|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 13 No. 100
Lundi 2 mai 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA FNUF-3:
JEUDI 29 - VENDREDI 30 MAI 2003
En dépit du fait que la journée du jeudi
était fériée, aux Nations Unies, les délégués se sont réunis,
de manière non officielle, pour poursuivre leurs travaux sur
les cahiers des charges des groupes d'experts spéciaux.
Vendredi, les délégués se sont réunis en Plénière, le matin,
pour considérer les aspects économiques des forêts, puis,
l'après-midi, pour prendre part au groupe de discussion sur
les initiatives régionales, ayant trait à l'amélioration de la
coopération.
LE GROUPE D'EXPERTS SPECIAL SUR LES
PARAMETRES
Les délégués se sont réunis, de manière non
officielle, jeudi, pour procéder à l'examen du texte du
Président concernant le groupe d'experts en question, en vue
de dégager les recommandations nécessaires sur les paramètres
devant régir le mandat le l'élaboration du cadre juridique
applicable à tous les types de forêts. Le texte du Président
proposait, entre autres, que ce groupe d'experts se réunisse à
l'issue de la FNUF-4 et que le Secrétariat du FNUF planifie et
prépare ses Travaux. Les pays du groupe JUSCANZ ont proposé
que la planification et la préparation des travaux du groupe
d'experts soient conduites par un groupe de travail restreint.
La question est restée non résolue.
Vendredi, les délégués se sont réunis dans
une consultation informelle-informelle pour débattre des
préparatifs du groupe d'experts spécial sur les paramètres,
sans toutefois parvenir à un accord.
LES ASPECTS ECONOMIQUES DES FORETS
Vendredi matin, Jim Douglas, de la Banque
Mondiale, a introduit le rapport concernant les AEF
(E/CN.18/2003/7). Il a souligné, entre autres, que la
production et la protection des forêts ne peuvent pas être
séparées, ces dernières étant des sources de revenus et
d'emplois, et que les secteurs public et privé et les
communautés locales sont partenaires dans la gestion des
forêts. Il a dressé une liste d'approches innovantes pour la
mise en œuvre des propositions d'action des GIF/FIF, notamment:
droits au développement négociables; partenariats entre les
secteurs public et privé dans le développement des
plantations; et, instruments d'ajustement pour l'amélioration
de la gestion forestière. Il a suggéré que les membres du FNUF
mettent en place des mesures d'encouragement à
l'investissement écologiquement responsable, intègrent la
gestion forestière durable (GFD) dans les stratégies de
réduction de la pauvreté, et augmentent les droits
d'imposition sur l'utilisation des forêts; et, que les
organisations membres du Partenariat de Collaboration sur les
Forêts (PCF) encouragent l'intégration du coût global de la
chaîne de production, aident à élaborer des mécanismes de
paiement des services environnementaux forestiers, améliorent
l'accès, au marché, des produits forestiers issus de forêts
gérées de manière viable, et améliorent la collecte et la
divulgation des données du marché.
Markku Simula, de l'organisation Indufor, a
modéré le groupe de discussion sur les questions économiques
ayant trait à la GFD. Les experts y intervenaient en leur nom
propre.
Yilmaz Akyüz, de la CNUCED, s'est focalisé
sur les inconvénients posés, par la concurrence, aux pays en
développement, dans l'exportation de leurs ressources
forestières. Il a noté que l'utilisation viable des ressources
naturelles et leur transformation en produits à valeur-ajoutée
importante, requiert un investissement dans les capitaux
financier et humain. Il a cité quatre objectifs à atteindre:
le doublement de l'aide au développement; l'approfondissement
et l'accélération de la réduction de la dette; l'élaboration
de mécanismes mondiaux pour le traitement des tendances à la
baisse et de l'instabilité des tarifs internationaux des
matières premières; et l'accroissement de l'accès au marché
des produits forestiers des pays en développement.
Maud Dlomo (Afrique du Sud) a parlé des
effets de la mondialisation sur la GFD, et a appelé, entre
autres: à des régimes commerciaux équitables; à l'implication
des acteurs locaux; à une participation significative de tous
les pays au sein de l'OMC; à l'harmonisation des modèles de
certification disponibles; à une convention-cadre
internationale sur les forêts; à l'établissement d'un
équilibre entre les politiques du développement rural et la
GFD ; à un soutien des politiques forestières nationales par
l'ensemble des parties prenantes; au renforcement des
capacités dans les pays en développement; et à la collecte des
données crédibles.
