En cette première journée du FIF-4, les délégués se sont
réunis en session Plénière d'ouverture pour y aborder les
questions d'organisation et entendre les remarques d'ouverture des
principaux orateurs et autres délégations. Suite à la
Plénière, les Groupes de Travail se sont réunis pour discuter
du calendrier de leurs travaux.
LA PLENIERE D'OUVERTURE
Le Coprésident Bagher Asadi (Iran) ouvrit le FIF-4, souhaita
la bienvenue aux délégués et nota que les deux semaines de
travail intensif du FIF seront orientées vers la résolution des
questions en suspens. Asadi passa à l'ordre du jour provisoire
(E/CN.17/IFF/ 2000/1) et annonça l'élection des membres du
Bureau suivants: Coprésidents, Asadi (Iran) et Ilkka Ristimäki (Finlande),
Vice-présidents, Yevgeny Kuzmichev (Fédération de Russie), un
représentant de la Côte d’Ivoire, qui sera annoncé, et Andrea
Alban (Colombie), qui servira en qualité de Rapporteur. La
Plénière adopta l'ordre du jour et le calendrier des travaux.
David Harcharik, Président de la Cellule Inter-agences sur les
Forêts (ITFF), attira l'attention sur trois thèmes clés: les
objectifs, la mise en application et les partenariats. Il déclara
que le dialogue politique doit avoir des objectifs clairs, et
appuya le renforcement des acquis et des institutions existantes.
L'orateur encouragea la maximisation de l'utilisation des
ressources financières disponibles. Au sujet de la mise en
application, il souligna la nécessité d'actions concrètes pour
la mise en œuvre des recommandations, ajoutant que l'argent est
la meilleure mesure d'engagement. Il nota l'engagement partagé et
les partenariats entre les divers groupes d'intérêt à la fois
aux niveaux mondial et local.
Klaus Töpfer, Directeur Exécutif du PNUE, déclara que les
forêts ne devaient plus être considérées comme une simple
fabrique de produits ligneux, car elles sont importantes pour la
conservation et la protection de l'environnement. Il souligna
également l'importance des forêts et des terres boisées pour la
gestion de l'eau, la conservation de la biodiversité, et pour la
rupture du vicieux de la pauvreté associée à la déforestation
et à la sécheresse. L'orateur indiqua que le PNUE apportait son
soutien à l'ITFF et considérait ce processus comme un mécanisme
novateur, et souligna le rôle du PNUE dans un certain nombre de
processus intersessions. Il mit en relief le rôle clé que le
PNUE joue dans le rapprochement entre les agences
environnementales et le secteur forestier. Il rappela que les
gouvernements ont réalisé des progrès considérables dans les
négociations sur les Principes Forestiers. Concernant les options
présentées dans le papier du Secrétaire Général sur les
arrangements et les mécanismes internationaux visant à
promouvoir la gestion, conservation et développement durable de
tous les types de forêts, il nota que ces derniers ne
s'excluaient pas mutuellement. En conclusion, il déclara que les
problèmes créer hier ne sauraient être résolus avec la
manière de penser d'hier.
Louise Fréchette, Secrétaire Générale Adjointe de l'ONU,
nota que les gouvernements reconnaissaient de plus en plus les
conséquences du réchauffement de la planète mais refuse encore
de rattacher le développement à la durabilité environnementale.
L'oratrice indiqua également que le processus du FIF a créé une
dynamique scientifique et politique et a encouragé
l'amélioration des politiques nationales. Elle appela à un
traitement plus agressif des problèmes forestier et souhaita voir
l'arrangement futur éventuel s'assurer d'une large participation
et d'un processus ouvert, transparent et inclusif favorisant la
promotion des synergies entre les nombreuses institutions
impliquées dans les questions forestières. Elle souligna
l'importance que revêtent les délibérations du FIF pour les
autres domaines clés du développement durable et affirma que les
forêts constituaient un peu la quintessence des problèmes
mondiaux.
Emi Watanabe, Administratrice Adjointe du PNUD, déclara que le
FIF pouvait aider à inverser la vague contre l'approche des
"affaires comme d'habitude", en prenant des décisions
ayant un impact significatif et positif sur les environnements et
les moyens de subsistance des populations pauvres. L'oratrice
souligna par ailleurs l'importance accordée à la gestion durable
des forêts, laquelle a un lien direct avec l'allégement de la
pauvreté. Elle nota que le PNUD était, de manière primordiale,
impliqué au niveau des ressources financières, et appela à une
action concrète et déterminée de la part de la communauté
internationale.
Juan Mayr, Ministre Colombien de l'Environnement et Président
de la CDD-8, assura les délégués qu'une focalisation sur les
domaines de consensus pouvait mener à de bons résultats et leur
souhaita plein succès dans leurs travaux.
