International
Institute for Sustainable Development (IISD)
COMPTE RENDU DE LA
TROISIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CONVENTION-CADRE DES NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS
CLIMATIQUES
1 - 11 DECEMBRE 1997
La Troisième Conférence des Parties (CdP-3) de la Convention-
Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCCC)
s'est tenue du 1er au 11 Décembre 1997 à Kyoto, au Japon. Plus de
10.000 participants, principalement des représentants
gouvernementaux, d'organisations intergouvenementales, d'ONG et
de presse, devaient assister aux travaux de cette Conférence qui
inclut un segment de haut niveau où furent présentées les
déclarations de plus de 125 ministres. Au terme d'une semaine et
demi de négociations officielles et officieuses intenses, avec
une dernière séance nocturne se prolongeant jusqu'à la journée
suivante, les Parties de la CCCC devaient enfin adopter le
Protocole de Kyoto, le 11 Décembre.
A travers le Protocole de Kyoto, les Parties visées à l'Annexe
I de la CCCC prennent l'engagement de procéder, au cours de la
période 2008-2012, à la réduction de leurs émissions globales des
six gaz à effet de serre (GHG), dans une proportion minimale de
5% par rapport à leurs niveaux de 1990. Le protocole prévoit
également la commercialisation des droits d'émissions,
l'exécution conjointe entre les pays industrialisés, et un
"mécanisme pour le développement propre" visant à encourager les
projets communs de réduction d'émissions entre pays
industrialisés et pays en développement.
BREF HISTORIQUE DU PROTOCOLE DE KYOTO
La première réunion de la Conférence des Parties de la CCCC
(CdP-1) se déroula à Berlin du 28 Mars au 7 Avril 1995. Outre
l'entente sur un certain nombre de questions importantes
intéressant l'avenir de la Convention, les délégués parvinrent à
un accord sur ce que beaucoup considéraient être la question
centrale devant la CdP-1, celle de l'adéquation des engagements.
Le résultat fut l'établissement du Groupe Spécial Non Restreint
du Mandat de Berlin (AGBM) chargé d'entamer un processus visant à
prendre les mesures d'action appropriées pour l'après 2000,
incluant notamment le renforcement des engagements des Parties
visées à l'Annexe I, à travers l'adoption d'un protocole ou autre
instrument juridique.
GROUPE SPECIAL DU MANDAT DE BERLIN (AGBM): A l'AGBM-1, tenu à
Genève, du 21 au 25 Août 1995, les délégués devaient examiner
plusieurs questions dont une étude analytique pour
l'identification des politiques et mesures susceptibles d'être
adoptées par les Parties visées à l'Annexe I et des requêtes
relatives aux contributions à apporter, à ce titre, aux sessions
ultérieures. Ils débattirent de la nature, contenu et durée de
l'étude, ainsi que de ses rapports avec les différents aspects du
processus. Un certain nombre de pays industrialisés et de pays en
développement soulignèrent que l'étude devrait être conduite en
parallèle et non précéder les négociations. Quelques pays en
développement insistèrent qu'un délai était nécessaire, en
particulier, pour en évaluer les coûts économiques.
A l'AGBM-2, tenu à Genève du 30 Octobre au 3 Novembre 1995, le
débat sur la portée de l'étude analytique se poursuivit et les
délégués entendirent de nouvelles idées concernant le fond et la
forme de l'éventuel protocole. Ils devaient examiner entre
autres: le renforcement des engagements liés aux Articles 4.2 (a)
et (b) portant respectivement sur les politiques et mesures et
sur les objectifs quantitatifs de limitation et de réduction des
émissions (QELROs) assujettis à des calendriers précis;
l'avancement de la mise en oeuvre de l'Article 4.1; et enfin, les
traits éventuels du protocole ou autre instrument juridique.
A l'AGBM-3, tenu à Genève du 5 au 8 Mars 1996, les délégués
devaient entendre un certain nombre de propositions spécifiques
concernant les nouveaux engagements des Parties visées à l'Annexe
I, y compris celle avancée par l'Allemagne et portant sur un
objectif de réduction des émissions de C02 réalisable en deux
étapes. Ils devaient discuter par ailleurs de la manière dont les
pays visés à l'Annexe I pourraient répartir ou partager les
nouveaux engagements et du point de savoir si ces derniers
devaient prendre la forme d'un amendement ou d'un protocole. Les
délégués s'accordèrent sur la compilation des propositions
concernant les nouveaux engagements pour leur soumission à la
considération de l'AGBM-4 ,et sur la conduite de discussions de
tables rondes sur les politiques et mesures et sur les QELROs.
L'AGBM-4, tenu à Genève du 8 au 19 Juillet 1996, paracheva
l'étude approfondie des éléments éventuels du protocole ou autre
instrument juridique et sembla prêt à passer à l'élaboration d'un
texte de négociation, dés la session suivante. La majeure partie
des discussions porta sur les approches à adopter concernant les
politiques et mesures, sur les QELROs et enfin, sur l'étude de
l'impact probable des nouveaux engagements retenus pour les
Parties visées à l'Annexe I, sur les pays en développement. A la
conclusion des travaux de la CdP-2, les délégués prirent note de
la "Déclaration de Genève" qui endosse les conclusions du PICC et
appelle à des objectifs juridiquement contraignants et à des
réductions significatives des émissions de gaz à effet de serre.
La CdP-2 vit également une évolution importante dans la position
des USA qui vinrent pour la première fois soutenir l'idée d'avoir
un accord juridique contraignant pour la concrétisation du Mandat
de Berlin. Cependant, au moment où les Parties se préparaient à
renforcer les engagements, les divergences de points de vue
allaient devenir de plus en plus évidentes.
L'AGBM-5, réuni à Genève du 9 au 18 Décembre 1996, se pencha
sur les propositions émanant de 14 Parties ou groupe de Parties
sur le renforcement des engagements, l'avancement de la mise en
oeuvre de l'Article 4.1 et enfin, les éléments éventuels du
protocole ou autre instrument juridique. Les délégués adoptèrent
des conclusions demandant au Secrétariat de produire une
"compilation-cadre" des propositions, pour examen approfondi.
L'AGBM-6 se déroula à Bonn du 3 au 7 Mars 1997. Les délégués
s'y réunirent en "groupes officieux" pour des échanges de points
de vue et réduisirent à l'essentiel le texte de la compilation-
cadre en combinant un certain nombre de propositions ou en
éliminant les dispositions répétitives. Ce travail fît avancer le
processus et rapprocha, un tant soit peu, la réalisation du
Mandat. Une bonne partie du débat fut axée sur une proposition de
l'UE préconisant une coupe de 15%, par rapport aux niveaux de
1990, à opérer sur un ensemble de gaz à effet de serre, d'ici
l'an 2010. D'autres propositions devaient néanmoins émerger à la
dernière heure, signalant qu'en dépit des espoirs exprimés par
plusieurs observateurs, l'AGBM-6 avait besoin de réaliser bien
des progrès encore sur bon nombre de points fondamentaux.
L'AGBM-7 se réunit à Bonn du 28 Juillet au 7 Août 1997. Un
total de 145 Parties et Etats observateurs devaient participer à
la session, ainsi que 691 représentants d'ONG et de médias. Les
délégués y affinèrent le texte de négociation du protocole ou
autre instrument juridique. En l'absence de propositions
officielles de la part des USA et du Japon pour les objectifs de
réduction des émissions, le sentiment général était que le gros
des progrès réalisés dans cette session était limité à la
réduction du nombre des propositions.
La dernière session de l'AGBM se déroula du 22 au 31 Octobre
1997 à Bonn. Au moment où débutait l'AGBM-8, le Président US,
Bill CLINTON, inclut un appel à une "participation significative"
des pays industrialisés dans la position de négociation qu'il
annonça à Washington. Avec ces mots, les débats qui avaient
marqué l'accord en 1995 refirent surface, avec une insistance sur
l'implication du G-77/Chine, liés de nouveau au niveau d'ambition
acceptable par les USA. En réponse, le G-77/Chine utilisa toutes
les opportunités pour prendre ses distances des tentatives visant
à amener les pays en développement à accepter quoi que ce soit
pouvant être interprété comme nouveaux engagements. Certains
observateurs estimèrent que la position Japonaise qui combinait
un objectif global de 5% de réduction et la possibilité d'une
différenciation, était susceptible d'ouvrir la voie au compromis
éventuel. L'AGBM-8 fut suspendue jusqu'à la veille de l'ouverture
de la CdP-3 à Kyoto pour permettre la poursuite des consultations
informelles sur les différents points en suspens, tels que ceux
du nombre de GHG à inclure, de la période budgétaire ou des
objectifs annuels, et des puits absorbants.
COMPTE RENDU DE LA REUNION
Après la session de reprise de l'AGBM qui se déroula le 30
Novembre 1997, la CdP-3 s'ouvrit officiellement le 1er Décembre au
Kyoto International Conference Hall, à Kyoto au Japon. Durant les
dix jours que devait durer la réunion qui engloba des sessions de
négociation de 24 heures, les délégués devaient se réunir à la
fois en plénière et au sein d'une grande commission sessionnelle
(GC) pour l'examen de l'ordre du jour (adoption d'un protocole ou
autre instrument juridique), et des questions ayant trait aux
méthodologies d'estimation des sources d'émissions et des puits
d'absorption. Les 8 et 9 Décembre, la CdP tint un segment de haut
niveau auquel devaient prendre part plusieurs ministres et autres
chefs de délégations. Des déclarations furent données par plus de
125 ministres pendant que des tractations informelles étaient
menées par la GC. La dernière session marathon de la GC commença
le jeudi 11 Décembre à 1h. du matin, moment où les délégués
entamèrent une revue du texte , article par article. Ils devaient
s'attarder sur les dispositions ayant trait aux QELROS, à la
commercialisation des droits d'émissions et aux engagements
volontaires devant incomber aux Parties non visées à l'Annexe I.
La Plénière finale de la CdP-3 se réunit enfin vers 13h. pour
l'adoption du Protocole de Kyoto (FCCC/1997/L.7/Add.1).
Le rapport ci-après décrit les débats de la session de reprise
de l'AGBM-8, de la Plénière de la CdP-3, du Segment de Haut
Niveau et de la GC, et englobe un descriptif de l'état actuel des
divers articles du protocole de Kyoto.
