Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 13 No. 50 vendredi 07 mai 1999
LES FAITS MARQUANTS DU FIF-3
JEUDI 6 MAI 1999
Quatrième journée du FIF-3, les délégués réunis en Plénière
ont entamé un débat de fond sur les arrangements et les
mécanismes internationaux pour la promotion de la gestion,
conservation et développement durable de tous les types de
forêts. Le GT1 a revisité les thèmes des causes déterminantes de
la déforestation, des savoirs traditionnels liés à la forêt, de
la conservation forestière et des zones protégées en examinant
les Rapports des Coprésidents sur ces sujets. Les groupes de
contact sur les thèmes du commerce et environnement et du
transfert des technologies écologiquement rationnelles se sont
réunis dans l'après-midi.
LA PLENIERE
Jag Maini, du Secrétariat du FIF, introduisit le Rapport du
Secrétaire Général sur les arrangements et les mécanismes
internationaux pour la promotion de la gestion, conservation et
développement durable de tous les types de forêts
(E/CN.17/IFF/1999/16). Plusieurs délégations, dont celles de la
CHINE et du COSTA RICA, soulignèrent que les instruments
disponibles relatifs aux forêts sont inadéquats parce qu'ils ne
traitent pas de l'ensemble des aspects de question forestière.
L'UE, avec l'ESTONIE, la LETTONIE et la POLOGNE, mit en exergue
le besoin de s'assurer que les efforts visant à réaliser le
consensus n'empêchent en rien la poursuite de l'action de mise
en uvre des propositions d'action du GIF. L'UE souligna
également le besoin d'identifier les fonctions nécessaires aux
processus au-delà de l'an 2000. Le G-77/CHINE fit part de ses
réserves concernant le fait que le rapport contienne un message
subliminal amenant les lecteurs à adhérer à l'idée d'un
instrument juridique contraignant (IJC) et réitéra l'appel du
Groupe en faveur de la création d'un fonds pour les forêts. Le
G-77/CHINE, appuyé par le BRESIL, la COREE, la COLOMBIE, la
NAMIBIE, le NIGERIA, le PEROU et d'autres, jugea prématurée la
considération d'un IJC en raison de l'absence de consensus sur
plus d'un élément. Le COSTA RICA souligna que l'objectif de
l'Initiative Costa Rica - Canada (ICRC) visait à édifier le
consensus et à fournir les éléments de base. La FEDERATION de
RUSSIE, avec la SUISSE, apporta son appui au processus de l'ICRC
et à l'élaboration d'un IJC. La TURQUIE, le SENEGAL et l'AFRIQUE
DU SUD endossèrent également l'ICRC.
Le CANADA mit en relief la nécessité d'un IJC, et requit
l'insertion de l'option prévoyant la négociation d'un IJC d'ici
2002. La MALAISIE appela à l'élaboration d'un IJC avec un accent
sur le commerce et les ressources financières. La CHINE déclara
qu'un mécanisme financier rationnel doit servir de base à
l'éventuel IJC. Le délégué des ETATS-UNIS exprima ses doutes
quant à la possibilité de voir les institutions dont les mandats
ont rapport avec les forêts accepter d'abandonner la juridiction
à une nouvelle institution. L'AUSTRALIE remit en question la
nécessité d'un IJC. Le NIGERIA souligna que le renforcement des
capacités constituait une priorité plus importante. Le BRESIL
favorisa la poursuite du dialogue sur les politiques forestière
après l'an 2000 à travers les arrangements disponibles tels que
la CDD. La NOUVELLE ZELANDE se déclara d'avis qu'une certaine
forme de dialogue politique international reste nécessaire dans
le futur. L'AUSTRALIE, appuyée par la COREE, demanda au
Secrétariat de dresser une liste séparée des objectifs et
actions assortie d'une analyse des options politiques et
incluant: les mécanismes existant, le forum intergouvernemental
en cours, l'Accord International sur le Bois d'uvre Tropical,
un nouvel IJC ou une combinaison de ces options.
