Troisième journée du FIF-4, les délégués se sont réunis
dans le Groupe de Travail 1 pour plancher sur les thèmes des causes
sous-jacentes de la déforestation et des connaissances
traditionnelles liées à la forêt (CTLF). Les délégués se sont
également réunis en groupes de contact pour examiner les thèmes
du transfert des TER, du financement et du commerce et environnement.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
LES CAUSES SOUS-JACENTES DE LA DEFORESTATION: Les délégués
se penchèrent sur le texte crocheté des causes sous-jacentes de la
déforestation (E/CN.17/IFF/1999/25). Le NIGERIA, au nom du
G-77/CHINE, souligna que les pays en développement étaient
particulièrement touchés par la déforestation en raison de leur
manque de capacités et de ressources financières et technologiques.
Concernant le libellé dressant la liste des causes, l'UE,
appuyée par les ETATS-UNIS et la FEDERATION DE RUSSIE, plaida pour
la suppression des crochets entourant les références à la
corruption et au trafic illicite. La MALAYSIE, la COLOMBIE et
l'INDONESIE appelèrent à la suppression de la référence à la
corruption. Le G-77/CHINE déclara que la cause "problèmes de
gouvernance" englobait la corruption. L'EQUATEUR, appuyé par
l'UE, le SENEGAL et le G-77/CHINE, déclara que la corruption et le
trafic illicite doivent être listés comme deux causes séparées.
Le GHANA proposa de remplacer le terme corruption par 'manque de
transparence dans l'administration des forêts. Les délégués
ôtèrent les crochets entourant le trafic illicite, mais le terme
corruption fut laissé entre crochets.
Au sujet de la sous-estimation des forêts en tant que cause
sous-jacente, le délégué des ETATS-UNIS, appuyé par l'AUSTRALIE,
suggéra l'insertion d'une référence transversale aux éléments
de programme portant sur l'estimation des biens et services
forestiers et sur les instruments économiques. Le BRESIL, appuyé
par l'EQUATEUR et la NOUVELLE ZELANDE, souhaita le maintien du
libellé. L'EQUATEUR appuya l'inclusion d'une référence aux
ressources biologiques. Le BRESIL et le CANADA rappelèrent que le
FIF-3 s'était mis d'accord sur l'insertion d'une référence aux
ressources biologiques, avec une note indiquant la définition
retenue par la CDB. Les délégués approuvèrent et retinrent la
référence.
Au sujet des directives techniques nationales et des mesures
d'encouragement économique internationales visant à promouvoir
l'implication des communautés locales dans la GDF, l'AUSTRALIE,
appuyée par l'EQUATEUR, proposa de remplacer "promouvoir"
par "soutenir". Les ETATS-UNIS, avec le CANADA,
proposèrent la suppression de la référence aux mesures
d'encouragement économique nationaux et internationaux. L'EQUATEUR,
avec le G-77/CHINE, appuya le maintien des incitations économiques.
Le texte fut approuvé avec ses modifications.
Le CANADA proposa la suppression du sous-article portant sur
l'identification du manque d'intégration et l'introduction
d'incitations positives, mais le BRESIL, l'AUSTRALIE, le CHILI, les
ETATS-UNIS et l'UE y fient objection. Le CANADA proposa ensuite la
suppression de la référence aux incitations positives, mais l'UE
s'y opposa. Le texte fut approuvé et la référence, retenue.
Au sujet du soutien des programmes communautaires locaux visant
à facilité l'accès aux marchés, l'AUSTRALIE proposa la
suppression du qualificatif "extérieurs" qui suit le mot
marché. L'UE, appuyée par le CANADA, mais contrée par BRESIL et
le G-77/CHINE, suggéra de remplacer "accès aux marchés"
par "marketing." Le BRESIL requit marchés "intérieurs
et extérieurs". La NOUVELLE ZELANDE proposa marchés "domestiques
et extérieurs" et les délégués approuvèrent.
Dans le paragraphe crocheté qui demande aux institutions
financières internationales d'analyser les effets de la dette
extérieure et d'explorer la possibilité d'établir des plans
innovants de réduction de dettes, les ETATS-UNIS, appuyés par la
NORVEGE, la NOUVELLE ZELANDE, le BRESIL et la COLOMBIE, suggéra la
suppression de la référence à cette analyse et le PEROU, appuyé
par les ETATS-UNIS, suggéra de remplacer "explorer" par
"établir." Le G-77/CHINE et l'EQUATEUR préférèrent le
libellé d'origine. La NORVEGE proposa de remplacer "analyser"
par "reconnaître." Le paragraphe resta crocheté.