SESSION DE REPRISE DE L'AGBM-8
La huitième session de reprise du Groupe Spécial du Mandat de
Berlin (AGBM-8) s'est réunie officieusement le 30 Novembre 1997
pour discuter de la question du traitement des puits de GHG, puis
en Plénière pour conclure la discussion du rapport que l'AGBM
doit soumettre à la CdP-3. Les délégués décidèrent que les
consultations informelles sur la question des puits devront se
poursuivre durant la CdP-3.
Le Secrétariat passa en revue les documents devant être
examinés:
- le rapport de l'AGBM-8 (FCCC/AGBM/1997/8);
- la révision du texte de négociation (FCCC/CP/1997/2 and
Add.1);
- l'évaluation technique du texte de négociation révisé
(FCCC/CP/ 1997/CRP.1);
- la note concernant les mesures à prendre par les Parties
non visées à l'Annexe I en vue de réduire la croissance
de leurs émissions (FCCC/AGBM/1997/CRP.5);
- la note d'information soumise par les Parties au sujet
des critères éventuels devant régir la différenciation
(FCCC/AGBM/1997/ Misc.3 et Add.1 et 2);
- les réponses apportées au questionnaire portant sur le
sujet des puits absorbants (FCCC/AGBM/1997/Misc.4 et
Add.1 et Add.2); et,
- la synthèse des renseignements tirés des communications
nationales des Parties visées à l'Annexe I concernant la
question des sources et les puits dans le cadre des
changements intervenus dans l'utilisation des terres et
le secteur de la foresterie (FCCC/TP/ 1997/5).
La Fédération Russe présenta une proposition pour l'Article 3
relatif aux objectifs quantitatifs de limitation et de réduction
des émissions (QELROs). La proposition stipule que les Parties
incluses dans l'Annexe I doivent s'assurer que le cumul brut de
l'ensemble de leurs émissions anthropiques des gaz à effet de
serre (GHG) listés dans l'Annexe A,...ne dépassera pas [__] tonnes.
Le texte stipule également que chacune des Parties incluses dans
l'Annexe I doit faire en sorte que le montant net de ses
émissions anthropiques, exprimées en dioxyde de carbone, des GHG
listés dans l'Annexe A, n'excède pas ses engagements en terme de
budgets d'émissions, tel que figurant dans la Pièce Jointe I. Le
texte propose, enfin, que les engagements de chacune des Parties
incluses dans l'Annexe I soient établis suivant le processus
retenu dans l'Annexe B et soient inscrits dans la Pièce Jointe I.
Le Président Estrada (Argentine) nota qu'il restait un certain
nombre de questions non résolues relatives aux QELROS et que les
délégués se devaient, à un point donné, de décider du nombre de
gaz à inclure dans le protocole. Il proposa aux délégués de
travailler sur l'hypothèse d'un protocole couvrant six gaz, à
savoir: le dioxyde de carbone (C02), l'oxyde nitrique (N2O), le
méthane (CH4), les hydrofluorocarbones (HFC), les
perfluorocarbones (PFC) et l'hexafluoride de sulfure (SF6).
Le Royaume-Uni demanda le maintien de la distinction entre
l'approche basée sur trois gaz et celle basée sur les six gaz à
la fois. La Hongrie, la Fédération Russe, la Pologne et le G-
77/Chine apportèrent leur soutien à l'idée de travailler d'abord
sur un panier de trois gaz et de traiter plus tard des trois
autres gaz. Le délégué US indiqua qu'il a constamment plaidé en
faveur d'une approche englobant un large éventail de gaz à effet
de serre (GHG) dans le protocole ou autre instrument juridique
contraignant et qu'il soutenait, par conséquent, la proposition
du Président invitant à travailler sur la base des six GHG à la
fois. La Norvège nota que les méthodologies permettant de
travailler sur les six gaz à la fois étaient disponibles et, avec
la Suisse, apporta son appui à la proposition du Président. Le
Brésil nota que les gaz persistants nécessitaient l'attention de
l'AGBM et souhaita voir le consensus réalisé sur ce sujet.
Le Président du groupe officieux chargé de la question des
puits absorbants, Antonio La Viña (Philippines), rapporta que son
groupe a travaillé sur une proposition renfermant quatre options.
- Les QELROS doivent être calculés sur la base du "net", i.e
le quotient résultant du total de toutes les sources moins celui
de tous les puits absorbants de l'année de référence et de
l'année d'échéance retenues pour la première période budgétaire.
- Il devrait y avoir une catégorie de puits absorbants
intitulée "changements intervenus au niveau de l'utilisation des
terres et de la foresterie," lesquels ne seraient pas pris en
considération dans l'établissement des QELROS de la première
période budgétaire, mais pour lesquels, le Groupe d'Experts
Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) doit
envisager l'amélioration des méthodologies permettant leur
intégration dans la seconde période budgétaire.
- Les changements intervenus au niveau de l'utilisation des
terres et de la foresterie sont exclus des QELROS, mais leur
intégration doit être prévue à un stade ultérieur, par la Réunion
des Parties (RdP), sur la base de nouvelles modalités et des
méthodologies révisées par le GIEC.
- L'établissement des QELROS exclut la catégorie en question
mais permet la suppression des GHG par le biais de "nouvelles
activités", lesquelles, "si vérifiables," doivent être
comptabilisées au profit de la conformité. Ces "nouvelles
activités" doivent être définies sur la base de l'avis émis par
le GIEC et doivent être approuvées par la CdP.
La Vinã nota que bien que les Parties aient reconnu
l'importance des puits absorbants, elles ont discuté des
incertitudes scientifiques quant à la capacité d'absorption des
puits et aux méthodes d'estimation utilisées. Il indiqua que,
compte tenu de la grande divergence des points de vue entre les
options 1 et 2, seules les options 3 et 4 pouvaient servir de
base pour une solution de compromis.
La Chine attira l'attention sur le fait que les options étaient
assorties de périodes budgétaires et rappela l'objection faite
par le G-77/Chine au sujet de ce concept. Le Brésil et l'Islande
indiquèrent que la question des puits absorbants nécessitait
d'être résolue avant de pouvoir déterminer les chiffres des
QELROS. Le Brésil nota la valeur de la troisième option comme
plate-forme de compromis. On décida de poursuivre les
consultations sur ce sujet, durant la CdP-3.
Introduisant le débat sur les budgets, le Président Estrada
nota que le G-77/Chine préférait avoir un échéancier et que la
tendance générale était plutôt favorable à la possibilité d'avoir
des budgets. Le porte-parole des G-77/Chine déclara que
l'assomption d'un consensus sur les budgets était prématurée. Le
concept ne figurait pas dans le Mandat de Berlin. La Chine
déclara que le concept de budget avait été introduit avec un
ensemble de points supplémentaires, et que le texte soumis par le
G-77/Chine, établissant six raisons justifiant le rejet du
concept, avait été supprimé et ne figure pas dans le texte de
négociation révisé du Président. Le Président Estrada précisa que
son texte n'a repris que les articles qui ont été discutés à
l'AGBM-8 à Bonn. Il indiqua que la possibilité d'utiliser des
budgets restait ouverte.
Estrada devait appeler par ailleurs à un compromis sur la
question des politiques et mesures, notant que certaines
délégations souhaitaient avoir une approche d'obligation et que
certaines autres n'en voulaient pas. L'UE déclara être parvenu à
des concessions considérables à Bonn, par la simplification des
propositions appelant à des politiques et mesures obligatoires.
L'Egypte invita le Président à présenter une proposition
équilibrée. La Fédération Russe proposa des mesures nationales.
Le délégué déclara que la question des politiques et mesures
était liée aux autres questions, y compris à celles du panier des
gaz à inclure et du degré de souplesse qui sera accordé à la
Russie et aux autres pays en transition économique. Il exhorta
les délégations à commencer à chercher un compromis sans outre
délai et à ne pas laisser tout le travail de négociation aux
ministres des gouvernements. L'UE soumit une nouvelle proposition
stipulant que tout signataire ou Partie n'appartenant pas à
l'Annexe I et n'agissant pas dans le cadre de l'Article 10 peut
notifier le dépositaire qu'il a opté pour l'adoption et
l'application d'une partie ou de l'ensemble des politiques et
mesures et/ ou pour la participation dans le processus de
coordination mentionné ailleurs dans le protocole. Le G-77/Chine
fit objection à l'inclusion d'une référence aux Parties non
visées à l'Annexe I.
A l'ajournement de la séance, le Président invita le Rapporteur
à établir un rapport de synthèse des travaux de la journée à
l'intention de la CdP-3, notant qu'il avait, au départ, envisagé
d'ajouter des conclusions dans le rapport de l'AGBM, mais que les
travaux n'ont abouti à aucune conclusion.
DELIBERATIONS DE LA PLENIERE
Le 1er Décembre, le Président de la CdP-2, Chen Chimutengwende
(Zimbabwe), déclara que les délégués étaient confrontés au
dilemme politique de la répartition des responsabilités d'un
fardeau historique que l'humanité a décidé de prendre en charge.
Il appela à la reconnaissance des efforts consentis par les pays
en développement et affirma que ces pays ne sont pas en mesure
d'assumer de nouveaux engagements supplémentaires dans le cadre
du nouvel instrument. Il souhaita voir les délégués s'accorder
sur: un système juste de répartition des seuils d'émission; un
accord mondialement approuvé; et des niveaux d'émissions à la
fois durables et équitables. Il appela par ailleurs à des
disponibilités financières fiables et prévisibles pour
l'acquisition des technologies nécessaires par les pays en
développement.
Hiroshi Ohki (Japon) fut élu, ensuite, Président de la CdP-3.
Il déclara que la tâche la plus importante de la CdP-3 consistait
à établir un cadre international pratique et concret permettant
réellement la protection du climat mondial. Il souligna la
nécessité de discuter des mesures à prendre après Kyoto pour la
facilitation de mise en oeuvre du protocole, précisant que les
problèmes de l'évolution climatique ne seront pas tous résolus à
Kyoto.
