Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 13 No. 53 mercredi 12 mai 1999
LES FAITS MARQUANTS DU FIF-3
MARDI 11 MAI 1999
Septième journée du FIF-3, les délégués se sont réunis en
Plénière pour examiner le Rapport des Coprésidents sur les
arrangements et les mécanismes internationaux. Les GT1 et GT2
ont consacré leurs séances du matin et de l'après-midi à la
discussion des Rapports des Coprésidents. Le GT1 devait traiter
des libellés portant sur les causes déterminantes de la
déforestation et sur les connaissances traditionnelles liées à
la forêt. De son côté, le GT2 devait délibérer des textes
portant sur la réhabilitation du couvert forestier dans les
zones dont l'écologie est fragile, sur l'évaluation commerciale
des biens et services forestiers, sur les ressources financières
et les instruments économiques, et sur les politiques fiscales
et les dispositions des régimes fonciers. Les groupes de contact
sur les thèmes de commerce et environnement et de transfert des
TER et un groupe de contact chargé de la négociation du texte
concernant les éléments de programme du GT2 ont également tenu
des réunions de travail.
LA PLENIERE
Le Coprésident Ristamäki ouvrit les travaux de la Plénière et
introduisit le Vice-Président de la Banque Mondiale, Ian
Johnson. Prenant la parole, Johnson devait mettre en relief
l'engagement de la Banque pour l'amélioration des politiques de
GDF à travers la mise en place d'une approche stratégique
intégrée et le renforcement des partenariats avec des parties
prenantes telles que le FIF et l'ITFF. Le Directeur Adjoint de
la FAO, David Harcharik, mit en exergue pour sa part
l'engagement de l'ITFF en faveur de la mise en application des
propositions d'action du GIF et du FIF et de la gestion durable
des forêts de la planète. La FEDERATION DE RUSSIE réitéra son
appui à l'élaboration d'un instrument juridique contraignant
(IJC). La COLOMBIE déclara que l'idée d'un IJC est prématurée.
Le VENEZUELA, appuyant la mise en place d'un IJC, indiqua que ce
dernier doit être prédiqué par le transfert technologique et
s'exprima en faveur d'arrangements régionaux. L'UE nota
l'émergence d'un consensus sur les politiques forestières et
apporta son soutien à la poursuite du dialogue après le FIF. Le
délégué des ETATS-UNIS parla de la nécessité d'un cadre pour la
discussion des problèmes. Le CANADA déclara qu'une
catégorisation des éléments serait peu productive. Le BRESIL fit
part de ses réserves concernant le fait que le rapport soit
orienté vers la mise en place d'un instrument international.
L'organisation SOBREVIVENCIA suggéra que tout mécanisme futur
doit être innovant, assorti d'un suivi efficace, axé sur le
traitement des causes profondes de la déforestation et en mesure
de créer une synergie avec les institutions existantes.
S'agissant des préoccupations telles que celles touchant à la
déforestation et à la dégradation des forêts, l'UE suggéra
l'insertion d'une formulation notant le potentiel des forêts à
répondre aux exigences économiques, sociales et
environnementales. Le CANADA proposa d'ajouter les exigences
culturelles. Concernant la satisfaction des exigences, le BRESIL
souhaita l'adjonction du transfert des technologies, des
ressources financières et de l'accès au marché. Concernant le
consensus réalisé sur les questions liées à la forêt, à travers
les instruments existants, l'UE préféra se référer plutôt aux
progrès réalisés
Le délégué des ETATS-UNIS proposa la
suppression du terme consensus général dans la référence à la
nécessité d'un programme d'action international à la fois
global, intégré et exhaustif, dans le domaine forestier et,
avec la NOUVELLE ZELANDE, l'UE, le BRESIL et d'autres, s'opposa
à programme d'action international. Au sujet du programme
d'action international, la NOUVELLE ZELANDE appela à remplacer
la prise en compte du consensus réalisé par la nécessité de
se baser sur le consensus et, avec les ETATS-UNIS, remplaça le
terme agenda par le terme dialogue.
Au sujet des éléments constituant l'ordre du jour
international sur les forêts, L'AUSTRALIE, appuyée par
l'INDONESIE, préféra le terme sujets au terme éléments et,
appuyée par le BRESIL, suggéra un classement catégoriel des
sujets. Le délégué des ETATS-UNIS proposa la prévision d'un
cadre assorti de listes ouvertes de thèmes. Le JAPON, soutenu
par l'ONUDI, déclara que la liste doit être focalisée, orientée
vers l'action et limitée. Le BRESIL suggéra de remplacer le
terme biodiversité par ressources biologiques forestières. La
NORVEGE proposa de classer les thèmes en fonction de leur aspect
technique ou politique. L'IRAN, appuyé par le G-77/CHINE, mit en
exergue les besoins des pays à faible couvert forestier.
