Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 13 No. 47 mardi 04 mai 1999
LES FAITS MARQUANTS DU FIF-3
3 MAI 1999
La première journée du FIF-3, les délégués se sont réunis le
matin, en séance Plénière pour entendre l'allocution d'ouverture
du Sous-Secrétaire Général chargé des Affaires Economiques et
Sociales, Nitin Desai, en conférence vidéo depuis New York, pour
procéder ensuite à l'adoption de l'ordre du jour de la session
et présenter leurs déclarations générales. L'après-midi, le
Groupe de Travail 1 devait débattre du suivi des progrès de la
mise en uvre et le Groupe de Travail 2 a abordé la question de
l'offre et de la demande en matière de bois et des autres
produits et services forestiers.
PLENIERE D'OUVERTURE
Le Coprésident du FIF, Ilkka Ristamäki (Finlande), ouvrit les
travaux du FIF-3 en faisant état de son programme chargé, compte
tenu du fait que le jeudi 13 mai sera jour férié. L'orateur
rappela les récentes initiatives prises par les gouvernements,
les OIG et les ONG et les travaux entrepris par la Cellule de
Travail Inter-agences sur les Forêts (ITFF) et d'autres experts.
Il encouragea les gouvernements à injecter la volonté politique
nécessaire au processus du FIF et de garder en perspective le
FIF-4, la CDD-8 et la période au-delà.
Le Sous-Secrétaire Général, Nitin Desai, qualifia la période
écoulée depuis Rio comme ayant servi à l'instauration de la
confiance et du consensus. Il déclara que le FIF doit développer
un entendement clair de ses domaines de travail et évoqua les
liens qui le rapprochent d'autres fora tels que la CCD, la CDB,
la CCCC et la CITES. Il affirma que le FIF était en train de
s'engager dans un round crucial de délibérations politiquement
sensibles et nota la nécessité de renforcer l'engagement
politique, de réaliser un consensus sur les domaines
prioritaires et de déterminer la forme que doivent revêtir les
délibérations à venir. Suite à cette intervention, la NOUVELLE
ZELANDE souhaita être édifiée sur la manière dont l'élan serait
maintenu après le FIF, et l'ALLEMAGNE, au nom de l'UE,
s'interrogea sur le rôle attendu de la CDD. Desai répondit que
les organes d'organisation des Nations Unies, tels que la CDD
seraient chargé de la continuation du processus, mais que cela
allait dépendre des résultats du FIF, et indiqua que le FIF se
devait de réaliser d'abord un consensus sur la signification de
la gestion durable des forêts (GDF). L'orateur devait indiquer
aussi qu'un mécanisme de collaboration inter-agences devra être
mis en place. Le représentant de INTERNATIONAL INDIAN TREATY
COUNCIL exprima ses préoccupations concernant le risque de voir
le processus négliger les peuples et les cultures indigènes.
Desai répondit que la reconnaissance des liens entre les êtres
humains et les ressources revêtait une importance cruciale pour
le développement durable et souligna tout l'intérêt devant être
accordé au caractère participatif de la gestion des forêts.
JoAnne DiSano, Directeur de la Division du Développement
Durable, nota que la mise en uvre des propositions d'action du
GIF n'a pas été très régulière et exhorta les participants aux
travaux du FIF-3 à produire un document précis. Le Coprésident
du FIF, Bagher Asadi (Iran), introduisit les membres du Bureau:
Coprésidents: Bagher Asadi (Iran) et Ilkka Ristamäki (Finlande);
Vice-Présidents: Yevgeny Kuzmichev (Fédération de Russie) et
Amalia Torres (Pérou). Le Vice-Président Torres fut également
élu Rapporteur. La Plénière adopta l'ordre du jour provisoire
(E/CN.17/IFF/199/1) et approuva le programme de travail, et la
parole fut donnée pour les déclarations générales.
L'ALLEMAGNE, au nom de l'UE et de la Bulgarie, de la
République Tchèque, de l'Estonie, de la Hongrie, de la Lettonie,
de la Pologne, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la
Slovénie, encouragea la tenue d'un débat de fond sur la
Catégorie III, Arrangements et mécanismes futurs, au FIF-3,
ainsi qu'un premier échange sur les fonctions, le champ d'action
et le format des arrangements ou mécanismes futurs. La GUYANE,
au nom du G-77/Chine, déplora la tentative du Nord d'imposer
des conditions sur le commerce des produits forestiers et
s'interrogea sur le point de savoir si des mécanismes
économiques compensatoires étaient disponibles pour la
réalisation et l'entretien des zones forestières protégées
nationales. La SUISSE offrit d'accueillir le FIF-4 à Genève et
encouragea les gouvernements à éviter la duplication des
propositions d'action.