La NORVEGE mit en exergue l'importance d'adopter une approche
exhaustive dans le dialogue international sur les forêts et de
veiller à une large participation des concernés. Le JAPON
souligna que tout arrangement ou mécanisme doit s'assurer: de la
GDF en tant que priorité nationale; de la mise en place de PFN
efficaces fondés sur des idées mondialement partagées; de
l'élaboration et de la mise en application de C&I; et que les
produits de bois commercialisés à l'échelle internationale
proviennent des forêts gérées de manière viable. La MALAISIE
proposa des éléments additionnels pour la réalisation du
consensus, notamment, la sécurité des ressources forestières, la
gestion des cueillettes forestières, la production du bois
d'uvre et la santé des écosystèmes forestiers. L'IRAN proposa
de traiter les préoccupations des pays dotés d'un faible couvert
forestier. L'INDE déclara que les arrangements et les mécanismes
internationaux doivent traiter les causes déterminantes de la
déforestation, de la situation des pays en développement et de
la question des sources de financement de la reforestation. Le
délégué des ETATS-UNIS identifia les domaines des futures
discussions ou arrangements internationaux: La conservation de
la biodiversité; l'entretien de la santé des forêts; la
conservation des sols et des eaux; le cycle du carbone; le
maintien de la productivité forestière; les avantages
économiques et sociaux; et, les cadres juridiques,
institutionnels et des politiques économiques. L'organisation
SOBREVIVENCIA plaida pour l'insertion de propositions appelant à
la protection des forêts primaires restantes et à l'interdiction
du commerce ayant rapport avec de telles forêts, à la création
d'un fonds mondial pour la conservation des forêts et à
l'annulation de la dette. GREENPEACE INTERNATIONAL appela le FIF
à encourager l'OMC à ne pas conclure un accord commercial
forestier avant que la CDD-8 n'ait examiné la question de
manière adéquate et à requérir de l'OMC de présenter des
rapports sur l'avancement de ses délibérations sur ce thème.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
Au cours du débat sur le Rapport des Coprésidents concernant
les causes déterminantes de la déforestation, l'UE et les ETATS-
UNIS placèrent entre crochets le libellé sur les questions
financières. La NORVEGE appela à l'insertion d'une référence au
commerce et l'OMC dans les propositions, et réitéra sa requête
concernant la référence aux peuples indigènes (au pluriel),
plutôt qu'au peuple indigène (au singulier). L'AUSTRALIE fit
part de ses réserves quant à la duplication avec les
propositions d'action du GIF et suggéra l'insertion d'une
référence générale aux propositions du GIF. Le BRESIL, appuyé
par l'INDONESIE et la MALAISIE, fit remarquer que certaines
propositions n'accordaient aucune attention, entre autres, à la
compétitivité de la GDF par rapport à d'autres utilisations des
terres, à la disponibilité des crédits, à l'accès au marché, à
la tarification et aux barrières commerciales. Les ETATS-UNIS,
appuyés par l'AUSTRALIE, ajoutèrent le secteur privé à la liste
des responsables de la déforestation et remit en question la
référence aux processus aboutissant spécifiquement à des accords
sur les engagements devant être pris pour le traitement des
causes déterminantes de la déforestation. L'EQUATEUR mit en
relief l'édification d'un partenariat avec les ONG, les peuples
indigènes et d'autres groupes, et suggéra l'insertion d'une
proposition additionnelle sur les politiques nationales visant à
changer les modes de production et de consommation. Le
CHILI appela à l'inclusion d'une référence aux subventions
bénéfiques destinées à la réhabilitation des zones dégradées.
Dans la référence aux effets des institutions financières
internationales, l'AUSTRALIE suggéra d'insister sur la nécessité
d'un processus de décision plus transparent. L'EQUATEUR s'opposa
à l'insertion d'une référence à la pauvreté et à l'illettrisme
en tant que causes déterminantes.
Le Coprésident Asadi introduisit le Rapport des Coprésidents
sur le thème des savoirs traditionnels liés à la forêt. La
NORVEGE regretta la brièveté du rapport et l'absence de toute
référence à la CDB, à la Convention 169 de l'OIT ou au Projet de
Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples
Indigènes. Le délégué proposa dans la foulée une référence à la
reconnaissance du droit des peuples indigènes aux ressources
naturelles dans leurs zones traditionnelles. La NORVEGE, avec le
CANADA, souhaita l'adjonction des systèmes de droits de
propriété intellectuelle et d'une référence aux conclusions
attendues de la CdP-5 de la CDB.
Au sujet du partage des avantages, la MALAISIE encouragea
l'insertion de paiements là où nécessaire, mais l'EQUATEUR y fit
objection. L'UE, avec le CANADA, suggéra d'ajouter la WIPO à la
suite de la référence aux 'TRIPs' et à la CDB. L'UE, soutenue
par le JAPON, proposa de demander au Secrétariat de la CDB, au
CIFOR, à l'IUFRO et à la FAO de collaborer dans l'inventaire des
savoirs traditionnels liés à la forêt. Le CANADA demanda si cela
n'était pas déjà appliqué dans le cadre du mécanisme d'échange
d'information de la CDB. Le JAPON nota que le thème des savoirs
traditionnels liés à la forêt était l'objet d'un débat sensible
au sein de la CDB dans le cadre des 'TRIPs' et que le FIF ne
devait pas préjuger des résultats. Le JAPON, Les ETATS-UNIS,
l'AUSTRALIE et l'EQUATEUR suggérèrent de supprimer la référence
aux 'TRIPs'.
Concernant le Rapport des Coprésidents sur la conservation
forestière et les zones protégées, l'UE mit en relief
l'importance des réseaux. L'INDONESIE appela à l'insertion d'une
référence aux formes de coopération innovantes. Le délégué des
ETATS-UNIS suggéra d'élargir le cadre des propositions de
manière à y inclure le secteur privé, les ONG et les communautés
locales, et plaça entre crochets le libellé qui se réfère à des
mécanismes de soutien financier pour encourager l'implication
des Parties intéressées. L'INDONESIE appuya l'insertion d'une
référence spécifique aux ressources en eau en tant que partie
intégrante de la GDF. La TURQUIE y fit objection.
