Lundi 5 juin, l'AG a ouvert sa Vingt-troisième Session
Extraordinaire, intitulée Femmes 2000: Egalité des Sexes,
Développement et Paix pour le 21ème Siècle. La
Grande Commission Spéciale (GC) s'est réunie le matin,
l'après-midi et dans la soirée. Le Groupe de Travail I s'est
réuni dans l'après-midi et dans la soirée pour l'examen des
Chapitres II et III. Un groupe de contact a tenu des séances
de travail le matin, l'après-midi et dans la soirée pour
débattre des paragraphes consacrés aux thèmes des droits
humains, de la fillette et des conflits armés.
LA PLENIERE
Theo-Ben Gurirab (Namibie), Président de la Session
Extraordinaire, souhaita la bienvenue aux participants et,
rappelant que la Conférence de Pékin de 1995 avait été
baptisée conférence des engagements, appela à un nouvel
engagement en faveur de l'égalité et de la promotion de la
femme. Le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, souhaita
la bienvenue à l'ensemble participants et mit en exergue les
progrès réalisés depuis Pékin, notamment le nombre record
de femmes aux postes de direction et de prise de décisions au
sein des Nations Unies, une meilleure compréhension que
l'égalité des femmes constitue un préalable pour le
développement, et davantage de lois consacrés à la violence
à l'encontre des femmes. L'orateur nota que beaucoup restait
à faire sur des problèmes tels que celui du décalage
économique entre les hommes et les femmes et de la violence
à l'encontre des femmes dans de nouveaux types de conflits
armés ciblant les populations civiles. Il souligna que la
propagation du HIV/ SIDA et la traite des blanches
constituaient des défis exigeant une action immédiate. La
Présidente du PrepCom Christine Kapalata (Tanzanie) appela à
la pleine application de la plate-forme d'action (PFA),
insistant sur la nécessité de l'assortir de moyens
financiers provenant de sources comme l'APD. Elle
mit en relief l'importance de la volonté politique et de
la responsabilité des décisions politiques au moment où les
délégations en seront à la clôture des négociations.
Après l'adoption du rapport du PrepCom (A/S-23/2) et de
l'ordre du jour provisoire (A/S-23/1), les délégués
entendirent des déclarations d'ouverture portant sur
l'évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre
des 12 domaines de préoccupation critique de la PFA, données
par deux Vice-Présidents, un Chef de Gouvernement, deux Vice
Premiers Ministres, vingt Ministres, quatre Vice-Ministres et
deux Chefs de Délégations. Les déclarations de la
Plénière sont disponibles sur l'Internet au : http://www.un.org/ga/webcast/stat.htm.
LA GRANDE COMMISSION SPECIALE
La Présidente Kapalata ouvrit le GCS et souhaita la
bienvenue aux délégués. Angela King, Conseillère Spéciale
auprès du Secrétaire Général, chargée de la Question
Féminine et de la Promotion de la Femme, fit l'éloge du
travail fourni récemment par les délégués qui laisse
prévoir un document fort, pratique et focalisé. Les
délégués devaient procéder ensuite à l'élection des
Vice-Présidents et du Rapporteur du Bureau de la GC et noter
l'organisation des travaux. Après quoi, la GC entendit un
bref débat général pour arranger les orateurs qui ne seront
pas en mesure de s'adresser à la Plénière. Parmi ces
derniers, le SADC, l'UNAIDS, le Programme Alimentaire Mondial,
le FMI, l'Institut International des Nations Unies pour la
Recherche et la Formation en matière de Promotion de la
Femme, la FAO, le BIT, le Bureau de Contrôle des Stupéfiants
et de Prévention du Crime, l'UNESCO, le All India Women's
Conference, et la Commission Economique et Sociale pour l'Asie
Occidentale.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
CHAPITRE II: LES REALISATIONS ET LES OBSTACLES
La Violence: Dans le paragraphe 11, consacré aux
obstacles, la LIBYE, avec l'EGYPTE et l'IRAN, suggéra la
suppression du libellé stipulant que la violence domestique,
y compris celle sexuelle dans le mariage / le viol marital,
est encore traitée comme une affaire d'ordre privé dans
certains pays. L'AFRIQUE DU SUD, SLAC, SADC, l'UE et JUSCANZ
s'y opposèrent. Le libellé resta crocheté. Les références
à l'insuffisance de la prise de conscience, à la
pornographie ciblant les enfants et à l'absence de
stratégies de prévention furent approuvées. La proposition
avancée par l'UE concernant la traite des blanche resta
crochetée.
