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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 13 No. 77
Vendredi 15 Juin 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
FNUF-1:
JEUDI 14 JUIN 2001
En cette quatrième journée
de la FNUF-1, les délégués ont procédé à l'examen du
projet de décision concernant le programme de travail
pluriannuel (PTPA), en Plénière d'abord, puis dans le Groupe
de Travail sur le PTPA. Les débats s'y sont focalisés
largement sur la l'aspect ayant trait à la participation des
ONG.
LA PLENIERE
Le Président Moubarak
introduisit le projet de décision concernant le PTPA
élaboré par le Bureau. Il indiqua que le Bureau a basé le
texte strictement sur les diverses contributions apportées
par les délégations. Il proposa que les ONG soient
autorisées à présenter leurs commentaires avant le
démarrage des négociations autour du texte. L'IRAN, au non
du G-77/CHINE fit objection à la proposition. Le BRESIL
déclara qu'il n'y avait aucun mal à entendre les
commentaires des ONG. Les ETATS-UNIS, le CANADA et la SUEDE,
intervenant au nom de l'UE, apportèrent leur soutien à
l'idée de permettre au ONG de se prononcer sur le projet de
texte. Le Président Moubarak précisa que l'invitation des
ONG à faire part de leurs commentaires avant la négociation
du projet de décision était tout à fait conforme aux
règles et procédures de l'ECOSOC. Après des consultations
informelles, le Président Moubarak annonça que les ONG
pouvaient présenter leurs commentaires sur les thèmes
d'ordre général mais pas directement sur le projet de texte
lui-même.
Le représentant de GLOBAL
FOREST POLICY PROJECT (GFPP) fit part de sa confusion quant
aux préférences exprimées par un certain nombre de
délégués au sujet de la participation des ONG et souhaita
réserver ses commentaires sur le PTPA.
La représentante des
ETATS-UNIS déclara que la divergence des points de vue des
différents pays portait, en définitive, sur ce qui doit et
ce qui ne doit pas figurer dans le PTPA. Elle précisa qu'un
certain nombre d'actions et de stratégies mentionnées dans
le PTPA seraient plus à place dans le PA, et suggéra qu'il
serait plus constructif d'examiner les projets de texte du PA
et du PCF en même temps que celui du PTPA. L'oratrice nota
que les notions de participation et de transparence semblaient
faire défaut dans le projet de texte du PTPA et se demanda si
ces considérations ont été prises en compte de manière
adéquate dans le PA. Elle souligna la nécessité d'avoir un
débat étendu sur la manière dont le PTPA, le PA et le PCF
vont ensemble, aux fins de s'assurer que tous les thèmes et
toutes les stratégies y sont inclus et de clarifier la
manière dont ils doivent interagir. L'EU fit écho aux
préoccupations des ETATS-UNIS. Le G-77/CHINE déclara être
prêt et impatient d'entamer les négociations autour de tous
les points inscrits à l'ordre du jour.
La représentante du BRESIL
déclara qu'elle croyait que la Plénière avait approuvé
l'idée de permettre aux ONG de faire des remarques d'ordre
général, ajoutant qu'elle ne comprenait pas très bien
pourquoi on n'était pas en train de le faire. Le CANADA
encouragea les ONG à faire part de leurs commentaires,
mettant en exergue le besoin d'insérer leurs points de vue
dans la préparation des négociations autour du PTPA.
La porte-parole des
organisations SOBREVIVENCIA/FRIENDS OF THE EARTH INTERNATIONAL
expliqua que les ONG hésitaient à présenter leurs points de
vue parce qu'elles n'ont pas été édifiées quant au niveau
de détail permis. Au sujet du PTPA, l'oratrice déclara qu'il
contenait plusieurs idées intéressantes, notamment celle de
la création d'un groupe d'experts ad hoc sur les thèmes du
suivi, de l'évaluation et de l'élaboration des rapports.
