Vendredi 4 février, les délégués se sont réunis en séance
Plénière pour l'examen du projet de proposition des Coprésidents
concernant l'arrangement international sur les forêts (Catégorie
III). Le Groupe de Travail 1 a poursuivi ses négociations autour
des libellés crochetés portant sur le thème des connaissances
traditionnelles liées à la forêt (CTLF), le Groupe de Travail 2
s'est réuni brièvement pour entendre lecture des mises à jours
concernant aux progrès réalisés par les groupes de contact et le
groupe de contact sur le thème des techniques écologiquement
rationnelles (TER) a tenu une réunion. Le groupe de contact sur les
finances s'est réuni, samedi.
LA PLENIERE
Les Coprésidents Ristimäki et Asadi présentèrent un rapport
sur les avancées réalisées dans les groupes de travail et de
contact. Le Coprésident Ristimäki introduisit le texte des
Coprésidents concernant l'arrangement international sur les forêts,
soulignant que l'intention en était de faciliter les processus des
négociations. Le texte propose l'établissement: d'un Conseil des
Nations Unies sur les Forêts (CNUF), sous l'égide de la CDD ou de
l'AG, devant se réunir bi-annuellement pour la réalisation d'un
consensus, le suivi des progrès, et la coordination et
l'élaboration des politiques; d'un Partenariat des Nations Unies
sur les Forêts (PNUF), comprenant les organisations et les
institutions financières internationales et régionales opérant
dans le domaine des forêts; d'un comité d'organisation doté d'une
structure similaire à celle de l'ITFF; et d'un petit secrétariat.
Un certain nombre de délégations, dont celles des ETATS-UNIS,
d'AUSTRALIE et du G-77/CHINE, acceptèrent le projet de proposition
comme plate-forme de discussion. D'autres, dont celles du CANADA et
de la FEDERATION DE RUSSIE, estimèrent que le texte ne reflétait
pas de manière adéquate l'ensemble des points de vue qui avaient
été exprimés. Le G-77/CHINE déclara que le projet de texte est
focalisé sur les fonctions de coordination et de développement des
politiques, en isolation des ressources financière, et estima, peu
adéquate, la proposition de procéder à une ré-affectation des
fonds provenant du budget des Nations Unies et autres organisations.
L'orateur mit en relief la nécessité des ressources financières,
que ce soit à travers la mise en place du fonds mondial pour les
forêts ou le renforcement du FEM.
Au sujet du CNUF proposé, quelques pays, dont la REPUBLIQUE DE
COREE et le BRESIL, s'opposèrent au terme "conseil." Le
G-77/ CHINE préféra un forum qui se réunirait annuellement,
assorti de réunions bi-annuelles de haut niveau. Le porte-parole
souhaita voir un tel forum se focaliser plutôt sur le
développement des politiques et la coordination de la mise en
application au niveau nationale, que sur la mobilisation du soutien
politique en faveur d'une convention. L'UE s'interrogea sur la
manière dont le CNUF pouvait renforcer l'engagement en faveur de la
GDF et souligna le besoin d'élaborer une approche participative. Le
G-77/CHINE souhaita avoir des clarifications sur le CNUF proposé.
Quelques délégations, dont l'UE, la REPUBLIQUE DE COREE et la
SUISSE, remirent en question la nécessité d'un comité
d'organisation séparé.
L'UE réitéra sa préférence pour la négociation d'un IJC et
déplora l'omission de l'accord international dans le programme de
travail proposé pour le CNUF. La SUISSE appuya l'élaboration d'un
IJC, arguant que, si appliquée, la structure proposée ne
parviendrait pas à mettre en pratique les nombreuses propositions
d'actions du GIF.
Le CANADA proposa l'adoption d'une approche à deux volets: une
phase transitoire durant laquelle le CNUF proposé se concentrerait
sur la mise en œuvre des propositions d'action des GIF/FIF; et la
mise en place d'un comité de négociation international (CNI) pour
l'élaboration d'une convention couvrant l'ensemble des fonctions et
des éléments identifiés par le FIF. La CHINE déclara que la
proposition des Coprésidents ne garantissait pas l'efficacité de
l'action en faveur de la GDF et appela çà une référence aux
mécanismes de financement et au transfert des TER.
