Huitième journée du FIF-4, les délégués se sont réunis dans
les groupes de contact pour poursuivre la négociation des libellés
crochetés. Le groupe de contact sur le transfert des technologies
écologiquement rationnelles (TER) s'est réuni le matin, le groupe
de contact sur les ressources financières s'est réuni brièvement
dans le courant de l'après-midi et le groupe de contact sur les
arrangements et les mécanismes internationaux (Catégorie III)
s'est réuni tout au long de la journée.
LES GROUPES DE CONTACT
LE TRANSFERT DES TER: Le groupe discuta, sans toutefois
atteindre le consensus, de la proposition d'action ayant trait au
partage des avantages. Un pays industrialisé proposa une nouvelle
formulation basée sur l'Article 15 (Accès aux ressources
génétiques) de la CDB. La proposition encourage les pays,
conformément à leurs législations nationales, à promouvoir le
partage juste et équitable des avantages tirés de l'utilisation
commerciale et des autres utilisations des ressources génétiques
forestières, en harmonie avec les dispositions de la CDB et des
lois internationales et domestiques en matière de droit de
propriété intellectuelle (DPI). Quelques pays industrialisés
appuyèrent l'utilisation de cette proposition comme plate-forme de
négociation, mais les pays en développement préférèrent
combiner la proposition avec celle qui avait été suggérée lors
de la session précédente. Procédant à une comparaison des
propositions, les pays en développement exprimèrent leur
préférence pour: l'encouragement des pays à promouvoir le partage
des avantages; l'utilisation d'une formulation se référant aux
ressources biologiques au lieu des ressources génétiques; et le
maintien de l'insertion d'une référence à la reconnaissance de
l'origine des ressources biologiques forestières. Plusieurs pays
industrialisés s'opposèrent à l'inclusion d'une référence à la
reconnaissance de l'origine des ressources biologiques forestières.
Certains déclarèrent que la poursuite de la discussion sur cette
question dépendait des conclusions du Groupe de Travail 1 sur les
connaissances traditionnelles liées aux forêts (CTLF). Un pays
industrialisé suggéra de qualifier les dispositions de la CDB de
"pertinentes." Les délégués débattirent des
implications et du placement du libellé encourageant les pays à
agir "conformément à" la législation nationale, par
rapport à la formule "tout en tenant compte" de la
législation nationale. Le texte resta entièrement crocheté. La
proposition d'action ayant trait à l'élaboration des mécanismes
permettant de connecter les CTLF et les DPI resta également entre
crochets et les deux seront transmis au Groupe de Travail 2.
LES RESSOURCES FINANCIERES: Le groupe s'est réuni brièvement
pour examiner l'état d'avancement du texte consacré aux ressources
financières. Le Président Oistad distribua un nouveau texte basé
sur les négociations de la journée précédente et déclara qu'il
s'attendait à la conclusion d'un accord sur le libellé qui se
réfère aux ressources biologiques, compte tenu de l'accord
intervenu sur cette même question, dans les débats sur les thèmes
du commerce et environnement, et des CTLF. L'orateur indiqua que
l'accord sur la proposition d'action concernant le fonds
international pour les forêts, dépendait des résultats des
discussions sur les arrangements et mécanismes internationaux (Catégorie
III). Il réitéra, par ailleurs, la possibilité de déplacer la
proposition d'action vers l'élément de programme consacré au
thème du commerce et environnement.
LES ARRANGEMENTS ET MECANISMES INTERNATIONAUX (CATEGORIE III): Le
groupe poursuivit sa discussion autour du texte du Président. Au
sujet de la mise en application des politiques inscrites dans le
cadre de l'éventuel arrangement sur les forêts, un pays
industrialisé appela à l'insertion d'un libellé prônant la prise
de mesures pour l'élargissement et le développement de mécanismes
ou d'initiatives. Un autre pays industrialisé proposa d'ajouter un
libellé concernant la catalyse et la mobilisation des ressources
financières, techniques et scientifique, comme moyen de mise en
application des propositions d'action des GIF/FIF. Un pays en
développement déclara le terme "catalyser" était trop
faible. Un groupe régional souhaita l'insertion d'une référence
aux programmes forestiers nationaux. Quelques délégués
déclarèrent avoir des difficultés avec la référence à "l'engendrement"
des financements. Au sujet de la proposition appelant au suivi des
progrès sur la base de la soumission de rapports volontaires par
les pays, quelques délégués préférèrent supprimer le terme
"volontaires." Le Président Insanally combina les
principaux éléments de toutes les propositions et les délégués
acceptèrent de se pencher sur le nouveau texte, à un stade
ultérieur.
Au sujet de la fonction ayant trait à l'exercice d'une autorité
politique, les délégués décidèrent de commencer par la
discussion de la première partie du texte du Président, sans faire
référence à quelque IJC et appuyèrent la référence à un
engagement politique "fort", tel que proposé par les pays
en développement. Un pays en transition économique proposa, mais
d'autres y firent objection, la suppression du libellé appelant à
dégager les voies et moyens d'établir des liaisons avec les
organes assurant la gouvernance des organisations, agences et
instruments. Un pays industrialisé suggéra d'ajouter un libellé
appelant à la promotion d'un dialogue orienté vers l'action et à
la formulation des politiques associées aux forêts.