Concernant la réhabilitation et la mise en valeur des terres
dégradées, le NIGERIA suggéra la promotion des forêts plantées
et le CANADA proposa la régénération naturelle. La MALAISIE
souligna la sécurité des forêts comme thème séparé.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
Le GT1 examina les conclusions et propositions retenues dans
le Rapport des Coprésidents sur les causes profondes du
déboisement. S'agissant des principaux obstacles susceptibles
d'être rencontrés au cours du traitement des causes, le G-
77/CHINE appela à une référence à la pauvreté comme étant à la
fois l'une des causes et des conséquences de la déforestation.
L'orateur plaida pour la suppression des références à la
corruption et au commerce illicite de la liste des causes, ce à
quoi les ETATS-UNIS firent objection, et suggéra l'insertion
d'un libellé additionnel soulignant le manque de compétences
humaines, l'instauration d'un climat international favorable et
l'appui des efforts de prévention de la conversion des terres
forestières, en particulier les terres de faible couvert
forestier. L'UE suggéra l'insertion d'une référence aux
peuples indigènes plutôt qu'à la population mais les ETATS-
UNIS s'y opposèrent. Le délégué des ETATS-UNIS proposa de
remplacer la référence aux droits territoriaux par une référence
aux droits coutumiers et traditionnels.
Dans la conclusion concernant, entre autres, le rôle du
secteur privé et celui d'autres acteurs dans les politiques
forestières, le G-77/CHINE proposa de se référer d'abord au rôle
des gouvernements dans la mise en place des politiques
nationales. Les ETATS-UNIS et le CANADA préférèrent souligner la
proéminence originale du secteur privé et supprimer le libellé
notant la nécessité de mettre en route des processus permettant
d'aboutir à des engagements spécifiques. Le CANADA requit la
suppression de la référence à la responsabilité des instruments
existants. La NOUVELLE ZELANDE, avec le CHILI, proposa de faire
référence au rôle du secteur privé dans l'établissement des
forêts plantées. Concernant l'application des propositions du
GIF, le G-77/CHINE requit l'adjonction d'une référence aux pays
donateurs et aux organisations internationales donatrices. Au
sujet de l'évaluation commerciale des biens et services
forestiers, le BRESIL inclut une référence aux ressources
biologiques. Le G-77/CHINE appuya l'insertion d'une référence
aux subventions perverses.
L'AUSTRALIE appela à l'inclusion d'une référence aux
propositions pertinentes du GIF et suggéra la suppression des
nouvelles propositions qui y font double emploi. Concernant
l'identification des causes profondes de la déforestation, CUBA
proposa une référence à la pauvreté. La NOUVELLE ZELANDE proposa
une référence aux recommandations de la réunion d'experts
international sur le rôle des forêts plantées, mais les ETATS-
UNIS, l'AUSTRALIE et le G-77/CHINE y firent objection. Le G-
77/CHINE proposa un libellé appuyant la mise en place, dans le
domaine des régimes fonciers, d'une législation tenant compte de
la souveraineté des droits.
Le G-77/CHINE suggéra l'insertion d'une proposition appelant
à la conduite d'une étude exhaustive sur les problèmes touchant
aux régimes fonciers. Le CHILI, appuyé par la CHINE, suggéra
l'adjonction d'une proposition encourageant la plantation de
nouvelles forêts. Le G-77/CHINE proposa de mettre la coopération
financière internationale au service des programmes de
renforcement des capacités des communautés locales, des
facilités de crédits et de la facilitation de l'accès des
produits forestiers aux marchés extérieurs.
Dans les conclusions de l'examen du thème des connaissances
traditionnelles liées à la forêt, touchant à l'implication des
peuples indigènes, le délégué des ETATS-UNIS remplaça le terme
"droits" par "droits coutumiers et traditionnels" et supprima le
libellé appelant à l'affirmation de leurs droits sur les
ressources naturelles de leurs zones traditionnelles. Au sujet
des modalités de protection des connaissances traditionnelles
liées à la forêt, le CANADA proposa la suppression de la
référence à la diversité biologique forestière. Concernant les
processus pertinents aux applications tirées des connaissances
traditionnelles, la MALAISIE proposa d'ajouter le terme
"potentiels" après droits de propriété intellectuelle (DPI). Le
JAPON suggéra de placer entre crochets les références aux DPI,
notant l'éventualité d'autres discussions. Le CANADA mit en
exergue la participation des peuples indigènes et des
communautés locales dans la préservation et la gestion de tous
les types de forêts. Le G-77/CHINE s'opposa à une proposition du
CANADA de supprimer les références aux ressources biologiques
forestières.