La FEDERATION DE RUSSIE requit l'insertion d'un libellé
additionnel pour refléter le soutien exprimé par un certain nombre
de pays, en faveur d'un IJC. La représentante des ETATS-UNIS requit
un accent plus prononcé sur la mise en application des arrangements
disponibles et demanda des éclaircissements concernant les liens
entre le comité d'organisation proposé et l'organe
intergouvernemental permanent. Elle souligna, par ailleurs, la
considération des contributions volontaires et la participation de
tous les groupes et de toutes les parties intéressées. La NOUVELLE
ZELANDE appela à une structure institutionnelle plus légère et
s'opposa à l'insertion de références à un nouvel IJC, notant que
la négociation d'un IJC risquait d'empêcher la prise de mesure en
faveur de la GDF et la mise en application des arrangements
existants.
La MALAISIE appuya la création d'un organe intergouvernemental
sous l'égide de l'AG, permettant la participation de tous les
membres des Nations Unies et menant éventuellement à un IJC. La
REPUBLIQUE DE COREE affirma que la structure proposée risquait
d'empêcher la facilitation de la mise en exécution, de la
coordination et de la mise en place des politiques. La ZAMBIE mit en
relief le besoin d'accorder une priorité au suivi et à
l'exécution, à la pleine participation au sein d'une institution
relevant de l'AG, à la coordination politiques et financière et
aux questions touchant au commerce international.
Le BRESIL plaida pour la nécessité: d'accorder une importance
égale à la coordination, à l'exécution et à la mise en place
des politiques; de mieux traiter le suivi des progrès; et de
chercher à assurer un engagement plus fort en faveur de la GDF. Le
délégué nota également qu'il avait suffisamment de consensus ou
de connaissances pour le lancement d'un processus de négociation
autour d'un IJC. La COLOMBIE appela à l'insertion d'une référence
à l'assistance et au soutien: des plans d'action nationaux ayant
trait à la GDF; du mécanisme de financement; et de la mise en
place d'un forum sous l'égide de l'AG. CUBA appela à la mise à
disposition de ressources complémentaires au budget alloué par les
Nations Unies, ainsi qu'à une considération attentive de la
participation des ONG sur la base des règles en vigueur aux Nations
Unies. L'ARMENIE appela à un libellé reflétant le processus
menant à un IJC.
La NORVEGE plaida pour un suivi de la FIF plus orienté vers
l'action, à un engagement juridique et politique permanent en
faveur de la concrétisation de la GDF, et à un organe
intergouvernemental sous les auspices de l'ECOSOC, dans l'intérim.
Le délégué appela aussi: à l'insertion d'une référence aux
programmes forestiers nationaux; à un accent plus prononcé sur
l'application des propositions d'action des GIF/ FIF; à des
ressources financières additionnelles pour le soutien de la GDF et
la mise en œuvre; et à un processus transparent et ouvert aux OIG,
aux ONG, aux groupes autochtones et au secteur privé.
La POLOGNE appuya la mise en place d'un IJC et d'un mécanisme
pour l'amélioration de la coordination des accords forestiers
régionaux disponibles. PAPOUA NOUVELLE GUINEE requit que le texte
soit négocié en Plénière. Le délégué appuya l'approche à
deux volets avancée par le Canada et appela à l'insertion d'un
libellé reflétant l'accord-cadre éventuel. Il déclara par
ailleurs que les pays les moins avancés (PMA) et les pays
insulaires en développements (PEID) devaient être traités dans le
texte consacré aux accords de partenariat.
Le JAPON souligna l'importance de discuter des objectifs et des
fonctions et souhaita avoir des éclaircissements sur le point de
savoir si le CNUF éventuel devait avoir, oui ou non, un caractère
permanent. Le délégué mit en garde contre le double emploi dans
les fora existants et suggéra d'étudier très attentivement le
mécanisme de financement proposé. Le GABON appuya, entre autres:
la mise en place d'un CNI chargé de l'élaboration d'un IJC; la
mise à disposition de fonds additionnels; et la facilitation de
plus grandes synergies entre le secteur privé, le secteur
gouvernemental et les ONG. Il espéra que le monde ne "blâmera"
le FIF pour "la perte de temps." Le SENEGAL plaida pour:
des fonds additionnels; la mise en place d'un IJC; et la
participation de la société civile. La REPUBLIQUE TCHEQUE se
déclara en faveur d'un IJC, tout en restant ouverte aux autres
options. L'EQUATEUR appuya l'établissement d'un conseil sous
l'égide de l'AG, avec la participation de la société civile. La
représentante appela à l'implication d'autres groupes dans le
travail de l'ITFF. Le MEXIQUE affirma qu'un nouveau forum aurait
besoin d'un justificatif, appuya la mise en place d'un processus
pour la poursuite du dialogue et le développement des organes
techniques et scientifiques, et mit en garde contre la prévision
d'un organe décideur et d'un segment de haut niveau, à la fois.
