Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 80
vendredi 5 Juin 1998
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA CCCC
JEUDI 4 JUIN 1998
Les délégués auprès de l'Organe Subsidiaire chargé de l'Avis Scientifique et
Technique (SBSTA) devaient délibérer sur les questions méthodologiques, la liste
d'experts et le transfert des technologies. L'Organe Subsidiaire chargé de la Mise en
uvre (SBI) devait aborder pour sa part, les communications nationales des Parties
non visées à l'Annexe I, le mécanisme de financement, les effets négatifs de
l'évolution climatique et l'impact des mesures de réponse, les aspects administratifs et
financiers de la CCCC et la participation des ONG.
ORGANE SUBSIDIAIRE CHARGE DE LA MISE EN UVRE
Au sujet du soutien financier et technique et de l'action du FEM concernant les
communications des Parties non visées à l'Annexe I, le Secrétariat indiqua que huit
premières communications avaient été reçues jusque là, et que vingt trois étaient
attendues en 1998, et trente en 1999. La date butoir est mars 1998. L'UE et d'autres
appelèrent à une décision par la CdP-4 sur les évaluations par des experts nationaux.
Le porte-parole des G-77/CHINE mit l'accent sur les contraintes financières et techniques
et sur le renforcement des capacités d'adaptation. Le SRI LANKA souligna la nécessité
d'une formation en matière d'adaptation au profit de toutes les régions. La THAILANDE
nota ses difficultés avec le model de détermination des mesures d'adaptation. La GEORGIE
et l'AZERBAIDJAN soulignèrent l'importance de la continuation du soutien du FEM. Une aide
est requise pour: les finances et le savoir-faire (MAROC); les besoins techniques (BURKINA
FASO); la mise en uvre à long terme (REPUBLIQUE CENTRE AFRICAINE, ARGENTINE); la
vulnérabilité (ARGENTINE); l'atténuation des émissions dans différents secteurs et la
formulation de programmes de mise en uvre (URUGUAY, ARGENTINE); et les secondes
communications nationales (SENEGAL, MEXIQUE).
Le porte-parole des G-77/CHINE rappela au PNUE et au PNUD qu'ils sont des agences
d'exécution de l'entité opérant le mécanisme de financement. Le NIGERIA suggéra la
mise en place de bureau sous-régionaux du FEM pour le suivi des projets. Le BURKINA FASO,
la THAILANDE et l'AZERBAIDJAN appelèrent à des traductions des lignes directrices. Le
SENEGAL, avec l'ARGENTINE, nota les contraintes posées au niveau de la traduction et de
la diffusion des communications. L'UE et l'AUSTRALIE soulignèrent la nécessité
d'accélérer la soumission des premières communications, avec l'assistance du FEM.
L'OUZBEKISTAN mit en exergue l'importance de l'échange d'informations pour l'Asie
Centrale. Le BENIN requit la facilitation de la participation de l'Afrique aux
conférences.
Concernant le mécanisme de financement, le Président nota que l'évaluation du
mécanisme de financement de la CCCC devait être compléter par une décision de la
CdP-4. Au sujet des directives à l'adresse du FEM, le Président nota les nouveaux
besoins qui ont surgi depuis celles fournies en 1996. Le porte-parole des G-77/CHINE
appela: à une adhésion du FEM aux directives de la CdP; au non-financement d'activités
incompatibles avec les principes de la CCCC; et, avec l'EGYPTE, à une attention aux
mesures d'adaptation. L'EGYPTE appela à un développement durable à long terme. La CHINE
plaida pour: un processus d'approbation des projets plus rationnel; la transparence dans
le calcul des coûts marginaux, et, avec l'IRAN, appela à n'attacher aucune condition aux
activités des institutions financières multilatérale. Ce point fut opposé par le
CANADA.
L'UE
établit une distinction entre l'évaluation du FEM et les futures directives, et, avec la
SUISSE, le CANADA, et le VENEZUELA, proposa de le retenir comme mécanisme de financement
permanent de la CCCC, en attendant les futures évaluations. La SUISSE souligna
l'importance de l'adéquation et de la prévisibilité des flux financiers. Avec
l'AUSTRALIE, l'orateur nota la nécessité d'un projet de décision à cet effet.
L'ARABIE SAOUDITE mit en garde contre une conclusion prématurée. Le CANADA apporta
son appui à l'idée de charger le MDP du soutien des activités d'adaptation. Le JAPON
déclara avoir contribuer au financement du FEM à hauteur de 20% et appela à une
évaluation étendue. L'IRAN critiqua le trop d'intérêt porté par le FEM au secteur de
l'énergie. Le Président demanda à Dan REIFSNYDER (ETATS-UNIS) et à John ASHE (Antigua
et Barboude) de présider le groupe de contact chargé de l'élaboration du projet de
décision.
