COMPTE RENDU DE LA QUATRIEME SESSION DU FORUM
INTERGOUVERNEMENTAL SUR LES FORETS 31 JANVIER – 11 FEVRIER 2000
Le Groupe Intergouvernemental sur les Forêts (GIF) relevant de la
Commission du Développement Durable (CDD) fut établi en 1995 en
vue de réaliser un consensus et de coordonner les propositions d’actions
visant à renforcer la gestion, la conservation et le développement
durable de tous les types de forêts. Le GIF devait se focaliser sur
12 éléments programmatiques: l'application des décisions ayant
trait aux forêts, de la Conférence sur l'Environnement et le
Développement (CNUED); la coopération internationale en matière
d'assistance financière et de transfert des technologies; la
recherche, la détermination et l'élaboration des critères et
indicateurs; et les organisations internationales et les
institutions multilatérales. Il avait pour objectif de soumettre
des conclusions finales et des recommandations politiques à la CDD
à sa cinquième session (CDD-5), en avril 1997.
Entre 1995 et 1997, le Groupe se réunit à quatre reprises et
adopta, en février 1997, son rapport final qui devait être soumis
à la CDD-5. Le rapport renfermait près de 140 propositions
d'actions réparties dans 12 éléments de programme, comprenant,
notamment, l'appel à un dialogue intergouvernemental continu sur
les politiques forestières. Les délégués ne parvinrent cependant
pas à se mettre d'accord ni sur un certain nombre de questions
majeures, telles que celles touchant à l'assistance financière et
au rapport entre commerce et environnement, ni sur le point de
savoir s'il fallait entamer des négociations sur une convention
mondiale sur les forêts. Au sujet de ces éléments et d'autres
encore, le GIF devait transmettre dans son rapport à la CDD,
l'éventail des options soumises par les délégations. La CDD-5
adopta le rapport du GIF et transmit un ensemble de recommandations
à la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations
Unies (SE/ AGNU), pour la conduite d'une évaluation générale des
progrès de la mise en application des accords de la CNUED.
LA SE/AGNU: L'Assemblée Générale des Nations Unies décidait,
lors de sa dix-neuvième session en juin 1997, la poursuite du
dialogue intergouvernemental sur les politiques forestières à
travers l'établissement d'un Forum Intergouvernemental Spécial, de
Composi
tion Non Limitée, sur les Forêts, placé sous l'égide de la CDD.
L'Assemblée Générale devait décider en outre que "le Forum
devra identifier aussi les éléments possibles et œuvrer pour la réalisation
d'un consensus sur les arrangements et les mécanismes
internationaux, comme par exemple, un instrument juridique
contraignant."
LE FIF-1:: Le Conseil Economique et Social (ECOSOC), en vertu
de sa résolution 1997/65, établit le FIF et lui assigna le mandat
de rendre un rapport sur son programme de travail, à la CDD à sa
huitième session en 2000. Le FIF tint sa session organisationnelle
(IFF-1) du 1er au 3 octobre 1997 à New York. Les
délégués s'y accordèrent sur un programme de travail, le
calendrier et l'affectation des éléments programmatiques aux
discussions prévues pour des sessions futures, le nombre, les dates
et lieux des futures sessions, la participation et l'organisation
des réunions ou des consultations intersessions.
LE FIF-2: Les délégués près de la seconde session du FIF
(FIF-2), qui a eu lieu du 24 août au 4 septembre 1998 à Genève,
devaient élaborer des projets de conclusions et de propositions
d'actions sur la promotion et la facilitation de la mise en
application et traitant un certain nombre de questions restées en
suspens par le GIF. Les délégués menèrent des discussions de
fonds sur la promotion et la facilitation des propositions d'action
du GIF, le travail touchant à la forêt mené par les organisations
internationales et régionales et les instruments existants; le
commerce international et l'environnement; et, le transfert des
technologies écologiquement rationnelles (TER). Les libellés
consacrés aux thèmes du commerce et environnement et du transfert
des TER restèrent lourdement crochetés. Le FIF-2 mena également
un débat général sur le suivi de l'avancement de la mise en
œuvre des propositions d'actions du GIF, les besoins en matière de
ressources financière, les questions nécessitant davantage de
clarification et les arrangements et les mécanismes internationaux.
LE FIF-3: Lors de la troisième session du FIF (FIF-3), les
délégués menèrent un débat de fond sur les thèmes du suivi des
progrès réalisés dans la mise en application des propositions
d'actions du GIF, des ressources financières, des questions
nécessitant davantage de clarification, et des arrangements et des
mécanismes internationaux pour la promotion de la gestion,
conservation et développement durable de tous les types de forêts.
Les discussions de fond entamées au FIF-2 devaient se poursuivre
sur les thèmes du commerce et environnement et du transfert des TER.
Le FIF-3 adopta les rapports des Coprésidents et des textes de
compilation renfermant des projets de conclusions et de propositions
d'actions sur ces éléments de programme.
COMPTE RENDU DU FIF-4
Le lundi 31 janvier 2000, le Coprésident du FIF, Bagher ASADI
(Iran) ouvrit le FIF-4 et souhaita aux délégués la bienvenue à
New York. Il introduisit l'ordre du jour provisoire (E/CN.17/IFF/2000/1).
L'ordre du jour fut adopté par les délégués. David HARCHARIK,
Président de la Cellule Inter-agences sur les Forêts (ITFF),
déclara que le dialogue politique doit avoir des objectifs clairs
et plaida pour le renforcement des institutions existantes. Il
encouragea par ailleurs l'optimisation de l'utilisation des
ressources financières disponibles. S'agissant de l'application,
l'orateur devait mettre en relief la nécessité d'actions
concrètes pour la mise en œuvre des recommandations et déclara
que l'argent était la meilleure preuve de l'engagement. Le
Directeur Exécutif du PNUE, Klaus TÖPPFER déclara que les forêts
ne devaient plus être considérées comme de simples usines à
bois, puis qu'elles sont importantes pour la conservation et la
protection de l'environnement. Il souligna l'importance des forêts
et des terres boisées pour la gestion de l'eau, la conservation de
la biodiversité et la rupture du cercle vicieux de la pauvreté
associée à la déforestation et à la sécheresse.
Le Secrétaire Général Adjoint de l'ONU, Louise FRECHETTE, nota
que le processus du FIF a donné lieu à une dynamique scientifique
et politique et suscite des incitations à l'amélioration des
politiques nationales. Elle appela à un traitement plus agressif
des problèmes forestiers et indiqua que l'arrangement futur
éventuel doit garantir une large participation et un processus à
la fois ouvert, transparent et inclusif pour promouvoir les
synergies entre les nombreuses institutions impliquées dans les
questions forestières.
L'Administrateur Adjoint du PNUD, Emi WATANAB, souligna
l'importance attachée à la gestion durable des forêts qui a un
lien direct avec l'allégement de la pauvreté. Juan MAYR, Ministre
Colombien de l'Environnement et Président de la CDD-8, assura aux
délégués qu'une focalisation sur les points de consensus pouvait
permettre d'aboutir à de bons résultats.
Le PORTUGAL, au nom de l'UNION EUROPEENNE (UE), mit en exergue la
nécessité d'envoyer un message clair à la CDD-8 et fit état du
large soutien en faveur de l'institutionnalisation du dialogue
politique international sur les forêts. L'orateur indiqua par
ailleurs que la gestion durable des forêts (GDF) devait être
autosuffisante à long terme, et encouragea les partenariats entre
le secteur public et le secteur privé. Il nota que même si elle
s'était prononcée en faveur de la négociation d'un instrument
juridique contraignant (IJC), l'UE restait ouverte à d'autres
propositions.
CUBA parla des progrès réalisés jusqu'ici sur les aspects
techniques des forêts exprimant toutefois des réserves concernant
l'absence de consensus autour des éléments à connotation
politique. Le CANADA exprima son appui à la mise en place d'un
comité de négociation intergouvernemental (CNI) pour
l'élaboration d'une convention sur les forêts, indiquant que
l'initiative Costa Rica – Canada avait identifié nombre
d'éléments et fonctions critiques pour la GDF. L'IRAN affirma que
depuis la CNUED, les préoccupations des pays à faible couvert
forestier (PFCF) ont reçu un traitement peu adéquat et appela à
la mise en place de partenariats internationaux pour aider les PFCF
à réhabiliter et à restaurer les forêts et les terres boisées
dégradées.
La ZAMBIE, au nom de la Conférence Ministérielle Africaine sur
l'Environnement, nota que les pays Africains n'étaient pas
favorables à un IJC dépourvu d'un mécanisme de financement viable
et préféraient l'amélioration de la coordination d'un nouveau
forum intergouvernemental permanent pour les délibérations
politiques sur les forêts. Le BRESIL affirma que les Principes
Forestiers constituaient l'instrument le plus exhaustif sur le
phénomène des forêts et souligna l'absence de consensus autour de
l'IJC proposé.
LES QUESTIONS D'ORGANISATION: Le Coprésident ASADI annonça
l'élection des membres du Bureau: Coprésidents: ASADI (Iran) et
Ilkka RISTIMÄKI (Finlande) et Vice-Présidents: Yevgeny KUZMICHEV (Fédération
de Russie), Claude BOUAH-KAMON (Côte d'Ivoire) et Andrea ALBAN (Colombie),
ce dernier servant également de Rapporteur.
Suite à la session plénière d'ouverture, les délégués se
réunirent de nouveau dans les deux groupes de travail établis au
FIF-2, en vue de réaliser un consensus sur l'ensemble des questions
restées en suspens dans le procès-verbal du FIF-3 (E/CN.17/IFF/1999/25).
Le Groupe de Travail 1, présidé par ASADI, se réunit tout au long
de la semaine pour finaliser les questions laissées en suspens au
FIF-2 et au FIF-3, en accordant une attention particulière aux
causes sous-jacentes de la déforestation, aux connaissances
traditionnelles liées à la forêts (CTLF), à la conservation
forestière et aux zones protégées et à la recherche en matière
de forêts. Le Groupe de Travail 2, présidé par RISTIMÄKI,
établit des groupes de contact sur le transfert des TER, le
commerce et l'environnement et les finances, lesquels groupes
entamèrent leurs travaux le mercredi 2 février. Les délégués se
retrouvèrent dans trois sessions plénières pour l'examen
approfondi des arrangements et mécanismes internationaux (Catégorie
III). Le lundi 7 février un groupe de contact additionnel fut
établi pour prendre la relève des discussions sur la Catégorie
III, sous la présidence l'Amb. Samuel INSANALLY (Guyane). Les
délégués se réunirent en session plénière finale, le vendredi
11 février, pour l'adoption du rapport final du FIF-4.
Voici ci-après une synthèse du rapport final adopté par le FIF,
avec un accent placé sur les chapitres qui ont été discutés au
FIF-4. Sous chaque élément programmatique, l'ensemble des
conclusions et des propositions d'actions associées.
NDLR: Respectant le caractère confidentiel des consultations
informelles et des réunions de groupes de contact, le Bulletin ne
mentionne pas le nom des pays et/ou des groupes dans les comptes
rendus de ces réunions.
PROMOTION ET FACILITATION DE L'APPLICATION DES PROPOSITIONS
D'ACTIONS DES GROUPES INFORMELS SUR LES FORETS ET EVALUATION, SUIVI
ET ELABORATION DES RAPPORTS D'AVANCEMENT DE LA GESTION, CONSERVATION
ET DEVELOPPEMENT DURABLE DE TOUS LES TYPES DE FORETS (CATEGORIE I)
LA PROMOTION ET LA FACILITATION DE LA MISE EN ŒUVRE: Les délégués
avaient négocié cet élément de programme au FIF-2 et avaient
adopté six conclusions et l'ensemble des huit éléments, à
l'exception d'un seul, pour la mise en œuvre des propositions
d'actions du GIF.
Les Conclusions: Le texte final renferme des conclusions
identifiant:
l'engagement des gouvernements, des organisations
internationales et autres partenaires à mettre en application la
proposition d'action du GIF et la nécessité d'une implication
effective des Parties intéressées pertinentes;
l'impératif de mettre en œuvre des stratégies et des
mécanises de financement appropriés, incluant le soutien
provenant de l'APD, en faveur des pays en développement, en
accordant une attention particulière aux pays les moins avancés
et aux PFCF;
la considération des programmes forestiers nationaux en tant
que cadres viables pour la mise en application des propositions
d'action du GIF d'une manière holistique et pluri-sectorielle et
les études de cas nationales produites dans le cadre de
l'Initiative des Six (Finlande, Allemagne, Honduras, Indonésie,
Ouganda et Royaume-Uni) comme importantes dans la mise en œuvre
des propositions d'actions du GIF, aux niveaux national et départemental;
la complexité et le large éventail des questions couvertes
par les propositions d'actions et les difficultés entravant la
réalisation de progrès substantiels rapides, entre autres dans
les domaines du renforcement des capacités et de l'élaboration
des politiques;
l'attention particulière devant être accordée à la mise en
application dans les PFCF, notamment par le Fonds pour
l'Environnement Mondial (FEM), la CDB, la CCCC et la CDD;
l'appui de l'ITFF au processus des GIF/FIF;
le suivi permanent des effets des polluants atmosphériques sur
les forêts dans les pays du Programme de Coopération
Internationale sur les Forêts et la réalisation de nouveaux
protocoles traitant du nitrogène, des métaux lourds et des
polluants organiques persistants (POP); et,
les récentes initiatives régionales et internationales en
faveur des propositions d'actions du GIF, notamment le
sous-réseau des zones protégées de l'Amazonie, la Convention
d'Amérique Centrale sur les Forêts, les ateliers régionaux, la
mise en application des résultats du GIF et le Programme d'Action
Forestier du G-8.
