Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 12 No. 91 vendredi 06 novembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA QUATRIEME REUNION DE LA CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CCCC
5 NOVEMBRE 1998
Les délégués devaient, lors d'une séance plénière conjointe,
procéder à l'examen des préparatifs de la première session de la
Conférence des Parties servant de Réunion des Parties du
Protocole (CdP/MdP-1). L'Organe Subsidiaire de Conseil
Scientifique et Technologique (SBSTA) discuta de la recherche et
de la surveillance systématique et d'un certain nombre d'autres
sujets. Dans l'après-midi et dans la soirée, des groupes de
contact planchèrent sur les communications des Parties non
visées à l'Annexe I, le transfert des technologies, les Articles
4.8 and 4.9 de la CCCC (les effets adverses sur les pays en
développement), le mécanisme financier et les Articles 4.2(a) et
(b) (revue des engagements).
PLENIERE CONJOINTE SBSTA/SBI
Le SBI et le SBSTA procédèrent à la discussion des
préparatifs de la première session de la Conférence des Parties
servant de Réunion des Parties du Protocole (CdP/MdP-1). Les
Présidents devaient introduire leur projet de décision
(FCCC/CP/1998/3) et inviter les délégués à faire part de leurs
commentaires. L'ARABIE SAOUDITE déclara que des préparatifs
étaient nécessaires pour tous les articles du Protocole, et pas
seulement pour les mécanismes de souplesse. Le délégué souligna
que les Articles 3.14 et 2.3 du Protocole (minimisation des
effets adverses sur les pays en développement) n'avaient pas été
traités de manière adéquate. Il suggéra la convocation d'un
groupe de contact séparé, la discussion des différentes
questions dans le groupe de contact sur les Articles 4.8 et 4.9
de la CCCC ou dans celui sur les mécanismes de souplesse. Le
VENEZUELA, le BANGLADESH, les EMIRATS ARABES UNIS, l'IRAN, la
SYRIE, le KOWEIT, le LIBAN, le NIGERIA, la GAMBIE, l'EQUATEUR,
l'ALGERIE, le MAROC et l'INDONESIE apportèrent leur appui à
l'ARABIE SAOUDITE.
La SUISSE appuya le projet de décision, suggérant toutefois
de possibles amendements au calendrier et à la portée des
travaux. Les ETATS-UNIS proposèrent d'amender la décision de
manière à y refléter la différence entre les statuts juridiques
de la Convention et du Protocole. L'UE, soutenue par MONACO,
nota la nécessité de spécifier les voies et moyens permettant
d'établir une coopération et souligna l'importance de la
coordination des activités du GICC et de la CCCC à travers la
mise en place d'un groupe de travail conjoint. L'orateur proposa
d'établir un mécanisme de conformité et de programmer une
réunion pour début 1999. Le JAPON nota la nécessité d'un délai
pour la consultation et évoqua les difficultés de combiner le
travail en cours dans le cadre de la CCCC et dans le cadre du
Protocole. Le délégué s'opposa à l'idée de fixer des dates
butoirs pour la mise en place des procédures de conformité, tant
que les mécanismes ne sont pas élaborés. Le CANADA appela à
l'établissement d'un équilibre entre la Convention et le
Protocole et indiqua que les questions posées dans le cadre du
Protocole nécessitaient une attention pour que les Parties
puissent le ratifier.
Le Président déclara que les Articles 2.3 et 3.14 du
Protocole relevaient du champ d'activité du groupe de contact et
qu'il revenait au groupe de déterminer son ordre du jour. Le
KOWEIT, le NIGERIA et l'ARABIE SAOUDITE souhaitèrent
l'assignation d'un mandat clair pour le groupe de contact
concernant la considération des Articles 2.3 et 3.14. Les ETATS-
UNIS, le JAPON et l'AUSTRALIE déclarèrent que la décision
3/CP.3, qui spécifie le mandat du groupe de contact, ne
requérait pas spécifiquement la considération des Articles 2.3
et 3.14 du Protocole. L'UE déclara que la question méritait une
discussion mais qu'il n'était pas nécessaire de souligner des
articles de manière spécifique.
Le Président déclara qu'aucun groupe de contact séparé ne
sera établi. L'ARABIE SAOUDITE appela à l'élaboration d'un plan
de travail et d'une date limite pour l'Article 3.14 d'ici la
CdP/MdP 1, et indiqua que la progression sur l'Article 3.14
devait suivre une approche similaire à celle utilisée pour les
Articles 6, 12 et 17 (mécanismes de souplesse) du Protocole. Le
Président indiqua qu'aucun plan de travail ni calendrier ne
seront élaborés pour l'un ou l'autre des articles en question,
mais que ces points seront explorés en raison de leur
interconnexion. Espen Rønneberg (Iles Marshall) conduira des
consultations sur les questions liées aux préparatifs de la
CdP/MdP-1.
