Vol. 16 No. 10
Vendredi 2 juin 2000
RAPPORT DE SYNTHESE DU FORUM MINISTERIEL
MONDIAL ET SIXIEME SESSION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL
D'ADMINISTRATION DU PNUE
29 – 31 MAI 2000
En 1972, le PNUE fut établi suite à la Conférence des
Nations Unies sur l'Environnement Humain, tenue à Stockholm,
du 5 au 16 juin 1972. La conférence devait en outre, mettre
en place un plan d'action pour l'élaboration de politiques
environnementales, un Fonds pour l'Environnement et, une
déclaration de 26 principes sur l'environnement humain.
Etabli pour servir, à la communauté internationale, de forum
pour le traitement des principales questions politiques
émergeantes, le Conseil d'Administration du PNUE (CA) se
réunit de manière générale sur une base biennale, avec des
sessions extraordinaires organisées au cours des périodes
intérimaires. Le CA comprend 58 Etats qui gardent le mandat
durant quatre ans, sur la base de la répartition
géographique suivante: 16 représentants africains, 13
asiatiques, 13 représentants issus du Groupe de l'Europe
centrale et Autres, 10 pays Latino-Américains et les
Caraïbes et 6 Etats de l'Europe de l'Est. Le CA a été
appelé à présenter ses rapports à l'Assemblée Générale
de l'ONU (AGNU) et chargé: de promouvoir la coopération
internationale en matière d'environnement et de recommander
les politiques susceptibles de mener à cette fin; de fournir
une orientation politique pour l'administration et la
coordination des programmes environnementaux au sein du
système de l'ONU; de procéder à l'évaluation de l'état
des lieux de l'environnement mondial; et de promouvoir la mise
à contribution de la communauté scientifique et d'autres
communautés professionnelles pertinentes dans l'acquisition,
l'évaluation et l'échange des connaissances et des
informations et dans les aspects techniques de la formulation
et de la mise en œuvre des programmes environnementaux au
sein du système des Nations Unies.
Outre le suivi et l'évaluation de l'état des lieux de
l'environnement et la diffusion des données obtenues aux
gouvernements et aux ONG, les accomplissements du CA englobent
l'initiation de négociations autour de nombre de conventions
environnementales majeures, y compris le Protocole de
Montréal sur les Substances qui Risquent d'Appauvrir la
Couche d'Ozone, la Convention de
Bâle sur le Contrôle du Transit transfrontalier des Déchets
Dangereux et de leur Mise en Décharge, La Convention sur la
Diversité Biologique et la Convention de Rotterdam sur la
Procédure du Consentement Préalable en Connaissance de Cause
pour Certains Produits Chimiques et Pesticides Dangereux, dans
le Commerce International (Convention PIC).
LA CNUED: En 1992, la Conférence des Nations Unies sur
l'Environnement et le Développement (CNUED) réaffirma le
mandat du PNUE et appela à l'amélioration et au renforcement
du rôle du PNUE et de son CA. Le CA fut appelé à poursuivre
son rôle dans le domaine de l'orientation et de la
coordination politiques, en prenant en ligne de compte, la
perspective du développement. Le Plan d'Action 21 dressa une
liste des 14 domaines prioritaires sur lesquelles le PNUE
devait se concentrer dont, entre autres, le renforcement de
son rôle catalyseur dans la promotion des activités
environnementales, à travers le système de l'ONU; la
promotion de la coopération internationale; la coordination
et la promotion de la recherche scientifique; la diffusion de
l'information environnementale; l'amélioration de la prise de
conscience générale; et, la poursuite du développement du
droit environnemental international.
LE 19ème CONSEIL D'ADMINISTRATION:
Initialement, la 19ème session du CA devait se
tenir du 27 janvier au 7 février 1997, mais la réunion fut
suspendue le dernier jour lorsque les délégués ne furent
pas en mesure de s'accorder autour d'une proposition appelant
à la mise en place d'un comité de haut niveau chargé de
fournir des orientations politiques au PNUE. En résultat de
quoi, des officiels issus de 34 pays se réunirent à Genève
le 21 mars 1997 et décidèrent de créer un nouveau comité
multinational chargé d'apporter sa médiation dans les
différends et de présenter son avis sur le futur du PNUE. La
19ème session reprit ses travaux au siège du PNUE
à Nairobi, les 3 et 4 avril 1997, et les délégués
établirent un Comité de Haut Niveau des Ministres et
d'Officiels (CHNMO) en qualité d'organe subsidiaire du CA. Le
CHNMO fut chargé: de la considération de l'ordre du jour
environnemental international et de l'introduction des
réformes et des recommandations politiques au CA; de la
fourniture d'orientations et d'avis au Directeur Exécutif du
PNUE; de l'amélioration de la collaboration et de la
coopération du PNUE avec d'autres organes multilatéraux,
notamment les conventions environnementales et leurs
secrétariats; et d'aider à la mobilisation de ressources
financières adéquates et prévisibles au profit du PNUE. Le
CHNMO comprend 36 membres élus par le CA parmi les membres de
l'ONU et de ses agences spécialisées. Les membres y servent
deux ans durant et représentent les régions telles qu'elles
sont reflétées par l'actuelle structure du CA du PNUE.
Aujourd'hui, le Comité organise des réunions, au moins une
fois par an, à Nairobi, mais peut également se réunir
ailleurs en connexion avec les principales réunions
environnementale internationales.
Les délégués adoptèrent, ensuite, la Déclaration de
Nairobi sur le Rôle et le Mandat du PNUE, laquelle, révise
le mandat du Comité des Représentants Permanents du PNUE
(CRP) consistant: à procéder à la détermination, au suivi
et à l'évaluation de la mise en œuvre des décisions du CA,
concernant les questions administratives, budgétaires et
programmatiques; à procéder à la revue du programme de
travail et du budget provisoires du PNUE; de procéder à la
revue des rapports requis du Secrétariat par le CA,
concernant l'efficience, l'efficacité et la transparence du
travail du Secrétariat; et à élaborer, pour considération
par le CA, de projets de décisions sur la base des
contributions apportées par le Secrétariat. La Déclaration
de Nairobi fur officiellement entérinée à la Session
Extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'ONU consacrée
à l'Evaluation de la Mise en Œuvre du Plan d'Action 21 (SE/AGNU),
tenue en juin 1997.
LA CINQUIEME SESSION EXTRAORDINAIRE: Le CA tint sa
cinquième session Extraordinaire en mai 1998. Cette session
adopta des décisions concernant l'évaluation de la gestion
du PNUE ainsi que du soutien administratif qui lui est
accordé; la revitalisation, la réforme et le renforcement du
PNUE; les contributions du PNUE à la CDD-7; l'eau douce; la
Convention sur le PIC; le FEM; et la dégradation des sols. La
session décida par ailleurs de procéder à la revue de
l'état d'avancement de la réforme en cours du PNUE, à la 20ème
session, pour fournir à la 55ème session de
l'AGNU, ses conclusions politiques concernant les arrangements
institutionnels au sein du système de l'ONU et le rôle du
PNUE dans ce contexte. La session extraordinaire confirma
également les Etats membres élus pour siéger au sein du
CHNMO.