S'agissant de la mise en uvre des Articles 4.8 et 4.9 (effets négatifs et impact
des mesures de réponse), le Président expliqua qu'un examen de la Décision 3/CP.3 et
des Articles 2.3 et 3.4 en rapport était ajouté au point de l'ordre du jour, à la
requête de la CdP-3. Le Secrétariat introduisit la documentation (FCCC/SBI/1998/CRP.1),
offrant un cadre analytique pour la facilitation d'une réponse compatible avec le
protocole. Le BURKINA FASO appela à la mise en place d'un comité spécial, soutenu par
le Secrétariat, pour l'évaluation des efforts des Parties de l'Annexe I et la
présentation d'un rapport à la CdP.
Le porte-parole des G-77/CHINE, appuyé par les ILES
MARSHALL, suggéra un rôle pour le SBSTA et la nécessité probable d'une réunion
d'experts avant la CdP-4. Le délégué des ILES MARSHALL appela aussi à la tenue
d'ateliers régionaux sur le thème de l'adaptation. L'ARABIE SAOUDITE proposa, entre
autres: que le Secrétariat procède, dans son cadre analytique, à la combinaison des
effets négatifs et de l'impact; que le SBI établisse un comité permanent sur la mise en
uvre des Articles 4.8 et 4.9 ; que la CdP-4 requière des Parties de l'Annexe I une
information sur les politiques et mesures entreprises, les importations de combustibles
fossiles au cours de la première période d'engagement et l'estimation des effets
exercés sur les autres importations des pays en développement; et de veiller à ce que
les processus ne soient pas discriminatoires à l'encontre des ensembles identifiés dans
les Articles 4.8 et 4.9.
L'AOSIS souligna l'urgence de la question d'assurance et, avec les ILES MARSHALL,
déclara considérer les ajouts effectués au niveau du point de l'ordre du jour comme
étant plutôt d'ordre technique. L'UE souhaitait voir le MDP être chargé du soutien des
mesures d'adaptation, mais souligna la nécessité de se focaliser sur les mesures
d'atténuation. L'orateur nota que l'action sur l'Article 4.8 doit attendre plus de
certitude concernant les effets sur l'utilisation des combustibles fossiles et appela à
la poursuite des discussions sur ce sujet. Le VENEZUELA s'opposa à l'idée de limiter
l'action à des études et appela à une décision par la CdP-4. Le délégué des
ETATS-UNIS demanda plus de temps pour les commentaires. L'ARABIE SAOUDITE s'opposa au
report de la formation d'un groupe de contact sur cette question.
Le Président introduisit le débat sur l'implication des ONG et appela à la
réalisation d'un consensus d'ici le SBI-8. Le délégué des ETATS-UNIS, contré par
l'UE, appela à l'inclusion des entités du travail, de l'agriculture et du secteur quasi
gouvernemental. La SUISSE y inclut les principaux groupes sociaux retenus dans le Plan
d'Action 21. Les ETATS-UNIS, la SUISSE et le CANADA s'opposèrent à l'actuelle exclusion
des ONG du groupe de contact chargé des mécanismes de flexibilité. Un soutien général
fut exprimé en faveur de l'idée de laisser l'accès des ONG aux réunions officieuses à
la discrétion du Président. Le CLIMATE ACTION NETWORK demanda la proposition d'une
participation élargie et d'une transparence accrue. Un représentant de l'industrie
appela avec le Président à un accès plus important aux réunions officieuses.
ORGANE SUBSIDIAIRE CHARGE DE L'AVIS SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
Au sujet des questions méthodologiques, les ETATS-UNIS et l'UE soulignèrent la
nécessité de maintenir les lignes directrices en évaluation et d'y intégrer les
questions méthodologiques soulevées par le Protocole de Kyoto. Appuyée par la POLOGNE,
la HONGRIE mit l'accent sur la nécessité d'améliorer la compréhension des trois
nouveaux gaz introduits par le protocole de Kyoto. La POLOGNE affirma qu'il y avait besoin
de mener des travaux supplémentaires sur les facteurs d'émission étant donné que
ceux-ci diffèrent d'un secteur à l'autre. Le délégué appela à des lignes directrices
pour l'élaboration des projections par défaut. Le Président proposa la tenue d'un
atelier sur les communications nationales et un autre consacrée au traitement des
problèmes identifiés par le SBSTA.
