Vol. 16 No. 09
Mercredi 31 mai 2000
Les ministres se sont réunis pour des consultations sur
"Le Secteur Privé et l'Environnement" et "La
Responsabilité de la Société Civile." La Grande
Commission (GC) a poursuivi ses discussions sur le rapport du
Directeur Exécutif du PNUE, la contribution apportée par le
PNUE dans la mise en œuvre du Plan d'Action 21 et l'ordre du
jour provisoire du prochain Forum. Le Groupe de Travail sur la
Déclaration de Malmö a tenu quatre séances d'une heure pour
poursuivre l'élaboration du texte de la Déclaration. Un
dîner de travail sur le thème de Rio +10 a également été
organisé sous les auspices du Directeur Exécutif du PNUE,
Klaus Töpfer.
LES CONSULTATIONS MINISTERIELLES
LE SECTEUR PRIVE ET L'ENVIRONNEMENT: Klaus Töpfer
introduisit le modérateur de la séance Lin See Yan, ancien
Gouverneur Adjoint de la Banque Negara. Jürgen Dormann,
Aventis, se focalisa sur la nouvelle économie, basée
principalement sur les communications et la science et capable
de croître sans augmentation du niveau de consommation
physique. L'orateur nota qu'avec le rôle central dela
biotechnologie dans la nouvelle économie, les questions
éthiques et sociales seront d'importants aspects du
développement durable. Masashi Kaneko, de Nikko Securities,
donna un aperçu sur l'introduction probante des financements
verts au Japon. Il expliqua que les entreprises y sont
classées en fonction d'un certain nombre de critères
environnementaux et que l'investissement y a dépassé toutes
les attentes, en particulier celui apporté par les femmes
jeunes. Gunnar Brock, de TetraPak International, affirma que
la mondialisation était en train d'éroder l'autorité
étatique et qu'elle nécessitait une harmonisation des
législations par delà les frontières. Il nota l'importance
du principe pollueur payeur, et précia que les gouvernements
se devaient de promouvoir la participation dans le recyclage,
par exemple.
L'INDE déclara que les technologies propres pouvaient
être transférées à travers les subventions. L'INDONESIE
appela à un partage des avantages entre le secteur privé et
la société civile. La ZAMBIE nota que dans les pays en
développement, le secteur privé manquait de capitaux et
appela à des partenariats entre les secteurs privés des pays
industrialisés et des pays en développement. Le délégué
des ETATS-UNIS parla des innovations du secteur privé et de
l'adaptabilité des technologies. La BELGIQUE mit en exergue
les liens entre l'environnement, le commerce et la pauvreté.
La NAMIBIE souleva la question de l'unité mondiale, de la
propriété de la production et du pouvoir. Le JAPON parla de
sa focalisation sur l'éco-business dans les années 90,
utilisé comme moyen de stimuler le redressement économique.
Le MAROC plaida pour la conversion de la dette du tiers monde
en projets environnementaux. La CHINE déclara que le PNUE
devait être renforcer de manière à pouvoir aider le secteur
privé dans les pays en développement. La FRANCE suggéra que
les accords environnementaux multilatéraux doivent intégrer
des systèmes efficaces de résolution des différends. Le
PORTUGAL déclara que le secteur privé est souvent plus
vigoureux que les états individuels, ce qui justifie
l'impératif d'appliquer les accords internationaux. Le BENIN
décrivit les différents défis auxquels les entreprises des
pays en développement sont confrontées. Le ROYAUME-UNI
suggéra la considération de l'opportunité d'établir une
cour environnementale internationale. Le KOWEIT décrivit de
sa politique requérant du secteur privé de consacrer 5% de
ses profits au travail de développement durable. La FINLANDE
plaida pour l'amélioration de l'éco-efficacité et de
l'intégration des coûts environnementaux de la production.
MADAGASCAR affirma que la pauvreté est à la fois la cause et
l'effet de la dégradation environnementale. La SUISSE attira
l'attention sur l'importance des petites entreprises.
L'ETHIOPIE mit en garde contre la concentration des
connaissances entre des mains privés. La SUEDE nota que le
marché est un bon serviteur, mais un mauvais maître, et que
les entreprises ne doivent pas dominer la politique.
