Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 12 No. 92 lundi 09 novembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA QUATRIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CCCC
6-7 NOVEMBRE 1998
Les délégués devaient tenir des consultations de groupes
régionaux vendredi matin. L'après-midi de cette même journée, la
plénière de la CdP a procédé à l'examen: des rapports transmis
par les organes subsidiaires; des décisions possibles dans le
cadre de l'Article 4.2(f); et des déclarations émanant des
organisations intergouvernementales. Des Groupes de Contact
devaient se réunir dans la soirée et tout au long du Week-end.
PLENIERE DE LA CdP
La Présidente de la CdP-4, Maria Julia Alsogaray (Argentine)
fit part de ses condoléances aux pays des Caraïbes et d'Amérique
Latine récemment dévastés par le cyclone Mitch. Elle nota que
cette année écoulée, des inondations, des incendies, des
sécheresses et des ouragans ont profondément affecté un certain
nombre de pays du monde entier, et suggérant que "Mère Nature"
était sans doute en train de rappeler aux délégués qu'une action
urgente est nécessaire. LE SALVADOR, au nom du GROUPE AMERIQUE
CENTRALE, déclara que ces événements devraient rappeler à tous
les participants leur vulnérabilité face aux catastrophes et
devrait impulser l'action.
A la demande de l'INDONESIE, les délégués observèrent une
minute de silence à la mémoire des victimes des récentes
tragédies. Le représentant proposa aussi que le Secrétariat
rédige une déclaration de sympathie à l'adresse des pays
touchés. La Présidente rapporta qu'Antigua et Barbuda a ratifié
le Protocole de Kyoto le 3 novembre.
RAPPORT DES ORGANES SUBSIDIAIRES
Le Président du SBSTA, Kok Kee Chow, rapporta que le SBSTA a
terminé l'examen initial de tous les sous-articles. Concernant
le développement et le transfert des technologies, Il indiqua
qu'un groupe de contact s'est réuni une fois et qu'une nouvelle
réunion était prévue. Les délibérations sur la recherche et
l'observation systématique ont rapidement progressé. Au sujet de
la proposition soumise par le Brésil, il déclara qu'un projet de
conclusions est attendu lundi. S'agissant du changement
d'affectation des sols et de la foresterie, l'orateur rapporta
que les coprésidents du groupe étaient en train d'élaborer une
décision. Des Consultations sont en cours autour du sujet de
l'impact des émissions des projets particuliers dans la période
d'engagement et l'on n'est pas loin des conclusions. Concernant
la revue des AIJ, le Président indiqua que les consultations en
cours progressaient de manière satisfaisante. Au sujet des
mécanismes du Protocole, un groupe de contact conjoint a tenu
une première réunion pour un échange de points de vue et doit se
réunir de nouveau.
Le Président du SBI, Bakary Kante, rapporta que tous les
points référés au SBI ont été considérés. Des groupes de contact
sont en train d'examiner les questions budgétaires, les
communications nationales des Parties visées à l'Annexe I, les
communications initiales des Parties non visées à l'Annexe I et
la seconde revue de l'adéquation des engagements. Concernant la
mise en application des Articles 4.8 et 4.9, le groupe de
contact chargé de la question fondera sa discussion sur celle
commencée lors de la dernière session.
La Présidente de la CdP-4 invita les délégués à faire part de
leurs commentaires sur le projet de décision concernant
l'évaluation de l'application des engagements et d'autres
dispositions de la Convention (FCCC/CP/1998/L.2). Dans le cadre
du projet de décision, la CdP déciderait de déférer la revue de
ce sujet jusqu'à la CdP-5. La TURQUIE réitéra que son statut
actuel au sein de l'Annexe I était une anomalie qui retardait la
ratification de la Convention. Le PAKISTAN appela à la
résolution de cette question pour permettre à la Turquie de
participer au processus.
