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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 15 No. 94
Mardi 18 Novembre 2003
LES FAITS MARQUANTS DU CNI-19 DU PIC:
LUNDI 17 NOVEMBRE 2003
La dixième session du Comité de négociation
intergouvernemental (CNI-10) pour un instrument international
juridiquement contraignant, sur la l'application de la
procédure du consentement préalable, en connaissance de cause
(PIC) à certains produits chimiques et pesticides dangereux,
dans le commerce international, s'est ouverte lundi matin, 17
novembre, à Genève. Après les déclarations d'ouverture, les
délégués ont abordé: les questions organisationnelles, les
activités du secrétariat et l'évaluation de la situation des
fonds extrabudgétaires, la mise en œuvre de la procédure PIC
intérimaire, et les préparatifs de la CdP-1. Le groupe de
travail, de composition non-limitée, chargé de la question du
respect des obligations, s'est réuni dans l'après-midi.
PLENIERE D'OUVERTURE
La Présidente du CNI, Maria Celina de Azevedo
Rodrigues (Brésil) a souhaité aux délégués la bienvenue à la
CNI-10 et a introduit les premiers orateurs.
Dans sa déclaration d'ouverture, Philippe Roch,
Secrétaire d'Etat, Directeur de l'Agence suisse de
l'environnement, des forêts et des paysages, a noté que la
CNI-10 pourrait être la dernière réunion du CNI avant l'entrée
en vigueur de la Convention. Reconnaissant la Convention comme
étant l'un des trois piliers du système multilatéral traitant
de la problématique des produits chimiques, il a souligné le
besoin d'une stratégie de coordination et de cohérence entre
les accords et processus multilatéraux.
Shafqat Kakakhel, Directeur exécutif adjoint
du PNUE, a qualifié la Convention de "première ligne" de
défense contre les risques posés par les substances chimiques
et une partie vitale de kit-outil international pour la
protection de la santé humaine et de l'environnement des
pesticides et des produits chimiques nocifs. Il a également
noté le rôle de la Convention dans la contribution apportée à
la réalisation de l'objectif du SMDD, relatif à la gestion
rationnelle des produits chimiques d'ici 2020.
Louise Fresco, Directrice générale adjointe de
la FAO, a souligné le lien entre la régulation du commerce
international des produits chimiques et pesticides dangereux
et le besoin d'accroître la production alimentaire à travers
l'intensification de l'agriculture. Elle a noté la nécessité
d'une action internationale, nationale et locale et des
politiques nationales cohérentes dans les domaines de
l'agriculture, de l'environnement, de l'eau et de la gestion
des sols.
ADOPTION DE L'ORDRE DU JOUR: Au sujet de
l'ordre du jour provisoire (UNEP/FAO/PIC/INC.10/1), le Canada
a souhaité voir le CNI traiter la question de la coopération
entre l'OMC et le Secrétariat de la Convention de Rotterdam.
Le CNI a adopté l'ordre du jour provisoire tel qu'amendé par
le Canada.
L'ORGANISATION DES TRAVAUX: La Présidente
de Azevedo Rodrigues a introduit la note-scénario (UNEP/FAO/PIC/INC.10/2) et a déclaré que l'objectif général de la CNI-10
consiste en la préparation de l'entrée en vigueur de la
Convention. Parmi les résultats éventuels de la CNI-10, elle a
mis en relief: l'adoption du budget 2004, la décision
concernant l'inclusion de produits chimiques et de pesticides
additionnels, le projet de décision de la CdP-1 concernant le
non-respect des obligations, et le mandat du Secrétariat
consistant à élaborer une stratégie pour l'assistance
technique. Elle a noté que Yuri Kundiev (Ukraine) servira
comme Rapporteur de la CNI-10, et que les nouveaux membres du
bureau pour l'Asie et l'Afrique, restent encore à désigner.
ACTIVITES DU SECRETARIAT ET REVUE DE LA
SITUATION DES FONDS EXTRABUDGETAIRES
Jim Willis, Secrétaire exécutif adjoint du
Secrétariat intérimaire de la Convention de Rotterdam (PNUE),
a présenté le rapport concernant les activités du secrétariat
et l'évaluation de la situation des fonds extrabudgétaires (UNEP/FAO/PIC/INC.10/3).
