Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 13 No. 51 lundi 10 mai 1999
LES FAITS MARQUANTS DU FIF-3
VENDREDI 7 MAI 1999
Cinquième journée du FIF-3, les délégués se sont réunis en
séance Plénière, l'après-midi, pour poursuivre leur débat de
fond sur les arrangements et les mécanismes internationaux pour
la promotion de la gestion, de la conservation et du
développement durable de tous les types de forêts. Le matin, le
GT1 s'était réuni pour la revue des Rapports des Coprésidents
sur la recherche en matière de forêt, les causes déterminantes
de la déforestation, les savoirs traditionnels liés à la forêt,
et la conservation forestière et les zones protégées. Les
groupes de contact sur le commerce et l'environnement et sur les
TER ont poursuivi leurs délibérations. Pour sa part, le GT2
devait se réunir brièvement pour entendre les rapports sur les
travaux des groupes de contact et procéder à l'examen de son
programme de travail. Le week-end, plusieurs délégués devaient
participer à une excursion qui leur à permis de visiter une
parcelle expérimentale en matière de recherche sur les
écosystèmes forestiers et les forêts urbaines.
LA PLENIERE
Présentant le rapport d'avancement des travaux du GT2, le
Coprésident Ristamäki indiqua que le groupe a achevé les débats
de fond sur les thèmes de l'estimation, des instruments
économiques, de l'avenir de l'offre et de la demande, des
ressources financières et de la réhabilitation. L'orateur
rapporta également que les groupes de contact sur le commerce et
l'environnement et sur les TER étaient en train de poursuivre
leurs négociations pour la production de textes propres. Le
Coprésident Asadi rapporta de son côté que le GT1 a tenu un
débat de fond sur les causes déterminantes de la déforestation,
les savoirs traditionnels liés à la forêt, la conservation
forestière et les zones protégées, la recherche en matière de
forêt, le suivi, la mise en application et l'avancement des
travaux, et le travail touchant à la forêt accompli par les
organisations internationales et régionales dans le cadre des
instruments disponibles. Examinant la question du format que
devrait prendre le rapport concernant les propositions du FIF,
plusieurs délégués exprimèrent la nécessité d'éviter toute
duplication des propositions d'action du GIF. Plusieurs pays,
dont l'AUSTRALIE, le CANADA, l'INDONESIE, la NOUVELLE ZELANDE,
la CHINE et le BRESIL, appuyèrent l'insertion, dans le rapport,
d'une déclaration réaffirmant l'engagement en faveur de
l'application des propositions d'action du GIF.
Les délégués devaient ensuite reprendre le débat de fond sur
les arrangements et les mécanismes internationaux et procéder à
la revue du Rapport des Coprésidents pour y intégrer la
discussion de la journée précédente. Le représentant du GLOBAL
FOREST POLICY PROJECT fit part de ses préoccupations concernant
l'absence de référence aux accords forestiers existants, dans le
rapport. Le délégué du DEUTSCHE NATURASCHUTZ RING exprima ses
réserves concernant la non-participation des principaux groupes
sociaux.
L'UE apporta son soutien à l'analyse du Secrétariat
concernant les options possibles proposées pour la question des
arrangements et mécanismes. Le JAPON souhaita l'insertion de
références aux C&I et aux produits de bois recyclé. Les ETATS-
UNIS et le BRESIL firent observer que leur proposition d'insérer
une référence à la biodiversité n'a pas été incorporée. Le
délégué des ETATS-UNIS requit des références à la participation
des principaux groupes sociaux et aux services environnementaux
fournis par les forêts.