Les délégués devaient également recevoir les souhaits de bienv-
enue de: Keizo Obuchi, Ministre des Affaires Etrangères du Japon;
Teiichi Aramaki, Gouverneur de la Préfecture de Kyoto; et
Yorikane Masumoto, Maire de Kyoto.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar, nota
qu'avec la présence de près de 10.000 personnes, la CdP-3 battait
tous les records de participation à une réunion sur l'évolution
du climat. Il souligna que le point focal de la réunion doit
porter sur le produit final. Il indiqua que lors d'un récent
échange de points de vue avec un groupe de représentants du monde
des affaires, l'un des participants a suggéré que l'accord de
Kyoto doit être sans "enrobage".
Les objectifs de l'accord, et les règles permettant de les
atteindre, doivent être clairement définis. L'orateur contrasta
cette approche avec la propagande répandue par certains secteurs
industriels qui "sans vergogne, jouent avec les données
scientifiques et les statistiques de l'évolution climatique." Il
déclara aussi que "dans l'actuelle constellation du pouvoir
économique et politique, il revient à ceux qui ont déjà édifié
leur puissance - souvent à travers une croissance économique ne
tenant pas compte de la durabilité - de se porter à l'avant et
d'ouvrir la voie d'un avenir durable," et appela à un engagement
à la fois clair, contraignant et vérifiable, des pays
industrialisés pour la réduction de leurs émissions à des niveaux
inférieurs à ceux de 1990, dès le début du siècle prochain.
La Tanzanie, au nom du G-77/Chine, nota que les pays en dével-
oppement sont les plus vulnérables à l'évolution du climat et les
moins aptes à s'adapter, et qu'ils sont engagés à inverser les
tendances des émissions induites par les activités humaines et
ce, en tenant compte du principe des responsabilités communes
mais différenciées. L'intervalle entre la production des
émissions et le retentissement de leurs effets exige des pays
visés à l'Annexe I de prendre sans délais les premières mesures
nécessaires, et ce sont ces mêmes pays qui seront à blâmer si les
travaux de Kyoto devaient se snewer par un échec. L'orateur fit
objection à la proposition préconisant un "processus évolutif
post-Kyoto", et s'indigna des menaces voilées de représailles au
niveau de l'aide internationale si les pays en développement
n'acceptaient pas ce processus.
Le Luxembourg, au nom de l'UE, réitéra leur position
préconisant: une coupe de 15% dans les émissions à réaliser
individuellement ou conjointement par les pays industrialisés,
d'ici 2010; l'adoption de politiques et mesures (P&M)
spécifiques; et la considération de nouveaux engagements pour les
pays en développement dans le cadre de l'Article 7.1(a), dans le
futur. La Fédération Russe réitéra sa proposition préconisant que
chaque pays visé à l'Annexe I procède à la consolidation de ses
émissions en un montant cumulé "exprimé en dioxyde de carbone,"
avec, pour chacun d'eux, des obligations clairement établies dans
la pièce pointe et définies en fonction de l'Annexe.
Les USA favorisaient un objectif basé sur l'ensemble des GHG et
tenant compte des sources, des puits absorbants, de la souplesse
et d'une participation significative des principaux pays en
développement. La représentante proposa la prévision d'une
certaine souplesse permettant une différenciation limitée et
soigneusement définie et suggéra l'établissement d'un groupe de
travail pour l'examen des proposition concernant la
différenciation, notamment la proposition Russe. Elle fit part de
ses réserves à l'égard de la proposition de l'UE préconisant des
restrictions dans les échanges de droits d'émission, à l'égard de
l'objectif de l'UE dont le concept de "bulle" semble ne tenir
compte que de son seul avantage économique, à l'égard de
l'envergure qui y est retenue pour la différentiation, et à
l'égard de la définition de la responsabilité de ses Etats
membres dans ce cadre. L'oratrice se déclara en faveur
d'objectifs basés sur des critères différents pour les pays en
développement, tels que des objectifs portant sur les taux de
croissance de leurs émissions. Les pays en développement qui
assumeraient des engagements volontaires dans le cadre de
l'Article 10 sont susceptibles de gagner de nouvelles ressources
et d'accéder à de nouvelles technologies à travers les échanges
de droits d'émission.
Le Président nota que l'état d'avancement des ratifications
(FCCC/ CP/1997/INF.2) qui indique que 167 Etats et l'UE sont
devenus Parties, témoignait de la reconnaissance quasi
universelle de l'importance du problème de l'évolution
climatique. Au sujet de l'adoption du règlement intérieur
(FCCC/CP/1997/5), il nota le projet de décision suggérant que la
CdP adopte, pour application, l'ensemble des règles qui y
figurent, à l'exception de la règle 22, paragraphe 1 (élection
des membres du Bureau) et de la règle 42, paragraphe 1 (vote en
l'absence du consensus), en attendant la conclusion de l'accord.
Le Venezuela, l'Arabie Saoudite et le Koweït firent objection à
l'adoption d'un règlement intérieur incomplet. L'Argentine et
l'Alliance des Petits Etats Insulaires (AOSIS) apportèrent leur
appui au projet de décision. L'UE soutint le projet de décision
mais indiqua que la règle 22 était, de toute façon, déjà
approuvée. Le Président appela à des consultations et décréta que
la CdP continuera à appliquer le règlement provisoire, à
l'exception de la règle 42.
L'ordre du jour provisoire (FCCC/CP/1997/1), les annotations
concernant le calendrier des travaux (FCCC/CP/1997/1/Add.1), la
liste des documents (FCCC/CP/1997/1/Add.2) et le document relatif
au segment de haut niveau (FCCC/CP/1997/L.1) furent adoptés.
S'agissant de l'élection des membres du Bureau autres que le
Président, les délégués devaient élire: Bakary Kante (Sénégal)
Président du SBI; le représentant de l'Iran, Vice-Président du
SBI; George Manful (Ghana), T. Gzirishvili (Géorgie), Anthony
Clarke (Canada), Cornelia Quennet-Thielen (Allemagne), Sergio
Selaya Bonilla (Honduras), Luis Herrera (Venezuela), Kok Kee Chow
(Malaisie) et Espen Ronneberg (Iles Marshall), Vice-Présidents;
et Maciej Sadowski (Pologne), Rapporteur.
S'agissant du point 2 de l'ordre du jour (questions
organisationnelles), une Grande Commission (GC) fut établie
pour prendre les décisions touchant au Mandat de Berlin.
Estrada fut élu Président de la GC.
RAPPORTS DES ORGANES SUBSIDIAIRES
Les délégués devaient ensuite se pencher sur les rapports
émanant des Organes Subsidiaires de la CCCC. Tibor Faragó
(Hongrie) introduisit le rapport et les projets de décision de
l'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique
(SBSTA), (FCCC/SBSTA/ 1997/14). Les délégués notèrent le rapport
du SBSTA et adoptèrent ses projets de décision concernant la
coopération avec le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur
l'Evolution du Climat (GIEC) et le développement des réseaux
d'observation. Les projets de décision élaborés conjointement par
le SBSTA et le SBI et concernant le développement et le transfert
des technologies et les activités exécutées conjointement (AIJ)
furent également adoptés .
Mahmoud Ould El Ghaouth (Mauritanie) introduisit à son tour le
rapport de l'Organe Subsidiaire chargé de la mise en oeuvre (SBI),
lequel devait être noté par la CdP. Les délégués adoptèrent le
projet de décision conjoint SBI/SBSTA sur la répartition des
tâches entre les deux organes. Les autres décisions adoptées
portent sur: le volume de la documentation; les communications
des Parties visées à l'Annexe I; l'évaluation du mécanisme de
financement; l'Annexe du Mémorandum d'Entente; la performance
financière de la Convention durant la biennale 1996-1997; et les
arrangements relatifs au soutien administratif apporté au
Secrétariat de la Convention.
Patrick Széll (Royaume-Uni) introduisit, pour sa part, le
rapport du Groupe Spécial chargé de l'Article 13 (AG13) qui
s'était penché sur l'opportunité d'établir un processus
consultatif multilatéral (PCM). L'orateur nota que le groupe
était parvenu à deux conclusions: le rôle du PCM doit être plutôt
de consultation que de supervision, et l'AG13 ne doit parachever
son travail qu'après la tenue de la CdP-3. Il indiqua qu'un
certain nombre de questions attendaient encore d'être résolues:
la question de savoir si l'Article 13 nécessitait un "processus"
ou un "comité"; le point de savoir qui pourrait enclencher le
régime; et la question de savoir si le PCM doit porter une
assistance aux pays en développement ou plutôt fournir "un avis"
consultatif à l'ensemble des pays. La CdP-3 nota le rapport de
l'AG13 et adopta le projet de décision autorisant l'AG13 à
poursuivre son travail.
Raúl Estrada Oyuela (Argentine) présenta à la CdP-3 un rapport
sur le travail de l'AGBM. Il déclara que l'AGBM-6 avait marqué un
pas en avant en demandant au Président de parachever le texte de
négociation du protocole ou autre instrument juridique
contraignant, avant juin 1997. Il indiqua que les résultats du
travail de l'AGBM figuraient dans le texte de négociation révisé
(FCCC/CP/1997/2). Un additif attaché à ce document renferme un
projet de proposition d'amendement de la Convention. Le Président
attira l'attention sur un certain nombre de questions qui n'ont
pas été entièrement traitées par l'AGBM, telles que: les méthodes
d'estimation des émissions par source, et des suppressions par
puits absorbants; le traitement des puits absorbants dans le
cadre du nouvel instrument; la proposition avancée par le Brésil;
et la question du futur développement des engagements de toutes
les Parties, que certains appellent "évolution".
Estrada indiqua par ailleurs que le projet de texte de
négociation contenait bon nombre de crochets et d'alternatives.
Il encouragea les délégations à produire un accord susceptible
d'accommoder toutes les Parties. Il déclara que les efforts des
principales Parties pays en développement pour l'atténuation des
changements climatiques étaient fréquemment sous-estimés et
attira l'attention sur les raisons invoquées par différents pays
industrialisés pour refuser ou retarder le renforcement de leurs
engagements. Il ajouta qu'en dépit des faits indiquant que
certains pays n'ont aucune volonté de réaliser les objectifs de
la CCCC, la vaste majorité des Parties entendent adopter un
ensemble de règles juridiques contraignantes pour renforcer les
engagements.
