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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 13 No. 74
Mardi 12 Juin 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
FNUF-1:
LUNDI 11 JUIN 2001
Première journée de la
FNUF-1, les délégués se sont réunis, le matin, en séance
Plénière pour entendre les remarques d'ouverture et aborder
un certain nombre de questions organisationnelles.
L'après-midi, les délégués devaient présenter leurs
déclarations d'ordre général concernant le programme de
travail pluriannuel du FNUF (PTPA), le plan d'action (PA) et
le travail avec le Partenariat de Collaboration sur les
Forêts (PCF).
LA PLENIERE
LES REMARQUES D'OUVERTURE:
Le Président Moubarak Hussein Rahmtallah (Soudan) ouvrit la
séance et encouragea les délégués à travailler de
manière productive. Patricio Civili, Assistant du Secrétaire
Général du Département des Affaires Economiques et Sociales
(DAES), présenta une évaluation du travail international
ayant trait aux forêts, accompli depuis la CNUED, dégageant
les enseignements tirés des différentes expériences et les
défis qui restent à relever dans ce domaine. L'orateur se
félicita du niveau de consensus réalisé, de la qualité du
leadership, du soutien financier fourni par les gouvernements
et du travail de la Cellule Inter-agences sur les Forêts
(ITFF). Il identifia les défis qui restent à relever, dont
l'impératif: de formuler un agenda réaliste; de mobiliser
les appuis politiques et financiers; d'engendrer et de
maintenir le soutien nécessaire au PCF; et de procéder au
renforcement des capacités.
Le Président Moubarak
présenta le FNUF comme l'héritage institutionnel le plus
palpable du Plan d'Action 21, et indiqua que les tâches
devant être accomplies par la FNUF-1 englobaient: l'adoption
du PTPA; l'initiation d'un cadre pour le PA; et la conception
de nouvelles approches pour la coopération et la coordination
des institutions. L'orateur nota, par ailleurs, l'importance
des échanges avec l'ensemble des acteurs sociaux et invita
les ONG à présenter leurs propositions. Il rapporta
également que les consultations informelles tenues jusque là
avaient révélé un intérêt pour la prévision de
négociations précoces autour des décisions de la FNUF-1 et
d'une réunion ministérielle avant le Sommet Mondial sur le
Développement Durable.
Hosny El-Lakany, Président
du PCF, présenta un rapport sur le déroulement de la mise en
place du PCF et donna un aperçu sur les efforts fournis en
vue d'élargir l'adhésion à la CCCC, à la CCD et au FEM,
outre les membres de l'ITFF. L'orateur signala que le FEM a
accepté de se joindre au PCF et que ce dernier se proposait
d'élaborer son plan de travail après l'adoption du PTPA.
LES QUESTIONS
ORGANISATIONNELLES: Les délégués
adoptèrent l'ordre du jour de la session (E/CN.18/2001/4) et
approuvèrent le calendrier des travaux qui invitait les
délégués à commencer par l'élaboration des décisions
concernant le PTPA et le PA, au cours de la première semaine
de la FNUF-1. Les délégués décidèrent par ailleurs de
confier à Knut Øistad (Norvège) la présidence du groupe de
travail sur le PTPA et à Slamet Hidayat (Indonésie), celle
du groupe de travail sur le PA.
Le Président Moubarak
demanda aux délégués de fournir leurs orientations
concernant la procédure à retenir pour l'élaboration des
projets de décisions et des projets de résolutions. Le
représentant des ETATS-UNIS appuya l'idée de s'inspirer du
modèle utilisé par le GIF et le FIF et suggéra que les
présidents des groupes de travail soient chargés de la
conduite du processus rédactionnel. La SUEDE, au nom de l'UE,
suggéra que le Bureau se charge de l'élaboration des projets
de décisions et de les présenter à la Plénière pour
considération.
Les délégués décidèrent
d'accorder un statut d'observateur aux entités suivantes: le
Centre de Recherche Internationale en matière de Forêts,
l'International Tropical Timber Organization (ITTO) et la
Conférence Ministérielle Européenne sur la Protection des
Forêts (E/ CN.18/2001/9).