La représentante des ETATS-UNIS suggéra l'adoption d'une
nouvelle approche pour le traitement des questions non résolues
et appuya l'élaboration et la clarification des propositions du
GIF. Elle fit part de ses réserves concernant la duplication du
travail du GIF et du manque de progrès dans le domaine du
transfert des technologies. Le JAPON souligna l'importance de
l'entente et encouragea la réalisation d'un consensus sur
quelque forme d'arrangements et de mécanismes internationaux.
CUBA mit l'accent sur l'importance de l'aide au développement,
le transfert des technologies écologiquement rationnelles (TER)
et sur les préoccupations particulières des Petits Etats
Insulaires en Développement (PEID). La CHINE appela à la mise en
place d'un instrument international permettant de traiter de
manière exhaustive la question des forêts, indiquant toutefois
que tout instrument de cet ordre doit refléter la souveraineté
des Etats sur leurs forêts. Le BRESIL appuya la tenue d'un
séminaire sur les aspects de la GDF ayant rapport avec le
commerce international.
La FEDERATION DE RUSSIE souligna le besoin de clarifier
davantage les questions, en particulier, celles ayant trait au
commerce et à l'environnement, et l'intérêt de la certification
forestière nationale pour la concrétisation du développement
durable des forêts et encouragea la réalisation d'un consensus
sur l'enclenchement d'un processus préparatoire d'une convention
mondiale sur les forêts. Concernant la GDF, l'INDONESIE mit en
exergue les préoccupations économiques, écologiques et sociales
qui s'y rapportent. Le délégué appuya l'idée de procéder à
l'examen des rôles des sources de financement internationales,
d'accroître les contributions des pays donateurs et d'établir un
fonds international pour les forêts. Il soutint également les
efforts de l'OMC visant à réduire et à abolir les barrières
commerciales entravant les produits forestiers et encouragea
l'harmonisation et la reconnaissance internationales des normes
de certification. Le CHILI présenta un rapport sur la Réunion
International des Experts sur le Rôle des Forêts Plantées, tenue
à Santiago, au Chili, du 6 au 10 avril 1999, et mit en relief
ses recommandations. La NOUVELLE ZELANDE mit l'accent sur le
commerce des produits forestiers durables, le transfert des
ressources et des technologies et la promotion de
l'investissement provenant du secteur privé. Le BENIN déclara
que les questions d'ordre politique doivent avoir priorité sur
les questions de caractère technique. Le SENEGAL souhaita voir
le FIF axer ses efforts sur la mise en place d'un cadre
permettant de guider l'ensemble des Parties et de s'assurer de
la viabilité des forêts.
Le porte-parole de la COMMISSION MONDIALE SUR LES FORETS ET
LE DEVELOPPEMENT DURABLE présenta le rapport final de la
Commission. L'orateur identifia trois domaines d'échec: le
domaine économique (i.e. les produits forestiers sont estimés en
dessous de leur valeur); le domaine de la gouvernance (i.e.
absence de droits spécifiques aux populations locales et
indigènes, absence de partage équitable des avantages et
d'égalité entre les sexes); et, le domaine éthique (corruption
et manque de transparence). Et le rapport de conclure qu'un
accord contraignant pouvait s'avérer utile, proposant dans la
foulée l'organisation de nouveaux fora pour le débat
international sur les forêts à travers l'établissement d'un
conseil chargé de la sécurité forestière et d'un trust
forestier. Le représentant de la CONVENTION SUR LA DIVERSITE
BIOLOGIQUE nota son engagement à l'égard des propositions du GIF
et mit en exergue le programme relatif à la diversité biologique
forestière adopté à la CdP-4.
L'organisation SOBREVIVENCIA mit en relief la Réunion
Mondiale sur les Causes de la Déforestation et affirma que le
succès du FIF-3 sera mesuré en fonction: de la réalisation d'un
accord sur la protection des forêts frontières; de la mise en
place d'un fonds pour la protection des forêts; et de
l'aboutissement à une déclaration reconnaissant l'existence
d'une crise au niveau des forêts. Un autre représentant de
SOBREVIVENCIA nota ses préoccupations concernant l'implication
des populations indigènes et appela à un accès non filtré au
processus. Le représentant de l'ASSOCIACION KUNAS UNIDAS déclara
que les systèmes juridiques nationaux doivent prendre en
considération la conservation de la biodiversité et les droits
fonciers des peuples indigènes et souligna la nécessité d'un
débat sur les zones protégées.
