Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 78
mercredi 2 juin 1998
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA CCCC
MARDI 2 JUIN 1998
Les délégués auprès de l'Organe Subsidiaire chargé de la question de Mise en
uvre (SBI) et de l'Organe Subsidiaire chargé de fournir l'Avis Scientifique et
Technique (SBSTA) ont tenu, le matin, leurs sessions d'ouverture. L'après-midi, le SBI et
le SBSTA devaient se réunir conjointement en séance Plénière pour considérer les
mécanismes de mise en uvre concertée du Protocole.
ORGANE SUBSIDIAIRE DE MISE EN UVRE
Le
Président Bakary KANTE (Sénégal) ouvrit la première réunion du SBI. Michael
Zammit CUTAJAR, Secrétaire Exécutif de la CCCC, nota que 37 pays ont signé le Protocole
de Kyoto, dont certaines Parties représentant 39% des émissions de CO2 de l'Annexe I.
Le porte-parole des G-77/CHINE appela les délégués à ne pas se laisser détourner
de la tâche principale de la CdP consistant à mettre en uvre la Convention.
L'orateur rappela l'article de la Convention portant sur la seconde revue des engagements
des Parties visées à l'Annexe I, avant décembre 1998. Il souligna, par ailleurs, les
décisions concernant les ressources nouvelles et supplémentaires et la mise en
uvre adéquate des décisions de la précédente CdP sur le transfert des
technologies.
S'agissant de l'adoption de l'ordre du jour, l'ARABIE SAOUDITE proposa d'inclure
"le travail préparatoire prévu dans le cadre des dispositions des Articles 2.3 et
3.14 du Protocole de Kyoto" dans le point consacré au transfert des technologies. Le
délégué déclara que la décision prise lors de la CdP-3 sur ces paragraphes, sur les
effets négatifs, faisait partie d'un ensemble indivisible qui servit de compromis. Le
délégué des ETATS-UNIS exprima ses réserves indiquant que l'amendement risquait
d'être préjudiciable à la formulation retenue dans texte du Protocole, parce que le
paragraphe 2.3 stipule que la CdP, agissant à titre de Réunion des Parties (RdP),
"peut entreprendre de nouvelles actions" mais ne "requière" pas de
nouvelle d'action pour la promotion de la mise en uvre des dispositions du
paragraphe. Les délégués s'accordèrent finalement sur l'amendement du point de l'ordre
du jour en y ajoutant une référence crochetée à la décision 3/CP.3 (effets négatifs)
et aux Article 2.3 et 3.14 du Protocole.
Le Président annonça ensuite la nomination de l'Iran au poste de vice-président du
SBI pour l'Asie. Il encouragea l'élaboration de projets de décision concertés SBI-SBSTA
sur la répartition des tâches et la préparation d'un programme de travail pour la
première Conférence des Parties/Réunion des Parties (CdP/RdP-1).
Concernant les communications nationales, les délégués devaient débattre de trois
options d'échéancier pour les futures communications des Parties visées à l'Annexe I
et pour leur revue. De nombreuses Parties de l'Annexe I souhaitaient: une prolongation de
la période séparant les soumissions des communications nationales; la soumission de
rapports intermédiaires par voie électronique; et une synchronisation des rapports.
Plusieurs délégués souhaitaient voir l'an 2001 retenu pour la prochaine communication
mais la SUISSE indiqua que l'information concernant la réalisation de la stabilisation
d'ici l'an 2000 ne pouvait être mise à disposition avant 2002. Le délégué des
ETATS-UNIS appela les délégués à ne pas trop s'attarder sur les détails des mesures
intérieures ou les circonstances nationales et à accorder plus de temps à la collecte
des données relatives à l'échange des droits d'émission et aux projets ayant trait au
mécanisme pour un développement propre (MDP). L'UE, avec la NOUVELLE ZELANDE, souhaitait
que 2005 soit la date butoir pour la quatrième communication nationale et que le
processus d'élaboration des rapports menant à la période 2008-2012 soit renforcé. La
CHINE, avec les ETATS-UNIS, nota les décisions de la CdP exhortant les Parties visées à
l'Annexe II à inclure les mesures prises en faveur du transfert des technologies. Le
Président invita les Parties à soumettre les nominations pour la liste d'experts pour la
revue approfondie des secondes communications nationales des Parties visées à l'Annexe
I.
