Quatrième journée du FIF-4, le Groupe de Travail 1 a poursuivi
les négociations autour des libellés crochetés concernant les
connaissances traditionnelles liées aux forêts (CTLF) et a aborder
brièvement les thèmes des causes sous-jacentes de la
déforestation, des zones protégées et de la recherche en matière
de forêts. Les délégués se sont également réunis dans les
groupes de contact sur le transfert des TER, le financement, et le
commerce et environnement, pour la poursuite de leurs
délibérations.
GROUPE DE TRAVAIL 1
LES CONNAISSANCES TRADITIONNELLES LIEES AUX FORETS: Au sujet
de la proposition d'action appelant les pays à mettre en place des
mesures plus fortes pour la reconnaissance, le respect et la
protection des CTLF dans la GDF, dans le cadre des DPI et les
systèmes sui generis, tel qu'approprié, et de tenir compte des
travaux de la CDB et des traités ayant traits aux DPI, le JAPON
préféra mesures "suffisantes", mais le BRAZIL et les
PHILIPPINES y firent objection. Le délégué des ETATS-UNIS proposa
"fortes." L'AUSTRALIE suggéra, et les délégués
approuvèrent, mesures "efficaces". L'UE, la NORVEGE et le
CANADA appelèrent à la suppression de " dans le cadre des DPI
et les systèmes sui generis, tel qu'approprié". Le BRESIL,
appuyé par la COLOMBIE, les ETATS-UNIS et le PEROU s'y opposèrent,
mettant en relief la nécessité d'une cohérence juridique. L'UE,
appuyée par le JAPON, les ETATS-UNIS, l'AUSTRALIE et l'EQUATEUR,
appela à remplacer "et les traités ayant traits aux DPI"
par "et autres accords internationaux pertinents". Le
BRESIL approuva, à condition de maintenir " dans le cadre des
DPI et les systèmes sui generis". L'UE accepta, avec
l'adjonction de "ou autres systèmes". La proposition fut
adoptée avec ces modifications.
Au sujet de l'encouragement de la consistance entre les CTLF et
les accords sur les aspects des DPI ayant rapport avec le commerce,
l'AUSTRALIE préféra une formulation plus large portant sur
l'origine des connaissances traditionnelles et suggéra d'explorer
la manière dont les CTLF pourraient être protégées sous un
régime de PI. Le JAPON, appuyé par l'UE, affirma que le paragraphe
est redondant, l'identification de l'origine des CTLF ayant été
traitée par contrat privé, et appela à sa suppression. Le BRESIL,
avec le GHANA, le PEROU et la NORVEGE, mit en exergue le rôle de la
CDB dans la détermination de l'origine des CTLF et requit son
maintien. Le JAPON indiqua que certains aspects de l'origine
étaient également en cours de traitement par la WIPO. L'UE proposa
une révision de texte encourageant la consistance entre les CTLF
des communautés indigènes et locales et les accords internationaux
pertinents. Plusieurs délégués, dont ceux des ETATS-UNIS et de
l'AUSTRALIE, s'interrogèrent sur le sens de "consistance"
entre les CTLF et les accords internationaux. Le BRESIL suggéra que
cela était destiné à s'assurer de la non-contradiction entre les
arrangements visant la protection des CTLF et les accords
internationaux et souligna que la protection des CTLF ne doit pas
être outrepassée par les accords internationaux sur les DPI. Le
CANADA, appuyé par les ETATS-UNIS et la NORVEGE, suggéra que la
formulation avait pour origine, le besoin de reconnaître les liens
entre les DPI et les CTLF. La représentante proposa un nouveau
libellé encourageant, entre autres, la collaboration avec les
organisations internationales pertinentes pour aider au
développement d'une appréciation et d'une entende communes des
liens entre les DPI en vigueur, les systèmes sui generis et
brevetés, les TRIPs, et la CBD, y compris de l'identification de
l'origine des connaissances traditionnelles et des ressources
génétiques, aux fins de protéger ces connaissances contre toute
utilisation non appropriée. Le CANADA réitéra que les systèmes
brevetés et sui generis sont crochetés. La COLOMBIE fit part des
ses réserves concernant la référence à sui generis. L'EQUATEUR
s'interrogea sur la sens de "utilisation non appropriée"
et le BRESIL expliqua que l'intention en était d'éviter
l'utilisation des CTLF sans consentement. Le délégué des
ETATS-UNIS demanda si cela était applicable aux législations
nationales. L'UE requit un délai pour lui permettre de mener des
consultations. Le texte resta en examen.