LE GROUPE DE TRAVAIL 1
Le Groupe de Travail 1 (GT1), présidé par le Coprésident du
FIF, Asadi, mena un premier tour de discussions de fond sur le
suivi de l'avancement de la mise en application des propositions
d'action du GIF. Jag Maini, du Secrétariat du FIF, ouvrit le
débat en introduisant le rapport du Secrétaire Général sur ce
point (E/CN.17/IFF/1999/3). L'orateur se référa à l'enquête de
la FAO sur les programmes forestiers nationaux (PFN), souligna
l'importance des processus d'élaboration des critères et
indicateurs (C&I), et mit en relief les options devant être
considérées par les gouvernements, lesquelles englobaient:
l'harmonisation des données relatives aux forêts; la quête de
financements des organes disponibles; et le développement des
arrangements de suivi, d'élaboration des rapports et
d'évaluation. L'UE, appuyée par le G-77/Chine, la Norvège, la
Nouvelle Zélande et le Canada, souligna la nécessité
d'harmoniser la collecte des données. Le délégué souhaita voir
une attention accrue accordée aux produits forestiers autres que
le bois et aux aspects autres que ceux économiques. La FAO nota
que les PFN étaient en stagnation dans bon nombre de pays à
cause des manques de financements et de capacités. Le BRESIL
souligna l'importance de l'information nationale et, avec le
NIGERIA, mit en exergue la nécessité de ressources financières
pour le soutien des efforts nationaux. La NOUVELLE ZELANDE nota
l'importance des C&I en tant qu'instruments de suivi des
progrès. Le JAPON encouragea la reconnaissance des processus de
C&I poursuivis par l'ITTO et affirma que le FEM n'est pas
l'agence de financement appropriée pour la collecte des données
forestières. Le PORTUGAL souligna l'importance des C&I et parla
des efforts paneuropéens menés dans ce domaine. Les ETATS-UNIS
et le CANADA soulignèrent que le profit tiré de la revue, du
suivi et de l'élaboration des rapports doit être accru au niveau
national.
L'AUSTRALIE rappela la proposition avancée par le GROUPE DE
VALDIVIA concernant le système de l'élaboration des rapports,
laquelle appelait à une description: des processus nationaux mis
en place pour les propositions du GIF; des principaux groupes,
agences et organisations impliqués dans la mise en application
des propositions; et des nouvelles activités destinées à
faciliter la mise en uvre des propositions du GIF. La MALAISIE
attira l'attention sur le manque de personnel scientifique,
technologique et professionnel pour l'évaluation et
l'établissement des rapports d'avancement et nota l'impératif du
renforcement des capacités. La CHINE qualifia les capacités et
les ressources de problèmes cruciaux devant être résolus au FIF-
3. Le CANADA déclara que l'établissement des rapports devrait
inclure à la fois l'état des forêts et des politiques et affirma
que les systèmes de rapport de la FAO et de la CDD pouvaient
servir de modèles en la matière. Le CANADA précisa que le suivi
et l'établissement des rapports étaient liés à la Catégorie III,
Arrangements internationaux.
L'INDONESIE mit en exergue l'impératif de maximiser la valeur
et l'utilité des rapports et l'importance de leur diffusion. La
COLOMBIE déclara que l'évaluation serait prématurée dans les
pays où les plans nationaux seraient à leur début. Le VENEZUELA
déclara que des mécanismes de rapports périodiques sur les
propositions du GIF doivent être institutionnalisés et affirma
qu'un système de suivi ne saurait être soutenu sans financements
additionnels. L'organisation SOBREVIVENCIA mit l'accent sur la
participation d'un large éventail de concernés pour éviter
l'élaboration de rapports biaisés par les départements des
forêts. Le GLOBAL FOREST POLICY PROJECT appela à des rapports
plus amples sur la conservation et la gestion durable de tous
les types de forêts.
Répondant aux questions qui lui étaient posées par un certain
nombre de délégations, Maini suggéra que les directives
relatives à l'établissement des rapports sur les forêts
pourraient inclure des sujets tels que celui du processus
décisionnel, du statut et du renforcement des capacités comme
indiqué dans le papier du Secrétaire Général.
LE GROUPE DE TRAVAIL 2
Le Groupe de Travail 2 (GT-2), présidé par le Coprésident du
FIF, Ristamäki, débattit de la Catégorie II.d(vii), offre et
demande dans le domaine du bois et des autres produits
forestiers. Lennert S. Ljungman, de la FAO, introduisit le
Rapport du Secrétaire Général sur ce sujet, tel que figurant
dans le document E/CN.17/IFF/1999/14. Le rapport présente les
conclusions et les propositions préliminaires pour l'action dans
les domaines de l'information ressource, le bois industriel �
l'�tat de mati�re premi�re, le bois de chauffe, les produits et
services forestiers autres que le bois, la tarification, le r�le
du secteur priv� et l'importance du renforcement des capacit�s.
