Sixième journée du FIF-4, les délégués se sont réunis dans
le Groupe de Travail 1 pour y poursuivre leurs discussions autour
des libellés crochetés portant sur les CTLF et les zones
protégées. Les groupes de contact sur les thèmes du commerce et
environnement et des arrangements et mécanismes internationaux (Catégorie
III) se sont réunis au cours de la journée et le groupe de contact
sur les finances a tenu une séance nocturne.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
LES ZONES PROTEGEES: Les délégués s'accordèrent sur un
libellé combinant les paragraphes portant sur la mise à
disposition du soutien financier. La COLOMBIE appela à l'insertion
d'une référence aux plans d'action nationaux. Le CANADA s'y opposa,
notant que cela risquait d'exclure certains pays en développement.
La COLOMBIE suggéra d'y ajouter "dans les pays où ils sont
disponibles", et le libellé fut adopté.
Au sujet de la proposition d'action incluant un libellé sur les
revenus découlant de la séquestration du carbone, l'AUSTRALIE
plaida pour la suppression des crochets. Le BRESIL suggéra, et la
COLOMBIE appuya, l'insertion d'une référence à l'Article 3.3 de
la CCCC qui identifie les activités forestières couvertes par la
CCCC. L'AUSTRALIE déclara que cela débordait le mandat du FIF et
suggéra une référence aux résultats des négociations menées
dans le cadre de la CCCC. Le délégué des ETATS-UNIS proposa, et
l'UE et le CANADA approuvèrent, un libellé sur l'application de la
CCCC. Le BRESIL déclara que se référer à l'application
uniquement était par trop spécifique. L'AUSTRALIE se déclara de
cet avis et suggéra d'y stipuler plutôt "de manière
compatible avec l'application des articles pertinents du Protocole
de Kyoto et de la CCCC." Le BRESIL suggéra "Conformément
à, et dans le cadre de,..." Le texte fut adopté tel
qu'amendé par le Brésil.
LES CONNAISSANCES TRADITIONNELLES LIEES AUX FORETS: Dans la
conclusion stipulant qu'un travail est requis pour le développement
d'une appréciation commune au sujet des DPI, des systèmes sui
generis ou autres systèmes pertinents visant la protection des CTLF
et de la CDB, le délégué des ETATS-UNIS préféra placer un
accent sur l'importance des travaux en cours dans ce domaine. Le
BRESIL suggéra de remplacer la formulation "dans le cadre de
la CDB" et le libellé fut adopté.
Dans la proposition d'action appelant à la coopération entre
les pays et les organisations internationales pour le développement
d'une entente commune sur les liens entre les DPI, les systèmes sui
generis ou autres systèmes pertinents permettant la protection des
CTLF et traitant de la question d'identification de l'origine des
CTLF, le délégué des ETATS-UNIS suggéra la suppression de la
référence à l'origine des ressources génétiques. L'EQUATEUR et
le BRESIL s'y opposèrent. Le délégué des ETATS-UNIS affirma que
le FIF n'avait pas à aborder le thème des ressources génétiques
dans ce contexte. Le CANADA indiqua que les CTLF incluaient,
implicitement, les ressources génétiques. La COLOMBIE appuya
l'idée de retenir la référence aux ressources génétiques. Le
délégué des ETATS-UNIS proposa aussi de modifier l'emplacement de
la référence à la CDB, de manière à la spécifier parmi les
organisations internationales pertinentes. Le JAPON déclara que
modifier l'emplacement de la référence, changeait la manière dont
le libellé reflète l'interaction entre les DPI et la CDB. Le
délégué des ETATS-UNIS approuva, et les deux références furent
insérées. Le paragraphe entier reste entre crochets.
Concernant l'invitation adressée à la CdP de la CDB à
procéder à l'élaboration d'un aperçu général sur les approches
possibles quant à l'identification, la collecte, l'enregistrement
et l'application des CTLF, le CANADA proposa d'insérer une
formulation alternative soulignant la participation et l'implication
des détenteurs des connaissances, innovations et des pratiques
traditionnelles, et d'inviter le Secrétariat de la CDB à élaborer
un aperçu général sur les approches offertes quant à
l'intégration des CTLF dans la GDF. La NORVEGE suggéra l'insertion
d'une référence directe aux populations indigènes et aux
communautés locales et, avec l'UE, apporta son appui à la
proposition avancée par le Canada. Le délégué des ETATS-UNIS
souhaita avoir des éclaircissements sur l'aperçu proposé, étant
donné qu'une partie y relevait des gouvernements nationaux. En
réponse, le CANADA cita des études de cas, à titre d'exemples. La
NORVEGE suggéra l'adjonction d'un libellé reflétant le contrôle
des gouvernements nationaux. Le BRESIL insista sur le maintien de
"l'identification, collecte, enregistrement et
application" et sur la fourniture d'un certain nombre
d'exemples sur l'application des CTLF. Aucun consensus ne put être
réalisé.
