|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 15 No. 82
Dimanche 2 Novembre 2003
QUATRIEME SESSION DU FORUM
INTERGOUVERNEMENTAL SUR LA SECURITE CHIMIQUE:
1-7 NOVEMBRE 2003
La quatrième session du Forum
intergouvernemental sur la sécurité chimique (FORUM IV de
l'IFCS) s'est ouverte samedi 1er novembre 2003, au
centre des conférences des nations unies (CCNU) à Bangkok, en
Thaïlande, et s'y poursuivra jusqu'au 7 novembre 2003.
Convoqué sous le thème "La sécurité chimique dans un monde
vulnérable," FORUM IV doit faire le point des progrès
accomplis quant aux engagements pris et aux recommandations
formulées à FORUM III, notamment pour ce qui est de
l'identification et de la suggestion des remèdes devant être
apportés aux lacunes constatées dans la Déclaration de Bahia
et les Priorités d'action retenues pour l'après 2000. Au cours
du Forum, les délégués se focaliseront sur les thèmes ci-après:
les enfants et la sécurité des produits chimiques; la sécurité
et la santé professionnelles; la génération et la
disponibilité des données concernant les dangers posés; la
gestion des risques et la réduction des pesticides très
toxiques; et, le renforcement des capacités. En réponse aux
décisions SS.VII/3 et 22/4 IV du Conseil d'administration du
Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE), FORUM
IV procédera également à la revue et à la discussion de la
poursuite de l'élaboration de l'approche stratégique de la
gestion internationale des produits chimiques (SAICM), et
présentera le résultat de ses délibérations à la première
réunion du Comité préparatoire de la Conférence internationale
sur la gestion des produits chimiques, qui doit se tenir du 9
au 13 novembre 2003, à Bangkok. Le PrepCom culminera par la
Conférence internationale sur la gestion des produits chimique,
prévue en 2005.
BREF HISTORIQUE DE L'IFCS
Le concept d'un forum intergouvernemental
consacré au traitement de la question de la sécurité chimique
a vu le jour durant les préparatifs de la Conférence des
nations unies sur l'environnement et le développement (CNUED),
tenue en de 1992, à Rio de Janeiro, au Brésil, lorsque le
Comité préparatoire de la CNUED a déterminé que les efforts de
collaboration fournis par le PNUE, l'Organisation
internationale du travail (OIT) et l'Organisation mondiale de
la santé (OMS), dans le cadre du Programme international pour
la sécurité chimique (PISC), constituaient le noyau de la
coopération internationale dans le domaine de la gestion
écologiquement rationnelle des produits chimiques toxiques. Le
Comité préparatoire a invité le PISC à procéder à
l'identification des mécanismes intergouvernementaux éventuels
nécessaires à l'évaluation des risques et à la gestion des
produits chimiques. En réponse, le PNUE, l'OIT et l'OMS ont
convoqué, à Londres, au Royaume-Uni, en décembre 1991, une
réunion d'experts, pour l'examen des domaines prioritaires
d'une stratégie internationale et les propositions d'un
mécanisme intergouvernemental, consacré à la gestion
écologiquement rationnelle des produits chimiques. La réunion
devait aboutir à une recommandation appelant à l'établissement
d'un forum intergouvernemental sur l'évaluation et la gestion
des risques chimiques, recommandation transmise à la CNUED.
A la CNUED, les délégués ont adopté le Plan
d'action 21, un programme d'action pour le développement
durable. Le Chapitre 19 du Plan d'action 21 traite de "La
gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques
toxiques, y compris la prévention du transit international
illicite des produits toxiques et des produits dangereux." Il
contient également une stratégie d'action internationale de la
sécurité chimique, assortie de six domaines programmatiques
prioritaires: l'expansion et l'accélération de l'évaluation
internationale des risques chimiques; l'harmonisation de la
classification et de l'étiquetage des produits chimiques;
l'échange d'information sur les produits chimiques toxiques et
des risques chimiques; l'établissement de programmes de
réduction des risques; le renforcement des aptitudes
nationales et des capacités en matière de gestion des produits
chimiques; et la prévention du transit international illicite
des produits toxiques et des produits dangereux. Le Chapitre
19 appelle également à l'établissement d'un forum
intergouvernemental sur la sécurité chimique.
