Le Comité I a procédé à l'examen des propositions
concernant l'Eléphant Africain. Le Comité II a résolu la
question des liens de la CITES avec la CEM et procédé à
l'examen des thèmes du commerce des remèdes traditionnels et
des opérations d'élevage en captivité. Le Comité du Budget
a approuvé le projet de résolution concernant le budget
révisé.
LE COMITE I
L'HYENE BRUNE: La SUISSE introduisit une proposition
appelant à supprimer l'Hyène Brune de la liste de l'Annexe
II (Prop. 11.19) en raison du fait qu'aucun impact commercial
sur l'espèce n'a été enregistré. Les délégués
adoptèrent la proposition.
L'ELEPHANT AFRICAIN: Le Secrétariat présenta un rapport
sur les résultats de la décision 10.1 relative au commerce
expérimental d'ivoire brut (Doc. 11.31.1). L'orateur indiqua
que sur la base de huit rapports nationaux sur les tueries
illicites, le Secrétariat a conclu que le braconnage illégal
ne s'est pas accru dans trois Etats de répartition autorisés
à ce commerce. Il précisa également que là où le
braconnage a augmenté, les liens avec le commerce autorisé
n'a pas été établi. Le JAPON mit en relief les efforts
nationaux visant à prévenir le commerce illicite et nota que
le Comité Permanent a approuvé son système d'importation.
L'INDE déclara que certains chiffres nationaux indiquant une
augmentation du braconnage d'éléphant depuis 1997 n'étaient
pas inclus dans le rapport du Secrétariat. Le KENYA déclara
que le Secrétariat a défié le Principe de Précaution en
interprétant les chiffres et a basé ses conclusions sur des
données erronées. Le MALAWI déclara que le parcs de chasse
fournissent un revenu aux communautés locales qui, en retour,
forment des coalitions anti-braconnage. La TUNISIE, au nom du
Groupe Africain, nota l'absence de consensus dans les rangs
des Etats africains.
La DAVID SHEPHERD CONSERVATION FOUNDATION déclara que le
commerce expérimental était invalide en raison, en autres,
du fait que la décision 10.1 n'avait pas été discuté avant
le vote de la CdP-10 et que trois Etats de répartition ayant
un intérêt dans ce commerce avaient pris part à
l'évaluation menée par le Comité Permanent, donnant ainsi
lieu à une situation de conflit d'intérêts. L'INTERNATIONAL
WILDLIFE COALITION remit en question la validité scientifique
des conclusions du Secrétariat. TRAFFIC contesta les chiffres
avancés par les ONG à propos du braconnage, suggérant que
le décompte comportait quelque double emploi.
MIKE: MIKE présenta un rapport sur ses travaux et sur ceux
du Systèmes d'Information sur le Commerce des Eléphants (ETIS)
dans le domaine du suivi du commerce illicite et des tueries
d'éléphants (Doc. 11.31.2). Le représentant estima les
coûts de fonctionnement de MIKE, au cours des prochaines six
années, à 23 million de francs suisses. Les délégués
prirent note du document. La BELGIQUE annonça la continuation
de son soutien financier en faveur de MIKE et le Royaume-Uni
nota qu'il apportera une nouvelle contribution à ETIS. Les
ETATS-UNIS, l'UE et le JAPON indiquèrent que des fonds
étaient en voie d'être mis à disposition.
LE LISTING DE L'ELEPHANT AFRICAIN DANS L'ANNEXE II: Le
CAMEROUN, parlant au nom du Comité des Amis du Président,
annonça l'avènement d'un compromis en vertu duquel le
commerce de l'ivoire sera interdit jusqu'à la CdP-12, de
même que les populations d'Eléphants Africains figurant sur
la liste de l'Annexe II, au Botswana, en Namibie, au Zimbabwe
et en Afrique du Sud.
L'AFRIQUE DU SUD introduisit sa proposition de transférer
sa population d'éléphants à l'Annexe II (Prop. 11.20). Le
délégué souligna que la conservation ne pouvait pas être
séparée de la réalité socio-économique des pays. Il
amenda sa proposition de manière à y refléter un quota nul
pour le commerce de l'ivoire. LE BOTSWANA introduisit sa
proposition pour un maintien de sa population d'Eléphants
Africains dans l'Annexe II assorti d'une autorisation pour un
quota commercial annuel de 12 tonnes d'ivoire (Prop. 11.21).