Les Propositions d'Actions: Le libellé crocheté appelant la
communauté des bailleurs de fonds internationaux à mettre à
disposition des ressources pour la mobilisation des fonds,
l'assistance technique et le transfert des TER fut renvoyé au
FIF-4. Le jeudi 10 février, les délégués s'accordèrent sur le
remplacement de "ressources nouvelles et supplémentaires"
par "ressources financières accrues". Le délégué des
ETATS-UNIS suggéra d'inclure dans la référence à la communauté
des bailleurs de fonds internationaux les organisations et les
institutions financières internationales. Le texte fut adopté avec
ces modifications.
Parmi les éléments additionnels retenus pour la mise en œuvre
des propositions d'actions du GIF:
la promotion d'une approche intégrée, à travers les
Programmes Forestiers Nationaux (PFN) et les travaux ayant rapport
avec la forêt, tel qu'établi dans la Convention sur la
Diversité Biologique (CDB), la Convention sur la Lutte Contre la
Désertification (CCD) et la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques (CCCC);
la création et/ou le renforcement des initiatives et des
partenariats pour encourager entre autres l'engagement politique
à long terme, le soutien continu des donateurs et la
participation du secteur privé;
l'évaluation et l'intégration de l'application des
propositions du GIF dans les processus nationaux visant la GDF, à
travers des objectifs et des critères clairs;
la mise en place de points focaux nationaux pour orienter la
mise en œuvre; et,
l'utilisation des PFN pour canaliser l'aide au développement
fourni par la communauté internationale aux pays en
développement.
LE SUIVI DES PROGRES DE LA MISE EN APPLICATION: Le mardi 8
février, le groupe de Travail 1 aborda la proposition d'action
encourageant les organisations membres de l'ITFF et d'autres
organisations internationales et régionales pertinentes à tenir
des consultations avec les différents pays sur la collecte et la
synthèse des données nationales.
Les Conclusions: Les délégués s'accordèrent lors du FIF-3
sur un certain nombre de conclusions ayant trait à cet élément de
programme, dont:
la collecte des données, le suivi, l'évaluation et
l'établissement de rapports, déterminant les progrès réalisés
dans l'application des propositions d'actions du GIF et les
tendances constatées au niveau de la gestion forestière;
le double- emploi dans les domaines de la collecte des données,
du suivi, de l'évaluation et de l'élaboration des rapports doit
être évité, à travers l'utilisation et l'harmonisation des
systèmes de rapports disponibles;
les capacités institutionnelles, techniques et humaines au
niveau national doivent être améliorées;
une priorité doit être accordée aux programmes d'assistance
financière et technique et au transfert des technologies;
une entente commune sur les concepts, les définitions et les
termes clés doit être réalisée pour aider les pays à
répondre aux exigences des divers rapports; et,
l'intégration des C&I encadrant la GDF dans les rapports
nationaux volontaires doit pouvoir fournir une plate-forme utile
à l'évaluation des progrès.
Les Propositions d'Actions: Les propositions d'actions
approuvées au FIF-3 encouragent les pays:
à élaborer les données nationales concernant la conservation
et le développement durable de tous les types de forêts en tant
que plate-forme pour la consolidation de l'information concernant
les forêts, au niveau international, avec des ressources
financières adéquates provenant de sources, à la fois
domestiques et internationales, mises à disposition pour le
renforcement des capacités et la mise en place de mesures
incitatrices pour l'établissement des rapports nationaux;
les données ayant trait à la forêt nécessaires à
l'évaluation, au suivi et à l'établissement des rapports de la
GDF doivent être mises à disposition;
des rapports concernant la mise en œuvre des propositions
d'actions du GIF doivent être soumis à la CDD-8;
les C&I encadrant la GDF doivent être élaborés et mis en
application pour servir de plate-forme à l'évaluation, au suivi
et à l'élaboration des rapports concernant les tendances
nationales; et,
la communauté des bailleurs de fonds doit être encouragée à
apporter son assistance aux pays en développement dans
l'élaboration des données et des rapports nationaux.
Les propositions d'actions exhortent également les pays et
l'ITFF à élaborer des formats de rapports harmonisés exhaustifs
et efficaces du point de vue coûts, et à améliorer l'effectivité
de la coordination et du partenariat avec les pays et avec les
organisations internationales, en tant que moyen de renforcement des
capacités.
LES QUESTIONS LAISSEES EN SUSPENS ET AUTRES QUESTIONS SOULEVEES
DANS LE CADRE DES ELEMENTS DE PROGRAMMES DU PROCESSUS DU GROUPE
INTERGOUVERNEMENTAL SUR LES FORETS (CATEGORIE II)
LES BESOINS EN MATIERE DE RESSOURCES FINANCIERES: Le Groupe
de Travail 2 mena son premier tour de discussions sur les besoins en
matière de ressources financières le lundi 31 janvier. Le
Coprésident RISTIMÄKI attira l'attention sur le rapport de
l'atelier tenu récemment à Croydon, à Londres, sur le thème du
financement de la GDF. Le Groupe de contact sur la question des
ressources financières, présidé par Knut OISTAD (Norvège),
entama ses travaux le mercredi 2 février et progressa à travers
l'ensemble des paragraphes crochetés figurant dans le rapport du
FIF-3.
Les Conclusions: Au sujet de la conclusion appelant à la
nécessité d'accroître les financements à la fois domestiques et
internationaux, publics et privés pour la GDF, les pays en
développement appelèrent à l'insertion d'une référence aux pays
les moins avantagés et les PFCF. Les délégués approuvèrent la
proposition de texte d'un groupe régional stipulant que les pays en
développement, y compris les PFCF, et en particulier les pays les
moins avancés, nécessitent une considération particulière dans
la coopération financière, pour répondre aux exigences de la
durabilité des produits et services forestiers et gérer de
manière viable leurs forêts, voire dans certains cas, pour
procéder à l'expansion de leur couvert forestier. La conclusion
stipule également qu'une augmentation substantielle des
financements provenant de toutes les sources, y compris celles
domestiques et internationales, publiques et privées, est requise
pour la gestion efficace, la conservation et le développement
durable de tous les types de forêts, en particulier dans bon nombre
de pays en développement.
Au sujet de la conclusion concernant l'augmentation des revenus
provenant des produits forestiers obtenus dans le respect de la
durabilité, les délégués ne parvinrent pas à s'accorder sur le
point de savoir s'il fallait s'y référer à la diversité
biologique ou aux ressources biologiques. Au terme de leurs
délibérations, ils s'accordèrent sur un texte stipulant que la
réalisation des objectifs des politiques de la GDF exige la
reconnaissance des avantages des pratiques forestières durables et
le découragement de l'exploitation non durables et le
découragement de l'exploitation non viable des forêts. La
conclusion souligna que le principal objectif consiste à accroître
les revenus tirés des produits et services forestiers obtenus dans
le respect de la durabilité, y compris les ressources biologiques
liées à la forêt, tout en encourageant l'investissement
nécessaire à la GDF.
La conclusion qui fait référence à la nécessité de combler
les écarts de financement aux fins de réaliser la GDF, fut
acceptée moyennant quelques modifications mineures. Elle reconnaît
que les investissements du secteur privé dans la GDF sont
généralement inhibés par des facteurs découlant des
imperfections au niveau des politiques et du marché.
Au sujet de la conclusion identifiant les ressources du secteur
privé comme une composante clé de la stratégie de financement de
la GDF, les pays en développement déclarèrent que
l'investissement du secteur privé ne doit pas être considéré
comme un substitut au financement public international, APD
comprise, et que c'est le financement provenant du secteur public
qui doit entre autres servir à promouvoir l'amélioration des
fonctions environnementales, économiques et sociales. La majeure
partie des conclusions stipule également que la mobilisation des
ressources du secteur privé exige souvent des ajustement politiques,
aux fins de créer des conditions favorables au profit de la GDF.
Au sujet de la conclusion portant sur l'importance de la
participation de tous les concernés et leur implication dans
l'utilisation efficace des ressources financières, un groupe
régional proposa de remplacer le terme "concernés" par
"Parties intéressées", en raison du risque de voir les
compagnies multinationales bénéficier de droits non appropriés à
la participation.
La conclusion concernant le besoin de mettre en place des
systèmes efficaces et rentables et l'utilité des études de cas
pour l'amélioration de la compréhension du rôle des flux
financiers provenant des différentes sources, fut approuvée,
moyennant quelques modifications mineures.
Au sujet de la conclusion portant sur l'établissement d'un fonds
international pour les forêts, un groupe régional avança un
libellé proposant d'orienter ce fonds vers la GDF pour une période
transitoire.
Les pays industrialisés appelèrent à l'insertion d'une
formulation signalant que de telles propositions avaient été
faites, mais qu'aucun consensus n'a été réalisé. Ils mirent en
relief l'impératif de renforcer l'efficacité des ressources
disponibles. Un groupe régional préféra voir un tel fonds "suggéré",
au lieu de "proposé". Les pays en développement
déclarèrent que le fonds n'est pas une notion abstraite. Un pays
industrialisé déclara que l'accord autour d'un IJC serait un
levier pour la mise à disposition de fonds nouveaux. Un autre pays
industrialisé nota l'annonce qu'il a faite récemment de la mise en
place d'un fonds pour les forêts tropicales qui n'a pas eu besoin
d'un IJC.
La conclusion stipule que la proposition appelant à
l'établissement d'un mécanisme de financement international
consacré au soutien de la GDF a été l'objet de délibérations et
qu'à ce propos, il a été proposé qu'un fonds international pour
les forêts soit mis en place dans l'objectif de couvrir entre
autres les coûts additionnels durant la période transitoire devant
aboutir à la GDF. La conclusion note également que des réserves
ont été faites concernant la création du fonds international pour
les forêts.
Au sujet de la conclusion consacrée à l'entité devant être
chargée de promouvoir l'investissement international dans la GDF,
un pays industrialisé proposa l'insertion d'un libellé évitant
toute référence à une entité particulière. Au sujet de
l'utilisation des programmes forestiers nationaux comme plate-forme
pour la canalisation des financements de nouveau vers les forêts,
plusieurs délégués firent remarquer qu'il était peu approprié
de parler d'un cadre de régulation international pour les
investissements dans la GDF. La conclusion stipule en outre que le
concept d'une entité chargée de la mobilisation des
investissements du secteur privé pour la GDF méritait d'être
examiné et que cela pouvait catalyser et soutenir les activités
liées à l'information, au renforcement des capacités, au
transfert des technologies et au financement, entre les secteurs
public et privé.
D'autres conclusions reconnaissent que:
les flux financiers destinés au secteur forestier doivent
soutenir et être compatibles avec l'établissement et
l'application des PFN et que la GDF doit être considérée comme
l'une des priorités dans l'affectation des ressources domestiques
et que de l'APD; et,
les pays industrialisés doivent honorer les engagements qu'ils
ont pris pour la réalisation de l'objectif agréé par les
Nations Unies et consistant à allouer 0,7% du PNB à l'APD, et ce
dans les meilleurs délais possibles.
Les Propositions d'Actions: Les propositions d'actions:
appellent les pays et les organisations internationales
pertinentes à accroître les ressources disponibles et à
améliorer l'efficacité des ressources disponibles pour la GDF et
à utiliser les PFN ou autres programmes intégrés comme plate-forme
pour la canalisation, le classement par priorité et
l'augmentation de l'aide financière au secteur forestier dans les
pays en développement;
appellent les pays et les organisations internationales
pertinentes à entreprendre des activités de collecte et
d'analyse systématiques des données concernant les flux
financiers destinés au secteur forestier;
encouragent les investissements privés dans la GDF par
l'instauration d'un environnement stable et transparent et d'un
cadre de régulation adéquat qui incite au réinvestissement des
revenus forestiers dans la GDF; et,
appellent les pays et les organisations internationales
pertinentes à explorer la faisabilité et la mise en opération
d'une entité chargée de la promotion des investissements.
Le vendredi 11 février, le Groupe de Travail 2 aborda les
propositions d'actions non résolues restantes. Le Coprésident
RISTIMÄKI demanda à un groupe informel restreint de trouver une
formulation reflétant qu'aucun consensus n'a pu être réalisé sur
ces questions en suspens. Le texte final comprend un chapeau où il
est mentionné que le Forum a examiné, sans parvenir à un
consensus, les propositions d'actions listées dans le chapitre. Au
sujet de l'exploitation, identification et développement de
mécanismes financiers efficaces, le consensus ne fut pas atteint
sur le point de savoir, s'il fallait inclure une référence à de
nouveaux mécanismes. Le Forum ne réussit pas non plus à réaliser
un consensus autour de la proposition de création d'un fonds
international pour les forêts. Concernant la pleine utilisation des
potentialités offertes par les mécanismes existants tels que le
FEM, le consensus ne fut pas réalisé sur le point de savoir si les
options offertes devaient être explorées en vue d'élargir leur
portée ou si leur portée devait être évaluée, aux fins de
financer un plus large éventail d'activités inscrites dans le
cadre de la GDF. Enfin, le consensus ne fut pas réalisé sur le
point de savoir s'il fallait inclure une proposition sur le besoin
d'une étude intégrant des questions telles que celles du commerce
international et de l'estimation commerciale des produits et
services forestiers.
COMMERCE ET ENVIRONNEMENT: Le lundi 31 janvier, le
Coprésident RISTIMÄKI rétablit le groupe de contact sur le thème
commerce et environnement pour la poursuite des travaux qu'il a
entamés au FIF-3, et demanda à Don WIJEWARDANA (Nouvelle Zélande)
de continuer à le présider. Le groupe de contact devait se réunir
à quatre reprises entre le mercredi 2 et le mardi 8 février, se
focalisant sur deux conclusions et quatre propositions d'actions
laissées en suspens au FIF-3. Le groupe de contact ne put réaliser
un consensus sur l'une des conclusions et deux propositions
d'actions. Le délégués tinrent une réunion informelle pour
tenter de combler l'écart sur les questions en suspens mais ne
parvinrent à aucun consensus. Le vendredi 11 février, le Groupe de
Travail 2 se réunit pour examiner les questions non résolues. L'UE
suggéra de supprimer les crochets restants et d'insérer un
libellé convoyant un message positif à la CDD, l'informant que
beaucoup de progrès ont été réalisés et qu'un peu plus de
travail était nécessaire pour la réalisation du consensus. Le
Coprésident RISTIMÄKI demanda aux délégués de tenir une
réunion informelle consacrée à la formulation du message à
adresser à la CDD.