Manoel Sobral Filho, de l'OIBT, a souligné
que les réalités identifiées dans le rapport sur les AEF sont
principalement celles des forêts naturelles des pays en
développement. Il a noté que la GFD est moins compétitive que
les autres options offertes dans le domaine de l'utilisation
des sols, et a indiqué que l'absence de progrès dans la
réalisation de la GFD n'est pas un problème de technologie,
mais d'économie. Sobral a plaidé pour des paiements directs
des services mondiaux fournis par les forêts des pays en
développement, et pour la mise en place d'un mécanisme
efficace permettant de s'assurer de l'adéquation des
affectations et de la bonne l'utilisation de ces fonds.
Achim Steiner, de l'UICN, a déclaré que la
mondialisation représente une opportunité à saisir, pour la
GFD, et a souligné que les avantages de la GFD sont autant
d'ordre écologique et social que d'ordre économique. Il a
également indiqué que l'approche basée sur l'écosystème n'est
pas biologique, tout simplement, mais elle vise aussi à créer
une compréhension holiste de l'ensemble des services offerts
par les forêts.
Marvin Brown, de l'Association Américaine
des Forêts et du Papier, a expliqué les vues de l'industrie
quant aux défis posés à la GFD, par la mondialisation. Il a
souligné la nécessité de s'assurer de la compétitivité des
entreprises gérées de manière viable et a appelé le FNUF à
donner la parole à l'ensemble des principales parties
prenantes et à poursuivre la facilitation du dialogue autour
des systèmes de certification.
Les délégués ont, ensuite, engagé un débat
sur les AEF. Le MAROC, au nom du G-77/Chine, et appuyé par
l'INDE et l'INDONESIE, a présenté le rapport comme étant une
sorte de recul, notant que ce dernier marginalisait la
question du financement public et la nécessité de ressources
nouvelles et supplémentaires. La GRECE, au nom de l'UE et des
pays y accédant, a appelé à un renforcement du processus de la
valorisation économique des services environnementaux, à une
élévation des droits imposés sur l'utilisation des forêts, et
à une meilleure appréciation des contributions apportées à
l'économie des pays, par les forêts.
Le SENEGAL a souligné l'importance des
produits forestiers non ligneux dans les pays à faible couvert
forestier, et a mis l'accent sur les besoins des communautés
locales qui ne disposent pas de ressources pour la réalisation
de la GFD. L'EGYPTE a demandé que l'aide technique et
financière utilise les eaux usées pour l'irrigation des
plantations forestières. La NOUVELLE ZELANDE a appelé à une
valorisation et une tarification exactes des services
écologiques et à une ouverture plus large des marchés pour les
produits issus de forêts gérées de manière viable. La
FEDERATION DE RUSSIE a indiqué que les changements survenus
dans le système politique du pays, sont à la base d'une
certaine confusion concernant la propriété forestière, et a
fait état d'un manque de données crédibles sur la situation
des ressources forestières.
L'INDE a donné un aperçu sur ses plans
visant à promouvoir de l'investissement du secteur privé dans
le développement forestier. La REPUBLIQUE DE COREE a présenté
sa législation forestière nationale et a mis en exergue
l'importance de l'aide des organisations internationales dans
le renforcement des capacité en matière de GFD, pour la
planification stratégique à long terme. Le SALVADOR a parlé de
ses programmes nationaux visant à la promotion du
développement forestier, et a souligné le besoin d'une
assistance. L'IRAN a mis en exergue le risque de la
surexploitation des forêts par les populations qui vivent dans
ou à côté des sites forestiers, et a souligné le rôle de
l'aide publique au développement dans l'encouragement de
l'élaboration des données et le transfert des technologies. Le
BRESIL a attiré l'attention sur l'impact potentiel des
subventions accordées dans une région forestière sur les
forêts d'autres régions, et a mis l'accent sur les résultats
du SMDD concernant les thèmes de l'intégration du savoir
traditionnel et du partage des avantages. L'INDONESIE a
souligné le caractère volontaire de la certification et a
indiqué qu'elle ne doit pas servir de déguisement au
protectionnisme. Le Président Meybodi a annoncé que le débat
reprendra lundi.