Au sujet des rapports des organes subsidiaires, le G-77/CHINE
réitéra l'importance du transfert des technologies pour les pays
en développement et proposa l'établissement d'un mécanisme pour
le transfert des technologies. Le porte-parole exhorta les
Parties pays industrialisés à accorder une priorité à
l'application de la Convention sur les considérations
économiques et politiques. La FEDERATION DE RUSSIE requit des
Présidents des organes subsidiaires d'élaborer sur les
difficultés qu'ils ont rencontrées et sur la manière de les
surmonter. Le Président du SBSTA, Chow, déclara que les sujets
étaient encore en discussion dans les groupes de contact
désignés.
Le Président de l'AG13, Patrick Széll, présenta le projet de
décision relatif au Processus Consultatif Multilatéral
(FCCC/CP/1998/L.3). Il rapporta que les Parties ont accepté la
poussée de la proposition. La Présidente adopta la décision et
déclara qu'elle tiendrait des réunions intersessions pour
traiter les points en suspens.
Le Secrétariat de la CDB mit en exergue les interconnexions
entre les Conventions de la désertification, de la biodiversité
et des changements climatiques et la préoccupation commune de
développement durable qui sous-tend leurs agendas. L'orateur
évoqua les décisions de la CDB qui mettent en relief la
coopération entre les Secrétariats pertinents, en particulier
dans le domaine de la gestion de l'information fournie par les
Parties pour la réalisation des engagements qu'elles ont pris
dans le cadre de ces Conventions. Le Secrétariat déclara qu'il
était prêt à agir sur les domaines d'intérêt commun.
La Présidente Alsogaray devait ensuite introduire le Point 7C
de l'ordre du jour, qui portait sur les déclarations soumises
par les organisations gouvernementales internationales. Hama
Arba Diallo, Secrétaire Exécutif de la Convention sur la Lutte
contre la Désertification (CCD), parla de l'intérêt et de
l'engagement de l'Argentine vis-à-vis de la CCD. Il suggéra que
la CCD et la CCCC avaient un lien commun en raison de leurs
arrangements institutionnels et leur engagement en faveur du
principe de développement durable. Il indiqua qu'il y avait une
convergence permettant aux Secrétariats de Rio de travailler
ensemble pour des objectifs communs.
William Kennedy, haut responsable à la Banque Européenne pour
la Reconstruction et le Développement (BERD), décrivit les
activités, telles que la mise en place de mécanismes de
financement novateurs et le soutien du passage à l'économie de
marché, entreprises dans les pays en transition économique,
activités qui tiennent compte des implications sur
l'environnement et sur l'évolution climatique. Prodipto Ghosh,
Spécialiste de l'Environnement au sein de la Banque Asiatique de
Développement, parla du soutien accordé aux projets d'abattement
des GES dans la région Asie Pacifique, à travers: l'appui aux
initiatives nationales, l'encouragement des projets d'efficience
énergétique et d'énergies renouvelables, l'élaboration de
rapports sur les circonstances nationales (rapports ALGAS) et le
soutien de l'élaboration des communications nationales dans 11
pays. Le Chef de la Division Environnement au sein de la Banque
Interaméricaine de Développement, Walter Arensberg, présenta un
exposé sur quatre thèmes visant à aider les pays d'Amérique
Latine et des Caraïbes à relever les défis des changements
climatiques. Ces thèmes comprennent: l'apport d'une assistance à
l'encouragement des institutions pertinentes, l'élargissement du
marché de manière à permettre à l'énergie durable d'épouser les
nouveaux mécanismes, la fourniture d'une aide financière et
technique pour la mise en place de programmes de protection de
la planète, et la suggestion de réformes réglementaires et
institutionnelles pour le secteur privé.