Le PORTUGAL, au nom de l'UE, souligna la nécessité d'envoyer
un message clair à la CDD-8 et nota le large soutien apporté à
l'institutionalisation du dialogue politique international sur les
questions forestières. L'orateur mit en relief l'importance de la
mise en œuvre des propositions d'action du GIF et des efforts en
cours fournis par l'EU. Concernant le financement, il indiqua que
la gestion durable de forêt (GDF) doit être autosuffisante à
long terme et encouragea les partenariats entre les secteurs
public et privé. Il nota que bien qu'elle soit en faveur de la
négociation d'un instrument juridique contraignant (IJC), l'UE
reste ouverte à d'autres propositions.
CUBA nota les progrès réalisés jusqu'ici sur les aspects
techniques des forêts, mais fit part de sa préoccupation
concernant l'absence de consensus sur les éléments politiques.
Le délégué mit en relief, entre autres, la nécessité d'un
équilibre entre la GDF et les exigences du développement
économique, les exigences particulières des différents
écosystèmes, les besoins particuliers des pays les moins
avancés et de liens entre les forêts et les communautés rurales
et leur essor. Le CANADA déclara que le commerce international,
le financement, le transfert des technologies écologiquement
rationnelles (TER) et les connaissances traditionnelles resteront
les thèmes clés de tout processus futur. Le délégué exprima
son soutien à la mise en place d'un comité intergouvernemental
pour la négociation d'une convention sur les forêts, et indiqua
que le processus de l'Initiative Costa Rica - Canada a permis
d'identifier les éléments et les fonctions clés pour la GDF. Il
ajouta que l'instrument forestier doit veiller à établir un
équilibre entre les préoccupations environnementales,
économiques et sociales, et entre celles culturelles et
spirituelles.
L'IRAN déclara que depuis la CNUED, les préoccupations des
pays dotés d'un faible couvert forestier (LFCCs) ont été
traitées de manière non adéquate et nota que les forêts, les
terres boisées et les arbres sont importants du point de vue
culturel, économique, social et environnemental, ainsi que pour
leur valeur de subsistance. Il appela à l'édification de
partenariats internationaux pour aider les LFCC à réhabiliter et
à mettre en valeur les forêts et les terres boisés dégradées.
La ZAMBIE, au nom de la Conférence Ministérielle Africaine
sur l'Environnement, nota que les pays africains étaient
défavorables à un IJC dépourvu d'un mécanisme de financement
viable et préféraient améliorer la coordination des
arrangements existants et la mise en place d'un nouveau forum
intergouvernemental permanent pour les délibérations politiques
sur les forêts. Au sujet de la question commerce et environnement,
l'orateur appela à la libéralisation du commerce, en particulier
des produits forestiers à valeur ajoutée.
Le BRESIL nota que les Principes Forestiers constituaient
l'instrument le plus complet sur les forêts et suggéra que le
maintien d'un spot lumineux braqué sur les forêts était le
principal accomplissement du processus du FIF. Le délégué
souligna l'absence de consensus sur un IJC et appela à des
discussions pragmatiques permettant d'éviter de passer par les
libellés crochetés de la CDD.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
Le Coprésident Asadi introduisit le rapport du FIF-3 (E/CN.17/
IFF/1999/25), un document de travail mis à la disposition de la
réunion, et suggéra de ne pas rouvrir les questions finalisées
au FIF-2 et au FIF-3. Il proposa d'accorder une attention aux
causes sous-jacentes de la déforestation, aux connaissances
traditionnelles liées à la forêt (TFRK), à la conservation des
forêts et des zones protégées, et à la recherche en matière
de forêt. L'orateur proposa, et des délégués l'appuyèrent,
l'établissement d'un groupe de contact sur les questions
financières et un thème transversal après les délibérations
autour des ressources financières dans le Groupe de Travail 2.
L'UE se félicita du consensus déjà réalisé et des efforts
consentis par les pays pour l'amélioration de leurs programmes
forestiers nationaux, ainsi que pour l'harmonisation des formats
et des définitions. Il souligna le rôle important des
communautés indigènes et locales dans la question des TFRK et
suggéra, ici aussi, de mettre en place, d'un groupe de contact.
S'agissant de la recherche en matière de forêt, l'orateur appela
à la mise en place de programmes et de stratégies politiques
dans les programmes nationaux.
La représentante des ETATS-UNIS appela à une grande attention
aux libellés crochetés portant sur les thèmes transversaux et
suggéra de procéder à l'identification des questions
nécessitant un examen particulier avant d'envisager
éventuellement la mise en place de groupes de contact. L'oratrice
demanda le réexamen du libellé consacré aux zones protégées
et à la recherche forestière, car il ne reflète pas tout à
fait la position exprimée par un certain nombre de délégations.
La COLOMBIE déclara qu'il était plus approprié de traiter
des thèmes de TFRK et des droits de propriété intellectuelle
dans d'autre fora. La NORVEGE mit en relief l'importance des
délibérations du FIF qui restent à mener, instruites des
développements intervenus au niveau du thème des TFRK.