LA CELLULE DE TRAVAIL DES NATIONS UNIS SUR L'ENVIRONNEMENT
ET LES IMPLANTATIONS HUMAINES: A la 51ème
session de l'AGNU, le Secrétaire Général émit les
résultats de l'évaluation des activités de l'ONU, intitulé:
"Renouveler les Nations Unis: Programme de Réforme"
(A/51/ 950). Dans le chapitre consacré à l'environnement,
l'habitat et le développement durable, le rapport examina
tous les développements vécus depuis la CNUED, y compris la
prolifération des nouveaux acteurs dans le domaine,
l'émergence de la CDD en tant que forum politique important,
l'amélioration des capacités en matière d'environnement, au
sein des organisations des Nations Unies et, la réponse
décevante apportée aux besoins des pays en développement,
en matière de ressources nouvelles et supplémentaires. Le
rapport conclut que l'adoption d'une approche systématique
plus intégrée dans le domaine des politiques et programmes,
à travers l'éventail des activités des Nations Unies dans
les domaines économiques et sociaux, en rationalisant
l'engagement des Nations Unies à l'égard du développement
durable. Pour initier ce processus, la Cellule de Travail des
Nations Unies sur l'Environnement et les Implantations
Humaines fut établi sous la Présidence du Directeur
Exécutif du PNUE. En 1998, les conclusions et les
recommandations de la Cellule de Travail furent transmises à
la 53ème session de l'AGNU dans le Rapport du
Secrétaire Général sur l'environnement et les implantations
humaines (A/53/ 463). Le rapport renfermait des
recommandations appelant, entre autres: à l'établissement
d'un Groupe sur la Gestion Environnemental; à un forum
mondial, de rang ministériel, annuel sur l'environnement; à
l'adhésion universelle au CA; et à plusieurs mesures visant
à intégrer et à impliquer davantage la société civile.
Après des mois de consultations officieuses, le 28 juillet
1999, l'Assemblée Générale adopta la résolution 53/242,
laquelle, entre autres: requiert du Secrétaire Général le
renforcement du Bureau des Nations Unies à Nairobi; soutient
l'établissement d'un Groupe sur la Gestion Environnementale
pour l'amélioration de la coordination inter-agences dans le
domaine de l'environnement et des implantations humaines; et
accueille favorablement la proposition de mettre en place un
forum mondial, de rang ministériel, sur l'environnement,
relevant du CA du PNUE.
LE 20ème CONSEIL D'ADMINISTRATION: La 20ème
session du CA se déroula au siège du PNUE, à Nairobi, au
Kenya, du 1 au 5 février 1999, marquant la première réunion
du Conseil depuis l'adoption de la Déclaration de Nairobi
concernant le Rôle et le Mandat du PNUE, la Session
Extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'ONU consacrée
à la Revue de la Mise en Œuvre du Plan d'Action 21, et la désignation
du Dr Klaus Töpfer au poste de Directeur Exécutif du PNUE.
La réunion devait permettre de faire recouvrir la foi dans le
PNUE en tant que principale agence des Nations Unies assumant
des responsabilités dans le domaine de l'environnement. Le CA
y prit 30 décisions sur un éventail de thèmes, notamment:
le Fonds pour l'Environnement et les questions administratives
et budgétaires; les questions politiques, y compris l'état
des lieux de l'environnement, la coordination et la
coopération à l'intérieur et à l'extérieur des Nations
Unies; la gouvernance du PNUE et les questions politiques
émergentes; les préparatifs de la CDD-7; et les liens et le
soutien mutuel entre les conventions environnementales et
celles ayant rapport avec l'environnement.
COMPTE RENDU DU FORUM
Le Lundi 29 mai 2000, le Président du CA du PNUE, László
Miklós (République Slovaque),ouvrit le premier Forum
Ministériel Mondial sur l'Environnement. Après un spectacle
de chorale présenté par "Koritsia" et la
projection d'un documentaire sur "les défis
environnementaux du 21ème Siècle," on passa
aux déclarations d'ouverture.
Le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, exprima, par
vidéo interposée, son espoir de voir le Forum s'élever à
la hauteur des défis du nouveau millénaire. Il affirma que
nonobstant nombre de cas de réussite, les êtres humains
continuaient à piller l'environnement et que les pratiques
non viables restaient ancrées dans nos activités
quotidiennes. L'orateur décrivit quatre domaines nécessitant
davantage d'efforts, notamment: le domaine des médias et de
la sensibilisation du grand public aux fins de s'assurer que
les entreprises et les consommateurs reconnaissent les
conséquences environnementales; celui des politiques et des
lois qui se doit de considérer les ramifications des
subventions et de promouvoir des mesures incitatives en faveur
de l'environnement; celui de l'intégration d'objectifs
environnementaux dans les politiques; et celui de l'exactitude
des données scientifiques permettant d'établir la plate-forme
de l'action.
Le Président László Miklós (République Slovaque)
souligna que le Forum se devait de réfléchir sur les échecs
tout en essayant de tracer la voie à venir. Il affirma que
les problèmes environnementaux ne pouvaient être résolus en
dehors des cadres politiques et nota que la réalité
déconcertante de la pauvreté persistante. Il suggéra de
repenser les règles du village mondial, les forces du marché
s'étant avéré insuffisantes, ajoutant qu'une assistance de
la part de la communauté internationale était requise.
L'ancien Premier Ministre Suédois, Ingvar Carlsson,
déclara que le Forum offrait l'occasion d'envoyer un message
fort au Sommet du Millénaire de l'Assemblée Générale. Il
appela à des actions plus vigoureuses dans la mise en œuvre
des obligations inscrites dans le cadre des conventions
environnementales. Il mit en exergue: l'impératif d'une
solidarité à travers les frontières; la nécessité de
nouveaux partenariats entre les gouvernements, le secteur
privé et la société civile; l'importance des nouvelles
technologies d'information; et le rôle de l'éducation et de
la conscientisation. Il réitéra le concept "penser
mondialement, agir localement."
Yvonne Maingey (Kenya) et Philip Tinker (Royaume-Uni),
représentant la Conférence Internationale du Millénaire des
Enfants sur l'Environnement, engagèrent les délégués: à
mettre en application des lois environnementales; à fournir
de l'eau propre à tous d'ici 10 ans; à accroître les
dispositifs de recyclage; à remplacer les sacs plastics d'ici
2004; et à promouvoir l'utilisation de l'énergie propre. Ils
demandèrent aux délégués de se mettre à l'écoute des
jeunes parce qu'ils sont les futurs ministres et dirigeants.
Massumeh Ebtekar, Vice-Présidente de l'Iran, donna lecture
à un message du Président iranien, déclarant en substance
que les approches basées sur l'aliénation de la nature ne
sauraient constituer des solutions valables. Elles mit en
relief les valeurs religieuses et l'harmonie entre les humains
et la nature. Elle appela le Forum à envisager un discours
remplaçant l'approche matérialiste par une approche
spirituelle et l'attitude arrogante qui règne aujourd'hui par
une attitude d'humilité.
