Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 12 No. 93 mardi 10 novembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA QUATRIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CCCC
9 NOVEMBRE 1998
L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique
(SBSTA) devait procéder à l'examen des projets de décisions
devant être soumis à l'adoption de la CdP. Les Groupes de
Contact devaient poursuivre leurs délibérations sur: les
communications des Parties non visées à l'Annexe I; le transfert
des technologies; le mécanisme de financement; les Articles 4.8
et 4.9 de la CCCC; et les mécanismes de souplesse.
SBSTA
Le SBSTA se réunit pour examiner les rapports et les projets
de conclusions et de décisions émanant des consultations
officieuses et des groupes de contact: la recherche et
l'observation systématique (FCCC/SBSTA/1998/CRP.6); les aspects
scientifiques et méthodologiques de la proposition soumise par
le Brésil (FCCC/SBSTA/ 1998/L.7); le changement d'affectation
des terres et de la foresterie (FCCC/SBSTA/1998/CRP.7); et la
relation entre les efforts visant à protéger la couche d'ozone
stratosphérique et ceux visant à sauvegarder le régime
climatique mondial (FCCC/ SBSTA/1998/CRP.8).
Le Coprésident Sue Barrell (Australie) présenta les projets
de conclusions et de décisions issus des consultations
informelles sur la recherche et l'observation systématique
(FCCC/SBSTA/1998/CRP.6). Elle indiqua qu'il y a eu consensus sur
le besoin urgent d'améliorer la qualité, la couverture et la
gestion des systèmes d'établissement des rapports. Les projets
de conclusions renfermaient des décisions appelant à
l'élaboration d'un plan d'action permettant la considération des
options offertes pour la mise en uvre, et requéraient du
Secrétariat la compilation d'un rapport sur les priorités
d'action pour l'amélioration des systèmes d'observations
mondiaux dans le cadre des besoins de la Convention. La
FEDERATION DE RUSSIE nota la nécessité de soutenir les systèmes
météorologiques nationaux. Le délégué proposa l'inclusion des
systèmes permettant de mesurer les gaz à effet de serre et
autres composantes atmosphériques, l'insertion d'une référence
aux systèmes satellitaires de collecte des données et
l'établissement d'une distinction entre les variations
climatiques anthropiques et naturelles. Il suggéra d'introduire
un amendement dans le projet de texte pour y indiquer que les
systèmes météorologiques nationaux mesuraient également les
émissions de gaz à effet de serre. Le Président nota que le
'Global Atmosphere Watch' couvraient l'observation des gaz à
effet de serre.
L'AOSIS, appuyée par l'ILE MAURICE, nota le manque actuel de
réseaux d'observation dans les pays en développement et souligna
la nécessité de renforcer les capacités autochtones pour
s'assurer de la durabilité des réseaux. Les ETATS-UNIS
apportèrent leur appui au texte, mais suggérèrent d'y indiquer
le fait que la session soit principalement axée sur les systèmes
d'observation, de manière à ne pas porter préjudice à la
composante recherche.
Les délégués devaient ensuite débattre des références aux
systèmes d'observation atmosphérique et de mesure des
concentrations de gaz à effet de serre et s'accordèrent sur un
texte qui exhorte les Parties à soutenir activement les
systèmes d'observation météorologique et atmosphérique
nationaux, y compris la mesure des gaz à effet de serre. Les
délégués débattirent également des libellés requérant des
Parties de soumettre l'information concernant leur participation
dans les systèmes d'observation climatique mondiaux et requérant
du SBSTA de présenter à la CdP-5 un rapport sur les
développements intervenus dans les réseaux d'observatoires. La
CHINE déclara que les lignes directrices devant régir les
communications nationales initiales des pays non visés à
l'Annexe I ne comportaient pas de référence à cette information
et que sa soumission restait volontaire. Le MALAWI mit en
exergue la nécessité du soutien financier. Le ROYAUME-UNI
suggéra que l'agenda climatique soit basé, entre autres, sur
l'information fournie dans les secondes communications
nationales des Parties visées à l'Annexe I et sur les premières
communications nationales des Parties non visées à l'Annexe I,
tel qu'approprié. La décision fut adoptée telle qu'amendée.
Dans le projet de conclusions concernant les aspects
scientifiques et méthodologiques de la proposition soumise par
le Brésil, le SBSTA décida de poursuivre la considération du
sujet. La décision appela le Brésil à présenter un rapport au
SBSTA à sa prochaine session. Les conclusions furent adoptées.
S'agissant de la question du changement d'affectation des
terres et de la foresterie (FCCC/SBSTA/1998/CRP.7), le projet de
conclusions appela à l'organisation d'un deuxième atelier avant
la dixième session du SBSTA pour se focaliser sur les questions
touchant à l'Article 3.4 du Protocole de Kyoto (telles que les
méthodologies, les incertitudes, et la recherche et les besoins
en matière de données) et accueillit favorablement l'offre des
ETATS-UNIS de l'abriter. Le SBSTA invita les Parties à présenter
leurs soumissions sur les sujets devant être examinés dans
l'atelier. L'AOSIS souligna qu'on devait permettre au GIEC de
travailler de manière autonome. Le représentant appela le
Secrétariat à soutenir la participation des délégués du groupe
de pays les plus vulnérables, aux travaux du second atelier. A
la requête de la FEDERATION de RUSSIE et d'autres Parties,
l'intitulé du projet de conclusions fut amendé pour devenir
land use, land-use change and forestry. Le projet de
conclusions fut adopté tel qu'amendé.
