Seconde journée du FIF-4, les délégués se sont réunis en
Plénière pour examiner le thème des arrangements et mécanismes
internationaux pour la promotion de la gestion, conservation et
développement durable de tous les types de forêts (Catégorie
III).
LA PLENIERE
Le Coprésident Ilkka Ristimäki ouvrit le débat Plénier sur la
Catégorie III. Jag Maini, du Secrétariat du FIF, présenta un
aperçu sur le Rapport du Secrétaire Général sur la Catégorie
III (E/CN.17/ IFF/2000/4) et deux notes du Secrétariat: les
questions prioritaires en matière de politiques forestières
(E/CN.17/IFF/2000/2); et, les éléments et les fonctions des futurs
arrangements et mécanismes internationaux (E/CN.17/IFF/2000/3). Sur
les arrangements et mécanismes internationaux (AMI), Maini déclara
que le papier du Secrétaire Général était basé sur les
orientations fournies par le FIF-3, les commentaires additionnelles
présentés par les pays, les analyses du Secrétariat du FIF, et la
consultation menée entre les membres de l'ITFF. Le rapport
identifie 16 éléments prioritaires devant être traités par
l'arrangement et mécanisme international éventuels et quatre
fonctions principales que ces derniers doivent avoir: l'élaboration
des politiques, la coordination, la mise en œuvre des politiques et
la mise en place d'une autorité législative. Le rapport avance dix
options pour l'AMI, allant de la conduite de délibérations
intergouvernementales permanentes en matière de politiques
forestières, jusqu'à la négociation d'un nouvel IJC applicable à
tous les types de forêts. Maini indiqua que les options n'étaient
pas mutuellement exclusive et nota qu'au moins une fonction
principale y remplirait un rôle dominant. Il souligna que
l'arrangement futur éventuel doit être d'un statut élevé et
fournir un engagement politique soutenu.
Le NIGERIA, parlant au nom du G-77/CHINE, déclara que l'AMI doit
être englober toutes les questions touchant à la forêt. Le
délégué mit en relief l'application, encouragea la conclusion des
négociations portant sur la mise place du fonds mondial pour la
forêt et ajouta que l'AMI doit traiter de manière spécifique le
transfert des technologies et se focaliser sur les problèmes
majeurs qui minent la GDF, tels que ceux de l'inadéquation des
ressources financières et le manque d'accès au marché dont
souffrent les produits provenant des pays en développement. Il
appuya la tenue d'un dialogue permanent, orienté vers l'action et
la mise à disposition de ressources financières nouvelles et
supplémentaires.
Le PORTUGAL, au nom de l'UE, appuya l'idée d'un arrangement
permanent, institutionnalisé, orienté vers l'action et focalisé
sur l'application et le suivi. L'orateur indiqua que l'arrangement
éventuel doit, entre autres, fournir un forum intergouvernemental
pour le dialogue, établir un mécanisme de coordination amélioré,
et garantir la transparence et une large participation. Il ajouta
qu'en dépit du fait d'avoir soutenu la mise en place d'un IJC, l'UE
restait ouverte à d'autres formes pour le futur arrangement.
Tout en affirmant qu'un IJC est nécessaire pour le long terme,
le COSTA RICA reconnut le manque de soutien politique en faveur d'un
tel mécanisme et, appuyé par le PANAMA, plaida pour un arrangement
transitoire. Le représentant proposa l'établissement d'un
sous-secrétariat général sur les forêts pour, entre autre,
garantir la poursuite du dialogue, mettre en place les mécanismes
de coordination nécessaires, créer une commission
intergouvernementale spéciale pour l'identification du champ
d'activité de l'IJC éventuel et la mise sur pied du fonds mondial
pour les forêts.
Le CANADA fit part de son soutien en faveur de la négociation
d'une convention-cadre sur les forêts ou d'un IJC. Le délégué
déclara que les autres options présentaient des insuffisances, en
ne garantissant pas l'application, en contredisant la sagesse de
l'expérience ou en prévoyant pas de place pour la coopération. Il
fit remarquer qu'une convention sur les forêts permettrait de
s'assurer du partenariat soutenu, de l'engagement politique, du
développement des politiques, de l'application et de la conformité
aux obligations, et indiqua que les engagements y seraient
équilibrés avec le transfert des technologies et le financement de
la mise en application. L'orateur ajouta que le Canada soumettra un
projet de résolution à la CDD.