Victoria Tauli-Corpuz, porte-parole de 45 ONG opérant dans
les domaines de l'environnement et du développement, déclara
que les années 90 avaient formé la décennie des accords
environnementaux mais pas de la mise en œuvre des solutions.
Elle parla d'une paralysie au niveau de la pensée et de
l'action et affirma que les modèles économiques basés sur
le laisser faire étaient la cause de nombre de fractures
sociales et de la dégradation environnementale. Elle ajouta
que Rio+10 ne devait pas se contenter d'être une évaluation
de la mise en œuvre du Plan d'action 21, mais une conférence
mondiale sur le développement durable et l'éradication de la
pauvreté. Elle suggéra au PNUE d'inviter la société civile
à présenter ses commentaires quant à l'utilisation
créative de ses produits et de formaliser les liens avec les
ONG, d'une manière générale, et pour les préparatifs de
Rio+10, d'une manière particulière.
Le Directeur Exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, nota que le
Forum avait été établi par le Secrétaire Général de
l'ONU et mit en exergue la réunion comme étant le plus grand
rassemblement de ministres de l'environnement dans l'histoire
du PNUE. Il décrivit les deux principales menaces mondiales
pesant sur l'environnement, notamment les modes non viables de
production et de consommation dans les pays industrialisés et
la pauvreté dans les pays en développement. Des institutions
et des législations témoignant de l'engagement en faveur de
la lutte contre ces menaces existent, mais, affirma-t-il, le
leadership en la matière traîne derrière.
LES QUESTIONS D'ORGANISATION: Les délégués devaient
passer ensuite à l'adoption de l'ordre du jour puis élirent
Hossein Moeini Meybodi (Iran) au poste de Rapporteur. Les
délégués s'accordèrent sur la poursuite des
délibérations dans des consultations ministérielles,
l'établissement d'une Grande Commission (GC) sous la
présidence de Leandro Arellano (Mexique) et d'un groupe de
travail, de composition non limitée, sur la Déclaration de
Malmö sous la présidence du ministre suédois de
l'environnement, Kjell Larsson.
LES CONSULTATIONS MINISTERIELLES
Les Ministres tinrent trois séances de travail en deux
jours. Leurs concertations portèrent sur nombre de secteurs
économiques à travers trois thèmes: (1) l'identification
des principaux défis environnementaux posés au 21ème
Siècle; (2) le rôle du secteur privé; et (3) le rôle de la
société civile. Les débats autour de ces points de l'ordre
du jour furent introduits et stimulés par des déclarations
faites par des scientifiques de renom à l'échelle
internationale, des académiciens, des chefs d'entreprises et
de leaders de la société civile, qui y servirent également
de personnes ressources. Les résultats des concertations
étaient versés au fur et à mesure dans les délibérations
du groupe de travail sur la Déclaration de Malmö et les
points importants soulevés par les Ministres furent
reflétés dans le texte final de la Déclaration.
LES PRINCIPAUX DEFIS POSES AU NOUVEAU SIECLE: Le lundi 29
mai, Klaus Töpfer présenta le modérateur de la séance, le
Professeur Konrad von Moltke, de Dartmouth College. Le
Professeur Mario Molina, de l'Institut de Technologie du
Massachusetts, parla de l'interface science et politique. Il
déclara que face à un problème environnemental, trois
questions doivent être posées: de quel problème s'agit-il;
découle-t-il de l'activité humaine; et, y a-t-il quelque
chose à faire pour le résoudre? S'agissant de
l'appauvrissement de la couche d'ozone, les réponses sont oui,
mais pour ce qui est du problème des changements climatiques,
les réponses ne sont pas évidentes. S'adressant aux
ministres en les qualifiant de "Ministres de la
Sécurité environnementale," M.S. Swaminathan, de la
M.S. Swaminathan Research Foundation, déclara que nous avons
besoin d'une "révolution verte" intégrée dans le
contexte écologique. Il souligna que la biodiversité se
trouvait concentrée dans les pays en développement, foyer de
la majorité de la population mondiale. Il précisa que les
connaissances traditionnelles sont cruciales.
Le KOWEIT déclara que la législation existait bien, mais
que peu de mesures étaient prises lorsque les règles sont
bafouées. Le NIGERIA encouragea la prise en considération
d'une annulation de la dette pour les pays africains.
L'ETHIOPIE avança le terme "évolution verte" car
il s'agit plutôt de retourner aux racines de certaines
pratiques agricoles. La TANZANIE nota que la révolution verte
enregistrait des succès en Asie, mais pas en Afrique. La
NOUVELLE ZELANDE déclara que le public n'est pas toujours
assez formé du point de vue scientifique, soulevant la
question de confiance concernant les OGM. CUBA reconnut le
rôle de la science dans le développement. L'EGYPTE présenta
des réflexions sur l'incertitude scientifique dans les
domaines de l'évolution climatique et de disponibilité de
l'eau.
Le DANEMARK appela à une mondialisation des politiques,
notant que les riches du Nord se sont accrus mais que la
générosité a diminué. L'ARABIE SAOUDITE requit la mise en
application du Traité de Kyoto. La TUNISIE souligna la
nécessité d'un transfert des technologies à portée de
bourse. La COLOMBIE déclara que la résolution des problèmes
nécessitait une coopération interministérielle. La NORVEGE
mit en relief la nécessité de découpler la croissance
économique et la dégradation environnementale et d'établir
des interconnexions entre les différents processus
environnementaux.
Le délégué des PAYS-BAS attira l'attention sur à la
fois la pauvreté et la richesse induites par la dégradation
environnementale. CHYPRE déclara que l'élévation du niveau
du bien-être des populations doit être une priorité. Le
délégué des ETATS-UNIS affirma que la science et la
technologie faisait partie intégrante de la solution. L'INDE
souhaita voir la lutte contre la pauvreté occuper une place
centrale. Le ROYAUME-UNI appela à l'élaboration d'une
stratégie mondiale de développement durable. MALTE mit
l'accent sur la nécessité d'adopter des méthodes
préventives plutôt que réactives.
La SUEDE appela à de nouvelles institutions chargées de
traiter des crises environnementales, à un financement plus
important en faveur du PNUE et à de nouveaux accords Nord-Sud.
La SYRIE mit en exergue l'eau et la dette comme étant les
défis majeurs. Le BANGLADESH nota un déficit dans les
ressources consacrées au développement durable. Le PORTUGAL
souligna la nécessité de déterminer les priorités et
d'accroître l'efficacité à Rio +10. L'ALLEMAGNE nota que
l'an 2002 doit marquer le démarrage d'un processus axé sur
l'action. La SUISSE souligna l'importance de l'intégration
d'objectifs environnementaux dans tous les secteurs. L'IRAN
affirma que l'écart grandissant entre les riches et les
pauvres témoignait d'une mauvaise gestion à divers niveaux.
Le BHUTAN attira l'attention sur la baisse des niveaux de
l'aide au développement.