Dans le libellé invitant le Secrétariat de la CDB à préparer
un aperçu général sur les approches susceptibles d'être
adoptées dans l'identification et l'enregistrement des CTLF, le
délégué des PHILIPPINES souligna l'importance de l'identification
et de l'application des CTLF. Le JAPON appela à l'insertion d'une
référence à la prise en compte des traités ayant trait aux DPI.
Le PEROU et l'EQUATEUR déclarèrent que les références au CIFOR,
à l'IUFRO et à la FAO dans le texte est indicative d'un accent
moins prononcé sur les détenteurs des connaissances
traditionnelles, et requit la suppression du paragraphe. Ce texte
n'est pas encore résolu.
Dans la proposition d'action invitant la CDB à traiter certaines
questions touchant aux CTLF, la représentante des ETATS-UNIS
déclara que requérir de la CDB l'établissement d'un consentement
préalable en connaissance de cause, à l'accès aux CTLF,
dépassait le mandat du FIF. Le BRESIL, la COLOMBIE et l'AUSTRALIE
appuyèrent la référence au consentement préalable, en
connaissance de cause. Le CANADA suggéra que le FIF invite la CDB
à envisager des procédures de consentement préalable en
connaissance de cause et l'EQUATEUR suggéra que CDB considère
l'application de procédures de consentement préalable en
connaissance de cause.
Dans la proposition d'action visant la promotion d'un partage
juste et équitable des avantages, le BRESIL, appuyé par
l'AUSTRALIE et les PHILIPPINES, plaida en faveur du libellé portant
sur les paiements, là où approprié, et les articles spécifiques
de la CDB. L'AUSTRALIE et le PEROU suggérèrent l'insertion d'une
référence à l'élaboration de mécanismes pour le partage des
avantages. L'EQUATEUR, appuyé par les ETATS-UNIS et le MEXIQUE,
préféra les articles de la CDB en rapport, plutôt que dresser la
liste des articles spécifiques. Le BRESIL s'y opposa et préféra
l'insertion du terme "entre autres" dans la référence
consacrée à ces articles. Le JAPON appela à l'inclusion d'une
référence aux traités ayant trait aux DPI. L'UE préféra une
référence aux accords internationaux pertinents et aux
législations nationales. Les délégués acceptèrent de se
référer aux paiements, aux accords internationaux, aux
législations nationales et aux articles spécifiques de la CDB.
Concernant la mise en place de législations et de politiques
nationales pour la réalisation des objectifs relevant des divers
articles de la CDB, le JAPON, le CANADA, le GHANA et l'UE
proposèrent la suppression de la référence à la mise en place
d'un cadre juridique pour les articles de la CDB au niveau
international, mais le BRESIL et l'EQUATEUR s'y opposèrent. Le
BRESIL suggéra une référence au régime international de le
biodiversité. L'EQUATEUR souhaita l'insertion d'une référence à
l'Article 10(c) (utilisations traditionnelles des ressources
biologiques) de la CDB. La représentante des ETATS-UNIS proposa une
référence aux clauses en rapport de la CDB plutôt que 'articles
spécifiques'. Elle suggéra aussi de remplacer la référence au
cadre juridique par une référence à l'amélioration de la
coopération internationale. Le BRESIL et l'EQUATEUR s'y opposèrent,
et le CANADA suggéra une référence à un ensemble de lignes
directrices. Le BRESIL plaida pour une référence à tous les
savoirs traditionnels. La représentante des ETATS-UNIS accueillit
favorablement la référence aux lignes directrices mais,
ajouta-t-elle, les CTLF doivent rester la chose la plus importante.
Le JAPON demanda de maintenir le texte entre crochets.
LES CAUSES SOUS-JACENTES: Dans la proposition d'action du
chapitre des causes sous-jacentes, appelant à la transparence dans
les politiques d'ajustement structurelles (PAS), l'AUSTRALIE proposa
d'amender le libellé pour stipuler que le FIF invite les
institutions financières internationales à s'assurer de la
transparence des PAS et à œuvrer pour garantir le soutien
politique national aux objectifs du développement durable. Les
délégués revisiteront cette proposition.