LA SOCIETE CIVILE – LA RESPONSIBILITE ET LE ROLE A
L'EGARD DE L'ENVIRONNEMENT DANS UN MONDE GLOBALISE: Klaus
Töpfer introduisit le modérateur Robert Lamb, de Television
Trust for the Environment. Charles Alexander, du Time
Magazine, décrivit la fusion qui s'est opérée aux
Etats-Unis entre le journalisme et le spectacle et nota que
les questions environnementales n'y sont considérées ni
comme nouvelles ni comme intéressantes par les médias ou le
grand public. Il indiqua que le pouvoir de la publicité à
améliorer la prise de conscience environnementale avait
encore besoin d'être sollicité et que le gouvernement des
Etats-Unis se devait de s'ouvrir aux organisations de la
société civile, cela pouvant être facilité à travers une
campagne de réforme financière. Yolanda Kakabadse, de l'UICN,
éclaira les nombreuses facettes de la nature de la société
civile. L'oratrice donna un aperçu sur la manière dont les
ONG étaient en train de réagir à la mondialisation et sur
les changements qui ont eu lieu entre 1972 et 1992. Elle nota
également que la société civile n'était pas en train de
travailler pour le contrôle des gouvernements mais plutôt
pour que la gouvernance profite à tous. Martin Khor, du
Réseau Tiers Monde, déclara que la société civile avait
récemment exercé son influence dans deux domaines: soulever
les préoccupations concernant les OGM et susciter l'intérêt
à l'égard des effets de la mondialisation. Il souligna
l'importance de la pleine intégration du principe des "responsabilités
communes mais différenciées" dans les politiques du FMI
et de l'OMC.
L'AUTRICHE mit en relief le pouvoir et l'influence des
consommateurs. La NOUVELLE ZELANDE déplora que les voix des
petites entreprises, des populations autochtones et des
citoyens ne soient pas entendues, et plaça l'accent sur le
rôle des gouvernements dans l'inversion de cette tendance. La
POLOGNE appuya l'idée d'étendre la Convention d'Århus de
1998, consacrée à l'accès à l'information à l'échelle
internationale sous les auspices des Nations Unies. SINGAPOUR
réitéra la nécessité d'édifier des partenariats plus
solides avec la société civile au sein des Nations Unies. Le
CANADA mit en exergue la nécessité de prévoir des
incitations positives pour transformer les comportements. CUBA
déclara que des politiques visant à établir des liens entre
la société civile et les gouvernements doivent être mises
en place. La FINLANDE nota que la société civile constituait
le générateur des idées créatrices et qu'un espace doit
être prévu pour que ces innovations puissent fleurir. Le
KENYA, appuyé par la ZAMBIE, souligna que les ONG ne
disposaient pas toujours d'un mandat clair pour la gestion
environnementale et qu'elles ne devaient pas être soutenues
au détriment des gouvernements, par les donateurs.
Le NIGER souligna que contrairement aux gouvernements, les
ONG ne sont pas redevables de comptes. La CHINE déclara que
les ONG internationales doivent respecter la spécificité
culturelle des
différentes régions. Le PAKISTAN nota qu'après les
manifestations de Seattle, les ONG ont gagné une certaine
légitimité auprès de bon nombre de gouvernements. La GAMBIE
déclara que l'Afrique était en train de se transformer en
terrain de dumping pour les technologies périmées telles que
les voitures et les climatiseurs polluants et que les
entreprises ne se sont pas payée le luxe d'intégrer la
gestion environnementale. L'ALGERIE nota que la société
civile n'est pas homogène.
LA GRANDE COMMISSION
LE RAPPORT DU DIRECTEUR EXECUTIF SUR LES ACTIVITES DU PNUE:
Le Président Leandro Arellano (Mexique) ouvrit le débat et
appela les participants à présenter leurs commentaires sur
les "Politique et Stratégie du PNUE dans le domaine de
l'eau" (UNEP/GCSS.VI/6/Add.1/Rev.1), document présenté
à la fin de la session du lundi. Outre les déclarations
données, lundi, sur les questions ayant trait à l'eau, le
Portugal, au nom de l'UE, mit en relief le besoin pour le PNUE
de travailler sur une approche intersectorielle dans le
domaine de la gestion de l'eau et suggéra au PNUE d'établir
un lien entre sa stratégie dans le domaine de l'eau à la
Vision Mondiale en Matière d'Eau présentée au Forum Mondial
sur l'Eau qui s'est déroulé au mois de mars 2000.
L'ARGENTINE découragea fortement l'insertion de toute
référence aux eaux "transfrontalières." La
TURQUIE encouragea l'utilisation de ce terme. La SYRIE
préféra se référer à eaux "communes" à "transfrontalières."