LE SECTEUR PRIVE ET L'ENVIRONNEMENT: Klaus Töpfer
introduisit le modérateur de la séance Lin See Yan, ancien
Gouverneur Adjoint de la Banque Negara. Jürgen Dormann,
Aventis, se focalisa sur la nouvelle économie, basée
principalement sur les communications et la science et capable
de croître sans augmentation du niveau de consommation
physique. L'orateur nota qu'avec le rôle central de
biotechnologie dans la nouvelle économie, les questions
éthiques et sociales seront d'importants aspects du
développement durable. Masashi Kaneko, de Nikko Securities,
donna un aperçu sur l'introduction probante des financements
verts au Japon. Il expliqua que les entreprises y sont
classées en fonction d'un certain nombre de critères
environnementaux et que l'investissement y a dépassé toutes
les attentes, en particulier celui apporté par les femmes
jeunes. Gunnar Brock, de TetraPak International, affirma que
la mondialisation était en train d'éroder l'autorité
étatique et qu'elle nécessitait une harmonisation des
législations par delà les frontières.
L'INDE déclara que les technologies propres pouvaient
être transférées à travers les subventions. L'INDONESIE
appela à un partage des avantages entre le secteur privé et
la société civile. La ZAMBIE nota que dans les pays en
développement, le secteur privé manquait de capitaux et
appela à des partenariats entre les secteurs privés des pays
industrialisés et des pays en développement. La NAMIBIE
souleva la question de l'unité mondiale, de la propriété de
la production et du pouvoir. Le JAPON parla de sa focalisation
sur l'éco-business dans les années 90, utilisé comme moyen
de stimuler le redressement économique. Le MAROC plaida pour
la conversion de la dette du tiers monde en projets
environnementaux. La CHINE déclara que le PNUE devait être
renforcé de manière à pouvoir aider le secteur privé dans
les pays en développement. Le PORTUGAL déclara que le
secteur privé est souvent plus vigoureux que les états
individuels, ce qui justifie l'impératif d'appliquer les
accords internationaux.
Le ROYAUME-UNI suggéra la considération de l'opportunité
d'établir une cour environnementale internationale. Le KOWEIT
décrivit sa politique requérant du secteur privé de
consacrer 5% de ses profits au travail de développement
durable. La FINLANDE plaida pour l'amélioration de
l'éco-efficacité et de l'intégration des coûts
environnementaux de la production. MADAGASCAR affirma que la
pauvreté est à la fois la cause et l'effet de la
dégradation environnementale. La SUISSE attira l'attention
sur l'importance des petites entreprises. L'ETHIOPIE mit en
garde contre la concentration des connaissances entre des
mains privées. La SUEDE nota que le marché est un bon
serviteur, mais un mauvais maître, et que les entreprises ne
doivent pas dominer la politique.
LA SOCIETE CIVILE – LA RESPONSIBILITE ET LE ROLE A
L'EGARD DE L'ENVIRONNEMENT DANS UN MONDE GLOBALISE: Klaus
Töpfer introduisit le modérateur Robert Lamb, de Television
Trust for the Environment. Charles Alexander, du Time
Magazine, décrivit la fusion qui s'est opérée aux
Etats-Unis entre le journalisme et le spectacle et nota que
les questions environnementales n'y sont considérées ni
comme nouvelles ni comme intéressantes par les médias ou le
grand public. Il indiqua que le pouvoir de la publicité à
améliorer la prise de conscience environnementale avait
encore besoin d'être sollicité et que le gouvernement des
Etats-Unis se devait de s'ouvrir aux organisations de la
société civile, cela pouvant être facilité à travers une
campagne de réforme financière. Yolanda Kakabadse, de l'UICN,
éclaira les nombreuses facettes de la nature de la société
civile. L'oratrice donna un aperçu sur la manière dont les
ONG étaient en train de réagir à la mondialisation et sur
les changements qui ont eu lieu entre 1972 et 1992. Elle nota
également que la société civile n'était pas en train de
travailler pour le contrôle des gouvernements mais plutôt
pour que la gouvernance profite à tous. Martin Khor, du
Réseau Tiers Monde, déclara que la société civile avait
récemment exercé son influence dans deux domaines: soulever
les préoccupations concernant les OGM et susciter l'intérêt
à l'égard des effets de la mondialisation. Il souligna
l'importance de la pleine intégration du principe des "responsabilités
communes mais différenciées" dans les politiques du FMI
et de l'OMC.
La NOUVELLE ZELANDE déplora que les voix des petites
entreprises, des populations autochtones et des citoyens ne
soient pas entendues, et plaça l'accent sur le rôle des
gouvernements dans l'inversion de cette tendance. La POLOGNE
appuya l'idée d'étendre la Convention d'Århus de 1998,
consacrée à l'accès à l'information à l'échelle
internationale sous les auspices des Nations Unies. SINGAPOUR
réitéra la nécessité d'édifier des partenariats plus
solides avec la société civile au sein des Nations Unies. Le
CANADA mit en exergue la nécessité de prévoir des
incitations positives pour transformer les comportements. CUBA
déclara que des politiques visant à établir des liens entre
la société civile et les gouvernements doivent être mises
en place. La FINLANDE nota que la société civile constituait
le générateur des idées créatrices et qu'un espace doit
être prévu pour que ces innovations puissent fleurir. Le
KENYA, appuyé par la ZAMBIE, souligna que les ONG ne
disposaient pas toujours d'un mandat clair pour la gestion
environnementale et qu'elles ne devaient pas être soutenues
au détriment des gouvernements, par les donateurs. Le NIGER
souligna que contrairement aux gouvernements, les ONG ne sont
pas redevables de comptes.
La CHINE déclara que les ONG internationales doivent
respecter la spécificité culturelle des différentes
régions. Le PAKISTAN nota qu'après les manifestations de
Seattle, les ONG ont gagné une certaine légitimité auprès
de bon nombre de gouvernements. La GAMBIE déclara que
l'Afrique était en train de se transformer en terrain de
dumping pour les technologies périmées telles que les
voitures et les climatiseurs polluants et que les entreprises
ne se sont pas payé le luxe d'intégrer la gestion
environnementale.
LA GRANDE COMMISSION
La GC, composée des officiels de haut rang et des
Représentants Permanents s'est réunie à trois reprises pour
l'examen du "Rapport du Directeur Exécutif concernant
les Activités du PNUE; " des "Contributions
Apportées par le PNUE dans l'Application du Plan d'Action 21
et dans le Programme de la Poursuite de la Mise en Œuvre du
Plan d'Action 21;" et de "l'Ordre du Jour Provisoire
du Second Forum Ministériel Mondial sur l'Environnement / 21ème
Session du Conseil d'Administration du PNUE." Les projets
de décisions concernant ces trois point de l'ordre du jour
devaient être transmis à la Plénière finale, pour
adoption.
