Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 12 No. 90 jeudi 05 novembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA QUATRIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CCCC
4 NOVEMBRE 1998
L'Organe Subsidiaire de Conseil scientifique et Technologique
(SBSTA) et l'Organe Subsidiaire de Mise en uvre (SBI) devaient
procéder à l'examen des mécanismes de souplesse du Protocole de
Kyoto au cours d'une plénière et d'un groupe de contact
conjoints. Le SBSTA devait débattre par ailleurs du
développement et du transfert des technologies, et de la
recherche et de l'observation systématique. De son côté, le SBI
devait se pencher sur les thèmes de communications nationales,
de mécanisme financier et des amendements aux Annexes de la
CCCC.
SESSION CONJOINTE SBSTA/SBI
Le SBI et le SBSTA discutèrent des mécanismes de flexibilité
du Protocole de Kyoto (FCCC/1998/CP/MISC.7 and Add.1;
FCCC/SBSTA/1998/6; FCCC/CP/1998/INF.3). Le G-77/CHINE réitéra la
nécessité des mécanismes de souplesse permettant d'avancer par
étapes. Le MEXIQUE déclara que des quotas en matière de mise en
uvre seraient impropres et la flexibilité au niveau des
critères du développement durable est requise. Le BRESIL déclara
que le MDP ne doit pas être opérationnel avant la ratification
du Protocole et la mise en place de mesures nationales. L'AOSIS
affirma, entre autres, que la complémentarité doit être le
concept directeur essentiel des mécanismes.
Le GROUPE AFRICAIN souligna la nécessité de limiter
l'utilisation des mécanismes de souplesse à une hauteur
acceptable car le principal l'objectif de la CCCC consiste à
encourager l'action domestique. Un travail approprié dans le
domaine de l'allégement de la dette en Afrique permettrait
d'instaurer un environnement favorable à la mise en place d'un
large éventail de projets M DP. L'orateur appela à la mise en
place d'un processus préparatoire pour donner aux pays Africains
l'opportunité d'entreprendre des projets MDP. Le délégué devait
souligner l'importance de l'équité au niveau du MDP et suggérer
de se focaliser sur le développement de l'infrastructure dans le
continent.
L'UE déclara que les mécanismes doivent être élaborés en
parallèle et de manière compatible. Le représentant indiqua que
les actions domestiques doivent constituer le principal moyen de
réduction des émissions et que les mécanismes ne doivent servir
que de compléments. L'orateur appela à une définition des
plafonds quantitatifs et qualitatifs sur la base de termes
équitables. La SUISSE suggéra la création d'un mécanisme de
conformité. L'UE, la SUISSE et la SLOVENIE déclarèrent que la
CdP-4 doit s'accorder sur autant de principes que possible et
adopter des programmes détaillés de mise en application du
Protocole de Kyoto. L'AUSTRALIE déclara que les mécanismes de
flexibilité doivent: être ouverts, fondés sur la loi du marché,
transparents, de bon rapport coût/efficacité et équitables;
permettre une couverture exhaustive, y compris des puits
d'absorption; et être interconnectés. Avec la NOUVELLE ZELANDE,
la représentante s'opposa à l'idée d'établir des restrictions
sur les échanges dans les quantité assignées, qualifiant de
telles restrictions d'inéquitables, onéreuses, arbitraires et
difficiles à mettre en application.
Avec le CANADA, les ETATS-UNIS et la NORVEGE, le JAPON mit en
exergue l'importance: d'aborder les mécanismes de flexibilité de
manière parallèle, en réalisant un accord précoce; et d'élaborer
un plan de travail pour les questions non résolues. Le délégué
souhaita voir les questions techniques bénéficier d'une
priorité. Appuyé par le CANADA et les ETATS-UNIS, il s'opposa à
l'idée d'établir des plafonds quantitatifs pour les réductions
réalisées à travers les mécanismes de flexibilité, notant
qu'aucun plafond n'était prévu pour les transferts pour les
quantités assignées dans le cadre de l'Article 4 du Protocole.
S'agissant du MDP, il souhaitait: la transparence; l'inclusion
des projets de développement des puits d'absorption;
l'implication du secteur privé; l'utilisation des fonds publics
pour s'assurer d'une distribution géographique équitable des
projets; et une approche standard et/ou par projet pour les
points de départ. Avec le CANADA, l'orateur ajouta que les pays
hôtes doivent déterminer les critères de développement durable.