Concernant les propositions d'action, l'AUSTRALIE suggéra
l'adjonction d'une nouvelle clause en guise de chapeau,
rappelant les propositions pertinentes du GIF et le besoin
d'éviter les duplications. Au sujet de la protection des
systèmes des connaissances traditionnelles, les ETATS-UNIS
suggéra de supprimer la référence au consentement éclairé
préalable à l'accès à ce genre de connaissances mais le BRESIL
et le G-77/CHINE s'y opposèrent. Concernant la gestion des
forêts, le BRESIL ajouta "y compris les ressources biologiques."
Le G-77/CHINE appela au remplacement de terme "reconnaissance"
des droits. L'UE souhaita l'insertion d'une référence au
programme de travail de la CDB dans le domaine des forêts, mais
la MALAISIE et le CANADA s'y opposèrent. Le JAPON plaça entre
crochets "la reconnaissance juridique" des connaissances
traditionnelles liées à la forêt.
Concernant la nécessité de s'assurer du partage juste et
équitable des avantages, le G-77/CHINE proposa d'ajouter "et des
paiements, là où il serait approprié. Le BRESIL requit une
référence aux dispositions additionnelles de la CDB.
L'AUSTRALIE, le CANADA et l'UE proposèrent la suppression de la
proposition, mais le BRESIL et le NIGERIA s'y opposèrent.
Les ETATS-UNIS, le CANADA et l'UE suggérèrent la suppression
de la proposition encourageant l'harmonisation avec les "TRIPs",
mais le BRESIL, le G-77/CHINE et d'autres y firent objection. Le
délégué des ETATS-UNIS proposa l'adjonction d'une référence à la
collecte des connaissances traditionnelles liées à la forêt avec
la permission de ses détenteurs, mais le G-77/CHINE s'y opposa.
LE GROUPE DE TRAVAIL 2
Le Coprésident Ristamäki établit un groupe de contact sous la
présidence de Knlit Oistad (Norvège), pour la négociation d'un
libellé basé sur les amendements introduits sur les Rapports des
Coprésidents. Au sujet de l'évaluation, suivi et réhabilitation
des zones écologiquement fragiles, l'UE requit une
reconnaissance de l'importance des décisions prises dans le
cadre de la Convention sur la Lutte contre la Désertification.
La NOUVELLE ZELANDE appela à une référence aux forêts plantées.
Au sujet de la conclusion concernant les écosystèmes montagneux,
le délégué des ETATS-UNIS appela à un libellé englobant d'autres
écosystèmes fragiles. Au niveau des options offertes en matière
de réhabilitation, le CANADA proposa l'agro-foresterie, le
système sylvo-pastoral et les systèmes forestiers analogues. La
TURQUIE appela à la considération de l'utilisation des espèces
autochtones. Le CANADA ajouta les forêts naturelles.
Au sujet de l'évaluation commerciale, le CANADA suggéra que
les évaluations reflètent le contexte culturel. La NOUVELLE
ZELANDE appuya l'adoption d'une approche permettant
l'identification des coûts et des avantages de la GDF. Le CANADA
suggéra que la collecte des données quantitatives soit élargie
aux substituts des produits non ligneux. Le G-77/CHINE appuya
l'insertion d'une nouvelle proposition requérant des
organisations internationales d'apporter aux pays en
développement une assistance dans le domaine du renforcement des
capacités.
S'agissant des instruments économiques, le délégué des ETATS-
UNIS proposa l'insertion d'un libellé sur l'importance de la
clarté et de la stabilité des droits de propriété dans
l'utilisation efficace des instruments économiques. Concernant
le réinvestissement du revenu, le CANADA déclara qu'une partie
de revenu doit être investie dans d'autres secteurs et appela à
la suppression du paragraphe. Le délégué des ETATS-UNIS proposa
des conclusions additionnelles mettant en relief les effets des
politiques macroéconomiques et soulignant que la faiblesse ou
l'incompatibilité des politiques suivies dans d'autres secteurs
peut porter préjudice à l'utilisation des outils politiques
forestiers.
Au sujet des propositions d'action, l'UE appela à remplacer
les références aux taxes par des références aux politiques et
instruments fiscaux. Dans la proposition appelant à la revue des
systèmes de collecte des revenus forestiers, l'UE souhaita
l'insertion d'une r�f�rence � la FAO. Concernant l'appel lanc�
aux institutions de pr�ts pour l'adoption d'objectifs clairs et
de conditions transparentes dans les programmes macro�conomiques
d'ajustement structurel, le d�l�gu� des ETATS-UNIS d�clara que
les objectifs et les conditions doivent �tre en harmonie avec la
GDF. Concernant les effets att�nuants des politiques �conomiques
nationales, le CANADA ajouta les effets n�gatifs potentiels. Le
G-77/CHINE d�clara que les politiques doivent refl�ter les
priorit�s nationales et les besoins en mati�re de d�veloppement.