Les Conclusions: Au sujet de la conclusion portant sur la
nature et l'étendue du commerce illicite des produits forestiers
ligneux et non ligneux, les débats tournèrent autour de la
question de savoir s'il fallait supprimer les crochets entourant la
référence aux ressources biologiques ou s'il fallait insérer une
définition de ce terme. Certains suggérèrent d'utiliser la
définition retenue par la CDB, d'autres estimèrent que le FIF se
devait de fournir sa propre définition. Un pays industrialisé
préféra une référence aux "ressources biologiques liées à
la forêts". Les délégués approuvèrent cette proposition et
le texte où "ressources biologiques" fut remplacé par
"ressources biologiques liées à la forêt" fut adopté.
Au sujet de la conclusion portant sur l'amélioration de la
transparence des marchés pour en faciliter l'accès pour les
produits et services forestiers, plusieurs délégués apportèrent
leur appui à un libellé spécifiant que ces produits et services
proviennent de forêts gérées de manière viable. Les pays en
développement s'opposèrent à l'idée de ne retenir que les
produits et services des forêts gérées de manière viable. Un
pays industrialisé fit part de ses réserves concernant le risque
de voir cette référence mettre en relief de manière indue que la
transparence du marché ne doit s'appliquer qu'aux produits et
services provenant de forêts gérées de manière viable. Les
délégués ne parvinrent pas à quelque accord sur cette question
et une note de bas de page dans le texte stipule que le Forum a
examiné, sans réaliser un consensus, la référence spécifiant
"y compris ceux provenant des forêts de manière viable".
D'autres conclusions reconnaissent:
que des politiques d'appui mutuel dans les domaines du commerce
et de l'environnement peuvent promouvoir de manière effective la
réalisation de la gestion viable de la conservation et du
développement durable de tous les types de forêts;
le commerce international des produits forestiers ligneux et
non ligneux a des effets positifs et des effets négatifs sur la
GDF, qu'une attention particulière doit être accordée aux
restrictions commerciales restantes et celles émergeantes qui
contraignent l'accès aux marchés, et que les mesures
commerciales visant à promouvoir la GDF ne doivent pas constituer
une discrimination injustifiée ou arbitraire, ni une restriction
déguisée au commerce; et,
que les schémas volontaires de certification et d'étiquetage
(C&E) ont un rôle potentiel, que davantage d'expérience
pratique est nécessaire pour aboutir à des conclusions sur
l'efficacité de ces schémas, que l'application de ces schémas
risquait de mener vers des obstacles injustifiés à l'accès aux
marchés, et que bonne note est prise des travaux de l'OMC sur
l'éco-étiquetage volontaire.
D'autres conclusions portent sur:
la nécessité de stratégies de GDF à long terme pour
minimiser les effets négatifs, les changements de court terme
tels que les récentes crises financières;
l'intégration de l'ensemble des coûts des produits et
services forestiers et de leurs substituts;
le cycle de vie des effets environnementaux des produits
forestiers et de leurs substituts; et,
les problèmes particuliers auxquels sont confrontés les PFCF
et les petits Etats insulaires en développement (PEID).
Les Propositions d'Actions: Au sujet de la proposition
d'action portant sur la réduction du commerce illicite des produits
forestiers ligneux et non ligneux, les délégués s'accordèrent
sur un libellé faisant référence aux ressources biologiques
liées aux forêts.
Au sujet de la proposition d'action appelant au soutien des
efforts fournis visant la libéralisation du commerce, en accordant
une attention à la suppression des restrictions commerciales qui
entravent l'accès aux marchés, des délégués firent part de
leurs réserves concernant l'absence d'équilibre dans le libellé
entre le commerce et la GDF. Un pays industrialisé proposa
l'insertion d'une formulation encourageant les pays à mener des
évaluations d'impact environnemental des accords commerciaux.
Plusieurs pays en développement déclarèrent que cela
constituerait des préalables pour le commerce international. Un
pays suggéra d'insérer un libellé encourageant les pays à
évaluer, revoir et considérer les implications environnementales
des mesures de libéralisation du commerce. Le texte final stipule
que le Forum a examiné cette question sans parvenir à un consensus
et qu'il est retourné au texte crocheté transmis par le FIF-3. Il
stipule également que le FIF soutient les efforts fournis par les
pays et par l'OMC dans le domaine de la libéralisation du commerce,
accordant une attention particulière à la suppression des
restrictions commerciales restantes et émergeantes qui contraignent
l'accès aux marchés, en particulier pour les produits forestiers
à valeur ajoutée.
Au sujet de la proposition encourageant les pays, les
organisations internationales et d'autres Parties intéressées à
entreprendre un travail de coopération sur les schémas volontaires
de certification et/ou d'étiquetage (C&E), les délégués
débattirent de l'opportunité d'insérer un libellé portant sur
les obstacles injustifiés à l'accès aux marchés et d'une
référence à l'OMC. Une délégation proposa une formulation
combinant les idées de travail de coopération sur les C&E pour
la réalisation de la comparabilité et la prise en considération
des équivalences, et leur élaboration et application de manière
favorable à la promotion de la GDF et à l'évitement des obstacles
injustifiés à l'accès aux marchés. La formulation fut approuvée.
Un groupe régional suggéra de remplacer la référence aux
obstacles injustifiés à l'accès aux marchés par une référence
à la nécessité d'assurer une transparence adéquate et la
non-discrimination. Les pays en développement et d'autres
intervenants s'y opposèrent. Une bonne partie du débat tourna
autour de la référence à l'OMC. Les pays en développement
insistaient uniquement sur l'insertion d'une référence à l'OMC
dans le cadre des efforts fournis par les organisations
internationales, tandis qu'un autre groupe régional appelait à des
références à la CNUCED, à la FAO et au PNUE. Le groupe de
contact qui suivit ne parvint pas à réaliser le consensus. Le
texte final renferme une note de bas de page stipulant que le Forum
a examiné la référence particulière à l'OMC, sans parvenir à
un consensus. Le texte final encourage également l'entreprise d'un
travail de coopération sur les C&E assorti d'une amélioration
de la comparabilité et de la prise en compte de leur équivalence,
aux fins de garantir la transparence et la non-discrimination dans
leur élaboration et dans leur mise en opération. Le texte stipule
enfin que ces schéma ne doivent pas mener à des obstacles
injustifiés à l'accès aux marchés.
D'autres propositions d'actions portent sur:
la réalisation du commerce des produits et services forestiers
provenant des forêts gérées de manière viable et l'évitement
des politiques et mesures susceptibles d'exercer des effets
adverses sur le commerce ou la GDF;
l'analyse des implications de l'intégralité des coûts sur la
gestion forestière et le développement économique et la
réalisation de stratégies d'intégration des coûts pour les
produits et services forestiers et leurs substituts;
l'approfondissement de l'analyse du cycle de vie des effets
environnementaux des produits forestiers et de leurs substituts;
la prise de mesures pour l'amélioration de la transparence des
marchés, en tenant compte du rôle du secteur privé, pour aider
à la promotion de l'exercice responsable des choix pour les
producteurs et les consommateurs;
la mise en place de stratégies à long terme pour la GDF, en
vue de minimiser les effets négatifs des changements à court
terme intervenant sur le marché, tels que les récentes crises
financières; et,
l'importation de produits forestiers dans les PFCF, les pays
dotés d'écosystèmes fragiles et les PEID.
TRANSFERT DES TER EN SOUTIEN A LA GDF: Le mardi 1er
février, le Coprésident du Groupe de Travail 2, RISTIMÄKI,
établit un groupe de contact pour la poursuite du débat entamé au
FIF-3 sur le transfert des TER. Le groupe, présidé par Ralph
ROBERTS (Canada), tint cinq cessions du mercredi 2 au mardi 8
février. Le groupe de contact ôta la paire de crochets hérités
du FIF-3 qui entourait les mécanismes nécessaires à la mise au
point et au transfert des TER. Le groupe de contact supprima
également les crochets hérités du FIF-3 qui entouraient les
propositions d'actions portant sur: l'encouragement de l'action
nécessaire à la mise en place des mécanismes; le renforcement de
la coopération entre les institutions; le transfert des
technologies à des termes préférentiels; le partage des avantages;
et, la mise en place de mécanismes établissant un lien entre les
CTLF et les DPI.
Les Conclusions: Les conclusions retenues dans le texte final
notent:
la réitération de l'importance des principes forestiers, du
Chapitre 34 du Plan d'Action 21 et de la Décision 6/3 de la CDD;
l'amélioration de l'accès aux, et de l'utilisation des TER
offre de grandes potentialités pour l'avancement de la GDF;
la reconnaissance des contributions importantes mais
différenciées des secteurs public et privé;
la participation des programmes forestiers nationaux et autres
Parties intéressées;
le renforcement des capacités des pays dans le domaine de
l'évaluation de la rationalité écologique, de la viabilité
économique et des effets sociaux des technologies;
les besoins des PFCF en développement dans le domaine
technologique;
les opportunités disponibles pour le financement et le soutien
du transfert des technologies, Nord-Sud, à travers l'APD et les
partenariats privés/publics;
la coopération Sud-Sud est complémentaire au transfert
Nord-Sud des TER;
la reconnaissance de l'importance des technologies applicables
aux ressources biologiques forestières;
la nécessité d'accroître la diffusion des technologies aux
intéressés directs, à travers les services de vulgarisation
forestière;
le besoin urgent de mettre en application les technologies
modernes appropriées et écologiquement rationnelles en matière
d'énergie basée sur les produits ligneux; et,
la focalisation de l'attention sur l'intégration du rôle des
femmes dans le renforcement des capacités et le transfert des
technologies.
Les propositions d'Actions: Au sujet de la proposition
d'action appelant à un transfert des TER à des termes
préférentiels tout en tenant compte des DPI, les délégués
s'accordèrent sur la nécessité de prendre des mesures concrètes
pour la promotion et la facilitation du transfert des TER vers les
pays en développement, et sur l'insertion d'un libellé appelant à
la mobilisation des soutiens nécessaires à la mise au point et
l'application des technologies appropriées et du savoir-faire qui
s'y rapporte, aux fins d'améliorer la mise au point de la GDF dans
ces pays.
Au sujet de la proposition d'action encourageant les pays à
initier des actions vers l'établissement de nouveaux mécanismes
pour l'amélioration du transfert des TER, un pays industrialisé
proposa l'insertion d'un libellé faisant référence à
l'élaboration et à l'élargissement de mécanismes ou
d'initiatives pour l'impulsion du transfert des technologies. Un
autre pays industrialisé suggéra la suppression des références
aux décisions spécifiques de la CDD et aux propositions du GIF. Le
texte fut adopté.
Au sujet de la proposition d'action portant sur le renforcement
de la coopération entre les institutions, les délégués
s'accordèrent sur un libellé stipulant que les institutions
reconnues comme centres d'excellence doivent servir de centre
d'échange d'information, conformément aux termes du Chapitre 34 du
Plan d'Action 21, aux fins d'accélérer le flux des technologies.
Les délégués menèrent un long débat autour de la proposition
d'action portant sur le partage des avantages tirés de
l'utilisation des ressources biologiques, conformément à ce qui
est préconisé dans la CDB. Quelques pays s'interrogèrent sur
l'opportunité d'un débat sur les liens entre les ressources
biologiques et les DPI, au sein du FIF, compte tenu du fait que la
question n'a pas été résolue dans d'autres fora, tels que la CDB
et la WIPO, et suggérèrent la suppression du paragraphe. Plusieurs
délégations préférèrent aligner le libellé sur celui figurant
dans un paragraphe similaire encore en cours d'examen, dans le
chapitre consacré aux CTLF. Les pays en développement proposèrent
un libellé faisant référence à la reconnaissance de l'origine
des ressources biologiques forestières s'opposant à une
référence aux ressources génétiques. Quelques pays
industrialisés préférèrent aligner le libellé sur celui retenu
dans d'autres fora, et l'un deux proposa l'insertion d'une nouvelle
formulation basée sur l'Article 15 (accès aux ressources
génétiques) de la CDB. Plusieurs pays industrialisés firent
objection à la référence à la reconnaissance de l'origine des
ressources biologiques forestières préférant la terminologie
approuvée dans le cadre de la CDB ou dans d'autres éléments de
programmes. Les pays industrialisés insistèrent également à
l'inclusion d'un partage des avantages réalisés dans les termes
mutuellement approuvés et conformément aux législations
nationales. Le texte final encourage les pays à partager les
avantages tirés de l'utilisation des ressources génétiques
forestières et des résultats des applications de recherche, et à
travailler autant que nécessaire sur les questions touchant à
l'identification de l'origine de ces ressources dans le cadre de
leurs systèmes de DPI, sui generis ou autres systèmes de
protection pertinents, en tenant compte des travaux avancés par la
CDB et d'autres accords internationaux pertinents, de manière
conforme aux législations nationales.
Au sujet de la proposition d'action portant sur l'établissement
de liens entre les DPI et les CTLF dans l'élaboration des
mécanismes nécessaires à la réalisation des avantages des CTLF,
les pays industrialisés mirent en garde contre le risque d'aller
au-delà des travaux en cours menés dans d'autres fora et
suggérèrent la suppression du paragraphe. Plusieurs pays en
développement s'opposèrent à sa suppression et proposèrent un
libellé alternatif faisant référence entre autres à
l'établissement et à la mise en application de DPI relatifs aux
CTLF et du consentement préalable en connaissance de cause et de la
reconnaissance des détenteurs des connaissances dans les
applications brevetées. Quelques pays industrialisés déclarèrent
que ce point était couvert dans le chapitre consacré aux CTLF et
appelèrent à la suppression du libellé. Le texte final stipule
que le Forum a examiné la proposition sans parvenir à un
consensus.