Les d�l�gu�s appuy�rent les recommandations du rapport,
moyennant quelques propositions d'amendement. Quelques d�l�gu�s
devaient �galement mettre en relief les recommandations de la
R�union International des Experts sur le R�le des For�ts
Plant�es, tenue au Chili, et soulign�rent les liens entre les
Cat�gories II.d(v), Mise en valeur, et II.d(vi), Instruments
�conomiques.
L'AUSTRALIE fit remarquer certaines duplications avec les
recommandations du GIF et sugg�ra des propositions appelant les
pays: � adopter une d�finition des plantations, approuv�e �
l'�chelle internationale; � travailler avec la FAO �
l'am�lioration de la pr�cision des donn�es concernant les
domaines de plantation; et � mettre en place les codes de
pratique et les lignes directrices appropri�s pour la gestion
durable des plantations. L'UE r�it�ra que des �tudes mondiales
indiquaient que l'offre sera largement en mesure de satisfaire
la demande mondiale, notant, toutefois, que la p�nurie dans
certaines r�gions, risquait de limiter le champ d'action des
�valuations mondiales. L'orateur indiqua que la FAO doit
d�velopper et am�liorer la d�finition des plantations et des
for�ts plant�es, mit en relief l'usage pluri-fonctionnel et
multidisciplinaire des for�ts au lieu de leur usage dominant,
et, avec les Etats-Unis, mit en exergue le r�le du secteur
priv�. Il nota l'absence de r�f�rences aux produits de
substitution, � l'�valuation de leurs cycles de vie et aux
�checs potentiels au niveau du march�. L'UE et la NOUVELLE
ZELANDE soutinrent des propositions appelant � la promotion de
politiques visant le renforcement du couvert forestier, y
compris le reboisement des exploitations agricoles, aux fins de
satisfaire la demande croissante en mati�re de produits et
services forestiers, tels que la s�questration du carbone. La
NOUVELLE ZELANDE appela � la promotion de politiques de
r�duction de la consommation non viable des produits forestiers.
Le CANADA souhaita voir l'accroissement des autres valeurs de
la for�t inclus dans les propositions d'action pr�liminaires. Le
d�l�gu� nota que la question des for�ts de plantation a
b�n�fici�e d'un int�r�t indu en tant que source de bois
industriel en �tat de mati�re premi�re. L'INDE souligna que la
gestion des for�ts doit, � l'avenir, tenir compte des sch�mas de
l'offre et de la demande aux fins de mieux r�pondre aux besoins
communautaires, locaux, r�gionaux, nationaux et mondiaux. Le
d�l�gu� proposa d'�tablir un pourcentage minimum de base des
terres devant �tre destin�es au couvert forestier pour chacun
des pays, en classifiant les for�ts en for�ts r�cr�atives, de
plantation, �cologiques et autres types de domaines, et en
d�terminant l'offre et la demande pour chacune d'entre-elles. La
repr�sentante des ETATS-UNIS souligna que toute proposition doit
�tre explicitement li�e aux propositions d'action du GIF.
DANS LES COULOIRS
Un certain nombre de participants ont fait observer la
lenteur relative des interventions des d�l�gations � cette
r�union et ont comment� que cette faiblesse du niveau d'int�r�t
semble t�moigner du sentiment de stagnation qui entoure le
processus du FIF. D'autres esp�rent pouvoir assister � des
d�bats un peu plus anim�s avec la progression des travaux.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPE DE TRAVAIL 1: Le Groupe de Travail 1 se r�unira �
partir de 10h dans la Salle XIX pour aborder les Cat�gories
II.d(i), les causes d�terminantes, et II.d(ii), le savoir
traditionnel li� � la for�t, et, si le temps le permet, la
Cat�gorie II.d(iii), la conservation foresti�re et les zones
prot�g�es.
GROUPE DE TRAVAIL 2: Le Groupe de Travail 2 se r�unira �
partir de 10h en Salle XX pour d�battre des Cat�gories II.d(v),
mise en valeur, II.d(vi), les instruments �conomiques, et, si le
temps le permet, de la cat�gorie II.a, les ressources
financi�res.
GROUPES DE CONTACT: Les Groupes de Contact sur les th�mes du
commerce et environnement et du transfert des TER se r�uniront �
partir de 18h30 pour entamer le travail de nettoyage du texte
transmis par le FIF-2.
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