Vendredi 2 juin, le PrepCom a poursuivi ses consultations
officieuses. La Plénière s'est réuni dans l'après-midi
pour l'examen des préparatifs de la Session Extraordinaire et
l'adoption le rapport du PrepCom. Le Groupe de Travail I s'est
penché sur le Chapitre II dans l'après-midi. Le Groupe de
Travail II a planché sur le Chapitre IV au cours des séances
du matin, de l'après-midi et de la soirée jusque tard dans
la nuit. Le groupe de contact facilité par la Vice-Présidente
Patricia Flor s'est réuni le matin, l'après-midi et dans la
soirée pour débattre des paragraphes portant sur les thèmes
des conflits armés, de la santé et de la famille.
LA PLENIERE
Au cours de la sixième réunion de la troisième session
du CSW agissant en tant que PrepCom pour la Session
Extraordinaire de l'AGNU, la Présidente Christine Kapalata
invita les délégués a examiner les Chapitres I-IV du
document des conclusions proposées intitulé "Nouvelles
actions et initiatives pour la mise en de la Déclaration de
Pékin et de la Plate-forme d'Action"
(E/CN.6/2000/PC/L.1/Rev.3), ainsi que le papier officieux
reflétant les résultats de la suite des consultations
informelles menées autour du texte. Il fut décidé que les
ajouts introduits dans le papier officieux seront transmis
avec le document des conclusions proposées à l'Assemblée
Générale à sa 23ème Session Extraordinaire
prévue la semaine prochaine. Les délégués acceptèrent
également un document dressant la liste des ONG accréditées
près de la Session Extraordinaire, conformément à la
Décision 54/467 de l'AG (E/CN.6/2000/PC/INF/2), et
adoptèrent le rapport provisoire de la session de reprise
(E/CN.6/2000/PCL.9). La Présidente Kapalata indiqua ensuite
que les travaux de la session de reprise étaient terminés et
ajourna la réunion.
LE GROUPE DE TRAVAIL I
CHAPITRE II: LES REALISATIONS ET LES OBSTACLES
L'Education: Dans l'alinéa 7, consacré aux obstacles,
dans la référence au manque de volonté politique et de
ressources, la LIBYE, le PAKISTAN, l'ALGERIE, le KOWEIT et
l'EGYPTE s'opposèrent à la référence au manque de volonté
politique. Le SADC, avec l'UE, apporta son appui au maintien
de la référence et l'UE mit en exergue les liens entre les
ressources et la politique et inséra les termes "dans
certains pays." JUSCANZ proposa l'insertion d'une
référence au manque d'engagement. SLAC, appuyé par JUSCANZ,
suggéra "manque de ressources et insuffisance de
volonté politique. La représentante de ST. KITTS Et NEVIS,
au nom des pays des Caraïbes, préféra manque de ressources
et insuffisance d'engagement. Les références alternatives à
la volonté politique et à l'insuffisance de la volonté
politique /de l'engagement restèrent toutes crochetées.
Dans le libellé consacré au fait que l'application des
politiques d'ajustement structurel (OAS) ont exercé un impact
particulièrement sévère sur le secteur de l'éducation dans
certains pays en développement, puisqu'ils ont abouti à un
déclin de l'investissement dans l'infrastructure
éducationnelle, l'UE, contrée par le G-77/CHINE et appuyée
par JUSCANZ, proposa de préciser application "inappropriée",
et cita la formulation retenu par le SMDS qui se réfère à
conception inappropriée. Les délégués placèrent le terme
"inappropriée" entre crochets.