LES GROUPES DE CONTACT
COMMERCE ET ENVIRONNEMENT: Le groupe de contact sur le
commerce et l'environnement acheva sa discussion préliminaire
sur les conclusions portant, entre autres, sur l'estimation, la
transparence du marché, les choix du consommateur et le commerce
illicite. Les délégués conclurent, par voie de referendum, un
libellé appelant à l'élaboration de l'estimation à travers
l'intégration des coûts des produits et des services forestiers
et des produits de substitution en tenant compte de son
influence sur la compétitivité. Le groupe s'accorda aussi, par
voie de referendum, sur un texte stipulant que l'étude des
analyses des cycles de vie respectifs des effets
environnementaux des produits forestiers et de leurs substituts
suggérait que les produits forestiers étaient préférables.
Dans le paragraphe portant sur la nécessité d'accroître la
transparence du marché aux fins d'améliorer l'accès des produits
et services forestiers, quelques pays industrialisés
soulignèrent le besoin d'y inclure une référence aux forêts
gérées de manière viable. D'autres délégués estimèrent que cette
référence risquait d'empêcher d'autres biens et services
forestiers de tirer profit de l'éventuelle amélioration de la
transparence du marché. La référence à la GDF fut laissée entre
crochets. En ajout à ce paragraphe, on approuva une proposition
stipulant qu'une meilleure compréhension, par les producteurs et
les consommateurs, des liens potentiels existant entre le
commerce et la GDF pourrait aider à promouvoir des choix
responsables de la part des consommateurs.
Le Consensus ne put être réalisé sur le paragraphe consacré à
la question du commerce illicite. La référence aux récoltes
illicites fut supprimée après qu'un pays en développement eut
souligné qu'il s'agissait là d'une question sensible à caractère
interne. Le délégué appuya par contre l'insertion d'une
référence au commerce illicite des ressources biologiques
forestières, mais le délégué d'un pays industrialisé s'opposa à
son inclusion. La référence resta crochetée. La référence à la
perte de revenue des peuples indigènes due au commerce illicite
fut retenue. Les délégués s'accordèrent sur un texte soulignant
l'importance des politiques nationales et de la coopération
internationale dans la réduction du commerce illicite en vue de
son élimination. Le paragraphe se référant à la CITES et à la
liste des espèces d'arbres fut supprimé.
TRANSFERT DES TER: Le groupe parvint à s'accorder sur un
libellé encourageant les pays et les organisations concernés à
initier une coordination et une coopération dans les domaines de
l'assistance technique liée aux forêts et du renforcement des
capacités en matière de transfert et de mise en application des
TER. Un pays industrialisé souhaita éviter tout libellé risquant
d'impliquer l'engagement de nouvelles ressources.
Les pays en développement indiquèrent leur préférence pour un
texte plus explicite et plus précis, engageant les pays
industrialisés à apporter leur assistance et soulignant les
besoins particuliers des pays en développement. Les pays
industrialisés résistèrent à de telles insertions et mirent
l'accent sur la nécessité d'affiner le libellé de manière à
éviter tout chevauchement avec les propositions d'action du GIF.
Les délégués devaient par ailleurs s'accorder sur un
transfert des TER axé sur les besoins des pays dotés d'un faible
couvert forestier et des pays dotés d'écosystèmes forestiers
fragiles. Un accord fut conclu sur les actions susceptibles de
faciliter le transfert et la mise en uvre des TER pour le
traitement des déchets et des rebuts de bois et autres produits
par l'exploitation forestière et la transformation du bois dans
le cadre des processus industriels, en accordant une attention
particulière aux possibilités d'utiliser ces d�chets comme
source d'�nergie.
Les paragraphes faisant r�f�rence aux ressources biologiques
foresti�res rest�rent crochet�s. Certains d�clar�rent que le
traitement de ce sujet d�passait le mandat du FIF et qu'il �tait
en cours de traitement dans le cadre de la CDB et d'autres
arrangements internationaux. Quelques d�l�gu�s affirm�rent que
des consultations sont n�cessaires pour r�soudre cette question.
DANS LES COULOIRS
Nombre de d�l�gu�s ont fait part de leurs r�serves concernant
la qualit� du contenu des Rapports des Copr�sidents. Beaucoup se
sont d�clar�s pr�occup�s par le fait que certaines modifications
textuelles soumises par les d�l�gations dans les groupes de
travail ne soient pas refl�t�es dans les Rapports. Quelques
d�l�gu�s ont estim� que des groupes de contact sont n�cessaires
pour s'assurer de l'enregistrement ad�quat des suggestions
textuelles.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira en Salle XIX � partir de
15h.
GT1: Le GT1 se r�unira � partir de 10h pour poursuivre la
discussion des Rapports des Copr�sidents sur les causes
d�terminantes de la d�forestation, les savoirs traditionnels
li�s � la for�t et, la conservation foresti�re et les zones
prot�g�es.
GROUPES DE CONTACT: Le groupe de contact sur le th�me
commerce et environnement se r�unira de nouveau � une heure qui
serait fix�e dans la journ�e. Le groupe de contact sur les TER
se r�unira en Salle XXV � partir de 10h.
|