L'AMELIORATION DE LA COOPERATION ET LA
COORDINATION DES POLITIQUES ET PROGRAMMES
L'après-midi, les délégués ont entendu des
exposés sur les initiatives régionales ayant trait à
l'amélioration de la coopération et à la coordination des
politiques et programmes. Virgilio Viana (Brésil) a présenté
les expériences régionales vécues dans le bassin de l'Amazonie.
Il a souligné, entre autres, la nécessité: d'intégrer la GFD
dans les politiques sociales visant l'allégement de la
pauvreté et le développement rural; d'accroître le contrôle de
la gestion forestière par les parties prenantes; de s'assurer
de l'engagement à long terme de ressources financières;
d'attirer l'investissement, en tant que moyen indispensable à
la facilitation de la GFD; de payer leur propriété
intellectuelle, aux peuples indig�nes; de promouvoir la
certification; et d'am�liorer la collaboration entre les pays
du sud.
Liza Gonz�lez (Nicaragua) a pr�sent� les
approches centram�ricaines dans le domaine de la GFD . Elle a
mis en relief les liens entre la GFD et l'all�gement de la
pauvret�, et a dress� la liste d'un certain nombre
d'institutions et d'accords r�gionaux pertinents � la GFD.
Peter Mayer, de la Conf�rence Minist�rielle
sur la Protection des For�ts en Europe (CMPFE), et Kit Prins,
de la Commission Economique des Nations Unies pour l'Europe (CENUE),
a pr�sent� les initiatives r�gionales en mati�re de
coop�ration, ayant trait � la GFD en Europe. Les orateurs ont
donn� un aper�u sur le caract�re et les objectifs de la CMPFE,
de la CENUE et de la Strat�gie pour l'Environnement en
Europe/la Diversit� de la Biologie et du Paysage Pan-Europ�en,
mettant l'accent sur les liens entre la (FAO), la CDB et le
FNUF . Ils ont soulign� l'importance de la transparence, de la
participation des parties prenantes, et d'une coop�ration
permanente entre les agences pour l'encouragement de la
coordination nationale.
La GRECE, au nom de l'UE et des pays y
acc�dants, a mis en exergue l'importance de la coop�ration
intersectorielle et des programmes forestiers nationaux, et a
encourag� les pays � participer activement dans les processus
r�gionaux et les �changes d'informations.
D�crivant le Partenariat Forestier
Asiatique, le JAPON a parl� des r�ussites accomplies dans
l'application des l�gislations, la pr�vention des feux
forestiers, la mise en valeur des sols d�grad�s, et
l'am�lioration de la coop�ration et de la gestion des donn�es.
Il a accueilli favorablement la perspective de partenariats
internationaux pour l'identification et la mise en �uvre des
activit�s conjointes potentielles.
La SUEDE a annonc� sa nouvelle initiative,
baptis�e "Les Le�ons Apprises de la GFD en Afrique." Le
SENEGAL et le CONGO ont lou� le r�le des initiatives
r�gionales en Afrique, telles que celle du Nouveau Partenariat
pour le D�veloppement de l'Afrique et l'Initiative du Bassin
du Congo. La NORVEGE a indiqu� que la coop�ration r�gionale
doit faciliter une meilleure compr�hension des propositions
d'action des GIF/FIF et de l'�valuation des progr�s r�alis�s
dans sa mise en �uvre. La HONGRIE a d�crit la mani�re dont la
coop�ration pan-europ�enne a abouti � des projets bilat�raux
souples, pour l'am�lioration de la GFD dans les pays en
transition �conomiques dans les CEITs. Le BRESIL a mis en
relief les d�fis pos�s � la mise en �uvre de la GFD, compte
tenu de la taille du bassin de l'Amazonie, et les liens avec
l'�radication de la pauvret�. L'IRAN a appel� � l'instauration
de conditions favorables aux investissements priv�s, au
renforcement des march�s des produits forestiers, et � la mise
en place d'un m�canisme de financement consacr� � la
facilitation de la GFD dans les pays en d�veloppement. La FAO
a soulign� le besoin de renforcer le r�le des commissions
r�gionales dans la mise en �uvre des propositions d'action des
GIF/FIF.