Le ZIMBABWE et le NIGER appuyèrent la mise en place d'un IJC et
appelèrent à une structure permettant une plus grande
représentation africaine et mettant à disposition des ressources
financières adéquates. GREENPEACE plaida pour l'insertion de
références: aux conditions particulières des forêts anciennes;
à la répression de l'exploitation illicite; et au principe de
précaution.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
LES CONNAISSANCES TRADITIONNELLES LIES A LA FORET: Au sujet
de la conclusion soulignant qu'un travail futur est requis pour
aider à développer une appréciation commune et une compréhension
partagée des liens entre les DPI, les brevets, les systèmes sui
generis et autres, les aspects des droits de propriété
intellectuelle ayant trait au commerce ("TRIPs") et la CDB,
l'UE déclara pouvoir accepter la conclusion, à condition d'y
supprimer les références aux brevets et aux TRIPs. Le JAPON et les
ETATS-UNIS l'approuveraient, à condition d'y supprimer la
référence aux systèmes sui generis et autres systèmes pertinents.
Le BRESIL et la NORVEGE appuyèrent l'UE, mais s'opposèrent à la
suppression de cette référence. Le délégué des ETATS-UNIS nota
le besoin de mener de nouvelles consultations.
Au sujet de la proposition d'action invitant le Secrétariat de
la CDB à élaborer un aperçu général des approches retenues pour
l'identification et l'enregistrement des CTLF, l'EQUATEUR, appuyé
par les PHILIPPINES, suggéra d'ajouter l'Organisation International
du Travail (OIT) à la liste des institutions collaboratrices. Le
BRESIL appela à une référence aux communautés traditionnelles,
outre les populations indigènes. Le PEROU souhaita voir le libellé
inviter la CdP de la CDB à préparer l'aperçu général et appela
à une référence aux consultations nationales et régionales.
Au sujet de la mise en place, au niveau national, des politiques
permettant de réaliser les objectifs de l'Article 8(j) et des
dispositions de la CDB qui s'y rapportent et de l'élaboration des
lignes directrices nécessaires à la protection des CTLF, les
délégués s'accordèrent sur l'inclusion, pour clarification, d'un
libellé appelant au soutien des efforts fournis par les
organisations et les institutions internationales dans
l'élaboration des lignes directrices. Les ETATS-UNIS, avec le JAPON,
firent part de leurs r�serves concernant le caract�re directif du
"soutien" et pr�f�r�rent une simple reconnaissance des
efforts internationaux. Le BRESIL et les PHILIPPINES y firent
objection. Le CANADA proposa l'insertion d'une r�f�rence �
"un ensemble" de lignes directrices, mais le BRESIL s'y
opposa,. Le CANADA sugg�ra que nuancer la r�f�rence aux lignes
directrices, en y ajoutant "le cas �ch�ant." Le BRESIL,
avec la COLOMBIE, pr�f�ra "conform�ment � leurs mandats."
Le CHILI proposa la suppression des termes "un ensemble
de" ajout�s devant lignes directrices. Le CANADA modifia cette
formulation par "y compris une �ventuelle �laboration de
lignes directrices." Avec la suppression du terme "�ventuelle"
et l'insertion de la proposition avanc�e par le Br�sil, le
paragraphe fut accept� dans son int�grit�.
LE GROUPE DE TRAVAIL 2
Le Groupe de Travail 2 se r�unit bri�vement pour entendre
lecture des rapports d'avancement des Pr�sidents des groupes de
contact sur les th�mes du transfert des TER, des finances et du
commerce et environnement. Ces derniers not�rent que des progr�s
ont �t� r�alis�s mais que des libell�s crochet�s restaient
encore � r�soudre. Le Pr�sident du groupe de contact sur le
transfert des TER nota que la discussion d'un paragraphe attendait
la conclusion du d�bat sur les CTLF men� par le Groupe de Travail
1.
LES GROUPES DE CONTACT
LE TRANSFERT DES TER: Le groupe avait devant lui une
r�vision de texte �labor�e sur la base des discussions et des
propositions de la veille. Au sujet de la conclusion portant sur le
large �ventail de TER disponibles pour le soutien de la GDF, les
d�l�gu�s s'accord�rent sur la lev�e des crochets entourant le
libell� sur le r�le de la communaut� internationale dans la
promotion de l'acc�s au, et du transfert des, TER.