D'autres propositions d'actions encouragent les pays à:
mettre en place des politiques habilitantes et un cadre
juridique et institutionnel favorable aux investissements des
secteurs public et privé dans les TER;
soutenir le renforcement de la coopération entre les
institutions pour faciliter l'évaluation des besoins dans le
domaine de l'adaptation et du transfert des TER;
reconnaître l'importance des TER pour les pays en
développement et les pays en transition économique en tant que
partie intégrante du processus d'investissement et de
développement durable;
envisager des mesures pratiques pour promouvoir la diffusion
des TER aux concernés directs;
impulser les partenariats et initier la coordination et la
coopération dans le domaine de la mise au point du transfert et
de l'application des TER;
faciliter le transfert de TER applicables aux produits ligneux
et non ligneux secondaires découlant des récoltes forestières
et du processus de transformation du bois;
renforcer les programmes ciblant les femmes dans les domaines
de l'éducation, de la promotion et des micro-crédits; et,
recourir à des données et à des informations
sexo-spécifiques dans les enquêtes et les études sectorielles
utilisées dans le développement des technologies.
D'autres propositions d'actions soulignent l'importance de l'aide
au profit des PFCF et des pays dotés d'écosystèmes forestiers
fragiles, et appellent les pays à entreprendre des démarches pour
s'assurer de l'égalité des chances pour les femmes à être
bénéficiaires des TER.
Les délégués s'accordèrent sur le déplacement de la
proposition de l'élément programmatique intéressant l'évaluation,
le suivi et la réhabilitation du couvert forestier vers l'élément
programmatique consacré aux TER. La proposition encourage les pays
à promouvoir le transfert approprié des technologies de mise en
valeur écologiquement rationnelles pour la gestion durable des
écosystèmes forestiers dans les régions écologiquement fragiles.
LES QUESTIONS NECESSITANT DAVANTAGE D'ECLAIRCISSEMENT: Les
Causes Sous-jacentes de la Déforestation: Le Groupe de Travail
examina les causes sous-jacentes de la déforestation, focalisant
ses discussions sur la suppression des crochets figurant dans le
texte transmis dans le rapport du FIF-3.
Les Conclusions: Les délégués examinèrent la conclusion
identifiant les causes sous-jacentes de la déforestation, le
mercredi 2 février. Ils s'accordèrent à supprimer les crochets
entourant la référence au commerce illicite, à supprimer le terme
"corruption" et à remplacer "problèmes de
gouvernance" par "absence de bonne gouvernance". La
conclusion fut adoptée avec ces modifications.
Au sujet de la conclusion portant sur les effets de la sous-estimation
des forêts naturelles et la nécessité de procéder à
l'estimation économique des biens et services forestiers, de
manière à englober les coûts et les profits environnementaux, le
délégué des ETATS-UNIS, appuyé par l'AUSTRALIE, suggéra
l'insertion d'une référence transversale aux éléments de
programmes consacrés à l'évaluation économique des biens et
services forestiers et aux instruments économiques. Le BRESIL,
appuyé par l'EQUATEUR et la NOUVELLE ZELANDE, plaida pour la levée
des crochets placés autour de la conclusion. L'EQUATEUR proposa
l'insertion d'une référence aux ressources biologiques, et les
délégués approuvèrent en y ajoutant une note précisant la
définition retenue par la CDB.
D'autres conclusions stipulent que le FIF:
réitère l'impératif de mettre en application les
propositions d'actions du GIF et prend note des recommandations de
l'Atelier Mondial sur le Thème des Causes Sous-jacentes de la
Déforestation, tenu au Costa Rica en janvier 1999;
souligne la nécessité d'une coordination politique efficace
dans le traitement des causes sous-jacentes de la déforestation
et met en relief l'importance de l'harmonisation politique à
l'intérieur et à l'extérieur du secteur forestier;
reconnaît la nécessité d'une analyse, au niveau national et
international, des conséquences des causes contribuant aux
changements intervenant au niveau de la qualité et de la
quantité, dans le secteur forestier;
note le besoin d'impliquer plusieurs acteurs dans le traitement
des problèmes forestiers; et,
note que l'évaluation économique des ressources forestières
a souvent donné lieu à des incitations inadéquates pour
l'utilisation durable des ressources.
Les Propositions d'Actions: Au sujet de la proposition
d'action crochetée portant sur les directives techniques nationales
et les incitations économiques internationales visant à promouvoir
l'implication des communautés dans la GDF, l'AUSTRALIE, appuyée
par l'EQUATEUR, proposa de remplacer le terme "promotion"
par le terme "soutien". Les ETATS-UNIS, avec le CANADA,
proposèrent la suppression de la référence aux incitations
économiques nationales et internationales. L'EQUATEUR, avec le
G-77/CHINE, plaida pour son maintien. Le texte final appelle à la
prévision d'incitations économiques pour le soutien de
l'implication des communautaires.
Au sujet de la proposition d'action consacrée à
l'identification des insuffisances au niveau de l'intégration des
coûts et à l'introduction d'incitations positives, le CANADA
proposa de supprimer soit le paragraphe, soit la référence aux
incitations positives qui y figure. De nombreuses délégations, y
compris les ETATS-UNIS, l'UE et le BRESIL, désapprouvèrent, et les
crochets furent ôtés.
Au sujet de la proposition d'action appelant au soutien des
programmes des communautés locales pour le renforcement des
capacités et la facilitation de l'accès aux marchés, les
délégués débattirent de la référence crochetée aux marchés
extérieurs. La NOUVELLE ZELANDE proposa "marchés domestiques
et extérieurs". La proposition fut adoptée avec cette
modification. Au sujet de la proposition d'action demandant aux
institutions financières internationales d'analyser les effets de
la dette extérieure et d'envisager des schémas novateurs pour la
réduction de la dette, plusieurs délégations dont les ETATS-UNIS,
la NORVEGE et le BRESIL suggérèrent la suppression de la
référence à cette analyse. Les délégués s'accordèrent sur un
libellé amendé appelant les institutions financières à analyser
les effets de la dette extérieure sur la déforestation et la
dégradation forestière.
Dans l'examen de la proposition d'action invitant les pays à
travailler avec les institutions financières internationales, aux
fins d'établir la transparence concernant les politiques
d'ajustement structurel et de les harmoniser avec les objectifs
nationaux de développement durable. L'AUSTRALIE, la NORVEGE, le
MALI et l'UE plaidèrent pour la levée des crochets. Cependant, le
G-77/CHINE, le BRESIL, la COLOMBIE, le GHANA et le CHILI appelèrent
à la suppression de la proposition, craignant qu'elle ne donne lieu
à des conditions additionnelles au niveau des politiques
d'ajustement structurel. Les délégués s'accordèrent sur une
formulation révisée invitant les institutions financières
internationales à renforcer la transparence des processus
décisionnels, compte tenu de leur impact sur la GDF et de s'assurer
que leurs politiques favorisent la GDF.
Le rapport du FIF englobe également des propositions d'actions
appelant les pays à:
mettre en place les procédures appropriées pour la promotion
de la participation effective de toutes les Parties intéressées,
dans les processus décisionnels intéressant la gestion
forestière;
soutenir le renforcement des capacités dans les communautés
et leur implication dans la GDF; et,
soutenir des lois et/ou arrangements appropriés en matière de
propriété foncière pour permettre la détermination de la
propriété des terres, ainsi que les droits des communautés
locales et indigènes et des propriétaires forestiers.
Les propositions d'actions invitent également les pays à
utiliser les PFN pour l'implication des communautés indigènes et
locales et la participation des femmes dans la formulation et la
mise en œuvre des mesures visant à protéger leurs droits fonciers
et leurs privilèges forestiers, les CTLF et les ressources
biologiques forestières (tel que défini par la CDB). Les
organisations membres de l'ITFF y sont enfin encouragées à appuyer
l'élaboration d'une étude exhaustive sur les questions foncières
ayant rapport avec la déforestation et la dégradation forestière.
Les Connaissances Traditionnelles Liées à la Forêt: Le
Groupe de Travail 1 entama ses débats de fond sur les libellés
crochetés restants le mercredi 2 février. L'examen des nouvelles
formules et propositions pour les libellés modifiés intéressant
la question des CTLF fut menée tout au long du FIF-4. Le jeudi 3
février, les négociations devaient enregistrer une avancée rapide
et une solidification du consensus. Toutefois, les discussions
arrivèrent à un point d'achoppement, le mardi 8 février, et le
Coprésident ASADI décida de poursuivre le débat, de manière
informelle. Les délégués conclurent l'adoption du texte, le
vendredi 11 février.
Les Conclusions: Dans la conclusion concernant la mise en
œuvre de mesures pour la protection des CTLF, les délégués
discutèrent des travaux susceptibles d'aider au développement
d'une compréhension commune des liens entre les DPI et les brevets,
les accords "TRIPs" et la CDB. Le lundi 7 février, l'UE
appuya la suppression de la référence aux brevets et aux accords
TRIPs. Le JAPON plaida en faveur de la référence au système des
DPI. Le BRESIL apporta son soutien à la référence au système sui
generis et suggéra de modifier la formulation pour y inclure
l'élément de phrase "relevant de la CDB". Le texte fut
adopté avec ces modifications et avec une référence additionnelle
à "d'autres systèmes de protection pertinents".
Le texte final englobe des conclusions additionnelles portant sur:
l'implication des populations indigènes et des communautés
locales, leurs connaissances traditionnelles et la reconnaissance
de leurs droits aux ressources naturelles, en soutien à la
formulation et à la mise en œuvre des politiques de GDF;
la nécessité d'explorer davantage les modalités permettant
une meilleure reconnaissance, un meilleur respect et une plus
grande protection des CTLF impliquées dans la GDF;
le droit des communautés indigènes et locales de participer
à la conservation et à la gestion des forêts et des ressources
biologiques forestières, conformément aux dispositions du
chapitre 26 du Plan d'Action 21; et,
l'accueil favorable des résultats du Groupe de Travail
Spécial de la CDB sur l'Article 8(j).
Les Propositions d'Actions: Le jeudi 3 février, au cours de
l'examen de la proposition d'action appelant les pays à mettre en
œuvre des mesures pour une meilleure reconnaissance, un meilleur
respect et une plus grande protection des CTLF dans la GDF, le JAPON
suggéra d'ajouter "suffisantes" au terme "mesures",
les ETATS-UNIS proposèrent des mesures "fortes" et
l'AUSTRALIE suggéra des mesures "efficaces". Les
délégués approuvèrent cette dernière proposition. L'AUSTRALIE
et le BRESIL suggérèrent une référence à "d'autres accords
internationaux pertinents". L'UE plaida pour l'insertion des
termes "ou autres systèmes". Le texte fut adopté avec
ces modifications.
Les délégués s'accordèrent sur la combinaison du libellé
demandant au Groupe de Travail Spécial de la CDB d'inclure les
options offertes dans le domaine de la collecte de l'enregistrement
et de la localisation des CTLF et établissant le consentement
préalable en connaissance de cause, avec le paragraphe invitant le
Secrétariat de la CDB à élaborer un aperçu général sur les
approches susceptibles d'être retenues dans l'identification et
l'enregistrement des CTLF.
Le mercredi 2 février, les délégués examinèrent la
proposition d'action appelant à la promotion d'un partage juste et
équitable des avantages et l'UE plaida à la suppression des termes
"y compris les paiements, le cas échéant" pour éviter
tout chevauchement avec les travaux menés dans d'autres fora. Le
CANADA demanda le maintien du libellé. Le MEXIQUE s'opposa à la
référence faite aux articles spécifiques de la CDB et les
ETATS-UNIS souhaitèrent le maintien de la référence à l'Article
8(j), uniquement. Le JAPON appela à l'insertion d'une référence
aux "traités ayant trait au DPI". Le BRESIL désapprouva
et déclara que le partage des avantages n'est pertinent que dans le
cadre de la CDB. Le jeudi 3 février, le BRESIL, l'AUSTRALIE et les
PHILIPPINES plaidèrent pour le maintien de la phrase "y
compris les paiements, le cas échéant" et de la référence
aux articles spécifiques de la CDB. L'AUSTRALIE suggéra également
l'insertion d'une référence à l'élaboration des mécanismes
nécessaires au partage des avantages. Les ETATS-UNIS et l'EQUATEUR
appuyèrent l'insertion d'une référence aux articles de la CDB, en
rapport avec le thème. Le BRESIL suggéra l'insertion du terme
"entre autres" devant les articles de la CDB. Les
délégués appuyèrent les propositions Brésiliennes, acceptèrent
la référence aux paiements, aux accords internationaux, aux
législations nationales et aux articles spécifiques de la CDB et
le texte fut adopté.
Les délégués entamèrent la négociation encourageant la
compatibilité entre les accords TRIPs et la question des CTLF, le
jeudi 3 février. Le JAPON et l'UE déclarèrent que
l'identification de l'origine des CTLF était déjà traitée par
des contrats privés et demanda la suppression du paragraphe entier.
La NORVEGE et un certain nombre de pays en développement
s'opposèrent à sa suppression et soulignèrent le rôle de la CDB
dans cette identification. Le CANADA proposa un nouveau texte
encourageant la collaboration avec les organisations internationales
pertinentes pour aider à l'avènement d'une appréciation et d'une
compréhension commune des liens entre les DPI, le système sui
generis et d'autres systèmes de protection pertinents, et la CDB, y
compris les travaux menés sur la question de l'identification de
l'origine des CTLF et des ressources génétiques, aux fins de
protéger ces connaissances contre toute utilisation non appropriée.
Le lundi 7 février, le délégué des ETATS-UNIS suggéra la
suppression de la référence à l'origine des ressources
génétiques. L'EQUATEUR, le BRESIL et la COLOMBIE y firent
objection. Le CANADA déclara que les CTLF englobait implicitement
les ressources génétiques. Le mardi 8 février, le CANADA proposa
deux options crochetées, l'une se référant aux connaissances
ayant trait aux ressources génétiques, et l'autre aux ressources
biologiques forestières associées, telles que définies par la CDB.
