Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 13 No. 48 mercredi 05 mai 1999
LES FAITS MARQUANTS DU FIF-3
4 MAI 1999
En cette deuxième journée du FIF-3, les délégués ont poursuivi
leurs travaux dans les deux Groupes de Travail. Le GT1 a traité
des causes déterminantes de la déforestation et de la
dégradation forestière, des savoirs traditionnels liés à la
forêt (STF), de la conservation forestière et des zones
protégées, et de la recherche en matière de forêt. Pour sa
part, le GT2 a débattu de l'estimation, des instruments
économiques et des ressources financières. Les groupes de
contact sur les thèmes du commerce et environnement et des TER
ont entamé leurs travaux.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
Bai Mas Taal, du PNUE, introduisit l'aperçu général du papier du
Secrétaire Général sur les causes déterminantes de la
déforestation et de la dégradation forestière
(E/CN.17/IFF/1999/7). Le G-77/CHINE nota que le rapport était
focalisé sur la déforestation dans les pays en développement
uniquement et qu'il passait sous silence le taux élevé de
consommation et les politiques protectionnistes en vigueur dans
les pays industrialisés. L'UE reconnut les causes déterminantes
incluant les politiques macroéconomiques, la pauvreté, le manque
de capacités institutionnelles, la non-application des lois,
l'exploitation illicite, le régime foncier et les modes de
consommation non viables. La FAO qualifia les incendies
forestiers de grande préoccupation. La CHINE exhorta le FIF à ne
pas chercher des causes ou des solutions internationales
unifiées. La NORVEGE et le CANADA encouragèrent le FIF à
approfondir l'analyse des questions touchant au commerce et à
l'environnement et de leurs liens avec l'OMC. Le CANADA
identifia entre autres causes déterminantes, les politiques
gouvernementales inappropriées, l'avidité de possession des
terres, les forces du marché et la sous-estimation. L'AUSTRALIE
suggéra une proposition additionnelle concernant la transparence
des processus décisionnels en rapport avec les programmes
d'ajustement structurels (PAS). L'INDE souligna l'importance de
la participation communautaire. Le CHILI appela à des mesures
incitatrices positives pour le soutien de la GDF. L'EQUATEUR
encouragea la conduite d'une seconde phase de travail sur les
causes déterminante. Le BENIN appela au renforcement du secteur
public.
Le BRESIL appela à une amélioration de la compétitivité
économique et financière pour la GDF. CUBA mit en exergue le
rôle de l'Etat dans la détermination des politiques. L'UE et la
MALAISIE mirent l'accent sur l'intégration des coûts
environnementaux dans la tarification des biens forestiers. La
NOUVELLE ZELANDE mit en relief le rôle des forêts plantées au
niveau de l'approvisionnement en bois de chauffe permettant à la
fois l'évitement de la dégradation des forêts et la
réhabilitation des zones dégradées. L'IRAN souligna la nécessité
d'établir une distinction entre les causes déterminantes dans
les pays à faible couvert forestier et dans les autres pays.
La représentante des ETATS-UNIS suggéra de faire des références
transversales avec d'autres éléments programmatiques pour éviter
les duplications. La FEDERATION DE RUSSIE détailla les avantages
que permet la situation où les forêts sont propriété de l'Etat.
L'INDONESIE requit que les aspects historiques de la
déforestation et de la dégradation des forêts, notamment en
Europe Occidentale, soient inclus dans le rapport. Le JAPON
souligna que le commerce international du bois d'uvre ne doit
pas être cause de déforestation et de dégradation. Le
représentant de l'organisation SOBREVIVENCIA suggéra, entre
autres, la mise en place de programmes de formation en matière
d'application des lois, de consommation et de production et de
transparence dans les programmes d'ajustement structurel, et,
avec l'INDIGENOUS FOCAL POINT ON UNDERLYING CAUSES,
l'organisation d'un groupe de travail chargé du suivi des droits
des populations indigènes. Le délégué de l'ASOCIACION NAPGUANA
encouragea une répartition équitable des ressources et des
régimes fonciers. Les délégués requirent un examen approfondi,
entre autres, des questions touchant à la sécurité alimentaire
mondiale, aux pays de faible couvert forestier, aux besoins en
matière de bois de chauffe, à la chasse, aux nuisibles et aux
maladies, et au rôle de la pauvreté.
