Les délégués se sont réunis tout au long de la journée
aux sein des Comités I et II. Les deux Comités devaient
passer en revue les questions touchant à l'interprétation et
à l'application de la Convention. Un certain nombre de sujets
litigieux ont été déféré à des groupes de travail
officieux.
LE COMITE I
LE RHINOCEROS: Le Secrétariat introduisit une
recommandation pour l'abrogation de la résolution portant sur
le rhinocéros adoptée à la CdP-9 (Doc. 11.32). L'orateur
nota que l'état d'avancement de l'application de la
résolution est difficile à évaluer et qu'aucun mécanisme
de rapport n'y avait été prévu. L'UE et les ETATS-UNIS
apportèrent leur appui à l'amendement de la résolution et
suggérèrent la mise en place d'un groupe de travail sur
cette question. Le KENYA et le ZIMBABWE firent part de leur
réserves concernant la souveraineté de leurs données
relatives au rhinocéros et suggérèrent la tenue d'une
réunion entre les Etats africains à aire de répartition
pour débattre de la proposition.
LA TORTUE D'EAU DOUCE ET LA TORTUE-BOITE DU SUD-EST
ASIATIQUE: L'ALLEMAGNE introduisit un papier de discussion
traitant des effets de la conservation sur le commerce de la
tortue dont la tendance est à la hausse (Doc. 11.35). Le
Secrétariat déclara qu'il était difficile d'appuyer des
recommandations portant sur des espèces non inscrites sur les
listes. Plusieurs délégations, dont les ETATS-UNIS,
l'INDONESIE, l'AUSTRALIE, la CHINE, le CAMBODGE, les PAYS-BAS
et le JAPON, plaidèrent pour la poursuite de la discussion
dans un groupe de travail.
L'HYPPOCAMPE: Le délégué des ETATS-UNIS introduisit un
papier de discussion recommandant l'ouverture d'un dialogue
entre les Parties et la poursuite de la collecte des données
sur les espèces (Doc. 11.36). La BELGIQUE, la NOUVELLE
ZELANDE, l'UE, la REPUBLIQUE DE COREE, la JAMAIQUE et d'autres
Etats, appuyèrent l'établissement d'un groupe de travail sur
ce sujet. Le JAPON et la CHINE notèrent que la CITES ne
devaient pas se concentrer sur des espèces qui ne figurent
pas sur les listes, acceptant toutefois de prendre part aux
groupe de travail. Le Secrétariat indiqua qu'un financement
important était requis de la part des Parties pour les
travaux sur les espèces non inscrites sur les listes de la
CITES. L'INTERNATIONAL FUND FOR ANIMAL WELFARE offrit son
assistance financière.
LE CORAIL DUR: Le Royaume-Uni présenta les résultats du
groupe de travail sur l'identification et les exigences en
matière de rapport dans le domaine du corail dur (Doc.
11.37). L'orateur nota l'existence d'un consensus sur: les
manières d'élaborer les rapports sur le commerce des
spécimens de corail dur; l'importance de définir et de
reconnaître les coraux; et d'établir des rapports sur
l'aspect générique par espèce. Il suggéra que la CITES
n'est pas applicable aux espèces coralliens non
reconnaissables. Le Secrétariat proposa par ailleurs la mise
en place d'un groupe de travail présidé par le Royaume-Uni,
précisa qu'il était prématuré de se défaire des exigences
en matière de rapport et suggéra que rapporter le nom
d'espèces commercialisées en tant que spécimens vivants ne
manquera pas de susciter une coopération internationale.
L'INDONESIE nota que l'applicabilité de l'Article IV au
corail de sable et autres rocailles vivantes dépassait le
champs de focalisation de la CITES.
LE "BIGLEAF MAHOGANY": Présentant un rapport sur
le "Bigleaf Mahogany" (Doc. 11.38.2), le BRESIL nota
entre autres que: l'insertion dans l'Annexe III est
susceptible de renforcer la coopération internationale;
l'accès aux marchés assortie d'une évaluation équitable
est nécessaire pour attirer le financement de la conservation
et de la gestion durable; le transfert des technologies est
essentiel pour l'amélioration de la valeur forestière; et
les Etats aires de répartition doivent coopérer en
intégrant le recensement de leurs populations dans l'Annexe
III. Le NICARAGUA nota que les initiatives sous-régionales
requéraient une assistance financière et technique de la
part des pays importateurs. Le délégué suggéra, et
plusieurs pays l'appuyèrent, la création d'un groupe de
travail sur le Mahogany, associé au Comité pour les Plantes.