Les d�l�gu�s s'accord�rent aussi sur la proposition d'action
appelant � l'am�lioration du transfert des technologies aux fins
de promouvoir la GDF. Au sujet de la proposition d'action
encourageant les pays industrialis�s � prendre des mesures
concr�tes pour la promotion et la facilitation du transfert des TER,
les d�l�gu�s s'accord�rent sur un libell� appelant � la
mobilisation d'un soutien en faveur de la mise au point des
technologies appropri�es dans les pays en d�veloppement.
Au sujet de la proposition d'action portant sur le partage des
avantages, les pays en d�veloppement propos�rent l'insertion d'un
libell� sur le partage des avantages d�coulant de l'utilisation de
la biodiversit� foresti�res, des r�sultats de la recherche dans
ce domaine et de leurs applications, ainsi que sur la n�cessit�
d'accorder la reconnaissance due � l'origine des ressources
biologiques dans les applications brevet�es, conform�ment aux
dispositions de la CDB. Les pays industrialis�s mirent en garde sur
le risque de voir la formulation aller au devant des discussions en
cours dans d'autres fora, comme ceux la CDB et de la WIPO. Un groupe
de pays proposa un libell� alternatif stipulant que la question de
reconnaissance de l'origine des ressources biologiques foresti�res
dans les syst�mes de DPI doit �tre trait�e. Certains insist�rent
sur le maintien de la r�f�rence aux l�gislations internationales
et domestiques ayant trait aux DPI et sur la n�cessit� de
l'approbation mutuelle du partage des avantages. La question reste
non r�solue, en attendant les consultations de groupes.
LES FINANCES: Le groupe examina la r�vision du texte du
Pr�sident et r�alisa des progr�s dans un certain nombre de
paragraphes, mais la proposition appelant � la mise en place d'un
fonds mondial pour les for�ts demeure le principal point de
divergence. Au sujet des besoins particuliers des pays en
d�veloppement, les d�l�gu�s se mirent d'accord pour n'avoir
qu'une seule r�f�rence aux PMA. S'agissant de l'accroissement des
revenus engendr�s par les produits forestiers r�alis�s dans le
respect de la durabilit�, les d�l�gu�s ne parvinrent pas �
s'accorder sur le point de savoir s'il faut, ici, se r�f�rer � la
diversit� biologique ou aux ressources biologiques. Au sujet des
arrangements favorisant l'efficacit� de la gestion, un pays
industrialis� pr�f�ra l'insertion d'une r�f�rence aux
capacit�s d'assimilation. Les pays en d�veloppement
d�sapprouv�rent.
Le d�bat se poursuivit sur l'�tablissement d'un fonds
international pour les for�ts, avec un groupe r�gional souhaitant
voir le texte stipuler le fonds "sugg�r�" au lieu de
"propos�." Les pays en d�veloppement d�clar�rent que
le fonds n'�tait pas un sujet abstrait. Un pays industrialis�
indiqua que le levier de la mise � disposition de nouveaux fonds,
c'est l'accord sur la mise en place d'un IJC. Un autre pays
industrialis� nota l'annonce r�cente de la mise en place d'un
fonds pour les for�ts tropicales sans qu'il n'y ait eu besoin d'un
IJC. Le libell� faisant r�f�rence au concept d'une entit�
charg�e de la promotion de l'investissement international fut
accept�e moyennant quelques changements mineurs. Concernant la
proposition appelant � l'accroissement des ressources financi�res
et � l'am�lioration de l'efficacit� des ressources disponibles,
quelques pays industrialis�s souhait�rent la suppression de la
r�f�rence � l'augmentation des ressources financi�res.
DANS LES COULOIRS
Quelques d�l�gu�s ont laiss� entendre que certains pays
industrialis�s esp�raient prolonger les discussions sur la
question des ressources financi�res jusqu'� obtenir une id�e
claire quant au point savoir si, oui ou non, il y aura un instrument
juridique contraignant sur les for�ts. D'autres sp�culations
croient savoir que les pays industrialis�s en question ne
souhaitent pas r�v�ler � leurs coll�gues des pays en
d�veloppement qu'ils n'ont que peu de fonds additionnels � offrir,
de crainte de voir cela provoquer un changement d'attitude �
l'�gard de l'IJC.