La Communauté européenne (CE) a requis que les questions ayant
trait à la mise en œuvre, au fonds fiduciaire, aux effectifs
et au budget du secrétariat, soient examinées dans un groupe
de travail de composition non-limitée. Le JAPON et la FRANCE
ont requis des éclaircissements sur l'augmentation du budget.
Le CHILI et CUBA ont souligné l'importance du financement de
la participation des pays en développement non-Parties. Le
CANADA a souhaité voir le pourvoi du Secrétariat en personnels,
bénéficier d'une priorité, et a suggéré d'insérer une note de
bas de page indiquant que les coûts de la participation et des
services conférenciers de la CdP-1 et de la CdP-2 seraient à
la charge des pays hôtes.
Willis a répondu que l'augmentation des
dépenses constatées dans les chiffres de 2004 par rapport à
ceux de 2003, est largement due aux modifications apportées
aux coûts du personnel et des ateliers. Il a indiqué qu'il est
possible d'insérer la note de bas de page proposée, pour la
couverture de la CdP-1, mais que la décision concernant son
inclusion pour la couverture de la CdP-2, aura besoin d'être
renvoyée à la CdP-1.
MISE EN ŒUVRE DE LA PROCEDURE INTERIMAIRE DU
PIC
ETAT D'AVANCEMENT DE LA MISE EN ŒUVRE: Yun
Zhou, du Secrétariat intérimaire, a introduit un document
détaillant le taux de réactivité du secteur de l'import des
divers produits chimiques (UNEP/FAO/PIC/INC.10/4), attirant
l'attention sur le niveau relativement bas du taux de réponses
reçues. Elle a rapporté que le Secrétariat a reçu des
notifications concernant quatre produits chimiques-candidats
répondant aux conditions requises dans l'Annexe I, et a
indiqué, par ailleurs, que des notifications concernant cinq
pesticides additionnels ont été vérifiées (UNEP/FAO/PIC/INC.10/INF/6)
et que ces cas seront examinés à l'ICRC-5. La Présidente de
Azevedo Rodrigues a noté que la fourniture de réponses sera
obligatoire lorsque la Convention entrera en vigueur, et a
demandé aux délégués d'expliquer les contraintes auxquelles
ils sont confrontés dans ce domaine. Le CONGO a rapporté qu'il
est confronté à des difficultés d'ordre juridique, du fait
qu'il ne dispose pas d'une loi nationale régissant
l'approbation des produits chimiques.
La REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO et
l'OUGANDA ont déclaré que les autorités nationales idoines,
dans leurs pays, n'ont reçu aucune communication du
secrétariat. La FEDERATION DE RUSSIE a encouragé l'élaboration
de critères régissant l'inclusion des substances dans la liste
du PIC. L'EGYPTE a qualifié les ressources limitées
disponibles, de problèmes. La GAMBIE a mentionné la faiblesse
de la communication entre les points focaux. La Présidente de
Azevedo Rodrigues a requis que les pays procèdent à une revue
de la liste des autorités nationales désignées (AND) et de
veiller à la mise à jour de ces données.
CONFIRMATION DES EXPERTS DESIGNES POUR L'ICRC:
Elena Sobakina, du Secrétariat intérimaire, a introduit le
document (UNEP/FAO/PIC.10/5) renfermant le projet de décision
concernant la confirmation des experts désignés pour l'ICRC.
La plénière a adopté la décision et a formellement désigné les
experts du Canada et des Philippines.
RAPPORT DE L'ICRC-4: Reiner Arndt,
Président de l'ICRC, a présenté le rapport de l'ICRC-4 (UNEP/FAO/PIC.10/6)
et a noté que les travaux intersessions on commencé sur les
DOD relatifs au parathion et au plomb tetraethyl et au plomb
tetramethyl. Il a signalé que des notifications concernant le
tributyltin ont été reçues de la CE et du Japon, mais que la
notification du Japon n'est pas accompagnée de la
documentation nécessaire concernant l'évaluation des risques
dans les conditions nationales actuelles. Il a indiqué que
l'ICRC-4 a requis de la CNI-10 d'inviter le Programme
international de la sécurité chimique, de l'OMS, à
entreprendre une investigation sur la forme chrysotile de
l'asbeste et sur les substituts potentiels. L'OMS a fait part
de sa volonté d'aider par des travaux techniques et a demandé
au CNI de préciser les substituts devant faire l'objet d'une
investigation. Le JAPON a noté que le tributyltin a été étudié
dans le cadre de la Convention internationale de
l'Organisation maritime internationale sur le contrôle des
systèmes anti-encrassements nocifs à bord des navires, et a
demandé si cela peut être utilisé dans sa notification.