RAPPORT DU DIRECTEUR EXECUTIF SUR LES ACTIVITES DU PNUE:
Shafqat Kakakhel, Directeur Exécutif Adjoint du PNUE,
introduisit le "Rapport du Directeur Exécutif sur les
activités du PNUE" (UNEP/GCSS.VI/6). L'orateur mit en
relief les domaines prioritaires retenus par le PNUE: (a)
l'information, l'évaluation et la recherche environnementales;
(b) l'amélioration de la coordination entre les conventions
environnementales; (c) l'eau douce; (d) le transfert des
technologies et l'industrie; et (e) le soutien en faveur de
l'Afrique. Il nota la ré-impulsion de la Conférence
Ministérielle Africaine sur l'Environnement (CMAEN) et la
Déclaration d'Abuja qui en a émané en 1999 comme autant
d'étapes importantes franchies. Il réitéra le suivi probant
de l'évolution environnementale par le PNUE à travers le
"Global Environmental Outlook report (GEO 2000)".
L'INDE, avec plusieurs autres Etats, félicita le PNUE pour
ses excellents rapports. Le délégué indiqua par ailleurs
que son pays n'apportait pas son appui aux processus
multilatéraux intéressant les rivières et affirma que les
problèmes environnementaux ne devaient pas servir de
barrières commerciales. L'OUGANDA, appuyé par le NIGERIA et
la ZAMBIE, encouragea la mise en œuvre de la Déclaration
d'Abuja. Le PORTUGAL, au nom de l'UE, apporta son appui au
rôle du PNUE dans la coordination des activités intéressant
Rio +10. Le représentant, soutenu par ses collègues de la
NOUVELLE ZELANDE, du CANADA et des ETATS-UNIS, proposa que le
PNUE produise un document décrivant les liens entre les
décisions du CA, les activités du PNUE et le budget du PNUE.
L'ARABIE SAOUDITE reconnut le rôle du PNUE dans le suivi de
la mise en application de la convention. Le CANADA appuya le
renforcement des liens gouvernementaux avec le PNUE. La CHINE
suggéra d'aider les gouvernements à mettre en place des
politiques appropriées dans le domaine de l'eau et argua en
faveur de l'implication du bureau régional dans les
préparatifs de GEO 2002. Le délégué des ETATS-UNIS proposa
l'élaboration d'un rapport sur la coordination entre les
conventions, pour présentation à Rio +10. La ZAMBIE
encouragea le PNUE à poursuivre ses travaux sur les synergies
des conventions à tous les niveaux. La TUNISIE mit en relief
le rôle du PNUE dans la mise en application des conventions
des Nations Unies, en particulier, celles de la lutte contre
la désertification et les changements climatiques. Le RWANDA
déclara que les efforts de conscientisation se devaient de
mettre en relief la dégradation des sols en Afrique. Le
MALAWI souligna que la pauvreté croissante entravait la mise
en application des conventions en Afrique.
Le Président Leandro Arellano (Mexique) ouvrit le débat
et appela les participant à présenter leurs commentaires sur
l'additif attaché au rapport du Directeur Exécutif: "Politique
et Stratégie du PNUE dans le domaine de l'eau" (UNEP/GCSS.VI/6/Add.1/
Rev.1). L'INDE déclara qu'elle ne soutenait pas la mise en
place de processus internationaux dans le domaine des
rivières. La CHINE suggéra le besoin d'aider les
gouvernement à élaborer des politiques appropriées pour les
rivières. CHYPRE souligna l'importance d'accorder une
attention à l'aspect demande de la gestion de l'eau. La
TURQUIE fit part de ses réserve concernant le fait que le
rapport mentionne une implication du PNUE dans les questions
de l'eau. Le PORTUGAL, au nom de l'UE, mit en relief le besoin
pour le PNUE de travailler sur une approche intersectorielle
dans le domaine de la gestion de l'eau et suggéra au PNUE
d'établir un lien entre sa stratégie dans le domaine de
l'eau à la Vision Mondiale en Matière d'Eau présentée au
Forum Mondial sur l'Eau qui s'est déroulé au mois de mars
2000. L'ARGENTINE découragea fortement l'insertion de toute
référence aux eaux "transfrontalières." La
TURQUIE encouragea l'utilisation de ce terme. La SYRIE
préféra se référer plutôt aux eaux "communes"
qu'aux eaux "transfrontalières."
La NORVEGE souligna l'importance d'établir des connexions
entre les conventions existantes. La JORDANIE appela à des
mécanismes de financement pour aider les pays en
développement à s'acquitter de la mise en œuvre de leurs
obligations. L'AUSTRALIE, soutenue par les ETATS-UNIS et le
CANADA, suggéra l'établissement d'un groupe de travail
chargé de dégager les bonnes pratiques dans le domaine de la
gestion de l'eau. Le CANADA et la CHINE appuyèrent la
revitalisation de l'engagement du PNUE en faveur des Systèmes
Mondiaux de Suivi Environnemental (SMSE/EAU). L'UNESCO offrit
d'aider à l'évaluation du document des politiques
appliquées en matière d'eau par le PNUE, au fur et à mesure
de son évolution. L'ALGERIE réitéra les liens entre les
questions ayant trait à l'eau et les questions touchant à la
désertification, en Afrique. Le PNUE mit l'accent sur sa
focalisation revitalisée sur la Convention sur les Mers
Régionales.
La Décision: Le projet de décision de la GC concernant le
"rapport du Directeur Exécutif sur les activités du
Programme des Nations Unies pour l'Environnement":
requiert du Directeur Exécutif du PNUE de prendre en
considération les commentaires présentés à propos de
l'élaboration des politiques et de la stratégie à adopter
dans le domaine de l'eau et des mesures nécessaires à leur
mise en application, et de présenter un rapport sur les
progrès accomplis à la prochaine session du CA;
accueille favorablement le document concernant les
questions budgétaires et financières; et,
requiert que les prochains rapports d'activités devant
être soumis au CA et au CRP présentent une corrélation
claire entre les décisions pertinentes du CA et autres
organes législatifs, les activités du PNUE et les
ressources mises de côté, les dépenses budgétaires
réelles et l'évaluation qualitative des résultats
accomplis.
CONTRIBUTIONS DU PNUE A LA MISE EN APPLICATION DU PLAN
D'ACTION 21: Shafqat Kakakhel introduisit le rapport
concernant "les contributions apportées par le PNUE dans
la mise en œuvre de l'Agenda 21 et du Programme de la
Poursuite de la Mise en Œuvre du Plan d'Action 21"
(UNEP/GCSS.VI/7). JoAnne DiSano (Directrice de la Division des
Nations Unies du Développement Durable) souligna le rôle
clé du PNUE dans Rio+10 et rappela l'appel de la CDD-8 pour
une collaboration cohérente. L'Indonésie, Cuba et l'Inde
soulignèrent que Rio+10 ne doit pas être considéré comme
une occasion pour renégocier le Plan d'Action 21. L'Ouganda
requit un financement additionnel destiné au renforcement des
capacités nécessaires aux préparatifs de Rio+10. la
Nouvelle Zélande déclara que Rio+10 doit être conduit sur
la base des besoins locaux et doit être appuyé par le PNUE.
Le Japon proposa de tenir Rio+10 en Asie.
L'Inde, le Venezuela, la Thaïlande, le Nigeria, la Chine
et la Tunisie présentèrent des commentaires sur les
engagements non tenus dans le domaine de la lutte contre la
pauvreté, soulignèrent les contraintes financières
entravant la mise en application du Plan d'Action 21 et
plaidèrent pour le transfert des technologies rationnelles.