Clarifiant les motifs de l'expansion des
zones foresti�res en Europe, les pr�sentateurs ont mis en
exergue la volont� politique, la stabilit� des institutions et
des lois contre la conversion des terres foresti�res, les
d�veloppements survenus dans l'agriculture, et la poursuite
d'un dialogue positive entre les secteurs public et priv�.
Le Pr�sident Meybodi a introduit deux
projets de r�solutions pour transmission au Conseil Economique
et Social des Nations Unies, sur le renforcement du
Secr�tariat � travers l'ouverture de nouveaux postes
temporaires, et sur l'utilisation du Fonds Fiduciaire pour la
couverture des per diem des d�l�gu�s des pays en d�veloppement.
La SUISSE et la GRECE, au nom de l'UE et des pays y acc�dant,
ont fait part de leur surprise par rapport aux r�solutions en
question, et ont demand� au Coordonnateur et Chef du FNUF,
Patosaari, de nouveaux renseignements sur la situation
financi�res. La FEDERATION DE RUSSIE a requis l'adjonction
d'une r�f�rence aux CEITs. Nombre de d�l�gations ont souhait�
avoir un d�lai pour examiner les r�solutions, et le Pr�sident
a report� le d�bat � lundi. Il a ensuite �voqu� les progr�s
r�alis�s dans les consultations non-officieuses consacr�es aux
groupes d'experts sp�ciaux, indiquant que les discussions sur
les modalit�s devant encadrer les pr�paratifs du groupe
d'experts sur les param�tres, reprendront lundi.
DANS LES COULOIRS
La FNUF-3 approchant de sa deuxi�me semaine,
les d�l�gu�s se sont laiss�s aller � des conjectures quant au
r�sultat �ventuel des consultations non officielles autour du
groupe d'experts sur les param�tres. M�me si les consultations
semblent, sans fin, certains d�l�gu�s sont confiants en la
capacit� du Pr�sident � pouvoir faciliter une r�solution sur
ce sujet. En attendant, quelques d�l�gations de pays en
d�veloppement, se sont d�clar�es oppos�es au groupe de travail
pr�paratoire propos�, en raison du fait que ce dernier risque
d'engager des pr�-n�gociations, et d'autres craignent qu'il ne
puisse �tre, tout � fait, objectif. Certains encore, en sont �
se demander quel caract�re rev�tira le r�sultat du groupe de
travail. Un d�l�gu� a m�me opin� que plusieurs pays en
d�veloppement ne veulent pas de cadre juridique; car il risque
de ne pas tenir compte des r�alit�s locales, tout en
d�stabilisant, �ventuellement, le potentiel des initiatives
r�gionales.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Le matin, les d�l�gu�s
proc�deront � l'examen et � l'�change des exp�riences des
pays, dans le domaine du maintien du couvert forestier.
L'apr�s-midi, les d�l�gu�s engageront un d�bat de fond sur le
format des rapports.
CONSULTATION INFORMELLE SUR LA PROPOSITION
AUSTRALIENNE: Une r�union informelle, consacr�e � la
discussion de l'�tablissement des �quipes de facilitation des
�valuations r�gionales, aura lieu � partir de 9h dans la Salle
XVIII.
CONSULTATION INFORMELLE- INFORMELLE SUR LE
GROUPE D'EXPERT CHARG� DES PARAM�TRES: Les d�l�gu�s se
r�uniront le matin et l'apr�s-midi pour d�battre de mani�re
informelle des cahiers de charge du groupe d'experts sur les
param�tres.
CONSULTATIONS INFORMELLES SUR LES PROJETS
DE RESOLUTIONS: Les d�l�gu�s discuteront des r�solutions
sur le renforcement du Secr�tariat � travers l'adjonction de
nouveaux postes, et sur l'utilisation du Fonds Fiduciaire pour
aider les repr�sentants des pays en d�veloppement � prendre
part aux futures r�unions. |