Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 12 No. 96 vendredi 13 novembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA QUATRIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CCCC
12 NOVEMBRE 1998
Les délégués devaient entendre des déclarations de ministres
et autres chefs de délégations durant le segment de haut niveau.
Des consultations officieuses de haut niveau devaient par
ailleurs être tenues tout au long de la journée.
PLENIERE
Les ministres devaient présenter des aperçus généraux sur les
actions menées dans leurs pays dans le domaine des changements
climatiques et appeler à l'impulsion des progrès de la CdP pour
assurer la ratification du Protocole de Kyoto. Ils devaient par
ailleurs exprimer leurs marques de sympathie pour les victimes
du cyclone Mitch. La FRANCE annonça l'annulation de la dette du
Honduras et du Nicaragua.
Les ETATS-UNIS, la THAILANDE, le PEROU et TUVALU annoncèrent
leurs signatures du Protocole de Kyoto. TRINIDAD et TOBAGO, au
nom du CARICOM et de HAITI, déclara que les BAHAMAS ont signé
le Protocole cette semaine. La MICRONESIE, l'ITALIE, le CHILI,
la LITHUANIE, CHYPRE et les ILES SALOMON déclarèrent qu'ils
étaient dans le processus de ratification du Protocole. Le JAPON
et la SLOVENIE appelèrent à la signature et à la ratification du
Protocole sans outre délai. Le KAZAKHSTAN exprima sa volonté
d'entreprendre des obligations et d'adhérer à l'Annexe B et au
Protocole de Kyoto à travers l'Annexe I de la CCCC.
Un certain nombre de délégations dont celles de l'UE, de la
GAMBIE, du JAPON, de la SUEDE, de la SYRIE, de la CROATIE, de la
NOUVELLE ZELANDE, de la FEDERATION de RUSSIE, de l'EGYPTE, du
NEPAL, de l'ESPAGNE, du GHANA et du G-77/ CHINE, soulignèrent
qu'un leadership actif pour la prévention du réchauffement de la
planète doit être démontré par les Parties pays industrialisés
et que l'action intérieure doit constituer le principal moyen de
la réalisation des engagements en matière de lutte contre les
changements climatiques. Ils notèrent que les mécanismes de
souplesse avaient un caractère complémentaire et que leur
utilisation devait être assujettie à des règles strictes de
rendement de comptes et de conformité. Le PEROU déclara que
l'inaction des pays industrialisés envoyait des signaux
dangereux aux pays non visés à l'Annexe I. La NORVEGE déclara
que les pays industrialisés devraient accepter des objectifs
bien plus ambitieux dans le futur. Reconnaissant la
vulnérabilité des petits Etats insulaires, la NOUVELLE ZELANDE
appela au soutien de l'AOSIS.
La FRANCE nota que les émissions des pays en développement
était en augmentation et appela à la fourniture en temps
opportun du soutien financier et du transfert des technologies.
Avec l'EQUATEUR, la FINLANDE, les Etats membres du CARICOM, la
GAMBIE, le VENEZUELA, la CHINE, le BENIN, la TANZANIE et
l'OUGANDA, le délégué souligna la nécessité d'un soutien
financier additionnel, d'un transfert soutenu de l'information
et de la technologie, et du renforcement des capacités humaines
et institutionnelles. Le SOUDAN souligna que le transfert des
technologies devait se faire par-dessus les relations politiques
et autres considérations raciales. La NORVEGE reconnut le rôle
de l'industrie dans le domaine du transfert des technologies. Le
délégué des PAYS-BAS mit l'accent sur le besoin d'accroître les
flux financiers vers les pays les plus vulnérables.
Le ROYAUME-UNI, avec le GHANA, déclara que l'incertitude
scientifique ne doit pas servir d'alibi à l'inaction. Le
DANEMARK souhaita aboutir à un accord de Buenos Aires appelant
les pays industrialisés à s'engager pour la mise à disposition
de fonds supplémentaires au profit des pays en développement et
à s'acquitter des obligations qui sont les leurs dans le cadre
de la CCCC et du Protocole. En retour, les pays en développement
doivent accepter de mettre en place les stratégies nationales
nécessaires permettant un processus d'évaluation constructif.