La Violence: Dans le paragraphe 10, consacré aux
réalisations, les délégués examinèrent trois propositions
alternatives avancées pour la section du paragraphe. Ils
s'accordèrent sur une nouvelle formulation avancée par l'UE
comme plate-forme de négociation, après y avoir intégré
les libellés proposés par le G-77/Chine, et JUSCANZ, qui de
ce fait ne virent pas d'inconvénient à retirer leurs
formulations. JUSCANZ proposa: une référence aux femmes
"et aux filles;" un libellé appelant à
l'investigation et à la punition des actes de violence,
qu'ils soient perpétrés par l'Etat ou par des personnes
physiques privées; et, ici, contré par le G-77/CHINE, un
appelant à considérer la violence à l'encontre des femmes,
lorsqu'elle est perpétrée "ou pardonnée" par
l'Etat ou par ses agents, comme constituant une violation des
droits humains. JUSCANZ proposa également: l'intégration de
l'intégralité du texte du G-77/Chine; l'insertion d'une
référence à la violence basée sur la différence sexuelle,
ce à quoi le G-77/CHINE fit objection; et la suppression du
libellé portant sur la violence domestique qui "viole et
" abîme la personne humaine. La suite du débat fut
reportée en attendant un examen plus approfondi de ces
propositions et le texte resta crocheté.
GROUPE DE TRAVAIL II
CHAPITRE IV: LES NOUVELLES ACTIONS ET INITIATIVES
Les Actions Nationales et Internationales: Lors de la
séance nocturne tardive tenue le jeudi 1er juin, les débats
portèrent entre autres sur les alinéas 132 et 133. Les
délégués parvinrent à s'accorder sur: l'alinéa 132(i) bis
(ancien 126(f)) qui appelle à des programmes innovants pour
l'habilitation de la femme âgée; l'alinéa 133(g), portant
sur les situations de prises d'otages; le 133(h), appelant à
la protection des enfants et en particulier, des fillettes
lors des hostilités; la suppression du 133(k), consacré à
l'implication des femmes dans, entre autres les négociations
de résolution des conflits; et la suppression du 133(m),
consacré aux petites armes et aux armes légères. Les
libellés du reste des sous-alinéas restèrent crochetés,
notamment les références à l'éducation en matière de
droits humains, à l'impunité des violations du droit
international, aux causes profondes des conflits armées, à
l'assistance au profit des femmes déplacées à l'intérieur
des territoires nationaux, à la ratification du Statut de
Rome, aux femmes touchées par les situations de conflits
armés, à l'implication des femmes dans la promotion de la
paix, à la différence des traitements fondée sur le sexe
dans les conflits armés, au désarmement, et à
l'engendrement de ressources financières à travers la
réduction des dépenses militaires excessives.
Le vendredi, les délégués référèrent le paragraphe
133(n), concernant l'accès des réfugiés à l'éducation et
aux services de santé, au groupe de contact sur la santé.
Dans un nouveau 134(a), résultant de la fusion des 134(a),
(c) et (d) et appelant à s'assurer de l'égalité de l'accès,
entre autres, dans le domaine de l'information et des
technologies de communication, l'UE, soutenu par l'ensemble
des participants, remplaça le terme s'assurer par le terme
promouvoir. L'oratrice proposa l'insertion d'un libellé
appelant à la suppression des stéréotypes basés sur le
sexe et à promouvoir une image équilibrée des femmes et des
hommes, en tenant compte du droit à la liberté d'expression.
L'IRAN, la LIBYE, le NIGERIA et d'autres Etats s'opposèrent
à la référence à la liberté d'expression. SADC, JUSCANZ
et SLAC plaidèrent pour son maintien. SLAC déclara que si la
référence était retenue, son groupe était prêt à retirer
le 134(f) qu'il a proposé et qui appelle à l'encouragement
des journalistes et des spécialistes des médias, des
associations de média et les institutions d'éducation et de
formation à promouvoir une image équilibrée et non
stéréotypée des femmes. JUSCANZ, avec l'appui de l'UE,
proposa, en guise de compromis, "compatible avec la
liberté d'expression." L'IRAN souligna que la liberté
d'expression, par opposition au droit à la parole, englobe la
pornographie. Les références "compatible avec" et
"tenant compte du" droit à la liberté d'expression
restèrent crochetées. Le sous-alinéa 134(f) fut supprimé.
