Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 12 No. 89 mercredi 04 novembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA QUATRIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CCCC
3 NOVEMBRE 1998
L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique
(SBSTA) devait débattre des questions relatives aux changements
d'affectation intervenus au niveau de l'utilisation des terres
et de la foresterie (LUCF) et examiner un projet de décision
portant sur les projets particuliers. L'Organe Subsidiaire de
Mise en uvre (SBI) devait, de son coté, débattre des questions
d'organisation et convoquer un groupe de contact sur
l'application des Articles 4.8 et 4.9 de la Convention (décision
3/CP.3 et Articles 2.3 et 3.14 du Protocole de Kyoto). Une
réunion conjointe SBSTA/SBI devait se focaliser sur les
questions touchant aux mécanismes de souplesse du Protocole de
Kyoto.
SBSTA
Le Président du SBSTA, Kok Kee Chow (Malaisie) rappela aux
délégués que nombre de thèmes clefs dont ceux du développement
et du transfert des technologie et des mécanismes du Protocole
de Kyoto avaient été référés au SBSTA. Le Président du GICC,
Robert Watson, informa le SBSTA de l'état d'avancement du
Troisième Rapport d'Evaluation (TRE) et du quatrième rapport
spécial du GICC. L'orateur déclara que le TRE, qui sera
exhaustif et qui couvrira toute la gamme des questions
scientifiques, techniques, économiques et sociales liées aux
changements climatiques, sera de pertinence politique sans être
prescriptif. L'orateur devait indiquer que la philosophie du
TRE embrassera le concept de développement durable et tentera de
placer la question des changements climatiques dans une position
plus centrale dans le contexte socio-économique. Les sujets de
pertinence politique particulière engloberont, entre autres, les
liens entre les questions environnementales locales, régionales
et mondiales et les effets du Protocole de Kyoto ratifié sur le
commerce.
Les Rapports Spéciaux sur l'aviation et l'atmosphère, les
aspects méthodologiques et techniques du transfert de la
technologie et les scénarios en matière d'émissions de gaz à
effet de serre et des précurseurs aérosol seront respectivement
achevés en avril 1999, fin 1999 et début 2000. Le Rapport
Spécial sur les changements d'affectation au niveau de
l'utilisation des terre et de la foresterie, requis pour rendre
opérationnels les articles pertinent du Protocole de Kyoto, sera
terminé d'ici Mai 2000. L'orateur souligna la nécessité
d'améliorer l'infrastructure scientifique et technologique dans
les pays en développement. Le Secrétariat introduisit le
document relatif à ce sujet (FCCC/CP/1998/INF.4; FCCC/CP/1998/
MISC. 1 and Add.1; FCCC/CP/1998/MISC.9 and Add.1).
Paul Maclons (Afrique du Sud) et Maciej Sadowski (Pologne)
présentèrent un rapport sur le récent atelier qu'ils ont présidé
à la requête du SBSTA-8. L'Atelier s'est focalisé sur la
disponibilité des données retenues sur la base des définitions
utilisées par les Parties et par les organisations
internationales, y compris leurs implications, ayant rapport
avec l'Article 3.3 (forêts) du Protocole de Kyoto. L'atelier
devait coïncidé avec la réunion d'experts du GICC dont
l'objectif était d'élaborer les grandes ligne du rapport
spécial. Les Coprésidents notèrent que le SBSTA pourrait avoir
besoin de clarifier les points de savoir si oui ou non et à quel
moment le GICC devrait élaborer des tableaux détaillés, formats
et instructions détaillés pour le traitement des implications du
Protocole de Kyoto sur les Directives Révisées pour les
inventaires nationaux des gaz à effet de serre (GES).
La FAO présenta un rapport sur ses récentes activités en
rapport avec les changements climatiques. L'OUGANDA souligna la
nécessité d'une discussion exhaustive des Articles 5 et 6 de la
CCCC (conscientisation publique) au niveau politique, technique
et communautaire. Le BRESIL souligna que le SBSTA doit
appréhender les questions touchant à la foresterie de la
perspective de l'évolution climatique. Le délégué nota que ce
sujet pouvait à lui seul miner le Protocole de Kyoto si la CdP
devait prendre la mauvaise décision quant à la manière de tenir
compte de son influence sur les concentrations de GES.