Le délégué des ETATS-UNIS offrit de financer la mise en
place de ce groupe. Le Secrétariat suggéra au lieu de cela
et compte tenu des contraintes budgétaires, qu'un projet de
proposition soit soumis aux Etats aires de répartition de
cette espèce. Le BRESIL déclara que la création d'un groupe
serait contre-productive.
L’ASSISTANCE AU PROFIT DES AUTORITES SCIENTIFIQUES: Le
Secrétariat introduisit le document (Doc. 11.40) portant sur
la nécessité de tenir des ateliers consacrés à
l'amélioration de la mise en œuvre de la CITES par les
Autorités Scientifiques et d'élaborer, en collaboration avec
l'UICN, d'un manuel concernant la manière de parvenir à des
conclusions non préjudiciables (Inf. 11.3). Le JAPON, les
PAYS-BAS, l'ILE MAURICE, le Mexique, l'UE, les ETATS-UNIS et
d'autres Etats, apportèrent leur soutien à l'initiative du
Secrétariat. Le COSTA RICA exprima son intérêt à prendre
part à ces futurs ateliers. Le SALVADORE évoqua l'importance
des réunions régionales des Autorités Scientifiques.
VANUATU souligna l'impératif d'inclure les pays des îles du
Pacifiques. L'INDE nota le démarrage de programmes de
renforcement des capacités de son Autorité Scientifique. Le
document fut adopté, à l'exception d'un point ayant trait au
budget, ce dernier ayant été déféré au Comité chargé du
Budget.
LES ANIMAUX HYBRIDES: Le Président du Comité pour les
Animaux, Jenkins, introduisit un amendement clarifiant les
termes "recent lineage" figurant dans la résolution
10.17 relative aux animaux hybrides (Doc. 11.49). Les
délégués l'adoptèrent.
LE TRANSPORT DES ANIMAUX VIVANTS: Le Secrétariat présenta
un rapport sur la mise en œuvre de la résolution 10.21 qui
encourage les Parties importatrices d'animaux vivants à
maintenir des registres de spécimens vivants et des procès
verbaux d'accidents par cargaison (Doc. 11.54). L'orateur
signala que l'absence de réponse de la part des Parties aux
demandes d'informations, amènerait la CdP-12 à amender ou à
abroger la résolution. L'UE, les ETATS-UNIS et le COSTA RICA
appuyèrent le maintien et l'application de la résolution.
L'ALLEMAGNE appela à des données sur les accidents
intervenant dans les cargaisons illicites et suggéra aux pays
exportateurs d'attacher un questionnaire au document
accompagnant l'export. L'AUSTRALIE déclara que l'absence de
registres pourrait être due à l'absence de mortalités. Les
délégués s'accordèrent sur le maintien de la résolution
en attendant la réévaluation de son efficacité à la
CdP-12.
LES ESPECES INSCRITES A L'ANNEXE II ASSUJETTIES A DES
QUOTAS ANNUELS D'EXPORT: Le Secrétariat présenta un rapport
sur l'utilisation des quotas d'export accordés à l'Equateur
et à la Tanzanie pour certaines espèces inscrites aux
Annexes (Doc. 11.42) et nota que ni la source ni le type
d'exportation n'y était reflété de manière adéquate.
L'IMPORTANCE DU COMMERCE DES ESPECES INSCRITES A L'ANNEXE
II: Le Secrétariat introduisit le document (Doc. 11.41.1),
lequel fournissait des informations concernant la plate-forme
de la révision permanente de l'importance du commerce
enregistré dans les espèces inscrites à l'Annexe II.
Plusieurs Parties souhaitèrent avoir des éclaircissements
sur la nomenclature et sur l'état d'avancement de
l'application de la convention concernant chacune des espèces
évoluant dans les différents pays. La FEDERATION DE RUSSIE,
avec le soutien de l'IRAN, des ETATS-UNIS et de la SUISSE,
soumit, à la considération du Secrétariat, un projet de
résolution sur l'esturgeon, document destiné être
distribuer à la prochaine session.
LE COMITE II
Le Président Koester présenta une synthèse des accords
réalisés mardi au sujet des Termes de Référence (TdR) du
Comité Permanent. Le Comité décida de reconnaître le
papier d'information sur la synergie entre la CITES et la FAO
(Doc. 11.14) et d'inviter la FAO à se joindre au groupe de
travail de la CITES sur les critères.
