|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 13 No. 97
Mardi 27 mai 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA FNUF- 3
LUNDI 26 MAI 2003
Lundi 26 mai 2003, la Troisième Session du
Forum des Nations Unies sur les Forêts (FNUF-3) a ouvert ses
travaux à Genève, an Suisse. Les délégués se sont réunis en
Plénière, tout au long de la journée, pour entendre les
déclarations d'ouverture du Secrétariat du FNUF, le Président
du FNUF et les délégations des pays. Les délégués ont
également entendu une présentation sur les tendances
forestières nationales.
LA SESSION D'OUVERTURE
Pekka Patosaari, Coordinateur et Chef du
Secrétariat du FNUF, a ouvert les travaux du FNUF-3. Les
délégués ont, ensuite, procédé à l'élection de Hossein Moeini
Meybodi (République Islamique d'Iran), Président de la FNUF-3,
et des membres du Bureau de la FNUF-3: Gustavo Eduardo Ainchil
(Argentine), Peter Csoka (Hongrie), Conceição Ferreira
(Portugal), et Matia Mulumba Semakula Kiwanuka (Ouganda).
Le Président Meybodi a mis en exergue
l'objectif du FNUF, comme étant de fournir un cadre pour la
coopération internationale visant à la réalisation de la
gestion forestière durable (GFD). Identifiant les principales
tâches de la FNUF-3, il a noté l'importance de l'établissement
de groupes d'experts ad hoc sur: les approches
et les mécanismes nécessaires dans le domaine: du suivi, de
l'évaluation et de l'élaboration des rapports (SER); du
financement et du transfert des technologies écologiquement
rationnelles (TER); et, sur la considération de l'opportunité
de recommander les paramètres du mandat nécessaire à
l'établissement d'un cadre juridique applicable à tous les
types de forêts. Il a ensuite invité l'ensemble des
délégations à prendre part activement au dialogue avec les
parties prenantes.
Pekka Patosaari, Co-ordonateur du FNUF,
s'est adressé à la réunion, au nom du Sous-secrétaire Général
de l'ONU, chargé des Affaires Economiques et Sociales, Nitin
Desai. Mettant en relief la nécessité de traduire, en actions
concrètes, les engagements internationaux pris en faveur des
forêts, il a indiqué que la réussite ultime du FNUF dépendra
de son aptitude à mobiliser le soutien politique, financier,
scientifique et technique en faveur de la GFD. Il a noté le
rôle crucial des gouvernements, des organisations
intergouvernementales et de la société civile dans la
réalisation de la GFD, et a souligné le besoin d'harmoniser
les politiques sectorielles, aux échelons national et régional,
et à l'échelle mondiale.
Le Co-ordonateur du FNUF, Patosaari a,
ensuite, mis l'accent sur les progrès réalisés à travers le
Partenariat de Collaboration sur les Forêts (PCF) et les
initiatives conduites par les pays. Identifiant l'évaluation
des progrès, comme étant l'un des principaux défis à relever
par le FNUF, il a exhorté les pays à soumettre des rapports à
caractère volontaire et de fournir des informations
remontantes sur les processus d'établissement des rapports.
Hosny El-Lakany, Partenariat de
Collaboration sur les Forêts (PCF) a réaffirmé l'engagement du
PCF en faveur des initiatives du FNUF et a donné un aperçu sur
celles conjointes menées par le PCF et le FNUF, notamment dans
le domaine du financement de la GFD et de l'élaboration des
rapports relatifs aux forêts. Accueillant favorablement les
directives et les appuis apportés par le FNUF, il a noté que
le PCF pourrait ne pas être en mesure de mener toutes les
tâches qui lui sont confiées.
L'Ambassadeur Beat Nobs, de l'Agence Suisse
de l'Environnement, des Forêts et des Paysages, a mis en
exergue la pluri-fonctionalité des écosystèmes forestiers et
le caractère transversal de la GFD. Il a souligné le rôle du
FNUF dans le rapprochement des différentes perspectives sur
les forêts; la fourniture des grandes lignes directrices de la
GFD; et dans la coordination des nombreuses institutions et
processus traitant des forêts.
LES QUESTIONS ORGANISATIONNELLES: Les
délégués ont adopté le calendrier des travaux et, moyennant
quelques modifications mineures, l'ordre du jour provisoire
(E/ CN.118/2003/1), et ont approuvé l'admission de l'ensemble
des observateurs. La FNUF-3 a, ensuite, désigné Peter Csoka (Hongrie),
Vice-président et rapporteur de la FNUF-3
LES EXPOSES SUR LES TENDANCES NATIONALES:
L'après-midi, Pekka Patosaari a présenté les tendances
nationales reflétées dans les rapports des pays soumis au FNUF.