La CHINE, appuyée par l'INDONESIE, protesta contre la non-
inclusion de sa proposition d'ajouter une référence aux
principes forestiers, et souligna l'importance du principe des
responsabilités communes mais différenciées. La FEDERATION DE
RUSSIE appela à une référence au travail accompli et aux progrès
réalisés au cours de la première réunion de l'ICRC. La
représentante ajouta par ailleurs que la référence à l'analyse
doit mentionner la méthodologie et les nouvelles approches
proposées. Le BRESIL, appuyé par l'INDONESIE déclara que
l'analyse proposée par le Secrétariat ne doit pas déterminer les
avantages et les inconvénients des diverses options offertes au
niveau des arrangements et des mécanismes. Répondant aux
préoccupations exprimées quant à l'exclusion des références à la
biodiversité, Jag Maini rappela aux délégués que la protection
de la biodiversité est mentionnée dans chacun des processus des
C&I. Au sujet de l'exclusion de la participation de la liste des
éléments, l'orateur nota que le GIF s'était mis d'accord que
l'élaboration des PFN devait être un processus à caractère
participatif.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
Dans la discussion du Rapport des Coprésidents sur la
recherche en matière de forêt, le CANADA avança de nouvelles
propositions, basées sur les recommandations de l'ICRIS et
appelant à des efforts pour le renforcement de cette recherche,
notamment dans les domaines prioritaires pertinents à la GDF,
avec une participation active de l'ensemble des concernés, ainsi
qu'à l'insertion de la recherche en matière de forêt comme l'un
des éléments fondamentaux de tout arrangement ou mécanisme
international futur. Le CANADA proposa d'appeler les pays à
utiliser les PFN pour dégager les priorités de la recherche
forestière et pour améliorer ses liens avec la CDB, la CCCC et
le PNUE. Le JAPON requit l'insertion d'une référence à l'IUFRO
et au CIFOR dans la proposition appelant au suivi des
recommandations de l'ICRIS. L'UE, avec le BRESIL, apporta son
appui au libellé portant sur les nouvelles possibilités de
mobiliser des fonds pour la recherche. L'UE déclara par ailleurs
que la référence à la mise en place d'un service d'information
mondial sur les forêts ne doit pas être incluse sans avoir
procéder d'abord à l'examen des mécanismes disponibles. Le
CANADA et l'AUSTRALIE apportèrent leur soutien à la référence
invitant à endosser le système d'information mondial proposé
dans le cadre des propositions d'action. Le BRESIL y fit
objection.
Au sujet de l'aide au développement destinée au renforcement
des capacités nationales en matière de recherche, l'AUSTRALIE
proposa un libellé assurant que l'aide au développement veillait
au renforcement des capacités nationales, en remplacement du
libellé appelant à l'affectation d'une quote-part accrue de
l'aide au renforcement de la recherche forestière. L'INDONESIE
proposa de mettre en valeur la recherche dans les C&I. La
NAMIBIE appela les gouvernements à accorder une haute priorité à
la recherche en matière de forêt.
Dans la discussion du Rapport révisé des Coprésidents sur la
conservation forestière et les zones protégées, l'AUSTRALIE
ajouta deux propositions appelant les pays: à se doter de
systèmes de réserve adéquats et exhaustifs; et à élaborer et à
mettre en uvre des mécanismes de reconnaissance officielle et
de soutien des zones forestières protégées sous l'intendance des
propriétaires forestiers privés ou des communautés indigènes
et/ou locales. Le délégué proposa également un libellé exhortant
les pays, les institutions financières internationales et les
donateurs à améliorer la coordination transversale et la
coordination avec les politiques et les programmes touchant à la
conservation des forêts, et à traiter les politiques
intersectorielles, les programmes d'ajustement structurel et les
mesures d'encouragement perverses aux fins de s'assurer de leur
compatibilité avec les objectifs de la conservation forestière.
Le BRESIL requit l'inclusion des conclusions de la Réunion
d'Experts Brésil - Etats-Unis sur les Zones Forestières
Protégées. L'EQUATEUR requit l'insertion d'une référence
spécifique à l'UICN, en rapport avec la définition des zones
protégées. La SUISSE, appuyée par la TURQUIE, proposa un libellé
reconnaissant le travail de l'UICN dans le domaine des zones
protégées.