LES ZONES PROTEGEES: La BANQUE MONDIALE présenta la définition
des zones protégées retenue par la Commission Internationale de
l'UICN sur les Zones Protégées (CIZP). L'orateur affirma que la
définition et le système de classification élaboré par cette
même commission étaient utilisés par bon nombre de pays,
d'institutions des Nations Unies et de groupes sociaux, et
encouragea le FIF à en prendre notes. Il appela le FIF à inviter
à l'élaboration d'une approche mondiale de l'évaluation de
l'efficacité de la gestion des zones forestières protégées. La
représentante des ETATS-UNIS fit part de ses réserves concernant
le fait que la conclusion et les propositions d'action relatives aux
zones protégées, ne reflétaient pas les résultats du FIF-3, et
souhaita voir le problème se résoudre de manière informelle.
LA RECHERCHE EN MATIERE DE FORETS: Les délégués approuvèrent
les conclusions et les propositions d'action.
LES GROUPES DE CONTACT
LE TRANSFERT DES TER: Au sujet de la proposition d'action
encourageant les pays industrialisés à prendre de nouvelles
mesures dans le domaine du transfert des TER au profit des pays en
développement, les délégués débattirent de placement de
référence à la mise en pratique des recommandations du Plan
d'action 21, de la CDD et du FIF. Un délégué proposa d'ajouter un
libellé appelant à la promotion et à la facilitation du transfert
des TER. Les délégués s'accordèrent d'une manière générale
sur la nécessité d'encourager les pays à prendre des mesures plus
actives. Un délégué proposa un libellé appelant à catalyser
l'aide au développement et à l'application de l'essor
technologique. Aucun consensus ne fut toutefois réalisé, en
attendant les consultations menées par un groupe de pays.
Les délibérations sur la mise en place de nouveaux mécanismes
pour impulser du transfert des TER se poursuivirent autour: d'une
proposition de texte appelant à l'élargissement et au
développement des initiatives et/ou mécanismes; et la réticence
de certaines délégations à soutenir un texte appelant à
l'initiation d'une action. A ce sujet, quelques délégation
estimèrent que la formulation impliquait qu'aucune action n'était
entreprise actuellement. Le texte reste non résolu, en attendant la
tenue d'autres consultations.
Concernant l'inclusion d'une proposition d'action sur le partage
des avantages tirés de l'utilisation des ressources biologiques,
conformément aux dispositions de la CDB, certains pays remirent en
question le caractère approprié du débat sur ce sujet par le FIF,
étant donné qu'il est en cours de traitement dans d'autres fora,
tels que la CDB et la WIPO, et préférèrent sa suppression. Un
délégué déclara que si on devait garder cette proposition
d'action, un libellé appelant à ce le partage des avantages soit
conforme aux législations internationales et domestiques
pertinentes au DPI devait être également inclus. Un autre ajouta
que le partage des avantages doit faire l'objet d'un accord mutuel.
Certains remirent en question l'insertion de la r�f�rence aux
propositions d'action du GIF. Plusieurs intervenants appuy�rent
l'insertion d'une r�f�rence � la biodiversit� foresti�re
plut�t qu'aux ressources biologiques. Le texte fut laiss�
crochet�, en attendant de nouvelles consultations.
Dans la proposition encourageant les pays � �laborer des
m�canismes et/ou mesures permettant la r�alisation des avantages
des CTLF, un d�l�gu� proposa la suppression du libell�. D'autres
plaid�rent pour son maintien. Certains estim�rent que la
proposition devait �tre trait�e dans le cadre de l'�l�ment de
programme relatif aux CTLF. Le groupe reporta le d�bat, en
attendant les r�sultats de la discussion sur les CTLF.
LE COMMERCE ET L'ENVIROMMENT: Le groupe de contact sur le
commerce et l'environnement se r�unit dans la soir�e et examina le
projet de texte de Pr�sident qui renfermait trois propositions
d'action. Alors qu'une avanc�e a �t� enregistr�e au niveau du
nettoyage des libell�s crochet�s, aucun consensus ne put �tre
r�alis� sur ces propositions.
Au sujet de la proposition encourageant les pays, les
organisations internationales et autres parties int�ress�es �
entreprendre un travail de collaboration sur la question des
sch�mas volontaires de la certification et/ou de l'�tiquetage
(C&E), les pays en d�veloppement, appuy�s par quelques pays
industrialis�s, cherch�rent � ins�rer une r�f�rence � l'OMC.
Un groupe r�gional et d'autres, y firent objection et, apr�s une
longue d�lib�ration, cette r�f�rence resta crochet�.