Henrietta Marrie, du Secrétariat de la CDB, introduisit le
rapport du Secrétaire Général sur les savoirs traditionnels liés
à la forêt (E/CN.17/IFF/1999/8). L'oratrice donna un aperçu sur
le traitement dont bénéficient les STF dans la CDB (Article 8j),
au sein du Groupe de Travail spécial sur les STF et dans le
programme réservé à la biodiversité forestière. Elle suggéra
l'établissement d'un organe chargé de la coordination des
activités menées par le FIF, la FAO, l'OMC, la CDB et
l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (WIPO).
L'UE, le G-77/CHINE, la NORVEGE et d'autres mirent en garde
contre la duplication des efforts de la CDB et approuvèrent
l'idée que le FIF doit recevoir les rapports émanant des organes
travaillant sur les STF. Le BRESIL et la NORVEGE appuyèrent la
mise en place d'un mécanisme chargé de synthétiser
l'information. L'AUSTRALIE, le CANADA et la NOUVELLE ZELANDE
s'opposèrent à la constitution d'une cellule de travail ou d'un
groupe d'experts sur les STF. La NORVEGE souligna l'importance
des régimes fonciers pour les communautés locales. La MALAISIE
déclara que la WIPO devrait traiter de la rétribution des
populations indigènes pour les STF. La représentante des ETATS-
UNIS nota que la question des profits tirés de l'utilisation des
STF n'a qu'un rapport indirect avec les forêts et qu'elle ne
doit pas être abordée dans le cadre du FIF. La CHINE déclara que
les STF doivent être respectés et protégés. Le porte-parole de
l'ALLIANCE INTERNATIONALE DES PEUPLES INDIGENES DES REGIONS
TROPICALES fit part de ses préoccupations concernant
l'expropriation des STF.
Jaime Hurtubia, du PNUE, introduisit le papier du Secrétaire
Général sur la conservation des forêts et les zones protégées
(E/CN.17/IFF/1999/10). Le BRESIL, au nom du G-77/CHINE,
recommanda, entre autres: l'amélioration de la prise de
conscience du public; le renforcement du soutien financier;
l'adoption d'une approche basée sur les écosystèmes; la
reconnaissance de la bonne gestion des communautés indigènes et
locales; l'établissement de liens entre l'ITFF et la Commission
de l'UICN sur les Zones Protégées; et la mise en place de
mécanismes financiers innovants.
Le CANADA suggéra des propositions additionnelles concernant,
entre autres, la conservation en tant que pierre angulaire de la
GDF, la recherche dans le domaine des espèces autochtones, les
besoins des pays de faible couvert forestier, le rattachement de
la conservation situ et de la conservation ex situ et
l'intégration des valeurs traditionnelles. Le porte-parole du
GLOBAL FOREST POLICY PROJECT mit en garde contre la mise en
place de normes amoindries pour les zones protégées. Le
représentant de l'ASOCIACION NAPGUANA chercha à établir une
distinction entre les zones protégées et les territoires des
indigènes.
Plusieurs délégations, dont l'UE, la NORVEGE et les ETATS-UNIS,
apportèrent leur appui au travail de l'UICN sur le système de
classification des zones protégées. La NORVEGE mit en relief
l'utilisation viable des zones protégées. L'UE encouragea
l'établissement de zones protégées là où les avantages sociaux,
économiques et écologiques des forêts sont menacés. L'AUSTRALIE
mit en exergue l'Atelier sur les Zones Protégées tenu en
septembre 1998 à Canberra et les propositions qui en ont émergé.
La MALAISIE déclara que l'établissement de zones protégées
extensives dans les pays en développement n'est pas une
entreprise viable du point de vue économique et social. La
représentante des ETATS-UNIS évoqua la viabilité de l'éco-
tourisme en soutien aux zones protégées. La POLOGNE appela à
l'amélioration des zones protégées disponibles. La CHINE
souligna que la conservation et l'utilisation doivent être
combinées.
Raidar Persson, du CIFOR, introduisit le papier du Secrétaire
Général sur la Recherche en matière de Forêts
(E/CN.17/IFF/1999/11) et nota que le contenu se fondait sur la
Consultation Internationale des Experts sur la Recherche et les
Systèmes d'Information concernant la Foresterie (ICRIS). Le
BRESIL déclara ne pas être favorable à un modèle de recherche
basé sur le Groupe Consultatif sur la Recherche Agricole
Internationale, sur quelque service d'information mondial ou
quelque forum international.