Le CANADA déclara que le coût des mesures d'adaptation doit
être minime et prévisible. Les ETATS-UNIS soulignèrent
l'importance de réaliser les objectifs à un coût le moins élevé
possible pour bénéficier du soutien public. La REPUBLIQUE DE
COREE déclara que le secteur privé ne pouvait s'embarquer sur le
long terme que si les détails de la mise en opération du MDP
sont élaborés. Yvo De Boer (Pays-Bas) et Luis Gylvan Meira Filho
(Brésil) présideront conjointement le groupe de contact sur les
mécanismes.
SBI
Les délégués devaient se pencher sur l'évaluation de
l'information et des décisions éventuelles relevant de l'Article
4.2(f), qui traite de la question des amendements aux Annexes de
la CCCC (FCCC/CP/1998/13; FCCC/CP/1997/MISC.3). Le Président
rappela que des consultations informelles avaient été menées
durant les deux dernières sessions sans aboutir à un consensus.
Le PAKISTAN demanda aux Parties de supprimer la Turquie de
l'Annexe I. La TURQUIE déclara qu'elle restait incapable de
signer la CCCC en raison du fait qu'elle figure dans l'Annexe I.
L'UE déclara que les pays de OCDE devraient avoir des objectifs
juridiquement contraignants. Des consultations informelles
seront menées .
Concernant la seconde compilation et la synthèse des secondes
communications nationales des Parties visées à l'Annexe I, le
Secrétariat fournit une revue de la documentation et discuta des
lacunes constatées au niveau des données et des rapports
(FCCC/CP/1998/11; FCCC/CP/1998/11.Add.1; FCCC/CP/1998/
11.Add.2). Le débat inclut une référence au processus de l'étude
approfondie et à la proposition d'un exercice de comparaison des
données (FCCC/ CP/1998/4; FCCC/CP/1998/5; FCCC/CP/1998/MISC.8;
FCCC/CP/ 1998/INF.9). Le G-77/CHINE, avec les PHILIPPINES et la
CHINE, fit part de ses préoccupations concernant: les tendances
à la hausse des émissions des Parties de l'Annexe II ; les
activités touchant aux ressources financières et aux transfert
des technologies; le manque de progrès dans l'élaboration des
politiques et des mesures; et les lacunes au niveau des rapports
des Parties de l'Annexe I.
La NORVEGE, avec l'UE, l'AUSTRALIE, les ETATS-UNIS et le
CANADA, déclara que: les communications nationales et leurs
revues sont importantes dans le processus de la Convention; les
problèmes posés au niveau de l'élaboration des rapports et les
lignes directrices requièrent une attention accrue; et le
Secrétariat doit effectuer un travail plus analytique. L'UE, la
NOUVELLE ZELANDE, les ETATS-UNIS, la SUISSE, le CANADA et la
NORVEGE déclarèrent que la troisième communication nationale
devrait être due en l'an 2001. L'UE, la NORVEGE et les ETATS-
UNIS appuyèrent le papier proposé par le Secrétariat concernant
l'étude comparative des données de l'activité, en souhaitant
toutefois avoir des éclaircissement sur un certain nombre de
questions d'ordre technique et procédural. Un groupe de contact
coprésidé par Alexander Metalnikov (Fédération de Russie) et
Mahmoud Ould El Gaouth (Mauritanie) examinera le sujet.
Concernant les communications nationales des pays non visés à
l'Annexe I (FCCC/ CP/1998/MISC.4; FCCC/CP/1998/INF.2;
FCCC/CP/1998/CRP.1), le délégué des PHILIPPINES souligna la
nécessité du renforcement des capacités et du financement,
lesquels doivent suivre les lignes directrices des
communications initiales dans la Décision 10/CP.2. La CHINE,
appuyée par le TOGO et la REPUBLIQUE CENTRE AFRICAINE, déclara
que la décision reconnaissait la nécessité de ressources
financières supplémentaires adéquates pour les inventaires qui
représente une tâche énorme pour certains pays en développement.
Le CHILI et la COLOMBIE donnèrent un aperçu sur les efforts
fournis dans le cadre de leurs premières communications
nationales. L'URUGUAY et la COREE décrivirent leurs
communications initiales et leurs efforts nationaux en cours
visant à limiter les GES.
L'UE déclara que les communications doivent être considérées
sur la base de l'échelon nationale et que des ateliers plus
fréquents seraient bénéfiques. La SUISSE et l'AUSTRALIE
souhaitèrent voir les communications des pays non visés à
l'Annexe I subir un processus d'évaluation similaire à celui des
pays de l'Annexe I. Dan Reifsnyder (ETATS-UNIS) présidera un
groupe de contact sur ce sujet.