INTRODUCTION DES DOCUMENTS:
Jag Maini, Chef du Secrétariat du FNUF, introduisit les
documents de la session, à savoir: le rapport du Secrétaire
Général concernant le PTPA (E/CN.18/2001/ 5); le rapport du
Secrétaire Général concernant l'élaboration du PA (E/
CN.18/2001/6); et la note du Secrétariat concernant
l'initiation des travaux du PCF (E/CN.18/2001/7). S'agissant
du rapport sur le PTPA, l'orateur commenta que le document se
basait sur les vues exprimées au cours de la Huitième
Initiative des Pays et des consultations informelles menées
par le FNUF. Il expliqua que le rapport suggérait un PTPA
fondé sur les fonctions du FNUF, telles qu'elles sont
établies dans la résolution (E/2000/35) de l'ECOSOC,
subdivisées en éléments de programme et assorties de
tâches précises pour chacune des sessions du FNUF. Il nota
que le rapport proposait également une focalisation
thématique pour chacune des sessions du FNUF, comme suit:
pour la FNUF-2: la conservation forestière, les zones
protégées et les services environnementaux; pour la FNUF-3:
le commerce international et l'investissement nécessaire au
soutien de la gestion durable des forêts (GDF); pour la
FNUF-4: les forêts et les besoins humains, y compris les
moyens de subsistance durables; et pour la FNUF-5:
considération des progrès réalisés et des actions futures.
Au sujet du PA, Maini
souligna que les pays restaient le principal point focal et
que différents acteurs, y compris le PCF, les partenariats
entre le secteur public et le secteur et privé, les donateurs
et les principaux groupes sociaux, viendront apporter leur
assistance pour la concrétisation des objectifs du PA.
L'orateur la première étape de l'élaboration du PA
consistait, pour la FNUF-1, en l'adoption des décisions
concernant ses composantes, les dispositions financières, les
objectifs et les calendriers, et les mécanismes de suivi,
d'évaluation et d'élaboration des états d'avancement des
travaux, et que la deuxième étape consiste en l'adoption du
PA à la FNUF-2.
Au sujet du PCF, Maini nota
que son modèle s'inspirait de l'ITFF et qu'il était chargé
de soutenir les délibérations du FNUF, d'améliorer la
coopération et la coordination, de renforcer l'engagement
politique en faveur de la GDF et de faciliter la mise en
application des propositions d'action du GIF et du FIF à
travers le PA.
LES REMARQUES D'ORDRE
GENERAL: Les délégations
soulignèrent, d'une manière générale, plutôt la
nécessité de mettre en application les propositions d'action
du GIF et du FIF que la poursuite des échanges, appelèrent
à un PA orienté vers l'action, assorti d'objectifs clairs et
de calendriers précis, et firent part de leur satisfaction
quant à l'établissement et aux premières avancées du PCF.
Plusieurs délégations exprimèrent cependant leurs réserves
concernant l'apparente non-application de la disposition
contenue dans la résolution de l'ECOSOC qui stipule que le
financement du Secrétariat soit imputé au budget régulier
des Nations Unies.
L'IRAN, au nom du
G-77/CHINE, nota les besoins particuliers des pays à faible
couvert forestier (PFCF) et mit en exergue l'impératif de
mettre à disposition des ressources financières adéquates.
L'orateur indiqua que le PA devait inclure des calendriers,
des objectifs et des moyens financiers clairement définis, et
recommanda une coordination de l'action des donateurs visant
à accroître l'APD et à rendre les flux à la fois
prévisibles et fiables.
L'UE déclara que le PTPA
doit traduire les objectifs, les fonctions et les tâches
assignées en autant d'actions concrètes pour les cinq
années à venir. Le porte-parole souligna l'importance
d'avoir un agenda gérable, suggéra que chaque session du
FNUF puisse traiter d'un thème intersectoriel et de deux
questions prioritaires, et appela à l'adoption du PA à la
FNUF-1.