LES TdR DEVANT ENCADRER LE COMITE PERMANENT: Thomas Althaus
(Suisse), Président du groupe de travail du Comité
Permanent, rapporta que le groupe s'est accordé, entre autres,
sur: l'amendement du libellé de manière à permettre aux
Parties d'être plutôt "consultées" qu' "informées"
quant à la nécessité de revues périodiques des espèces
animales; et la nomination des deux experts en matière de
nomenclature désignés par la CdP, dont un zoologiste, pour
le traitement de la taxinomie animale et un botaniste pour le
traitement de la taxinomie végétale. L'ARGENTINE appela à
la suppression du libellé consacré à l'habilitation des
Présidents des Comités pour les Plantes et pour les Animaux
et des Etats de répartition concernés à retirer une
proposition. Aucun consensus ne put être réalisé.
LES ESPECES INTRODUITES DE LA MER: L'AUSTRALIE introduisit
la résolution (Doc. 11.18) dont l'objectif consiste: à
interpréter et à mettre en application les aspects ayant
trait aux Articles III, IV et XIV de la CITES; à réaliser un
accord sur la signification de "introduction à partir de
la mer" et de "sous la juridiction d'aucun état";
à réaliser une synergie avec d'autres organes
intergouvernementaux intervenant dans la régulation des
stocks halieutiques; et à faciliter le commerce des espèces
marines menacées par la pêche non régulée et illicite.
L'orateur donna un aperçu sur les problèmes potentiels,
comme le risque de confusion dans la différentiation entre
eaux territoriales et Zones Economiques Exclusives, et
l'opposition philosophique qui séparent un certains nombre de
Parties, puis mit en relief l'importance du certificat
attestant de la conformité aux exigences en matière de
rapport qui figurent dans la résolution. Les ETATS-UNIS, le
CANADA, l'ALLEMAGNE, le BRESIL, l'UE, TRAFFIC et le CENTRE FOR
INTERNATIONAL ENVIRONMENTAL LAW, accueillirent favorablement
la résolution, signalant toutefois que certaines questions
techniques devaient �tre trait�es. Le JAPON et
l'INTERNATIONAL COOALITION FOR FISHERIES ASSOCIATIONS
sugg�r�rent que la r�solution constituait un effort visant
� ressusciter le groupe de travail sur les esp�ces marines
de la CdP-10 et s'oppos�rent � la r�solution, avec
l'ISLANDE, la NORVEGE et CUBA. Un groupe de Travail fut
�tabli.
LES RAPPORTS NATIONAUX: Le d�bat se focalisa sur les
projets de d�cisions figurant dans l'Annexe I (Doc. 11.19),
lesquels furent adopt�s par les d�l�gu�s apr�s une br�ve
discussion sur la n�cessit� pour le Secr�tariat d'apporter
� certaines Parties son assistance dans l'�laboration de la
l�gislation nationale et la pr�paration des rapports annuels.
La BELGIQUE, appuy�e par TRAFFIC, souligna l'imp�ratif
d'�tablir une distinction entre les pays n'ayant pas soumis
de rapports annuels aux cours de ces trois derni�res ann�es
et ceux qui ont soumis les leurs avec un certain retard.
L'APPLICATION: Le Secr�tariat introduisit une �tude
portant sur les infractions pr�sum�es et autres probl�mes
touchant � la mise en application (Doc. 11.20.1). L'orateur
mit en relief la collaboration �tablie avec l'ICPO-Interpol
et l'Organisation Mondiale des Douanes (WCO), la mise en place
d'un nouveau syst�me informatis� de collecte de donn�es
visant � juguler le commerce illicite, et les lignes
directrices r�gissant les permis et certificats. TRAFFIC
sugg�ra de compiler les informations concernant les tendances
des infractions. Au sujet de l'analyse de l'ADN, la BELGIQUE
nota que tous les pays disposait de cette capacit�. L'UE, les
ETATS-UNIS, ANTIGUA et BARBUDA et d'autres Etats exprim�rent
leur appui en faveur des lignes directrices en question.
L'ESPAGNE requit des lignes directrices pour encadrer
l'identification des faux certificats.
LA MISE EN �UVRE DES RESOLUTIONS: Le Secr�tariat
introduisit le projet de d�cision appelant � reporter le
d�bat sur la mise en application des r�solutions � la
prochaine r�union du Comit� Permanent (Doc. 11.20.2). Les
d�l�gu�s ent�rin�rent la d�cision.
LA LEGISLATION NATIONALE: Au sujet du projet de d�cision
portant sur la question de l�gislation nationale (Doc.
11.21.1), l'ARGENTINE proposa l'insertion d'un libell� sur la
n�cessit� de ressources techniques pour la mise en �uvre.
La ZAMBIE, le LIBERIA et la TURQUIE requirent une assistance
dans le domaine du renforcement des capacit�s. L'UE
encouragea l'application de sanctions lorsque n�cessaire.
