Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 12 No. 87 lundi 02 novembre 1998
QUATRIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES
2-13 Novembre 1998
La Quatrième Conférence des Parties de la Convention-Cadre
sur les Changements Climatiques (COP-4) se déroulera du 2 au 13
novembre 1998 à Buenos Aires, Argentine. Les délégués y
discuteront de l'application des engagements de la Convention, y
compris ceux pris au plan des communications nationales, du
développement et du transfert des technologies, de la seconde
revue de l'adéquation des engagements et des activités de mise
en uvre conjointe (AIJ). Les délégués auront à débattre, par
ailleurs, d'un certain nombre de questions en rapport avec le
Protocole de Kyoto, dont celles touchant au changement intervenu
au niveau de l'utilisation des terres et de la foresterie, à
l'Article 6 (les réductions d'émissions certifiées), à l'Article
12 (mécanisme d'un développement propre) et à l'Article 17
(l'échange international en matière de droits d'émission). Les
délégués discuteront également des engagements volontaires des
Parties non visées à l'Annexe I. Un segment de Haut Niveau est
prévu les 12 et 13 novembre 1998.
BREF HISTORIQUE DE LA CCCC ET DU PROTOCOLE DE KYOTO
CdP-1: La première réunion de la Conférence des Parties de la
CCCC (CdP-1) eut lieu à Berlin du 28 mars au 7 avril 1995. Outre
le traitement d'un certain nombre de questions importantes
touchant au futur de la Convention, les délégués devaient y
parvenir à un accord sur ce que beaucoup estimaient êtrela
question centrale soumise à la CdP-1 - l'adéquation des
engagements, "le Mandat de Berlin". Le résultat consista en la
l'établissement du Groupe Spécial du Mandat de Berlin (AGBM)
chargé d'entamer un processus devant mener à l'action appropriée
pour la période de l'après 2000 et notamment le renforcement des
engagements des Parties visées à l'Annexe I, à travers
l'adoption d'un protocole ou autre instrument juridique.
La CdP-1 requit également du Secrétariat d'établir les
arrangements nécessaires aux sessions de l'Organe Subsidiaire
chargé de fournir les Avis Scientifiques et Technologiques
(SBSTA) et de l'Organe Subsidiaire chargé de la Mise en uvre
(SBI). Le SBSTA établissait le lien entre les études
scientifiques, techniques et technologiques, l'information
fournie par les organes internationaux compétents et les besoins
d'ordre politique de la CdP. Au cours du processus de l'AGBM, le
SBSTA devait aborder plusieurs questions, dont celle touchant au
traitement du Second Rapport d'Evaluation. Pour sa part, le SBI
fut mis en place pour l'élaboration des recommandations
susceptibles d'aider la CdP dans la revue et l'évaluation de
l'application de la Convention et dans l'élaboration et
l'exécution des décisions qui en relèvent. Le SBI devait aborder
un certain nombre de questions clés durant le processus de
l'AGBM, telles que celles touchant aux communications nationales
et aux activités de mise en uvre conjointe.
Le Groupe Spécial sur l'Article 13 (AG 13) fut mis en place
pour considérer l'opportunité d'établir un processus consultatif
multilatéral disponible aux Parties pour la résolution des
questions touchant à la mise en uvre. L'AG 13-1, tenue les 30
et 31 octobre 1995 à Genève décida de requérir des Parties, des
non Parties et des organisations intergouvernementales et non
gouvernementales (ONG) de répondre par écrit au questionnaire
concernant le processus consultatif multilatéral (PCM). Les
délégués devaient poursuivre leurs débats sur le sujet durant
les trois réunions encore. A la cinquième session, ils
s'accordèrent pour dire que le PCM doit avoir un caractère
plutôt consultatif que de supervision et que l'AG13 doit
terminer ses travaux avant la tenue de la CdP-4.
GROUPE SPECIAL SUR LE MANDAT DE BERLIN: L'AGBM devait se
réunir à huit reprises entre août 1995 et la CdP-3 en décembre
1997. Au cours des trois premières sessions, les délégués se
focalisèrent sur: l'analyse et la détermination de politiques et
mesures possibles permettant le renforcement des engagements des
Parties visées à l'Annexe I, la manière dont les pays visés à
l'Annexe I pourraient procéder à la répartition ou au partage de
nouveaux engagements et sur le point de savoir si les
engagements devaient prendre la forme d'un amendement ou d'un
protocole. L'AGBM-4 qui coïncida avec la CdP-2, réunie à Genève
en juillet 1996, paracheva son analyse approfondie des éléments
possibles du Protocole et les Etats y parurent prêts à élaborer
un texte de négociation. A l'AGBM-5 qui se déroula en décembre
1996, les délégués devaient reconduire ou non des mécanismes
accordant aux Parties visées à l'Annexe I une certaine souplesse
au niveau de la réalisation des objectifs quantitatifs de
limitation et de réduction des émissions (QELROs).
