Les délégués se sont réunis en séance Plénière, le
matin, pour achever leur travaux sur les questions
stratégiques et administratives. Les Comités I et II ont
repris leurs réunions l'après-midi. Les deux Comités ont
passé un certain temps à réviser les projets de
procès-verbaux.
LA PLENIERE
Le Président du Comité d'Accréditation, Owen (Nouvelle
Zélande), rapporta que le Malawi, l'Uruguay et la Suisse ont
soumis leurs lettres de créances, amenant ainsi à 118 le
nombre total des pays votants.
La Présidente du Comité I, Clemente (Espagne), annonça
que les aspects budgétaires des recommandations présentées
par le Comité chargé de la Nomenclature (Doc. 11.11.4.2) ont
été transmises au Comité chargé du Budget et que des
groupes de travail ont été établis sur, entre autres, le
tigre, le rhinocéros, le mahogany, le corail dur et la tortue
d'eau douce et la tortue boite. Le Président Asadi nota la
décision du Bureau de transférer l'examen du thème de
l'Eléphant Africain au Comité I.
Le Président du Comité II, Koester (Danemark), déclara
que le groupe a achevé le travail qui lui avait été
assigné à l'exception du point concernant les TdR de Comité
Permanent. L'orateur nota que la débat autour de la question
de l'IWC était temporairement clos et encouragea la tenue de
consultations informelles.
L’EVOLUTION DE LA CONVENTION: Le Secrétariat déclara
que la soumission (Doc. 11.12.1) était basée sur la
décision 10.111 de la COP-10 qui avait assigné 34 décisions
à l'action du Secrétariat, des Parties, des Comités de la
CITES et du PNUE. La recommandation appelant à supprimer ces
décisions de la liste des décisions de la présente CdP fut
adoptée.
LE PLAN STRATEGIQUE: Le Président du groupe de travail du
Comité Permanent, Kenneth Stensall (Etats-Unis) introduisit
le Plan stratégique de la Convention (Doc. 11.12.2) axé sur
un certain nombre d'objectifs prioritaires de la mise en
œuvre. Plusieurs délégués l'endossèrent. L'orateur
proposa que la CdP-11 maintienne le groupe de travail pour
assurer le suivi du plan d'action et recommander les mises à
jours. La SUISSE et le WORLD CONSERVATION TRUST firent part de
leurs réserves concernant l'augmentation du panier de travail
et des implications financières. La NORVEGE, avec l'AFRIQUE
DU SUD, souligna l'importance de renforcer la base
scientifique de la CITES et nota le besoin de coopérer avec
d'autres conventions. Le MEXIQUE suggéra d'accorder une plus
grande attention aux questions touchant aux plantes. Le CANADA
demanda des mesures de performance à élaborer par le groupe
de travail. Le plan Stratégique fut adopté.
LA COOPERATION AVEC LES DIFFERENTS ACCORDS AYANT TRAIT A LA
BIODIVERSITE: Le Secrétaire Général Wijnstekers introduisit
le rapport endossé par le Comité Permanent (Doc. 11.12.3) et
attira l'attention aux domaines politiques comme ceux de la
formation, du renforcement des capacités, du contrôle du
respect des dispositions et des organisations avec lesquels la
CITES peut réaliser une synergie. Hamdallah Zedan,
Secrétaire Général de la CDB présenta une mise à jour des
activités dont la récente ratification du Protocole de
Biosécurité. L'orateur mis l'accent sur deux domaines
importants de coopération potentielle entre la CITES et la
CDB à considérer à la CdP-5 de la CDB qui se tiendra du 15
au 27 mai 2000. Il indiqua que les nouvelles lignes
directrices encadrant l'élaboration des rapports nationaux et
le Plan Stratégique qui comprend la considération d'une
programmation conjointe, constitueraient d'importants domaines
de coopération entre la CDB et la CITES. Il se félicita de
la contribution apportée par la CITES dans ces discussions.
Arnulf Müller-Helmbrecht, Secrétaire Général de la
Convention sur les Espèces Migratrices (CEM), nota que la CEM
fournissait une plate-forme juridique et programmatique à la
conservation des espèces migratrices. Il suggéra que l'idée
de programmation conjointe devait être explorée et
appliquée aux espèces listées à la fois par la CITES et la
CEM. Il annonça que la CITES et la CEM entameront une
concertation pour l'établissement d'un mémorandum d'entente.
