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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 19 No. 25
Lundi 10 Novembre 2003
QUINZIEME REUNION DES PARTIES DU TRAITE DE
MONTREAL:
10-14 NOVEMBRE 2003
La quinzième réunion des Parties du Traité de
Montréal sur les substances nocives à la couche d'ozone
(RdP-15) entame ses travaux aujourd'hui au complexe des
Nations Unies de Gigiri, à Nairobi, au Kenya. Une réunion
préparatoire se tiendra du 10 au 12 novembre, suivie par un
segment de haut niveau regroupant ministres et autres chefs de
délégations, du 13 au 14 novembre. Près de 500 participants
devraient assister à la RdP-15 pour se pencher sur une variété
de sujets, notamment ceux concernant la portée de l'étude
devant être consacrée à la gestion du mécanisme de financement
du Traité, les cas de non respect des clauses du Traité, les
rapports financiers relatifs à la Convention de Vienne pour la
protection de la couche d'ozone et au traité de Montréal, et
la demande adressée par l'Afrique du sud au Fonds mondial pour
l'environnement (FEM), pour une aide financière et technique.
La RdP-15 se prononcera également sur la question des
exemptions des mesures de contrôle prévues par le Traité pour
le bromure de méthylène, substance nocive pour l'ozone (SNO),
utilisée comme pesticide. Le point concernant les implications
de l'entrée en vigueur de l'Amendement du Traité de Pékin,
notamment pour ce qui concerne les hydro-chloro-fluoro-carbones
(HCFC), est également inscrit à l'ordre du jour.
BREF HISTORIQUE DU REGIME DE L'OZONE
Les inquiétudes concernant la possibilité que
la couche stratosphérique d'ozone puisse être mise en péril
par les chloro-fluoro-carbones (CFC) et autres substances
anthropiques ont commencé à apparaître au début des années
1970. A cette époque, les scientifiques ont mis en garde
contre le fait de voir la diffusion de ces substances, dans
l'atmosphère, s'attaquer à la couche d'ozone, entravant ainsi
sa capacité à empêcher les rayons ultra-violets (UV-B)
d'atteindre la surface de la terre. Cela pouvant exercer des
effets négatifs sur les écosystèmes océaniques, la
productivité agricole et la population animale, et de
provoquer chez les êtres humains une élévation des cas de
cancers de la peau, de cataractes et d'affaiblir leur système
immunitaire. En réponse à ces inquiétudes grandissantes, Le
Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a
convoqué, en 1977, la conférence qui devait adopter le Plan
d'action mondial pour la protection de la couche d'ozone et
établir le Comité de Coordination chargé de guider la future
action internationale.
LA CONVENTION DE VIENNE: En mai 1981, le"
Conseil d'administration du PNUE, a lancé des négociations
pour un accord international sur la protection de la couche
d'ozone et, en mars 1985, la Convention de Vienne pour la
protection de la couche d'ozone a été adoptée. La Convention a
appelé à une coopération dans les domaines du suivi, de la
recherche et de l'échange des données, mais n'a pas imposé
d'obligation pour la réduction de l'utilisation des SNO.
Aujourd'hui, la Convention compte 185 Parties.
LE TRAITE DE MONTREAL: Les efforts visant
à négocier des obligations contraignantes sur les SNO se sont
poursuivis et ont abouti, en septembre 1987, à l'adoption du
Traité de Montréal sur les substances nocives à la couche
d'ozone. Le Traité de Montréal a introduit des mesures de
contrôle applicables à certains CFC et halons, dans les pays
industrialisés (Parties non-visées par l'Article 5). Les pays
en développement (Parties visées à l'Article 5) ont bénéficié
d'une période de grâce, pour leur permettre d'accroître leur
utilisation de ces SNO, avant de prendre des engagements.
Aujourd'hui, le Traité compte 184 Parties.
Depuis 1987, plusieurs amendements et
ajustements apportés au Traité ont été approuvés, certains
amendements, pour ajouter de nouvelles obligations et des SNO
additionnelles, et certains ajustements, pour re-serrer les
programmes de contrôles disponibles. Ces amendements
requièrent une ratification par un nombre défini de Parties,
avant de pouvoir entrer en vigueur, mais les ajustements
entrent en vigueur de manière automatique.