RAPPORT DU FONDS POUR L'ENVIRONNEMENT MONDIAL
Le 3 Décembre, le Président du FEM, Mohamed El-Ashry, intro-
duisit le rapport du FEM qui présente une mise à jour de
l'information concernant les efforts fournis au niveau de la mise
en application des lignes directrices arrêtées par les réunions
antérieures de la CdP, englobant la liste complète des projets
financés par le FEM dans le cadre de la CCCC. Il rappela que
certaines Parties avaient affirmé que les procédures du FEM
n'étaient pas conviviales et nota l'adoption de nouvelles
procédures simplifiées pour l'élaboration des projets. Le FEM a
fourni son soutien à 85 projets en rapport avec l'évolution du
climat et répondant aux besoins de 114 pays, l'ensemble
atteignant le montant global de US$63 millions. Il mit aussi en
relief, l'Annexe A du rapport, laquelle décrit les problèmes
rencontrés dans l'application du concept du coût marginal global
approuvé. L'orateur devait noter, par ailleurs, le consensus
réalisé dans les rangs des donateurs, sur l'objectif de US$2,75
milliards pour le réapprovisionnement du FEM.
L'UE fit part de sa déception que les délégués ne soient pas
parvenus à s'entendre sur l'établissement du FEM comme mécanisme
de financement permanent, cette année. Le délégué se félicita du
niveau des soutiens financiers approuvés pour les activités liées
à la question de l'évolution climatique. La Chine nota que les
efforts visant à améliorer les engagements existants sont
entravés par le manque de moyens et appela à un relèvement
substantiel du niveau de réapprovisionnement du FEM. L'oratrice
appela également à un processus d'approbation plus rapide et nota
que les pays en développement sont confrontés à d'énormes
difficultés au niveau de l'élaboration des inventaires de gaz à
effet de serre (GHG).
L'Uruguay indiqua qu'il a été en mesure de soumettre sa
première communication concernant les sources et les puits
absorbants des GHG grâce au financement accordé par le FEM. La
République Centrafricaine déclara que le rapport devrait être
plus détaillé et inclure les difficultés rencontrées par les
Parties pour l'obtention effective des ressources octroyées par
le FEM au titre de l'élaboration des communications nationales.
La Suisse, appuyée par les USA, déclara que le FEM devrait être
établi comme mécanisme de financement permanent de la CCCC. Le
porte-parole des G-77/Chine qualifia la mise à disposition des
ressources financières et le transfert technologique d'éléments
fondamentaux pour l'application de la Convention par les Parties
non visées à l'Annexe I. L'oratrice fit remarquer que tous deux
constituent des obligations incombant aux pays industrialisés,
dans le cadre de la Convention, et qu'ils ne doivent pas être
utilisés pour forcer les pays en développement à assumer de
nouveaux engagements ou à accepter, pour le protocole, une
approche basée sur la loi du marché.
Le délégué des Philippines mentionna les problèmes rencontrés
avec les agences chargées de la mise en oeuvre et précisa que ces
dernières devraient être plus au fait des décisions prises par le
Conseil du FEM. L'Inde, le Bhutan, le Bangladesh et Kiribati
soulignèrent l'importance des financements du FEM pour les
communications nationales. Le délégué US déclara que le FEM a
fourni des efforts pour répondre aux besoins des Parties de la
CCCC et exprima sa déception que l'évaluation du mécanisme de
financement n'ait pas été concluante. Il évoqua aussi la
nécessité de trouver des sources de financement innovantes et
impliquant le secteur privé. Le rapport du FEM fut noté.
TRANSFERT TECHNOLOGIQUE
Le 3 Décembre, le Président de la CdP devait introduire le
débat sur le développement et le transfert des technologies. La
Chine, appuyée par l'Inde et l'Iran, observa deux tendances: les
pays industrialisés sont intéressés uniquement par le transfert
de l'information technique, alors que les pays en développement
estiment qu'un transfert technologique à titre non lucratif et en
termes préférentiels, est plus important; et certains pays
mettent l'accent sur les mécanismes de marché. La représentante
appela les pays industrialisés à agir de manière cohérente avec
le Plan d'Action 21, la CCCC et les résolutions des précédentes
CdP, et recommanda que la question soit reprise comme point
séparé et traitée en tant que telle par la CdP-4. L'Afrique du
Sud affirma que l'accès à la technologie et le transfert du
savoir-faire technique jouaient un rôle crucial dans la réponse
aux implications énergétiques dans la marche vers le
développement durable. Le Japon donna un aperçu sur l'Initiative
de Kyoto visant à renforcer l'assistance en faveur des pays en
développement au niveau des efforts consentis dans le cadre de la
lutte contre le réchauffement de la planète, et qui sera opérée à
travers le programme national d'Aide Publique au Développement.
Le programme mettra à disposition des prêts à des termes
préférentiels pour la promotion de la formation, une coopération
dans le domaine des technologies d'épargne énergétique, des
sources d'énergie nouvelles et renouvelables, de la conservation
forestière et du reboisement, et permettra la mise en place de
réseaux d'information et l'organisation d'ateliers sur le sujet.
L'Inde, soutenue par l'Iran, appela à la mise en opération des
dispositions prévues par la CCCC en faveur du transfert des
technologies écologiquement rationnelles (TER) dans le cadre du
nouvel instrument juridique.
L'Australie déclara que la plupart des TER sont développées par
le secteur privé et de ce fait, lui appartiennent. Les
gouvernements peuvent instaurer des conditions favorables au
développement technologique et les pays récipiendaires doivent
mettre en place les politiques appropriées pour la réussite des
transferts. Le délégué de la République de Corée annonça que son
pays était en consultation avec le PNUE, le PNUD et la Commission
du Développement Durable, en vue de programmer une réunion de
groupe d'experts sur la question du transfert technologique, à
Séoul en Février 1998. Le résultat sera présenté à la session de
la CDD de 1998. La représentante du Zimbabwe donna un aperçu sur
les difficultés rencontrées par son pays au niveau du
développement économique de base et mit en exergue l'impact
financier d'El Niño. Elle indiqua que le transfert technologique
constitue une question vitale.
L'Iran identifia les obstacles entravant les efforts des pays
en développement dans le domaine des transferts technologiques
qui découlent des restrictions imposées par les pays
industrialisés. L'orateur affirma que les gouvernement des pays
industrialisés qui ont confié au secteur privé la responsabilité
du transfert technologique sont en contradiction avec l'esprit et
la lettre du plan d'Action 21.
SECONDE REVUE DE L'ADEQUATION DE L'ARTICLE 4.2(A) ET (B)
La première revue de l'adéquation de l'Article 4.2(a) et (b)
fut entreprise à la CdP-1. Ayant jugé ces engagements inadéquats,
la CdP-1 enclencha le processus du Mandat de Berlin. L'Article
4.2(a) appelle à une seconde évaluation avant 1999. Le SBI-6
demanda au Secrétariat de prévoir pour la CdP-3 d'inclure cette
évaluation dans l'ordre du jour de la CdP-4.
Le 3 Décembre, l'AOSIS, la Chine et le Zimbabwe déclarèrent que
la délibération de ce point était prématurée, étant donné qu'on
ne savait pas encore très bien ce que les actions entreprises
dans le cadre du processus du Mandat de Berlin seraient en mesure
d'accomplir. L'AOSIS prédit que les effets visibles de
l'évolution du climat s'exerceront de manière dévastatrice avant
que les pays visés à l'Annexe I, qui poussent aujourd'hui à
l'obtention de propositions médiocres, ne se décident à prendre
de vraies mesures.
La Chine affirma que le manque au niveau des communications
nationales rendait également prématurée l'évaluation de
l'adéquation des engagements. Le délégué US fit remarquer que
l'évaluation doit prendre en ligne de compte le résultat de Kyoto
et demanda que la nature de l'évaluation soit clarifiée. La Chine
désapprouva, affirmant que l'évaluation est indépendante du
résultat de Kyoto et rappela que Décembre 1998 est la date butoir
pour les engagements pris dans le cadre de l'Article 4.2(d). Les
délégués décidèrent que les préparatifs nécessaires doivent être
entrepris pour placer l'évaluation des Articles 4.2(a) et (b) à
l'ordre du jour de la CdP-4.
EVALUATION DE L'INFORMATION
Le 3 Décembre, les délégués devaient discuter de l'évaluation
des informations et décisions éventuelles liées à l'Article
4.2(f) (FCCC/ CP/1997/L.3). Les délégués approuvèrent la
proposition préconisant que la République Tchèque et la Slovaquie
remplacent la Tchécoslovaquie dans l'Annexe I, ainsi que
l'adjonction de la Croatie. Les délégués débattirent longuement
de la proposition avancée par l'Azerbaïdjan et le Pakistan pour
la suppression de la Turquie de l'Annexe I et de l'Annexe II.
L'Iran, la Turquie et le Koweït apportèrent leur soutien à la
proposition. L'UE et l'Australie maintinrent que la Turquie doit
faire part de sa volonté de mettre en oeuvre les obligations
entrant dans le cadre de l'Article 10 du Protocole, avant que son
nom ne puisse être ôté des deux Annexes. Le délégué US suggéra de
renvoyer à la CdP-4, l'examen de cette proposition et, dans la
foulée, celui des rapports liant certains membres de l'OCDE à
l'Annexe I9. La Turquie nota que certaines questions touchant à
l'Article 10 du Protocole restaient sans réponse et demanda que
les ministres abordent ce sujet le 10 décembre. Le Président
proposa que Luis Herrera (Venezuela) entreprenne des
consultations sur ces amendements. La question ne put être
résolue et sera discutée à la CdP-4.
PROPOSITIONS D'AMENDEMENTS A LA CCCC
Le 3 Décembre, les délégués examinèrent les propositions
d'amendements à la Convention et ses Annexes (FCCC/SBI/1997/15).
