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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 15 No. 55
Lundi, 21 Mai 2001
CONFERENCE DES
PLENIPOTENTIAIRES AUTOUR DE LA CONVENTION DE STOCKHOLM SUR LES
POLLUANTS ORGANIQUES PERSISTANTS:
21-23 MAI 2001
La Réunion Préparatoire de
la Conférence des Plénipotentiaires autour de la Convention
de Stockholm sur les Polluants Organiques Persistants (POPs)
ouvre ses travaux aujourd'hui à Stockholm, en Suède. Les
travaux de la Conférence des Plénipotentiaires autour de la
Convention de Stockholm sur les POPs (Conférence
Diplomatique) se dérouleront le mardi 22 et le mercredi 23
mai.
Au cours de la Réunion
Préparatoire, les délégués auront à parachever
l'élaboration des résolutions de la Conférence Diplomatique
qui avaient été présentées à la cinquième session du
Comité de Négociation Intergouvernemental (CNI-5) et qui
n'avaient pas été alors approuvées, faute de temps. Ces
résolutions portent sur: les dispositions intérimaires; la
mise en place d'un réseau d'assistance en matière de
capacité; et, la responsabilité et la réparation. Une autre
résolution, portant sur l'hommage devant être rendu au
gouvernement du Royaume de la Suède sera également
examinée. Durant la Conférence Diplomatique, les délégués
procéderont à l'adoption: de la Convention de Stockholm; des
résolutions retenues par le CNI-4 et le CNI-5 et qui traitent
des dispositions financières devant régir la période
intérimaire et des questions ayant trait à la Convention de
Bâle; des résolutions qui seront transmises par la Réunion
Préparatoire; et de l'Acte Final. L'Acte Final et la
Convention de Stockholm seront ouverts à la signature peu de
temps après. Après la cérémonie de signature, les
délégués entendront les déclarations des représentants
qui souhaiteront s'adresser à la Conférence Diplomatique.
Les négociations autour de
la Convention de Stockholm avaient été inaugurées à
Montréal, au Canada, en juin 1998 et achevées à
Johannesburg, en Afrique du Sud, en décembre 2000. Les 12
premiers polluants organiques persistants (POPs) qui feront
l'objet d'une action internationale entreprise dans le cadre
de la Convention de Stockholm sont regroupés dans trois
catégories: 1) les pesticides: l'aldrine, le chlordane, le
DDT, la dieldrine, l'endrine, l'heptachlore, le mirex et le
toxaphène; 2) les produits chimiques industriels:
l'hexachlorobenzène (HCB) et les biphényles polychlorinated
(PCBs); et 3) les dérivés non intentionnels: les dioxines et
les furans.
Le Traité établit des
mesures de contrôle couvrant la production, l'import,
l'export, le stockage et l'utilisation des POPs. Les
gouvernements y sont appelés à promouvoir les meilleures
techniques et pratiques disponibles permettant de remplacer
les POPs existants et à prévenir la mise au point de
nouveaux POPs. Les dispositions prévoient aussi la mise en
place d'une procédure permettant l'identification d'autres
POPs ainsi que les critères devant régir ce travail. Les
principaux éléments du Traité englobent: l'exigence pour
les pays industrialisés de mettre à disposition des
ressources financières nouvelles et supplémentaires; des
mesures de contrôle visant à l'élimination de la production
et de l'utilisation des POPs produits de manière
intentionnelle, l'élimination des POPs produits de manière
non intentionnelle, là où c'est faisable, et la gestion et
le stockage des déchets des POPs de manière écologiquement
rationnelle; et une substitution impliquant l'utilisation de
produits chimiques plus sûrs et des processus permettant de
prévenir l'engendrement de sous-produits toxiques. Le
principe de précaution est mis en opération tout au long de
la Convention de Stockholm, avec des références spécifiques
dans les chapitres consacrés au préambule, aux objectifs et
à la disposition concernant l'identification de nouveaux POP.
Le Traité comprend également des dispositions portant, entre
autres, sur: l'échange d'informations; les plans
d'exécution; l'information, la conscientisation et la
sensibilisation du public; et, la recherche, le développement
et le suivi.