Le JAPON appuya la conclusion d'un arrangement incluant la mise
en application des politiques, l'élaboration de critères et
d'indicateurs pour la GDF et le suivi et l'évaluation des progrès.
La représentante encouragea les pays à mettre en place des
politiques nationales conformes aux normes internationales, pour
partager les rapports d'avancement nationaux et à promouvoir le
commerce des produits tirés des forêts gérées dans le respect de
la durabilité. La FEDERATION DE RUSSIE appuya la mise en place d'un
IJC et souligna la nécessité de mettre en place des arrangements
pour la résolution des problèmes. Il affirma que si on ne
parvenait pas à un accord au cours du FIF-4, cela risquait de
compromettre de manière permanente, le dialogue international sur
les forêts. La REPUBLIQUE DE COREE nota le manque de temps pour une
combinaison des points de vue divergents et déclara que, par
conséquent, le FIF doit formuler les fonctions et les modalités de
base du futur A.M.I, sans s'engager dans un A.M.I particulier, avant
la CDD-8.
L'AUSTRALIE proposa un arrangement permanent non contraignant
incluant: un programme de travail pluriannuel pour la mise en œuvre
de la mise en application de la GDF; un forum transparent pour l'évaluation
des progrès; le financement; et, des arrangements administratifs
similaires à ceux du GIF et d FIF; la coordination des travaux
liés à la forêt, menés par les organisations internationales; la
promotion des initiatives régionales; la poursuite du dialogue
politique; la facilitation du commerce et de l'accès aux marchés;
et la poursuite du travail sur la certification et l'étiquetage,
conformément aux obligations prises dans les cadres de l'OMC.
La représentante des ETATS-UNIS préféra l'établissement d'un
arrangement international non contraignant, relevant de la CDD et
capable, entre autres: de faciliter un dialogue axé sur l'obtention
de résultats; d'identifier les nouveaux domaines d'action
prioritaires et les thèmes émergent; d'améliorer l'entente
commune sur la GDF; de renforcer la coopération régionale et
internationale; de contribuer à la collaboration établie dans le
cadre des organisations et conventions en vigueur; d'assurer le
suivi et l'établissement des rapports d'avancement; tout en étant
fondé sur les connaissances scientifiques et techniques, ouvert,
transparent et participatif; et en mesure de faciliter la mise en
œuvre des engagements existants. L'oratrice s'opposa à tout
arrangement conçu en tant qu'autorité juridique ou ayant primauté
sur les accords ou conventions en vigueur.
La SUISSE appuya la mise en place d'un IJC mondial et suggéra
une convention-cadre assortie de protocoles régionaux ou
thématiques ou d'annexes. La représentante commenta qu'une telle
convention viendrait: établir une distinction entre les problèmes;
tenir compte des réalisations et des conditions régionales
particulières conditions; et assurer la continuation du dialogue
mondial sur les forêts.
L'IRAN souligna que tous les arrangements doivent prendre en
ligne de compte les pays les moins avancés (LFCC). La COLOMBIE
appela à un arrangement permanent relevant de la CDD prévoyant,
entre autres: de se réunir deux fois par an; d'englober
éventuellement des organes subsidiaires ou techniques; d'avoir une
autorité politique; d'agir en guise de coordinateur; et
d'identifier les sources de financement internationales. Le BENIN se
déclara favorable à une convention sur les forêts pour, entre
autres: élaborer les politiques forestières; coordonner les
activités politiques; accorder une attention particulière aux pays
en développement; identifier les critères de la GDF; faciliter la
coopération technique; reconnaître les préoccupations des LFCC;
et promouvoir les biens et services des forêts produits de manière
viable.