L'AUSTRALIE, la NORVEGE, le MALI et l'UE plaidèrent pour la
suppression des crochets entourant le paragraphe qui invitait les
pays à collaborer avec les institutions financières
internationales pour l'établissement de la transparence des
politiques d'ajustement structurel (PAS) et harmoniser ces PAS avec
les objectifs du développement durable national. Le BRESIL, la
COLOMBIE, le G-77/CHINE, le GHANA et le CHILI appelèrent à la
suppression du paragraphe, de crainte qu'il n'y ait des exigences
additionnelles. L'AUSTRALIE expliqua que le paragraphe avait pour
origine, l'Initiative des ONG sur les Causes Sous-jacentes où les
participants avaient fait état de conflits entre les PAS et les
programmes nationaux. Le délégué des ETATS-UNIS proposa la
suppression de la référence à l'harmonisation et la NOUVELLE
ZELANDE suggéra d'ajouter "pour assurer le soutien des
objectifs du développement durable national." Le paragraphe
resta entre crochets.
LES CONNAISSANCES TRADITIONNELLES LIEES A LA FORÊT (CTLF): Le
G-77/CHINE, appela à un partage équitable des avantages découlant
des CTLF et à des incitations économiques adéquates. Certains
délégations, dont celles des ETATS-UNIS et de l'AUSTRALIE,
notèrent le chevauchement entre les CTLF et le commerce et
requirent le report des discussions sur les CTLF en attendant que le
groupe de contact sur le thème commerce et environnement terminent
ses travaux. D'autres, y compris le BRESIL, la MALAYSIE, le CANADA
et le GHANA, préférèrent entamer les négociations. Le BRESIL
souligna que le monde en sait peu sur les CTLF et que les systèmes
de brevet doivent être étudiés aux fins d'améliorer l'entente
commune sur le CTLF. L'EQUATEUR appuya la référence au système
sui generis.
Au sujet de l'application des mesures de protection des CTLF, le
délégué des PHILIPPINES, appuyé par l'UE, déclara que la
mention de la protection juridique des CTLF pouvait encourager les
pays à améliorer leurs législations. Le JAPON et le BRESIL
préférèrent ajouter une référence aux systèmes de droits de
propriété intellectuelle (DPI). Le CANADA et l'AUSTRALIE
souhaitèrent une référence appelant à des mesures plus fortes.
Au sujet du libellé demandant au Groupe de Travail de la CDB
chargé de l'Article 8(j) de traiter certaines questions touchant
aux CTLF, l'AUSTRALIE suggéra qu'il n'était pas approprié pour le
FIF de donner des instructions à la CBD. Plusieurs délégués
appuyèrent une révision de texte invitant le Groupe de Travail de
la CDB à procéder à l'identification des options offertes au
niveau, entre autres, de la collecte des CTLF, établissant pour
l'accès, un consentement préalable en connaissance de cause.
Les PHILIPPINES et la NAMIBIE plaidèrent pour la suppression des
crochets entourant le libellé portant sur la promotion d'un partage
juste et équitable des avantages. Le JAPON préféra la suppression
du libellé. La NORVEGE attira l'attention sur le conflit potentiel
avec le travail mené dans d'autre fora et montra un texte stipulant
"y compris des déboursements, là où il serait approprié."
L'UE proposa de le supprimer, les ETATS-UNIS et le JAPON
suggérèrent de le crocheter et le CANADA souhaita le maintenir. La
MALAYSIE fit état d'un double emploi avec les propositions du GIF
et remis en question le placement entre crochet de libellés
approuvés auparavant. Le CHILI et les ETATS-UNIS déclarèrent que
le contexte du GIF était sans doute différent et requirent des
crochets. Le MEXIQUE s'opposa à la référence à des articles
spécifiques de la CDB. Le délégué des ETATS-UNIS suggéra de
supprimer de toutes les références à la CDB, à l'exception de
l'Article 8(j). Le JAPON appela à une référence aux traités
ayant rapport avec les DPI. Le BRESIL y fit objection, affirmant que
l'élément partage des avantages était spécifique à la CDB. La
NORVEGE et les ETATS-UNIS approuvèrent, à condition de maintenir
la référence aux articles pertinents de la CDB. Le texte resta non
résolu.