L'UE présenta une proposition d'amendement pour l'Article 17,
stipulant que les Parties consentiront tous les efforts pour
s'accorder sur le protocole par consensus et que si aucun accord
n'est réalisé, le protocole sera adopté à la majorité des 3/4 des
voix. Cet amendement sera appliqué à titre provisoire, en
attendant l'entrée en vigueur de l'article 15. L'UE souhaita par
ailleurs voir les objections au protocole intervenir seulement à
la fin de la CdP-3, et indiqua qu'un processus de prise de déci-
sion est nécessaire. La Fédération Russe déclara que le vote
n'est pas le moyen adéquat pour l'adoption d'un instrument
international important. Le Venezuela déclara que l'amendement et
son application provisoire doivent être considérés de manière
séparée.
Selon la proposition d'amendement avancée par le Koweït, les
Parties mettront à disposition des ressources financières,
transfert technologique compris, conformément à la décision de la
CdP sur les besoins des pays en développement dans ce domaine. Le
délégué précisa que les pays en développement ne pourraient
diminuer leurs émissions qu'à travers des moyens technologiques,
mais que les ressources mises à disposition jusque là sont
inadéquates. L'UE, appuyée par les USA et le Japon, déclara que
les bailleurs de fonds ne doivent pas placer leurs ressources
entre les mains de la CdP. L'Arabie Saoudite indiqua que
l'amendement était introduit en réaction à la proposition de l'UE
qui vient rompre "l'équilibre délicat" de la Convention. Sergio
Selaya Bonilla (Honduras) mena les consultations sur la
proposition de l'UE et Bakary Kante (Sénégal) mena celle ayant
trait à la proposition du Koweït, tout au long de la semaine. La
proposition de l'UE devait être plus tard retirée. La proposition
du Koweït ne fut pas acceptée.
Sur proposition de la Croatie, les délégués discutèrent du
statut de la Yougoslavie dans le cadre de la Convention. Le
Secrétaire Exécutif rapporta les résultats de sa requête
d'information concernant le statut de la Yougoslavie au sein de
l'ONU et de la CCCC. Le Président demanda à la Yougoslavie de
s'abstenir de toute participation à la réunion.
AUTRES ACTIONS
Durant la semaine, la CdP devaient prendre un certain nombre
d'autres décisions. Plusieurs documents furent notés: les
activités touchant à l'aide financière et technique
(FCCC/CP/1997/INF.3); le rapport de la seconde réunion de l'AGBM-
8 (FCCC/AGBM/1997/8/ Add.1); et, les questions administratives et
financières (FCCC/CP/ 1997/INF.1) englobant le budget
programmatique de la biennale 1998/ 1999.
Les Parties décidèrent de transmettre au SBSTA la proposition
du Brésil (FCCC/AGBM/1997/MISC.1/Add.3) qui préconise de lier les
objectifs d'émissions des différentes Parties à leurs
contributions à l'évolution du climat, pour que l'organe puisse
en examiner les aspects scientifiques et méthodologiques et
aviser la CdP-4 des futures activités. Le Brésil fit noter
l'élément politique de la proposition consistant à établir les
objectifs futurs en fonction des changements intervenant au
niveau de la température moyenne prélevée à la surface du globe,
en guise de mécanisme permettant la répartition du fardeau.
Le 5 Décembre, les délégués devaient accepter aussi l'offre
formulée par l'Argentine d'accueillir à Buenos Aires, du 2 au 13
Novembre 1998, les réunions de la CdP-4 et de ses organes
subsidiaires.
SEGMENT DE HAUT NIVEAU
Le Segment de Haut Niveau qui vit la participation de nombreux
ministres et autres chefs de délégations se tint durant les
sessions du matin, de l'après-midi et de la soirée des 8 et 9
Décembre 1997. Après les allocutions d'ouverture, les ministres
et autres chefs de délégations engagèrent le débat général.
Ryutaro Hashimoto, Premier Ministre du Japon, encouragea les
Parties à s'entendre sur des objectifs de réduction d'émissions à
la fois significatifs, réalistes et équitables et qui soient
juridiquement contraignants. Il appela l'ensemble des pays, y
compris les pays en développement, à améliorer volontairement
leurs mesures. Il se déclara en désaccord avec l'idée disant que
des règles strictes affecteraient négativement l'économie, et
nota qu'elles pourraient au contraire impulser l'innovation,
promouvoir l'investissement et donner naissance à une industrie
nouvelle.
José Maria Figueres Olsen, Président du Costa Rica, déclara que
l'accord de Kyoto doit inclure des coupes significatives au
niveau des émissions des pays industrialisés, un mécanisme de
financement établissant une passerelle entre les pays en
développement et les pays industrialisés, et une participation
volontaire active des pays en développement. Il nota que le Costa
Rica a développé un instrument d'évaluation des réductions
d'émissions. Il appela les pays en développement à bien remplir
leur rôle.
Kinza Clodumar, Président de Nauru, déclara que la volonté
préméditée de détruire les petits Etats insulaires est un "crime
inqualifiable contre l'humanité." Il affirma que la solution du
problème nécessitait bien plus qu'une simple stabilisation des
gaz à effet de serre (GHG). Il nota la promesse du Président US
Clinton pour des réductions significatives dans le futur et
appela le Vice Président Gore à faire une annonce là-dessus.
Le Vice Président des Etats-Unis, Albert Gore Jr., réitéra
l'engagement des USA de réduire les émissions de 30% par rapport
aux niveaux initialement projetés d'ici 2010 et retraça les
éléments clés de la proposition US. Il annonça une plus grande
flexibilité US visant à aboutir à un engagement assorti
d'objectifs et de calendriers réalistes, de mécanismes de marché,
et d'une participation des principaux pays en développement.
Maurice Strong, Secrétaire Général Adjoint et Coordinateur
Exécutif de la Réforme des Nations Unies, présenta une allocution
au nom du Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan. Il déclara en
substance que beaucoup seraient déçus si l'accord de Kyoto ne
devait représenter qu'un pas modeste. Mais les objectifs et les
calendriers contraignants en perspective démontrent le chemin
parcouru par la communauté des nations pour assumer les
responsabilités qui sont les siennes.
DEBAT GENERAL
Le Président de la CdP, Hiroshi Ohki (Japon), rapporta les
progrès substantiels réalisés dans les discussions de Kyoto et se
déclara confiant quant à l'aboutissement à l'accord final. Il
appela les ministres à apporter une volonté politique à
l'objectif consistant à amener les pays industrialisés à montrer
l'exemple.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar se
félicita du caractère remarquable de la Conférence, compte tenu
de l'intérêt médiatique et de sa diffusion à grande échelle sur
l'Internet, qui a focalisé l'attention du monde entier sur Kyoto.
Il déclara que la pratique Zen consistant à aller au-delà des
frontières mentales constituait un bon thème pour les jours à
venir, lorsque les négociateurs auront besoin de dépasser la
tendance à ne prendre en ligne de compte que les considérations à
court terme et à négliger les opportunités économiques à long
terme.
Au nom du G-77/Chine, Bakari Mbonde (Tanzanie) déclara qu'une
action décisive était nécessaire pour le renforcement des
obligations des pays industrialisés. Il mit en exergue le Mandat
de Berlin quant à la réalisation des QELROs et à l'avancement de
l'application des engagements liés à l'Article 4.1, sans nouveaux
engagements pour les Parties pays en développement. Les pays en
développement avaient pris leurs propres mesures mais la réussite
restait tributaire de la concrétisation des engagements des pays
visés à l'Annexe I et notamment ceux qui portent sur le transfert
technologique. Il rejeta la mise en oeuvre extraterritoriale des
objectifs et accueillit favorablement l'initiative concernant la
création d'un fonds pour le développement propre.
Le Dr. Johny Lahure (Luxembourg), au nom de l'UE, rejeta une
différenciation qui affaiblirait les objectifs. Cette dernière
doit, au contraire, garantir l'adoption d'engagements
comparables, au moins pour les économies majeures. Une
flexibilité aboutissant à des brèches préjudiciables à
l'environnement est tout aussi inacceptable. Il apporta son
appui: à la proposition "trois plus trois" pour les gaz à
traiter; à ce que l'idée de l'échange des droits d'émissions ne
soit retenue qu'à la condition d'avoir des objectifs forts et des
mesures intérieures importantes, un suivi, des sanctions et des
garde-fous permettant de prévenir les fluctuations du marché; et
à l'exécution conjointe, à condition qu'elle soit assortie de
règles et de garde-fous. Il affirma que des P&M obligatoires et
bien coordonnées à l'échelle internationale sont indispensables.
Les suggestions préconisant que les pays en développement doivent
prendre de nouveaux engagements n'aident pas les négociations et
sont en contradiction avec le Mandat de Berlin. La mobilisation
de ressources nouvelles et supplémentaires à travers le mécanisme
de financement peut renforcer la limitation volontaire des
émissions de GHG par les pays en développement.
Plusieurs orateurs devaient se focaliser, par ailleurs, sur les
éléments nécessaires à l'accord de Kyoto. Samoa, au nom de
l'AOSIS et appuyé par Niue, déclara que l'accord de Kyoto doit
porter sur des objectifs à court et moyen termes, forts, pour les
Parties visées à l'Annexe I et doit comprendre un mécanisme
permettant d'évaluer très tôt leur adéquation. La Norvège déclara
que les pays industrialisés doivent s'accorder sur un objectif de
réduction global situé entre 10 et 15%, d'ici 2010. L'approche
d'un taux uniforme manque d'équité et d'efficacité et ne pourrait
servir qu'à rendre impossible la conclusion d'un accord
ambitieux. L'Afrique du Sud appuya les objectifs proposés par
l'UE.
Les pays en développement rejetèrent le concept d'engagements
volontaires, établissant un lien entre les émissions et le
développement, ce dernier représentant à leurs yeux, la plus
haute priorité. Ils soulignèrent que le Mandat de Berlin n'avait
pas appelé les pays en développement à assumer la responsabilité
de ce qui découlait essentiellement de l'action des pays
industrialisés. Ils soulignèrent également que les pays
industrialisés doivent prendre l'initiative et doivent se
conformer au principe des "responsabilités communes mais
différenciées". L'AOSIS appela à des réductions les plus
importantes possibles, évoquant le désastre que risquait de
provoquer la paralysie politique actuelle. Les pays producteurs
de pétrole appelèrent à la mise en place d'un mécanisme de
compensation s'il fallait mener la mise en oeuvre à son terme.