Dans la seconde partie de la fonction consistant à fournir une
autorité législative/un cadre juridique, un pays industrialisé
préféra "cadre juridique" et l'insertion d'un libellé
prévoyant la fourniture du soutien financier. Les délégués ne
parvinrent pas à s'accorder sur l'insertion d'une référence à un
IJC dans le cadre de cette fonction. Le chapitre portant sur le
cadre juridique resta crocheté.
Les délégués exprimèrent des points de vue divergeants sur la
proposition d'établir une fonction séparée de fonds mondial pour
les forêts. Les pays en développement déclarèrent, cependant,
qu'ils pouvaient accepter un "fonds fiduciaire pour les forêts."
Le texte resta non résolu.
Concernant l'organe intergouvernemental proposé, les délégués
débattirent, sans parvenir à une décision, des points de savoir
si ce dernier doit être "permanent," "d'organisation,"
ou "de composition limitée." Un groupe régional et deux
autres pays déclarèrent que l'organe ne pouvait pas être chargé
de toutes les fonctions, certaines se rapportant à un CNI. Dans la
discussion du point de savoir si un tel organe devait relever de
l'AG ou de l'ECOSOC, un pays indiqua que l'AG disposait d'une
représentation étatique universelle mais excluait les
représentants des principaux groupes sociaux et que l'ECOSOC
comptait moins d'états membres mais incluait les principaux groupes
sociaux. Un délégué déclara qu'une décision devait être prise
de manière à garantir un processus décisionnel impliquant un
minimum de bureaucratie. La question resta non résolue.
Les délégués abordèrent ensuite la proposition ayant trait au
partenariat Nations Unies sur les forêts (PNUF) impliquant les
membres de l'ITFF et présidé par la FAO. Au sujet du mandat devant
être assigné à un tel partenariat, un groupe régional suggéra
que le FNUF proposé "entreprenne une action de
coordination", d'autres suggérèrent "mène la
coordination." Plusieurs pays déclarèrent que le FIF ne
devait pas préjuger de l'entité qui servira de point focal au FNUF
proposé. Un délégué déclara que l'adhésion doit être ouverte
à d'éventuelles futures entités. Au sujet du libellé portant sur
les liens entre le partenariat proposé et le FNUF proposé, un pays
appela à placer le libellé entre crochet, les deux étant encore
en négociation. Les pays en développement appuyèrent l'idée
d'évaluer le FNUF, cinq ans après son établissement.
Au sujet du programme de travail du FNUF proposé, le Président
Insanally proposa de supprimer la liste des éléments de programme.
Un pays industrialisé exprima un soutien fort pour son maintien,
notant que faute de quoi, la liste aura besoin d'être négociée,
et proposa un libellé stipulant que le FNUF œuvrera sur la base
d'un programme de travail thématique pluriannuel, en s'inspirant
des éléments reflétés dans les Principes Forestiers, le Chapitre
11 du Plan d'action 21 et les conclusions des GIF/FIF. Un délégué
ajouta la Déclaration de Rio. Un pays en développement s'opposa à
l'approche thématique, notant qu'elle risquait d'être restrictive.
Les délégués s'accordèrent sur l'idée d'avoir un programme
pluriannuel. Un délégué préféra remplacer "révision"
du programme de travail par "revue périodique."
Un délégué ajouta une référence aux Principes Forestiers, au
Chapitre 11 du Plan d'action 21 et aux conclusions des GIF/FIF dans
le texte crocheté consacré au programme et méthode de travail du
CNI. Dans le paragraphe figurant au chapitre consacré aux
modalités de travail et stipulant que le FNUF et, entre crochets,
le CNI, doivent être ouvert à tous les Etats, opérer de manière
transparente et impliquer les organisations pertinentes et les
principaux groupes sociaux, les délégués débattirent du point de
savoir si certains groupes, tels que les populations indigènes,
devaient être spécifiés. Les pays en développement appuyèrent
l'insertion d'une référence à la participation des principaux
groupes sociaux identifiés dans le Plan d'action 21. Un pays
industrialisé mit l'accent sur la référence aux peuples
indigènes. D'autres déclarèrent qu'il y avait de nombreux groupes
d'intérêt et mit en garde contre le risque de voir la liste se
prolonger indéfiniment. Plusieurs délégués apportèrent leur
soutien à la référence au Plan d'action uniquement, d'autres
appuyèrent l'élargissement de la liste aux communautés locales,
aux femmes et au secteur privé. La question resta non résolue.
Un délégué nota que la formulation disponible appelant à une
participation ouverte, pouvait se référer à la fois au FNUF et à
au CNI, et proposa, pour la clarification, l'insertion d'un nouveau
paragraphe sur la participation du CNI.