La NORVEGE souligna l'importance d'établir des connexions
entre les conventions existantes. La JORDANIE appela à des
mécanismes de financement pour aider les pays en
développement à s'acquitter de la mise en œuvre de leurs
obligations. La REPUBLIQUE DE COREE apporta son appui à la
déclaration de l'UE appelant à des synergies entre le PNUE
et d'autre foras. L'AUSTRALIE, soutenue par les ETATS-UNIS et
le CANADA, suggéra l'établissement d'un groupe de travail
chargé de dégager les bonnes pratiques dans le domaine de la
gestion de l'eau. Le CANADA et la CHINE appuyèrent la
revitalisation de l'engagement du PNUE en faveur des Systèmes
Mondiaux de Suivi Environnemental (SMSE/EAU). L'UNESCO offrit
d'aider à l'évaluation du document des politiques
appliquées en matière d'eau par le PNUE, en fur et à mesure
de son évolution. L'ALGERIE réitéra les liens entre les
questions ayant trait à l'eau et les questions touchant à la
désertification, en Afrique. Le PNUE mit l'accent sur sa
focalisation revitalisée sur la Convention sur les Mers
Régionales.
CONTRIBUTION DU PNUE A LA MISE EN ŒUVRE DU PLAN D'ACTION
21: Le Directeur Adjoint du PNUE, Shafqat Kakakhel,
introduisit le rapport concernant "les Contributions
apportées par le PNUE dans la mise en œuvre du Plan d'Action
21 et du programme de la suite de la mise en œuvre du Plan
d'Action 21" (UNEP/GCSS.VI/7). JoAnne DiSano, Directeur
de la Division Développement Durable, aux Nations Unies, mit
en relief le r�le cl� de du PNUE pour Rio +10 et rappela
l'invitation lanc�e par la CDD et faveur d'une collaboration
coh�rente. L'INDONESIE, CUBA et l'INDE d�clar�rent que Rio
+10 ne doit pas ren�gocier le Plan d'Action 21. La SUISSE mit
en exergue le lien entre la pauvret� et l'environnement. La
NORVEGE plaida pour la mise en application des conventions de
Rio. L'OUGANDA requit un financement suppl�mentaire pour le
renforcement des capacit�s dans le domaine des processus Rio
+10. La NOUVELLE ZELANDE souhaita voir Rio +10 conduit par des
motifs locaux et, appuy� par le PNUE, le JAPON proposa la
tenue de Rio +10, en Asie.
L'INDE, le VENEZUELA, la THAILANDE, le NIGERIA, la CHINE et
la TUNISIE pr�sent�rent leurs commentaires sur les
engagements non honor�s dans le domaine de la lutte contre la
pauvret�, soulign�rent les limitations financi�res
entravant la mise en application du Plan d'Action 21, et
appuy�rent les transferts de technologie propre. L'AFIQUE DU
SUD, appuy�e par l'ARGENTINE, sugg�ra la conduite d'une
�valuation critique des motifs qui ont fait que tr�s peu de
r�sultats aient �t� r�alis�s dans la lutte contre la
pauvret�. Le CANADA, appuy� par un certain nombre de
d�l�gations, plaida pour un r�le pour le PNUE dans le
processus d'�valuation de Rio +10. CUBA, les BARBADES et le
VENEZUELA mirent l'accent sur la n�cessit� d'une
repr�sentation des non-membres du Comit� Permanent des
Repr�sentants. L'UE sugg�ra au Conseil d'Administration (CA)
de soumettre un rapport sur les conclusions du Forum, � la 55�me
session de l'AGNU. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS recommanda
�galement d'examiner les r�alisations ant�rieures et
encouragea l'adoption d'une approche optimiste et ax�e sur
l'avenir dans la revue propos�e pour Rio +10.
SECOND FORUM MINISTERIEL MONDIAL SUR L'ENVIRONNEMENT / 21�me
SESSION DU C.A. du PNUE: Les d�l�gu�s s'accord�rent sur
l'adjonction d'un point � l'ordre du jour concernant le
prochain rapport du CA sur les conclusions de l'actuel Forum.
La GC conclut ses travaux par l'adoption, moyennant quelques
amendements mineurs, du projet de rapport sur ses activit�s (UNEP/GCSS.VI/L.2).
Ce dernier inclut des d�cisions concernant la transmission �
la Pl�ni�re de rapports sur: les activit�s et la
contribution du PNUE dans la mise en �uvre du Plan d'Action
21; et l'ordre du jour provisoire du second Forum Minist�riel
Mondial sur l'Environnemental / 21�me session du
CA du PNUE.