Les pays industrialisés décrivirent différentes approches. Les
membres de l'UE mirent en exergue des détails sur leurs
engagements et leurs efforts individuels. D'autres étaient
partiellement d'accord avec cela, mais déclarèrent que les pays
en développement devaient prendre des engagements volontaires et
commencer au moins à envisager des obligations par étapes. Le
processus à travers lequel l'évaluation des engagements de
l'ensemble des Parties pourrait être menée, fut également évoqué.
Il y eut, par ailleurs, de la part à la fois des pays
industrialisés et ceux en développement, des appels en faveur
d'objectifs réalistes et contraignants, et pour la mise à
disposition de fonds permettant de faciliter le transfert
technologique et l'intégration du développement durable au niveau
des pays en développement. S'agissant des voies de réalisation,
plusieurs suggestions furent avancées, notamment celles de
l'exécution conjointe et de l'utilisation du Fonds pour le
Développement Propre - ce dernier étant fréquemment lié à la mise
en place d'un mécanisme permettant la vérification de la
conformité. Les brèches existant dans les différents systèmes
évoqués furent également traitées, avec, par exemple, certains
pays en développement et quelques pays industrialisés mettant en
garde contre l'exécution conjointe ou la rejetant carrément parce
que susceptible de servir de moyen de détourner les objectifs de
réduction.
Objet de controverse également furent les questions de la
commercialisation des droits d'émissions, de l'utilisation des
puits et des sources et des crédits d'émissions. Ceux qui
mettaient en question la sagesse de tels mécanismes rappelèrent
que l'objectif de la Convention est la réduction des émissions,
faisant part de leur crainte de voir de telles mesures exacerber
les écarts entre les différents pays.
GRANDE COMMISSION
La première réunion de la GC eut lieu le 1er Décembre. La GC
établit trois groupes de négociation sur: les institutions et
mécanismes; l'avancement de l'application de l'Article 4.1 et du
mécanisme financier de la CCCC; et, les P&M. Le Président de la
GC,Raul Estrada-Oyuela conduisit les négociations sur les QELROs.
Un certain nombre de groupes informels devait se pencher, par
ailleurs, sur plusieurs autres questions.
Les délégués se réunirent en une plénière "inventorielle" de la
CdP le vendredi 5 Décembre Estrada indiqua dans son rapport que
les délégués se sont réunis à 8 reprises et qu'ils avaient besoin
d'un peu plus de temps. Les négociations de la GC se poursuivront
tout au long du week-end, de manière à n'avoir qu'un nombre
limité de questions cruciales à soumettre à la considération des
ministres durant le Segment de Haut Niveau.
La réunion finale de la GC commença le mercredi 10 Décembre,
vers 19h. La réunion fut suspendue pour permettre la distribution
du projet de texte final du Président (FCCC/CP/1997/CRP.6) et la
poursuite des consultations informelles. A 1h. du matin, les
délégués entamèrent une revue du texte, article par article,
s'attardant sur les dispositions touchant aux QELROS, à la
commercialisation des droits d'émissions et aux engagements
volontaires des pays non visés à l'Annexe I.
La nuit durant, les délégués travaillèrent à l'adoption de
l'ensemble des articles du texte. A certains moments, les
négociations furent sur le point de se rompre, c'est finalement à
10h15 du matin que la GC devait achever son travail et s'accorder
à l'unanimité sur la soumission du texte du protocole à la
Plénière de la CdP, pour adoption officielle. La Plénière finale
de la CdP-3 se réunit vers 13h., jeudi 11 Décembre, pour adopter
le Protocole de Kyoto (FCCC/1997/L.7/Add.1).
PROTOCOLE DE KYOTO DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Le Protocole de Kyoto de la Convention-Cadre sur les Change-
ments Climatiques comprend un préambule, 28 articles et 2
annexes. Voici ci-après le résumé du Protocole de Kyoto, l'accent
étant mis sur les questions résolues durant la CdP-3.
PREAMBULE ET ARTICLE 1 (Définitions): En vertu du Préambule,
les Parties acceptent les dispositions du Protocole. Le Préambule
fait également état des Articles 2 et 3 et du Mandat de Berlin.
L'Article 1 rappelle les définitions de la CCCC à utiliser dans
le Protocole.
ARTICLE 2 (Politiques et Mesures): Le groupe de négociation sur
l'Article 2 discuta du projet de texte révisé élaboré par le
Président, Mahmoud Ould El Ghaouth (Mauritanie). Il y eut un
certain accord sur le type de politiques et mesures à considérer
et sur leur insertion dans le Protocole. Il y eut des divergences
sur le point de savoir si les politiques et mesures devaient
s'appliquer aux Parties non visées à l'Annexe I et si leur
application devait être ajustée aux différentes circonstances
nationales. Un débat en rapport intéressa la question de
"comparabilité". Les options relatives à la coordination furent
également abordées.
Le 5 Décembre, au cours de la Plénière "inventorielle" de la
GC, El Ghaouth rapporta que le groupe de négociation chargé des
P&M a produit un projet de document, même si les points de vue y
demeurent divergents sur la question de savoir si les P&M doivent
oui ou non être obligatoires.
Lors de la Plénière finale de la GC, le Koweït proposa la
suppression des sous-paragraphes portant sur la réduction et
l'annulation progressive des imperfections de marché et des
subventions et sur le contrôle des émissions. Le consensus
n'ayant pas été réalisé pour de telles suppressions, l'Article
fut adopté tel quel.
L'Article 2, tel qu'adopté, décrit les politiques et mesures
que doit mettre en oeuvre ou élaborer chacune des Parties visées à
l'Annexe I pour la réalisation de ses QELROs, en tenant compte
des circonstances nationales. Un sous-paragraphe dresse une liste
de mesures "telles que": l'efficience énergétique; la protection
et l'amélioration des puits absorbants; l'agriculture durable;
les formes d'énergie nouvelles et renouvelables; la séquestration
du carbone et l'utilisation des technologies de pointe; la
suppression progressive des substances et des incitations
défavorables aux objectifs de la CCCC; les réformes sectorielles;
la limitation et la réduction des émissions de GHG; et, la
récupération et l'utilisation du méthane. Les Parties doivent
coopérer pour l'amélioration de l'efficacité des P&M. Les Parties
visées à l'Annexe I doivent veiller à la limitation des émissions
découlant des combustibles utilisés dans l'aviation et la marine,
en collaboration étroite avec l'Organisation Internationale de
l'Aviation Civile et l'Organisation Maritime Internationale. Les
Parties doivent veiller à réduire au minimum les effets négatifs
sur les autres Parties, en particulier, les Parties pays en
développement et celles identifiées dans les Articles 4.8 et 4.9
de la CCCC. La CdP doit examiner les voies et moyens d'établir
une coordination si elle juge une telle coordination profitable.
ARTICLE 3 (QELROs et Puits Absorbants): L'Article portant sur
les objectifs quantitatifs de limitation et de réduction des
émissions (QELROs) fut discuté dans un groupe de négociation
conduit par le Président de la GC, Estrada, tout au long de la
première semaine, ainsi que durant les sessions de la GC des 4,
5, 6, 9 et 10 Décembre, cette dernière session ayant été clôturée
le 11 Décembre. Les débats sur la question des puits absorbants
furent menés au sein d'un groupe de contact présidé par Antonio
La Vinã (Philippines) au cours de la première semaine. Luis
Gylvan Meira Filho (Brésil) conduisit les négociations
officieuses sur le libellé décrivant les périodes d'engagements
intitulées à l'origine "périodes budgétaires". Des groupes de
contact furent formés pour discuter de la différenciation et du
nombre de gaz devant être couverts par l'instrument juridique.
Le Canada soumit une proposition concernant les QELROs,
consistant en une réduction des GHG de 3%, par rapport aux
niveaux de 1990, d'ici l'an 2010. Il y est également prévu une
nouvelle réduction de 5% à l'horizon 2015 et il y est précisé que
les horizons 2010 et 2015 se réfèrent aux années mi-parcours des
périodes budgétaires. La proposition inclut les puits absorbants,
six gaz à effet de serre et un maximum de souplesse au niveau de
sa mise en oeuvre. Le Canada déclara par ailleurs que l'exécution
conjointe avec le crédit, offrait la meilleure combinaison pour
le transfert financier et technologique en faveur des pays en
développement, et exprima l'espoir que ces derniers en perçoivent
bien la valeur potentielle.
Périodes d'Engagement: Le 2 Décembre, le groupe de négociation
chargé de l'Article 3 se focalisa sur la question des budgets
d'émissions. Le 5 Décembre, Meira Filho présenta à la GC le
rapport des consultations sur la question des "objectifs
pluriannuels", connus jusque là sous l'appellation de "budgets".
Il indiqua que des problèmes avaient émergé en raison de la
confusion entre les termes "budgets d'émissions" et "périodes
budgétaires". Ces termes furent remplacés respectivement par les
termes "total des émissions" et "périodes d'engagement". Il
indiqua par ailleurs qu'il y a eu accord que la portée des
périodes d'engagements soit de 5 ans.
Lors de la Plénière de la GC du 6 Décembre, Meira Filho
introduisit un projet de texte révisé. Le libellé ajoutait à
l'Article 1 une définition stipulant que la "montant déterminé"
signifiait le montant net du cumul des émissions qu'une Partie ne
peut excéder au cours d'une période d'engagement donnée pour la
réalisation de ses QELROs. Le texte révisé renferme également
trois alternatives pour le premier paragraphe de l'Article 3.
Le porte-parole du G-77/Chine fit objection à la définition du
terme "montant déterminé" et apporta son appui à l'Alternative C
qui appelle à inscrire les QELROs dans des calendriers comportant
des horizons butoirs tels que 2005, 2010 et 2020. La Chine fit
objection à l'omission de certains éléments cruciaux au niveau
des objectifs et des calendriers.