Le délégué nota que les populations d'éléphants du
BOTSWANA présentaient un taux de croissance annuelle de 5% et
donna un aperçu sur les conflits entre les communautés
locales et les populations d'éléphants. Il retira la
proposition.
LA NAMIBIE retira sa proposition concernant sa population
d'éléphants (Prop. 11.22). Le délégué nota qu'une gestion
appropriée, l'application de la loi et l'implication des
communautés locales, plutôt que l'interdiction du commerce,
parviendraient à décourager le braconnage. Il regretta le
fait que les pays en développement soient réduits à
l'incapacité quant à la libre utilisation de leurs
ressources naturelles nationales. Le ZIMBABWE retira
également sa proposition pour un quota commercial annuel de
10 tonnes d'ivoire (Prop. 11.23). Le délégué appuya
l'utilisation de produits provenant de l'éléphant plutôt
que le l'abattage pour l'ivoire, affirma que la conservation
ne pouvait se réaliser qu'à travers la légalisation et
appela à la mise en place d'un système de suivi efficace.
Le KENYA et l'INDE, retirant leur proposition conjoint
(Prop. 11.24) de transférer toutes les populations
d'éléphants à l'Annexe I, expliquèrent que le tourisme
fournissait à la fois une conservation durable et des
ressources économiques importantes. Le JAPON endossa
l'utilisation durable des éléphants. Le délégué des
ETATS-UNIS promit un soutien financier pour ETIS et MIKE.
L'orateur nota l'émergence d'un consensus dans les rangs des
Etats de répartition sur la sécurité de l'éléphant et
affirma que le commerce de l'ivoire serait périlleux sans
système de suivi efficace. Plusieurs délégations, dont l'UE,
le SWAZILAND, la TANZANIE et le SIERRA LEONE, accueillirent
favorablement le consensus sur le retrait des propositions.
L'OUGANDA déclara que le consensus prouvait que la CITES est
un outil de conservation.
LE COMMERCE DES ANIMAUX VIVANTS: La SUISSE introduisit une
proposition d'amendement de l'annotation 604 concernant
l'export de populations vivantes d'Eléphants Africains (Prop.
11.25). Les délégués l'adoptèrent. Le représentant
déclara que la proposition visait à s'assurer que les
animaux sont traités dans des conditions compatibles avec les
considérations de bien être animal.
LE COMMERCE DES SPECIMENS D'ELEPHANTS: Le KENYA introduisit
une résolution appelant à la révision de la résolution
10.10 concernant le commerce des spécimens d'éléphants
(Doc. 11.31.3 (Rev.1)). L'oratrice indiqua que la résolution
garantissait pour les Etats de répartition participants, leur
implication dans MIKE, et souligna que MIKE doit être reconnu
comme un système évolutif. La Présidente Clemente établit
un groupe de travail technique, présidé par le Cameroun,
pour l'examen approfondi du sujet.
DISPOSITION NON COMMERCIALE DE L'IVOIRE: Le KENYA
introduisit une résolution appelant à modifier les termes de
la disposition non commerciale de stocks d'ivoire établie par
la décision 10.2 (Doc. 11.31.4). La représentante suggéra
que l'obligation d'établir un fonds fiduciaire a découragé
la participation des donateurs et proposa que les fonds
aillent, plutôt, directement au renforcement des capacités.
Le SOUDAN et l'INDE appuyèrent la résolution, le premier
appelant, de surcroît, à la suppression de la clause
exigeant que destruction des stocks disponibles. Le
ROYAUME-UNI fit état des négociations en cours avec le
Mozambique à ce sujet, et , avec l'UE, s'opposa à la
résolution. Le KENYA retira la proposition.
LE COMITE II
LES LIENS AVEC LA CEM: La NORVEGE appela à la tenue
d'un vote secret sur un projet de résolution concernant les
liens avec la CEM, ayant trait à la résolution 9.24 (Doc.
11.15.1 (rev.1)). Les délégués rejetèrent la résolution.
LA SYNERGIE ENTRE LA CITES ET LA CEM: Le délégué des
ETATS-UNIS retira sa résolution sur la synergie entre la
CITES et la CEM (Doc. 11.15.2).
LE SYSTEME D'ETIQUETAGE DE L'ESTURGEON: Le Président
Koester introduisit le projet de résolution concernant le
système d'identification des spécimens d'esturgeons (Doc.