LE GROUPE DE TRAVAIL 2
Juergen Blaser, de la Banque Mondiale, introduisit le rapport du
Secrétaire Général sur l'estimation des biens et services
forestiers (E/CN.17/IFF/1999/12). La porte-parole du G-77/CHINE
exprima ses réserves quant à la focalisation du rapport sur
l'aspect purement financier. Elle mit en relief l'estimation
d'autres biens et services tels que la biodiversité, la
protection des lignes de partage des eaux et la séquestration du
carbone, et souligna que de nombreuses populations, dans les
pays du Sud, dépendaient de la forêt pour leur subsistance et
leurs revenus. L'UE mit en exergue les difficultés rencontrées
au niveau de la compensation du secteur forestier privé. Il
encouragea les pays et les organisations internationales à
soutenir l'élaboration des méthodes d'estimation et à
promouvoir la conduite d'études pilotes concrètes sur les
valeurs agrégées ainsi que sur les facteurs négatifs externes.
La CHINE requit une assistance financière et technique pour
l'élaboration des méthodologies.
Concernant les crédits et les échanges en matière de droits
d'émission de gaz carbonique, les ETATS-UNIS, la NOUVELLE
ZELANDE, l'AUSTRALIE et la TURQUIE exprimèrent leurs réserves à
l'égard de la proposition d'établir une coordination avec la
CCCC et déclarèrent qu'un nouveau débat était nécessaire. Le
DANEMARK appuya la proposition sur l'échange des droits
d'émission. Le PORTUGAL mit en relief l'effort paneuropéen dans
le domaine de l'estimation des biens et services forestiers.
L'AUSTRALIE nota la duplication des propositions du GIF
concernant la collecte des données quantitatives et
l'élaboration des méthodes d'estimation.
La représentante du BRESIL souligna les limites des méthodes
d'estimation et encouragea le renforcement des capacités des
ressources humaines dans le domaine de l'application des
méthodes. L'oratrice déclara que les schémas de certification
doivent être volontaires, transparents et non discriminatoire.
Le G-77/CHINE fit part de ses réserves concernant l'intégration
des coûts de l'éco-étiquetage et de la certification. Le CANADA
souligna l'importance de re-canaliser les revenus vers les
forêts. L'INDONESIE encouragea l'identification des produits
autres que le bois d'uvre et la prise en considération des
produits utilisés par les populations locales. SOBREVIVENCIA
identifia, entre autres causes déterminantes de la
déforestation, l'absence d'estimation des biens et services et
le manque de reconnaissance des multiples valeurs des forêts.
Blaser introduisit le rapport du Secrétaire Général sur les
instruments économiques, les politiques fiscales et les régimes
fonciers (E/CN.17/IFF/1999/13). La porte-parole du G-77/CHINE
déclara que le rapport ne prenait pas en considération les
utilisations alternatives des forêts et appela à l'élaboration
de lignes directrices pour l'occupation des terres et leur
développement. Notant les difficultés rencontrées dans
l'attraction des investissements privés dans les forêts
tropicales, l'oratrice proposa la création d'une commission
chargée de la question des financements forestiers. L'UE mit en
relief les variations intervenant au niveau de la propriété
forestière et des arrangements de gestion, faisant état des
différences qui existent entre les pays des forêts tropicales et
les pays européens. Le délégué ajouta que les instruments
économiques devaient viser plus loin que la collecte des revenus
pour englober les objectifs de la GDF. Le COSTA RICA mit
l'accent sur le tourisme en tant que source de revenu basée sur
les forêts. Au sujet de la taxation, le CANADA souligna la
nécessité de tenir compte des caractéristiques particulières des
différents pays en matière d'utilisation des forêts. L'INDONESIE
mit en relief les difficultés rencontrées au niveau de la
taxation, en particulier, au niveau de son application aux
forêts tropicales. La représentante des ETATS-UNIS appuya une
proposition appelant à la conduite d'un inventaire des
utilisations probantes des instruments économiques. La MALAISIE
déclara que les politiques macroéconomiques, et en particulier
les changements induits par les politiques d'ajustement
structurel, pouvaient avoir des effets négatifs sur la GDF. Le
BRESIL regretta l'absence de référence, dans le rapport, aux
instruments contribuant à la lutte contre la déforestation et
établissant des liens entre des secteurs concurrents tels que
ceux de l'exploitation minière et de l'agriculture, et déclara
que le commerce doit bénéficier d'une attention accrue. Le
représentant de l'organisation SOBREVIVENCIA déclara que le FIF
doit déterminer les subventions perverses et les mesures
incitatrices en faveur des secteurs forestiers et non
forestiers.
Ralph Schmidt, du PNUD, introduisit le rapport du Secrétaire
Général sur les besoins en matière de ressources financières
(E/CN.17/IFF/1999/4). Le CANADA déclara que le secteur privé
doit jouer un rôle plus important dans le financement de la GDF.