Les délégués s'accordèrent sur un nouveau 134(b),
résultant de la fusion des 134(b), (e) et (i) et appelant à
la l'élaboration de programmes de soutien au profit des
femmes dans le domaine de la mise en réseau. Ils
supprimèrent le 134(g) qui appelait à l'organisation de
campagnes mettant en relief la valeur égale des garçons et
des filles dans la société.
Sans le 134(h) reformulé par JUSCANZ et préconisant la
capitalisation des nouvelles technologies de l'information en
vue d'améliorer le partage mondial de l'information, de la
recherche, des éléments de force, des enseignements tirés
et des meilleures pratiques dans le domaine de la
concrétisation de l'égalité des sexes, l'IRAN précisa, et
tous les participants approuvèrent, égalité des sexes,
développement et paix. La LIBYE, contrée par un certain
nombre d'Etats, souhaita remplacer meilleures pratiques par
expériences. La représentante des PHILIPPINES appela à
l'insertion d'une référence à "herstories."
Plusieurs délégations notèrent que le terme présentera des
difficultés de traduction et que le concept était impliqué.
JUSCANZ suggéra l'insertion d'une référence aux
expériences acquises par les femmes. Les références à
"herstories", aux "meilleures pratiques"
et aux "expériences acquises par les femmes"
restèrent crochetées.
Dans le 135(a), consacré à l'initiative 20/20, les
délégués s'accordèrent sur la promotion et
l'accélération de la mise en application de l'initiative
20/20 qui intègre une perspective féminine au profit de tous,
et en particulier des femmes et des filles. Dans le 135(b),
concernant l'APD, les délégués intégrèrent la formulation
approuvée tirée de la Déclaration Politique pour appeler à
la poursuite de la coopération internationale, y compris la
réaffirmation de la nécessité de s'efforcer à honorer,
dans les meilleurs délais possibles, l'objectif approuvé à
l'échelle internationale, consistant à réserver 0.7% du PNB
des pays industrialisés à l'APD, augmentant ainsi le flux
des ressources au profit de l'égalité des sexes, du
développement et de la paix.
L'IRAN amenda son 135(b) bis proposé qui appelle à la
facilitation du transfert des technologies, pour y préciser
que ce transfert constituait un moyen efficace d'accélérer
la concrétisation des objectifs de l'égalité des sexes, du
développement et de la paix. La CHINE apporta son soutien au
libellé. Le PAKISTAN, avec le NIGERIA, proposa d'ajouter une
r�f�rence � l'encouragement des partenaires du
d�veloppement, et le remplacement de la r�f�rence aux modes
actuels par une r�f�rence aux pays en d�veloppement. Le
GHANA sugg�ra l'amendement du libell� de mani�re � y
mentionner l'importance du transfert des technologies,
notamment, les nouvelles technologies modernes. L'EGYPTE, avec
IRAN, proposa une formulation appelant � l'encouragement des
efforts internationaux visant � �liminer les obstacles
entravant le transfert des technologies. SLAC, avec ANTIGUA ET
BARBUDA, pr�f�ra la formulation du Pr�sident appelant � la
facilitation du transfert des technologies, notamment celles
nouvelles et modernes, en tant que moyens efficaces
d'acc�l�rer les choses. L'UE ajouta des r�f�rences aux
"EIT" et aux technologies appropri�es. JUSCANZ nota
qu'un d�lai plus important �tait n�cessaire pour l'examen
de toutes les propositions avanc�es. Le sous-alin�a resta
crochet�.
Dans le 135(c) propos� par l'UE et appelant �
l'int�gration d'une perspective f�minine dans toutes les
activit�s et tous les documents ayant rapport avec
l'Assembl�e et le Sommet du Mill�naire, le BANGLADESH,
appuy� par SLAC, le PAKISTAN, le NIGERIA et ANTIGUA ET
BARBUDA, proposa sa suppression en raison des r�serves
�mises concernant l'intersection entre diff�rents processus
des Nations Unies. La CROATIE, JUSCANZ et SADC apport�rent
leur appui au libell�. Les d�l�gu�s s'accord�rent sur une
re-formulation recommandant au Comit� Pr�paratoire de
l'Assembl�e du Mill�naire de fournir un effort pour, entre
autres, int�grer une perspective f�minine, y compris dans la
consid�ration de l'�radication de la pauvret�.