Il a indiqué que des progrès ont été enregistrés, entre autres:
dans l'étude des propositions d'action des GIF/FIF, par les
pays, appliquées aux contextes nationaux; dans l'élaboration
des PFN; dans le processus de concertation inter-agences sur
la formulation de politiques et le travail de planification;
dans la participation des parties prenantes; dans la
valorisation des forêts; et dans l'application des instruments
économiques en faveur de la GFD. Il a parlé du déclin de
l'importance économique du secteur forestier, et a noté la
demande accrue enregistrée quant aux services sociaux et
environnementaux des forêts.
LES DECLARATIONS DES PAYS: Nombre de
délégations ont remercié le Gouvernement Helvétique, pour
l'accueil de la réunion et du Secrétariat du FNUF, et ont
félicité le Co-ordonateur du FNUF, Patosaari, pour sa
nomination.
Le MAROC, au nom du G-77/Chine, a
recommandé que le FNUF se focalise sur les moyens d'exécution
des propositions d'action des GIF/FIF sur les manière de
s'assurer de l'avancement de la fourniture de l'aide
financière, du transfert des technologies et du renforcement
des capacités en matière de GFD, dans les pays en
développement. Il a souligné que la promotion de la GFD à
travers les activités du secteur privé ne doit entamer en rien
le rôle des Partenariats intergouvernementaux entre les pays
industrialisés et les pays en développement. Il a souligné
aussi que le G-77/Chine attache une importance à la question
de la composition des groupes d'experts spéciaux et a réitéré
l'engagement du G-77/Chine en faveur d'un échange constructif
à la FNUF-3.
La GRECE, au nom de l'UE et des pays
accédant à l'UE, a recommandé que le FNUF promeut et coordonne
l'action dans le domaine des questions forestières, et a
accueilli favorablement les critères mis en place pour
encadrer l'évaluation de l'efficacité de l'accord
international sur les forêts conclu à la FNUF-2. Il a souligné
la nécessité de la poursuite de la coopération entre le FNUF
et le PCF et a exprimé l'espoir de voir aboutir de manière
positive, le débat sur la question des groupes d'experts
spéciaux. Il a également appelé à des recommandations claires
sur les principales questions qui requièrent un engagement
politique, et à l'exploration de nouveaux thèmes liés aux SER.
FIDJI, au nom du Groupe du Forum des Iles
du Pacifique, a fait part de son appui en faveur du FNUF et a
donné un aperçu sur l'atelier régional organisé sur le thème
de l'évaluation de la mise en application des propositions
d'action des GIF/FIF. Il a appelé à la mise en place d'un
Partenariat international, pour aider la région dans la
réalisation de la GFD.
L'AUSTRALIE, appuyée par la NOUVELLE
ZELANDE et le CANADA, a appelé à la fourniture de nouveaux
efforts dans l'étude de l'application des propositions
d'action des GIP/FIF dans les contextes nationaux, et a
proposé la mise sur pied d'équipes de mise en œuvre régionales
chargées d'encourager la formulation et l'exécution des
politiques nécessaires à la GFD. Elle a recommandé de faire en
sorte que les sessions du FNUF deviennent plus inter-actives,
et que le Secrétariat fournisse des lignes directrices claires
quant au format à employer dans l'élaboration des rapports.
L'AUSTRALIE a également encouragé fortement la FNUF-3 à
parvenir à une décision sur le cahier des charges des groupes
d'experts spéciaux. La NOUVELLE ZELANDE a appelé à des
approches innovantes et à une coopération sur la question des
groupes d'experts spéciaux. La SUISSE a déclaré que le FNUF se
trouve à une phase critique de son histoire après le déclin de
sa dynamique, suite au fait que la FNUF-2 ne soit pas parvenue
à adopter un mandat pour les groupes d'experts spéciaux. Elle
a suggéré que la FNUF-3 se focalise sur la mise en œuvre et
sur l'échange d'expériences, et a mis en exergue le rôle
potentiel du commerce international dans la promotion de la
GFD.