LES AMENDEMENTS ET AJUSTEMENTS DE LONDRES:
Les délégués près de la RdP-2, qui s'est déroulée à Londres,
en 1990, ont resserré les programmes de contrôle et se sont
accordés sur l'adjonction, à la liste des SNO, de dix nouveaux
CFC, ainsi que du tétrachlorure de carbone (TCC) et du méthyle
de chloroforme. A ce jour, 166 Parties ont ratifié
l'Amendement de Londres.
La RdP-2 a établi, en outre, le Fonds
multilatéral pour la mise en œuvre du Traité de Montréal. Le
Fonds est conçu pour la couverture des coûts marginaux de la
mise en œuvre des mesures de contrôle du Traité, par les pays
en développement, et pour le financement des fonctions liées à
l'assistance technique, l'échange d'information, la formation
et le coût du Secrétariat du Fonds. Le Fonds est reconstitué
tous les trois ans et a, depuis son établissement, déboursé
plus de 1,3 milliards de dollars.
LES AMENDEMENTS ET LES AJUSTEMENTS DE
COPENHAGUE: A la RdP-4, qui s'est déroulée à Copenhague,
en 1992, les délégués ont resserré les programmes de contrôle
disponibles et a ajouté des mesures similaires sur le bromure
de méthylène, les hydro-bromo-fluoro-carbones (HBFC) et les
hydro-chloro-fluoro-carbones (HCFC). La RdP-4 s'est également
accordée sur la promulgation des procédures applicables aux
cas de non respect des obligations, y compris l'établissement
d'une commission sur la mise en œuvre. Cette dernière est
chargée d'examiner les cas éventuels de non-respect des
obligations, par les Parties et des circonstances qui les
entourent, et de formuler à l'adresse de la RdP, des
recommandations des voies et moyens de parvenir à un respect
total des obligations. A ce jour, 154 Parties ont ratifié
l'Amendement de Copenhague.
LES AMENDEMENTS ET AJUSTEMENTS DE MONTREAL:
A la RdP-9, tenue à Montréal, en 1997, outre un nouveau
resserrage des programmes de contrôle existants, les délégués
ont approuvé un nouveau système de licence, pour l'import et
l'export des SNO. Ils ont également décidé d'interdire le
commerce du bromure de méthylène avec les Parties non-signataires
de l'Amendement de Copenhague. A ce jour, 107 Parties ont
ratifié l'Amendement de Montréal.
LES AMENDEMENTS ET LES AJUSTEMENTS DE PEKIN:
A la RdP-11, tenue à Pékin, en 1999, en même temps que la
CdP-5 de la Convention de Vienne, les délégués ont imposé des
contrôles sur la production des HCFC et du
bromo-chloro-méthane (BCM), et la soumission de rapports sur
le bromure de méthylène, portant sur les demandes de mise en
quarantaine et de pré-embarquement. A ce jour, 57 Parties ont
ratifié l'Amendement de Pékin. La RdP-11 a décidé par ailleurs
le réapprovisionnement du Fonds Multilatéral à hauteur de
477.7 millions de dollars pour la triennale 2000-2002.
LA RdP-12: La RdP-12 a eu lieu à
Ouagadougou, au Burkina Faso, du 11 au 14 décembre 2000. La
RdP-12 a adopté des décisions portant sur: une correction
apportée aux Ajustements de Pékin; des mesures visant à
faciliter le remplacement des inhalateurs à dose métrée (IDL),
utilisant les CFC; le suivi du commerce international et la
prévention du commerce illégal des SNO; et des points divers.
La RdP-12 a également adopté la Déclaration d'Ouagadougou, qui
encourage les Parties, entre autres: à prendre des mesures
visant à prévenir la production et la consommation illégales
et le commerce illicite des SNO et des équipements et des
produits contenant des SNO; et à harmoniser les codes
douaniers.
LA RdP-13: La RdP-13 s'est déroulée à
Colombo, au Sri Lanka, du 16 au 19 octobre 2001. La RdP-13 a
adopté des décisions portant sur: la portée de l'étude devant
être menée par le Groupe sur l'évaluation économique et
technique (TEAP) sur la reconstitution du Fonds multilatéral,
pour la triennale 2003-2005; l'évaluation du mécanisme à taux
de change fixe, du Fonds multilatéral (FERM); le respect des
obligations par les Parties; les procédures d'évaluation des
potentialités d'appauvrissement de la couche d'ozone (ODP) des
nouvelles substances; la production de CFC pour les IDM; le
suivi du commerce international et de la prévention du
commerce illicite des SNO; le budget du Fonds fiduciaire; et
points divers. La RdP-13 a également adopté la Déclaration de
Colombo, qui encourage les Parties, entre autres: à appliquer
les soins nécessaires dans l'utilisation des substances
susceptibles d'avoir des potentialités d'appauvrissement de la
couche d'ozone; et, à déterminer et à utiliser des
alternatives et des technologies disponibles, accessibles et
abordables, qui réduisent au minimum le préjudice à
l'environnement et qui protègent la couche d'ozone.