Le vendredi 11 février, les délégués adoptèrent un nouveau
texte faisant référence aux "connaissances résultant de
l'utilisation des ressources génétiques forestières (telles que
définies par la CDB)".
Le jeudi 3 février, au cours de l'examen du libellé invitant le
Secrétariat de la CDB à élaborer un aperçu général sur les
approches adoptées dans l'identification et l'enregistrement des
CTLF, le délégué des PHILIPPINES souhaita une référence aux
approches éventuelles pour "l'application" des CTLF. Le
PEROU et l'EQUATEUR déclarèrent que la référence au CIFOR, à
l'IUFRO et à la FAO, minait le rôle des détenteurs des CTLF et
plaidèrent pour la suppression du paragraphe. Le vendredi 4
février, l'EQUATEUR suggéra l'insertion d'une référence à l'OIT,
et le BRESIL appela à l'inclusion d'une référence aux
communautés traditionnelles. Le PEROU déclara que le texte devrait
inviter la CdP de la CDB, plutôt que le Secrétariat, à élaborer
cette étude. Le lundi 7 février, le CANADA proposa un nouveau
texte mettant en exergue le rôle des détenteurs des CTLF, et
invitant le Secrétariat de la CDB à préparer une étude sur les
approches permettant l'intégration des CTLF dans la GDF. La NORVEGE
suggéra l'insertion d’une formulation reflétant la nécessité
du contrôle gouvernemental.
Le mardi 8 février, les délégués s’accordèrent sur la
combinaison de ce paragraphe avec le libellé invitant la CdP de la
CDB, à travers son Groupe de Travail Ad Hoc, à considérer les
options offertes pour la collecte, l’enregistrement, l’application
et la localisation des CTLF. Le nouveau texte englobe des
références directes à la participation des populations indigènes
et des communautés locales et aux dispositions de la CDB en
rapport, dans l'élaboration de l’étude, et reconnaît la
nécessité de renforcer et d’élargir l’application des CTLF,
des innovations et des pratiques avec l’approbation et l’implication
effective des détenteurs des CTLF. Le BRESIL insista sur la
qualification de cette approbation par l’un des termes suivants,
"légale", "formelle", "préalable" ou
"informée", citant le Projet de Déclaration des Droits
des Populations Indigènes, pour soutenir sa proposition. Le
délégué des ETATS-UNIS s'y opposa, indiquant que la Déclaration
traite de l'implication des populations indigènes dans les
processus décisionnels et qu'elle n'était pas pertinente dans ce
contexte. Le texte fut adopté le vendredi 11 février, sans la
proposition Brésilienne.
Au sujet de la proposition appelant à la mise en place, au
niveau national, de législations et de politiques favorisant la
réalisation des objectifs inscrits dans les différents articles de
la CDB, plusieurs délégués firent objection à la référence
appelant à "la mise en place d'un cadre juridique" au
niveau international pour les articles de la CDB. Le délégué des
ETATS-UNIS suggéra de se référer plutôt à une "amélioration
de la coopération internationale". Le CANADA préféra une
référence à "un ensemble de lignes directrices". Les
délégués approuvèrent cette dernière proposition. Le vendredi 4
février, les délégués apportèrent, pour des motifs de
clarification, leur appui à l'insertion d'un libellé appelant au
soutien des efforts fournis par les organisations et les
institutions internationales dans l'élaboration de ces lignes
directrices. Le BRESIL souhaita qualifier les lignes directrices par
l'adjonction de la phrase "conformément à leurs mandats".
La proposition du BRESIL fut acceptée et le texte fut adopté.
La Conservation Forestière et les Zones Protégées: Le
Groupe de Travail 1 entama son examen en préliminaire du thème de
la conservation forestière et des zones protégées, le jeudi 3
février. Les délégués y menèrent des débats de fond et
adoptèrent le texte final, le lundi 7 février.
Dans les discussions initiales, la Banque Mondiale encouragea le
FIF à prendre note de la définition des zones protégées fournie
par la Commission Mondiale de l'UICN sur les Zones Protégées et
utilisée par bon nombre de pays, d'institutions des Nations Unies
et de principaux groupes sociaux. Le délégué des ETATS-UNIS fit
part de ses réserves concernant le fait que les conclusions et les
propositions d'actions figurant dans le rapport du FIF-3 ne sont pas
reflétées de manière fidèle dans les résultats du FIF-3.
Les Conclusions: Le texte final englobe des conclusions
portant sur:
les résultats des deux ateliers organisés sur le thème des
zones protégées, l'un sponsorisé par l'Australie et l'autre co-parrainé
par les Etats-Unis et le Brésil;
l'importance de l'approche écosystémique qui sous-tend la
conservation et la protection forestière, en tant que partie
intégrante de la GDF et qui contribue aux économies locales et
aux profits autres que ceux du marché pour la société;
la fragmentation des forêts en tant que contrainte entravant
la protection effective de la biodiversité et des fonctions
écologiques des forêts et exigeant que des zones protégées
fassent part du paysage, comme autant d'endroits où la
conservation bénéficie d'une priorité;
l'application inadéquate de la conservation forestière et des
politiques qui encadrent les zones protégées, due à des
insuffisances au niveau de la coordination, à l'absence de
volonté politique et au manque de ressources, de garanties d'une
législation appropriée, de protection de la biodiversité et des
valeurs écologiques et d'appui des communautés indigènes et
locales;
la nécessité de développer une entente commune sur les
concepts clés, les définitions et la terminologie indispensable
au régime de gestion compatible avec la conservation forestière
à l'intérieur et à l'extérieur des zones protégées;
l'établissement de liens transversaux et d'une coordination
effective avec les politiques appliquées dans bon nombre de
secteurs non forestiers, telles que celles ayant trait au
développement régional, aux réimplantations humaines, au
commerce international, à l'ajustement structurel et à
l'agriculture qui peuvent avoir de profonds effets pervers sur les
objectifs de la conservation forestière; et,
la valeur d'une meilleure prise de conscience des avantages
économiques, culturels, environnementaux et sociaux, en
particulier des ressources biologiques, de la conservation
forestière et des zones protégées, pour l'engendrement du
soutien public et des ressources nécessaires à la préservation
du patrimoine forestier.
Les Propositions d'Actions: Les délégués s'accordèrent
sur la combinaison des paragraphes portant sur la mise à
disposition du soutien financier. La COLOMBIE appela à l'insertion
d'une référence aux plans d'actions nationaux. Le CANADA s'y
opposa en faisant remarquer que cela risquait d'exclure les pays en
développement. La COLOMBIE suggéra d'y ajouter "dans les pays
où ils existent". Les délégués se mirent d'accord sur la
phrase "là où tels plans existent". Le libellé fut
ainsi adopté. Le texte final appelle les pays, les institutions
financières internationales et autres bailleurs de fonds à mettre
à disposition des ressources financières et autres soutiens pour
la couverture des activités ayant trait à la conservation
forestière dans les pays en développement et la mise en place et
la gestion de zones protégées, de manière conforme aux plans
d'actions nationaux, là où de tels plans existent.
Au sujet de la proposition d'action portant sur l'élaboration et
la mise en application d'un éventail de mécanismes innovants pour
le financement et l'encouragement de la conservation forestière, y
compris les avantages liés à la séquestration du gaz carbonique,
le BRESIL, appuyé par la COLOMBIE, suggéra d'insérer une
référence à l'Article 3.3 de la CCCC identifiant les activités
forestières couvertes dans le cadre de cette Convention.
L'AUSTRALIE argua que cela dépassait le mandat du FIF. Le BRESIL
suggéra d'y ajouter "conformément aux, et dans le cadre de la
mise en œuvre des" articles pertinents du Protocole de Kyoto
et de la CCCC. Le texte fut ainsi adopté.
D'autres propositions d'actions encouragent les pays à:
s'engager dans la protection, conservation et
représentativité des forêts, de manière conforme aux
politiques et programmes forestiers nationaux qui établissent un
lien entre la conservation forestière et le développement
durable;
élaborer et mettre en application des stratégies de
protection des valeurs culturelles, spirituelles,
environnementales, économiques et sociales des forêts;
édifier des partenariats avec les propriétaires forestiers et
les communautés indigènes et locales dans les initiatives de
conservation forestière pour la GDF;
mettre en place des mécanismes de financement engageant toutes
les Parties intéressées, en particulier les propriétaires
forestiers et le secteur privé, dans la planification et la
gestion des zones protégées;
contribuer aux évaluations mondiales et régionales de la
situation des zones protégées et au soutien de la mise en place
de réseaux "bio-géographiquement" équilibrés;
établir des zones protégées conjointes incluant des couloirs
écologiques d'importance régionale et/ou mondiale assortis de
lignes directrices approuvées pour encadrer leur collaboration au
niveau de leur gestion;
coopérer avec les organisations et les institutions
internationales pour élaborer des méthodologies pour
l'évaluation des conditions des zones protégées, en prenant en
ligne de compte les efforts nationaux dans la collecte et
l'utilisation des données et en intégrant les connaissances
indigènes et locales;
coopérer avec les organisations et les institutions
internationales pour l'élaboration des lignes directrices
nécessaires à l'harmonisation de l'interprétation et de
l'utilisation des catégories de zones protégées disponibles
établies par l'UICN; et,
améliorer, avec les institutions financières internationales
et autres bailleurs de fonds, la coordination des politiques et
des programmes qui touchent à la conservation forestière, et
traiter les politiques intersectorielles, les plans d'ajustement
structurel et les mesures d'encouragement perverses.
La Recherche dans le Domaine Forestier: Le Groupe de Travail
1 rouvrit, brièvement, le jeudi 3 février, le débat sur la
recherche forestière. Les délégués approuvèrent les conclusions
et les propositions d'actions élaborées au FIF-3, sans outre
discussion.
Les Conclusions: Les conclusions retenues:
reconnaissent la valeur de la recherche et des systèmes
d'information, la valeur de la collaboration entre les pays dans
le domaine de la recherche, au niveau éco-régional, et
l'importance de l'intégration de questions politiques, au-delà
du secteur forestier;
reconnaissent l'inadéquation des systèmes disponibles pour la
mobilisation des ressources, l'établissement des priorités et la
réalisation d'une cohérence, et appellent à l'amélioration des
mécanismes de recherche et à des programmes plus pertinents;
prennent note de la proposition appelant à la mise en place
d'un service mondial d'information forestière, en soulignant le
rôle des réseaux dans la création d'opportunités de
collaboration importantes entre les institutions de recherche; et,
appellent à accorder une priorité aux programmes d'assistance
financière et technique pour le renforcement des capacités dans
les pays en développement.
Les Propositions d'Actions: Les propositions d'actions
appellent, entre autres, à:
formuler des politiques, des programmes et des stratégies dans
le cadre des PFN, en vue d'identifier les besoins et les
priorités dans le domaine de la recherche;
envisager de nouveaux moyens de mobilisation de fonds, au
profit de la recherche;
améliorer les liens entre les processus scientifiques et
politiques forestiers, aux niveaux national et départemental; et,
s'assurer que la recherche forestière est entreprise avec le
consentement préalable des pays concernés.
D'autres propositions d'actions appellent les organisations
internationales, les pays donateurs et les institutions financière
à: financer la recherche financière dans les pays en
développement; examiner de nouvelles possibilités pour la
mobilisation des fonds au profit de la recherche forestière;
améliorer l'accès aux données et à l'information, à travers
l'utilisation des institutions, mécanismes et réseaux disponibles;
et, mettre en place des projets conjoints dans le domaine de la
recherche forestière impliquant les secteurs public et privé. Une
proposition additionnelle requiert des organisations membres de
l'ITFF d'explorer les voies et moyens d'améliorer l'établissement
des priorités et le soutien des efforts fournis dans le domaine de
la recherche forestière aux plans national, régional et
international.
Evaluation Economique des Biens et Services Forestiers: Le
Groupe de Travail 2 aborda le vendredi 11 février le thème de
l'évaluation économique des biens et services forestiers.
Les Conclusions: Les conclusions stipulent que:
l'évaluation des forêts doit refléter le contexte social,
culturel, économique et écologique et prendre en considération
les valeurs ayant une importance pour les communautés locales et/ou
indigènes, les propriétaires forestiers privés, les aspects de
la répartition sexo-spécifique et les effets de la répartition
des recherches;
davantage de données quantitatives permettront à
l'évaluation forestière d'être plus efficace et plus
simplifiée, et que des méthodes d'évaluation rapides, rentables
et adaptées aux circonstances particulières des différents pays
sont nécessaires; et,
la portée de l'évaluation nécessite d'être élargie au-delà
du secteur forestier et que l'élaboration d'une approche
permettant l'identification des coûts et des profits de la GDF
est indispensable.
D'autres conclusions traitent de:
l'importance de l'évaluation qui ne garantit pas la prise de
décisions politiques appropriées;
l'amélioration de la coopération internationale avec une
attention particulière au renforcement des capacités, en
matière d'élaboration et d'application des moyens d'évaluation
forestière, aux fins d'améliorer et d'éclairer les politiques
et les processus décisionnels, ainsi que la formulation des
programmes dans les pays en développement; et,
la nécessité d'améliorer la coopération avec d'autres fora,
tels que ceux des changements climatiques, du commerce
international, de la désertification et de la biodiversité.
Les Propositions d'Action: Au sujet de la proposition
d'action qui requiert des organisations internationales pertinentes
l'élaboration de méthodes d'évaluation appropriée et l'adoption
d'approches adéquates pour l'identification des coûts et des
profits, les délégués acceptèrent de supprimer les crochets
entourant la référence aux coûts marginaux. Le texte demande
également aux organisations internationales pertinentes d'élaborer
et de tester des méthodes d'évaluation rapides pertinentes et
efficaces et d'adopter des approches permettant l'identification des
coûts et des profits, y compris ceux marginaux, de la GDF.