Le COSTA RICA mit en relief
l'utilité potentielle des stratégies régionales et la
nécessité d'un système standard de suivi, d'évaluation et
d'élaboration des rapports. Le BRESIL déclara que le
transfert des technologies, le financement et le commerce
international doivent constituer les thèmes intersectoriels
à aborder dans chacune des sessions du FNUF. La
représentante s'opposa à la discussion des thèmes de
fixation du carbone et de l'exploitation illicite des forêts,
comme proposé par le Secrétariat, et affirma qu'il était
prématuré d'établir un groupe spécial sur les paramètres
d'un mécanisme contraignant sur les forêts. Elle apporta son
appui à l'idée d'établir, à la FNUF-1, un groupe de
travail sur le suivi et l'évaluation des progrès.
Le délégué des ETATS-UNIS
mit en exergue l'utilisation stratégique des ressources
disponibles et indiqua qu'une récente réunion de l'ITTO a
mis en lumière l'importance du travail du FNUF. La SUISSE
apporta son soutien à l'idée d'établir des groupes de
travail spéciaux sur l'assistance technique et le financement
nécessaires à la GDF, sur les critères devant régir la GDF
et sur l'harmonisation des systèmes d'élaboration des
rapports. La FEDERATION DE RUSSIE plaida pour l'établissement
d'un groupe d'experts sur le mandat consistant à élaborer
les paramètres devant encadrer l'instrument contraignant
souhaité. Le CANADA appuya l'idée d'établir des groupes
d'experts sur le suivi et l'évaluation, le financement et le
transfert des technologies, durant la FNUF-1, et sur les
paramètres devant encadrer l'instrument contraignant, durant
la FNUF-2.
La CHINE déclara que le
PTPA doit se focaliser sur les principales questions en
suspens transmises par le GIF et le FIF et sugg�ra que le PA
mette en exergue la n�cessit� d'�tablir des m�canismes
pour le financement et pour le transfert des technologies.
L'orateur souhaita voir le PCF venir renforcer la coordination
inter-agences et faciliter la mise en application au niveau
national.
La NOUVELLE ZELANDE souligna
la n�cessit� de la lutte contre la d�gradation foresti�re
sur le terrain et indiqua que le dialogue inscrit dans le
cadre du PTPA doit permettre l'inclusion des d�veloppements
politiques jug�s n�cessaires. Le JAPON recommanda que le
PTPA soit formul� de mani�re � tirer profit des r�unions
minist�rielles et des �changes avec l'ensemble des acteurs
sociaux.
La NORVEGE exprima son appui
en faveur de l'id�e d'avoir des sessions th�matiques
consacr�es au PTPA, recommanda la tenue d'une r�union
minist�rielle, au cours de la FNUF-2, pour s'assurer �
l'avance d'un leadership politique, et mit en relief
l'importance de l'implication des principaux groupes sociaux.
CUBA r�it�ra que dans le domaine forestier, l'action doit
�tre bas�e, entre autres: sur le respect de la souverainet�
des Etats; sur l'�quilibre entre pr�servation foresti�re et
viabilit� �conomique nationale; sur la garantie du
financement international, y compris l'APD; et sur le
transfert de technologies �cologiquement rationnelles.
L'AUSTRALIE mi l'accent sur
l'identification des priorit�s, et affirma que les
�valuations nationales pouvaient s'av�rer utiles � cette
fin, ainsi que pour des �tudes comparatives r�gionales. Le
repr�sentant souligna l'importance de boucler l'�laboration
du PA et des indicateurs de progr�s, � la FNUF-1.
Le MEXIQUE pr�senta le PA
comme le principal outil de consolidation et de mise en
application des accomplissements du GIF et du FIF. FIJI, au
nom du FORUM DES PAYS ILES DU PACIFIQUE, mit en exergue la
valeur des for�ts dans la fourniture du bois d'�uvre, de
denr�es alimentaires, de bois de chauffe, de m�decine
traditionnelle, d'eau pure et de protection des sols, et la
signification qu'elles rev�tent pour l'�conomie des pays et
pour la subsistance des populations.