La NORVEGE indiqua que l'atelier avait révélé que les crédits
pour les puits d'absorption du carbone prévus dans le cadre de
l'Article 3.3 du Protocole (forêts) pouvait s'avérer d'un apport
négatif. Le représentant ajouta qu'il était important que les
discussions sur les définitions tiennent compte de ce point. La
SUISSE, avec les ILES MARSHALL, souhaita le report des travaux
concernant les Articles 3.3 et 3.4 (sols agricoles) en
attendant la mise à disposition du rapport spécial du GICC. Le
CANADA souligna la capacité des sols à retenir le carbone et
nota l'opportunité que cela offrait aux agriculteurs pour la
poursuite des pratiques durables en matière de gestion des
terres. Avec l'ISLANDE, l'AUSTRALIE et le JAPON, l'orateur
appuya l'offre des ETATS-UNIS d'abriter un atelier du SBSTA en
1999. L'ISLANDE se déclara favorable à la poursuite du dialogue
du SBSTA sur les puits d'absorption, focalisé entre autres sur:
les critères de sélection pour les activités additionnelles, et
les modalités, les règles et les lignes directrices nécessaires
à l'application de l'Article 3.4 du Protocole.
L'ILE MAURICE déclara que la réduction des émissions dues à
l'homme ne doit pas être oubliée dans le débat sur les puits
d'absorption. Les PHILIPPINES, les ILES MARSHALL et l'ARGENTINE
apportèrent leur appui à l'appel en faveur d'une augmentation du
budget du GICC pour s'assurer de la pleine participation des
experts des pays en développement. L'UE suggéra l'élaboration
d'un échéancier pour la soumission du rapport spécial du GICC.
L'INDONESIE proposa de lier la question du changement
d'affectation des terres et de la foresterie dans le Protocole à
d'autres accords environnementaux internationaux, tels que la
Convention sur la Diversité Biologique. Le MEXIQUE mit en relief
le besoin d'examiner les liens entre les questions
environnementales locales, régionales et mondiales. La BARBADE
déclara que c'est la science qui doit guider le travail de la
CdP sur le changement d'affectation. GREENPEACE déclara que le
GICC doit prévenir la possibilité de voir certains jugements au
niveau des définitions, donner lieu à des incitations perverses
ou négatives. Le Président du GICC assura les délégués que leurs
préoccupations seront prises en ligne de compte dans la
préparation du rapport.
Le délégué des ETATS-UNIS interrogea le GICC sur les liens
entre les processus de la Convention et du Protocole de
Montréal. L'orateur mit en exergue les avantages ancillaires des
activités de séquestration du carbone et affirma que leur
exclusion serait une violation à la Convention. L'AUSTRALIE
déclara que le travail du SBSTA sur la question du changement
d'affectation des terres et de la foresterie doit s'effectuer en
parallèle et rapport étroit avec celui du GICC. Le délégué
indiqua que le SBSTA-9 doit élaborer un projet de décision pour
la CdP-4 présentant un plan de travail pour le développement des
modalités, des règles et des lignes directrices relatives à ce
thème. Le JAPON soumit deux papiers ayant trait aux Articles 3.3
et 3.4, renfermant les points devant être examinés et appuyant
le calendrier de travail approuvé au SBSTA-8.
L'ISLANDE soumit un projet de décision applicable aux projets
particuliers opérationnels après 1990 et contribuant dans la
première période d'engagement, à hauteur de plus de cinq pour
cent du total des émissions de gaz à effet de serre d'une Partie
donnée de l'Annexe B, à présenter dans un rapport séparé et non
inclus dans les totaux nationaux. Cela permettrait à la Partie
en question de dépasser la quantité qui lui est assignée à
condition que le total de ses émissions soient moins de 0.05%
des émissions de l'Annexe I en 1990. Le délégué était nécessaire
dans les économies de petite taille, car l'impact proportionnel
des projets particuliers y est très élevé.
LES ILES MARSHALL, appuyées par le BRESIL, la BARBADE et
TUVALU, déclara que le projet de décision risquait de mener à
des dispenses spéciales avant l'entrée en vigueur du Protocole
de Kyoto et d'encourager les augmentations d'émission dans les
pays de l'Annexe I. Avec l'AUTRICHE, le CANADA et la BARBADE,
l'orateur requit un délai pour tenir des consultations.