S'agissant des ressources financi�res, le d�l�gu� des ETATS-
UNIS requit la suppression de la r�f�rence � la n�cessit� de
"financements nouveaux et suppl�mentaires" pour la GDF dans les
pays en d�veloppement. Aux revenus tir�s des produits et
services forestiers, le G-77/CHINE ajouta une r�f�rence aux
ressources biologiques. Concernant les sources de financement
publiques et priv�es, le G-77/CHINE ajouta un libell� sur la
n�cessit� de mesures incitatrices pour encourager
l'investissement. Concernant l'utilisation efficace des
ressources financi�res, le G-77/CHINE rempla�a les r�f�rences au
service civil, � la stabilit� du climat de s�curit� et �
l'intol�rance � l'�gard de la corruption par une r�f�rence aux
capacit�s en mati�re de gestion. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
sugg�ra d'ajouter un paragraphe faisant r�f�rence � la limite
des capacit�s d'absorption de l'aide dans les pays en
d�veloppement.
Concernant les propositions d'action, l'AUSTRALIE ajouta un
libell� retra�ant les propositions pertinentes du GIF.
L'AUSTRALIE, appuy�e par l'UE et les ETATS-UNIS, plaida pour la
suppression de la proposition appelant � une augmentation de
l'aide financi�re destin�e � la GDF dans les pays en
d�veloppement. Concernant l'appel � l'exploration de m�canismes
de financement innovants, le G-77/CHINE ajouta une r�f�rence aux
ressources biologiques. L'AUSTRALIE requit la suppression de la
proposition. Le G-77/CHINE proposa d'envisager la cr�ation d'un
fonds international pour les for�ts, devant servir de m�canisme
de financement aux fins de promouvoir la GDF. Le CANADA proposa
la consid�ration d'un tel fonds dans le cadre de nouveaux
arrangements internationaux. L'UE requit la suppression de la
proposition.
S'agissant du FEM, le G-77/CHINE d�clara que le FEM ne
cadrait pas avec le champ d'application. L'UE ajouta une
proposition appelant � l'utilisation des PFN pour
l'identification des strat�gies appropri�es et des besoins en
mati�re de financement pour la GDF. Le G-77/CHINE proposa la
conduite d'une �tude int�grant des th�mes tels que ceux de
l'�valuation �conomique et du commerce international des
produits forestiers et tenant compte des restrictions comme
celle pouvant �tre provoqu�e par l'escalade des tarifs.
LES GROUPES DE CONTACT
COMMERCE ET ENVIRONNEMENT: Le groupe de contact sur le
commerce et l'environnement parvint � r�aliser un consensus sur
un certain nombre de propositions d'action, y compris celles
concernant le trafic illicite, la promotion du commerce des
produits et services des for�ts g�r�es de mani�re viable, et
l'am�lioration de la transparence des march�s. Les d�l�gu�s
diverg�rent sur la r�f�rence � la mise en uvre de politiques
nationales visant la r�duction du commerce illicite. Le texte de
compromis appelle les pays � envisager la prise de mesures
nationales appropri�es.
TRANSFERT DES TER: Les d�l�gu�s se mirent d'accord sur un
libell� appelant au renforcement de la coop�ration entre les
pays industrialis�s et les pays en d�veloppement dans le domaine
de l'�laboration et du transfert des technologies favorisant une
utilisation durable des ressources biologiques foresti�res. Des
crochets sont rest�s autour du libell� concernant les termes du
transfert.
DANS LES COULOIRS
Certains d�l�gu�s sont un peu paniqu�s compte tenu du peu de
temps restant � leur disposition pour l'ach�vement des
n�gociations, surtout que jeudi sera jour f�ri�. La diplomatie
de quelques- uns d'entre eux commencent � s'atti�dir quelque
peu.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira � 10h pour poursuivre le
d�bat autour des arrangements et des m�canismes internationaux.
GT1: Le GT1 se r�unira en Salle XIX � 11h pour discuter de
zones prot�g�es, de la recherche foresti�re et de la promotion
et de la facilitation de la mise en application.
GT2: Le GT2 se r�unira en Salle XX � 11h pour discuter de
l'avenir de l'offre et de la demande. Les deux GT sont
susceptibles de poursuivre leurs travaux jusqu'� une heure
avanc�e de la nuit.
GROUPES DE CONTACT: Le groupe de contact sur le commerce et
l'environnement se r�unira en Salle XIV � 13h30. Un groupe de
contact charg� de la consolidation des propositions �mises par
le GT2 sera �galement convoqu�.
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