L'UE appela à la suppression du libellé se référant aux
fonctions des zones sauvages et des lignes de partage des eaux
dans la planification générale du développement durable. Le
représentant ajouta par ailleurs un libellé portant sur la
nécessité d'avoir des définitions pour, entre autres, la GDF, la
forêt primaire, la forêt frontière et la forêt vierge.
Concernant la valeur des types forestiers uniques, l'orateur
suggéra la suppression de la référence à l'importance des pays à
faible couvert forestier. L'UE appela à placer entre crochets le
paragraphe qui se réfère à la mise à disposition des effectifs,
du financement et de la formation nécessaires au renforcement
des capacités ainsi que le libellé d'une autre référence aux
mécanismes de soutien financier, mais le BRESIL s'y opposa. L'UE
appela par ailleurs à la suppression de la référence à des
évaluations mondiales et régionales en rapport avec la
détermination de l'état actuel des zones forestières protégées.
L'UE plaida pour le remplacement de la référence aux services
d'entretien des écosystèmes par une référence aux services
environnementaux, mais le BRESIL y fit objection. Le CANADA,
appuyé par l'EQUATEUR, préféra le terme intégrité des
écosystèmes. L'UE appela à la suppression du libellé sur le
financement de la conservation forestière. S'agissant de la mise
en place de mécanismes innovants pour le financement de la
conservation forestière, l'UE, avec le CANADA, suggéra de
supprimer la référence au Mécanisme pour un Développement Propre
(MDP) et aux activités de l'Exécution Conjointe relevant du
Traité de Kyoto. L'AUSTRALIE suggéra un libellé envisageant
l'utilisation du MDP. Le CANADA appela à la suppression de la
référence aux forêts gérées sous les régimes de la GDF.
Concernant le Rapport révisé des Coprésidents sur les savoirs
traditionnels liés à la forêt, la NORVEGE nota la nécessité
d'avoir une formulation plus précise et proposa par ailleurs un
libellé sur le partage juste et équitable des avantages tirés de
l'utilisation de tels savoirs, innovations et pratiques,
conformément à l'Article 8(j) (droits des communautés indigènes
et locales) et aux dispositions de la CDB en rapport. L'orateur
ajouta que les gouvernements se devaient de soutenir les efforts
du Groupe de Travail Spécial sur l'Article 8 (j). L'EQUATEUR
souligna, dans les propositions concernant les savoirs
traditionnels liés à la forêt, une référence à la participation
des peuples indigènes. Concernant le Rapport des Coprésidents
sur les causes déterminantes de la déforestation, le COSTA RICA
requit l'adjonction d'une référence aux résultats de
l'Initiative Conjointe sur les Causes Déterminantes de la
Déforestation, parmi les propositions. Le CHILI suggéra une
proposition encourageant les pays à promouvoir de nouvelles
ressources à travers des activités telles que la plantation
d'arbres dans les zones agricoles.
LES GROUPES DE CONTACT
COMMERCE ET ENVIRONNEMENT: Le groupe de contact parvint à un
consensus sur deux conclusions portant sur la libéralisation du
commerce et sur la certification et l'étiquetage. Le groupe
s'accorda sur la suppression du libellé crocheté qui se réfère à
l'escalade en matière de prix et aux subventions en matière de
commerce, et aux efforts gouvernementaux visant la réduction et
la suppression des tarifs. Le libellé alternatif qui fut
finalement approuvé stipule qu'une attention particulière doit
être accordée aux restrictions commerciales qui contraignent
l'accès au marché, notamment, des produits à valeur ajoutée. Au
terme d'un débat sur l'insertion d'une référence à l'Accord de
l'OMC sur les Barrières Techniques entravant le Commerce, on
parvint à un texte de compromis stipulant que le FIF prendra
note des travaux de l'OMC sur les schémas de certification et/ou
d'étiquetage. Le groupe devait par ailleurs débattre, en la
laissant toutefois entre crochets, d'une référence spécifique
aux produits et services provenant des forêts gérées de manière
viable, dans le cadre de l'amélioration de la transparence des
marchés et de l'accès des produits et services forestiers aux
marchés. Le groupe maintint également les crochets entourant la
référence aux ressources biologiques forestières dans la
conclusion portant sur le commerce illicite du bois et des
autres produits forestiers. Le groupe décida de reporter la
discussion des propositions d'action pour permettre leur
considération de manière plus approfondie. Un délégué souligna
que les propositions doivent refléter ce qui a été conclu dans
les conclusions et qu'elles doivent apporter une valeur ajoutée
aux propositions du GIF.