Dans le 135(d) propos� par l'UE et appelant �
l'�valuation de l'impact des programmes visant �
l'�radication de la pauvret� sur la promotion des femmes
vivant dans la pauvret�, les d�l�gu�s s'accord�rent sur
un libell� amend� portant sur: l'intensification des efforts
pour la mise en �uvre des programmes d'�radication de la
pauvret� l'�valuation de l'�tendue de l'impact de ces
programmes sur la promotion des femmes; l'introduction
d'am�liorations sur ces programmes; l'habitat; les soins de
sant�; les services sociaux de base; la participation des
femmes; et les micro-cr�dits et autres instruments et
services financiers. La r�f�rence appelant � une formation
et une �ducation de "qualit�", resta crochet�e.
Dans le 135(e), appelant � la mise en place d'un fonds de
d�veloppement social, SLAC proposa de r��crire le texte
pour y appeler � l'�tablissement d'un fonds de
d�veloppement social et � l'�laboration et � l'application,
en concertation avec la soci�t� civile, de strat�gies de
r�duction de la pauvret� sensibles � la question f�minine,
pour att�nuer les effets des PAS et des politiques de
lib�ralisation du commerce et pour r�duire les co�ts
sociaux des processus de transition �conomique. La CHINE
sugg�ra de placer l'alin�a dans le chapitre r�serv� aux
actions nationales. L'ALGERIE, l'EGYPTE, l'IRAN, la LIBYE, le
NIGERIA et le PAKISTAN pr�f�r�rent le maintien du texte
d'origine. La JAMAIQUE sugg�ra un amendement consistant �
placer "en temps opportun," apr�s �tablir un fonds
de d�veloppement social. L'UE sugg�ra une re-formulation du
135(e) sur la base de la proposition avanc�e par SLAC et
appela � d�placer un certain nombre d'�l�ments de leur
re-formulation d'origine vers le nouveau 135(e) bis. Apr�s un
long d�bat, l'UE retira sa re-formulation du 135(e), sugg�ra
l'introduction de quelques amendements sur celle avanc�e par
SLAC, et proposa de maintenir le 135(e) bis. Le texte
d'origine, la proposition de SLAC, telle qu'amend�e par l'UE,
et le 135(e) bis rest�rent crochet�s.
LES GROUPES DE CONTACT
Le groupe de contact facilit� par la Vice-Pr�sidente
Patricia Flor discuta du texte consacr� aux conflits arm�s,
y et d�battit entre autres de la question des sanctions
cibl�es. Le groupe examina �galement les paragraphes portant
sur le th�me de la sant�, y compris le libell� appelant �
la mise en place de services d'information sur la sant�
reproductive des adolescentes.
DANS LES COULOIRS
En fin de semaine, les d�l�gu�s rapport�rent que
l'esprit de consensus s'est r�duit � une couche fine de
frustration. L'un des observateurs a not� que le comportement
des d�l�gations en disait, d�sormais, plus long que tous
les libell�s du document. Un autre s'est d�clar� inquiet de
voir l'imminente arriv�e des ONG risquer soit de pousser le
processus vers l'avant soit de le freiner en raison du fait
que peu d'entre-elles ont �t� en mesure de rester au dessus
des questions, tout au long des cinq semaines des pr�paratifs.
Dans l'intervalle, certains d�l�gu�s sont en train, croit-on
savoir, non seulement de bravement n�gocier durant quatre
s�ances par jour, mais �galement d'essayer de parer � des
rapports hostiles publi�s dans leurs pays par des journaux
ayant des vues diff�rentes sur un certain nombre de sujets
pol�miques. Et pas r�pit en vue. Des intersessions
Additionnelles du Sommet Social sont sur le point d'�tre
annonc�es