L'AOSIS appela à l'élaboration d'un calendrier clair et
ambitieux pour l'application du Protocole. Le porte-parole des
G-77/CHINE déclara que leur participation dans l'atténuation des
changements climatiques restait tributaire de la concrétisation
des engagements des Parties pays industrialisés dans les
domaines du transfert technologique et des ressources
financières. Le JAPON et l'UE soulignèrent la nécessité de
maintenir l'élan de Kyoto, et avec la FINLANDE, appela à
l'élaboration d'un plan de travail clair, efficace et accordant
une priorité aux préoccupations des pays en développement. La
LETTONIE apporta son appui à la proposition de l'UE concernant
le plan de travail de Buenos Aires.
La NOUVELLE ZELANDE, la FEDERATION de RUSSIE et les ETATS-
UNIS apportèrent leur soutien à l'engagement volontaire de
l'Argentine. Avec les ETATS-UNIS et la HONGRIE, l'AUSTRALIE
appela à une participation et à de futurs engagements
volontaires compatibles avec les circonstances individuelles des
pays, et avec le QATAR, la NORVEGE, le PEROU et le SENEGAL
souligna le principe de responsabilités communes mais
différenciées.
L'AOSIS nota l'inadéquation entre les engagements et les
efforts fournis pour leur concrétisation dans les cadres du
Protocole et de la CCCC. Le représentant déclara par ailleurs
que le futur engagement volontaire de l'Argentine ne doit pas
permettre de détourner l'attention des engagements pris par les
Parties du Protocole. CUBA, le QATAR et l'ARABIE SAOUDITE se
déclarèrent opposés à toute tentative visant à forcer les pays
en développement à se soumettre à des engagements volontaires.
La COREE reconnut que le caractère sensible de la question
des engagements volontaires, mais affirma que la participation
mondiale était impérative à plus ou moins longue échéance. La
BOLIVIE souligna que la participation des Parties non visées à
l'Annexe I doit être fondée sur les principes de souveraineté et
du droit à l'autodétermination et que les limites de leurs
émissions ne pouvaient ni constituer un précédent ni engager
d'autres à des objectifs de limitation d'émissions. La MALAISIE
exprima son regret quant à la poursuite de la discussion sur le
sujet des engagements volontaires. L'ETHIOPIE déclara que la
pression exercée au sujet des engagements volontaires risquait
de déstabiliser le processus de la CCCC.
Le GHANA déclara que les challenges de l'atténuation des
changements climatiques et des mesures d'adaptation
représentaient un fardeau supplémentaire pour les pays en
développement, et avec les Etats du CARICOM, l'ISLANDE,
l'AUSTRALIE, les ETATS-UNIS, l'ARABIE SAOUDITE, la NOUVELLE
ZELANDE et le G-77/CHINE appelèrent à l'élaboration des
mécanismes prévus dans le cadre du Protocole de Kyoto. Les ETATS
d'AMERIQUE CENTRALE mirent en exergue l'importance des puits
d'absorption du carbone et apportèrent leur appui à la
proposition des G-77/Chine d'accorder une priorité au MDP en vue
de le rendre opérationnel d'ici le 1er janvier 2000. Avec le
CHILI, il proposa la prévision d'une phase intérimaire pour le
MDP. L'IRLANDE appuya l'appel de l'UE pour des plafonds
quantitatifs et qualitatifs clairs dans l'utilisation des
mécanismes de souplesse. Les ILES COOK, les ILES MARSHALL,
NAURU, NIUE, TUVALU, L'ALGERIE et les Etats du CARICOM firent
part de leur crainte de voir les mécanismes de souplesse servir
de moyen d'éviter les responsabilités au plan intérieur. La
THAILANDE déclara que le MDP ne doit pas être l'unique moyen de
transfert technologique.