Un groupe r�gional sugg�ra de combiner la proposition enti�re
avec une autre, portant sur les sch�mas volontaires de C&E et
de remplacer le libell� portant sur les obstacles entravant de
mani�re injustifi�e l'acc�s au march�, par une r�f�rence � la
n�cessit� de s'assurer de la transparence ad�quate et de la
non-discrimination. Les pays en d�veloppement et quelques autres
s'y oppos�rent. Les deux formulations portant sur les obstacles
entravant l'acc�s aux march�s et � la transparence et � la
non-discrimination furent combin�es en une seule grande
proposition.
Dans la proposition retravaill�e sur les C&E, un pays
industrialis� sugg�ra de remplacer le libell� appelant les pays
� "entreprendre" par "encourager" des travaux
sur les C&E. Cela ne fut pas accept� et la r�f�rence
d'origine fut modifi�e par un autre pays industrialis� par
l'adjonction du terme "tel qu'appropri�." L'ensemble du
libell� fut laiss� dans ce que le porte-parole d'un groupe
r�gional a appel� "des crochets mentaux," en attendant
une conclusion acceptable dans la r�f�rence � l'OMC. Le groupe
poursuivit ses d�bats tard dans la nuit.
LES FINANCES: Le groupe de contact sur les ressources
financi�res r�alisa certains progr�s dans plusieurs paragraphes
mais laissa des chapitres important entre crochets. Au sujet des
revenus tir�s des biens et services forestiers produits dans le
respect de la durabilit�, les d�l�gu�s d�cid�rent de ne pas se
r�f�rer aux "ressources biologiques", le terme �tant en
cours de discussion dans d'autres groupes et n'ayant pas encore
�t� d�fini, et d'utiliser � sa place "les ressources li�es
� la diversit� biologique". Les pays en d�veloppement et les
pays industrialis�s reconnurent que le r�investissement des
revenus tir�s des produits forestiers obtenus dans le respect de la
durabilit�, dans la GDF, ne pouvait pas �tre "garanti"
mais seulement "promu" puisque la d�cision revient au
secteur priv�. Tous �taient d'accord que la mobilisation du
secteur priv� en faveur de la GDF devait �tre incluse dans
l'�tablissement des cadres juridiques, mais un groupe r�gional
s'opposa � la "fourniture d'incitations." Concernant la
consid�ration de la GDF comme une priorit� dans l'affectation des
ressources int�rieures et des dans la programmation de l'APD, un
pays industrialis� proposa une r�f�rence � l'APD en g�n�ral,
et un groupe r�gional pr�f�ra sp�cifier l'APD li�e aux for�ts.
Au sujet de l'importance de la participation et de l'implication des
concern�s dans l'utilisation efficace des ressources financi�res,
un groupe r�gional proposa, et d'autres approuv�rent, de remplacer
"concern�s" par "parties int�ress�es" pour
r�pondre � la pr�occupation concernant le risque de voir des
compagnies multinationales b�n�ficier de droits non appropri�s de
participation.
Les d�l�gu�s d�battirent de l'�tablissement d'un fonds
international pour les for�ts, avec un groupe r�gional proposant
d'axer ce fonds sur la GDF, pour une p�riode transitoire. Les pays
industrialis�s appel�rent � un libell� signalant que de telles
propositions ont �t� propos�es mais qu'aucun consensus ne put
�tre r�alis�. Ils soulign�rent la n�cessit� de renforcer
l'utilisation efficace des ressources disponibles.
Dans le libell� portant sur l'entit� devant travailler � la
promotion de l'investissement international en faveur de la GDF, un
pays industrialis� proposa une formulation �vitant la r�f�rence
quelque entit� particuli�re. Au sujet des programmes forestiers
nationaux servant de plate-forme � la canalisation des financements
vers les for�ts, un pays industrialis� proposa d'en explorer � la
fois les r�sultats et les potentialit�s. Plusieurs d�l�gu�s
firent remarquer qu'il �tait peu appropri� de parler d'un cadre de
r�gulation international pour l'investissement dans la GDF.
DANS LES COULOIRS
On croit savoir que le texte des Copr�sidents sur la Cat�gorie
III pourrait avoir r�ussi � r�aliser un compromis, l'un des
d�l�gu�s ayant indiqu� que dans le texte il y avait un peu pour
chacun. D'autres ont laiss� entendre que ce "compromis
raisonnable" ne serait du qu'au degr� d'insatisfaction
universel qu'il inspire.