L'Economie: Dans le paragraphe 14, consacré aux
réalisations, les délégués acceptèrent les références
à la maternité, à la paternité et au congé parental; et
aux services de soins de l'enfant et de la famille. Dans le
paragraphe 15, consacré aux obstacles, les délégués
acceptèrent les références: aux "nombreuses"
femmes confrontées à un décalage dans les salaires; au fait
que l'égalité des "salaires" ne soit pas "entièrement"
réalisée; et aux soins devant être accordés aux sein des
familles, des ménages et des communautés. Le PAKISTAN, avec
d'autres Etats, fit opposition à la référence à "l'égalité"
dans la possession des ressources foncières, la propriété
et l'héritage. L'EGYPTE pouvait accepter la référence à
l'égalité des droits, à condition de remplacer "droit
à l'héritage" par "droit d'hériter." SADC et
l'AFRIQUE DU SUD s'y opposèrent, le SOUDAN y apporta son
soutien et l'UE et le Mexique demandèrent un délai pour
examiner la proposition, et le libellé resta crocheté.
Le Pouvoir et les Processus Décisionnels: Dans les
paragraphes 17 et 19, consacrés aux obstacles, les
délégués adoptèrent les références: au dialogue et à la
coopération avec les ONG; aux médias entravant
l'intégration d'une perspective féminine, notamment, dans
les sphères d'influence; à l'organisation et aux structures
politiques capables d'habiliter toutes les femmes à
participer dans toutes les sphères de prises de décisions
politiques; et au manque de données sexo-spécifiques et de
méthodes d'évaluation des progrès. La proposition de la
Libye appelant à la suppression des références aux
critères de sélection pour les postes décisionnels fut
adoptée.
Les Medias: Dans le paragraphe 23, consacré aux obstacles,
SADC, JUSCANZ, la LIBYE, SLAC, le SAINT SIEGE et d'autres
Etats débattirent de la référence à la pornographie. Le
Président Mlacak suggéra l'insertion d'une formulation sur
la pornographie / les matériaux pornographiques et autres
matériaux obscènes. La référence resta crochetée. Les
délégués s'accordèrent sur un libellé faisant référence:
au traitement biaisé dans les femmes reste l'objet dans les
médias; et à la pauvreté, au manque d'accès et
d'opportunités, à l'analphabétisme, à l'analphabétisme
informatique et aux barrières linguistiques.
L'Environnement: Dans le paragraphe 24, consacré aux
réalisations, les délégués acceptèrent les références
au savoir écologique traditionnel des femmes autochtones.
Dans le libellé faisant référence au lien entre égalité
des sexes, éradication de la pauvreté, dégradation
environnementale et développement durable, l'EGYPTE proposa
l'insertion d'une formulation sur les différentes
responsabilités des pays industrialisés et des pays en
développement. La référence resta entre crochets.
La Fillette: Dans le paragraphe 26, consacré aux
réalisations, SLAC, appuyé par la TURQUIE et le NIGERIA,
suggéra l'insertion du libellé appelant à des mécanismes
de soutien pour les adolescentes enceintes et les adolescentes
mères qui avait été approuvé dans le groupe de contact. Le
SOUDAN et l'EGYPTE s'y opposèrent. La référence resta
crochetée.
CHAPITRE III: LES DEFIS ACTUELS
Les délégués s'accordèrent sur le paragraphe 31 qui
porte sur la science et la technologie en tant que composantes
fondamentales du développement. Dans le paragraphe 32 qui
appelle à une évolution dans les flux migratoires de la main
d'œuvre, les délégués acceptèrent la suppression de la
phrase portant sur la séparation des familles. Les
références aux formes de migration et à la liste des
conséquences négatives de la migration restèrent entre
crochets. Les délégués s'accordèrent sur une
re-formulation du paragraphe 33, appelant à une collaboration
avec la société civile, avancée par SLAC.
LE GROUPE DE TRAVAIL II
CHAPITRE IV: LES NOUVELLES ACTIONS ET INITIATIVES
Les Actions Internationales: Au cours de la séance
nocturne du 3 juin, les délégués s'entendirent sur le
maintien du 138(a) qui appelle à la garantie d'un
vieillissement actif et sain, et sur la suppression du 138 (b)
qui porte sur la malnutrition.