La CHINE déclara que les Principes Forestiers fournissaient une
plate-forme pour les futures négociations et appela les pays à
honorer les engagements qu'ils ont pris à la CNUED. La GEORGIE et
le KYRGYZSTAN appuyèrent l'idée d'avoir un IJC. Le BRESIL proposa
que l'Assemblée Générale de l'ONU (AG) établissent et
fournissent au mécanisme permanent éventuel, un mandat focalisé
sur l'élaboration des politiques, l'application et la coordination
et basé sur les propositions d'action du GIF. L'orateur ajouta que
le mécanisme doit pouvoir compter, entre autre, sur la contribution
des secrétariats des conventions et autres organisations ayant
trait à la forêt, et doit pouvoir fournir assistance et
orientations aux différents programmes. Il encouragea
l'établissement d'un mécanisme financier aussitôt que la CDD en
défini la structure.
PAPUA NEW GUINEA nota le rôle de l'autorité législative dans
l'influence de la mobilisation des ressources et plaida pour un
mandat fort sous les auspices de l'AG. Le délégué mit en relief
la nécessité de renforcer les A.M.I en vigueur et lança l'idée
de la mise en place de groupes de discussion ou d'un accord sur une
conférence. La POLOGNE fit part de son soutien en faveur d'une
convention-cadre incluant des protocoles régionaux ou une
convention régionale sur les forêts. Le TAJIKISTAN plaida pour la
négociation d'un IJC complémentaire aux activités existantes,
tenant compte des besoins des pays en transition économiques. La
BIELORUSSIE appuya un IJC permettant, entre, de s'assurer du suivi
de la GDF et de la coordination des activités économiques et des
programmes forestiers nationaux.
La NOUVELLE ZELANDE souligna la nécessité de renforcer les
acquits des initiatives nationales et régionales en vigueur, et
d'envoyer des recommandations fermes à la CDD-8 pour des mesures
durables et évitant la duplication du travail précédent. La
MALAYSIE souhaita avoir un IJC applicable à tous les types de
forêts de manière englobante, capable de faciliter le transfert
des technologies, de promouvoir l'investissement privé et
d'engendrer des ressources financières. L'INDONESIE souligna
l'urgence qui préside à la mise en application. Le CHILI restait
ouvert aux propositions alternatives, mais suggéra que le mandat du
futur A.M.I éventuel prévoie la future discussion d'un IJC.
CUBA déclara que la rareté des ressources économiques et
techniques dans les pays en développement leur interdit de choisir
ce un IJC. La NORVEGE appela, entre autre: à un accent particulier
sur la mise en application; au suivi des résultats; à une
coordination tant au plan international que national; à un degré
élevé d'engagement politique envers la GDF; et des recommandations
claires pour la CDD-8. Le MEXIQUE appuya le renforcement des
mécanismes existants et souhaita voir l'A.M.I éventuel: avoir des
objectifs précis; promouvoir les aspects nécessitant une attention
additionnelle; dégager les synergies; et identifier le plan
d'action et le mécanisme de coordination des aspects politiques.
L'INDE déclara que la discussion de l'A.M.I doit intervenir
après la réalisation d'un consensus sur les autres questions
contentieuses qui restent à résoudre. La repr�sentante mit en
garde contre la duplication des efforts avec les m�canismes
existants, s'opposa � l'id�e d'avoir un IJC, et appuya celle de la
mise en place d'un forum permanent et d'un fonds mondial pour les
for�ts pour la canalisation des ressources financi�re provenant
des diff�rents instruments. Elle souhaita voir l'A.M.I pr�voir le
traitement des ressources financi�res dans le cadre de son mandat.
La TURQUIE appuya l'id�e d'un forum permanent sur les for�ts pour
la formulation d'un IJC applicable � tous les types de for�ts.
L'UKRAINE d�clara de la FIF-4 pr�sentait une opportunit� unique
pour la r�alisation d'un nouveau consensus mondial sur un IJC.