LES GROUPES DE CONTACT
LE TRANSFERT DES TER: Dans le groupe de contact sur le
Transfert des TER, présidé par Ralph Roberts (Canada), les
délégués procédèrent à l'examen des propositions d'action
renfermant encore des libellés crochetés. Les délégués en
débattirent sans parvenir à un consensus sur quelque proposition
concernant l'établissement d'un mécanisme de transfert des TER.
Quelques pays industrialisés s'opposèrent à un libellé
encourageant les pays à entamer des actions visant à mettre en
place de nouveaux mécanismes pour l'amélioration du transfert des
TER, affirmant que cela risquait de limiter les canaux du transfert
de TER, et préférèrent une formulation exhortant les pays à
considérer de nouvelles initiatives, affirmant que cela permettait
d'ouvrir de larges possibilités pour le transfert des technologies.
Les pays en développement préférèrent la formulation d'origine.
Au sujet du renforcement de la coopération entre les
institutions, les délégués s'accordèrent sur un libellé
stipulant que les institutions reconnues en tant centre d'excellence,
doivent servir de centre d'échange d'information, conformément aux
termes du Chapitre 34 du Plan d'action 21, aux fins d'accélérer le
flux des technologies. Les délégués en débattirent sans parvenir
à un consensus sur quelque proposition d'action encourageant les
pays industrialisés à promouvoir et à faciliter le transfert des
TER vers les pays en développement pour améliorer leurs capacités
à mettre en application la GDF. Les délégués s'accordèrent
d'une manière générale sur la nécessité de prendre des mesures
concrètes et de protéger les DPI conformément aux législations
nationales et internationales en vigueur. Ils s'accordèrent aussi
sur l'insertion d'un libellé sur la mise au point de technologies
appropriées et du savoir- faire correspondant dans les pays en
développement. Certains pays industrialisés appuyèrent la
suppression des crochets entourant le libellé invitant à
l'exploration des voies et moyens de soutenir ce travail de mise au
point. Les pays en développement, dont certains devaient noter que
ces voies avaient déjà été explorées et établies, appelèrent
à un libellé plus fort et plus actif pour soutenir la mise au
point des technologies. Les délégués ne parvinrent par à un
consensus sur la manière, si besoin était, de faire référence
aux recommandations du Plan d'action 21, de la CDD et du GIF. Ces
points restèrent non résolus.
COMMERCE ET ENVIRONNEMENT: Le groupe de contact sur le commerce
et l'environnement, présidé par Don Wijewardana (Nouvelle Zélande),
se réunit dans l'après-midi et débattit de trois propositions
d'action, sans pouvoir réaliser un consensus. S'agissant de la
proposition appelant à des efforts pour la libéralisation du
commerce tout en étant attentif à la suppression des restrictions
commerciales qui contraignent l'accès au marché, nombre de
délégués firent part de leurs réserves concernant le manque
d'équilibre dans le texte, entre le commerce et la GDF. Un pays
s'opposa � une r�f�rence � des efforts visant la lib�ralisation
du commerce et pr�f�ra la voir remplac�e par une r�f�rence �
la fourniture d'un effort visant � lancer un nouveau round de l'OMC.
Un pays industrialis� proposa d'ins�rer un libell�
encourageant les pays � proc�der � des �valuations d'impact
environnemental des accords commerciaux. Plusieurs pays en
d�veloppement estim�rent que cela constituerait un acte de
protectionnisme ou imposerait des conditions au commerce. Nombre de
pays propos�rent diverses formulations tentant d'�quilibrer le
texte par des r�f�rences � la GDF, mais aucun consensus ne put
�tre r�alis�.