Les propositions d'actions rappellent par ailleurs les
propositions d'actions pertinentes du GIF. D'autres propositions
d'actions:
exhortent les gouvernements à améliorer la collecte des
données quantitatives aux fins d'établir une comptabilité
physique de la gamme entière des biens et services forestiers et
des matériaux non ligneux;
encouragent l'élaboration de méthodes d'évaluation rapides
et bon marché; et,
requièrent des pays et des organisations internationales
d'apporter leur assistance aux pays en développement pour le
renforcement de leurs capacités dans le domaine de l'élaboration
et de l'application des méthodes d'évaluation forestière.
Les Instruments Economiques, les Politiques Fiscales et les
Régimes Fonciers: Les délégués avaient parachevé les
négociations autour de cet élément de programme au FIF-3.
Les Conclusions: Les conclusions soulignent que:
les instruments économiques et les politiques fiscales peuvent
être inefficaces ou contre-productifs dans les situations
d'échecs au niveau des politiques, des régulations ou des
institutions;
les instruments économiques dans le secteur forestier doivent
considérer les opportunités offertes au niveau des utilisateurs
alternatives des terres et de la propriété publique et privée
des forêts;
l'offre à la vente de la variété des biens forestiers sur
les marchés locaux, nationaux et internationaux peut servir
d'encouragement à la GDF, mais un complément d'information est
requis concernant les voies et moyens de créer de tels marchés,
en particulier pour les produits forestiers non ligneux;
un régime foncier sûr et des droits garantis pour les usagers
sont nécessaires dans l'utilisation effective des instruments
économiques en tant qu'outils de soutien à la GDF;
la collecte des taxes et revenus peut être une source du
soutien financier nécessaire à l'amélioration de la GDF;
la prise en considération des effets des politiques macro-économiques
des pays sur le secteur forestier peut servir de base pour un
processus décisionnel éclairé permettant d'aboutir à la GDF;
et,
des politiques faibles et inconsistantes dans les secteurs
autres que celui forestier peuvent miner l'utilisation des outils
politiques forestiers, instruments économiques compris.
Les Propositions d'Actions: Plusieurs propositions d'actions
encouragent les pays à:
déterminer la portée potentielle et la combinaison efficace
d'instruments économiques et de politiques fiscales en tant
qu'outils pour la promotion de la GDF, y compris la collecte des
revenus forestiers tirés de l'extraction du bois d'œuvre;
combiner régulation et instruments économiques pour la
réalisation des objectifs des politiques forestières, y compris
l'utilisation des charges et de la collecte des revenus forestiers;
reconnaître l'impact des instruments économiques et des
politiques fiscales dans l'encouragement des activités qui
évitent la déforestation et la dégradation forestière, et la
contribution des insuffisances politiques à la déforestation;
soutenir, dans leurs cadres juridiques, les politiques
foncières qui reconnaissent l'accès, l'utilisation et le droit
de propriété légitimes, en appui à la GDF;
mettre en place des politiques macro-économiques et des
politiques, dans d'autres secteurs, favorables à la GDF; et
requiert des institutions financières internationales de
contribuer à l'allégement des effets des politiques macro-économiques
d'ajustement structurel sur les forêts.
D'autres propositions d'actions invitent les organisations
internationales pertinentes à entreprendre une évaluation des
systèmes actuels de collecte des revenus forestiers et à fournir
leur avis dans la conception et l'application des instruments
économiques et des politiques fiscales.
L'Offre et la Demande Futures dans le Domaine des Services et des
Produits Forestiers Ligneux et Non Ligneux: Les délégués
avaient finalisé cet élément de programme au cours du FIF-3.
Les Conclusions: Les conclusions reconnaissent que:
l'offre et la demande futures continueront à former la base de
la contribution du secteur forestier au développement économique
et social, et les besoins des matières premières constitueront
autant de motivations pour la conservation et la gestion durable
des forêts;
la déforestation, la dégradation forestière et la
multiplication des zones protégées sont en train d'aboutir à
des forêts gérées de manière plus intensive, à la fois au
niveau des forêts naturelles et des forêts plantées;
un travail est requis pour évaluer les effets de la collecte
du bois de chauffe sur les ressources forestières;
les politiques non basées sur la vérité des prix des
produits ligneux et non ligneux peuvent contribuer à des
pratiques de gestion non viables des forêts; et,
le secteur forestier privé et communautaire jouent un rôle
important dans la production durable des produits ligneux
industriels.
Les Propositions d'Actions: Un proposition d'action encourage
les pays et les organisations internationales à améliorer la
collecte des données et la dissémination de l'information, à
travers l'augmentation des données d'inventaires concernant les
services et les produits ligneux et non ligneux; l'élaboration de
rapports sur l'utilisation des produits non ligneux; la collecte
d'informations et l'établissement de rapports sur les sources et
les utilisations du bois de chauffe; et, la mise à disposition de
substituts à prix comparables aux produits ligneux et non ligneux.
D'autres propositions d'actions encouragent les pays, y compris
à travers la coopération internationale, à:
poursuivre des politiques permettant de répondre à
l'accroissement de la demande dans le domaine des services et
produits forestiers ligneux et non ligneux, à travers la GDF;
reconnaître le rôle du secteur privé et soutenir son apport
éventuel dans le cadre des politiques mises en place, au niveau
du régime foncier et du régime fiscal;
intégrer les technologies d'énergie efficientes dans les
secteurs des forêts, de l'agriculture et de l'énergie et mener
des études pilotes pour la détermination des effets de la
collecte du bois de chauffe sur les arbres et sur les forêts;
élaborer et appliquer des politiques de promotion de la
production durable des matières ligneuses et non ligneuses,
reflétant différentes valeurs, et s'assurer que la
commercialisation des produits contribue à l'amélioration de la
gestion des forêts;
revoir les politiques qui exercent des effets directs sur le
prix des produits forestiers, entamer des études sur le
comportement des marchés et décourager la surexploitation, le
gaspillage, les excès et les processus de fabrication non
efficaces; et,
entreprendre des études sur les coûts et profits de
l'utilisation des produits forestiers ligneux et non ligneux
renouvelables, par rapport à ceux des substituts non
renouvelables.
L'Evaluation, le Suivi et la Réhabilitation du Couvert Forestier
dans les régions Ecologiquement Fragiles: Les négociations
autour de cet élément de programme avaient eu lieu au FIF-3. Au
cours du FIF-4, le Groupe de Travail 2 aborda brièvement ce thème
le vendredi 11 février.
Les Conclusions: Les conclusions portent sur:
les propositions d'actions du GIF concernant les écosystèmes
fragiles touchés par la désertification et la sécheresse;
des politiques plus efficaces, la coordination et des
partenariats pour traiter les problèmes écologiques,
économiques, culturels et sociaux associés aux régions
fragiles;
le rôle des forêts plantées dans la réhabilitation des sols
dégradés et dans l'amélioration du couvert forestier, dans les
régions fragilisées;
l'importance des propositions orientées vers l'action, y
compris à travers la mise à disposition des ressources
financières et du transfert des TER; et,
la situation des écosystèmes montagneux et l'importance des
forêts montagneuses pour la conservation des eaux et des sols.
Les Propositions d'Actions: Les délégués décidèrent de
déplacer vers l'élément de programme consacré aux TER la
proposition d'action qui encourage les pays à promouvoir, en
coopération avec les organisations internationales, le transfert
des technologies de réhabilitation écologiquement rationnelle,
pour la gestion durable des écosystèmes forestiers dans les
régions écologiquement fragiles.
Le reste des propositions d'actions encourage les pays à:
contribuer à une collecte plus systématique, à l'analyse et
à la dissémination de l'information, données socio-économiques
comprises;
accorder une place prioritaire dans les plans de développement
nationaux à la réhabilitation et à la gestion durable des
forêts et des arbres, dans les régions écologiquement fragiles;
utiliser les forêts plantées, et, le cas échéant, les
espèces natives comme option pour la réhabilitation des sols
dégradés; et,
s'engager dans la sensibilisation sur les rôles écologique,
économique, culturel et social des forêts naturelles et des
forêts plantées dans la réhabilitation et la gestion durable
des forêts dans les régions écologiquement critiques.
Une dernière proposition exhorte les organisations
internationales et les pays donateurs à renforcer leur
collaborateur avec les conventions et les programmes internationaux,
y compris à travers la mise à disposition des ressources
financières et le transfert des TER.
LES TRAVAUX AYANT TRAIT A LA FORÊT MENES PAR LES ORGANISATIONS
INTERNATIONALES ET REGIONALES ET DANS LE CADRE DES INSTRUMENTS EN
VIGUEUR: Les délégués avaient finalisé le texte de cet
élément programmatique au cours du FIF-2.
Les Conclusions: Les conclusions reconnaissent la
nécessité:
d'une approche globale dans le traitement des questions
forestières, et l'utilisation des avantages relatifs des forêts
pour le soutien de leur gestion, conservation et développement
durable;
d'une coordination et de nouveaux partenariats avec les
organisations et les instruments internationaux et régionaux
existants;
d'un renforcement du travail de l'ITFF;
d'un meilleur usage des capacités institutionnelles ayant
trait à la forêt disponibles aux niveaux régional et
international et du soutien des efforts fournis dans les pays en
développement pour la réalisation de la GDF;
d'une flexibilité dans les organisations internationales et
les institutions multilatérales pour mieux répondre aux besoins
existants et émergeants du développement économique et social
dans les pays en développement, ainsi que de l'amélioration de
l'efficacité des objectifs de la GDF et de leur coordination;
d'un répertoire exhaustif des organisations internationales et
régionales ayant rapport avec la forêt;
d'une coordination inter-agences pour accorder une attention
particulière à l'intégration des besoins des PFCF dans les
politiques et les programmes pertinents; et,
d'un examen des approches pratiques basées sur les résultats
attendus, avec une focalisation sur les expériences acquises dans
la mise en œuvre des instruments existants et dans les programmes
de travail des organisations internationales et régionales dans
le domaine de la GDF.
D'autres conclusions reconnaissent l'utilité de la documentation
présentée par le Secrétariat concernant cet élément de
programme, pour les délibérations menées dans le cadre de la
Catégorie III.
Les Propositions d'Actions: Une proposition d'action appelle
l'ensemble des Parties intéressées, y compris les organes
gouvernementaux et régionaux; mobiliser leur force et leur
capacité pour le soutien des efforts nationaux; participer et
contribuer au dialogue politique international sur les forêts; et,
clarifier leurs rôles respectifs dans les programmes d'action de la
CNUED relatifs à la forêt.
Une autre proposition d'action appelle les gouvernements à
utiliser l'expertise mise à disposition par les organisations
internationales et régionales pour mieux traiter les questions
intersectorielles de la GDF dans leurs PFN et à fournir des
orientations coordonnées et efficaces aux organisations
multilatérales.
Une troisième proposition appelle les Secrétariats des
organisations membres de l'ITFF à: informer leurs organes
gouvernants des résultats du processus des GIF/FIF; développer les
synergies institutionnelles avec, entre autres, les banques de
développement régionales, les commissions régionales, les ONG et
le secteur privé; et, coopérer dans l'élaboration d'un
répertoire des organisations et des instruments régionaux et
internationaux liés à la forêt.
Une quatrième proposition encourage les ONG à: accroître la
sensibilisation du public quant aux avantages directs et indirects
découlant des forêts; faciliter la consultation institutionnelle
et les politiques forestières transversales; et, améliorer le
rapport coût/efficacité des systèmes d'information.
Les propositions appellent également les organisations
internationales et régionales pertinentes à prendre en
considération les besoins des pays en développement dans leurs
politiques et à intégrer les aspects ayant trait à la question
forestière dans les programmes d'allégement de la pauvreté,
d'atténuation des pressions anthropiques et de promotion de la
sécurité alimentaire et de sensibilisation environnementale.
Une dernière proposition requiert du Secrétariat du FIF la
fourniture d'une analyse des expériences vécues au niveau de la
mise en application de la mise en conformité et des
concrétisations menées dans le cadre des instruments existants,
ainsi que des contributions pouvant être apportées par les
initiatives volontaires régionales et internationales comme celles
consacrées à l'élaboration des critères et des indicateurs.
LES ARRANGEMENTS ET MECANISMES INTERNATIONAUX DE PROMOTION DE LA
GESTION, CONSERVATION ET DEVELOPPEMENT DURABLE DE TOUS LES TYPES DE
FORETS (CATEGORIE III)
Au cours du FIF-4, les délégués devaient examiner la
Catégorie III dans quatre sessions plénières et neuf réunions du
groupe de contact, présidé par l'Amb. Samuel INSANALLY (Guyane).
Au cours de la Plénière du mardi 1er février, Jag
MAINI, du Secrétariat du FIF, introduisit le Rapport du Secrétaire
Général concernant la Catégorie III (E/CN.17/IFF/2000/4) et deux
notes du Secrétariat: les questions politiques forestières
prioritaires (E/CN.17/IFF/2000/2); et les éléments et les
fonctions des futurs arrangements et mécanismes internationaux
(E/CN.17/IFF/2000/3).
Le G-77/CHINE apporta son soutien à l'instauration d'un dialogue
permanent orienté vers l'action et la mise à disposition de
ressources financières nouvelles et supplémentaires, ainsi qu'au
transfert des TER. L'UE souhaita avoir un arrangement permanent
institutionnalisé orienté vers l'action et focalisé sur
l'exécution et le suivi. Le représentant déclara que bien qu'elle
se soit déclarée en faveur d'un IJC, l'UE restait ouverte à
d'autres formes du futur arrangement.