L'EGYPTE appela � des
dispositions financi�res pour la mise en application des
propositions d'action du GIF et du FIF et encouragea l'examen
des pr�occupations des pays les moins avanc�s, d�s la
FNUF-2. L'orateur indiqua qu'il revenait aux pays de d�finir
l'action prioritaire � l'�chelle nationale. Le NIGERIA mit
l'accent sur le renforcement des capacit�s et sur le
transfert des technologies, et sugg�ra d'�tablir un comit�
charg� du traitement de ces th�mes. Le GHANA plaida pour une
implication plus importante du secteur priv� et pour un
renforcement des capacit�s en mati�re de suivi,
d'�valuation et d'�laboration des rapports.
Le repr�sentant du GLOBAL
FOREST POLICY PROJECT (GFPP) se d�clara peu satisfait du
survol des th�mes intersectoriels. L'orateur fit remarquer
qu'au cours d'une r�cente r�union de l'ITTO, la Malaisie et
le Br�sil identifi�rent le FNUF comme �tant le forum
appropri� pour le traitement de la question de l'exploitation
illicite des for�ts. Le BRESIL r�pondit que la question des
difficult�s rencontr�es dans l'application des l�gislations
foresti�res doit �tre trait�e avant d'aborder le probl�me
de l'exploitation illicite. La MALAISIE affirma que la
r�duction effective et le contr�le efficace de
l'exploitation illicite d�pendaient de facteurs �chappant
aux gouvernements nationaux et au secteur forestier, et que
c'est l'absence de r�gulation dans les syst�mes financiers
internationaux qui donne lieu au ph�nom�ne d'exploitation
illicite.
Le repr�sentant de FRIENDS
OF THE EARTH INTERNATIONAL pr�senta au Pr�sident un fanion
stipulant "Assez de propositions d'action;
agissons!" L'orateur souligna l'importance de traiter,
d'abord et en premier lieu, les causes sous-jacentes de la
d�forestation. Il mit en relief l'int�r�t de commencer par
la mise en application des propositions d'action les plus
cruciales et les plus pertinentes, signala que certaines
propositions �taient contre-productives, et appela � un
m�canisme permanent et ind�pendant pour l'�valuation de la
mise en application.
Au sujet du soutien
financier n�cessaire au Secr�tariat, le Pr�sident Moubarak
nota qu'un repr�sentant de la division charg�e du budget
viendra, au cours de la Pl�ni�re du mardi apr�s-midi,
r�pondre aux questions et apporter des �claircissements.
Pour la clarification d'un certain nombre d'incoh�rences
relev�es dans les documents, le BRESIL demanda la pr�sence
d'un repr�sentant de la division du budget du DAES et d'un
repr�sentant de la division du budget des Nations Unies.
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s ont exprim�
des points de vue divers sur le point de savoir ce qu'il
fallait attendre de la FNUF-1. Certains, estimant que la
FNUF-1 est une session consacr�e principalement aux questions
organisationnelles, pr�voient une r�union sans relief
particulier. D'autres pensent, au contraire, qu'un certain
nombre de questions contentieuses, telles que celles ayant
trait au financement, risquait de faire surface et de faire
progresser les d�bats dans une autre direction. Nombre de
participants ont d�clar�, par ailleurs, que deux semaines de
r�union �taient plus qu'il ne fallait pour le traitement des
points � l'ordre du jour de la session, et ont �voqu� la
possibilit� de cl�turer les travaux avant la date pr�vue et
d'�conomiser le temps qui reste pour pouvoir �ventuellement
l'utiliser dans les sessions � venir. D'autres, soucieux
surtout des avanc�es pouvant �tre enregistr�es, souhaitent
�tablir, pour la FNUF-1, des objectifs plus ambitieux, tels
que celui de parvenir � l'adoption du PA d'ici la fin de la
session.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE:
La Pl�ni�re se r�unira dans la Salle de Conf�rence 1 �
partir de 10h, pour un d�bat de fond sur le PTPA. Le d�bat
de fond autour du PA et autour du d�marrage des travaux avec
le PCF aura lieu l'apr�s-midi. |