ORGANE SUBSIDIAIRE CHARGE DE L'AVIS SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
Le
Président KoK KEE CHOW (Malaisie) déclara que le premier objectif du SBSTA
consistait à identifier les points de convergence et que les délégués se devaient de
faire le meilleur usage du temps imparti. Le porte-parole des G-77/CHINE souligna
l'importance de l'entrée en vigueur du Protocole dans les meilleurs délais possibles et
mit en garde contre toute distraction sur ce point. L'orateur fit part de son
"extrême" déception quant à la faiblesse des objectifs retenus à Kyoto.
Appuyé par l'ARABIE SAOUDITE, l'IRAN et le VENEZUELA, il requit l'insertion d'un point
supplémentaire portant sur les questions méthodologiques ayant trait aux Articles 4.8 et
4.9 (minimisation des effets négatifs des mesures de réponse). Les délégués devaient
débattre longuement de cette proposition avant de se mettre d'accord finalement sur
l'inclusion d'un point consacré "aux recommandations du SBI."
Au sujet de la coopération avec les organisations internationales pertinentes, le
Président du GICC, Dr
Robert WATSON, déclara que le GICC produira, pour aider à la mise en opération du
Protocole, des rapports dont: un rapport sur les scénarios en matière d'émission,
lequel passera en revue la littérature disponible et procédera à la formulation d'un
nouvel ensemble de scénarios; un rapport sur les questions méthodologiques et techniques
ayant trait au transfert des technologies; et un rapport sur l'aviation et l'atmosphère
de la planète, lequel fera le point des sciences atmosphériques pertinentes, des
technologies de l'aviation et des questions socio-économiques. Le Troisième Rapport
d'Evaluation placera la question des changements climatiques dans un contexte social
évolutif.
Le Dr Thomas SPENCE, des Systèmes d'Observation des Changements Climatiques (GCOS)
indiqua que le troisième projet de rapport dressant le bilan des systèmes actuels,
introduisant les recommandations nécessaires et couvrant les observations fondamentales
sur la variabilité à court et à long terme sera mis à disposition sous peu. L'orateur
nota que les systèmes utilisés actuellement n'étaient pas, en général, établis à
des fins de suivi climatique, ce qui explique certaines incohérences au niveau des
données collectées.
Le Dr Will STEPHEN, du Programme International Géosphère et Biosphère (IGBP) affirma
que la recherche poursuivie par l'organisation fournissait un cadre scientifique important
à la lueur de quoi les propositions d'action du protocole pourraient être jugées.
L'orateur ajouta qu'une attention devait être accordée, dans les négociations, à des
questions telles que celle de la saturation des puits d'absorption du carbone.
PLENIERE
Maria Julia ALSOGARY,
Secrétaire d'Etat chargée des Ressources Naturelles et du Développement Durable de
l'Argentine, qualifia la CdP-3 (Kyoto) d'étape dynamique vers la réalisation des
objectifs de la CCCC et déclara que la CdP-4 qui se tiendra à Buenos Aires sera une
étape importante de plus dans la même direction. L'oratrice nota le grand intérêt
porté au Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) et à l'échange des droits
d'émission, soulignant toutefois la nécessité de traiter la CCCC de manière globale.
Elle encouragea les délégués à élaborer ensemble les éléments communs à tous les
mécanismes de souplesse.(RealAudio)
Le Directeur Exécutif du PNUE, Klaus
TÖPFER parla des liens entre la souplesse et la minimisation des répercussions sur
la croissance économique potentielle. Il mit en exergue l'appel de la SE/AGNU en faveur
de l'amélioration des connaissances scientifiques touchant aux liens entre les
conventions environnementales, la cohérence des politiques et l'amélioration de la prise
de conscience du public. Il exprima l'espoir de voir sa cellule de travail pouvoir
apporter un soutien à ces conventions et travailler sur les liens en vue d'utiliser au
mieux les institutions et le renforcement des capacités.(RealAudio)
Le Directeur Exécutif de la CCCC, Executive Director Michael
Zammit Cutajar, déclara qu'il avait suggéré que le Bureau examine l'opportunité
d'inviter le PNUE à offrir son soutien sur des questions spécifiques en rapport avec
d'autres processus. L'orateur parla d'une explosion d'activités cherchant à contribuer
à la conception des trois nouveaux mécanismes envisagés dans le protocole. Le
Secrétariat a convoqué récemment une réunion d'experts et d'organisations
intéressées, pour une contribution au débat sur les mécanismes, la promotion des
échanges d'information sur les plans et les ressources disponibles pour la mise en
uvre. Plus tôt les Parties auront établi les règles de base, Plus tôt les
acteurs économiques et institutionnels pourront ajuster leurs plans. Il attira
l'attention sur le document élaboré par le Secrétariat qui soulève, pour les Paries,
d'importantes questions concernant les nouveaux mécanismes et souhaita voir les Organes
Subsidiaire lui fournir des orientations supplémentaires quant aux futures activités du
Secrétariat, en rapport avec les nouveaux mécanismes.(RealAudio)
La MAURITANIE souhaita avoir des éclaircissements concernant les suggestions accordant
un rôle au PNUE. Le Secrétaire Exécutif répondit que la suggestion appelait au
renforcement du rôle des activités du PNUE, qui ne pouvaient être mises en uvre
sans l'approbation du Conseil d'Administration. le délégué des PHILIPPINES nota que les
activités d'autres agences intergouvernementales augmentait la confusion entre les
activités de mise en uvre concertée (AIJ) et le Mécanisme pour un Développement
Propre (MDP), précisant que la CdP était le seul organe mandaté d'entreprendre des
activités entrant dans le cadre de la CCCC.