FORUM I: En avril 1994, le PNUE, l'OIT et
l'OMS ont convoqué la Conférence internationale sur la
sécurité chimique, à Stockholm, en Suède. La Conférence a
établi l'IFCS et a constitué la première réunion du Forum
(FORUM I). La Conférence a adopté les termes de référence de
l'IFCS, établissant le Forum en tant que mécanisme au service
de la coopération entre les gouvernements, les organisations
intergouvernementales (OIG) et les organisations non
gouvernementales (NGO), pour la promotion de l'évaluation des
risques chimiques et pour la gestion écologiquement
rationnelle des produits chimiques.
FORUM II: FORUM II, tenu en février 1997,
à Ottawa, au Canada, a formulé des recommandations sur les
thèmes émergeants, tels que celui des substances chimiques
préjudiciables à l'endocrine, et sur les rejets de polluants
et les registres des transferts (RPRT). Les délégués ont
réussi à s'accorder sur un certain nombre d'actions
intéressant la structure et la fonction de l'IFCS. Le comité
permanent du Forum (FSC) a été établi, en tant que mécanisme,
aux fins de répondre aux nouveaux développements et de fournir
ses avis dans la préparation des réunions à venir.
FORUM III: FORUM III s'est déroulé du 15
au 20 octobre 2000, à Salvador de Bahia, au Brésil, sous le
thème "En Partenariat pour la sécurité chimique mondiale." Les
délégués y ont mené une revue des progrès réalisés par l'IFCS
et une évaluation de l'état d'avancement de la mise en œuvre
du Chapitre 19 du Plan d'action 21. La réunion est parvenu à
s'accorder sur les Priorités d'action pour l'après 2000, et a
émis la Déclaration de Bahia sur la sécurité chimique. La
Déclaration de Bahia dresse une liste des six priorités devant
être examinées au cours des FORUM à venir, ainsi que des
principaux objectifs, assortis du calendrier de leur
réalisation. Les Priorités d'action retenues pour l'après 2000
englobent des recommandations en rapport avec ces objectifs,
organisées dans l'ordre des six domaines programmatiques
établis dans le Plan d'action 21. FORUM III s'est également
penché sur: la prévention du transit international illicite
des produits toxiques et des produits dangereux; les barrières
entravant l'échange d'information; l'échange d'information au
service du processus décisionnel de la production chimique;
les RPRT et les inventaires d'émission; la mise en place d'un
réseau consacré au renforcement des capacités en matière de
gestion rationnelle des produits chimiques; l'amélioration de
la prise de conscience et le classement prioritaire des thèmes
du renforcement des capacités en matière de gestion
rationnelle des produits chimiques, au niveau politique; et la
mise en place du Système mondial harmonisé de classification
et d'étiquetage des produits chimiques (SMH).
LES FAITS MARQUANTS DE LA PERIODE
INTERSESSIONS
LES GROUPES DE TRAVAIL FSC: Compte tenu
des recommandations de FORUM III, des groupes de travail FSC
ont été établis et se sont réunis durant la période
intersessions pour procéder: à l'examen de la sécurité et de
la santé professionnelles dans le contexte de la sécurité
chimique; à l'évaluation de l'aide accordée aux pays dans le
domaine du soutien du renforcement des capacités en matière de
gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques; au
traitement des questions de cohérence et de collaboration dans
le domaine de l'engendrement et la mise à disposition des
données concernant les dangers posés; et, à la fourniture des
premières contributions concernant le problème des pesticides
éminemment toxiques. Des groupes de travail ont également été
formés pour traiter de la question du fossé grandissant entre
les pays, en matière de politique de sécurité chimique; et,
pour examiner la question des enfants et de la sécurité
chimique.
LE SOMMET MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT
DURABLE (SMDD): Le SMDD s'est réuni du 26 août au 4
septembre 2002, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Le Sommet a
adopté deux documents majeurs: le Plan mise en application de
Johannesburg (PMAJ) et la Déclaration de Johannesburg sur le
développement durable. Le PMAJ est un cadre d'action pour la
mise en œuvre des engagements de la CNUED, englobant un
certain nombre de nouveaux engagements. La question de la
gestion des produits chimiques est traitée principalement dans
le Chapitre III consacré à la modification des modes non
durables de production et de consommation, qui renferme un
engagement renouvelé en faveur de la gestion rationnelle des
produits chimiques. Les objectifs ayant trait à la
problématique des produits chimiques, retenus dans le PMAJ,
comprennent: la réalisation, d'ici 2020, d'un mode de
production de produits chimiques, menant à la minimisation des
effets adverses importants, sur la santé humaine et sur
l'environnement; l'élaboration, d'ici 2005, d'une SAICM basée
sur la Déclaration de Bahia et sur les Priorités d'action
retenue par l'IFCS pour l'après 2000; et la mise en place, au
niveau nationale, du nouveau SMH, en vue de le rendre
entièrement opérationnel, d'ici 2008.