GROUPES DE CONTACT
Le groupe de contact sur les mécanismes de financement,
présidé par John Ashe (Antigua et Barbuda) et Dan Reifsnyder
(Etats-Unis), se réunit pour débattre du Statut et des
directives supplémentaires à fournir au Fonds Mondial pour
l'Environnement (FEM). Le groupe discuta d'abord le projet de
décision présenté par le G-77/CHINE (FCCC/CP/1998/MISC.3/Add.1).
L'UE appuya le cadre général du projet de décision du G-
77/Chine, mais, avec les ETATS-UNIS, précisa qu'il ne devait pas
inclure des financements pour les étapes II et III du processus.
Le délégué de l'AUSTRALIE indiqua qu'il pourrait appuyer les
efforts du stade II maintenant et ceux du stade III plus tard.
La délégation des ETATS-UNIS soumit un projet de décision axé
sur: des améliorations au niveau opérationnel du FEM; la
résolution du statut du FEM et des directives qui doivent lui
être fournies, dans un seul et même projet de décision; et la
mise en place de programmes d'appui par le FEM visant à aider
les pays en développement à changer leurs cadres politiques et
juridiques pour soutenir le transfert des technologies. Le G-
77/CHINE déclara que cette proposition ne répondait pas de
manière adéquate aux besoins des Parties pays en développement.
Un groupe officieux restreint se réunira pour l'élaboration d'un
projet de décision que le groupe de contact examinera à sa
prochaine réunion.
Le groupe de contact conjoint sur les mécanismes, présidé par
Luiz Gylvan Meira Filho (Brésil) et Yvo de Boer (Pays-Bas) se
réunit vendredi pour discuter le programme de travail élaboré
par les Coprésidents. Le G-77/CHINE souligna la nécessité
d'avoir une section claire consacrée à la nature et à la portée
des mécanismes pour en faciliter l'étude comparative. Le porte-
parole ajouta que les mécanismes ne doivent pas exacerber les
désavantages économiques de certains pays, et appela à une
discussion du MDP sur une base prioritaire. Le HONDURAS, appuyé
par plusieurs pays d'Amérique Latine, suggéra une mise en place
rapide du MDP, appelant à une approche de phase intérimaire
dans l'élaboration des lignes directrices et des règles. Les
ETATS-UNIS soulignèrent la nécessité de progresser en parallèle
sur tous les mécanismes. L'UE préféra la tenue d'un débat
général, plutôt que détaillé. La NOUVELLE ZELANDE souligna
l'importance d'établir un calendrier pour le débat. Plusieurs
Parties firent part de leur réserve concernant la longueur du
projet de programme de travail. La SUISSE fournit aux présidents
un programme de travail de deux pages. Le groupe de contact
devait se réunir de nouveau samedi pour poursuivre le débat sur
le programme de travail présenté dans une version plus concise
élaborée par les coprésidents, qui inclut la proposition du
Honduras concernant la phase intérimaire. Après un certain
débat, le président reconnut l'existence de divergences dans les
points de vue des Parties, affirmant toutefois qu'elles
n'étaient pas insurmontables. Il suggéra aux Parties de mener
des discussions informelles et de se réunir de nouveau lundi.
Le groupe de contact sur le transfert des technologies se
réunit vendredi et samedi pour discuter les propositions
concernant le projet de décision soumises par les Etats-Unis,
l'UE et le G-77/Chine. Le G-77/CHINE présenta les principes du
mécanisme de transfert technologique proposés, inspirés en
partie des propositions des Etats-Unis et de l'UE. D'autres
fonctions ou traits seraient déterminés au fur et à mesure du
développement du processus. Les ETATS-UNIS réitérèrent leur
point de vue favorable à un transfert technologique fondé sur la
loi du marché, en notant que le Protocole de Kyoto plaçait les
sujets de transfert des technologies et de marché au centre des
délibérations. Le Coprésident Christ suggéra que le cat, comme
on s'y réfère, pourrait représenter la consultation et le
renforcement des capacités, l'accès et le conseil en matière de
suppression des barrières et de transfert technologique.