L'Afrique du Sud, soutenue par l'Argentine, suggéra la
conduite d'une étude critique sur le manque d'accomplissement
dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. Le délégué
des Etats-Unis recommanda d'examiner également les
réalisations passées et encouragea l'adoption d'une approche
optimiste et ouverte sur l'avenir dans l'évaluation proposée
pour Rio+10. Le Canada, appuyé par un certain nombre de
délégations, plaida en faveur d'un rôle pour le PNUE dans
le processus d'évaluation de Rio+10. Cuba, la Barbade et le
Venezuela soulignèrent la nécessité d'une représentation
des points de vue des pays non adhérents au CRP.
La Décision: Le projet de décision concernant les
"contributions du PNUE dans la mise en application du
Plan d'Action 21 et dans le Programme de la Poursuite de la
Mise en Œuvre du Plan d'Action21":
requiert que le CRP procède à l'évaluation des
activités du PNUE contribuant à la mise en application du
Plan d'Action 21 et au programme de la poursuite de la mise
en œuvre du Plan d'Action 21;
appelle le Directeur Exécutif à élaborer un rapport
pour considération par le CRP, à distribuer à tous les
gouvernements pour information et commentaires, et à
s'assurer de la contribution active du PNUE dans le
processus préparatoire de Rio+10;
requiert que ce rapport soit soumis, à travers le
Secrétaire Général, à la 55ème Session de
l'AGNU; et,
requiert qu'un rapport sur ce sujet soit soumis au CA, à
sa 21ème session.
L’ORDRE DU JOUR PROVISOIRE DU SECOND FORUM MINISTERIEL
MONDIAL SUR L'ENVIRONNEMENT / 21ème SESSION DU
CA DU PNUE: Les délégués s'accordèrent sur l'adjonction
d'un point à l'ordre du jour consacré au prochain rapport du
CA concernant les conclusions du présent forum.
La Décision: Le projet de décision concernant "l'ordre
du jour provisoire du Second Forum Ministériel Mondial sur
l'Environnement/21ème Session du Conseil
d'Administration du PNUE" englobe un article intitulé
"Conclusions du Premier Forum Ministériel Mondial sur
l'Environnement" dans l'ordre du jour provisoire du 21ème
CA, et requiert que le Bureau du CA, en consultation avec le
CRP, et avec le soutien du Directeur Exécutif, décide des
aspects organisationnels et des thèmes du Second Forum
Ministériel Mondial sur l'Environnement / 21ème
Session du CA.
CONCLUSION DE LA GC: Moyennant quelques amendements
mineurs, la GC conclut ses travaux par l'adoption de son
projet de rapport (UNEP/GCSS.VI/L.2). Ce dernier renferme les
décisions préliminaires devant être transmises à la
Plénière du mercredi, concernant: les activités du PNUE; la
contribution devant être apportée par le PNUE dans la mise
en œuvre du Plan d'Action 21; et l'Ordre du Jour provisoire
du Second Forum Ministériel Mondial sur l'Environnement/21ème
Session du CA du PNUE.
LE GROUPE DE TRAVAIL SUR LA DECLARATION DE MALMÖ
Le Groupe de Travail sur la Déclaration de Malmö a tenu
cinq séances de travail consacrées à des débats sur le
Préambule et les chapitres portant sur les défis
environnementaux du 21ème siècle, le secteur
privé et la société civile, sur la base du projet de texte
de Déclaration (UNEP/GCSS.VI/CRP.1), présenté par le
Président Kjell Larsson.
Concernant le Préambule, l'Inde, appuyée par la Chine, le
Nigeria et le Kenya, appela à un libellé plus fort sur la
pauvreté. L'Inde, la Chine, l'Algérie et le Brésil,
souhaitèrent l'insertion d'une référence aux principes des
responsabilités communes mais différenciées dans le
libellé consacré à la solidarité internationale et au
renouvellement des efforts dans ce domaine. Les Etats-Unis
s'opposèrent à une telle référence. La Chine souligna les
inégalités créées par le processus de la mondialisation.
Les Pays-Bas, appuyés par les Etats-Unis, s'opposèrent à la
réitération des formulations précédentes des Nations Unies,
et appuyèrent l'examen des thèmes de la pauvreté, des
menaces posées, des valeurs spirituelles et des jeunes. Les
Etats-Unis et d'autres délégations réitérèrent que la
Déclaration doit refléter les discussions ministérielles.
L'Ouganda déclara que le Préambule doit tracer le cours des
actions futures et, avec le Nigeria, mit l'accent sur le
problème du futur de la dette. La Barbade, appuyée par
d'autres délégations, requit l'insertion d'une référence
à la Déclaration de la Barbade sur les Petits Etats
Insulaires en Développement (PEID). Les Etats-Unis, soutenus
par l'Australie, s'opposèrent à toute référence aux pays
industrialisés dans le libellé consacré aux modes non
durables de consommation et de production.
Au sujet de l'aperçu général et des thèmes émergeants,
l'UE apporta son appui au libellé appelant à la mise en
place de stratégies nationales de développement durable,
d'ici 2002. La Nouvelle Zélande s'opposa à la fixation de
dates butoirs, précises; Concernant l'appel en faveur de
l'utilisation des lois environnementales internationales comme
base dans le traitement des menaces posées à l'environnement,
la Suisse plaida pour l'insertion d'une référence à la
notion de responsabilité; l'UE souhaita une référence aux
principes de précaution, et, les Etats-Unis et le Canada,
appuyèrent une référence aux législations domestiques. Au
sujet de l'évaluation, le Brésil, appuyé par Cuba, l'UE et
d'autres délégations, appela à l'insertion d'une
référence aux modes non durables de production et de
consommation. L'UE, contrée par l'Algérie, le Canada, les
Etats-Unis et la Nouvelle Zélande, appela à une référence
aux taxes écologiques. La Pologne appuyait l'insertion d'une
référence aux stratégies préventives.
S'agissant du secteur privé, le Brésil requit un libellé
appelant à l'amélioration des capacités institutionnelles
et de régulation des gouvernements pour leur permettre
d'interagir avec le secteur privé. Concernant l'instauration
d'une nouvelle éthique dans le monde de l'entreprise, les
Etats-Unis et la Suisse soulignèrent que certains acteurs du
monde de l'entreprise sont déjà en conformité avec les
codes environnementaux.
Au sujet de la référence à l'Accord Mondial passé avec
le secteur privé, l'Inde, Cuba et le Brésil firent part de
leurs réserves quant aux liens établis entre l'environnement,
les droits de l'homme et les normes en matière d'emploi. Le
Canada mit en exergue le caractère volontaire de l'Accord.
L'Algérie, l'Ouganda, l'Inde et d'autres délégations
exprimèrent des réserves concernant le libellé appelant à
l'établissement de normes environnementales et à un
comportement responsable pour l'investissement étranger, en
particulier dans les pays en développement. Le groupe
débattit également du libellé portant sur la société
civile et Rio+10.