Un certain nombre de pays, dont le JAPON et les ETATS-UNIS, notèrent le besoin urgent
d'avoir une décision sur les activités anthropiques devait être incluse parce qu'elles
ont une influence sur la capacité de certains pays de ratifier et de mettre en uvre
le Protocole. L'UE réaffirma que l'intégration des activités dans le domaines des puits
d'absorption ne devaient pas saper les mesures encourageant l'action pour l'atténuation
des niveaux d'émission bruts. L'AUSTRALIE et les ETATS-UNIS suggérèrent un classement
des questions par priorité. La MAURITANIE, avec l'ISLANDE, mit en garde contre une
focalisation sur les seules questions de foresterie et de conservation. L'AOSIS fit part
de ses réserves quant à l'inclusion "à blanc" des puits d'absorption de
toutes les activités de foresterie et d'utilisation des terres, compte de tenu du fait
que cela était de nature à introduire des incertitudes et à détourner le Protocole de
la focalisation sur la dépendance par rapport aux combustibles fossiles. La COLOMBIE
souligna que les aspects techniques de l'Article 3.3, tels que l'établissement de ce qui
est entendu par le changement net au niveau du stock, doivent être résolus. Le
traitement de l'Article 3.4 dépendra de la volonté de certaines Parties. La NORVEGE et
le CANADA souhaitèrent la mise en place d'un processus permettant à la CdP d'examiner la
question des puits d'absorption.
Plusieurs délégations déclarèrent que le SBSTA doit appeler le GICC à traiter les
questions techniques en suspens dans un rapport spécial. L'UE appela à un travail sur
les méthodes de quantification des changements intervenant au niveau du carbone des sols
en conséquence des activités forestières depuis 1990, et sur le point de savoir si les
lignes directrices révisées de 1996 du GICC, actuellement en vigueur, permettaient la
transparence des rapports et des vérifications. Avec l'AOSIS, le JAPON, les ETATS-UNIS et
l'AUSTRALIE, l'orateur souhaita avoir des éclaircissements sur les termes et les
définitions retenus par le GICC pour l'afforestation, la reforestation, et la
déforestation. L'ISLANDE déclara que les améliorations apportées aux sols dégradés
doivent être incluses dans la liste des activités induites par l'Homme. Avec les
ETATS-UNIS, l'orateur souhaita voir le GICC procéder à l'évaluation des conséquences
de la limitation des activités pouvant être incluses. Le délégué des ETATS-UNIS
devait souligner par ailleurs: les effets des terres agricoles et des pâturages; les
améliorations apportées à la gestion forestière; et, l'inventaire et l'élaboration du
rapport. L'AFRIQUE DU SUD, appuyée par le BURKINA FASO, déclara que le SBSTA devrait
charger le GICC d'examiner, entre autres, les méthodes permettant d'établir une
distinction entre les puits d'absorption naturels et anthropiques, le rôle des stocks de
carbone et des produits en bois, les définitions des utilisations de terre éligibles et
le rôle des puits absorbants dans la protection de la biodiversité.
Le CANADA déclara que la capacité des sols agricoles présentait une opportunité
mondiale pour la promotion de l'agriculture durable et souhaita voir les projets ayant
trait aux puits d'absorption être inclus dans le MDP. Le délégué des ETATS-UNIS mit en
garde contre les retards dans le processus du MDP et affirma que les activités touchant
aux puits d'absorption doivent être poussées de l'avant. Quelques délégations dont le
CANADA, le JAPON et les ETATS-UNIS, apport�rent leur appui � la poursuite des
discussions de mani�re informelle. L'UE, la NORVEGE, le DANEMARK, la COLOMBIE et les ONG
ENVIRONNEMENTALES mirent en relief les liens avec d'autres conventions, y compris celle de
la biodiversit� et de la lutte contre la d�sertification. Paul MACLONS (Afrique du Sud)
et Maciej SADOWSKI (Pologne) pr�sideront le groupe de contact charg� d'�laborer la
requ�te � adresser au GICC.
L'ISLANDE, appuy�e par l'AUSTRALIE, fit part de ses pr�occupations quant aux
difficult�s pos�es aux petits pays et dues � la fixation d'un plafond quantifi� pour
les projets individuels en mati�re d'�mission, et appela � l'adoption d'un seuil pour
l'impact proportionnel significatif et la soumission de rapports s�par�s sur les
�missions du processus. L'AOSIS se d�clara pr�occup�e par le risque d'envoyer un
message faible si des exemptions sont list�s lors de l'adoption du Protocole. Le
d�l�gu� des ETATS-UNIS d�clara que toute accommodation suppl�mentaire doit �tre
appr�hend�e avec pr�caution. L'UE rappela que les diff�rences �taient d�j�
trait�es � travers les d�calages au niveau des r�ductions d'�mission quantifi�es et
se d�clara retissant � l'octroi d'exceptions � des projets individuels. La SUISSE
affirma qu'un processus m�thodologique s�par� pr�senterait une menace � la
cr�dibilit�. Le Pr�sident demanda � l'ISLANDE de fournir aux Parties un compl�ment
d'information.