Le LATIN AMERICAN FOREST NETWORK attribuait les probl�mes de
mise en application au manque; de volont� politique; de m�canismes
d'�tablissement des rapports; des ressources financi�res; et de la
participation de la soci�t� civile. L'intervenant appuya l'id�e
d'avoir un ITFF permanent et restructur� pour s'assurer de la
transparence et d'une participation accrue. Il proposa le
renforcement des initiatives r�gionales et un A.M.I capable de
soutenir les efforts ind�pendants priv�s et public efforts.
La FOREST ALLIANCE OF BRITISH COLUMBIA appuya l'id�e d'avoir un
IJC permettant de s'assurer du traitement des aspects �conomiques,
sociaux et environnementaux des for�ts. La repr�sentante de
FRIENDS OF THE EARTH INTERNATIONAL apporta son soutien �
l'am�lioration de l'utilisation des fora intergouvernementaux
disponibles, �tant donn� que le travail du FIF �tait parfois en
duplication avec celui d'autres institutions. Elle affirma que le
respect des engagements internationaux envers la protection des
for�ts constituait le d�fi le plus important et sugg�ra la mise
en place d'un comit� restreint avec une repr�sentation r�gionale
�quilibr�e, charg� de s'assurer du respect des obligations.
Le SECRETARIAT DU FORUM DU PACIFIC SUD pr�senta un rapport sur
les r�sultats de la R�union R�gionale sur la Cat�gorie III tenue
au Fidji, incluant la pr�f�rence d'une utilisation am�lior�e des
agences disponibles, la reconnaissance qu'aucun m�canisme parmi
tous ceux qui sont disponibles, ne peut � lui seul, couvrir
l'ensemble de l'agenda forestier. L'orateur mit l'accent sur
l'application des politiques et sur la coordination, comme �tant
les fonctions les plus pressantes. L'ALLIANCE INTERNATIONALE DES
PEUPLES INDIGENES DES FORETS TROPICALE souligna l'importance de
reconna�tre et de renforcer les droits des peuples indig�nes � la
terre, � l'expression, � une identit� et � une culture, �
travers la pr�servation et la protection des for�ts. L'intervenant
mit en garde qu'il n'y aura pas d'avenir pour les for�ts si leur
commercialisation et exploitation se poursuivaient.
Le GLOBAL FOREST POLICY PROJECT d�couragea l'�tablissement d'un
autre FIF et exhorta les d�l�gu�s � fournir des d�tails sur
leurs propositions pour l'A.M.I. Le RESEAU ENVIRONNEMENTAL CANADIEN
s'opposa � l'id�e d'avoir un IJC et encouragea l'action � travers
les instruments disponibles, y compris le suivi de la mise en �uvre
et la traduction des politiques dans les l�gislations nationales.
L'AUSTRALIE nota l'existence d'un consensus sur la n�cessit�
d'un arrangement permanent et requit du Secr�tariat l'�laboration
d'une annexe, � attacher au rapport, sur le d�bat Pl�nier de la
journ�e, et d'y dresser la liste des objectifs, des
responsabilit�s, des fonctions, du mode op�ratoire, des
arrangements devant encadrer l'�laboration des rapports et des
options offertes en mati�re de financement.
Dans sa conclusion, le Copr�sident Asadi identifia les points de
convergence, y compris le large soutien exprim� en faveur d'un
arrangement permanent de haut niveau, le souhait de proc�der � la
fusion des options, et le consensus sur la n�cessit� d'aboutir �
des r�sultats probants.
DANS LES COULOIRS
Alors que bon nombre de pays ont maintenu leur soutien en faveur
d'un IJC sur les for�ts, deux models d'institutions permanentes
juridiquement non contraignante propos�s par diverses d�l�gations
ont stimul� les d�bats. Le premier, consistant en un organe
relevant de l'Assembl�e G�n�rale de l'ONU, semble b�n�ficier de
l'appui des pays souhaitant avoir une institution de haut niveau,
mais d'autres pays craignent qu'une telle institution vienne exclure
les contributions susceptibles d'�tre apport�es par les principaux
groupes sociaux. Le second, consiste en une institution sous les
auspices de la CDD, qui serait plus transparente et plus
participative. L�, les r�serves portent sur les risques qu'une
telle organisation ne puisse en mesure de prendre des engagements
politiques d'envergure.