Mettant l'accent sur les conclusions
probantes du SMDD, relatives à la problématique forestière,
notamment dans le domaine des Partenariats, l'AFRIQUE DU SUD a
fait état de son engagement en faveur de l'unité des parties
prenantes et a exprimé l'espoir de voir la FNUF-3 récolter des
résolutions concrètes et donner lieu à un débat efficace. La
NORVEGE a noté que la GFD constitue un moyen efficace au
service de l'éradication de la pauvreté. Soulignant
l'importance de l'application des lois et de la lutte contre
le commerce illicite, il a souhaité voir les actions se
focaliser sur la mise à disposition de données crédibles, sur
les évaluations d'impact, et sur les efforts nationaux dans le
domaine de l'amélioration des capacités humaines et
institutionnelles. Il a indiqué qu'un secteur forestier
économiquement viable est nécessaire à la GFD, et que le FNUF
doit accorder une attention aux perspectives régionales sur la
GFD.
Evoquant l'importance d'une mise en œuvre
coordonnée des politiques forestières internationales, le
délégué de la CROATIE a affirmé que l'intégration de ces
politiques dans la législation nationale est une priorité
majeure pour son pays, et a identifié la certification
volontaire comme étant un important outil, basé sur la loi du
marché, pour la promotion de la GFD. Il a aussi indiqué que
les forums tels que le FNUF offrent, aux petits pays,
l'occasion de s'impliquer dans les processus politiques
mondiaux.
L'IRAN a d�crit les principales causes de
la d�forestation en Iran et a soulign� le besoin d'une plus
grande attention: aux aspects �conomiques et sociaux de la
probl�matique foresti�re; � la sant� et � la productivit� des
for�ts; et au renforcement des institutions participatives.
Le SENEGAL, appuy� par les ETATS-UNIS, a
recommand� l'introduction d'une repr�sentation africaine dans
le Secr�tariat du FNUF et a appel� au soutien de la
participation des pays africains dans les processus forestiers
internationaux.
L'INDE a parl� des tendances foresti�res
positives enregistr�es au plan int�rieur, et du succ�s des
programmes conjoints de gestion foresti�re. Le repr�sentant a
soulign� la n�cessit� d'une adh�sion universelle dans le
groupe d'experts sur la question du cadre juridique.
Le JAPON s'est engag� � apporter un soutien
� la promotion de la GFD dans le monde, mettant en relief, le
Partenariat Forestier Asiatique. Il a �galement fait part de
son souhait de voir les travaux du FNUF tirer profit des
r�sultats du Troisi�me Forum Mondial sur l'Eau, qui mettent
l'accent sur le r�le des for�ts dans le domaine de la gestion
de l'eau.
La repr�sentante des Etats-Unis a
recommand� que la FNUF-3 se focalise sur l'�change des
exp�riences v�cues dans la mise en �uvre des propositions
d'action des GIF/FIF. Elle a soulign� l'importance des
initiatives conduites par les pays, de l'�change informel
d'id�es durant les r�unions intersessions du FNUF, et des
divers moyens innovants permettant de faire avancer le travail
du FNUF. Elle a mis en exergue, entre autres, le lien entre
les questions �conomiques et celle de la sant� du couvert
forestier; la n�cessit� d'accro�tre la loyaut� et l'ouverture
du commerce des bois tropicaux; et a fait l'�loge des
accomplissements du PCF et de l'OIBT.
La TURQUIE a donn� un aper�u sur l'�tat
d'avancement de la collaboration inter-agences dans le pays,
de la participation des parties prenantes, et de l'�laboration
des PFN, et a offert d'accueillir le 11�me Congr�s
Mondial sur les For�ts.
L'ITALIE a attir� l'attention sur la
r�cente r�union sur les SER, tenue � Viterbe, et a soulign� le
besoin de traduire les documents internationaux ayant trait
aux for�ts, dans toutes les langues. La REPUBLIQUE DE COREE a
annonc� l'�laboration de sa m�thode d'�valuation des avantages
sociaux de la pr�servation des for�ts. Le d�l�gu� a soulign�
l'importance de la mise en place d'un syst�me d'information
normalis� sur les donn�es du march�, et le besoin d'une
collaboration dans l'�valuation des ressources, et a exhort�
la FNUF-3 � lancer les groupes d'experts sp�ciaux.
L'INDONESIE a retrac� les r�cents
changements op�r�s dans sa politique foresti�re et a identifi�
la lutte contre l'exploitation illicite, la pr�vention des
incendies, la conservation et la mise en valeur des ressources,
et la d�centralisation des politiques, comme �tant
prioritaires.