L'AUSTRALIE reconnut l'impact des projets particuliers sur les
économies de petite taille et appuya l'établissement de lignes
directrices et de méthodologies permettant de spécifier les
circonstances dans lesquelles les projets particuliers peuvent
être accommodés. Le CANADA et le BRESIL déclarèrent que le
projet de décision risquait d'établir un précédent affectant
l'intégrité du Protocole. Le BRESIL nota que le Protocole de
Kyoto prévoyait des mécanismes permettant aux Parties de
l'Annexe I de chercher les alternatives peu coûteuses en
matière de réduction d'émission.
Le délégué des ETATS-UNIS déclara que la différentiation au
niveau des quantités assignées établie dans le Protocole
permettait la prise en compte des différentes situations
nationale. L'orateur affirma que le projet de décision de
l'Islande était en conformité avec le Protocole. L'ISLANDE nota
que cette question avait été identifiée lors de la CdP-3, et
qu'elle est soulevée aujourd'hui simplement pour faciliter la
ratification du Protocole. Le représentant établit une
distinction entre les effets proportionnels significatifs
résultant des projets planifiés et ceux découlant d'événements
imprévus. La Présidente demanda à Ole Ploughmann (Danemark) de
conduire des consultations et d'élaborer un projet de décision
pour le SBSTA.
Le représentant d'ANTIGUA et BARBOUDE s'opposa à l'idée
d'établir des cas d'exception échappant au Protocole de Kyoto.
La Présidente déclara qu'elle tiendra des discussions
informelles pour parvenir à un projet de conclusion acceptable.
Concernant la proposition du Brésil sur les Aspects
Scientifiques et Méthodologiques, le BRESIL la décrivit comme
servant à répartir les responsabilités entre les différents
émetteurs sur la base de leurs actions mesurées plutôt par
l'augmentation des températures mondiales que par les émissions.
L'INDONESIE appuya l'ouverture d'un débat sur le sujet. La
GEORGIE souligna que le suivi des GES nécessitait une
amélioration. Le délégué des ETATS-UNIS déclara que
l'utilisation des changements de température comme seul
indicateur de responsabilité, faisait fi de facteurs socio-
économiques pertinents. L'UE apporta son appui à la proposition
Brésilienne.
SBI
L'Organe Subsidiaire de Mise en uvre (SBI) devait débattre
des questions d'organisation et des questions transmises au SBI
par la CdP. Le Président Bakary Kante nota que de nombreux
points restaient à résoudre d'ici le 10 novembre. Concernant
l'organisation des travaux, la Présidente informa que les
calendriers améliorés seront mis à disposition. Le Secrétariat
donna un aperçu sur un certain nombre de questions
administratives et financières (FCCC/CP/1998/8/ Add.1;
FCCC/CP/1998/9; FCCC/CP/1998/10 et FCCC/CP/1998/ INF.1). Une
brève discussion devait ensuite avoir lieu et la Présidente
décida de tenir des consultations sur les points soulevés.
S'agissant du programme des réunion de la période 2000-2001,
l'UE, appuyée par le CANADA et l'AUSTRALIE, proposa que la CdP-5
soit tenue en 2000 au lieu de 1999. Avec l'ARABIE SAOUDITE, la
CHINE, le VENEZUELA et le NIGERIA, la MAURITANIE fit objection à cette proposition. Si la CdP est reportée, déclara-t-
il, les gouvernements pourraient ne pas sentir le besoin de
ratifier le Protocole. La CHINE nota que plusieurs points
relevant de la Convention étaient encore non résolus et qu'on
avait besoin de temps pour préparer l'entrée en vigueur du
Protocole. Le NIGERIA fit objection à une proposition des ETATS-
UNIS d'alterner CdP de niveau ministériel et CdP de niveau non
ministériel. Le CANADA appela à des consultations sur ce sujet
sous la conduite de la présidente.