Le débat sur la recherche et l'observation systématique était
la continuation de celui de la journée précédente
(FCCC/CP/1998/7 et FCCC/CP/ 1998/MISC.2). Reconnaissant la
valeur du Rapport du GCOS et l'importance de ses travaux, les
Parties appelèrent à l'expansion de la recherche et de
l'observation systématique, et plusieurs d'entre elles
soulignèrent la nécessité de les focaliser sur les pays en
développement et sur les sujets qui y sont pertinents pour la
lutte contre la détérioration de ces systèmes. L'ILE MAURICE, la
TANZANIE et l'ARABIE SAOUDITE appelèrent les organes
subsidiaires à instruire le FEM de fournir des fonds pour la
recherche et l'observation systématique dans les pays en
développement.
Le Président Chow expliqua que les questions méthodologiques
relatives aux communications nationales de l'Annexe I seront
débattues dans l'atelier d'experts qui sera organisé en décembre
par le Secrétariat (FCCC/SBSTA/1998/ 7, FCCC/SBSTA/1998/8
FCCC/SBSTA/1998/Misc.6 et ADD.1). Le Secrétariat fournit un
aperçu sur le contexte général des thèmes, expliqua le travail
mené et les réunions tenues jusque là, et décrivit le plan
devant servir à l'élaboration des lignes directrices
appropriées. Les conclusions de l'atelier seront discutées au
SBSTA-10. John Christensen (PNUE) fournit un aperçu général
concernant le rapport établi en collaboration internationale sur
les questions méthodologiques. Les ETATS-UNIS appelèrent à la
résolution des questions posées et souhaitèrent les utiliser
dans l'élaboration des lignes directrices et les systèmes de
mesure nationaux qui pourraient être ratifiés d'ici la CdP-6.
L'orateur proposa que l'atelier de décembre se penche sur les
questions méthodologiques, la procédure d'élaboration des
rapports, et la revue et l'évaluation des résultats. La NORVEGE
souhaita une réévaluation permanente des données des inventaire,
années de référence comprises, à mesure que les méthodologies
s'améliorent. Le Président Chow proposa qu'il élabore un projet
de décision qui sera soumis à la considération du SBSTA.
Avec la SUISSE, l'UE reconnut l'existence d'un lien entre les
Protocoles de Montréal et de Kyoto. Le délégué requit des
organes subsidiaires de fournir une liste des technologies
disponibles permettant de limiter et de réduire les émissions de
HFC et de PFC. Les ETATS-UNIS, avec l'AUSTRALIE, déclarèrent
qu'il devrait y avoir une coordination entre les différents
accords environnementaux internationaux, mais que le processus
nécessitait un examen prudent compte tenu des implications
éventuelles sur l'industrie. Le délégué proposa que le SBSTA
examine l'impact de la suppression des substances couvertes par
le Protocole de Montréal et demanda que des consultations se
tiennent avec cet organe. Le Président Chow proposa de mener des
consultations sur ce point.
GROUPES DE CONTACT
Le groupe de contact sur l'application des Articles 4(8) et
(9) (effets adverses sur les pays en développement), présidé par
Bo Kjellen (Suède) et Mohammad Reza Salamat (Iran) se réunit
pour discuter du papier officieux élaboré par les Présidents. Le
G-77/CHINE suggéra de requérir des Parties de l'Annexe I
d'inclure une information sur les effets éventuels dans leurs
communications nationales. La discussion porta entre autres sur:
la nécessité d'une information sur les effets adverses des
changements climatiques et sur l'impact des mesures de réponse;
la nature de l'information nécessaire; la partie chargée de
fournir l'information; et le forum approprié pour la
présentation de l'information. L'ARABIE SAOUDITE, la LIBYE et
d'autres pays en développement soulignèrent que l'information
doit être fournie par les Parties qui disposent de capacités et
de ressources. Les ETATS-UNIS, avec le JAPON, le CANADA et
d'autres, firent objection à la proposition, étant donné qu'il
est peu pratique, voire impossible d'évaluer les effets à
l'extérieur de leurs frontières. Les Présidents prirent note des
vues des différentes Parties.
Le groupe de contact sur le mécanisme financier, présidé par
John Ashe (Antigua et Barbuda) et Dan Reifsnyder (ETATS-UNIS),
se réunit brièvement. Le groupe de contact s'est focalisé sur
les questions de procédure qui permettraient de parvenir à une
décision. Le G-77/CHINE, après considération des commentaires
faits à la proposition initiale qu'il a avancée lors de la
réunion précédente, présenta deux nouvelles propositions
concernant les thèmes de fonds, à savoir: le statut et les
directives données au Fonds pour l'Environnement Mondial. Ces
documents seront examinés dans une série de réunions du groupe
de contact dans les jours à venir.