Le SBSTA devait par ailleurs examiner une recommandation
concernant la relation entre les efforts de protection de la
couche d'ozone stratosphérique et les efforts de sauvegarde du
régime climatique mondial (FCCC/SBSTA/1998/CRP.8). La FEDERATION
DE RUSSIE déclara que le processus était en train d'avancer
assez rapidement et qu'il n'était pas nécessaire d'élaborer un
document pour considération à la prochaine CdP. Le Président
expliqua qu'une approche par étapes figurait dans le document,
suite à l'invitation lancée aux divers organes à fournir des
données utiles à l'établissement du rapport du SBSTA devant être
soumis à la prochaine CdP. Le Président Chow clarifia que la
décision sur ce sujet serait prise au SBSTA-11, ce qui donnait
au Secrétariat amplement le temps. L'ISLANDE suggéra que
l'information compilée par le Secrétariat sur la base des
soumissions faites par les divers organes, y compris les ONG,
soit transmise à l'atelier conjoint du GIEC et du Groupe sur
l'Evaluation Economique et Technologique du Protocole de
Montréal prévu en 1999. Le Président déclara qu'il n'était pas
réaliste d'attendre du Secrétariat de produire la compilation à
temps pour l'atelier.
La FEDERATION DE RUSSIE suggéra la suppression de la demande
d'un Rapport du Secrétariat, étant donné que le Rapport du GIEC
pouvait fournir l'information requise. Le Président clarifia
qu'il y aurait deux rapports séparés et qu'il était confiant que
les Parties seront à même de parvenir à des conclusions
crédibles. LA REPUBLIQUE CENTRE AFRICAINE proposa de supprimer
la demande sollicitant du Secrétariat la compilation des
conclusions de l'atelier conjoint. L'UE et la CHINE s'opposèrent
à la suggestion car cela signifierait un travail supplémentaire
pour le GIEC. Le Président clarifia que ce qui est demandé au
Secrétariat c'est de simplement compiler l'information fournie
et non de réécrire le document du GIEC. La FEDERATION de RUSSIE
suggéra de requérir du Secrétariat de compiler uniquement un
rapport de trois pages. Le projet de décision fut adopté en
dépit de l'objection de la Fédération de Russie.
Appuyé par l'UE, SAMOA fit part de ses réserves concernant
l'absence d'un point sur la conformité dans l'ordre du jour de
la CdP. Le délégué proposa l'établissement d'un groupe ad hoc
ouvert pour l'examen des questions posées et la soumission d'un
rapport à la prochaine CdP. Il déclara qu'un régime de
conformité efficace et équitable doit pouvoir garantir la
compatibilité nécessaire de son application à toutes les
obligations inscrites dans le cadre du Protocole. Il doit :
prévoir des mises en conformité reflétant les responsabilités
communes mais différenciées des Parties; respecter les aptitudes
des Parties; refléter des institutions et des procédures
incarnant les principes du processus dû et de l'équilibre
géographique des intérêts; et opérer de manière temporelle
opportune. Le Président déclara que le sujet était en train
d'être traité dans les consultations sur les préparatifs de la
CdP/MdP-1.
GROUPES DE CONTACT
Le groupe de contact sur le mécanisme de financement, présidé
par John Ashe (Antigua et Barbuda) et Dan Reifsnyder (ETATS-
UNIS) se réunit en séance privée et discuta du texte proposé par
les Coprésidents. Aucune décision ne fut prise. Les délégués
indiquèrent qu'ils souhaitaient recevoir un feed-back de la part
d'autres groupes de contact, tels que ceux sur le transfert des
technologies et sur les Articles 4.8 et 4.9 de la CCCC. Les
délégués rattachèrent la décision concernant le statut du FEM à
la discussion sur les directives à adresser au FEM. Les
consultations doivent se poursuivre.
Le groupe de contact sur la technologie se réunit pour
poursuivre le débat autour du projet de décision proposé. En
présentant les modifications devant être apportées au document,
le Coprésident attira l'attention sur la date limite pour
l'élaboration du document sur les points divers qui compilera
l'information sur les projets et programmes relatifs aux
approches de coopération en matière de transfert technologique.
La CHINE déclara qu'un mécanisme de transfert des technologies
faciliterait la progression et aiderait toutes les Parties à
concrétiser les objectifs de la Convention. Le projet de
décision incluait une annexe comportant la liste des fonctions
du processus éventuel définie par le G-77/Chine et une liste
préliminaire des sujets et des questions à traiter. Les ETATS-
UNIS proposèrent l'inclusion des questions ayant trait au rôle
du secteur privé et aux mesures susceptibles de créer un
environnement favorable à son implication. Les délégués
discutèrent par ailleurs des modifications à apporter au texte.