Le délégué des ETATS-UNIS mit en garde que tout processus
de coopération avec d'autres conventions ne doit pas éroder
les règles commerciales établies par la CITES. Le BENIN
requit que la CEM soit ajoutée à la liste des organisations.
Le KENYA requit des éclaircissements sur l'élaboration des
modalités de la promotion des synergies avec la CBD.
LE CENTRE FOR INTERNATIONAL ENVIRONMENTAL LAW appela à une
clarification de la juridiction étatique en matière
d'environnement marin compte tenue du fait qu'elle affecte les
types de permis émis et l'aptitude de la CITES à appliquer
ses dispositions sur les espèces inscrites dans l'Annexe II.
Le GLOBAL TIGER FORUM nota son besoin de réaliser une
synergie avec la CITES et appela à l'établissement d'une
coopération dans le domaine de l'élaborations des protocoles
pour la protection du tigre dans les zones transfrontalières
et l'écoulement des stocks disponibles d'ici janvier 2001.
Répondant aux préoccupations exprimées par un certain
nombre de délégués, le Secrétariat nota que la
collaboration continue avec le Secrétariat des Petits Etats
Insulaires en Développement sur les questions de mise en
œuvre et d'application encourageait la réalisation de
synergies entre les organes nationaux, et élabora sur les
initiatives de coordination avec le Comité de l'OMC chargé
sur le Commerce et l'Environnement et d'autres Accords
Environnementaux Mondiaux.
Le ROYAUME-UNI, au nom de l'UE et appuyé par les
ETATS-UNIS, appela à retirer les minutes des délibérations
des Comités I et II, citant nombre d'erreurs factuelles
sérieuses, dont, le compte-rendu erroné de la position l'UE
concernant les relations avec la CEM.
FINANCEMENT DE LA CONSERVATION DE LA FAUNE ET DE LA FLORE
SAUVAGE: La FRANCE introduisit une proposition appelant à
l'amélioration de l'efficacité du financement de la mise en
œuvre de la CITES (Doc. 11.12.4). L'oratrice suggéra la mise
en place d'un groupe de travail relevant du Comité Permanent
et chargé du mécanisme de financement spécifique de la
conservation de la faune et de la flore, et indiqua que le
Secrétariat se devait de coopérer avec le FEM dans le
domaine des requêtes de financement. Le BOTSWANA, le CAMEROON
et d'autres Etats apportèrent leur appui au document. Le
JAPON nota que ce nouveau mécanisme de financement devait
avoir un caractère volontaire. Le Président Asadi établit
un groupe de travail officieux pour approfondir la discussion
de ce sujet.
LE COMITE I
Le Comité entendit lecture des rapports des Présidents
des groupes de travail sur l'état d'avancement de leurs
travaux.
LE RHINOCEROS: Le délégué des ETATS-UNIS mit en relief
les modifications substantielles apportée au projet de
document, dont, l'insertion d'une requête exigeant des
Parties de présenter des rapports sur les efforts de
préservation du rhinocéros et de s'assurer de l'application
des législations nationales, et demandant au Secrétariat de
procéder à une compilation et à l'évaluation de ces
rapports.
LA TORTUE D'EAU DOUCE ET LA TORTUE-BOITE: L'ALLEMAGNE
annonça que le groupe a réussi à finaliser un projet de
résolution encourageant les Parties à, entre autres,
renforcer leurs efforts au niveau de l'application; élaborer
des programmes pour le suivi de l'impact du commerce; et
d'accroître la prise de conscience du grand public quant à
la menace qui pèse sur les populations de la faune sauvage.
Une annexe attachée à la résolution requiert du
Secrétariat l'organisation d'un atelier technique pour
l'établissement des priorités en matière de conservation et
encourager les Parties et les ONG à aider les Etats de
répartition dans le domaine du renforcement des capacités.
L'HIPPOCAMPE: L'AUSTRALIE rapporta que le groupe s'est
opposé à l'idée de voir la CITES s'engager pour la
conservation d'espèces non encore inscrites dans les Annexes
et nota la conclusion d'un accord sur une résolution appelant
à tenir un atelier technique pour l'identification des
actions prioritaires. L'orateur indiqua par ailleurs que le
Comité pour les Animaux procédera à la revue de ces actions
et présentera un rapport à la COP-12. Il requit du
Secrétariat la coordination des financements apportées par
les Parties intéressées. La CHINE, appuyée par le JAPON,
s'opposa à une résolution sur l'hippocampe et suggéra, au
lieu de cela, la tenue d'un atelier sur la collecte des
données ayant trait à l'espèce Syngnathidae.