A 21h, le groupe de contact chargé d'examiner la revue des
Articles 4.2 (a) and (b) de la Convention, sous la présidence de
Jennifer Irish (Canada) et de Margaret Mukahanana (Zimbabwe),
était encore en réunion. Les négociations restèrent focalisé sur
l'établissement de l'approche nécessaire à l'élaboration d'un
projet de déclaration qui, selon l'Article 4.2 (d) de la
Convention, doit être réalisée avant le 31 décembre 1998. Les
Parties pays en développement insistèrent pour que le projet de
décision présenté par le G-77/CHINE servent de plate-forme aux
délibérations du groupe. D'autres pays déclarèrent qu'un
document, compilant l'éventail des soumissions faites au
Secrétariat après les réunions des organes subsidiaires du mois
de juin, devrait servir de texte de base aux discussions.
Les groupe de contact sur la technologie discuta des
questions de transfert technologique et d'un projet de décision
pour la CdP. Trois projets de décisions proposés respectivement
par les ETATS-UNIS, le G-77/CHINE et l'UE (FCCC/CP/1998/MISC.5/Add.3) furent
distribués. Le délégué des ETATS-UNIS déclara que la
communication entre les Parties était entravée par des
différences au niveau de la compréhension conceptuelle des
sujets. L'orateur ajouta que le transfert des technologies doit
se baser sur les besoins particuliers des pays récipiendaires et
proposa de faire référence aux programmes probants. IL appuya
la proposition du Secrétariat d'entamer un processus consultatif
pour faciliter le dialogue entre les Parties. Le G-77/CHINE
proposa de se focaliser sur l'identification des moyens qui
permettraient de lier les questions et d'établir une interface
entre les pourvoyeurs de la technologie et les récipiendaires.
Le porte-parole proposa par ailleurs la mise en place d'un
mécanisme de transfert des technologies (MTT) pour aider les
Parties pays en développement à obtenir le savoir-faire et les
technologies écologiquement rationnelles dont ils ont besoin
dans le domaine des changements climatiques, à des conditions
non commerciales et à des termes préférentiels, et contribuer
ainsi à la réalisation de l'objectif ultime de la convention.
Il y avait consensus sur la section portant sur le renforcement
des capacités dans la proposition du G-77/Chine, et qui appelle
à des efforts pour l'amélioration des capacités endogènes et à
l'instauration d'environnements incitateurs.
Les ETATS-UNIS s'opposèrent à la référence à des conditions
non commerciales et préférentielles rappelant son rejet de
cette même formulation lors de la négociation de la Convention,
en faveur de la loi du marché qui restait perçue comme un
meilleur moyen de procéder. Le SIERRA LEONE déclara que l'échec
de l'approche fondée sur la loi du marché en matière de
transfert technologique était une raison pour reconsidérer la
manière de procéder. L'UE appuya l'AUSTRALIE dans sa
proposition d'établir un mécanisme d'échange d'informations
similaire à celui mis en place dans le cadre de la Convention
sur la Biodiversité. L'orateur s'opposa par contre à la création
d'un nouveau mécanisme financier. Les délégués devaient ensuite
débattre: de la nécessité, de la forme et des fonctions
éventuelles du MTT; des questions touchant au transfert des
technologies du domaine public; des traits du processus
consultatif; et du rôle du dialogue entre les Parties.
La Présidente nota le consensus émergeant autour: de la
nécessité de progresser; des termes décrits dans la section
consacrée au sujet du renforcement des capacités dans la
proposition du G-77/Chine; et de la nécessité du dialogue, des
consultation et des échanges d'information. Elle nota également
qu'il y avait convergence sur certains aspects entre les
positions des Parties, bien qu'un accord sur la terminologie
restait nécessaire. Elle indiqua en outre qu'il y avait
désaccord sur le point de savoir s'il fallait avoir un
mécanisme/processus/système/fonds, sur sa forme et ses
fonctions, et sur les éléments nécessaires à l'action immédiate.
Elle appela enfin les délégués à considérer les questions et à
reprendre les discussions le 6 novembre.
DANS LES COULOIRS
Les négociations officielles de la CdP-4 ont considérablement
mûri depuis les échanges conflictuels cathartiques de lundi.
Certains observateurs ont suggéré cependant que des pourparlers
sur des sujets politiques sensibles étaient en cours dans les
coulisses. L'un des délégués a noté que la question du transfert
des technologies menaçait de se transformer en question centrale
dans ces réunions. Il devait faire part de sa préoccupation de
constater que certains pays industrialis�s ont sous-estim�
l'importance que le G-77/Chine accorde � la question, qui irait
sans doute jusqu'� l'arr�t des n�gociations si la CdP ne prenait
pas une d�cision. D'autres observateurs ont sugg�r� que des
consultations ont �t� initi�es par la Partie h�te, et qu'elles
se poursuivraient durant le week-end.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPES DE CONTACT: Des groupes de contact se tiendront tout
au long de la matin�e. Consulter le programme officiel pour les
salles et les horaires.
PLENIERE CONJOINTE SBI/SBSTA: La pl�ni�re conjointe se
r�unira � partir de 13h dans la Salle Pl�ni�re I.
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