DANS LES COULOIRS
L'ouverture des travaux de
la CDD-10 s'est d�roul�e dans salle comble et a �t�
marqu�e par la pr�sence d'un grand nombre de d�l�gu�s et
d'observateurs, refl�tant l'int�r�t apparemment plus
important port� au processus du Sommet qu'� celui des
discussions de fond de la CDD-9. Deux questions en rapport ont
�t� soulev�es par de nombreux participants: celle du
contenu et celle des lieux physiques du Sommet. D'abord, un
certain nombre de participants sceptiques sont d�j� en train
de commencer � remettre en question le processus du Sommet et
� s'interroger sur le point de savoir si les frais
�conomiques et environnementaux d'un autre "festival
mondial de palabres" ne pouvaient pas �tre utilis�s de
mani�re plus productive. Notant l'incertitude quant � savoir
ce que le Sommet produira en termes concrets, Ils ont
encourag� ce dernier � veiller, au minimum, � mesurer et �
minimiser son "empreinte �cologique." Ensuite,
quelques participants ont fait part de leurs r�serves
concernant les contraintes logistiques d'un �v�nement d'une
telle ampleur, en particulier celles relatives � la
localisation et � l'organisation des sites des r�unions �
Johannesburg. Les ONG et les d�l�gu�s ont fait part de leur
espoir de voir �viter la s�paration entre les repr�sentants
des ONG et les repr�sentants gouvernementaux comme celle
intervenue � Rio et � P�kin, qui n'avait pas manqu�
d'�tre critiqu�e. Aux fins de faciliter la contribution de
l'ensemble des principaux groupes sociaux, plusieurs
participants ont propos� d'organiser le Sommet autour d'un
certain nombre de th�mes dominants pour chaque site et de
s'assurer de l'implication des repr�sentants des principaux
groupes sociaux dans chaque th�me.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
LA PLENIERE:
Les d�l�gu�s poursuivront l'examen du r�glement
int�rieur, de 10h � 13h, dans la Salle de Conf�rence 3. Ils
aborderont les modalit�s particuli�res devant r�gir les
r�unions pr�paratoires � venir, notamment les questions
ayant trait � l'accr�ditation des ONG pertinentes pour leur
participation dans le processus pr�paratoire et dans le
Sommet Mondial sur le D�veloppement Durable. Par ailleurs,
des expos�s seront pr�sent�s, au cours de la matin�e, par
l'Afrique du Sud, sur les travaux pr�paratoires du Sommet et
par l'Indon�sie, sur les pr�paratifs de la troisi�me
session pr�paratoire. L'introduction et l'examen des projets
de d�cisions auront lieu de 15h � 18h dans la Salle de
Conf�rence 3. |