Au sujet de la fréquence et de la durée des réunions du FNUF
proposé, plusieurs pays en développement plaidèrent pour des
réunions annuelles de deux semaines. Un groupe régional et
quelques pays industrialisés souhaitèrent des réunions
bisannuelles d'une semaine. Quelques délégués attirèrent
l'attention sur la nécessité d'accorder un délai pour
l'intégration le résultat éventuel des travaux intersessions des
organes subsidiaires. Les pays en développement suggérèrent de
commencer par des réunions annuelles de deux semaines et de
procéder à une réévaluation de la situation à une date
ultérieure. Un délégué déclara que la décision devait être
laissée au FNUF. Le Président suggéra "…tenues
annuellement, pour une période de deux semaines, assujettis à une
évaluation par l'organe même." Les délégués s'accordèrent
sur le fait que le FNUF devait inclure un segment ministériel, en
fonction des besoins, et qu'il pouvait inclure aussi une journée de
dialogue politique avec les représentants des organisations
pertinentes.
Au sujet du conseil scientifique, technique et expert, les
d�l�gu�s s'accord�rent sur la recommandation de mettre en place
des groupes sp�ciaux impliquant des experts issus des pays en
d�veloppement et des pays industrialis�s. Au sujet des m�canismes
de financement et de transfert des TER, un groupe r�gional appela
au remplacement du terme "m�canismes" par "strat�gies",
mais les pays en d�veloppement y firent objection. Dans la
discussion de la proposition avanc�e par un groupe r�gional et
appelant � une �valuation p�riodique du travail de l'arrangement,
plusieurs intervenant sugg�r�rent de la combiner avec la
proposition analogue qui avait �t� soumise par un autre pays. Un
d�l�gu� fit remarquer que les deux propositions n'�taient pas
similaires, l'une se r�f�rant � la fois au FNUF et au CNI,
l'autre se r�f�rant � ce dernier uniquement.
Dans la discussion la question relative au secr�tariat propos�,
les d�l�gu�s s'accord�rent sur le remplacement du terme
"inter-agence" par "compact." Dans la partie
concernant la composition du secr�tariat, quelques pays
industrialis�s sugg�r�rent la suppression de l'�l�ment de
phrase "�avec une repr�sentation juste", mais les pays
en d�veloppement pr�f�r�rent son maintien. Un pays offrit de le
remplacer par "conform�ment aux r�gles et proc�dures en
vigueur aux Nations Unies." La question resta en suspens. Un
autre intervenant pr�cisa que la repr�sentation juste n'�tait pas
seulement g�ographique mais �galement th�matique, aux fins de
permettre la couverture de tous les types de for�ts. Dans la
discussion du financement devant �tre allou� au secr�tariat, un
pays industrialis� appuya l'id�e de l'imputer aux "ressources
disponibles", mais un groupe r�gional pr�f�ra le voir
provenir du "budget r�gulier de l'ONU."
Dans le chapitre s�par� consacr� au soutien financier,
plusieurs intervenant d�clar�rent que la distinction entre les
activit�s administratives et les activit�s op�rationnelles doit
�tre �claircie. Un pays sugg�ra de les traiter s�par�ment mais
dans un m�me chapitre, et soumit une proposition �crite
envisageant, entre autres, l'imputation du financement des
activit�s administratives au budget r�gulier de l'ONU, aux
organisations au sein du FNUF propos� et aux contributions
volontaires en natures.
DANS LES COULOIRS
Plusieurs d�l�gu�s sont de plus en plus nerveux de voir le
temps imparti aux n�gociations, filer rapidement. Des discussions
intenses sont en cours pour d�terminer la partie du paquet sur
laquelle un accord pourrait intervenir en premier. Certaines
d�l�gations ont la ferme opinion que tout reposait sur un signe
disant que des fonds nouveaux seront envisag�s.
Hormis les pr�occupations financi�res, certaines d�l�gations
sont encore en divergence sur d'autres questions importantes, telles
que celle des connaissances traditionnelles li�es aux for�ts.
Quelques d�l�gations pensent que certains sont en train d'utiliser
les discussions sur les CTLF pour pousser vers un agenda sur la
question de la propri�t� intellectuelle et des syst�mes sui
generis qui d�passe, � leurs yeux, les pr�rogatives du FIF.
D'autres estiment au contraire que le FIF est un forum l�gitime
pour l'avancement de cette question.
Alors que plusieurs d�l�gations ont fait r�guli�rement
r�f�rence � la transparence et � la participation, ces concepts
semblent avoir �t� laiss�s aux d�lib�rations sur la Cat�gorie
III. Les ONG, les organisations des Peuples Indig�nes et un certain
nombre de d�l�gu�s �taient d��ues d'avoir eu � constater que
les points de vue autres que ceux des d�l�gu�s n'ont pas �t�
autoris�s � s'exprimer � la fin des d�bats de la journ�e.
Certains d�l�gu�s pensent qu'une perspective diff�rente aurait
pu aider � impulser la focalisation sur certains points important.