LA RdP-14: La RdP-14 s'est réunie à Rome,
en Italie, du 25 au 29 novembre 2002. Les délégués y ont
adopté le nombre record de 46 décisions couvrant des sujets
tels que la reconstitution du Fonds multilatéral et de son
mécanisme à taux d'échange fixe, les questions ayant trait au
respect des obligations, le commerce illégal, le remplacement
des CFC utilisés dans les IDM, le lien avec le régime du
changement climatique; et l'interaction avec l'Organisation
mondiale du commerce.
L'une des tâches principales inscrites à
l'ordre du jour était la reconstitution du Fonds multilatéral,
qui s'est vu allouer un budget de 573 millions pour la
triennale 2003-2005. Les délégués se sont également penchés
sur les questions de la suppression progressive du bromure de
méthylène, du commerce illégal des SNO, des procédures de
mises en conformité, de la destruction des SNO, et des
synergies entre le trou d'ozone et le changement climatique.
LES PROGRAMMES ACTUELS DE CONTROLE DES SNO:
Au sujet des programmes de contr�le des SNO d�coulant des
divers amendements et ajustements introduits dans le Trait� de
Montr�al, les pays industrialis�s ont �t� requis de proc�der �
la suppression progressive: des halons, en 1994; des CFCs, des
TCC, du m�thyle de chloroforme et des HBFC, en 1996; et des
BCM, en 2002. Ils doivent supprimer aussi: le bromure de
m�thyl�ne, en 2005, et arr�ter la consommation des HCFC d'ici
2030 (et de se fixer des objectifs interm�diaires, en
attendant d'arriver � ces dates). La Production de HCFC doit y
�tre stabilis�e � l'horizon 2004.
Les pays en d�veloppement ont �t� requis de
proc�der � la suppression progressive des HBFC, en 1996, et du
BCM, en 2002. Ils doivent supprimer aussi: les CFC, les halons
et le TCC, en 2010; le m�thyle de chloroforme et le bromure de
m�thyl�ne, en 2015; et la consommation des HCFC, en 2040 (avec
des objectifs interm�diaires, en attendant d'arriver � ces
dates). La production des HCFC doit y �tre stabilis�e �
l'horizon 2016.
LES FAITS MARQUANTS DE LA PERIODE
INTERSESSIONS
30e REUNION DE LA COMMISSION SUR LA
MISE EN �UVRE: Le non-respect des obligations par nombre
de Parties du Trait� de Montr�al, a �t� le point de
focalisation de la 30e r�union de la Commission sur
la mise en �uvre, consacr�e � la Proc�dure applicable aux cas
de non respect des obligations relevant du Trait� de Montr�al,
r�union qui s'est d�roul�e du 4 au 7 juillet 2003, � Montr�al,
au Canada. La Commission a proc�d� � l'examen d'une s�rie de
sujets de fonds int�ressant la question du respect des
obligations, y compris les cas de non-respect pr�c�d�s de
d�cisions prises par les Parties. La Commission a d�cid� de
demander � plusieurs pays de fournir des compl�ments
d'information, a fait part de ses r�serves concernant le
non-respect apparent des obligations par certaines Parties, et
a fait l'�loge d'autres Parties pour la r�ussite qu'elles ont
enregistr�e dans le traitement des probl�mes.
Les d�l�gu�s ont �galement d�battu des voies
et moyens d'am�liorer le travail de la Commission. Plusieurs
intervenants ont fait observer qu'un lien �troit avec les
agences d'ex�cution serait d'un grand apport dans la
fourniture des donn�es pertinentes � la Commission. Certains
d�l�gu�s ont �galement sugg�r� que les agences d'ex�cution
doivent avoir l'occasion de pr�senter leurs commentaires sur
les documents �labor�s par le Secr�taire du Trait� sur la
protection de la couche d'ozone, avant leur distribution, et
que tous les documents doivent �tre distribu�s � la Commission
avant les r�unions. La Commission a d�cid� de pr�senter, � la
RdP-15, un projet de d�cision encourageant les agences
d'ex�cution, et en particulier, le Programme du PNUE d'aide �
la mise en conformit�, � apporter � la Commission, � travers
le Secr�tariat de Trait� sur la protection de la couche
d'ozone, son assistance dans le suivi des d�cisions des
Parties concernant le non-respect des obligations et la
pr�sentation des donn�es.