Le représentant de WWF
souligna l'importance d'inclure les valeurs forestières –
économiques, environnementales et sociales – dans l'examen
du thème de la conservation à la FNUF-2, indiquant que
l'intégration de ces éléments était particulièrement
pertinente pour le Sommet Mondial sur le Développement
Durable. L'intervenant suggéra que la FNUF-2 pouvait servir
de réunion préparatoire, à cet effet, et à démontrer des
exemples positifs au Sommet. Il indiqua par ailleurs que la
signification du terme "harmonisation" dans le
projet de texte du PTPA n'était pas tout à fait claire,
déclarant espérer que le terme soit utilisé dans le sens
d'intégration des paysages forestiers. Le représentant de
l'organisation CRESCENTE FERTIL souligna que la participation
des peuples indigènes est essentielle. Il indiqua que les ONG
ont établi dix priorités pour la phase de mise en
application.
L'AFRIQUE DU SUD appela les
ONG à proposer les modalités de l'inclusion des peuples
indigènes dans le processus du FNUF et à suggérer les voies
et moyens de prendre en ligne de compte leurs préoccupations
et de faciliter leur participation. Le NIGERIA expliqua qu'au
sein du FIF, qui était un processus plus informel, les
délégués étaient tous d'accord pour dire que la
participation des principaux groupes sociaux ne pouvait
qu'enrichir le processus. Maintenant que le processus s'est
officialisé en devenant le FNUF, il serait normal que les ONG
ne soient autorisées à y faire que des commentaires d'ordre
général et que les négociations officielles gardent leur
caractère purement intergouvernemental.
Les ETATS-UNIS, appuyés par
l'UE, réitérèrent que les négociations n'ont pas encore
commencé et qu'il serait bénéfique de permettre aux ONG de
commentaires spécifiques. Le BRESIL rappela que la décision
de l'ECOSOC stipulait que le règlement intérieur de l'ECOSOC
ainsi que les accords complémentaires établis pour la CDD
s'appliquent au FNUF et que les travaux du FNUF doivent être
basés sur les pratiques transparentes et participatives de la
CDD, le GIF et le FIF. Le NIGERIA précisa que nombre de
propositions avancées par les pays, provenaient des ONG.
La porte-parole de
SOBREVIVENCIA/FRIENDS OF THE EARTH INTERNATIONAL déclara que
les ONG n'avaient nullement l'intention de participer dans les
négociations et, en réponse à l'Afrique du Sud, attira
l'attention sur le modèle utilisé par la CDB dans le débat
autour de l'Article 8(j), où les peuples indigènes ont été
autorisés à faire part de leur vision des choses. Le
représentant de l'ALLIANCE INTERNATIONALE DES PEUPLES
INDIGENES ET TRIBALES DES FORETS TROPICALES mit en exergue la
participation des délégués des peuples indigènes dans la
CDB.
Au sujet du PTPA toujours,
Le représentant de GLOBAL FOREST POLICY PROJECT souligna
l'importance de la mise en place d'un mécanisme pour le
suivi, l'évaluation et l'élaboration des rapports, dans les
meilleurs délais possibles. L'orateur appuya l'idée
d'identifier la visée, les conclusions et l'application des
résultats du dialogue avec l'ensemble des acteurs sociaux. Il
se déclara satisfait de l'attention accordée aux thèmes
intersectoriels, tels que ceux de l'agriculture, de l'énergie
et des transports. Il apporta son soutien à l'idée
d'établir une liste de critères pour la mesure de la
réussite du PTPA et du processus intégral du FNUF. Il appela
aussi à une contribution directe du FNUF dans les travaux des
autres organes opérant dans le domaine forestier et à
l'invitation de ces derniers à apporter une contribution dans
les travaux du FNUF. Le Président Moubarak devait ensuite
clore la Plénière et établir le Groupe de Travail sur le
PTPA sous la présidence de Knut Øistad (Norvège).
LE GROUPE DE TRAVAIL SUR LE
PTPA
L'UE proposa, et les
délégués approuvèrent, d'entendre les commentaires d'ordre
général sur le projet de décision avant d'entamer les
négociations détaillées. L'EGYPTE demanda si la présence
des ONG était autorisée dans le Groupe de Travail. Le
Président Øistad répondit que les ONG étaient autorisées
à y assister en qualité d'observateurs mais qu'elles
n'étaient pas autorisées à y prendre la parole. Le
Secrétaire de la Conférence clarifia qu'en vertu du
règlement intérieur, les discussions de groupe de travail
sont fermées aux ONG, à moins que toutes les délégations
n'acceptent leur présence. Le Président Øistad suggéra aux
ONG de rester dans le groupe de travail compte tenu du fait
qu'aucune opposition n'a été exprimée.