L'oratrice mit en garde contre la duplication d'activités en
cours, telles que l'élaboration du Rapport Spécial du GICC sur
les Questions Méthodologiques et Techniques dans le Transfert
des Technologies. Le délégué des PHILIPPINES remit en question
le besoin de compiler de nouveaux matériaux et déclara que bien
que le transfert basé sur la loi du marché existe, il n'est pas
efficace et requiert davantage de mesures. Le Coprésident
proposa que le Secrétariat procède à l'intégration des trois
propositions. Les délégués discutèrent longuement le nouveau
projet et y firent des progrès significatifs. Dans la soirée du
samedi, la réunion fut ajournée pour permettre de nouvelles
consultations sur les points en suspens concernant l'intitulé à
donner au processus.
Le groupe de contact sur l'Article 4.2 (a) et (b)de la CCCC
(revue de l'adéquation des engagements), coprésidé par Jennifer
Irish (Canada) et Margaret Mukahanana (Zimbabwe), se réunit
durant le week-end. Le débat autour de quatre projets de
propositions présentés respectivement par l'AUSTRALIE, l'UE, le
G-77/CHINE et les ETATS-UNIS, devait dominer la séance. Le débat
porta sur des questions de procédure et notamment sur la manière
d'aborder les textes, avec le G-77/CHINE faisant part de
réticence à considérer un texte de compilation élaboré par les
Coprésidents. Au terme d'un long débat, le G-77/CHINE proposa,
avec l'UE et la NOUVELLE ZELANDE, un texte retravaillé en guise
de document de négociation. Le délégué des ETATS-UNIS, avec
l'appui du G-77/CHINE, rejeta l'idée d'un document de
compilation et appela à ce que les quatre projets de décisions
soient présentés dans leur intégrité au SBI. Les Parties
justifièrent l'approche de précaution, citant l'importance
cruciale de cette question pour les positions nationales. La
CHINE déclara qu'elle interprétait les propositions des ETATS-
UNIS et de l'AUSTRALIE comme une tentative d'exaction de
nouveaux engagements des pays en développement. Les ETATS-UNIS
et l'AUSTRALIE notèrent que l'évaluation scientifique et
technique transmise par le GICC indiquait que les actions
entreprises par les pays industrialisés ne suffisaient pas �
r�pondre aux objectifs de la Convention, et les ETATS-UNIS
int�gr�rent ce point dans leur soumission. La r�union se termina
sans r�solution claire sur le rapport que les Copr�sidents
doivent pr�senter au SBI.
Le groupe de contact sur les communications nationales des
Parties vis�es � l'Annexe I, pr�sid� par Mohamed Ould El Ghaouth
(Mauritanie) et Alexander Metalnikov (F�d�ration de Russie), se
r�unit durant le week-end et proc�da � la formulation d'un
projet de d�cision. Il y est propos� que les troisi�mes
communications nationales des Parties de l'Annexe I soient dues
en 2001 et que les communications nationales subs�quentes
surviennent tous les 3 ou 5 ans. Le projet de d�cision inclut
par ailleurs une d�claration sur la n�cessit� de nouveaux
efforts de la part des Parties aux fins d'am�liorer la
globalit�, l'exactitude et la comparabilit� des donn�es et de
l'information, ainsi que la participation, � travers le SBI,
dans l'�valuation et dans l'affinement du processus de revue. Il
y est enfin propos� que le Secr�tariat m�ne � terme une �tude de
faisabilit� quant � l'utilit� potentielle de la comparaison des
donn�es et de l'�laboration de rapports sur l'information
contenue dans les soumissions d'inventaires nationaux annuels.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPES DE CONTACT: Les Groupes de Contact se r�uniront ce
matin et de nouveau cet apr�s-midi.
SBSTA: Le SBSTA se r�unira dans la Salle Pl�ni�re I � partir
de 15h.
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