Dans la proposition d'action concernant le Groupe de Travail
Spécial de la CDB, le CANADA proposa un libellé considérant les
options en matière de collecte, enregistrement, application et
localisation des CTLF, en tenant compte du besoin de renforcer sa
mise en œuvre avec l'approbation et l'implication des détenteurs.
L'EQUATEUR suggéra de combiner les deux paragraphes. Aucun
consensus ne fut réalisé.
LES GROUPES DE CONTACT
COMMERCE ET ENVIRONNEMENT: Le groupe de contact sur le thème
commerce et environnement aborda brièvement la question de la
certification volontaire. Les pays en développement voulaient
uniquement l'insertion d'une référence à l'OMC, mais certains
pays industrialisés souhaitèrent l'insertion de références à la
CNUCED, à la FAO et au PNUE. Dans la proposition d'action traitant
de la libéralisation du commerce, trois formulations furent
reflétées dans le papier présenté par le Président du groupe de
contact Don Wijewardana (Nouvelle Zélande). Un pays avança, dans
une tentative d'alléger les réserves exprimées au sujet de
l'équilibre du texte, une formulation alternative réitérant le
libellé retenu dans la conclusion notant les rôles de soutien
mutuel du commerce et de l'environnement. Un intervenant suggéra
d'amender plutôt le paragraphe de manière à y intégrer un
libellé appelant à encourager les pays à procéder à
l'évaluation, à la revue et à la considération des implications
environnementale des mesures de libéralisation du commerce. Un
autre délégué suggéra d'y ajouter les implications durables. Un
pays industrialisé proposa de procéder à une combinaison des
idées tirées des deux propositions figurant dans le papier du
Président de manière à englober le besoin d'accorder une
attention particulière à la levée des restrictions commerciales
qui entravent l'accès au marché, et la nécessité d'encourager
les pays à s'assurer de l'évaluation environnementale des accords
commerciaux. Le Président Wijewardana suggéra d'utiliser cette
proposition comme base de discussion, en réaction à la suggestion
de procéder à la discussion de ces questions dans un comité
restreint. En réponse, un groupe de pays industrialisé déclara
que cela risquait de préjuger du résultat des négociations et
demanda que sa proposition, qui englobait un libellé appelant à
une réduction substantielle des tarifs ainsi qu'à des mesures non
tarifaires, soit également prise en considération. Le groupe
ajourna ses travaux pour procéder à une discussion informelle des
propositions d'action et des libellés avancés par les délégués.
LES ARRANGEMENTS ET MECANISMES INTERNATIONAUX (CATEGORIE III): Le
Coprésident Asadi introduisit la proposition révisée des
Présidents, relative à l'arrangement international sur les forêts
et souhaita à Samuel Insanally (Guyane), la bienvenue à la
présidence du groupe. La révision de texte stipule que l'objectif
de l'arrangement est de s'assurer de l'engament politique à long
terme en faveur de la promotion et de la mise en application des
actions convenues à l'échelle internationale sur les forêts,
dresse la liste des seize domaines prioritaires identifiés et
établit les fonctions principales d'élaboration des politiques, de
coordination, d'application des politiques et de fourniture de
l'autorité politique/législative. La proposition appelle à la
mise en place: d'un organe intergouvernemental permanent,
éventuellement le Forum des Nations Unies sur les Forêts (CNUF),
relevant de l'AG ou de l'ECOSOC; d'un partenariat institutionnel sur
les forêts; et d'un processus de négociation intergouvernemental
pour l'élaboration d'un IJC. Plusieurs délégués accueillir
favorablement l'idée de se servir de ce texte comme plate-forme de
négociation, mais requirent un délai pour son étude. Plusieurs
délégués demandèrent des éclaircissements concernant le
caractère du partenariat proposé et des liens entre le CNUF
proposé et l'AG et /ou l'ECOSOC.
Nombre de pays industrialisés soulignèrent que le soutien
financier proposé, comprenant la ré-affectation des fonds
disponibles et les contributions volontaires, était non adéquat et
mirent en exergue la nécessité de mettre en place un nouveau fonds
mondial pour les forêts. Un pays en développement déclara qu'il
ne devait pas y avoir de référence à l'IJC sans référence à un
nouveau mécanisme de financement. Quelques pays en développement
requirent une proposition plus détaillée sur les ressources
financières et l'un d'eux suggéra une spécification minimale.