A 18h, les délégués étaient en train de débattre du pont de
savoir quel intitulé doit être donné au résultat du processus
consultatif.
Le groupe de contact sur les communications nationales des
Parties non visées à l'Annexe I, présidé par Paul Malcons
(Afrique du Sud) et Dan Reifsnyder (ETATS-UNIS), se réunit lundi
soir. Les délégués procédèrent à l'examen du projet de texte
dont plusieurs parties se trouvent crochetées. Le Débat fut axé
sur un certain nombre de questions dont: le point de savoir si
les communications nationales devaient faire l'objet d'une
évaluation et s'il y devait y avoir un processus d'évaluation
permanent; le point de savoir si la compilation et la synthèse
des communications nationales des Parties non visées à l'Annexe
I devaient être achevées, et si oui, à quel moment; le point de
savoir si des revues nationales devaient être prévues; et le
point de savoir si les ateliers pouvaient aider à la
considération et/ou à la préparation des communications
nationales. Le groupe se réunira de nouveau mardi matin.
Le groupe de contact sur l'application des Articles 4.8 et
4.9 de la CCCC (décision 3/CP.3 et Articles 2.3 et 3.14 du
Protocole) (effets adverses) se réunit en séance privée sous la
présidence de Bo Kjellen (Suède) et Mohammad Salamat (Iran).
Avant la réunion, les présidents firent circuler un projet de
décision établissant que les éléments de base de l'analyse
devaient inclure: l'identification des effets adverses; la
détermination de l'impact des mesures de mise en uvre dans les
pays en développement; l'identification des préoccupations et
des besoins spécifiques des Parties pays en développement
découlant de tels effets et impacts; et l'identification des
nouvelles actions nécessaires, en matière de financement,
d'assurance et de transfert des technologies, à répondre aux
besoins des pays en développement. Un programme de travail fut
proposé, lequel incluait: la tenue d'un atelier d'experts
(avril, 1999); la poursuite des discussions dans les organes
subsidiaires (SBSTA et SBI 10, juin 1999); l'identification des
besoins en matière d'information (CdP-5, octobre 1999); et la
prise des décisions (CdP-6, octobre 2000). A 10:30, les délégués
n'étaient pas encore parvenus à un accord et décidèrent la
reprise du débat.
Le groupe de contact sur les mécanismes se réunit pour
débattre du projet de programme de travail sur ce sujet. Le G-
77/CHINE soumit une proposition contenant une longue liste de
points à examiner, incarnant l'approche par étape et accordant
une priorité au MDP. En réponse, les ETATS-UNIS, appuyés par le
CANADA et l'AUSTRALIE, suggérèrent au groupe de contact de
traiter quatre questions: quel type de décision prendre, quand,
par qui, et comment il doit avancer. L'orateur ajouta qu'il y
avait deux options, se contenter de négocier ces points ou
laisser la liste ouverte. L'UE déclara que le projet de
programme de travail proposé par le G-77/Chine manquait, entre
autres, d'un calendrier clair, de dates limites et de
l'affectation des tâches aux différents organes. Le délégué
rejeta l'ordre prioritaire proposé, appelant à un développement
parallèle des trois mécanismes. Les Coprésidents introduisirent
un projet de décision sur les mécanismes, tenant compte des vues
exprimées dans le Groupe et admettant qu'il ne relevait pas de
leur mandat. L'Australie déclara que les questions réglées à
Kyoto ne devaient pas être rouvertes. A 22h30, les délégués
n'étaient pas encore parvenus � un accord et poursuivaient
encore leurs d�lib�rations. Ils se r�uniront de nouveau mardi,
de 11h � 14h.
DANS LES COULOIRS
Certains participants ont rapport� que les ETATS-UNIS et l'UE
ont men� samedi des n�gociations de haut niveau concernant la
mise place de(s) m�canisme(s) de conformit�. L'UE qui est,
croit-on savoir, favorable � l'�laboration d'un r�gime complet
assorti d'un plan de travail relatif � sa mise en place, a
exprim� une certaine pr�occupation concernant la politique peu
claire des ETATS-UNIS sur ce point. Aucun accord n'�tait conclu
et certains croient savoir que des progr�s significatifs
semblent peu probables. Quelques d�l�gu�s du G-77/CHINE ont fait
part de leur inconfort grandissant du fait de la focalisation
continue sur les engagements volontaires dans le journal
'BuenosAyres'. Les ressentiments ont culmin� lorsque le journal
a publi� un sondage sugg�rant que sur les 110 pays interrog�s,
66 souhaitent la tenue d'un d�bat sur ce sujet.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPES DE CONTACT: Les groupes de contact commenceront leurs
r�unions � 8h.
SBI: Le SBI se r�unira de 19h � minuit dans la Salle Pl�ni�re
II.
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