Tout en affirmant qu'un IJC est nécessaire à long terme, le
COSTA RICA reconnut l'absence de soutien politique en faveur d'un
tel mécanisme et, appuyé par le PANAMA, plaida pour la mise en
place d'un arrangement transitoire. Le CANADA exprima son soutien à
la négociation d'un IJC et indiqua que les engagements seraient
équilibrés avec la fourniture du transfert des technologies et des
financements nécessaires à la mise en œuvre. La SUISSE appuya
l'idée d'un IJC de dimension mondiale, et, avec la POLOGNE suggéra
l'élaboration d'une convention-cadre assortie de protocoles ou
d'annexes régionaux ou thématiques. L'IRAN souligna que tous les
arrangements doivent tenir compte des PFCF. La FEDERATION DE RUSSIE,
le BENIN, la TURQUIE, la MALAISIE, la GEORGIE, le TADJIKISTAN, la
BIELORUSSIE, l'UKRAINE, le KIRGHISTAN et l'Alliance des Forêts de
la Colombie Britannique apportèrent leur soutien à la mise en
place d'un IJC.
L'AUSTRALIE proposa l'établissement d'un arrangement permanent
non contraignant. Le délégué des ETATS-UNIS plaida pour un
arrangement international non contraignant relevant de la CDD. La
CHINE déclara que les Principes Forestiers doivent servir de
plate-forme aux futures négociations. Le JAPON souhaita avoir un
arrangement incluant la mise en application des politiques,
l'élaboration des C&I pour la GDF et le suivi et l'évaluation
des progrès. La COLOMBIE appela à un arrangement permanent
relevant de la CDD et le BRESIL plaida pour un mécanisme permanent
relevant de l'Assemblée Générale. La NOUVELLE ZELANDE souligna la
nécessité de bâtir sur les initiatives nationales et régionales
existantes. Le MEXIQUE plaida pour le renforcement des mécanismes
disponibles. L'INDONESIE mit en relief l'urgence de la mise en
application. CUBA déclara que la rareté des ressources
économiques et techniques dans les pays en développement empêche
le choix d'un IJC. La NORVEGE appela entre autres: à un accent plus
prononcé sur l'application; au suivi des résultats; à une
coordination aux niveaux national et international et à un
engagement politique élevé, en faveur de la GDF.
L'INDE s'opposa à l'idée d'avoir un IJC et plaida pour un forum
permanent et pour l'établissement d'un fonds mondial pour les
forêts pour la canalisation des ressources. Le Réseau Forestier
d'Amérique Latine plaida pour un ITFF restructuré permanent pour
s'assurer de la transparence et d'une participation accrue. Le
représentant proposa le renforcement des initiatives régionales et
un arrangement et mécanisme international favorisant les efforts
privés et indépendants. Le Secrétariat du Forum du Pacifique Sud
présenta un rapport sur les résultats de la Réunion Régional du
Sud Pacifique sur la Catégorie III qui s'est tenue aux Fidji et,
avec l'Organisation Friends of the Earth International et le Réseau
Environnemental Canadien, apporta son appui à l'amélioration de
l'utilisation des instruments en vigueur. L'Alliance Internationale
des Peuples Indigènes des Forêts Tropicales souligna l'importance
de reconnaître et de renforcer les droits des peuples indigènes à
la terre, à une langue, à une identité et à une culture, par la
présentation et la protection des forêts. Le Global Forest Policy
Project découragea l'établissement d'un autre FIF.
Au cours de la session Plénière du vendredi 4 février, les
délégués examinèrent le texte des Coprésidents résumant la
discussion précédente et proposant l'établissement: d'un conseil
des Nations Unies pour les forêts (CNUF) relevant de la CDD ou de
l'AG; d'un partenariat des Nations Unies sur les forêts (PNUF);
d'un comité d'organisation doté d'une structure similaire à
l'ITFF; et, d'un petit secrétariat.
Certains délégués dont ceux des ETATS-UNIS, d'AUSTRALIE et du
G-77/CHINE acceptèrent le projet de proposition comme plate-forme
de discussion. D'autres dont le CANADA et la FEDERATION DE RUSSIE
estimèrent que le texte ne reflétait pas de manière adéquate
l'ensemble des vues exprimées. Le G-77/CHINE déclara que le projet
de texte était focalisé sur les fonctions de coordination et
d'élaboration des politiques et souligne la nécessité d'établir
un fonds mondial pour les forêts ou de renforcer le FEM.
Au sujet du CNUF proposé, quelques pays s'opposèrent au terme
"conseil". Le G-77/CHINE préféra un forum focalisé sur
l'élaboration des politiques et la coordination de la mise en
application, plutôt que sur la mobilisation du soutien politique en
faveur d'une convention. Quelques pays, y compris l'UE, la
REPUBLIQUE DE COREE et la SUISSE remirent en question le besoin d'un
comité d'organisation séparé. Plusieurs délégués, y compris
l'UE, la FEDERATION DE RUSSIE, l'ARMENIE, la POLOGNE, le SENEGAL et
la SUISSE réitérèrent leurs préférences pour la négociation
d'un IJC et déplorèrent cette omission. Le CANADA, appuyé par la
PAPOUASIE NOUVELLE GUINEE, proposa une approche à deux volets: une
phase transitoire axée sur la mise en application de propositions
d'actions des GIF/FIF; et, l'établissement d'un CNI pour
l'élaboration d'une convention couvrant l'ensemble des fonctions et
éléments identifiés par le FIF. La NOUVELLE ZELANDE s'opposa à
toute référence à un nouvel IJC, arguant que la négociation d'un
IJC empêcherait l'action. Le délégué des ETATS-UNIS requit un
accent plus prononcé sur la mise en application des arrangements
existants. Le BRESIL nota qu'on ne disposait ni d'un consensus
suffisant, ni d'assez de connaissances pour lancer le processus de
négociation d'un IJC. GREENPEACE INTERNATIONAL plaida pour
l'insertion d'une référence au statut particulier des forêts
anciennes, au contrôle de l'exploitation illicite et au principe de
précaution.
Le lundi 7 février, un groupe de contact examina la proposition
révisée d'un arrangement prévoyant entre autres l'établissement:
d'un forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF) relevant de l'AG
ou de l'ECOSOC; d'un secrétariat, d'un partenariat institutionnel
sur les forêts; d'un CNI pour l'élaboration d'un IJC; d'un soutien
financier; d'un processus d'évaluation; et, d'organes subsidiaires.
Dans le débat autour de l'objectif de l'arrangement et du point
de savoir s'il fallait inclure des références à la mise en place
d'un cadre juridique, un pays industrialisé avança une proposition
appelant à l'instauration d'un cadre juridique pour l'élaboration,
la coordination et l'application des politiques. Un autre pays
souligna des difficultés rencontrées au niveau de la coordination
des instrument juridiques existants.
Les délégués débattirent ensuite du point de savoir si le
FNUF devait relever de l'AG ou de l'ECOSOC. Un intervenant fit
remarquer que l'AG présentait l'avantage d'avoir une adhésion
étatique universelle, mais excluait les groupes non étatiques et
qui à l'opposé, l'ECOSOC a une adhésion étatique limitée mais
est ouvert à la participation de l'ensemble des principaux groupes
sociaux. Des propositions alternatives furent avancées pour le
caractère "permanent" et à composition non limitée.
Tout le monde s'accorda sur "un organe intergouvernemental sans
qualificatif". Les délégués s'entendirent sur la tenue de
réunions annuelles comprenant des segments ministériels en
fonction des besoins. Au sujet de l'étendue de la participation aux
travaux du FNUF proposé, les délégués se mirent d'accord sur
l'utilisation de la formule "les principaux groupes sociaux
identifiés dans le plan d'Action 21", à travers tout le
texte. Concernant le programme de travail du FNUF, les délégués
décidèrent de s'y référer au Chapitre 11 du Plan d'Action des
GIF/FIF et à la Déclaration de Rio. Un groupe régional proposa un
libellé indiquant qu'à sa première réunion, le FNUF proposait
"adoptera", pour la mise en application des propositions
d'actions des GIF/FIF, un plan d'action "traitant des
dispositions financières nécessaires à l'application".
Au sujet du partenariat institutionnel, les délégués
examinèrent une proposition introduite par l'un des pays
industrialisés et appelant à un partenariat présidé par la FAO
et impliquant les membres de la Cellule Inter-Agences sur les
Forêts. Quelques intervenants mirent en garde contre la
désignation à priori de l'institution susceptible de conduire ce
partenariat. Les délégués s'accordèrent sur l'idée que le
partenariat doit recevoir de directives de la part du FNUF. Un
certain nombre de pays appuyèrent la proposition d'effectuer une
évaluation du FNUF, cinq ans après son établissement.
Au sujet du besoin d'avoir des organes subsidiaires de conseil
scientifique et technique, les délégués s'accordèrent sur
l'établissement de groupes d'experts spéciaux de durée limitée,
à cette même fin.
Concernant les besoins en matière de ressources financières,
les pays en développement déclarèrent que la ré-affectation des
ressources disponibles serait inadéquate. Ils appuyèrent la
proposition d'établir un fonds mondial pour les forêts avec
certains d'entre eux suggérant qu'ils doivent constituer une
fonction séparée de l'arrangement et d'autres proposant qu'il soit
partie intégrante de sa structure.
Dans le débat sur la question du financement du secrétariat
proposé, un pays industrialisé souhaita voir ce financement
provenir des "ressources existantes". Un groupe régional
de pays industrialisés préféra le voir imputé au "budget
régulier des Nations Unies". AU sujet du financement
administratif, un pays industrialisé indiqua qu'il n'apportera son
appui qu'à des contributions volontaires.
Concernant l'IJC, quelques délégués appelèrent à la
délimitation du calendrier du CNI proposé chargé de son
élaboration. D'autres préférèrent une référence appelant à
l'établissement d'un CNI "en temps voulu". Un pays
industrialisé appela à crocheter toutes les références au FNUF,
tant que les références à l'IJC restent entre crochets. Plusieurs
partisans de l'IJC déclarèrent qu'il n'y avait de consensus ni sur
la simple poursuite du dialogue international sur les forêts, ni
sur le point de vue que le FNUF n'apportera pas d'action. Un groupe
régional de pays en développement déclara que la question de
l'IJC dépendait de celles ayant trait au soutien financier, au
transfert des technologies et au commerce international. Un pays
industrialisé affirma qu'un IJC facilitant l'établissement d'un
fonds volontaire. Plusieurs pays en développement s'interrogèrent
sur le point de savoir si un IJC était en mesure de régler la
question de financement. Un pays en développement proposa un
libellé recommandant "des mesures concrètes vers
l'établissement" des mesures concrètes vers l'établissement
d'un fonds mondial et d'un mécanisme pour le transfert des
technologies". Un autre déclara que le financement de la mise
en application ne doit pas être tributaire du CNI.
La négociation finale de la proposition fut conduite lors de la
Plénière de clôture. Incapable de réaliser le consensus, la
Plénière dut ajourner ses travaux pour permettre la tenue de
consultations informelles et se réunit de nouveau plusieurs heures
après, lorsque les délégués ont réalisé un consensus sur le
reste des points de divergence ayant trait à la structure de
l'arrangement. Le samedi 12 février à 5h55 du matin, le
Coprésident ASADI présenta le texte consensuel qui stipule que
pour la réalisation de l'objectif et des fonctions de
l'arrangement, l'ECOSOC et l'AG devront, entre autres:
établir un organe intergouvernemental sous le nom éventuel de
forum des Nations Unies sur les forêts;
inviter les organisations, institutions et instruments
internationaux et régionaux pertinents à former un partenariat
collaboratif pour le soutien du travail du FNUF et pour
l'amélioration de la coopération et de la coordination entre ses
participants;
envisager, dans un délai de cinq ans, et sur la base d'une
évaluation, "la recommandation des paramètres du mandat de
l'élaboration d'un cadre juridique pour tous les types de
forêts"; et,
prendre des mesures permettant de dégager les approches
nécessaires à la mise à disposition des financements
appropriés et au soutien du transfert des technologies, aux fins
de permettre la mise en œuvre de GDF, tel que recommandé dans le
cadre des processus des GIF/FIF.
LA PLENIERE DE CLÔTURE
Le vendredi 11 février 2000, le Coprésident RISTIMÄKI ouvrit
la Plénière finale à minuit et introduisit le rapport provisoire
du FIF-4, tel que contenu dans les documents E/CN.17/IFF/2000/L.1
and Add.1-7. E/CN.17/IFF/2000/L.1.Add.1; E/CN.17/IFF/2000/L.1.Add.2;
E/ CN.17/IFF/2000/L.1.Add.3; E/CN.17/IFF/2000/L.1.Add.4; E/CN.17/
IFF/2000/L.1.Add.5; E/CN.17/IFF/2000/L.1.Add.6; and E/CN.17/
IFF/2000/L.1.Add.7. Les délégués examinèrent puis adoptèrent
chaque section du rapport avec un certain nombre d'amendements oraux
lus par les Coprésidents.
Le Coprésident ASADI demanda ensuite aux délégués d'aborder
les questions non résolues entourant l'arrangement international
proposé et qui avait été discuté dans le groupe de contact sur
la Catégorie III, et suggéra une courte pause pour permettre les
consultations.
La Plénière se réunit de nouveau à 2h du matin. Le G-77/CHINE
déclara qu'il n'a pas été en mesure de dégager un accord sur une
formulation exprimant de manière adéquate les émotions et
permettant de faire avancer le débat de manière satisfaisante pour
tous les membres du groupe. Le Coprésident ASADI indiqua que le
point d'achoppement résidait dans le paragraphe appelant à la mise
en route du processus des préparatifs nécessaires au cadre
juridique susceptible d'être appliqué aux forêts. Le CANADA nota
sa préférence pour un libellé appelant à l'élaboration d'un
cadre juridique. Le G-77/CHINE fit objection à l'utilisation du mot
"élaboration". Faisant remarquer qu'il était 2h15 du
matin et souhaitant voir un certain progrès réalisé, le
Coprésident ASADI demanda aux "délégués clés" de
prendre part à de nouvelles consultations informelles.