23e REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL A
COMPOSITION NON-LIMITEE (GTCNL): Les d�l�gu�s prenant part
� la 23�me r�union du GTCNL des Parties du Trait�
de Montr�al ont engag� l'�valuation des progr�s r�alis�s et
les pr�paratifs de la RdP-15. Le GTCNL, qui s'est r�uni �
Montr�al, du 7 au 11 juillet 2003, a proc�d� � l'examen d'une
proposition d'amendement du Trait�, soumise par la Communaut�
europ�enne, ainsi que des questions trait�es par le TEAP, dans
l'�dition 2003 de son rapport sur l'�tat d'avancement des
travaux, et du rapport de la Commission sur les options
techniques offertes dans le domaine des halons.
Les d�l�gu�s ont examin� les questions ayant
trait � l'utilisation du bromure de m�thyl�ne. Ils se sont
�galement pench�s sur les progr�s accomplis sur la question du
syst�me g�n�ral harmonis� pour la classification des
substances nocives � l'ozone, et ont d�battu du cahier des
charges de l'�valuation du Fonds multilat�ral. Dans leurs
discussions sur le bromure de m�thyl�ne, certains participants
ont fait part de leurs r�serves concernant les hypoth�ses
utilis�es par la Commission sur les options techniques
offertes dans le domaine du bromure de m�thyl�ne, dans sa
r�cente �valuation, et plusieurs intervenants ont attir�
�galement l'attention sur le nombre important des candidatures
pour l'exemption. Toutefois, apr�s des d�lib�rations men�es
dans un groupe de contact, des progr�s ont �t� rapport�s sur
nombre de sujets en discussion. Le rapport du GTCNL renferme
des propositions concernant un certain nombre de projets de
d�cisions, appel�es � �tre examin�es � la RdP-15, y compris un
libell� pr�cisant les conditions de l'octroi des exemptions
concernant l'emploi du bromure de m�thyl�ne.
AUTRES REUNIONS RECENTES: D'autres
r�unions ont �t� tenues avant la RdP-15, notamment, celles du
Groupe sur l'�valuation des effets environnementaux, qui a eu
lieu � Edinburgh, en Ecosse, du 17 au 20 septembre, et de la
Commission sur les options offertes dans le domaine du bromure
de m�thyl�ne, qui s'est d�roul�e du 22 au 24 septembre, �
Bruxelles, en Belgique, pour conclure ses �valuations des
candidatures soumises par les Parties, en 2003. Plus r�cemment,
la Commission sur la mise en �uvre s'est r�unie pour sa 31�me
session, du 5 au 7 novembre � Nairobi et a d�cid� de se r�unir
de nouveau le 10 novembre, � partir de 8h, pour parachever son
travail sur l'analyse des donn�es fournies par les Parties,
concernant des SNO, et pour finaliser les projets de d�cisions.
Le 8 novembre, une r�union du Bureau du RdP s'est tenue dans
le cadre des pr�paratifs de la RdP-15, et une r�union
consacr�e � '�laboration d'une interpr�tation commune de
l'Amendement de P�kin, a �galement eu lieu. Les deux r�unions
se sont d�roul�es � Nairobi.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE D'OUVERTURE: La RdP-15 commencera
� 10h dans la Salle de Conf�rence 2, au complexe des Nations
Unies de Gigiri, � Nairobi. Apr�s les remarques d'ouverture
faites par le repr�sentant du Gouvernement Kenyan et le
Directeur ex�cutif du PNUE, Klaus T�pfer, les participants
passeront aux questions d'organisation, y compris l'adoption
de l'ordre du jour. Ils commenceront probablement, ensuite,
l'examen de diverses questions de fond et de projets de
d�cisions concernant l'ordre du jour. La Commission sur la
mise en �uvre se r�unira � 8h, dans une salle qui doit encore
�tre annonc�e, pour terminer son travail. |