11.53) et nota que toute quantité de caviar excédant 250gr
à l'export ou au ré-export doit être enregistrée. L'UE,
appuyée par les ETATS-UNIS et l'ALLEMAGNE, suggérèrent de
former un autre groupe de travail pour traiter les amendements
apportés au document. La SUISSE appuya la mise en place d'un
système de marquage pour l'export du caviar. La FEDERATION DE
RUSSIE et l'IRAN préférèrent un système d'étiquetage
uniforme à la fois pour les pays exportateurs et les pays
ré-exportateurs.
LE COMMERCE DU TIGRE: Le Président du groupe de travail,
Gnam, rapporta qu'un consensus a été réalisé autour des
questions en suspens ayant trait aux recommandations appelant
à la poursuite de l'action par le Comité Permanent et à la
présentation de soumissions à la CdP-12. Le rôle des
cellules de travail chargées de l'application des lois dans
le cadre du suivi du commerce du tigre, sera réexaminé (Doc.
11.30).
LES OPERATIONS D'ELEVAGE EN CAPTIVITE: Le Président du
groupe de travail, Jenkins, élabora sur les amendements de
fonds qui ont permis la réalisation du consensus autour des
projets de décisions (Doc. 11.48), dont: l'exigence pour les
éleveurs de s'assurer que l'exercice est mené, dans toutes
ses étapes, de "manière humaine (non cruelle)"; le
descriptif des bâtiments devant abriter les stocks actuels et
escomptés élevés en captivité; de nouvelle instructions au
Secrétariat traitant des espèces figurant dans l'Annexe I et
nécessitant des contrôles stricts et de la surveillance
déterminant leur entrée dans le commerce international; et
quelques lignes directrices additionnelles et éclaircies pour
l'enregistrement et le suivi des opérations d'élevage. Le
document fut adopté en principe, en attendant sa
distribution.
LES ECHANTILLONS DE DIAGNOSTIC: Le Président du groupe de
travail, Soberón, rapporta la réalisation du consensus sur
le besoin de mandater un mandat à un groupe intérimaire de
traiter ce sujet (Doc. 11.45.2), groupe dont les TdR sont en
cours d'élaboration. Le groupe intérimaire fut accepté en
principe, en attendant l'approbation de ses TdR.
LES RISQUES ET LES AVANTAGES DU COMMERCE DE LA FAUNE
SAUVAGE: Le KENYA retira sa r�solution (Doc. 11.27 (Rev. 1)).
DEFINITION DU TERME "PREPARED": Le KENYA
introduisit son projet de r�solution (Doc. 11.55)
d�finissant le terme "prepared" applicable de la
capture � l'embarquement. L'orateur nota les commentaires du
Secr�tariat indiquant que la d�finition du terme
"prepared" dans le projet de r�solution d�passe
les comp�tences de la CITES, et affirma que le terme devait
s'appliquer d�s la capture. ISRAEL et le ZIMBABWE appuy�rent
la proposition requ�rant un �claircissement du terme
"prepared." La SUISSE, l'AFRIQUE DU SUD, le JAPON et
le CANADA y firent objection. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS s'y
opposa, sugg�rant toutefois que le groupe de travail du
Comit� pour les Animaux sur le th�me du transport �labore
des lignes directrices tenant compte de la r�solution Kenyane
pour consid�ration � la CdP-12. Le Pr�sident Koester et les
d�l�gu�s encourag�rent le Kenya � retirer sa r�solution
en faveur de la proposition am�ricaine. Le KENYA retira sa
r�solution.
LE COMMERCE DES REMEDES TRADITIONNELS: Le Secr�tariat
introduisit son projet de d�cision (Doc. 11.56) visant �
simplifier la mise en �uvre de la r�solution 10.19. En
soutien, le CANADA sugg�ra que la liste des esp�ces
commercialis�es pour leurs propri�t�s m�dicinales
comprenne �galement "leurs parties." Avec cet ajout
et d'autres amendements mineurs, la d�cision fut adopt�e.
LES RISQUES POSES PAR LE COMMERCE DE LA FAUNE SAUVAGE A
L'INDUSTRIE DU TOURISME: Introduisant le document, le KENYA
nota les profits �conomiques importants tir�s d'activit�s
commerciales telles que le tourisme, par rapport � ceux
d�riv�s du commerce des produits d'animaux morts (Doc.