A 5h55 du matin, le Coprésident ASADI retourna à la Plénière
pour annoncer que les délégués se sont enfin accordés sur un
texte stipulant que l'ECOSOC et l'AG examineront, dans un délai de
cinq ans et sur la base de l'évaluation convenue pour
l'arrangement, "l'opportunité de recommander les paramètres
du mandat de l'élaboration du cadre juridique devant régir tous
les types de forêts. Ce processus pourrait élaborer les
dispositions financières nécessaires à la mise en application du
futur cadre juridique convenu éventuel. "Les délégués se
sont également accordés sur un libellé stipulant que l'ECOSOC et
l'AG devront: "prendre des mesures pour dégager les approches
nécessaires au soutien financier et technique approprié pour
permettre la mise en œuvre de la GDF, tel que recommandé dans les
processus du GIF et du FIF". Les délégués adoptèrent le
texte concernant l'arrangement proposé, ainsi que le rapport de la
réunion. Le Coprésident ASADI proposa une décision orale
stipulant que le FIF adopte le texte consacré au projet de
décision et décide de le transmettre à la CDD pour considération
et suite appropriée. Les délégués adoptèrent la décision.
Le Coprésident ASADI félicita les délégués pour la
persévérance dont ils ont fait preuve. Le G-77/CHINE nota que
quelques points importants touchant à la question du financement,
au transfert des TER et au commerce international sont restés en
suspens et ajouta que le nœud du problème résidait dans le
contrôle des marchés mondiaux des produits forestiers. Il déclara
que les cinq pays qui constituent 53% du marché mondial ont entre
leurs mains l'avenir des forêts et que les pays en développement
sont marginalisés par rapport à l'accès aux marchés mondiaux. En
conclusion, il souhaita voir l'arrangement proposé ne pas
connaître le même sort que celui des propositions d'actions du
GIF.
L'UE déclara que le FIF a été une expérience enrichissante.
Le CANADA présenta le processus du FIF comme l'accomplissement le
plus important de la CDD et déclara qu'il était fier de la
réalisation de ce que le CANADA souhaitait depuis fort longtemps.
Le délégué des ETATS-UNIS déclara que la politique forestière
internationale est passée à un nouveau stade. Jag MAINI, du
Secrétariat du FIF, fit également part de sa gratitude et
félicita les délégués pour le travail bien fait.
Faisant remarquer que le soleil se levait déjà à l'extérieur
à travers les fenêtres de la salle de conférence, le Président
RISTIMÄKI déclara que "le FIF se levait aussi". Il
qualifia le FIF d'expérience collective, avec des délégués qui
tout en veillant à leurs intérêts nationaux, ont réussi à
servir l'intérêt commun. Il remercia les Secrétariats du FIF et
de la CDD, les organisations internationales, les ONG et les
organisations des populations indigènes pour leurs contributions et
clôtura les travaux du FIF-4 le samedi 12 février 2000 à 6h50 du
matin.
BREVE ANALYSE DU FIF-4
La réunion finale du Forum Intergouvernemental sur les Forêts a
réussi à traiter bon nombre de questions en suspens. Cependant, la
préoccupation du FIF-4 a été le point de savoir s'il fallait oui
ou non entamer des négociations sur un instrument juridique
contraignant (IJC) consacré aux forêts. Un certain nombre d'autres
questions y ont également engendré pas mal d'échauffement. Des
fonds nouveaux, le transfert des technologies et l'équation
commerce et environnement étaient ce que les délégués des pays
en développement appellent les trois piliers qui constituent la
plate-forme nécessaire à la réalisation de la gestion durable des
forêts (GDF). Les groupes de contact sur ces trois thèmes piliers
ont été par moments le théâtre de débats passionnés, les
gouvernements s'accordant sur le fait de ne pas se mettre d'accord
sur la question des ressources financières nouvelles et sur la
question de savoir si le commerce et l'environnement doivent
s'apporter un soutien mutuel.
CONTRAINTE JURIDIQUE OU PAS DE CONTRAINTE JURIDIQUE?
Le débat autour du thème des arrangements et mécanismes
internationaux visant à promouvoir la gestion, la conservation et
le développement durable de tous les types de forêts, et en
particulier sur l'opportunité d'entamer des négociations sur un
instrument juridique contraignant devait susciter de grandes
passions dans les rangs des délégués. L'intensité des échanges
est démontrée dans le fait que les délégations ont été
incapables de parvenir à un accord sur les éléments clés de
cette question, avant que le soleil ne se lève, le matin suivant le
jour prévu de la clôture des travaux. Il était évident dès le
départ que certaines délégations avaient arboré, à l'égard de
ces négociations, des attitudes du tout ou rien. Certaines des
délégations partisanes d'une convention n'étaient pas prêtes à
concéder la moindre référence à un nouveau forum politique sur
les forêts, sans référence à l'IJC. ceux du camp opposé
arguaient qu'un nouveau forum sur les forêts est indispensable,
mais pas l'IJC.
La profonde division entre les deux camps n'avait pas pour base
la classique ligne de démarcation Nord-Sud. Certains pays de la
région des forêts tropicales étaient en faveur d'un instrument
juridique contraignant, mais d'autres étaient contre. Quelques pays
de la région des forêts tempérées étaient partisans d'un IJC,
mais d'autres y étaient soit indifférents, soit parfois fortement
opposés. Les motivations justifiant le soutien exprimé en faveur
d'un IJC allaient de la nécessité de focaliser l'action sur la
GDF, à la mise en place d'un régime de protection pour le
commerce, en passant par la promesse de fonds nouveaux. Les
justificatifs contre l'IJC allaient de la protection des droits
souverains, à la nécessité de se focaliser sur la mise en
application, en passant par la possibilité d'agir dans le cadre
d'autres instruments. Les organisations des peuples indigènes
craignaient de voir l'IJC venir empiéter sur leurs droits à une
culture et à des moyens d'existence basés sur la forêt et
certaines ONG redoutaient de voir l'IJC venir légitimer les
mauvaises pratiques forestières. Les pays en développement
n'avaient pas une voix concordante sur cette question, mais il
était clair, en particulier pour un certain nombre de pays
africains qu'ils étaient circonspects à l'égard des promesses de
l'aide financière nouvelle et supplémentaire associée à l'IJC,
à la lueur en particulier des fausses promesses qui avaient été
brandies avant l'élaboration de la Convention sur la Lutte Contre
la Désertification (CCD).
Finalement le libellé approuvé, "… envisager (dans un
délai de cinq ans) la recommandation des paramètres d'un mandat
consacré à l'élaboration d'un cadre juridique applicable à tous
les types de forêts…" et suffisamment obscur pour donner aux
partisans et aux opposants de l'IJC le sentiment d'être parvenus à
un résultat probant. L'un des délégués devait confier:
"dans cinq ans, un large éventail de juristes dépensera
d'énormes sommes du fonds public en essayant d'interpréter ce que
les négociateurs voulaient dire".
QUI PAIE LA NOTE?
Dans des propositions différentes, les discussions sur la mise
en place d'un fonds pour les forêts ont fini par devenir une
préoccupation importante pour un certain nombre de délégués.
Beaucoup devaient faire part de leurs espoirs de trouver des fonds
nouveaux et supplémentaires pour les mettre sur la voie de la
réalisation de la GDF. Les pays industrialisés sachant qu'ils
n'avaient pas beaucoup à offrir, se sont montrés peu enclins à
placer le peu qu'ils seraient en mesure d'assurer, dans un fonds
centralisé.
Quelques pays en développement n'ont pas cessé de répéter
qu'ils n'accorderaient aucune considération à l'IJC sans
formulation explicite garantissant des fonds nouveaux et
supplémentaires. Le délégué d'un pays industrialisé offrit une
branche d'olivier financière, signalant toutefois qu'il ne pourrait
pas obtenir de fonds de son gouvernement avant d'avoir un
arrangement juridique. D'autres attirèrent l'attention sur leurs
activités dans le cadre des fonds bilatéraux. Certains y
perçurent une tentative de détourner l'attention loin de la vraie
question qui consiste en la création d'un fonds. Quelques
tentatives qui se voulaient intelligentes ont été faites pour
remplacer "fonds nouveaux et supplémentaires" par
"financements novateurs", mais quelle que soit la façon
dont les pays industrialisés ont essayé de reformuler le texte, le
fait qu'il n'était pas question de fonds nouveaux est resté
inchangé. En fin de compte, les délégués décidèrent de
transmettre à la CDD un texte stipulant que le Forum a examiné la
question de savoir s'il fallait oui ou non établir un fonds mondial
pour les forêts, mais qu'aucun consensus n'a été réalisé.
QUI POSSEDE LE SAVOIR-FAIRE?
Hormis l'appel habituel en faveur du transfert des technologies,
les échanges ont mené à l'émergence d'un débat sur l'accès aux
ressources biologiques et le partage des avantages qu'elles offrent.
Le FIF est devenu un véhicule pour l'avancement de l'examen des
questions complexes associées à l'accès, aux droits de
propriété intellectuelle (DPI) et aux systèmes sui generis de
propriété. Ces questions ont également fait surface dans les
échanges sur les thèmes du commerce et environnement et des
connaissances traditionnelles liées aux forêts (CTLF). Le débat
sur les DPI et les systèmes sui generis ont apparemment provoqué
un malaise dans les rangs des délégués, certains estimant que le
FIF n'avait pas la compétence de traiter de tels sujets et
préférant les voir discutés dans le contexte de la Convention sur
la Diversité Biologique et de l'Organisation Mondiale de la
Propriété Intellectuelle. D'autres y ont vu l'occasion de faire
avancer la question et un moyen d'exercer des pesées sur le
transfert des technologies applicables aux forêts. Les discussion
sur les DPI, en particulier dans le domaine des CTLF, ont fait
jaillir des réserves au sein d'au moins une délégation dans les
rangs des pays industrialisés, concernant le risque de voir les
systèmes sui generis susciter dans certains pays (ou aux
détenteurs juridiquement protégés des connaissances
traditionnelles) l'idée d'appliquer ces droits de protection de
manière rétroactive. Toutes ces craintes ont créé une impasse,
et les délégués se sont mis d'accord de ne pas se mettre
d'accord, et en fin de compte, malgré la suppression des crochets,
les choses ont peu avancé.
ABSENCE SOUS-JACENTE D'AUTORITE POLITIQUE?
Seulement une proposition d'action concernant le thème des
causes sous-jacentes de la déforestation, celle appelant à la
transparence au sein des institutions financières internationales,
a survécu parmi la centaine de propositions d'actions émanant de
l'Atelier Mondial tenu en 19899 sur le thème du Traitement des
Causes Sous-Jacentes de la Déforestation et de la dégradation
Forestière, qui furent soumises au FIF-3. Un délégué a estimé
que le manque d'attention accordé aux causes sous-jacentes laisse
penser que le Forum ne disposait pas d'assez d'autorité politique
pour traiter de questions ayant rapport avec le FMI, l'OMC, la
Banque Mondiale et autres institutions de haut niveau. Cette
observation donne du poids à l'appel lancé en faveur proposant de
placer l'éventuel forum des Nations Unies sur les Forêts sous les
auspices plutôt de l'Assemblée Générale que de l'ECOSOC ou de la
CDD.
Cependant la question qui reste posée est celle du choix à
faire entre l'autorité politique et la participation des principaux
groupes sociaux. En effet, le FNUF proposé pourrait bénéficier
d'une plus grande autorité politique que lui conférera le fait
d'être rattaché à l'Assemblée Générale, mais il risque de
perdre le processus ouvert, transparent et inclusif indispensable
pour la promotion des synergies entre les différentes institutions
gouvernementales et non gouvernementales impliquées dans les
questions forestières, étant donné que les ONG ont un accès
limité aux organes de l'Assemblée Générale. Le dilemme de savoir
comment acquérir à la fois une autorité politique pour aborder de
grandes questions, tout en incluant les concernés directs, reste un
point central du débat autour de l'arrangement proposé.
DEJÀ VU?
Le FIF a repris les choses là où le GIF les a laissées en se
donnant pour tâche la réalisation d'un consensus autour des
questions les plus polémiques du dialogue politique international
sur les forêts. En dépit de la nette impression de déjà vu qui
s'est dégagée des échanges menés sur bon nombre de sujets, le
FIF a réalisé de réelles avancées dans un certain nombre de
domaines. Une délégation a fait noter que le principal
accomplissement du FIF est d'avoir réussi à focaliser l'attention
et permis la poursuite du dialogue sur les poursuite du dialogue sur
les problèmes forestiers et d'avoir mis en lumière la valeur des
programmes forestiers nationaux (PFN). Le processus du FIF a
également encouragé une myriade d'initiatives lancées par les
pays – et par les ONG – qui ont permis de susciter l'intérêt
sur les questions du financement, des causes sous-jacentes de la
déforestation, des pays dotés de faible couvert forestier et de la
recherche forestière, tout en renforçant le consensus autour de
nombreuses questions discutées au sein du GIF et dans les sessions
précédentes du FIF.
FORMULE NOUVELLE ET AMELIOREE?
A la fin du FIF-4, de nombreux délégués étaient soulagés
d'être parvenus à un texte consensuel, contrairement au GIF, il y
a trois ans. N'empêche, certains éléments du texte consensuel du
FIF ressemblent aux résultats auxquels avait abouti le FIF, tels
qu'approuvés lors de la Session Extraordinaire de l'Assemblée
Générale des Nations Unies (SE/AGNU) de 1997, consacrée à
l'évaluation de l'application du Plan d'Action 21, en particulier
pour ce qui est de la proposition de la mise en place d'un forum
permanent et de la poursuite juridique contraignant. Sur ce point,
certains délégués ont déclaré que convaincre leurs capitales
que le FIF a réalisé des progrès allait être un vrai challenge.
Quelques délégations ont laissé entendre que la bataille n'était
pas finie, que les proposition du FIF sont de simples
recommandations et que la vraie décision restait à prendre par la
CDD. Mais la CDD aurait été incapable en 1997 de faire avancer les
discussions sur les recommandations du GIF et avait en besoin des
participants de haut niveau à la SE/AGNU pour réaliser le
consensus. Reste à voir cette fois comment la CDD va réagir aux
recommandations du FIF et quel avenir sera réservé au dialogue et
à la coopération internationale sur les forêts.