La Déclaration approuvée comprend les éléments suivants:
Préambule: La Déclaration rappelle les Conférences
de Stockholm et de Rio, la Déclaration de la Barbade sur le
Développement Durable des PEID, et la Déclaration de Nairobi
concernant le rôle et le mandat du PNUE. Elle note qu'en
dépit des nombreux efforts probants en cours, les ressources
naturelles de base continuent à se détériorer à un rythme
alarmant. Elle réaffirme l'importance d'une mise en œuvre
rapide des engagements pris et souligne l'urgence du
renouvellement des efforts dans un esprit de solidarité
internationale, reconnaissant le principe de responsabilités
communes, mais différenciées. Elle met en relief la
pauvreté rampante, les modes non durables de production et de
consommation, la distribution inéquitable des richesses et la
dette comme autant de causes profondes de la dégradation
environnementale. La Déclaration souligne l'importance de
l'éducation et de la conscientisation des populations, du
respect des valeurs éthiques et spirituelles et de la
diversité culturelle, et de la protection des connaissances
autochtones. Elle suggère au Président du CA de présenter
la Déclaration à l'Assemblée du Millénaire.
Les Principaux Défis Environnementaux Posés au 21ème
Siècle: La Déclaration met en exergue:
la nécessité urgente de revigorer la coopération
internationale, les partenariats et la solidarité pour
l'arrêt et l'inversion des tendances de la dégradation
environnementale;
l'écart alarmant enregistré entre les engagements et
l'action, l'adoption de stratégies nationales de
développement durable et l'accroissement du soutien en
faveur des pays en développement;
les lois internationales et nationales en tant que base
de l'action face aux menaces posées à l'environnement et
l'importance cruciale de la conformité aux obligations en
matière d'environnement, de la mise en application et de la
responsabilité, et de la promotion de l'approche de
précaution;
la nécessité pour GEO2000 d'accorder une attention
particulière aux modes non durables de consommation et de
production des franges riches de tous pays, et en
particulier des pays industrialisés;
les menaces environnementales posées entre autres par
l'urbanisation, les changements climatiques, les crises
autour le l'eau, les sécheresses et la désertification,
l'accroissement des catastrophes environnementales, les
produits chimiques et les sources terrestres de la
pollution; et,
le rôle des innovations technologiques et de
l'émergence des nouvelles technologies efficientes dans
l'évitement des pratiques écologiquement destructrices
employées dans le passé.
La Déclaration met également en relief la nécessité
d'intégrer les considérations environnementales dans les
prises de décisions, des actions de prévention, d'éducation
et de conscientisation, la bonne gouvernance environnementale
au niveau national et des règles du droit international, et
le rattachement du pouvoir des technologies de l'information.
Elle énonce que les politiques et les pratiques
macroéconomiques des gouvernements et des institutions
multilatérales d'emprunts et de crédits doivent tenir compte
de la perspective environnementale. Elle stipule par ailleurs
que les tendances de la mondialisation requièrent des
institutions internationales l'adoption de nouvelles approches
et encouragent l'adoption d'une approche équilibrée et
intégrée dans les politiques en matière de commerce et
d'environnement, conformément aux décisions de la CDD-8. La
Déclaration souligne les rôles et responsabilités des
gouvernements, du secteur privé et de la société civile,
notant au passage que les gouvernements sont les principaux
agents de ce processus.
Le Secteur Privé et l'Environnement: La Déclaration:
reconnaît que le secteur privé a émergé en tant
qu'acteur mondial capable d'exercer un impact significatif
sur les tendances environnementales à travers ses
décisions en matière d'investissement et de technologies;
stipule que les gouvernements ont un rôle crucial à
jouer dans l'instauration d'un environnement favorable;
appelle à l'amélioration des capacités
institutionnelles et de régulation des gouvernements, en
vue de leur interaction avec le secteur privé;
appelle le secteur privé à prendre un engagement plus
important en faveur de l'engagement d'une nouvelle culture
basée sur la responsabilité environnementale, à travers
le principe pollueurs-payeurs, l'approche de précaution
dans les décisions en matière d'investissement et de
technologie, l'application d'indicateurs de performances
environnementales et la soumission de rapports; et,
met en relief la nécessité d'une économie basée sur
les cycles de vie et davantage d'efforts pour la
facilitation du transfert des technologies écologiquement
rationnelles.
La Déclaration stipule également que les potentialités
de la nouvelle économie à contribuer au développement
durable doivent être suivies et doivent:
être axées sur les domaines des technologies de
l'information, de la biologie et de la biotechnologie;
prendre en considération les implications éthiques et
sociales;
reconnaître l'intérêt public dans les connaissances
ayant trait à la biodiversité, y compris celui des
communautés autochtones et locales; et,
promouvoir dans le monde de l'entreprise une éthique
guidée par l'intérêt public.
La Déclaration énonce en outre que l'Accord Mondial
constituait un excellent véhicule pour un engagement
constructif avec le secteur privé et que le PNUE doit
contribuer à améliorer sa collaboration avec le secteur
privé, et l'examen des liens entre l'investissement
extérieur direct et l'environnement.
La Société Civile et l'Environnement: La
Déclaration:
réitère le rôle critique accru joué par la société
civile dans le traitement des questions environnementales;
souligne la nécessité pour les gouvernements, les
organisations internationales et le PNUE d'engager davantage
les groupes de la société civile dans leurs actions
environnementales; et,
reconnaît que la société civile constitue un agent
puissant pour la promotion des valeurs et des objectifs
écologiques partagés et qu'elle joue un rôle important
dans l'attraction de l'attention des décideurs sur les
problèmes environnementaux émergeants, l'amélioration de
la conscientisation du public, la promotion d'idées
innovantes et la promotion de la transparence et des
pratiques corrompues dans les prises de décisions en
matière d'environnement.
La Déclaration stipule également que le rôle de la
société civile doit être renforcé à travers le
libre-accès à l'information environnementale,
l'élargissement de la participation dans les prises de
décisions et l'ouverture de la justice aux questions
environnementales, et que les gouvernements doivent faciliter
l'habilité de la société civile à faire entendre sa voix.
La Déclaration met en exergue:
la nécessité de l'information de la recherche, d'un
engagement total de la communauté scientifique et d'une
coopération accrue des scientifiques;
les menaces posées à la diversité culturelle et aux
savoirs traditionnels, en résultat de la mondialisation, et
accueille favorablement la proclamation de l'An 2001, par
l'AGNU, Année Internationale de Dialogue Entre les
Civilisations;
la nécessité de l'insertion de la perspective féminine
dans les processus décisionnels; et,
l'impératif d'avoir des médias objectifs et
indépendants.
L'Evaluation de la CNUED en 2002: La Déclaration
stipule que l'évaluation de 2002 doit: s'effectuer au niveau
du sommet, ne pas renégocier le Plan d'Action 21 et injecter
un nouvel esprit basé sur l'urgence et la coopération. Elle
stipule encore que les gouvernements doivent procéder sans
délai à la ratification de toutes les conventions
environnementales, met en relief le rôle des gouvernements et
du PNUE dans les préparatifs de l'évaluation de 2002 et
appelle à une accélération de ces préparatifs. La
Déclaration énonce que la Conférence de 2002 doit traiter
des problèmes de la pauvreté, de la communication excessive
et de l'utilisation inefficace des ressources qui perpétuent
le cercle vicieux de la dégradation environnementale et de la
paupérisation accrue. La Déclaration énonce que la
Conférence doit également étudier les exigences du
renforcement de la structure institutionnelle de la
gouvernance environnementale internationale et que le rôle du
PNUE doit être renforcé et son assiette financière élargie
et rendue plus prévisible.