LE CORAIL DUR: Le ROYAUME-UNI introduisit un projet de
résolution fixant un seuil moins élevé permettant
l'inclusion du gravier et l'exclusion du sable. La résolution
établit des critères d'impact écosystémique à l'import et
à l'export des pierres vivantes et identifie les coraux, au
niveau de l'espèce, pour les fins commerciales et, au niveau
du genre, pour les fins taxinomiques.
L'IMPORTANCE DU COMMERCE DES ESPECES INSCRITES A L'ANNEXE
II: La FEDERATION DE RUSSIE fit circuler une proposition
stipulant qu'à compter du 1er janvier 2001, les
pays doivent tenir des registres du commerce des espèces
couvertes par la résolution 8.9; que le Secrétariat doit
élaborer un rapport basé sur ces données pour le soumettre
à la 18ème réunion du Comité pour les Animaux.
LE "BIGLEAF MAHOGANY": Le délégué des
ETATS-UNIS introduisit les TdR devant encadrer le groupe de
travail sur le "mahogany", lesquels prévoient,
entre autres: l'évaluation de l'efficacité pour les espèces
inscrites dans l'Annexe III; l'évaluation de la gestion des
données; et l'étude des mesures visant à l'élargissement
de la portée des inscriptions à l'Annexe III. La COLOMBIE et
l'EQUATEUR appelèrent à des "R&D" sur les
ressources forestières. Le délégué des PAYS-BAS suggéra
que le groupe de travail procède également à l'examen de
l'Annexe II.
LE GROUPE DE TRAVAIL SUR LE TIGRE: Le groupe, présidé par
Rosemarie Gnam (Etats-Unis), débattit des voies et moyens de
reformuler la recommandation sur les sanctions financi�res et
commerciales � l'encontre de l'Inde (Doc. 11.30). Quelques
d�l�gu�s s'accord�rent pour dire que bien que de telles
sanctions soient peu appropri�es, quelque forme de pression
doit �tre exercer pour amener l'Inde � am�liorer ses
mesures de pr�servation du tigre. Un d�l�gu� d�clara
craindre que les sanctions viennent �tablir un pr�c�dent
dangereux et appela � la mise � disposition d'un soutien
financier pour le renforcement des capacit�s de mise en
application. La plupart des d�l�gu�s se d�clar�rent en
faveur de l'impulsion des incitations financiers, tout en
�tant d'accord sur la n�cessit� d'assurer un suivi
rigoureux des d�penses. On s'accorda sur la n�cessit� de
reformuler la recommandation.
LE COMITE II
LES TdR DEVANT ENCADRER LE COMITE PERMANENT: Le
Pr�sident Koester nota le point rest� en suspens dans les
TdR. La NOUVELLE ZELANDE requit que le Comit� du Budget
approuve la repr�sentation r�gionale propos�e pour le
Comit� Permanent. Les TdR (Doc. 11.13) furent accept�s en
principe en attendant l'approbation du Comit� du Budget.
L'INTRODUCTION DES ESPECES PROVENANT DE LA MER: Pr�sentant
un rapport sur les r�sultats du groupe de travail,
l'AUSTRALIE d�clara qu'on n'y est parvenu � r�aliser le
consensus. L'orateur fit �tat d'une divergence dans les
points de vue philosophiques et requit du Pr�sident Koester
la fourniture de directives. Le Pr�sident Koester d�clara
que le mandat du groupe de travail consiste � r�viser le
projet de r�solution en accommodant
les points de vues oppos�s. Le JAPON, appuy� par la NORVEGE
et l'ISLANDE, d�clara que le sujet doit �tre trait� par la
FAO et par les organisations r�gionale. Les ETATS-UNIS et
l'UE requirent la reprise des travaux du groupe de travail.
L'AUSTRALIE, appuy�e par le CANADA, d�clara que le projet de
r�solution devrait �tre r�vis� avant la reprise du groupe
de travail.