Concernant les mécanismes de souplesse, le Président du SBI, KANTE, rappela que le
MDP, les échanges de droits d'émission et la mise en uvre concertée étaient
autant d'éléments nouveaux introduits à l'ordre du jour des organes subsidiaires après
la CdP-3. Cette réunion conjointe est conçue pour l'identification du travail
préparatoire nécessaire à la CdP-4 et la conclusion d'un accord sur le calendrier. Les
délégués pourraient également décider des travaux futurs devant être réalisés dans
le domaine des AIJ.
Le Président recommanda aux délégués de traiter de tous les mécanismes de
souplesse, ensemble, dans leurs déclarations. Alors que leurs caractéristiques
diffèrent, tous sont concernés par la coopération entre les Parties. Les points clés
à traiter comprennent: l'identification des questions pouvant être résolues par la
CdP-4, et les domaines d'intervention essentiels concernant chaque mécanisme, tels que
les considérations méthodologiques.
Le Secrétariat introduisit les documents suivants: Mécanismes de mise en uvre
concertée (FCCC/SB/1998/1); Soumissions des organisations intergouvernementales et non
gouvernementales ((FCCC/SB/1998/Misc.2); Soumissions des Parties au titre du travail
préparatoire nécessaire à la CdP-4 (FCCC/SB/1998/Misc.1); et, Mise � jour des
activit�s de mise en uvre concert�e (FCCC/SB/1998/Inf.3).
Le porte-parole des G-77/CHINE d�clara que les m�canismes de coop�ration et de
concertation introduisaient de nouvelles incertitudes politiques, techniques et autres qui
doivent �tre r�solues. Il fit part de sa crainte de voir l'acronyme (anglais)
"CDM" interpr�t� autrement que "Clean D�velopment M�canisme." Il
s'opposa � toute id�e d'avoir une entit� n'appartenant pas � la CCCC op�rer ce
m�canisme. La MAURITANIE d�clara qu'il pouvait �tre utile d'aborder s�par�ment les
m�canismes de mise en uvre du Protocole, pour �viter toute confusion et pour ne
pas rendre le travail du Secr�tariat encore plus difficile(RealAudio).
L'UE souligna que les Parties se devaient de commencer par entreprendre des actions au
plan int�rieur et d�clara que les m�canismes de souplesse, lesquelles doivent avoir un
bon rapport co�t-efficacit� et �tre v�rifiables, ne doivent pas avoir des br�ches
pouvant affaiblir les engagements qui seront pris � la CdP-4. Au sujet de l'�change des
droits d'�mission, l'orateur d�clara que l'adoption et la ratification d'un r�gime de
conformit� restait une condition pr�alable, au m�me titre que la consid�ration
attentive du partage des risques entre acheteurs et vendeurs. Il nota la n�cessit� de
s'accorder sur: la contribution pouvant �tre apport�e par le MDP au QUELROs de l'Annexe
I; les entit�s op�rationnelles du MDP; et la forme et l'identit� des diverses
institutions �tablies dans le cadre de l'Article 12. Il pr�cisa que cet article ne se
r�f�rait pas aux suppressions effectu�es par les puits d'absorption et sugg�ra que le
MDP ne soit pas appliqu� aux puits d'absorption, � moins que la CdP/MdP n'en d�cide
autrement.