Conclusion: En conclusion, la Déclaration souligne les
développements sans précédent intervenus dans les
technologies de production et d'information, l'émergence
d'une génération plus jeune dotée d'un sens clair
d'optimisme, de solidarité et de valeurs, et l'amélioration
du rôle actif des femmes dans la société. Elle affirme que
nous sommes en mesure: de réduire de moitié la pauvreté,
d'ici 2015, sans porter préjudice à l'environnement; de nous
doter de moyens d'alerte précoce, à travers la sécurité
environnementale et d'intégrer les politiques économiques et
la coordination environnementale.
LA PLENIERE DE CLOTURE
Le mercredi 31 mai, les ministres et les délégués se
sont réunis pour la Plénière de Clôture. Bernard K'Omudho
(Kenya) introduisit le rapport provisoire de la GC
(UNEP/GCSS.VI/L.2). Les délégués adoptèrent sans
amendement les décisions concernant: le "Rapport du
Directeur Exécutif concernant les activités du Programme des
Nations Unies pour l'Environnement"; la
"contribution du PNUE dans l'application du Plan d'Action
21 et dans le Programme de Poursuite de la Mise en Œuvre du
Plan d'Action 21; " et, "l'ordre du jour provisoire
du Forum Ministériel Mondial sur l'Environnement/ 21ème
Session du Conseil d'Administration du PNUE".
Le Président Larsson introduit ensuite le projet de la
Déclaration Ministérielle de Malmö (UNEP/GCSS.VI/L.3)
notant que le groupe de travail a tenu cinq séances de
travail et a achevé ses travaux mercredi à 4h du matin. Il
indiqua que le travail du groupe était lié aux discussions
ministérielles de manière à intégrer leurs conclusions. Il
souligna l'importance politique extraordinaire de la
Déclaration et sa complexité et le fait qu'elle soit basée
sur l'ensemble des thèmes touchant à l'Assemblée du
Millénaire et à Rio+10. Il affirma que la Déclaration
constituait un pas en avant important dans le traitement des
problèmes cruciaux auxquels nous sommes confrontés et que la
réussite de nos efforts ne peut être jugée que sur les
mérites des actions entreprises, aux niveaux local, national,
régional et mondial. Madagascar demanda l'insertion de
l'offre de l'Afrique du Sud d'accueillir Rio+10. Le Président
Larsson nota que l'Assemblée Générale approfondira l'examen
de cette question. La Plénière devait ensuite adopter la
Déclaration Ministérielle de Malmö.
Le Rapporteur Hossein Moeni Maybodi présenta ensuite le
rapport provisoire du Forum, tel que figurant dans UNEP/
GCSS.VI/L.1 et UNEP/GCSS.VI/L.1/Add.1. La Colombie déclara
que la liste distribuée par le Ministre Colombien de
l'Environnement et appelant à l'inclusion de la participation
de la société civile dans le processus de Rio+10, doit être
mentionnée dans le rapport final. Le délégué des
Etats-Unis suggéra d'inclure dans le paragraphe 9 qui porte
sur le rôle des ONG dans la promotion des accords
environnementaux et dans la conscientisation du public, une
référence à la "promotion de la transparence et des
pratiques non corrompues. Dans le paragraphe 11 consacré à
la société civile, le Pakistan souligna la nécessité de se
baser sur les capacités de la société civile dans les
activités telles que celles de l'évaluation de l'impact
environnemental. Le Bénin commenta que le secteur privé ne
doit pas être autorisé à délocaliser les problèmes
environnementaux tels que celui de la pollution d'un endroit
à l'autre. L'Angola déclara que le rôle des femmes a été
négligé et insista sur leur implication dans les politiques
et les stratégies visant à l'amélioration de
l'environnement dans les pays industrialisés et dans les pays
en développement. L'oratrice présenta également des
commentaires sur l'importance du soutien en faveur des jeunes
dans les prises de décisions. Après ces amendements, les
délégués adoptèrent le rapport de la réunion.
Birgitta Dahl, Membre du Parlement Suédois, s'adressa à
la plénière et rappela aux délégués que le PNUE est le
produit de la Conférence des Nations Unies sur
l'Environnement Humain, tenu à Stockholm en 1972. Elle
souligna que bien qu'il soit important d'avoir le secteur
privé et la société civile impliqués dans les tentatives
de la réalisation du développement durable, les
représentants élus par les populations dans les assemblées
locales, régionales et nationales ont également des
potentialités énormes. Alors que les ONG sont capables de
créer des mouvements d'opinions, les représentants élus
sont en mesure de dégager des solutions politiquement
raisonnables. Elle mit en garde contre le risque de voir les
citoyens percevoir les décisions prises à l'échelle
internationale comme étant trop éloignées des
préoccupations de l'homme de la rue. Les décisions
politiques doivent par conséquent être prises au niveau
approprié pour s'assurer que les populations s'y
reconnaissent. Elle fit remarquer qu'on ne doit pas attendre
de Rio+10 d'être un échec de plus, une opportunité ratée
d'évaluer les engagements de la CNUED. En vue de la
réalisation de la durabilité, elle encouragea une
concentration sur les questions stratégiques de l'eau, de
l'énergie, du transport et de la gestion des déchets pour
mieux répondre aux besoins des pauvres et aux exigences
environnementales.
Le Ministre Nigérian de l'Environnement, Hassan Adanu,
intervenant au nom des Ministres Africains de l'Environnement,
présents à la réunion, félicita les Ministres pour la
production de la Déclaration Ministérielle de Malmö,
affirmant qu'elle envoyait les messages qu'il fallait aux
Chefs d'Etats qui prendront part, en septembre au Sommet du
Millénaire. Il rappela également aux délégués que la
région Africaine est la région la plus pauvre et la plus
touchée par la dégradation environnementale qui nécessite
un allègement de la pauvreté durable. Il indiqua que les
gouvernements Africains ont signé bon nombre de
déclarations, mais qu'ils restent incapables de les mettre en
application, en raison du manque de ressources;
Le Brésil, au nom de la Région Amérique Latine et
Caraïbes, remercia à son tour les ministres et les
délégués pour avoir aidé à réaliser une réunion juste,
efficace et satisfaisante. Il souhaita voir les résultats
contribuer de manière significative à la concrétisation des
actions nécessaires au développement durable.
Klaus Töpfer déclara que la décision de l'AGNU d'offrir
aux ministres de l'environnement du monde entier un forum de
discussion, tel que le Forum Ministériel Mondial sur
l'Environnement, s'est avéré une bonne décision. Il indiqua
que ce Forum constitue un bon départ pour les préparatifs de
Rio+10. Le Ministre Suédois de l'Environnement Kjell Larsson
clôtura les travaux à 13h35.