Au sujet des sch�mas volontaires de certification et
d'�tiquetage (C&L), les d�l�gu�s d�battirent de l'insertion
d'un libell� portant sur les obstacles injustifi�s entravant
l'acc�s au march�, et d'une r�f�rence � l'OMC. Une d�l�gation
proposa un libell� combinant les id�es d'un travail de
collaboration sur les C&L visant � r�aliser la comparabilit�
et prendre en consid�ration l'�quivalence, et de leur �laboration
et application d'une mani�re garantissant la promotion de la GDF et
�vitant les obstacles injustifi�s � l'acc�s au march�. D'autres
souhait�rent maintenir les id�es, s�par�es.
Au sujet des actions de coop�ration visant la r�duction du
trafic illicite, le d�bat tourna autour du point de savoir si, oui
ou non, il fallait ins�rer le terme ressources biologiques, dans la
r�f�rence aux produits non ligneux et si, oui ou non, il y avait
lieu d'inclure une d�finition du terme. Certains sugg�r�rent
d'utiliser la d�finition retenue par la CDB, d'autres estim�rent
que le FIF devait d�gager sa propre d�finition. Aucun accord ne
put �tre conclu.
LE FINANCEMENT: Le groupe de contact sur les ressources
financi�res, pr�sid� par Knut Oistad (Norv�ge), se r�unit dans
la soir�e et avan�a � travers tous les paragraphes crochet�s du
texte du Pr�sident parvenant � r�soudre un certain nombre de
points de divergence. Au sujet du besoin d'accro�tre les
financements � la fois int�rieur et international, public et
priv�, en faveur de la GDF, les pays en d�veloppement propos�rent
l'insertion d'une r�f�rence aux pays les moins avanc�es et aux
pays dot�s d'un faible couvert forestier.
Au sujet de la mobilisation des ressources internationales et
domestiques, un d�l�gu� sugg�ra de se r�f�rer � "l'accroissement
des revenus tir�s de la for�t tout en s'assurant de
l'investissement dans la GDF." Un groupe r�gional sugg�ra de
remplacer financement "nouveau et additionnel" par "innovant",
mais plusieurs intervenant y firent objection. Un pays
industrialis� proposa de remplacer investissement "ad�quat"
par "plus important," et "le besoin de r�aliser"
par "les avantages de r�aliser " et de supprimer "ressources
biologiques, telles que d�finies par la CDB" dans le libell�
appelant � l'accroissement des revenus tir�s des produits
forestiers. Un autre d�l�gu� proposa d'ajouter "largement"
aux besoins accrus en mati�re de financement public. Le paragraphe
faisant r�f�rence au comblement des �carts des financements
destin� � la r�alisation de la GDF fut accept� moyennant
quelques modifications mineures.
Dans le libell� qualifiant les ressources du secteur priv� de
composante cl�s de la strat�gie de financement de la GDF, les pays
en d�veloppement propos�rent l'insertion d'une phrase stipulant
que "l'investissement provenant du secteur priv� ne doit pas
�tre consid�r� comme un substitut au financement public
international, et notamment � l'APD" et que "le
financement du secteur public est destin�, entre autres, �
promouvoir l'am�lioration des fonctions environnementales, sociales
et �conomiques." La plupart des d�l�gu�s pouvaient accepter
cette formulation moyennant quelques changements mineurs. Des
crochets sont rest�s dans le texte.
Au sujet des flux financiers au profit du secteur forestier pour
le soutien de la mise en application des programmes forestiers
nationaux, un groupe r�gional proposa de sp�cifier "Tous"
les flux financiers, mais plusieurs intervenant s'y oppos�rent. Un
d�l�gu� sugg�ra de qualifier des ressources financi�res, m�me
dans la programmation des fonds disponibles au niveau de l'APD, par
"qui sont destin�es aux activit�s ayant rapport avec les
for�ts." Ces points sont rest�s non r�solus.
DANS LES COULOIRS
La s�lection du Pr�sident du groupe de contact sur la
Cat�gorie III semble donner du fil � retordre. En effet, trouver
quelqu'un qui, tout � la fois, r�ponde au crit�re de "neutralit�",
qui soit "battant" et "issu d'un pays en
d�veloppement" s'av�re ici, croit-on savoir, un peu difficile.
Les discussions sur le th�me commerce et environnement semblent
�tre exasp�rantes pour un certain nombre de d�l�gu�s, l'un
d'eux ayant demand� comment parvenir � quelque conclusion dans
cette r�union lorsque les officiels de l'OMC ne sont pas arriv�s
� conclure un accord � Seattle.