Concernant le transfert des technologies, le porte-parole des G-77/CHINE expliqua que
la faiblesse des r�ponses aux �tudes visant � d�terminer les besoins pouvait �tre
attribu�e � l'absence de cadre sp�cifique pour la mise en uvre de la Convention.
L'AUSTRALIE appela � l'identification des synergies au niveau du travail r�alis� dans
le cadre d'autres conventions en mati�re de transfert technologique. Avec les ETATS-UNIS,
l'orateur nota que les communications nationales des Parties non vis�es � l'Annexe I
seront utiles pour l'identification des besoins technologiques et souligna le r�le du
secteur priv� dans ce domaine. L'UE exprima son espoir de voir le m�canisme de
flexibilit� propos� dans le cadre du Protocole de Kyoto faciliter le transfert des
technologies.
Le CANADA d�clara que l'expertise permettant de r�pondre aux questions pos�es
existait d�j� dans le secteur priv� et les centres de recherche. L'URUGUAY nota le
besoin de transf�rer des projets concrets de r�duction d'�mission et pas seulement des
�tudes et des rapports. Le d�l�gu� recommanda la mise en place d'un m�canisme de
financement pour le transfert des technologies. La CHINE d�clara que le sujet du
transfert des technologies avait �t� marginalis� et nota qu'il �tait diff�rent de
celui des centres d'information. La CdP-4 doit traiter ce point de mani�re s�par�e. Le
CHILI estimait que le MDP pr�sentait de grandes potentialit�s pour le transfert des
technologies.
Concernant la question des centres d'information technologique, les d�l�gu�s
appel�rent: � l'identification et � la d�termination des voies et moyens d'am�liorer
les flux d'information et de technologies. L'�tablissement de centres r�gionaux; un
engagement plus important du secteur priv�; la consid�ration des besoins et la
participation des b�n�ficiaires; et la n�cessit� de d�velopper, de renforcer et
d'utiliser les institutions disponibles.
Concernant les programmes de travail dans le domaine des technologies, les commentaires
port�rent sur: l'am�lioration de la coordination gouvernementale; l'identification des
barri�res entravant le transfert; la mise en place de mesures d'encouragement pour les
transferts effectu�s par le secteur priv�; et l'accord sur le mois de septembre comme
date butoir pour les soumissions concernant le programme de travail. Un groupe de contact
examinera le th�me du transfert des technologies.
EVENEMENT SPECIAL
Lors d'une manifestation sp�ciale en marge de la conf�rence, la Banque
Mondiale souligna que le "Prototype Carbon Fund" (PCF) n'�tait pas con�u
pour faciliter l'�change des droits d'�mission mais qu'il visait � d�montrer les voies
et moyens permettant de mener ces �changes de mani�re efficace et �quitable. La Banque
Mondiale ne cherchait ni � monopoliser le futur march� des �changes, ni � se tailler
une position privil�gi�e dans le cadre de la CCCC. Le PCF ne sera soumis au Comit�
Directeur de la Banque qu'apr�s la CdP-4.
DANS LES COULOIRS
Les observateurs ont not� que les Parties de l'Union Europ�enne se retrouvent de
nouveau enferm� dans de longues tractations internes au sujet du partage du fardeau, �
mesure que les implications du Protocole de Kyoto sont graduellement absorb�es par un
certain nombre d'�tats membre. Les d�bats sont maintenant focalis�s sur les politiques
et mesures. Certains ont fait remarquer qu'un �cart important existait entre les experts
de haut niveau qui alimentent la position de l'Union dans les n�gociations et la
capacit� des "agents d'ex�cution" des minist�res de l'int�rieur de r�aliser
les r�sultats promis, avec toutes les cons�quences que cela entra�ne pour le processus
post-Kyoto.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SBI: Le SBI se r�unira � partir de 10h dans la Salle "Maritim".
AG13: L'AG13 se r�unira � partir de 10h et de nouveau � partir de 15h dans la Salle
"Beethoven".
SBSTA: Le SBSTA se r�unira � partir de 15h dans la Salle "Maritim".
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