Les délégués devaient ensuite débattre du Rapport concernant
le Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM) (FCCC/CP/1998/12;
FCCC/CP/1998/12.Add.1; FCCC/CP/ 1998/MISC.3) le mécanisme
financier et le processus d'évaluation (FCCC/SBI/1998/MISC.4,
FCCC/SBI/1998/MISC.4.Add.1; FCCC/ CP/1998/MISC.3). Plusieurs
Parties pays en développement suggérèrent une réorientation
politique du FEM pour mieux répondre à leur besoins, tels que
ceux relatifs à la poursuite des communications des pays non
visés à l'Annexe I. Plusieurs Parties pays industrialisés
suggérèrent que le FEM devrait continuer à servir d'entité
financière de la Convention, même si des améliorations sont
nécessaires. Le Président Kante appela à l'unité dans les rangs
des délégués pour résoudre la situation du FEM et dégager une
solution. John Ashe (Antigua et Barbuda) et Dan Reifsnyder
(ETATS-UNIS) présideront un groupe de contact sur cette
question.
Au sujet de la seconde revue de l'adéquation de l'Article
4.2(a) et (b) (FCCC/CP/1997/7; FCCC/CP/1998/MISC.6;
FCCC/CP/1998/ MISC./Add.1), Il y eut consensus parmi les Parties
que les engagements actuels étaient inadéquats et qu'une
décision devait être prise par la CdP-4. Le G-77/CHINE et
plusieurs pays en développement déclarèrent: que la question
était importante pour la Convention; qu'une décision claire
définissant les nouveaux engagements devait être prise; et que
les pays industrialisés étaient en train d'essayer de se dérober
de leurs responsabilités dans ce domaine. Plusieurs pays
industrialisés indiquèrent qu'une résolution sur cette question
était possible à la CdP-4 mais que la décision devait être
orientée vers l'avenir et créer un cadre favorable capable
d'inclure un large éventail d'engagements. Un groupe de contact
planchera sur la question. Après des consultations, le SBI
décida de reporter à la CdP-5 la décision concernant la
situation de la Turquie au sein de l'Annex I.
SBSTA
Le SBSTA procéda à l'examen des thèmes du développement et du
transfert des technologies, et de la recherche et de
l'observation systématique (FCCC/CP/1998/6; FCCC/CP/ 1998.MISC.5
et Add 1-2; FCCC/TP/1998/1; FCCC/1998/CP/ 11.Add.1). Le
représentant de CLIMATE TECHNOLOGY INITIATIVE (CTI) déclara que
l'initiative visait à renforcer la coopération internationale
aux fins d'accélérer la diffusion et le développement des
pratiques et des technologies écologiquement rationnelles. Le
JAPON décrivit son programme avec la Chine et son réseau
régional sur Internet relatif aux changements climatiques. L'UE
demanda au Secrétariat de considérer les voies et moyens de
compléter la coopération technique par le transfert des
technologies.
Le G-77/CHINE déclara que sans savoir-faire technique
pratique, le transfert technologique était impossible. Le
SENEGAL déclara que si l'on veut que les pays en développement
concrétisent les engagements qui sont les leurs, le transfert
des technologies doit s'accompagner d'un renforcement des
capacité. Les ETATS-UNIS s'opposèrent à une proposition du G-
77/Chine appelant à la mise en place d'un nouveau mécanisme de
transfert de technologies, étant donné qu'il serait difficile de
s'entendre sur ses termes de référence. L'ARGENTINE, avec
l'AOSIS, souligna la nécessité de considérer les mesures
d'adaptation et les mesures d'atténuation. L'orateur appuya
l'idée de donner au Secrétariat un rôle dans l'établissement des
liens entre les pourvoyeurs et les récipiendaires des
technologies et aux organisations internationales un rôle dans
la mise à disposition des ressources.
Avec la GRENADE et la COREE, la CHINE mit en relief le rôle
des gouvernements nationaux et des organisations internationales
et déclara que le transferts des technologies doit s'effectuer
sur une base non commerciale et à des termes préférentiels. La
représentante ajouta que le transfert des technologies est lié à
la Convention et ne doit pas être rattaché au Protocole de
Kyoto. Elle remit en question l'évaluation des expériences,
notant que des progrès minimes ont été réalisés dans le domaine
du transfert des technologies depuis 1992, et préféra voir les
efforts se focaliser plutôt sur les technologies disponibles que
sur l'évaluation des technologies émergeantes.