L'INTRODUCTION D'ANNOTATIONS DANS LES ANNEXES: La SUISSE
d�crivit les amendements textuels introduits dans le document
d�j� approuv�s par le Comit� Permanent (Doc. 11.24).
L'orateur nota que la r�solution d�coulait de la d�cision
10.70 de la CdP-10 qui requ�rait l'�claircissement des
questions juridiques ayant trait � l'application en rapport
avec les annotations figurant dans les Annexes. Le CAMEROUN et
le PAKISTAN firent part de leurs r�serves concernant le
risque de voir la disposition recommandant aux Parties
d'�viter d'introduire des annotations, y compris concernant
les animaux sauvages et les troph�es, affecter de mani�re
n�gative leurs loisirs de chasse ou l'int�r�t des
communaut�s locales. Le projet de r�solution fut adopt�.
LES DESTINATIONS APPROPRIEES ET ACCEPTABLES: Le KENYA
introduisit un projet de r�solution sur la d�finition des
termes "destinations appropri�es et acceptables"
pour le transport des animaux vivants (Doc. 11.26). La
r�solution vise � �liminer les incidents tels que celui
dont a �t� victime "l'�l�phant de Tuli," o� 30
petits �l�phants destin�s � �tre export�s vers l'Afrique
du Sud avaient �t� maltrait�s. Le JAPON, la SUISSE, les
ETATS-UNIS, l'AFRIQUE DU SUD et d'autres Etats pr�f�r�rent
voir une r�gulation impos�e � travers un amendement
contraignant des annotations pertinentes figurant dans les
Annexes, comme dans la proposition Suisse sur les annotations.
Le FUND FOR ANIMALS INCORPORATED d�clara que l'absence d'une
d�finition cr�ait une br�che permettant la maltraitance des
animaux et, avec la BORN FREE FOUNDATION, l'INTERNATIONAL
WILDLIFE COALITION et l'ANIMAL WELFARE INSTITUTE, apporta son
soutien � la r�solution. Le Pr�sident Koester invita le
Kenya � retirer la r�solution. Ce sujet sera revisit�.
LES RISQUES ET LES AVANTAGES DU COMMERCE DE LA FAUNE
SAUVAGE: Le KENYA introduisit un projet de r�solution sur
l'impact du commerce non viable sur la conservation de la
faune et de la flore sauvage (Doc. 11.27). L'AFRIQUE DU SUD y
fit objection, �voquant la souverainet� nationale sur les
ressources. ISRAEL, la JAMAIQUE et le BRESIL appuy�rent la
r�solution, et l'INTERNATIONAL WILDLIFE COALITION souligna
qu'elle visait � traiter le commerce non viable et non
l'ensemble du commerce. L'UE, le JAPON, le CANADA, CUBA, la
COLOMBIE et MADAGASCAR s'oppos�rent � cette r�solution. Le
Pr�sident Koester invita le Kenya � envisager le retrait de
la r�solution. Ce sujet sera revisit�.
DANS LES ALLEES
Au Centre du d�bat sur le commerce de l'ivoire, le point
de savoir si la d�cision de 1997 autorisant le Botswana, la
Namibie et le Zimbabwe de conclure un march� unique avec le
Japon a caus� une r�surgence du braconnage des �l�phants.
Plusieurs d�l�gu�s sont �tonn�s du petits nombre
d'incidents de braconnage rapport�s au Secr�tariat depuis
1997. Le chiffre de 235 est en nette contradiction avec les
�tudes men�es de mani�res ind�pendantes qui r�v�lent des
chiffres environnant 30,000. Certains d�l�gu�s ont laiss�
entendre qu'il y aurait malveillance et sous-estimation de la
part des pays qui souhaitent maquiller les statistiques pour
permettre la poursuite du commerce de l'ivoire. D'autres
pensent que les rapports soumis aux Secr�tariat �taient
limit�s parce que les pays concern�s ont pr�f�r�
dissimuler l'information de peur de provoquer des vagues.
Plusieurs pays africains ont affirm� que la d�cision de 1997
a abouti � une aggravation du braconnage et craignent de voir
le chiffre biais� pr�sent� au Secr�tariat servir
d'argument pour la poursuite du commerce de l'ivoire de
mani�re susceptible d'accro�tre la demande, menant ainsi �
une exacerbation du braconnage et � une pression accrue en
faveur du commerce de l'ivoire dans les pays de r�partition,
dans le futur.