Alors que le Protocole était élaboré durant les sixième et
septième sessions de l'AGBM, respectivement en mars et août
1997, les délégués devaient "affiner" un texte de compilation -
cadre en procédant à la combinaison ou à l'élimination de
certaines dispositions en chevauchement parmi les nombreuses
propositions avancées. Une bonne partie du débat fut axée sur
une proposition émanant de l'UE préconisant pour un "panier" de
trois gaz à effet de serre, une baisse de 15% par rapport aux
niveaux de 1990, à réaliser d'ici l'an 2010. En octobre 1997, au
moment où démarrait l'AGBM-8, le Président Bill CLINTON, dans
l'intervention qu'il fit à partir de Washington pour annoncer la
position des Etats-Unis dans ces négociations, appela à "une
participation significative" des pays en développement. Les
débats qui avaient donné sa forme à l'accord conclu en 1995
devaient ainsi refaire surface, insistant de nouveau sur une
implication du G-77/Chine, à un niveau acceptable pour les
Etats-Unis. En réaction, le G-77/Chine se démarqua de toutes les
tentatives visant à amener les pays en développement à accepter
quoi que ce fût qui pût être interprété comme un nouvel
engagement.
CdP-3: La Troisième Conférence des Parties (CdP-3) de la CCCC
se déroula du 1er au 11 décembre 1997 à Kyoto au Japon. Plus de
10.000 participants incluant des officiels gouvernementaux et
des représentants d'organisations intergouvernementales, d'ONG
et de la presse devaient prendre part à cette Conférence qui
inclut un segment de haut niveau où des déclarations furent
données par pas moins de 125 ministres. Au terme d'une semaine
et demie de négociations formelles et informelles intenses, y
compris la séance commencée le dernier soir et poursuivie
jusqu'au lendemain, les Parties de la CCCC adoptèrent le
Protocole de Kyoto, le 11 décembre.
Dans le Protocole de Kyoto, les Parties visées à l'Annexe I
de la CCCC acceptèrent des engagements visant la réduction de
leurs émissions générales, pour six gaz à effet de serre, d'au
moins 5% par rapport à leurs niveaux de 1990, entre 2008 et
2012. Le Protocole établit également l'échange des droits
d'émission, "la mise en uvre conjointe" entre pays
industrialisés et le "mécanisme pour un développement propre"
(MDP) pour encourager la réalisation de projets de réduction
d'émission conjoints entre pays industrialisés et pays en
développement.
SELECTION DE REUNIONS DEPUIS KYOTO
REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIARES DE LA CCCC: Les organes
subsidiaires de la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques se sont réunis du 2 au 12 juin 1998 à Bonn,
Allemagne. Ce furent là les premières réunions formelles de la
CCCC depuis l'adoption du Protocole de Kyoto à la Troisième
Conférence des Parties (CdP-3) en décembre 1997. La huitième
session du SBSTA (SBSTA-8) s'accorda sur l'élaboration d'un
certain nombre de conclusions portant, entre autres, sur la
coopération avec les organisations internationales pertinentes,
les questions méthodologiques, et l'éducation et la formation.
La huitième session du SBI (SBI-8) parvint à des conclusions
sur, entre autres, les communications nationales, le mécanisme
financier et la seconde revue de l'adéquation des engagements
des Parties visées à l'Annexe I. A sa sixième session, le Groupe
Spécial sur l'Article 13 (AG13) conclut ses travaux sur les
fonctions du Processus Consultatif Multilatéral (PCM). Après un
examen conjoint par le SBI et le SBSTA et des débats étendus au
sein du groupe de contact sur les mécanismes de souplesse, les
délégués ne parvinrent à s'accorder que sur un document de
compilation renfermant les propositions avancées par le G-
77/Chine, l'UE et les Etats-Unis.
QUATORZIEME SESSION DU GROUPE INTERGOUVERNEMENTAL SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES (GICC): La 14ème Session Plénière du
GICC se tint à Vienne du 1er au 3 octobre 1998. Le GICC procéda
à l'approbation des chapitres relatifs au Rapport Spécial sur
l'Utilisation des Terres, les Changements intervenus au niveau
de l'Utilisation des Terres et la Foresterie. Le SBSTA requit le
Rapport Spécial du GICC au SBSTA-8. Le Rapport Spécial sera
terminé d'ici mai 2000, sous la houlette du Dr Robert T. Watson,
Président du GICC. Le GICC prit note des chapitres sur les
rapports des trois Groupes de Travail qui formeront les trois
premiers volumes de son Troisième Rapport d'Evaluation (TRE). Le
GICC prit également une décision concernant la procédure
d'approbation et d'adoption du Rapport de Synthèse de son
Troisième Rapport d'Evaluation. Le Rapport de Synthèse
consistera en un Résumé à l'adresse des Décideurs Politiques (5-
10 pages) et en un rapport de base plus long (ca. 50 pages). La
date butoir pour la finition du Rapport de Synthèse est la mi-
2001. Les rapports des Groupes de Travail du GICC (et leurs SPM)
seront achevés 3 à 4 mois plus tôt.