BREF HISTORIQUE DES NEGOCIATIONS SUR LES
POPs
Au cours des années 60 et
70, l'utilisation de certains produits chimiques, tels que les
pesticides, s'est accrue de manière considérable. Bon nombre
de ces produits chimiques sont importants pour la société
moderne mais peuvent également constituer une menace
sérieuse à la santé humaine et à l'environnement. De
manière particulière, une certaine catégorie de produits
chimiques connus comme étant des polluants organiques
persistants (POPs) devait récemment retenir l'attention
internationale en raison des preuves accumulées indiquant que
l'exposition à des doses très faibles de certains POPs peut
donner lieu à un cancer, à des dégâts au niveau des
systèmes nerveux central et périphérique, à l'atteinte du
système immunitaire, à des désordres au niveau de la
procréation et à des interférences dans le développement
du nourrisson et de l'enfant. Les POPs sont des substances
chimiques qui persistent, s'accumulent et présentent un
risque de causer des effets nocifs à la santé humaine et à
l'environnement. La preuve ayant été également établie
quant à la longue portée du transport de ces substances et
de leur introduction dans des régions où elles n'avaient
jamais été utilisées ou produites auparavant, et quant à
la menace qu'elles posent désormais à l'environnement
partout dans le monde, la communauté internationale a appelé
à une action mondiale urgente pour la réduction et
l'élimination de leurs rejets dans l'environnement.
Avant 1992, l'action
internationale dans ce domaine porta principalement sur
l'élaboration d'outils d'évaluation des risques et sur la
conduite d'études internationales sur les produits chimiques
à incriminer en priorité. A titre d'exemples, en 1989, le
PNUE amenda ses 'Directives de Londres' pour y introduire
l'Echange d'Information sur les Produits Chimiques dans le
Commerce International, et la FAO établit le Code de Conduite
International devant régir la Distribution et l'Utilisation
des Pesticides. En 1992, La Conférence des Nations Unies sur
l'Environnement et le Développement (CNUED) adopta le Plan
d'Action 21. Le Chapitre 19 du Plan d'Action 21, "Gestion
Ecologiquement Rationnelle des Produits Chimiques Toxiques, y
compris la Prévention du Commerce Illicite International des
Produits Toxiques et Dangereux," appela à la création
d'un Forum Intergouvernemental sur la Sécurité Chimique
(IFCS). Le Plan d'Action 21 appela également à la mise en
place d'un Programme Inter-Organisations de Gestion
Rationnelle des Produits Chimiques (IOMC) pour promouvoir la
coordination entre les organisations internationales
impliquées dans la mise en application du Chapitre 19,
Gestion Ecologiquement Rationnelles des Produits Chimiques
Toxiques, y compris la Prévention du Trafic Illicite des
Produits Toxiques et Dangereux." En mars 1995, le Conseil
d'Administration du PNUE (CA) adopta la Décision 18/32
invitant l'IOMC, l'IFCS et le Programme International sur la
Sécurité Chimique (IPCS) à entamer un processus
d'évaluation portant sur une première liste de 12 POPs. En
réponse à cette invitation, l'IFCS convoqua un Groupe de
Travail Spécial sur les POPs, lequel devait élaborer un plan
de travail pour l'évaluation de ces substances. Les études
inclurent les données disponibles concernant la composition
chimique, les sources, la toxicité, la dispersion
environnementale et l'impact socio-économique des 12 POPs
recensés à ce jour.
En juin 1996, le Groupe de
Travail Spécial tint une réunion d'experts à Manille, aux
Philippines, et conclut que des données suffisantes
existaient pour démontrer qu'une action internationale est
nécessaire pour minimiser les risques posés par les 12 POPs,
y compris l'élaboration d'un instrument juridique
contraignant. La réunion envoya au Conseil d'Administration
du PNUE et à l'Assemblée Mondiale de la Santé (WHA) une
recommandation stipulant qu'une action internationale doit
être entreprise immédiatement. En février 1997, le Conseil
du PNUE adopta la Décision 19/13C endossant les conclusions
et les recommandations de l'IFCS. Le Conseil requit que le
PNUE, en collaboration avec les organisations internationales
pertinentes, prépare et organise un comité
intergouvernemental de négociation (CNI) ayant pour mandat,
l'élaboration, d'ici l'an 2000, d'un instrument juridique
international contraignant pour la mise en application de
l'action internationale, en commençant par les 12 POPs
spécifiés. La première réunion du CNI fut également
requise d'établir un groupe d'experts chargé de
l'élaboration de critère scientifiques et une procédure
d'identification d'autres POPs pour l'action internationale
future. En février 1997 également, la seconde réunion de
l'IFCS décida que le Groupe de Travail Spécial du IFCS
poursuive ses travaux pour aider aux préparatifs des
négociations. En mai 1997, l'Assemblée Mondiale de la Santé
(WHA) entérina les recommandations de l'IFCS et requit de
l'OMS de participer activement aux négociations de
l'instrument international.