11.58). Le ZIMBABWE et le BOTSWANA se d�clar�rent d'avis
avec la recommandation, mais firent objection � l'invitation
lanc�e par la CITES � prendre en consid�ration les menaces
pos�es � l'industrie du tourisme dans la prise des
d�cisions sur le commerce de la faune sauvage. Une majorit�
de d�l�gu�s, y compris l'UE, le JAPON, CUBA et les
SEYCHELLES, n'apport�rent pas leur soutien � la r�solution.
D'autres se d�clar�rent d'accord avec le Secr�tariat
qu'aucun lien n'a �t� �tabli entre le commerce
exp�rimental et une augmentation du braconnage, et qu'avec
une l�gislation int�rieure appropri�e sur le commerce, le
tourisme ne devrait pas �tre menac�. Le KENYA demanda un
d�lai pour tenir des consultations.
SYSTEME D'ETIQUETAGE DES PEAUX DE CROCODILE: Le
Secr�tariat nota que de larges consultations ont �t�
men�es en vue de clarifier les r�solutions 9.22 et 6.17
(Doc. 11.51) et recommanda de transf�rer les r�f�rences aux
permis et certificats vers la r�solution 10.22. La COLOMBIE
sugg�ra que le Secr�tariat informe les Parties pertinentes
des d�ficiences du syst�me. Les propositions furent
adopt�es.
TRANSPORT DES ECHANTILLONS DE PEAU DE CROCODILIENS: La
repr�sentante des ETATS-UNIS pr�senta son projet de
d�cision (Doc. 11.52) rationalisant les proc�dures
d'�mission des permis d'export ou de r�-export et souligna
que les exemptions n'�taient pas souhait�es. L'oratrice
indiqua qu'un projet de r�solution sera �labor� pour la
CdP-12. L'UE sugg�ra l'�largissement de la port� de la
d�cision. L'UICN nota que l'objectif en �tait d'assouplir le
syst�me de r�gulation. Le Secr�tariat nota que les
implications budg�taires n'�taient pas incluses. Le
Pr�sident Koester requit des participants int�ress�s
d'�laborer le libell� de la d�cision finale.
COMITE DU BUDGET
Le Pr�sident Stansell introduisit le projet de r�solution
du budget r�vis� (Com. 11.21) et du statut projet� du Fonds
Fiduciaire de la CITES devant �tre pr�sent�s � la
Pl�ni�re pour adoption. L'orateur indiqua que toute nouvelle
activit� induite par la mise en �uvre du Plan Strat�gique
sera ajout�e dans un annexe consacr� aux priorit�s
insuffisamment financ�es. Il ajouta, toutefois, que les
nouvelles activit�s b�n�ficieront d'une priorit� en
fonction des ressources disponibles. A la suggestion du
Comit�, le Pr�sident Stansell ins�ra un libell� stipulant
que le Secr�tariat et le Comit� Permanent se doivent de
mieux �quilibrer leurs d�penses, compte tenu de
l'�puisement du solde de r�serve du Fonds Fiduciaire pr�vue
d'ici fin 2002. La NOUVELLE ZELANDE sugg�ra l'insertion de
notes de bas de page pour les articles n�cessitant une
augmentation des contributions. Le ROYAUME-UNI souligna que
l'affectation des montants d'�pargne additionnels �ventuels
du budget biennal approuv� doit inclure un financement de la
mise en application. Le projet de r�solution fut approuv�e.
DANS LES ALLEES
Aucun des deux bords n'a clam� victoire � l'issu du
d�bat sur l'El�phant Africain et le commerce de l'ivoire,
mais le compromis r�alis� a suscit� un certain soulagement
dans les rangs des d�l�gu�s. Les deux bords en divergence
�taient entr�s dans la salle des n�gociation tout � fait
pr�par�s � une longue journ�e de discussions et � une
�ventuelle d�faite, mais les jours de n�gociation
bilat�rales subtiles ont pay� et l'esprit se solidarit�
africaine a pr�valu, aboutissant � un compromis qui a permis
de sortir le sujet pol�mique de l'�l�phant des feux de la
rampe. Certains d�l�gu�s sont satisfaits du r�sultat et y
voient un bon augure pour l'avenir des possibilit�s du
commerce de l'ivoire. D'autres consid�rent le compromis comme
un simple gain de temps en attendant la CdP-12, o� la
bataille de l'ivoire doit se poursuivre.