LE GROUPE DE TRAVAIL SUR LA DECLARATION DE MALM�
Dans le pr�ambule, plusieurs d�l�gu�s dont ceux de
l'INDE, du BRESIL et de l'ALGERIE, appel�rent � l'insertion
d'une r�f�rence aux responsabilit�s communes mais
diff�renci�es. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS s'y opposa. Le
d�l�gu� des BARBADOS, appuy� par plusieurs autres, requit
l'inclusion d'une r�f�rence � la D�claration de la Barbade
sur les Petits Etats Insulaires en d�veloppement. Le
d�l�gu� des ETATS-UNIS, appuy� par l'AUSTRALIE, s'opposa
� la r�f�rence aux pays industrialis�s, dans les
discussions autour des modes non durables de consommation et
de production.
Au sujet de l'aper�u g�n�ral et des questions
�mergeantes, la POLOGNE appuya l'insertion d'une r�f�rence
� la coop�ration r�gionale et sous-r�gionale. L'UE appuya
un texte appelant � mettre en place les strat�gies de
d�veloppement durable d'ici 2002. La NOUVELLE ZELANDE
s'opposa � toutes r�f�rences � des dates exactes. Au sujet
des lois environnementales fournissant une plate-forme pour le
traitement des menaces pesant sur l'environnement, la SUISSE
appuya la r�f�rence � la responsabilit�; L'UE plaida en
faveur de celle au principe de pr�caution; et, les ETATS-UNIS
et le CANADA, aux lois domestiques. Concernant l'�valuation,
le BRESIL, appuy� par CUBA, l'UE et d'autres pays,
apport�rent leur soutien � la r�f�rence aux modes non
durables de production et de consommation. L'UE, contr�e par
l'ALGERIE, le CANADA, les ETATS-UNIS et la NOUVELLE ZELANDE,
appela � une r�f�rence aux taxes vertes. La POLOGNE appuya
l'id�e de se r�f�rer aux strat�gies pr�ventives.
Au sujet du secteur priv�, le BRESIL requit un libell�
sur l'am�lioration des capacit�s institutionnelles et de
r�gulation des gouvernements pour leur permettre d'interagir
avec le secteur priv�. Au sujet de la nouvelle �thique
devant �tre adopt�e par les entreprises, le d�l�gu� des
ETATS-UNIS et la SUISSE soulign�rent que certaines
entreprises respectaient d�j� les codes environnementaux.
Concernant la r�f�rence � l'Accord Mondial, l'INDE, CUBA et
le BRESIL firent part de leurs r�serves concernant
l'�tablissement d'un lien entre l'environnement, les droits
humains et les normes de travail. Le CANADA mit en relief le
caract�re volontaire de l'Accord. L'ALGERIE, l'OUGANDA,
l'INDE et d'autres firent part de leurs r�serves concernant
le texte portant sur l'�tablissement de normes
environnementales et sur le comportement responsable
pr�conis� pour l'investissement ext�rieur, en particulier,
dans les pays en d�veloppement. L'INDE sugg�ra la poursuite
de l'�tude de ce sujet. Les discussions se poursuivirent �
22h30 sur la soci�t� civile et Rio +10, suivies d'un d�ner
de travail minist�riel. Les r�sultats du groupe de travail
seront pr�sent�s demain � la Pl�ni�re de la matin�e.
DANS LES COULOIRS
A l'issue des sessions parall�les des Ministres et de la
GC, l'un des observateurs a not� que vraisemblablement, les
r�sultats de la r�union n'allaient pas �tre aussi concrets
qu'on aurait aim�. Plusieurs d�l�gu�s se sont, toutefois,
d�clar�s satisfaits des progr�s r�alis�s dans la
D�claration de Malm�, en attirant l'attention sur la
discussion des concepts au lieu de s'embourber dans une
n�gociation de libell� sp�cifique. Un autre d�l�gu� a
mis en relief les difficult�s rencontr�es dans
l'�laboration d'une D�claration concise, ax�e sur l'action
et que chacun pouvait approuver. Certains ont fait part de
leurs r�serves concernant quelques-unes des suggestions
avanc�es dans une formulation r�gressive, vague ou de
confrontation. Les attentes d'un coup de pouce politique
minist�riel lors du d�ner de travail, �taient �lev�es,
mais les r�sultats n'�taient pas s�rs et une nuit tardive
de n�gociations �tait une certitude.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Ministres et d�l�gu�s se r�uniront en
Pl�ni�re � partir de 10h, pour proc�der � l'adoption du
rapport de la r�union de la D�claration de Malm�. Apr�s
une courte pause, des d�clarations de cl�ture sont attendues
de la part de: Birgitta Dahl, du Parlement Su�dois; du
Pr�sident du CA, L�szl� Mikl�s; et du Directeur Ex�cutif
du PNUE, Klaus T�pfer.