Dans leurs remarques d'ordre
général, les délégations devaient faire part de leur
soutien en faveur du document et de son utilisation comme
plate-forme de négociation. Toutefois, le G-77/CHINE rejeta
le tableau où figure le calendrier proposé pour le PTPA, et
attira l'attention sur leur proposition alternative.
L'UE requit l'insertion d'un
paragraphe sur les réunions intersessions. L'orateur déclara
également: que l'éventail thématique doit être élargi;
que les échanges avec l'ensemble des acteurs sociaux doivent
avoir lieu à chaque session, y compris à la FNUF-5; et que
les thèmes émergeants doivent être déterminés plus tard.
L'UE accepta les critères proposés pour l'évaluation de
l'efficacité du FNUF et suggéra l'insertion d'une
référence aux initiatives menées par les pays.
La représentante des
ETATS-UNIS déclara qu'il y avait un certain nombre
d'omissions pour ce qui est de la question de mise en
application des propositions d'action et celle de la
participation et de la transparence, dans le PTPA. Au sujet du
thème du suivi, de l'évaluation et de l'élaboration des
rapports, l'oratrice proposa de lister les trois aspects
agréés de cette catégorie et de la mettre en exergue au
niveau national. Au sujet des critères de réussite, elle
indiqua qu'elle doutait qu'un accord puisse être conclu
la-dessus, à la FNUF-1. Elle nota que les libellés de la
résolution de l'ECOSOC étaient partiellement mentionnés
dans le texte et sugg�ra de se conformer � la pratique
habituelle de citer les clauses dans leur int�gralit� pour
que le contexte soit clair.
La NOUVELLE ZELANDE
encouragea l'approbation du PTPA et du PA � la FNUF-1, en vue
de catalyser la mise en application des propositions qui
existent depuis plus de cinq ans maintenant. Le d�l�gu�
proposa d'inclure dans le PTPA, l'�laboration des rapports
nationaux et les r�unions intersessions, aux fins de
faciliter la mise en application. Il fit remarquer que la
tenue d'une r�union minist�rielle � la FNUF-2 est
pr�matur�e et que l'�laboration des param�tres de
l'instrument juridique contraignant � la FNUF-3 est
�galement pr�matur�e. Il souligna que la mise en place de
crit�res harmonis�s pour l'�laboration des rapports ne peut
pas attendre la FNUF-3.
Le MEXIQUE d�clara que les
aspects institutionnels et sociaux des for�ts doivent avoir
�t� examin�s avant la FNUF-4. La NORVEGE d�clara que
l'examen de la question du suivi, de l'�valuation et de
l'�tablissement des rapports doit �tre avanc� dans le
calendrier, et sugg�ra la d�termination du th�me de 2002,
pour les ministres. Le d�l�gu� souhaita voir la
participation, ajout�e au PTPA. Au sujet de l'attachement du
projet de texte concernant les crit�res de r�ussite devant
servir � la mesure de l'efficacit� du FNUF, l'orateur
indiqua que ces derniers ressemblaient davantage � des
indicateurs et sugg�ra l'inclusion de mesures refl�tant
l'action sur le terrain. Le JAPON d�clara que la mani�re
dont les conclusions du FNUF doivent �tre mises en
application, a �t� omise. La SUISSE souligna que la question
du suivi, �valuation et �tablissement des rapports doit
�tre trait�e dans les meilleurs d�lais possibles.