Au sujet du groupe de contact convoqué pour l'examen des
Articles 4.8 et 4.9 (effets adverses) de la CCCC et des articles
en rapport du Protocole de Kyoto (2.3 et 3.14), l'ARABIE
SAOUDITE souligna la nécessité d'avoir un texte sans ambiguïtés
susceptible d'être adopté par la CdP. La MAURITANIE appela le
Secrétariat à fournir des informations plus détaillées
concernant les Parties qui fournissent et qui reçoivent des
fonds. La BOLIVIE suggéra de charger le Secrétariat de mener des
investigations sur les pratiques en vigueur dans le cadre des
Articles 4.8 et 4.9. Les ETATS-UNIS et le CANADA indiquèrent que
les questions soulevées par les Articles 4.8 et 4.9 et par les
décisions qui en découlent doivent être séparées. Avec
l'AUSTRALIE, Ils déclarèrent que ce point doit être considéré de
manière non politique. L'UE reconnut les préoccupations des pays
en développement et suggéra de donner une priorité à la mise en
place de mesures d'atténuation efficaces et à la compilation des
données techniques.
SESSION CONJOINTE SBI/SBSTA
La séance de travail conjointe SBI/SBSTA examina l'état
d'avancement des Activités Exécutées Conjointement (AIJ) de la
phase pilote. Le Secrétariat présenta un rapport sur 95 projets,
les principales questions d'ordre méthodologique et les points
soulevés lors des ateliers sur ce thème (FCCC/CP/1998/2,
FCCC/CP/ 1998/INF.3, FCCC/CP/1998/MISC.7 et FCCC/CP/1998/
MISC7.add1).
Le G-77/CHINE, appuyé par plusieurs pays en développement fit
observer que les AIJ sont séparées des mécanismes découlant du
Protocole. Le porte-parole déclara que même si le nombre des
projets s'est accru, la représentation restait faible. Il
indiqua par ailleurs que les détails fournis n'étaient pas
suffisants pour permettre de tirer des conclusions et que la
phase pilote devait �tre prorog�e. La plupart des Parties non
vis�es � l'Annexe I n'ont pas fait l'exp�rience des AIJ ni eu
l'occasion d'�valuer un projet AIJ dans leur pays. Plusieurs
Parties firent observer que davantage d'exp�rience et de
renforcement des capacit�s pr�parerait mieux aux m�canismes du
Protocole.
La SUISSE, avec la NORVEGE, le JAPON, la SLOVENIE, l'UE, les
ETATS-UNIS, l'AUSTRALIE et la COLOMBIE, soutint que la phase
pilote des AIJ permettait de tirer des enseignements pour les
m�canismes de souplesse. Une �valuation de la phase pilote de
AIJ pour la CdP-5 apportera un appui � l'�laboration de ce
travail. La POLOGNE fit remarquer qu'une �valuation du processus
pouvait expliquer pourquoi certains pays sont exclus et r�soudre
quelques-unes des pr�occupations du G-77/CHINE. Apr�s un long
d�bat, les copr�sidents indiqu�rent que des n�gociations
informelles seront tenues sur ce sujet.
DANS LES COULOIRS
Quelques observateurs des ONG ont cru percevoir des signes
d'hostilit�s dans le climat des n�gociations lorsqu'un certain
nombre de pays en d�veloppement r�sist�rent � l'id�e d'une
�valuation dans un avenir imm�diat de la phase pilote des AIJ et
appel�rent � sa prorogation. Quelques d�l�gu�s de pays en
d�veloppement ont expliqu� qu'ils �taient d�termin�s � obtenir
une prorogation de la phase pilote pour permettre � un nombre
plus important de pays d'acqu�rir une exp�rience avant la mise
en uvre du MDP. Un observateur ONG � sugg�r� toutefois que les
Etats-Unis risquaient de devoir payer cher sa position
concernant la question des engagements volontaires si
l'application des m�canismes de souplesse venait � �tre
retard�e. Cela pourrait aboutir � des incertitudes quant �
l'engagement des Parties de l'Annexe B vis � vis du Protocole et
� leur pr�paration de r�soudre le probl�me des �missions de GES.
L'ironie veut que cela pourrait d�f�rer pour les pays en
d�veloppement les conditions n�cessaires � assumer des
engagements volontaires.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SESSION CONJOINTE SBI/SBSTA: Cette session conjointe est
pr�vue � partir de 10h dans la Salle Pl�ni�re I.
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