L'INDONESIE et le JAPON appuyèrent la mise en place d'un groupe
de contact sur les TFRK. L'AUSTRALIE appuya la tenu d'une
discussion consolidée sur les questions financières et se
référa au travail réalisé précédemment par le GIF sur la
nomenclature pour l'évitement des difficultés dans la
terminologie. Le BRESIL, appuyé par le CANADA, requit
l'établissement du plus petit nombre possible de groupe de
contact. Le Coprésident Asadi déclara que le Groupe de Travail
abordera d'abord les éléments les moins polémiques.
Le représentant du MOUVEMENT MONDIAL DES FORETS PLUVIEUSES
déclara que la question des activités minières constituait une
grave omission dans les discussions des causes sous-jacentes de la
déforestation et de la dégradation forestière. Il encouragea
les gouvernements accueillant sur leurs territoires des
transnationales minières à prendre des mesures urgentes pour la
r�gulation de leurs activit�s.
LE GROUPE DE TRAVAIL 2
Le Copr�sident Ristim�ki donna un aper�u sur le travail
devant le Groupe le Travail 2 et sur les �l�ments de programme
suivants: les besoins en mati�re de ressources financi�res; le
commerce et l'environnement; le transfert des TER pour la GDF;
l'estimation des biens et services forestiers; les instruments
�conomiques, les politiques fiscales et les r�gimes fonciers;
l'offre et la demande futures en mati�re de produits forestiers
ligneux et non ligneux; et la r�habilitation du couvert forestier
dans les zones �cologiquement fragiles. L'orateur nota la
formulation au propre des libell�s portant sur les instruments
�conomiques et l'offre et la demande future, et fit remarquer que
les libell�s portant sur l'estimation des biens et service et sur
la r�habilitation du couvert n�cessitaient tr�s peu de travail
de finition. Ristim�ki mit l'accent sur l'objectif consistant �
supprimer les crochets figurant dans les libell�s sur les
ressources financi�res, le commerce et l'environnement, et sur le
transfert des TER. Il attira l'attention sur le rapport du r�cent
atelier consacr� au th�me du financement de la GDF, tenu �
Croydon, � Londres. Il indiqua que les groupes de contact
�tablis sur ces th�mes lors du FIF-3, reprendront leurs
d�lib�rations, comme suit: le commerce et l'environnement, sous
la pr�sidence de Don Wijewardana (Nouvelle Z�lande); le
transfert des TER, sous la conduite de Ralph Roberts (Canada); et
les besoins en mati�re de ressources financi�res, sous la
pr�sidence de Knut Oistad (Norv�ge). L'orateur souhaita voir ces
groupes de contact parachever leurs travaux d'ici la fin de la
semaine.
La repr�sentante des ETATS-UNIS souleva des questions
concernant la proc�dure � suivre dans la discussion des
libell�s crochet�s. Elle fit part de ses r�serves concernant le
risque de voir les discussions men�es dans les groupes de contact
se conclure avant la convocation du groupe de contact sur la
Cat�gorie III, car il existe de nombreux liens entre les th�mes.
L'oratrice sugg�ra que le groupe de contact sur la Cat�gorie III
entame ses travaux le plus t�t possible.
L'UE mit en garde contre le double emploi quant � la
discussion sur le transfert des TER, faisant �tat des efforts
consid�rables fournis dans des fora tels que la Convention sur la
Diversit� Biologique (CDB), l'Organisation Mondiale de la
Propri�t� Intellectuelle (WIPO), et l'Accord sur les Aspects des
Droits de Propri�t� Intellectuels, ayant rapport avec le
Commerce (TRIPs).
Au sujet des libell�s crochet�s restant, portant sur
l'estimation et la r�habilitation, ainsi au sujet de la
proposition d'�ter un sous-article du chapitre consacr� �
l'�valuation, suivi et r�habilitation, pour le placer dans celui
consacr� au transfert des TER, la GUYANE souhaita voir le Groupe
reporter sa d�cision en attendant que le G-77/CHINE parviennent
� examiner ces sujets.
DANS LES COULOIRS
Le(s) nouveau(x) m�canisme(s) susceptible(s) de faire avancer
le travail du FIF, a (ont) constitu�(s) le principal sujet de
conversation dans les couloirs. Bon nombre de d�l�gations sont
arriv� � cette r�union final du FIF, bien d�termin�s �
r�aliser le consensus avant la CDD, mais sans id�e claire quant
� la forme que pourrait prendre ce consensus. Il semble que
beaucoup nourrissent l'espoir de voir quelqu'un avancer quelque
chose de pratique. Plusieurs d�l�gu�s ont appel� � plus de
volont� politique mais, comme l'a sugg�r� l'un d'entre eux, le
fait qu'il y ait tant de r�f�rences � la volont� politique est
un signe de son absence. Il semble que le d�bats sur la question
du financement sera le principal point d'achoppement, certains
d�l�gu�s d�plorant le fait que les processus du GIF et du FIF
ne soit pas parvenus � ce jour de d�gager de nouvelles sources
de financement et se demandant s'il y aura jamais un financement.