Le CNI-1:
La première session du Comité Intergouvernemental de
Négociation se tint du 29 juin au 3 juillet 1998 à
Montréal, au Canada. Le CNI-1 établit également le Groupe
d'Experts chargé de l'élaboration des Critères (GEC), ainsi
que le groupe de travail chargé des aspects ayant trait à la
mise en application du futur instrument, tels que ceux
touchant à l'assistance technique et financière. Le CNI-1
établit le GEC sous forme de groupe de travail technique à
composition non limitée, chargé d'élaborer des propositions
pour des critères de base scientifique et une procédure
d'identification d'autres POPs pour l'action internationale
future, à présenter au CNI lors ou avant sa quatrième
session. Le CNI-1 demanda au GEC d'inclure les critères ayant
trait à la persistance, à la bio-accumulation, à la
toxicité et � l'exposition dans diff�rentes r�gions en
tenant compte des potentialit�s du transport r�gional et
mondial
Le GEC-1:
La premi�re session du Groupe d'Experts charg� de
l'�laboration des Crit�res se tint du 26 au 30 octobre 1998
� Bangkok, en Tha�lande. Au GEC-1, les d�l�gu�s devaient
consid�rer �galement l'�laboration d'une proc�dure
d'identification de POPs additionnels, y compris les donn�es
requises aux diff�rentes �tapes de la proc�dure et
l'entit� charg�e de la d�signation et de l'�valuation de
la substance candidate potentielle.
Le CNI-2 :
La seconde session du Comit� Intergouvernemental de
N�gociation se d�roula du 25 au 29 janvier 1999 � Nairobi,
au Kenya. Les d�l�gu�s de plus de 100 pays s'y r�unirent
pour examiner les �l�ments pouvant �tre incorpor�s dans
l'instrument juridique contraignant. Les discussions du CNI-2
furent largement bas�es sur une esquisse �tendue de
l'instrument juridique, pr�par�e par le Secr�tariat. Apr�s
un d�bat g�n�ral sur ce document, les d�l�gu�s se
r�partirent en Groupes de N�gociation et de Mise en
Application. Le Groupe de N�gociation examina le texte de
l'esquisse et paracheva les discussions pr�liminaires sur :
les mesures de r�duction ou d'�limination des mises en
circulation; les plans nationaux de mise en application;
l'�change des donn�es; l'information, la conscientisation et
la sensibilisation du public, et la recherche, le
d�veloppement et le suivi. Le Groupe de Mise en Application
tint des discussions g�n�rales sur les activit�s possibles
en mati�re de renforcement des capacit�s n�cessitant une
assistance technique et financi�re. Un groupe de contact sur
les annexes devait �galement se r�unir pour commencer �
placer dans les annexes les 12 POPs interdits � la production
et � l'utilisation, les produits chimiques dont la production
et l'utilisation doivent �tre restreintes, et les produits
chimiques devant �tre assujettis � des rapports
d'utilisation et � des mesures de r�duction ou
d'�limination.
Le GEC-2 :
La seconde session du Groupe d'Experts charg� de
l'�laboration des Crit�res se d�roula du 14 au 18 juin 1999
� Vienne, en Autriche pour poursuivre le travail entam� par
le GEC-1 dans l'�laboration des crit�res scientifiques et la
proc�dure d'adjonction de POPs additionnels � la liste
initiale des 12 substances identifi�es pour l'action
internationale. Le GEC r�ussit � terminer ses travaux en
deux sessions au lieu de trois, l'accord ayant pu �tre
r�alis� sur la plupart des questions importantes. La
proc�dure propos�e pr�voit l'�tablissement d'un comit� ou
de comit�s d'�valuation pour l'application des crit�res et
l'�laboration d'un descriptif des risques et d'une
�valuation de la gestion des risques pour les substances qui
seront propos�es. Le rapport final fut transmis au CNI-3.