LES RESOLUTIONS DU C.A. DU PNUE: A sa 21ème
session, en 2001, le Conseil d'administration du PNUE a adopté
la décision 21/7 qui requiert du Directeur exécutif du PNUE,
en consultation avec les gouvernements, le Programme inter-organisations
pour la gestion écologiquement rationnelle des produits
chimiques (IOMC), l'IFCS et d'autres, de procéder à l'examen
des besoins d'une SAICM.
En février 2002, à sa septième session
extraordinaire/forum minist�riel mondial sur l'environnement,
le Conseil d'administration du PNUE a d�cr�t� dans sa d�cision
SS.VII/3 qu'une telle approche est n�cessaire, et a requis de
son Directeur ex�cutif, d'�laborer une SAICM, en utilisant
comme plate-forme de travail, la D�claration de Bahia et les
Priorit�s d'action retenues pour l'apr�s 2000, de l'IFCS. Ce
processus a donn� lieu � "une r�union consultative ouverte,
impliquant des repr�sentants de tous les groupes parties
prenantes" organis�e conjointement par le PNUE, l'IFCS et
l'IOMC.
A la 22�me session du Conseil
d'administration du PNUE, qui s'est d�roul�e en f�vrier 2003,
les d�l�gu�s se sont accord�s sur un certain nombre de points
ayant trait aux produits chimiques. Ces points englobaient des
d�cisions portant sur le plomb, la SAICM, les Conventions de
Rotterdam et de Stockholm, et sur l'Etude mondiale sur la
pollution au mercure. S'agissant de la SAICM, la d�cision
endosse l'id�e d'une conf�rence internationale, assortie de
r�unions pr�paratoires, comme plate-forme pour l'�laboration
de la SAICM.
LA CONVENTION DE ROTTERDAM: La Convention
de Rotterdam de 1998, sur la proc�dure du consentement
pr�alable en connaissance de cause pour certains produits
chimiques pesticides dangereux, dans le commerce
international, a �t� adopt�e en septembre 1998. A ce jour, la
Convention a �t� ratifi�e par 49 Etats et la Communaut�
europ�enne
LA CONVENTION DE BALE: La sixi�me
Conf�rence des Parties (CdP-6) de la Convention de B�le sur le
contr�le du transit transfrontalier des d�chets dangereux et
leur stockage, s'est r�unie du 9 au 14 d�cembre 2002, � Gen�ve,
en Suisse. La CdP-6 s'est accord�e sur le m�canisme de mise en
conformit� aux obligations de la Convention, a adopt� le Plan
strat�gique et a finalis� l'Accord-cadre sur l'aspect
juridique de l'�tablissement de Centres r�gionaux de formation
et de transfert des technologies.
LA CONVENTION DE STOCKHOLM: La Convention
de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP), a
�t� adopt�e et ouverte � la signature, le 22 mai 2001.
R�cemment encore, la septi�me session du Comit� de n�gociation
intergouvernemental (CNI-7) d'un instrument international
juridiquement contraignant pour la mise en �uvre de l'action
internationale applicable � certains POP, s'est r�unie du 14
au 18 juillet 2003, � Gen�ve, en Suisse. A ce jour, 40 Etats
ont ratifi� la Convention et certains indices indiquent que le
nombre requis serait atteint en 2004. Le CNI-7 a r�alis� des
progr�s significatifs dans la pr�paration du terrain pour une
administration probante de la Convention, m�me si quelques-une
des questions les plus contentieuses ont �t� laiss�es � la
consid�ration de la CdP, dans ses r�unions � venir.
SESSION INAUGURALE DU FORUM IV DE L'IFCS
Samedi apr�s-midi 1er novembre, les
d�l�gu�s pr�s du FORUM IV ont entendu les d�clarations de
bienvenue, une allocution honoraire et une discussion de
groupe organis�e sous le th�me de 'la S�curit� chimique dans
un monde vuln�rable. Des Prix distinctifs de l'IFCS ont
�galement �t� pr�sent�s et un film vid�o sur la s�curit�
chimique a �t� projet�.
LA CEREMONIE D'OUVERTURE: Les participants
ont entendu les d�clarations de bienvenue donn�es par Henrique
Cavalcanti, le Pr�sident de l'IFCS, Keiko Okaido, Secr�taire
ex�cutif adjoint de la Commission �conomique et sociale des
nations unies pour l'Asie et le Pacifique, et le ministre
tha�landais de la sant� publique, Sudarat Keyuraphan,. SMR
Chulabhorn, Princesse de Tha�lande, a ouvert officiellement
FORUM IV et a remis le Prix du M�rite IFCS � Gy�rgy Ungv�ry,
Vice-pr�sident de l'IFCS pour l'Europe Centrale et de l'Est,
et le Prix Sp�cial de la Reconnaissance de l'IFCS, au R�seau
international pour l'�liminations des POP.