Différenciation: Le groupe de négociation chargé des QELROs
discuta le 2 Décembre des paramètres possibles de la
différentiation, sur la base de l'offre US qui préconise une
certaine souplesse dans ce domaine. Les délégués discutèrent des
différentes approches et des diverses préoccupations exprimées
sur ce point. Le groupe devait considérer plus tard la
proposition avancée par le Japon établissant trois catégories
pour les pays visés à l'Annexe I. Un autre débat sur la
différenciation eut lieu dans le cadre des consultations
informelles menées à la fois dans des réunions bilatérales et
sous la conduite du Président Estrada. Vers la fin de la première
semaine, Estada avait, croit-on savoir, un ensemble de chiffres
différenciés cibles pour les pays relevant de l'Annexe I.
Le 9 Décembre, Estrada introduisit un nouveau projet de texte
(FCCC/CP/1997/CRP.4), lors de la session nocturne de la GC. Il
indiqua que le libellé proposé pour l'Article 3 doit être
considéré comme une offre à prendre ou à laisser en bloc. La
proposition consistait en une "grande bulle" comme suggéré à
divers moments des négociations, en particulier par la Russie. Le
texte du Président portait sur une réduction globale de 5% des
émissions de C02, CH4 et N2O, par rapport aux niveaux de 1990,
pour la période d'engagement qui s'étale entre 2006 et 2010,
assortie de la possibilité pour les Parties, de réaliser leur
engagement individuellement ou conjointement. L'orateur indiqua
que l'engagement de la réduction globale a été réparti de manière
différenciée, avec, pour certains pays la possibilité d'accroître
leurs émissions, pour d'autres, la possibilité de maintenir leurs
niveaux actuels, et pour la grande majorité, l'impératif de
procéder à des réductions d'émissions. Lors de la session de la
GC du 10 Décembre, à 3h20 du matin, Estrada rappela que des
négociations et des consultations intenses ont été menées au sein
des groupes et entre eux depuis l'introduction du projet de
protocole. Il indiqua que le texte avait besoin d'être affiné
pour stipuler que chaque Partie aura la responsabilité du chiffre
respectif qui lui est assigné dans l'Annexe.
Les délégués signalèrent qu'un certain nombre de questions
majeures étaient encore en jeu, après l'ajournement de la GC.
Plusieurs délégations suggérèrent qu'elles n'étaient pas encore
prêtes à accepter l'engagement quantitatif de limitation et de
réduction des émissions figurant dans le projet du Président qui
place l'UE à - 8%, les USA, la Russie, le Canada et l'Ukraine à -
5%, le Japon à - 4,5%, la Nouvelle-Zélande à 0%, l'Australie et
la Norvège à + 5% et l'Islande à + 10%, par rapport aux niveaux
de 1990.
Couverture: Le 3 Décembre, le groupe de négociation discuta
d'une proposition "trois plus trois" qui subdivise les gaz en
deux paniers. Le premier panier (C02, CH4 et N2O) serait assujetti
aux QELROs immédiatement, alors que les propositions pour la
formulation de QELROs du second panier (HFC, PFC et SF6)
seraient débattues à la CdP-4. Le 4 Décembre, lors d'une réunion
de la GC, Estrada indiqua que l'option établissant de manière
séparée la liste des gaz était encore ouverte. Lors d la Plénière
de la CdP, le 5 Décembre, les deux alternatives étaient
examinées: l'approche basée sur la régulation immédiate des 6 gaz
et l'approche consistant à les traiter en deux étapes de "trois
plus trois".
Le projet du Président présenté durant la GC du 9 Décembre
couvrait les émissions de C02, CH4 et N2O, par rapport à leurs
niveaux de 1990, pour la période d'engagement entre 2006 et 2010.
Le projet laisse à la CdP-4 le soin d'adopter l'annexe au
Protocole établissant les engagements de réduction pour les HFC,
PFC et SF6 et le lien entre les deux paniers.
Lors de la réunion de reprise de la GC, tôt le matin du 10
Décembre, Estrada nota la possibilité de parvenir à un accord sur
les 6 gaz ensemble dès le départ, plutôt que leur couverture à
raison de "trois plus trois". Différentes années de référence
seront en revanche nécessaires pour chaque groupe de gaz: 1990
pour les C02, CH4 et N2O; et 1985, dans certains cas, pour les
autres gaz. Il déclara que cela exigeait une élaboration très
attentive pour assurer la transparence nécessaire.
Les Puits Absorbants: Le 2 Décembre, un groupe de contact
présidé par Antonio La Vina discuta du projet de texte du
Président relatif aux puits absorbants. Le projet établit les
QELROs sur la base du cumul brut des émissions et mesure la
conformité en fonction de leur montant net. Il se réfère aux
"changements vérifiables... découlant des modifications directement
induites par l'homme, au niveau de l'utilisation des terres et de
la foresterie, depuis 1990", quant à la réalisation de la
conformité. Les puits absorbants se limiteraient aux changements
vérifiables constatés au niveau des stocks couverts par les
modifications apportées à l'utilisation des terres et au secteur
de la foresterie, suivant les lignes directrices du groupe
d'experts intergouvernemental sur l'évolution climatique (GIEC).
Lors de la session de la GC du 4 Décembre, La Vinã introduisit
un projet de document renfermant trois paragraphes crochetés. Le
premier paragraphe stipulait que les Parties visées à l'Annexe I
doivent s'assurer que le [montant brut] du cumul de leurs
émissions anthropiques, exprimé en dioxyde de carbone, n'excède
pas leurs engagements. Le second paragraphe crocheté discutait
des [modifications] intervenues au niveau du montant net des
émissions par sources et des suppressions par puits absorbants,
découlant du changement directement induit par l'homme au niveau
de l'utilisation des terres et des activités forestières. Trois
options y était listées: l'option A se référait à des changements
variables intervenant dans les stocks. L'option B se référait aux
changements vérifiables intervenant dans les stocks [jusqu'à xx
pour cent] des QELROs. L'option C se limitait à la création de
forêts, au reboisement, à la déforestation et aux coupes
effectués depuis 1990, mesurés comme autant de changements
vérifiables dans les stocks, utilisables pour la réalisation des
QELROs. Le troisième paragraphe stipulait que la Réunion des
Parties (RdP) déterminera comment et quelles activités induites
par l'homme peuvent être prises en considération dans la
réalisation des engagements en matière de QELROs.
L'Australie proposa une autre option préconisant une approche
globale basée sur les chiffres nets et suggéra que les autres
options risquaient fort d'introduire des inégalités entre les
pays, ainsi que des incertitudes. Le texte Australien stipulait
que le montant net vérifiable des émissions de GHG par sources et
des suppressions par puits absorbants, exprimé en dioxyde de
carbone, découlant des activités induites directement par l'homme
doit être utilisé pour la réalisation des engagements, en matière
de QELROs, de chacune des Parties visées à l'Annexe I. Le texte
indique aussi que l'élaboration des rapports doit s'effectuer de
manière transparente et vérifiable.
La Nouvelle-Zélande qualifia l'option C de très limitée et fit
part de son soutien à l'inclusion de toutes les catégories
vérifiables. Un certain nombre de pays dont le Japon, la Barbade,
le Brésil et le Costa Rica devaient apporter leur appui à
l'option C. Le délégué US se déclara en faveur de l'option
Australienne, mais déclara que "la gestion forestière et la
conservation des forêts" doivent être ajoutées à l'option C.
L'Islande, l'Uruguay, le Canada, le Mexique, le Costa Rica et la
Nouvelle Zélande appuyèrent la préoccupation exprimée par les USA
sur le fait que l'option C ne se réfère qu'à un nombre limité
d'activités susceptibles de contribuer aux puits absorbants. Un
certain nombre de délégations proposèrent d'ajouter un libellé
sur la gestion forestière. L'Islande appela à l'inclusion d'une
référence à la réhabilitation des terres dégradées. La Grenade
suggéra de prévoir l'octroi de crédits négatifs aux pays où des
puits absorbants sont détruits.
Le Président suggéra que l'option C lui semblait être assez
proche d'un consensus et qu'elle représentait un libellé
favorisant la délimitation ou l'établissement de paramètres pour
les puits absorbants. Il lui semblait que la GC était prête à
accepter l'option C, moyennant l'insertion d'une référence à la
"gestion forestière et la conservation des forêts". Un débat fut
engagé au terme duquel le Président nota que les réactions
étaient défavorables à l'insertion de "la gestion forestière et
la conservation des forêts". Il demanda si les USA pouvaient
appuyer la "gestion" uniquement. Le délégué US répondit qu'un tel
choix aura un impact énorme sur les chiffres des QELROs. L'UE
déclara que le paragraphe devrait rester crocheté pour les
ministres. La Norvège déclara que la limitation des puits
absorbants entraverait la mise en place de politiques globales et
créerait des incertitudes pour les pays prêts à entreprendre des
engagements ambitieux.
Le Brésil déclara que la question consiste à délimiter les
activités humaines susceptibles d'accroître les émissions. Le
délégué compara les 6 gigatonnes (Gt) de carbone émises par les
combustibles fossiles et le 1 Gt découlant des changements
intervenus au niveau de l'utilisation des terres aux 2 Gt
prélevées naturellement par les océans et 2 Gt absorbées par les
surfaces continentales. Compte tenu des limitations d'ordre
économique d'une part et de l'intégration de tous les pays,
d'autres part, si l'ensemble des forêts étaient gérées, on
aboutirait à la possibilité de s'autoriser 30% d'émissions
supplémentaires. Etant donné que la CCCC englobe l'obligation de
préservation et d'entretien des puits et les réservoirs, il
serait utile d'insérer un article séparé réaffirmant l'obligation
pour l'ensemble des Parties de veiller à la gestion durable de
leurs puits absorbants.
Lors de la Plénière de la CdP du 5 Octobre, Estrada nota que
l'accord sur les questions des puits absorbants et de couverture
était nécessaire avant que les QELROs ne puissent être définis.
Au cours de la GC du 6 Octobre, la Fédération Russe déclara que
la nature de la résolution qui sera prise sur ces points précis
sera déterminante pour la perception qu'elle aura du Protocole.
Le délégué US déclara que le texte risquait de ne pas être résolu
avant la détermination des chiffres des objectifs.
Toujours durant la GC du 6 Octobre, le groupe de contact
présidé par La Vinã introduisit une révision du papier officieux
concernant les puits, renfermant un seul libellé se rapportant à
l'Option C. Le Japon, la Barbade, la Russie, les USA, le Canada,
Cuba et la Jamaïque apportèrent leur appui au texte. La Nouvelle
Zélande, soutenue par l'Australie, les USA et la Norvège, appela
au maintien du texte antérieur comme option pour les ministres.