LE CNI-3:
Le CNI-3 se r�unit du 6 au 11 septembre 1999, � Gen�ve, en
Suisse. Il adopta le rapport du GEC et approuva les
recommandations du GEC comme plate-forme pour la suite des
n�gociations. Dans le Groupe de N�gociation, les d�l�gu�s
avanc�rent un certain nombre de propositions textuelles pour
les articles portant sur: les mesures visant � r�duire ou �
�liminer les mises en circulation; les plans nationaux de
mise en application; la liste des substances dans les annexes;
et l'�change d'informations. Dans le GEC, les d�l�gu�s
devaient poursuivre leurs discussions autour des questions
touchant � l'assistance technique, et aux ressources
financi�res et m�canismes de financement, et plusieurs
gouvernements et groupes r�gionaux soumirent des projets de
texte pour les articles qui s'y rapportent.
LE CNI-4:
Le CNI-4 se r�unit du 20 au 25 mars 2000, � Bonn, en
Allemagne. Les questions contentieuses int�ress�rent les
mesures visant � r�duire ou � �liminer les mises en
circulation, l'assistance technique, et les ressources
financi�res et les m�canismes de financement. Bien que le
CNI-4 ait r�ussi � �laborer les articles consacr� au
th�me de l'assistance technique et � celui des ressources
financi�res et des m�canismes de financement, le libell�
est demeur� lourdement crochet� et les positions des pays
industrialis�s et des pays en d�veloppement sont rest�s
divergentes sur plus d'un point. Les d�l�gu�s consacr�rent
un temps consid�rable au traitement des mesures de contr�le
et parvinrent � faire quelques avanc�es sur le libell�
pr�conisant l'�limination des sous-produits. Le CNI-4 devait
enregistrer �galement quelques progr�s dans les articles
consacr�s: aux plans nationaux de mise en application; � la
liste des substances; � l'�change d'information; �
l'information, conscientisation et sensibilisation du public;
et � la recherche, au d�veloppement et au suivi. Le CNI-4
n'eut pas le temps de d�battre du pr�ambule, des objectifs
et des d�finitions, et d�t reporter la consid�ration de ces
articles au CNI-5.
LE CNI-5:
Le CNI-5 se r�unit du 4 au 10 d�cembre 2000 � Johannesburg,
en Afrique du Sud. Pr�s de 525 participants issus de 122 pays
et d'instances intergouvernementales et d'organisations non
gouvernementales devaient prendre part � ses travaux. On
attendait du CNI-5 la conclusion des n�gociations de la
convention sur les POPs et cet objectif fut atteint dans les
premi�res heures du matin du samedi 10 d�cembre. Se rendant
au CNI-5, les pays �taient encore divis�s sur les questions
touchant: aux ressources financi�res et m�canismes de
financement; aux mesures visant � r�duire o� � �liminer
les mises en circulation; et au principe de pr�caution. Tout
au long de la semaine, les d�l�gu�s se r�unirent dans
divers groupes de contact et de mani�re encore plus
informelle pour essayer de r�soudre ces questions, et des
consultations officieuses autour des questions financi�res et
du principe de pr�caution devaient �tre tenues toute la nuit
du dernier jour de la conf�rence. Les d�l�gu�s
approuv�rent des r�solutions portant sur les arrangements
financiers de la p�riode int�rimaire et sur les questions
ayant trait � la Convention de B�le, lesquels seront
examin�s par la Conf�rence Diplomatique. Un certain nombre
d'autres r�solutions fut �galement trait�. Elles portent,
entre autres, sur les arrangements devant r�gir la p�riode
int�rimaire, sur le r�seau d'assistance en mati�re de
capacit�s, et sur la responsabilit� et la r�paration, mais
comme le manque de temps n'a pas permis leur discussion, ces
points seront examin�s � Stockholm.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
LA REUNION PREPARATOIRE:
Les d�l�gu�s se r�uniront � 10h � Folkets Hus, au Palais
des Congr�s de Stockholm, et la R�union Pr�paratoire doit
parachever l'�laboration des r�solutions devant �tre
examin�es et �ventuellement adopt�es par la Conf�rence des
Pl�nipotentiaires. Les r�solutions qui seront d�battues
englobent celles soumises au CNI-5 et qui n'avaient pas �t�
approuv�es faute de temps. La r�union aura �galement �
examiner des r�solutions portant sur les arrangements
int�rimaires, le r�seau d'assistance en mati�re de
capacit�s, la responsabilit� et la r�paration, et une
r�solution rendant hommage au gouvernement du Royaume de
Su�de. |