Le GICC procéda également à la revue et à l'amendement des
principes régissant ses travaux. Il décida l'établissement
d'une Cellule chargée des Inventaires Nationaux des Gaz à Effet
de Serre (TFI), dotée d'un Bureau et d'une Unité de Soutien
Technique (TSU/ TFI). Le Gouvernement japonais a accepté
d'établir et de maintenir la TSU/TFI à l'Institut des Stratégies
Environnementales Mondiales, une ONG basée près de Tokyo, et de
nommer un Coprésident pour la TFI. L'autre Coprésident sera issu
d'un pays en développement. D'ici le GICC-XVI, le Bureau de la
TFI comptera 8 à 12 membres choisis parmi les pays représentés
au sein du Bureau du GICC. Pour de plus amples renseignements,
contacter le Secrétariat du GICC, Organisation Météorologique
Mondiale, 41 Ave. Giuseppe-Motta, CP No. 2300, 1211 Genève 2,
Suisse; tel: (+41 22) 730 8284; fax: (+41 22) 733 1270.
SESSION DE CLOTURE IEA-PNUE A PARIS: le dernier de toute une
série d'ateliers régionaux conjoints IEA-PNUE sur le thème du
MDP se déroula à Paris, les 7 et 8 octobre 1998. Près de 130
participants venus de 41 pays devaient y prendre part. Des
experts en matière de Changements Climatiques, des négociateurs,
des délégués gouvernementaux, des ONG et des représentants de
l'industrie échangèrent leurs vues sur les questions
prioritaires à aborder à la CdP-4 et au-delà, pour la promotion
du MDP. Les autres ateliers avaient été tenus au Brésil, en
Inde, en Chine et au Ghana. L'IEA et le PNUE avaient pour
objectif l'amélioration de la prise de conscience concernant le
MDP et la fourniture d'une plate-forme informelle pour la
discussion.
Même s'il n'y eut pas de conclusions officielles, les
participants s'accordèrent pour dire que les projets réalisés
dans le cadre du MDP doivent réaliser: les objectifs de
développement durable établis par le pays en développement hôte;
des réductions d'émission à bon rapport coût/efficacité pour les
pays industrialisés; et une réduction des émissions mondiales de
GES. Les questions opérationnelles clés qui doivent être
traitées pour s'assurer de la crédibilité et de l'efficacité du
MDP: les procédures de gouvernance; l'établissement de lignes de
base et de définitions d'additionalité; un processus de
certification fiable; des règles claires, transparentes et sans
contraction; et un important effort de renforcement des
capacités dans les pays en développement pour l'élaboration, la
mise en uvre et le suivi des projets de MDP.
Parmi les principaux sujets non encore résolus: l'équité au
niveau de la mise en uvre du MDP (équilibre des avantages entre
les pays visés et les pays non visés à l'Annexe I, répartition
équilibrée des projets entre les régions dans les pays non visés
à l'Annexe I); la définition claire des procédures de
gouvernance, des lignes de base et du processus de
certification; le partage des crédits (pourcentage des
réductions d'émissions certifiées "REC" entre les pays hôtes et
les pays investisseurs); l'interconnexion entre les projets MDP
et les priorités de développement durable; les liens avec les
autres mécanismes de coopération, y compris la possibilité de
l'imposition d'un droit d'adaptation sur tous les mécanismes et
d'un plafond sur toutes les utilisations de ces mécanismes pour
la réalisation des engagements de Kyoto; et davantage de
spécificité au niveau du renforcement des capacités dans le
domaine de l'élaboration et de la mise en application du MDP --
pourquoi, au profit de qui et quels fonds utiliser.
Les participants devaient par ailleurs mettre en exergues les
risques suivants: la dévaluation des engagements nationaux dans
les pays visés à l'Annexe I ou le risque que le Protocole de
Kyoto ne soit pas ratifié (création d'une baisse de la demande
en matière de REC); prix des REC influencé par l'échange des
droits d'émission et autres opportunités d'actions de bon
rapport coût/efficacité. Bien qu'ils n'aient pu parvenir à un
consensus (ni chercher à en réaliser un) les participants
déclarèrent avoir quitté l'atelier avec une meilleure
compréhension des points de vue des uns et des autres et une
meilleure id�e des pr�occupations � r�soudre � la CdP-4. Cela
permettra aux n�gociateurs d'avoir moins de "surprises" et de
leur fixer les priorit�s du travail apr�s la COP- 4. L'IEA et le
PNUE organisent un �v�nement en marge de la CdP- 4, le 6
novembre de 13:00 � 15:00, durant lequel ils pr�senteront les
r�sultats des ateliers r�gionaux sur le MDP et informeront les
n�gociateurs des principales conclusions de leur effort
conjoint.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unit � partir de 10:00 et se
poursuivra, si n�cessaire, dans l'apr�s-midi. Les organes
subsidiaires se r�uniront � l'issue de la Pl�ni�re.
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