L'UE souligna que les financements privés doivent avoir un
caractère complémentaire par rapport à l'APD. La CHINE d�clara
que les financements provenant du secteur priv� ne doivent pas
�tre consid�r�s comme des substitues de l'APD. Le JAPON mit
l'accent sur le renforcement des capacit�s dans les pays en
d�veloppement pour permettre une utilisation plus efficace de
l'APD. Le CANADA identifia les PFN comme �tant les canaux les
plus appropri�s pour les flux de l'APD. L'UE plaida pour
l'exploration de sources de financement et de m�canismes
financiers innovants au niveau du pays. La SUISSE, la NORVEGE
et d'autres pr�sent�rent la mise en place de cadres politiques
nationaux favorables comme �tant un pr�alable pour
l'investissement � long terme.
La CHINE, l'INDONESIE et le BRESIL appuy�rent la mise en place
d'un fonds international pour les for�ts, tandis que les ETATS-
UNIS, la NOUVELLE ZELANDE et le COSTA RICA y faisaient
objection. Le CANADA d�clara qu'un instrument juridiquement
contraignant �tait n�cessaire pour fournir l'encouragement et
les moyens permettant d'�tablir un tel fonds. Le BRESIL d�clara
que les deux ne devaient pas �tre li�s. L'UE et les ETATS-UNIS
d�clar�rent que l'entit� de promotion des investissements
propos�e n�cessitait une exploration approfondie. Le BRESIL et
l'INDONESIE accueillirent favorablement l'id�e d'une entit�
d'investissement, mais le BRESIL indiqua que celle-ci ne doit
pas constituer une alternative au fonds international pour les
for�ts. L'UE d�clara que la mise en place d'un fonds pour les
for�ts agirait en d�faveur de la rationalisation des instruments
de financement disponibles. Le JAPON et la SUISSE appuy�rent une
utilisation plus efficace des m�canismes de financement
existants, et la NOUVELLE ZELANDE mit en exergue leur
utilisation pour am�liorer l'efficience et la coop�ration
internationale.
L'INDONESIE et le BRESIL d�clar�rent que la r�alisation de la
GDF exigeait davantage de ressources financi�res et apport�rent
leur appui � une expansion du FEM. La repr�sentante des ETATS-
UNIS nota les attentes peu r�alistes du FEM et soutint
l'adoption de nouvelles approches dans le domaine de l'aide,
telles que des programmes d'all�gement de la dette rattach�s �
la conservation des for�ts. L'oratrice indiqua �galement que la
GDF avait besoin non pas de fonds accrus mais de volont�
politique, de processus d�cisionnels ouverts et transparents et
d'un renforcement des capacit�s d'absorption de l'aide des pays
r�cipiendaires.
La NORVEGE souligna le besoin d'une am�lioration de
l'information concernant les flux financiers. La CHINE d�clara
que les pays industrialis�s doivent fournir des ressources
nouvelles et suppl�mentaires. L'UE et la SUISSE d�clar�rent que
les pays � faible couvert forestier et les pays les moins
avanc�s doivent b�n�ficier d'une attention particuli�re.
SOBREVIVENCIA souligna l'importance des flux financiers destin�s
� l'�radication de la pauvret� et sugg�ra, entre autres, la mise
en place d'une association internationale des investisseurs
responsables pour le soutien du d�veloppement � base
communautaire de la GDF.
DANS LES COULOIRS
Le sentiment qu'on soit en train de dissuader les participants
de soumettre de nouvelles propositions d'action semble troubler
un certain nombre de d�l�gu�s. Certains estiment que les
propositions d'action du GIF sont ad�quates, d'autres croient
que de nouvelles propositions sont requises pour traiter
l'�ventail des sujets abord�s. Beaucoup s'interrogent sur le
sort de ses propositions lorsque le FIF aura termin� son
travail.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GT1: Le GT1 se r�unira en Salle XIX � partir de 10h pour
d�battre de la recherche en mati�re de for�t et pour examiner
ensuite le projet de texte r�vis� du papier du Secr�tariat sur
le suivi des progr�s de la mise en uvre.
GT2: Le GT2 se r�unira en Salle XX � partir de 10h pour discuter
de l'�valuation, du suivi et de la r�habilitation du couvert
forestier dans les zones �cologiquement sensibles.
GROUPES DE CONTACT: Les Groupes de Contact sur le th�me du
commerce et environnement et celui des TER poursuivront leurs
discussions.
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