Le d�l�gu�s des ETATS-UNIS pr�f�rait avoir un ensemble de r�gles simples pour
l'�change des droits d'�mission et pr�cisa, entre autres, qu'aucun �change officiel ne
doit avoir lieu avant l'entr�e en vigueur du Protocole. Aucune Partie ne doit �tre en
mesure de vendre des droits lorsqu'elle a �mis le montant qui lui a �t� allou� pour
l'ann�e, i.e. "�change par d�ficit." Il s'opposa au plafonnement des
pourcentages pouvant �tre vendus. Il souligna qu'il �tait pr�matur� de limiter
l'�tendue de la contribution des activit�s du MDP dans l'att�nuation des �missions et
mit en garde contre les effets refroidissant des restrictions administratives. Il ajouta
que les projets entam�s dans le cadre des AIJ qui m�neraient � des r�ductions
d'�mission doivent b�n�ficier de cr�dits.
L'INDE s'opposa � tout classement hi�rarchique ou prioritaire des travaux touchant
aux m�canismes de concertation. Appuy� par l'ARABIE SAOUDITE, l'orateur nota qu'alors
que la phase pilote des AIJ a �t� con�ue comme un m�canisme de bon rapport
co�t-efficacit� pour les pays industrialis�s, le MDP trouve ses origines dans le
d�veloppement durable � travers la coop�ration en mati�re de d�veloppement et le
transfert des ressources. Il s'opposa � toute appropriation d'espace environnemental sur
la base de l'occupation actuelle ou des �missions pass�es. L'ARABIE SAOUDITE appela �
attendre la fin de la phase pilote des AIJ avant de proc�der � l'�valuation du
processus, et � l'�laboration, par le SBSTA, de tous les aspects techniques des
m�canismes au lieu de pr�cipiter les d�cisions � la CdP-4. La HONGRIE rappela que les
engagements mod�r�s pris en 1992 allaient expirer en l'an 2000 et appela la CdP-4 �
�laborer les nouveaux engagements pris � Kyoto. Le d�l�gu� souhaita voir les
m�canismes trait�s s�par�ment l'un de l'autre, et un travail �tre entrepris sur
l'ex�cution conjointe, le MDP et les activit�s de mise en uvre concert�e, pour
comprendre comment un r�seau d'�change des droits d'�mission pourrait fonctionner.
Au sujet des incertitudes entourant les nouveaux m�canismes, l'ALLIANCE DES PETITS
ETATS INSULAIRES EN DEVELOPPEMENT (AOSIS) � un r�gime pour le traitement des cas de
non-conformit� et nota leur r�le compl�mentaire. L'orateur nota l'importance que
l'AOSIS accorde � l'adaptation. Le JAPON appela le SBI et le SBSTA � �laborer le MDP et
demanda au SBSTA et au GIPP de d�finir les puits d'absorption et les mesures �
effectuer. Il proposa au SBSTA d'�tablir un groupe de contact sur les mesures techniques.
Le d�l�gu� des ILES MARSHALL mit en garde que certaines organisations risquaient de
se trouver en avance sur le processus intergouvernemental. CANADA affirma que l'octroi
d'un r�le consultatif au PNUE ne se ferait que sur l'ordre des Parties de la CCCC ou du
Conseil d'Administration du PNUE. Le d�l�gu� proposa la mise en place d'un groupe de
contact pour examiner l'�change des droits d'�mission, ses r�gles, principes directeurs
et modalit�s. Il proposa d'�tablir des groupes s�par�s pour l'examen des questions de
mise en uvre concert�e, du MDP et des puits d'absorption. La NOUVELLE ZELANDE
souhaita sans outre d�lai des d�cisions prises consacrant la transparence de l'�change
des droits d'�mission pour permettre le rattachement de l'efficacit� �conomique � la
r�alisation des objectifs environnementaux, avec l'appui d'un r�gime strict en mati�re
de conformit�. Le d�l�gu� fit objection � la proposition de plafonner les quantit�s
commercialisables. L'OUGANDA appela � l'�tablissement d'un groupe consultatif technique.
Le ZIMBABWE d�clara ne pas ne s'attendre � une r�solution finale des questions touchant
aux m�canismes de flexibilit�, � la CdP-4.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unit � partir de 10h, dans la Salle "Maritim".
SBI: Le SBI se r�unira � partir de 15h, dans la Salle "Maritim".
SBSTA: Le SBSTA se r�unira � partir de 15h dans la Salle Beethoven.
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