TRANSFERT DES TER: Le groupe continua à débattre du terme
ressources biologiques forestières. Quelques délégations
s'opposèrent à la mise en relief de ce point, notant qu'il
risquait de retarder la résolution des libellés crochetés
restants. Au cours de la journée, un sous-comité consultatif
d'experts fut convoqué pour déterminer finalement que les
opinions étaient divisées entre le terme ressources biologiques
forestières et le terme ressources forestières. Plusieurs
délégations de pays en développement soulignèrent que le terme
ressources biologiques n'était pas nouveau, notant son
utilisation dans le texte de la CDB, et arguèrent que le
qualificatif forestières y ajoutait une précision. Un pays
industrialisé déclara que la terminologie utilisée dans la CDB
était spécifique à cette Convention. Un autre pays industrialisé
souligna que le terme ressources forestières était plus
généralement utilisé et que tout un chacun comprenait qu'il
incluait les ressources biologiques. Les délégués avancèrent
plusieurs propositions pour le nouveau libellé, incluant des
r�f�rences � la CDB, en note de bas de page, et s'accord�rent
sur la poursuite du d�bat.
Concernant les m�canismes de transfert des TER, les
d�l�gations s'av�r�rent divis�es sur le libell� encourageant une
meilleure utilisation des m�canismes existants. Les pays en
d�veloppement estim�rent qu'un libell� �non�ant que les
m�canismes disponibles seraient trop restrictifs pour r�pondre
aux conditions et aux besoins particuliers des pays. Les pays
industrialis�s soulign�rent, pour leur part, que l'am�lioration
de l'efficacit� des m�canismes existants �tait plus importante
que la cr�ation de nouveaux. Les d�l�gu�s ne parvinrent � aucun
accord sur ce point et le libell� resta crochet�. Les
paragraphes consacr�s � la terminologie, aux m�canismes et aux
�l�ments programmatiques ayant rapport avec la CDB, la CDD et
d'autres arrangements internationaux restent � traiter.
DANS LES COULOIRS
Plusieurs d�l�gu�s pensent que le Pr�sident du groupe de
contact sur le commerce et l'environnement sous-estime, pour
ainsi dire, la sensibilit� des questions abord�es et qu'il est
en train d'essayer de forcer un accord sur un libell� alors que
le consensus n'est pas r�alis�. Certains ont laiss� entendre que
cette h�te ne serait pas sans dessein.
Les tensions sont en train de grandir autour des nombreuses
r�f�rences � la CBD dans les Rapports des Copr�sidents. Il
semble que certains participants, parmi ceux qui sont en faveur
d'une convention sur les for�ts, tiennent � ce qu'il y ait pas
tant de r�f�rences � la CDB dans le texte.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GT1: Le GT1 se r�unira en Salle XIX � partir de 11h pour
examiner les Rapports des Copr�sidents sur le suivi de la mise
en application et sur le travail li� � la for�t accompli par les
organisations internationales et r�gionales, dans le cadre des
instruments existants.
GT2: Le GT2 se r�unira en Salle XX � partir de 11h pour
examiner les Rapports des Copr�sidents sur l'estimation, l'offre
et la demande futures, les instruments �conomiques, les
ressources financi�res, et la r�habilitation.
GROUPES DE CONTACT:Les groupes de contact sur le commerce et
l'environnement et sur les TER se r�uniront � une heure qui sera
annonc�e dans la journ�e.
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