L'ISLANDE requit une assistance dans l'�laboration de la
l�gislation nationale, et
CUBA requit une aide sp�cifique pour les petits �tats
insulaires en
d�veloppement. Le ZIMBABWE souhaita avoir une id�e sur la
date pr�vue pour la tenue de l'atelier consacr� �
l'harmonisation des l�gislations nationales � l'�chelle
sous-r�gionale. Le WWF appela au financement des ateliers
r�gionaux.
LES LOIS NATIONALES FAVORISANT L'APPLICATION DE LA CITES:
Les d�l�gu�s not�rent l'efficience du recours � des
sanctions commerciales limit�es visant � stimuler
l'�laboration des l�gislations nationales (Doc. 11.21.2). La
mise en place d'un groupe de contact comprenant l'Australie,
l'Allemagne, la David Shepard Conservation Foundation et le
Secr�tariat fut requises pour harmoniser le projet de
d�cision favorisant le commerce avec les Parties non
signataires de la CITES avec les r�solutions 10.19 et 10.20
de la CdP-10.
LES RAPPORTS DES SAISIES: ISRAEL retira sa proposition
appelant � la soumission de rapports sur les saisies
effectu�es (Doc. 11.22), et ce en r�action � la r�serve
exprim�e par plusieurs d�l�gu�s qui y virent une
redondance avec la r�solution 9.9, une duplication des
efforts et m�me un risque de cr�er une br�che favorisant
les fuites d'informations.
LES CONTREVENANTS RECIDIVISTES: ISRAEL introduisit un
projet de r�solution portant sur les contrevenants
r�cidivistes aux dispositions de la CITES (Doc. 11.23),
lequel projet recommande au Secr�tariat de faire circuler la
liste des contrevenants ayant fait l'objet d'au moins trois
condamnations civiles ou une condamnation criminelle et que
les Autorit�s charg�es de la Gestion retirent aux
r�cidivistes les permis accord�s dans le cadre de la CITES.
Nombre de d�l�gations, dont la REPUBLIQUE TCHEQUE, le JAPON,
l'IRAN, le MEXIQUE, l'AUSTRALIE, l'ARABIE SAOUDITE, l'UE,
ANTIGUA et BARBUDA, la WCO et l'ICPO-INTERPOL, firent
objection � la r�solution, notant, entre autres, qu'une
telle liste serait en violation avec les l�gislations
nationales et empi�terait sur la souverainet� des Etats et
sur les droits individuels. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
apporta son soutien � la prise de mesures contre l'�mission
de permis aux contrevenants r�cidivistes. Le repr�sentant de
DEFENDERS OF WILDLIFE appuya la r�solution et ISRAEL invita
les Parties int�ress�es � coop�rer pour l'�laboration
d'un projet r�vis�.
LES GROUPES DE TRAVAIL
Le Groupe de Travail pr�sid� par Hank Jenkins (Australie)
sur le projet de r�solution propos� par l'Australie et
appelant � �tablir une base pratique pour la mise en �uvre
des dispositions de la CITES ayant trait au th�me des "esp�ces
introduites provenant des hautes mers", d�battit du
mandat que le Comit� II lui a assign�. Plusieurs
d�l�gations s'accord�rent pour dire que le mandat assign�
au groupe consistait � affiner la r�solution. D'autres
r�torqu�rent qu'il n'y avait pas eu de consensus sur cette
mani�re de proc�der. Cette divergence des points de vue mena
� un vote qui confirma l'absence de consensus sur le mandat
du groupe. Le groupe d�cida d'ajourner ses travaux en
attendant une clarification de la part du Comit� II.
DANS LES COULOIRS
La suggestion controvers�e d'appliquer des sanctions
commerciale � l'encontre de l'Inde en vue d'impulser ses
efforts dans le domaine de la pr�servation du tigre, a amen�
bon nombre de d�l�gu�s � se demander si cela �tait �
prendre au s�rieux et, si oui, � s'interroger sur la logique
d'une telle entreprise. Certains en �taient � se demander si,
tout bien pes�, l'id�e d'une sanction n'�tait pas contre-productive,
punir l'Inde au lieu de lui fournir l'aide dont elle a tant
besoin pour combattre le braconnage. D'autres avaient
�galement le sentiment que punir les consommateurs de
produits provenant du tigre serait plus appropri�, m�me si
beaucoup d'entre eux pensent que les pouvoirs politiques
emp�cheraient la prise d'une telle mesure. Quelque pays en
d�veloppement ont laiss� entendre que l'application de
sanctions commerciale en r�ponse au manque de capacit�s
risquait d'isoler les Parties vis�es et de les encourager �
abandonner la CITES.