INCLUSION DE PRODUITS CHIMIQUES: Les
questions ayant trait à l'inclusion de nouveaux produits
chimiques: Faisant référence au document consacré à
l'inclusion de produits chimiques après l'entrée en vigueur de
la Convention (UNEP/FAO/PIC.10/10), Willis a noté la nécessité
de traiter les incohérences entre l'Article 8 de la Convention
(Produits chimiques relevant de la procédure à caractère
volontaire du PIC) et le libellé de la Résolution concernant
les arrangements intérimaires. Il a décrit deux cours d'action
possibles. Le premier envisage une CNI-11, juste avant la
CdP-1, dans laquelle des produits chimiques pourraient être
ajoutés dans la liste assujettie à la procédure intérimaire du
PIC; la seconde implique une circulation des DOD dans les
rangs des Parties puis la transmission de la décision
directement à la CdP-1. Le JAPON a souligné le besoin
d'accorder un délai adéquat pour l'examen des projets de DOD,
et Willis a répondu qu'il resterait au moins six mois à
consacrer à cet examen. La CE a mis en garde contre une
procédure incompatible avec la Convention et a encouragé la
consultation d'experts juridiques. Willis a accepté d'élaborer
un projet de décision mentionnant les deux options, à
soumettre à la considération des Parties.
Inclusion des produits chimiques dans la
procédure intérimaire du PIC: Bill Murray, du Secrétariat
intérimaire, a présenté les amendements propos�s pour
l'introduction aux DOD, qui appellent notamment �: noter que
la d�finition du terme chimique est celle figurant dans
l'Article 2a (D�finitions) de la Convention; supprimer la
r�f�rence aux deux notifications de mesures de r�gulation
�manant de deux r�gions; noter que le terme Parties englobe
les organisations �conomiques r�gionales; et a propos� que les
DOD soient communiqu�s aux A.N.D, conform�ment aux termes, �
la fois, des Articles 7 (Listage des produits chimiques dans
l'Annexe III) et 10 (Obligations relatives � l'importation des
produits chimiques list�s dans l'Annexe III).
Le DNOC et ses sels: Niek van der Graaff,
secr�taire ex�cutif associ� de la FAO, a introduit la
communication de l'ICRC consacr�e au DNOC et ses sels et au
projet de DOD (UNEP/FAO/ PIC/INC.10/8). Le CNI s'est d�clar�
d'avis avec les recommandations de l'ICRC d'assujettir le DNOC
et ses sels � la proc�dure int�rimaire du PIC et d'approuver
le projet de DOD.
Les pesticides � formules tr�s dangereuses,
les formes en poudre du benomyl, du carbofuran et du thiram:
Le Secr�taire ex�cutif associ�, van der Graaff, a introduit
les recommandations de l'ICRC-4 concernant l'inclusion des
substances dans la proc�dure int�rimaire du PIC et le projet
de DOD (UNEP/FAO/PIC/INC.10/9). Il a not� que l'ICRC-4 a
d�cid� qu'il serait plus correct de se r�f�rer aux substances
en cours d'examen (Granox TBC et Spinox T) comme �tant des
formules en poudre contenant du benomyl, � un taux �gal ou
sup�rieur � 7%, du carbofuran, � un taux �gal ou sup�rieur �
10%, et du thiram, � un taux �gal ou sup�rieur � 15%.
PREPARATIFS DE LA CdP-1
NON-RESPECT DES OBLIGATIONS: Masa Nagai,
du Secr�tariat int�rimaire, a introduit le document (UNEP/FAO/PIC/INC.10/19),
mettant en relief les questions pertinentes au non-respect des
obligations. Alistair McGlone (Royaume-Uni), Pr�sident du
groupe de travail, de composition non-limit�e, a introduit le
projet de texte concernant les proc�dures et m�canismes
consacr�s au traitement du non-respect des obligations (UNEP/FAO/PIC.10/
20), notant que le document servirait de plate-forme aux
n�gociations, � la CNI-10.