Notant la nécessité d'instaurer un environnement favorable et
les possibilités offertes par le MDP, le CANADA et l'AUSTRALIE
déclarèrent que le secteur privé doit être le principal véhicule
du transfert technologique. La COREE et le CANADA apportèrent
leur appui au travail sur les inventaires des sources de
nouvelles technologies et sur l'identification des lacunes.
L'AUSTRALIE apporta son soutien à l'analyse des barrières
entravant le transfert des technologies et suggéra au SBSTA de
recourir à son fichier d'experts. L'orateur proposa la mise en
place d'un réseau sur l'Internet pour améliorer la diffusion de
l'information.
Avec les ETATS-UNIS, la COREE déclara que le débat sur les
thèmes conceptuels ne doit pas empêcher la progression du
programme de travail. Les ETATS-UNIS ajoutèrent que le transfert
des technologies doit être pratique, spécifique aux secteurs, et
adapté aux priorités des pays. L'orateur proposa au Secrétariat
d'élaborer un rapport sur le transfert des technologies et les
efforts de d�veloppement fournis par les Parties et de le
soumettre � la consid�ration du SBSTA � sa prochaine session et
endossa la proposition du Secr�tariat d'�tablir un processus
consultatif visant � r�aliser un consensus sur les �tapes �
venir. L'IRAN pr�f�ra encourager la participation des
gouvernements et des entreprises priv�es dans le transfert
technologique.
La MALAISIE fit part de sa d�ception quant � l'absence de
progr�s enregistr�s ces derni�res ann�es et appela les pays
industrialis�s � �tablir des centres d'information. Le
repr�sentant de R�SEAU ACTION CLIMAT proposa que les
technologies soient accompagn�es des �valuations les moins
on�reuses, i.e. comptabilisant les co�ts culturels, financiers
et autres. L'orateur appela � un transfert technologique adapt�
aux r�alit�s locales. Un groupe de contact copr�sid� par Wanna
Tanunchaiwatana (Thailande) et Renata Christ (CE) fut convoqu�
pour d�battre de cette question.
Concernant la Recherche et la Surveillance Syst�matique, le
repr�sentant de Global Climate Observing Systems (GCOS) pr�senta
le Rapport sur l'Ad�quation des Syst�mes Mondiaux de
Surveillance des Changements Climatiques. Le document
recommande, entre autres, aux Parties d'�laborer des plans
nationaux et de proc�der � l'�change des donn�es pertinentes. Le
repr�sentant du Global Ocean Observing System (GOOS) fit
�galement une pr�sentation.
L'OMM mit l'accent sur les probl�mes touchant � la qualit� et
� la fr�quence des Surveillances, et les lacunes spatiales
int�ressant certaines zones importantes d'un point de vue
climatique. Appuy� par plusieurs Parties et par le PNUE, le
repr�sentant souligna l'importance du renforcement des
capacit�s, de l'aide financi�re et de l'am�lioration de la
surveillance et du suivi de l'�volution climatique. L'AUSTRALIE
apporta son soutien aux recommandations du Rapport du GCOS.
L'ISLANDE appela � la multiplication des efforts pour am�liorer
la capacit� de surveillance en mer. Notant le consensus
�mergeant sur la n�cessit� de traiter le probl�me de la
d�gradation des syst�mes de surveillance, le Pr�sident proposa
la tenue de consultations informelles copr�sid�es par le Dr Sue
Barrell (Australie) et le Dr Mohammed Mhita (Tanzanie).
GROUPE DE CONTACT CONJOINT SUR LES MECANISMES DE SOUPLESSE
Le groupe de contact conjoint discuta de l'�laboration d'un
programme de travail exhaustif sur les m�canismes de
flexibilit�. L'UE et le Groupe Parapluie distribu�rent un
certain nombre de projets de d�cisions et de documents de
discussion. D'autres Parties, dont le G-77/CHINE, souhait�rent
avoir un d�lai pour examiner le volume de la documentation.
Plusieurs Parties pays en d�veloppement appuy�rent l'id�e de
traiter une gamme plus importante de questions touchant aux
m�canismes de souplesse, y compris le transfert technologique,
les effets adverses, les m�thodologies, l'�laboration des
rapports et la mise en conformit�. Deux petits Etats insulaires
apport�rent leur soutien � l'id�e de retenir un ensemble
indivisible de 11 th�mes pour le programme de travail. Le
Pr�sident distribua une faux Projet de Programme de Travail
sur les M�canismes et conduira des consultations informelles.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SESSION CONJOINTE SBI/SBSTA: La s�ance de travail conjointe
d�butera � 10h dans la Salle Pl�ni�re.
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