De nombreux délégués appuyèrent l'établissement à la fois
d'un forum permanent pour l'élaboration des politiques et d'un CNI,
mais d'autres firent objection à la double fonction proposée
d'élaboration des politiques et de négociation d'un IJC. Quelques
délégués indiquèrent que les fonctions identifiées étaient
trop larges et suggérèrent l'insertion d'une proposition
focalisée uniquement sur points de convergence totale. Un pays en
développement appela à l'élaboration d'un plan mondial pour les
forêts. Les délégués devaient également: mettre en relief la
nécessité des réunions bisannuelles de haut niveau; appuyer la
mise en place d'organes subsidiaires de conseil scientifique,
technique et expert; appeler à l'insertion d'une référence aux
pays dotés d'un faible couvert forestier (PFCF); et mettre en
relief le besoin de traiter des questions touchant forêts plantées.
Dans l'examen de l'objectif, les points de vue divergèrent sur
le point de savoir s'il fallait inclure une référence au cadre
juridique. Alors que certains étaient pour, d'autres s'y
opposèrent se justifiant par le fait qu'il n'y avait pas de
consensus sur le besoin de mettre en place un cadre juridique. Un
pays industrialisé préféra le terme "organe" au lieu du
terme "arrangement." Une autre représentante insista sur
le soutien d'un organe permanent relevant du système des Nations
Unies avec pour tâche principale de promouvoir plutôt la GDF que
simplement l'engagement politique. Elle élargit la proposition
alternative appelant à un cadre mondial pour le développement des
politiques, à une coordination et une mise en application
favorisant les synergies institutionnelles et la coopération entre
le Nord et le Sud et entre les secteurs public et privé.
Dans la discussion des fonctions proposées pour l'arrangement,
quelques délégués suggérèrent la suppression des références
à l'autorité législative. D'autres proposèrent de remplacer
"autorité législative" par "cadre législatif".
Plusieurs pays en développement réitérèrent leurs requ�tes
concernant l'insertion de clauses sp�cifiques pour les ressources
financi�res et propos�rent d'ajouter le fonds mondial pour les
for�ts � la liste des fonctions de l'arrangement. Un pays
industrialis� fit remarquer que la question du fonds a �t�
longuement d�battue et se r�f�ra � la discussion du groupe de
contact sur les ressources financi�res.
S'agissant des domaines prioritaires, beaucoup �taient d'avis
que la liste avait �t� suffisamment discut�e et qu'elle �tait
compl�te, mais d'autres estim�rent que la liste n'�tait pas
exhaustive et que certains �l�ments n'y �taient pas bien d�finis.
Plusieurs d�l�gu�s firent remarquer qu'il ne s'agissait pas de
points de pr�occupations mais d'�l�ments de programme de travail,
souhaitant les voir �nonc�s comme tels. Certains sugg�r�rent de
les regrouper par cat�gories et l'un d'eux proposa de le faire en
fonction des crit�res de la GDF.
LA FINANCE: Le groupe de contact sur les ressources financi�res
continua � r�aliser des progr�s dans ses d�lib�rations. Dans la
proposition appelant � l'augmentation des ressources financi�res
et � l'am�lioration de l'efficacit� des ressources disponible,
tous les d�l�gu�s s'accord�rent sur l'insertion d'une
r�f�rence appelant � accorder une priorit� et � accro�tre
l'assistance financi�re en faveur du secteur forestier dans les
pays en d�veloppement.
Au sujet de l'attention particuli�re devant �tre accord�e �
la mise � disposition de l'assistance financi�re en faveur des
pays en d�veloppement, les d�l�gu�s ne parvinrent pas �
s'accorder sur le point de savoir o� il fallait placer le terme
"durable" pour qualifier les produits et services
forestiers. Concernant la conclusion portant sur les besoins
particuliers des pays en d�veloppement, notamment les PFCF, trois
formulations sont retenues pour la r�f�rence � l'expansion du
couvert forestier. Les d�l�gu�s s'accord�rent sur le libell�
encourageant le r�investissement des revenus forestiers dans la GDF
et pass�rent rapidement sur la discussion concernant la mise en
place d'un fonds mondial pour les for�ts. Au sujet de l'utilisation
des m�canismes existants, tels que le FEM, un pays industrialis�
proposa la revue de la port�e de ces m�canismes pour le
financement du large �ventail des activit�s de la GDF. Les pays en
d�veloppement r�serv�rent leur position sur ce point. Les
d�l�gations s'accord�rent sur un libell� explorant la
faisabilit� de l'op�ration de l'entit� charg�e de la promotion
des investissements.
DANS LES COULOIRS
Les d�lib�rations du groupe de contact sur le th�me commerce
et environnement semblent �tre dans une impasse, certaines
d�l�gations devenant de plus en plus frustr�es de la mani�re
dont le processus est conduit. D'autres, estimant que les
discussions autours de la r�duction des barri�res tarifaires et
non tarifaires sont "trop sensibles" pour ce niveau de
n�gociation des Nations Unies, ont souhait� voir ces questions
�tre r�f�r�es � l'OMC.