Le délégué des SEYCHELLES exprima sa préoccupation quant au
risque de voir les nations vulnérables, qui sont insignifiantes
à l'échelle mondiale, exclues de programmes tels que ceux prévus
dans le cadre des mécanismes de souplesse. La THAILANDE appuya
l'établissement de partenariats nord-sud et sud-sud basés sur
l'équité et le principe des responsabilités communes mais
différenciées. L'ESPAGNE appela à l'impulsion de l'élaboration
du processus de transfert des technologies et à des efforts dans
le domaine de l'éducation et de la conscientisation publique. La
FRANCE appela à l'adoption d'une approche commune pour les
mesures collectives et indiqua que les mécanismes doivent être
basés sur un système fiable de mise en conformité, assortie de
sanctions. La CROATIE déclara que les mécanismes doivent être
équitables, ouverts, transparents, vérifiables et non
discriminatoire. L'EGYPTE souligna l'importance d'un traitement
égal pour les trois mécanismes de souplesse et suggéra qu'une
partie des profits tirés de ces mécanismes soit mobilisée pour
financer le transfert des technologies d'adaptation vers les
pays en développement. Le BRESIL souhaita voir le MDP servir de
moyen permettant d'induire de nouveaux investissements surtout
privés, et suggéra de faire en sorte qu'il soit fondé sur des
projets et qu'il inclue tous les pays. Le CANADA qualifia le MDP
de mécanisme gagnant sur tous les fronts, permettant un
bénéfice sur le plan de l'environnement, sur le plan du
développement durable et pour les pays industrialisés, qui
seront en mesure de réaliser les objectifs du Protocole de
Kyoto. Le VENEZUELA déclara que les projets MDP doivent: assurer
une nette contribution au développement durable du pays
d'accueil; éviter la dissimulation des coûts; et utiliser des
bases de référence en rapport avec les projets plutôt que
sectorielles ou nationales pour éviter l'imposition d'objectifs
dans le futur.
L'ARGENTINE déclara que les échanges de droits d'émissions
constituaient une solution innovante. La POLONE appela à la
prise de décisions finales concernant les mécanismes à la CdP-5
et proposa la prévision d'une phase pilote pour l'échange des
droits d'émissions. La COREE s'opposa à toute limitation du MDP.
Le MEXIQUE souligna l'importance d'avoir des critères ouverts et
une approche progressive pour le MDP capable d'impulser des
actions simples et immédiates sans limitations artificielles, ne
figurant pas dans le Protocole. Le BOTSWANA mis en relief le
rôle du MDP dans l'aide aux pays en développement et encouragea
la progression de l'élaboration de ce mécanisme. Le MAROC
déclara que le déséquilibre au niveau des projets entrant dans
le cadre de la phase pilote des AIJ était inéquitable et le
ZIMBABWE recommanda la prorogation de cette phase pilote. La
MALAYSIE appela à l'intégration du transfert technologique et du
mécanisme de financement dans les mécanismes du Protocole.
La GRECE appuya l'idée d'un accord sur des principes,
modalités, règles et directives clairement établis pour les
mécanismes de souplesse, et comprenant des plafonds pour leur
utilisation. L'AFRIQUE DU SUD appuya l'élaboration d'un
programme de travail clair, l'établissement d'un groupe de
travail intersession et d'un calendrier pour s'assurer de la
concrétisation des objectifs de Kyoto. L'UKRAINE souligna
l'établissement d'un programme de travail pour la réalisation
des obligations de Kyoto par les Parties visées à l'Annexe I. Le
délégué affirma que la revivification des économies en
transition aboutira à d'inévitables accroissements des émissions
de GES, mais que ces pays s'imposeront des réductions
intérieures. Il s'opposa à la révision des décisions prises à
Kyoto.
Le DANEMARK, le VENEZUELA, la POLOGNE, l'AUSTRALIE, la
FRANCE, l'UE et les ETATS-UNIS appelèrent à la mise en place
d'un système de mise en conformité cohérent, efficace et solide.
Le porte-parole des G-77/ CHINE appela à une décision sur la
conformité à la CdP-4. L'ALLEMAGNE suggéra la prévision dun
plafonnements pour les mécanismes et avec la FRANCE, appuya
l'inclusion de sanctions dans le système de conformité.
La FEDERATION DE RUSSIE s'opposa aux tentatives de qualifier
ses réductions d'émissions de hot air, compte tenu du fait
qu'elles compensent des augmentations d'émissions survenues dans
d'autres Etats, et qu'elles ont coûté au pays un déclin dans le
niveau de vie. Le BRESIL, avec le KENYA, appela à des
discussions futures sur les effets adverses des changements
climatiques.