Le G-77/CHINE introduisit sa
proposition de tableau qui souligne l'imp�ratif d'aborder, �
chaque session du FNUF, les questions ayant trait � la
technologie, au renforcement des capacit�s, au financement et
au commerce international, � titre de th�mes
intersectoriels. Le porte-parole survola le programme
repr�sent� dans le tableau qui sugg�re, entre autres: qu'�
la FNUF-1, soient �tablis les groupes de travail sur les
crit�res du suivi, de l'�valuation et de l'�laboration des
rapports, sur le financement et sur le transfert des
technologies; qu'� la FNUF-2, les concepts, la terminologie
et les d�finitions soient examin�s avec la question des pays
� faible couvert forestier et celle du savoir traditionnel
li� aux for�ts; qu'� la FNUF-3, soient examin�es les
questions ayant trait aux �cosyst�mes fragiles, � la
d�gradation des sols, � la lutte contre la d�forestation et
aux aspects �conomiques, sociaux et culturels; et qu'� la
FNUF-4, soient abord�s les th�mes du savoir scientifique
li�s � la for�t, du maintien du couvert forestier, de la
participation du public et du suivi, �valuation et
�tablissement des rapports. Il expliqua en outre que la
FNUF-5 sera enti�rement consacr�e � la revue des progr�s
r�alis�s. CUBA appuya l'id�e de remplacer le tableau du
Bureau par celui du G-77/Chine.
L'AUSTRALIE d�clara que les
th�mes intersectoriels doivent �tre trait�s de mani�re
ayant rapport avec les th�mes majeurs, alors que le tableau
du G-77/Chine semblait les confondre. Le porte-parole du
G-77/CHINE d�clara qu'� l'oppos�, le tableau du Bureau
posait des probl�mes fondamentaux aux membres de son groupe,
car il donne l'impression que chaque th�me intersectoriel
doit �tre abord� de mani�re s�par�e. L'UE d�clara
trouver valable le tableau du Bureau, et sugg�ra d'y ins�rer
un certain nombre d'id�e figurant dans celui du G-77/Chine.
La repr�sentante des ETATS-UNIS d�clara pr�f�rer continuer
� travailler sur la base du projet du Bureau tel quel.
Le G-77/CHINE souligna que
la FNUF-2 allait �tre une r�union importante avec une
pr�sence minist�rielle et que par cons�quent, c'est l� o�
les questions difficiles doivent �tre abord�es, pour donner
un �lan aux autres sessions du FNUF. Le BRESIL signala que
plusieurs membres du G-77/Chine n'�taient pas enclins �
n�gocier le projet du Bureau, car il ne comporte que tr�s
peu d'�l�ments de leurs propositions. L'oratrice souligna
que les trois piliers du d�veloppement durable doivent �tre
consid�r�s ensemble, et que le G-77/Chine s'oppose �
l'id�e de les s�parer comme le Bureau l'a fait dans son
projet. Elle ajouta que le G-77/Chine nourrissait des espoirs
de voir le PTA et le PA �tre orient�s vers la mise en
application. L'AUSTRALIE clarifia que les th�mes figurant
dans le projet du Bureau n'y sont pas dans l'intention de
sugg�rer que les trois piliers du d�veloppement durable
doivent �tre abord�s de mani�re s�par�e.
DANS LES COULOIRS
Nombre d'ONG ont fait part
de leurs r�serves concernant les termes de leur participation
dans le processus du FNUF et le fait de se retrouver
"mises en ghetto" � l'int�rieur du seul dialogue
avec les acteurs sociaux. Plusieurs d'entre elles ont
r�it�r� leur soutien au processus des �changes avec les
acteurs sociaux mais ont d�clar� trouver cette forme de
participation trop exigu� par rapport aux nombreux voies et
moyens qui pourraient permettre une contribution plus efficace
des ONG au processus du FNUF. Certains d�l�gu�s ont not�
que cet �tat des faits est la cons�quence de la
transformation du processus informel du GIF/FIF en un organe
onusien officiel, assujetti aux r�gles et proc�dures de
l'ECOSOC. D'autres ont estim� que les d�bats de la journ�e
ont montr� l'engagement des d�l�gu�s en faveur de la
participation des ONG, et ont d�plor� le fait de voir de
tels obstacles venir entraver le d�marrage des n�gociations.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPE DE TRAVAIL SUR LE
PTPA: Le GT se r�unira � 10h dans
la Salle de Conf�rence 1 pour commencer les n�gociations
autour du projet de d�cision concernant le PTPA. L'heure
limite pour la soumission des propositions �crites concernant
le PCF et 10h. Le projet de d�cision concernant le PA sera
probablement disponible dans le courant de l'apr�s-midi. |