Les Actions Nationales: Le 5 juin, dans le paragraphe
102(n) qui appelle à des législations non-discriminatoires,
l'IRAN proposa, et tous les participants appuyèrent, le
remplacement de la référence aux systèmes incitatifs par un
libellé appelant à la prise des mesures nécessaires à
l'instauration d'un environnement favorable. Le sous-alinéa
fut approuvé. Dans le 103(a) qui appelle à des législations
protectrices, les délégués discutèrent d'une
re-formulation avancée par CARICOM incluant des références,
entre autres, à la revue et à la révision des législations
en vigueur et, le cas échéant, à l'introduction de
législations efficaces garantissant la protection et
permettant le recours à la justice. L'IRAN suggéra de placer
"le cas échéant" après "la revue et la
révision." L'UE proposa de supprimer "en vigueur."
Le texte fut approuvé.
Dans le 103(c) appelant au renforcement des mécanismes du
traitement de la violence domestique, tous les participants se
déclarèrent pour la suppression de la référence à la
famille. Le PAKISTAN suggéra, et les délégués
approuvèrent, l'insertion d'une référence à "toutes
les formes de" violence domestique. Le PAKISTAN, avec
d'autres Etats, appela à la suppression de la référence au
viol marital et à l'abus sexuel des femmes et des filles.
SLAC, avec d'autres Etats, préféra son maintien. Aucun
consensus ne put être atteint, et la référence resta
crochetée.
Dans le 103(d) appelant à l'éradication des pratiques
coutumières ou traditionnelles pr�judiciables, le NIGERIA
ajouta une r�f�rence au mariage pr�coce. Le texte fut
approuv�. Dans le 103(g), les d�l�gu�s s'accord�rent sur
la prise de mesures prioritaires pour le traitement de la
violence � l'encontre des femmes autochtones. Dans le 103(i)
appelant � l'adoption d'une approche holiste dans le
traitement de la violence, aucun accord ne put �tre r�alis�
sur les r�f�rences � l'�limination de toutes les formes de
violence et d'abus, aux services et aux pourvoyeurs de soins
sanitaires, aux filles et aux femmes handicap�es, aux femmes
vuln�rables et marginalis�es et � la perp�tuation des
attitudes et des r�les st�r�otyp�s n�gatifs. Dans le
paragraphe 104(a), consacr� � la traite des blanches, les
d�l�gu�s ne parvinrent pas � s'accorder sur le libell�
�laborant sur les formes d'exploitation.
Dans le 106(b), consacr� aux politiques agricoles, les
d�l�gu�s accept�rent les r�f�rences � la qualit� de
l'eau et aux technologies �cologiquement rationnelles.
L'ARGENTINE souhaita la suppression de r�f�rence �
l'agriculture organique. L'UE y fit opposition. L'AFRIQUE DU
SUD, avec d'autres Etats, appuya le maintien de la r�f�rence
aux agricultrices. Les deux r�f�rences rest�rent entre
crochets. Les d�l�gu�s s'accord�rent sur le 109(b)
propos� par SLAC et portant sur les investissements dans le
secteur social, avec un amendement introduit par SLAC
rempla�ant le terme "investissements" par "ressources
financi�res et autres." Les d�l�gu�s adopt�rent
�galement le 109(c) bis, portant sur les femmes dans la
pauvret�, avec un amendement introduit par JUSCANZ
rempla�ant le terme "�liminer" par le terme "r�duire."
Dans le 110(a), portant sur la s�curit� sociale, les
d�l�gu�s travaill�rent sur une formulation propos�e par
l'EU / JUSCANZ. Ils accept�rent les r�f�rences � : "toutes"
les "femmes pauvres," aux formes de travail souples
�mergeantes, et � la n�cessit� de s'assurer que ces formes
sont ad�quatement couvertes par la protection sociale.
Les d�l�gu�s s'accord�rent sur le 112(b) qui appelle �
une action en faveur de la poursuite de la promotion de la
femme, sur le 112(c) qui
appelle � la mise � la mise en place d'un arsenal national
assorti de ressources en faveur de l'int�gration de la
perspective f�minine, sur le 112(f) appelant � s'assurer de
la sensibilit� des gouvernements, des politiques et des
strat�gies, � la perspective f�minine, et sur le 113(a) qui
porte sur le soutien statistique.