La POLOGNE a indiqu� qu'il y a n�cessit�
p�rilleuse d'aligner l'approche fond�e sur la prise en compte
de l'�cosyst�me entier, avec la GFD, tout en veillant au
maintien de la productivit� foresti�re, des services
forestiers et des opportunit�s d'emploi. Le d�l�gu� a soulign�
que la GFD est un investissement pr�cieux qui am�liore la
qualit� de vie, et a plaid� pour des r�gulations juridiques
contraignantes.
Soulignant l'imp�ratif d'aider le FNUF �
passer � la phase de mise en �uvre, le CANADA a encourag� la
FNUF-3 � se focaliser sur la compr�hension des principales
entraves dress�es devant la mise en application des
propositions d'actions des GIF/FIF et a sugg�r� l'�laboration
de crit�res pour la mesure de la r�ussite.
L'EQUATEUR s'est engag� pour le respect des
obligations de la conservation foresti�re et de la GFD, et a
soulign� la n�cessit� de l'implication des communaut�s, d'une
responsabilit� et d'une coop�ration internationales, et de C&I
pour la GFD. Notant la contribution potentielle de la GFD dans
l'am�lioration de l'�quit� et de la qualit� de vie, le d�l�gu�
a plaid� pour une modernisation des cadres et pour une
occupation des sols alternative, tel que l'�co-toursime et
l'agro-foresterie.
La FEDERATION DE RUSSIE a parl� de son
appui constant en faveur des principes de la GFD et des
programmes r�gionaux, notant que nombre de parties prenantes
internationales ne disposent pas de donn�es concernant la
sant� des for�ts et les politiques foresti�res suivies dans la
F�d�ration de Russie. Il a sugg�r� de faire en sorte que les
rapports nationaux soient obligatoires, et a encourag�
l'ensemble des d�l�gu�s � participer plus activement dans le
processus du FNUF.
Le BRESIL a parl� de ses efforts dans la
mise en �uvre des propositions d'actions des GIF/FIF et 'est
d�clar� pr�t � l'ouverture d'un dialogue constructif sur la
question des groupes d'experts sp�ciaux, pr�cisant que le
groupe d'experts sur les instruments juridiques doit tirer
profit des travaux des deux autres groupes d'experts.
Melhciade Bukur, de la Convention sur la
Lutte contre la D�sertification, a soulign� l'importance des
programmes d'afforestation et de reforestation et a recommand�
que le FNUF se focalise sur les pays � faible couvert
forestier et � for�ts d�grad�es; a offert de soutenir les
actions visant � la protection de la productivit� et de la
sant� des for�ts; et a appel� � une coop�ration internationale
pour le traitement du probl�me de la pauvret�, qui repr�sente
le plus grand d�fi pos� au maintien du couvert forestier.
Hamdallah Zedan, de la Convention sur la
Diversit� Biologique (CDB), a parl� des liens entre la CDB et
le FNUF, mettant en relief l'�largissement du programme de
travail du FNUF � la biodiversit� foresti�re. Il a appel� �
une collaboration continue avec le FNUF et le PCF et � une
contribution du FNUF dans la r�alisation de l'objectif de la
CDB, de r�duire de mani�re importante le taux actuel des
pertes de biodiversit�, d'ici 2010.
DANS LES COULOIRS
Un an apr�s la quelque peu d�cevante
FNUF-2, certains d�l�gu�s ont sembl�, � la FNUF-3, avoir
adopt� une attitude de laissez-faire, indiquant que le FNUF a
quelques difficult�s � se trouver une d�finition. On croit
savoir, en revanche, qu'un petit groupe de d�l�gations
pr�occup�es par le caract�re un peu trop vague du mandat,
serait en train de concocter une proposition qui, si accept�e,
a des chances de changer compl�tement le caract�re du FNUF, le
poussant � s'orienter davantage vers l'action.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
DIALOGUE AVEC LES PARTIES PRENANTES:
Cette r�union aura lieu de 10h � 13h puis de 14h � 18h, en
Pl�ni�re, pour d�battre des aspects �conomiques des for�ts, de
la sant� et de la productivit� foresti�res et du maintien des
couverts forestiers.
CONSULTATION INFORMELLE SUR LES GROUPES
D'EXPERTS SPECIAUX: Cette s�ance de concertation se
d�roulera de 19h � 21h, pour r�sumer les d�bats men�s depuis
la FNUF-2, sur le cahier des charges des groupes d'experts
sp�ciaux. |