Appuyée par le MEXIQUE, le BHUTAN et l'ISLANDE, la COLOMBIE
attira l'attention sur les puits d'absorption du carbone dans le
cadre du Protocole et mit l'accent sur la nécessité d'élaborer
les méthodologies. L'ISLANDE souligna l'impact relatif des
projets particuliers sur les économies de petite échelle.
Avec le BENIN et le ZIMBABWE, la CHINE mit en garde contre le
risque de voir la CdP perdre de vue la Convention. Le délégué
réfuta l'argument selon lequel tout problème de dimension
mondiale exige une réponse d'échelle mondiale et rejeta toute
condition à la réduction ou limitation des émissions. La SUEDE
exhorta les délégués à uvrer pour l'amélioration de la prise de
conscience, de la compréhension et du soutien aux changements
politiques nécessaires et, avec la FINLANDE, se félicita du rôle
des ONG dans l'agenda environnemental. Le VENEZUELA mit en garde
contre le risque de permettre le détournement de l'attention
loin des principales questions par la discussion de sujets ne
figurant pas à l'ordre du jour de la CdP-4. L'EQUATEUR plaida
pour une coordination plus étroite avec d'autres Conventions
des Nations Unies et en particulier avec la CDB. Le NEPAL mit en
relief l'importance de la coopération régionale dans le domaine
de l'environnement et s'opposa à la limitation indue de sa
consommation énergétique.
Le KENYA appela le FEM à soutenir la facilitation du MDP et
l'application des mesures d'adaptation. La GAMBIE appela à une
adhésion au Comité Consultatif Multilatéral et à une
participation dans le MDP sur une base géographique équitable.
Le SENEGAL déclara que le fardeau de la dette constituait une
entrave sérieuse au développement durable et que la
marginalisation de l'Afrique conférait à la question de l'équité
une importance particulière. L'INDIE établit une distinction
entre les �missions de luxe et de survie. La ZAMBIE d�clara que
les programmes de lutte contre les changements climatiques
doivent �tre en phase avec l'�radication de la pauvret�.
Reconnaissant que des financements multilat�raux constituaient
un obstacle majeur � l'application de la Convention et notant la
complexit� et la lenteur du processus d'acc�s aux financements
du FEM, DJIBOUTI plaida pour l'�tablissement d'un m�canisme de
financement ind�pendant pour la couverture de la mise en place
du MDP dans les pays pauvres.
Le BURUNDI mit en exergue le besoin d'am�liorer l'acc�s �
l'information et au savoir-faire technologique et sur le
renforcement des capacit�s, notamment celles des d�l�gu�s
africains participant dans le processus des changements
climatiques. La C�TE D'IVOIRE souligna que le MDP ne devait pas
servir de substitut � l'aide publique au d�veloppement ou au
soutien provenant du FEM. La SUISSE appela � une coordination
entre les divers accords environnementaux internationaux, et en
particulier entre les Protocoles de Montr�al et de Kyoto. Le
PARAGUAY souligna son int�r�t pour les possibilit�s offertes par
les m�canismes de souplesse.
A 21h, pr�s de 20 d�l�gu�s �taient encore programm�s pour
s'adresser � la Pl�ni�re.
DANS LES COULOIRS
Certains d�l�gu�s ont not� que la proposition, avanc�e mardi
par les Etats-Unis, d'inclure les engagements volontaires dans
le projet de texte sur les m�canismes de souplesse a chang� le
ton du d�bat et a provoqu� des contre-attaques par les G-77/
Chine, entravant ainsi l'esprit de compromis qui y r�gnait.
D'autres ont sugg�r� que les discussions en cours dans les
coulisses �taient en train de progresser lentement et que le
terme M�canismes de Souplesse �tait en train d'�tre remplac�
par le terme "M�canismes du Protocole de Kyoto." Souplesse pour
qui ?
devait s'interroger l'un des d�l�gu�s. Certains
observateurs ont d�clar� par ailleurs qu'ils s'attendent � voir,
au dernier jour de la CdP, d'autre pays annoncer leur intention
d'assumer des engagements volontaires.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE DE LA CdP: La S�ance Pl�ni�re de la CdP commencerait
� 15h.
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