L'ALLOCUTION HONORAIRE: SAR Chulabhorn a
pr�sent� une adresse ax�e sur la s�curit� chimique en Asie du
Sud-est, faisant �tat des progr�s r�alis�s et de la
contribution de l'Institut de recherche Chulabhorn. Elle a
soulign� que beaucoup reste � faire et a appel� au
d�veloppement des ressources humaines et au renforcement des
capacit�s pour le traitement de la toxicologie dans les pays
en d�veloppement.
LE GROUPE DE DISCUSSION: Dans son expos�
th�me, Carl Djerassi, de l'Universit� de Stanford, a propos�
l'�tablissement d'un "corps technique de service social "
engageant de jeunes experts chimistes issus des pays
industrialis�s dans un volontariat ax� sur la recherche de
rem�des aux probl�mes chimiques pos�s dans les pays en
d�veloppement, et la d�tection de projets utiles dans ce sens,
en coop�ration avec les populations locales.
Rappelant la catastrophe chimique du Bhopal,
en 1984, Satinath Sarangi, du Sambhavna Trust, a appel� � la
mise en place de r�gimes internationaux de responsabilit�
civile et p�nale et de m�canismes de d�dommagement, pour le
traitement des cons�quences des accidents chimiques. Omara
Amuko, de l'Union internationale des associations des
travailleurs des secteurs de l'alimentation, de l'agriculture,
de l'h�tellerie, de la restauration, du tabac et des
travailleurs alli�s, a appel� le Forum � aider les
travailleurs du secteur agricole � se prot�ger des risques
d'empoisonnement chimique. Laurraine Lotter, de l'Association
sud-africaine des industries chimiques et des industries
alli�es, a appel� � des mesures pour: la fourniture d'un
soutien technique et financier pour le renforcement des
capacit�s; la mise de mettre en �uvre le SMH; et, de
diss�miner l'information concernant l'emploi des produits
chimiques. Guilherme Santana, de l'agence nationale
br�silienne du p�trole, a appel� � l'adoption de nouvelles
approches dans le domaine de la gestion des crises et celui du
renforcement des capacit�s, de mani�re � traiter les lacunes
organisationnelles � l'origine des crises. Yun-Joo Lee, de
l'Universit� des Nations Unies, a soulign� le besoin d'un
changement d'attitude, en rempla�ant l'approche bas�e sur la
valorisation �conomique de l'environnement, par une approche
fond�e sur la reconnaissance de la dignit� humaine. Elle a
identifi� des liens entre la corruption politique et la
pollution.
Apr�s les expos�s, les pan�listes ont ouvert
un d�bat autours de questions ayant trait � l'accident du
Bhopal et aux travailleurs du secteur agricole. Certains
intervenants ont mis en relief, entre autres, le principe 'pollueurs
- payeurs " et la n�cessit� de sensibiliser les dirigeants.
Les participants ont �galement d�battu des voies et moyens de
promouvoir les sans-pouvoirs, � travers, entre autres, l'acc�s
� information et l'am�lioration de la prise de conscience. Un
pan�liste a fait remarquer que l'acc�s � l'information est
n�cessaire mais pas suffisant et a encourag� la mise en place
de m�canismes garantissant la mise en �uvre et la mise en
application.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Les d�l�gu�s se r�uniront dans la Salle ESCAP,
de 8h � 11h, pour traiter les questions d'organisation et les
points d'ordre administratif, entendre le rapport du Pr�sident
sur l'�tat d'avancement des travaux et le rapport sur les RPRT/inventaires
d'�mission, et, d�battre du th�me 'les enfants et la s�curit�
chimiques.
GROUPES REGIONAUX: Les groupes r�gionaux se r�uniront
de 13h � 16h pour �laborer les contributions devant �tre
apport�es aux d�bats sur: l'engendrement et la disponibilit�
des donn�es; les pesticides �minemment toxiques; le
renforcement des capacit�s; et les voies et moyens de traiter
le foss� grandissant entre les pays.
ATELIER SUR LE SMH: L'atelier-d�ner, consacr� aux
opportunit�s offertes et aux d�fis pos�s � la mise en place de
la SMH, aura lieu de 16h30 � 21h, dans la Salle de Conf�rence
1. |