GROUPE DE TRAVAIL SUR LE RESPECT DES
OBLIGATIONS
Le groupe de travail, de composition non-limit�e,
sur la question du respect des obligations s'est r�uni dans
l'apr�s-midi pour examiner le projet de d�cision de la CdP-1
concernant les proc�dures et les m�canismes institutionnels
encadrant le traitement des cas de non-respect des
obligations. Les d�l�gu�s ont d�lib�r� sur le caract�re de
facilitation de la Convention et sur les mesures
additionnelles susceptibles d'�tre prises dans son cadre. Au
sujet des mesures additionnelles que la Commission charg�e de
la question du respect des obligations de la Convention,
pourrait recommander � la CdP, le d�l�gu� des PAYS-BAS a not�
que les crit�res fix�s pour l'identification des difficult�s
permettent � la commission une certaine souplesse dans le
choix des mesures qu'elle pourrait proposer. L'AFRIQUE DU SUD,
les Etats-Unis et d'autres intervenants ont argu� que la
r�f�rence � la CdP prenant des mesures en conformit� avec le
droit international, aux fins d'atteindre le respect des
obligations, d�passe le caract�re de facilitation de la
Convention, et a sugg�r� sa suppression.
Le NIGERIA, le LESOTHO, la CE et la JAMAIQUE
ont apport� leur appui � l'inclusion de mesures additionnelles
� celles de facilitation. Les d�l�gu�s ont d�battu d'un
certain nombres de mesures portant, notamment, sur l'�mission
de "mises en garde" et de "proc�s-verbaux," sans accord.
L'AUSTRALIE a fait objection � la r�f�rence aux "mises en
garde" parce qu'il s'agit l� d'une mesure punitive. Le NIGERIA
et l'Allemagne ont argu� que les "mises en garde" et les "proc�s
verbaux" n'ont pas un caract�re franchement punitif. La
JAMAIQUE, la CE, les PAYS-BAS et le NIGERIA ont appuy� ces
mesures comme d�passant le cadre de la facilitation. Le CANADA
a mis en garde contre la prolif�ration des termes vagues. Des
divergences demeurent concernant l'utilisation de ces termes.
L'EGYPTE et le NIGERIA se sont oppos�s � l'�mission d'une
d�claration sur les cas de non-respect �ventuels futurs, en
guise de mesure. Les PAYS-BAS et l'Allemagne ont mis en
exergue le r�le de la pr�vention dans le domaine du respect
des obligations. Les d�l�gu�s ont d�battu du libell� appelant
� la suspension des droits et privil�ges relevant de la
Convention, sans accord.
DANS LES COULOIRS
Dans ce qui semble �tre le dernier chapitre
des travaux du CNI, le r�le de la Pr�sidente du CNI, la
br�silienne Maria Celina de Azevedo Rodrigues, n'a pas manqu�
de retenir l'attention, avec nombre d'intervenants allant m^me
jusqu'� sugg�rer de remplacer le nom de la Convention par " la
Convention de Rodrigues."
Les �changes de la veille ont port� sur la
course engag�e pour occuper la place du cinquanti�me Etat �
ratifier la Convention, enclenchant ainsi son entr�e en
vigueur. Au sujet de la course pour le "num�ro 50" donc, on
s'attend beaucoup � ce qu'au moins un instrument de
ratification sera d�pos� � New York, cette semaine. Le leader
actuel est l'Equateur, qui a annonc� hier qu'il a re�u
r�cemment l'approbation l�gislative pour la ratification.
Etant donn�, toutefois, que l'Equateur n'a pas encore d�pos�
son instrument de ratification, la course reste ouverte. Des
rumeurs ont laiss� entendre que la Gr�ce, entre autres
candidats, pourrait battre l'Equateur � New York.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La pl�ni�re se r�unira de 10h �
13h puis de 15h � 18h, pour poursuivre l'examen des questions
ayant trait � l'inclusion des produits chimiques et des
questions �manant de l'ICRC-4.
GROUPE DE TRAVAIL SUR LE RESPECT DES
OBLIGATIONS: Le groupe de travail sur le respect des
obligations se r�unira � partir de 10h, dans la Salle 17, pour
poursuivre ses d�lib�rations autour du projet de texte du
Pr�sident. |