Les d�l�gu�s adopt�rent le 114(a) qui appelle � la
mise en place des programmes d'alphab�tisation et de
formation. Dans le 114(b) portant sur la collaboration, la
r�f�rence � la collaboration avec les organes et les
groupes religieux resta crochet�e. Les d�l�gu�s
adopt�rent le 116(a), consacrer aux outils et aux indicateurs
de l'int�gration de la perspective f�minine. Les d�l�gu�s
adopt�rent le 117(a)bis, portant sur la nomination des
candidates femmes, et accept�rent la suppression du 117(b),
portant sur la d�signation des femmes � des postes de haut
rang.
Les d�l�gu�s s'accord�rent sur le d�placement du
118(a)bis, portant sur les institutions de micro-cr�dits vers
le 127(e) bis. Ils adopt�rent le 118(c), consacr� au
d�veloppement des carri�res et � la promotion des femmes,
moyennant quelques amendements mineurs. Les d�l�gu�s
supprim�rent le 118(h) qui appelle � des mesures
incitatrices pour le secteur priv�, et adopt�rent le 118(i),
consacr� � l'�ducation des filles, et le 118(k) consacr�
� la cr�ation d'emplois et � l'�conomie.
Les Actions Internationales: Aucun consensus ne put �tre
r�alis� sur le point de savoir s'il fallait ou pas fusionner
le 120(b) qui appelle au renforcement des capacit�s des ONG
pour la mise en �uvre de la PFA, avec le 136(a). Les d�l�gu�s
adopt�rent le 120(e) consacr� au r�le des commissions
r�gionales. Dans le 120(e)bis, qui appelle � des mesures
d'all�gement des effets des sanctions �conomiques, la
r�f�rence aux effets "n�gatifs" resta crochet�e.
Les d�l�gu�s adopt�rent le 121(a) qui appelle �
l'int�gration de la perspective f�minine au sein des Nations
Unies, moyennant quelques amendements mineurs. Ils
d�cid�rent de retenir le 121(b) propos� par SLAC et qui
porte sur la formation du personnel onusien en mati�re
d'int�gration de la perspective f�minine, et d'ins�rer une
r�f�rence � l'analyse de l'impact sur les droits humains.
Les d�l�gu�s supprim�rent le 121(d)appelant �
l'�tablissement de liens entre la PFA et les conf�rences des
Nations Unies, et adopt�rent le 121(e), consacr� au r�le de
la Commission sur le Statut de la Femme (CSW) dans la mise en
�uvre de la PFA, et le 121(g) appelant � une assistance en
faveur des Parties dans la mise en application de la CEDAW.
Les d�l�gu�s ne parvinrent pas � s'entendre sur le point
de savoir si fallait oui ou non ins�rer une r�f�rence � la
d�gradation environnementale dans le paragraphe 122(a) qui
appelle � des r�ponses sensibles � la perspective f�minine,
dans les crises humanitaires.
LES GROUPES DE CONTACT
Des d�l�gu�s ayant pris part aux groupes de contact
rapport�rent que des progr�s y ont �t� r�alis�s,
notamment, dans la suppression des crochets entourant les
paragraphes consacr�s � la question des droits humains, avec
un libell� appelant � l'�galit� des sexes dans les foras
internationaux. Dans les n�gociations autour de la question
des conflits arm�s, certains participants ont confi� que
l'atmosph�re des n�gociations est devenue plus
"constructive." Ils ont, par ailleurs, fait part
d'une absence de consensus autour du libell� consacr� � la
mondialisation, certaines d�l�gations ayant pr�f�r� la
mention des aspects positifs et n�gatifs de son impact.
DANS LES COULOIRS
Arriv�s en masse cette semaine, certains repr�sentants
d'ONG ont fait part d'un sentiment de frustration. La
contestation publique est � l'�uvre; avec des v�ux de voir
les femmes avancer, nonobstant les r�serves de leurs
gouvernements. Certains activistes sont ind�cis quant � la
publication d'une liste des pays jug�s responsables du
blocage du processus de P�kin+5, m�me si ce sujet commence
� susciter la curiosit� des m�dias internationaux. D'autres
ont affirm� que certains pays sont en faveur de la cause, en
apparence seulement, compte tenu du nombre de th�mes qui ont
disparu dans le document. Dans l'intervalle, au moins, un
observateur a estim� que les ONG passent trop de temps �
parler entre elles-m�mes et pas assez de temps � parler avec
leurs gouvernements...