Le délégué US proposa d'ajouter "pour la première période
d'engagement" au paragraphe portant sur le point de départ des
activités liées aux puits. L'UE plaça le paragraphe entier entre
crochets.
Le texte introduit au cours de la réunion de la GC du 9
Décembre englobait la création de forêts, le reboisement et la
déforestation. Une disposition préconisant la poursuite de
l'analyse y est également prévue.
Questions Diverses: Le 3 Décembre, le groupe de négociation
chargé des QELROs discuta brièvement du libellé portant sur les
pays en transition économique. Lors de la Plénière inventorielle
de la GC du 4 Décembre, Estrada rapporta l'accord réalisé sur le
libellé concernant les engagements des pays en transition
économique. Le paragraphe portant sur les prêts en matière
d'émissions fut supprimé. Lors de la GC du 9 Décembre, le Burkina
Faso, appuyé par le Bangladesh et l'Ouganda, appela à l'insertion
d'une référence à la disposition de la CCCC relative à la prise
en considération de la situation particulière des pays les moins
développés.
Débat Final de la GC: Le 10 Décembre à 18h30, Estrada informa
la GC des résultats des discussions officieuses. L'objectif
collectif des réductions d'émissions des pays visés à l'Annexe I
est passé de 5% à 6% mais ces nouveaux engagements restaient
tributaires de l'adoption de critères dans les autres volets qui
restent à finaliser, tels que: la commercialisation des droits
d'émissions; les engagements volontaires; les engagements des
pays visés à l'Annexe I; l'exécution conjointe; l'avancement de
la mise en oeuvre des engagements des pays en développement; le
mécanisme de financement; le mécanisme pour le développement
propre; la mise en conformité; l'entrée en vigueur; et, l'Annexe
B concernant la répartition des engagements des pays visés à
l'Annexe I. Avant de suspendre de nouveau la réunion, l'orateur
affirma que si un accord était réalisé, le 10 Décembre 1997
pourrait être commémoré comme "journée de l'atmosphère".
La GC fut réunie de nouveau à 1h15 du matin le jeudi 11
Décembre. Le Président introduisit le document FCCC/CP/1997/
CRP.6 (projet de texte final du Protocole). La discussion
commença par l'Article 3. Concernant le calcul cumulé des
émissions des Parties visées à l'Annexe I (paragraphe 1), la
Russie nota que les indicateurs quantitatifs de limitation des
émissions de GHG qu'elle avait introduits précédemment étaient
omis dans l'Annexe B. Le délégué affirma que l'objectif Russe
portait sur 100% du niveau de référence de 1990. L'Ukraine
indiqua également 100% pour elle-même.
L'Ouganda proposa de retourner à la première période d'engage-
ment proposée précédemment (2006 à 2010). Le Président précisa
que le report de la période à 2008-2012 était un compromis
nécessaire et introduisit un nouveau paragraphe 2 exhortant les
Parties à réaliser des progrès démontrables d'ici 2005.
Au paragraphe consacré aux décisions sur les modalités, les
règles et les lignes directrices d'estimation des changements
intervenus au niveau des stocks de carbone (paragraphe 4), le
Japon proposa d'ajouter une phrase spécifiant que les décisions
doivent s'appliquer à partir de la seconde période d'engagement
et dans les périodes subséquentes "à moins que la CdP, tenant
lieu de RdP, n'en décide autrement". Après un certain débat, le
Président décréta que l'amendement n'a pas été soutenu et que le
paragraphe restera tel que présenté. Le paragraphe fut plus tard
réouvert par l'Australie qui, appuyée par les Philippines,
proposa d'ajouter qu'une Partie donnée "peut choisir d'appliquer
la décision relative aux catégories durant sa première période
d'engagement, pourvu que ces activités datent de 1990". Le
délégué des Iles Marshall s'enquit des types d'activités à
inclure et la décision fut approuvée.
S'agissant du calcul des QELROs pour chacune des Parties visées
à l'Annexe I (paragraphe 7), l'Australie nota l'amendement soumis
précédemment et stipulant que "les Parties visées à l'Annexe B
pour lesquelles les changements intervenus au niveau de
l'utilisation des terres et de la foresterie ont constitué, en
1990, une source nette d'émissions de GHG, doivent inclure dans
le calcul de base de leurs émissions de 1990, le cumul de leurs
émissions anthropiques exprimé en C02, moins les suppressions
dues aux changements intervenus, en 1990, au niveau de
l'utilisation des terres". Ce point fut approuvé.
Les délégués passèrent une bonne partie du débat final sur
l'Article 3 à discuter des paragraphes nouvellement insérés dans
le texte du Président et portant sur la commercialisation des
droits d'émissions. Les délégués s'accordèrent pour placer le
texte dans un article séparé (voir l'Article 16bis) du Protocole
et d'inclure dans la décision de la CdP, une référence au travail
qui reste à faire sur cette question.
Estrada demanda aux délégués d'adopter le texte révisé de
l'Annexe B, figurant dans le document FCCC/CP/1997/L.7/Add.1.
L'Annexe B présente l'objectif chiffré de chacun des pays visés à
l'Annexe I. La combinaison de ces objectifs représente une
réduction globale de 5.2% pour les 6 gaz à effet de serre.
Estrada fit remarquer que sur le graphique, on peut se rendre
compte que 5% de réduction par rapport aux niveaux d'émissions de
1990 équivalent en réalité 10% de réduction par rapport aux
niveaux projetés pour l'an 2000 et sont inférieurs de 30% aux
projections normalement prévues pour l'an 2010.
L'UE demanda l'insertion d'une note de bas de page précisant
que la Communauté Européenne et ses Etats membres s'acquitteront
de leurs engagements respectifs, conformément aux dispositions de
l'Article 4 consacré au concept de la "bulle Européenne".
L'Islande affirma que les actions entreprises avant 1990
rendaient son objectif de 110%, irréalisable.
Tuvalu évoqua une inconsistance mathématique constatée entre
l'Article 3.1 qui parle d'une réduction globale de 6%, et la
somme des chiffres figurant dans l'Annexe B qui s'élève à 5.2%
seulement. Le délégué nota que les négociations avaient été
entreprises sur la base du libellé de l'Article 3.1 du projet de
protocole. Le Président rappela sa déclaration antérieure où il
est dit que 6% représentaient une base estimative pour les
options en discussion et que les chiffres seront affectés par les
choix qui seront exercés. Le chiffre fut corrigé dans la version
finale de l'Article 3.1.
L'Article 3, tel qu'adopté par la CdP-3 comprend 14 paragraphes
sur les QELROs et fait référence aux Annexes A et B. L'Annexe A
dresse la liste des six gaz à effet de serre (C02, CH4, N2O, HFC,
PFC et SF6) auxquels doivent s'appliquer des objectifs de
réduction ou de limitation et englobe les catégories sources de
GHG et un certain nombre de secteurs tels que les combustibles,
les processus industriels, les solvants et autres produits
similaires, ainsi que l'agriculture et les déchets. L'Annexe B
liste les engagements quantifiés de limitation ou de réduction
d'émissions incombant aux Parties visées à l'Annexe I, lesquels
se situent entre une baisse de 8% et une augmentation de 10% des
émissions de GHG par rapport aux niveaux de 1990, à réaliser dans
la période qui s'étale entre 2008 et 2012.. Les pays de l'UE sont
appelés à réduire de 8% leurs émissions de GHG par rapport aux
niveaux de 1990; les USA, de 7%; le Japon, de 6%; alors que des
pays comme l'Australie et l'Islande sont autorisés à augmenter
respectivement leurs émissions de 8% et de 10%. La Fédération
Russe doit maintenir ses émissions à leurs niveaux de 1990.
L'objectif de réduction global de l'Annexe B s'élève ainsi à
5.2%.
Le paragraphe 1 stipule que les Parties visées à l'Annexe I
doivent s'assurer individuellement ou conjointement que le cumul
de leurs émissions anthropiques, exprimé en dioxyde de carbone,
des GHG listés dans l'Annexe A n'excède pas les montants qui leur
sont assignés, calculés en fonction de leurs engagements et
inscrits dans l'Annexe B, devant permettre une réduction minimum
de 5% par rapport aux niveaux de 1990, au cours de la période
d'engagement 2008-2012. Dans le paragraphe 2, les Parties visées
à l'Annexe I sont encouragées à réaliser des progrès démontrables
d'ici 2005.
Le paragraphe 3 détermine que le net des changements des émis-
sions de GHG par sources et des suppressions par puits sera
utilisé par les Parties visées à l'Annexe I pour la réalisation
de leurs engagements en matière de QELROs. Il définit les
suppressions par les puits absorbants comme étant celles
"résultant des changements directement induits par l'homme au
niveau de l'utilisation des terres et des activités de
foresterie, ces dernières étant limitées à la création de forêts,
au reboisement et à la déforestation effectuées depuis 1990". Il
définit également les changements nets comme étant "les
changements vérifiables intervenant au niveau des stocks, au
cours de chacune des périodes d'engagement".
Le paragraphe 4 stipule qu'avant la première Réunion des
Parties, chacune des Parties visées à l'Annexe I doit fournir au
SBSTA les données établissant le niveau de ses stocks de carbone
de 1990, en vue de permettre l'estimation des changements
intervenus au niveau de ces stocks durant les périodes
subséquentes. Il y est également stipulé que la Réunion des
Parties, soit à sa première session, soit dès que possible,
"décidera des modalités, règles et lignes directrices concernant
le point de savoir comment et quelles activités induites par
l'homme et ayant rapport avec les changements intervenus au
niveau des émissions de GHG et des suppressions au niveau des
catégories agricultures, utilisation des terres et foresterie
doivent être ajoutées ou soustraites des montants assignés aux
Parties visées à l'Annexe I". La décision sur ces sujets doit
tenir compte des incertitudes, de la transparence des rapports,
de la vérifiabilité, du travail méthodologique du GIEC et de
l'avis fourni par le SBSTA. Le paragraphe stipule en outre que la
décision doit s'appliquer à partir de la seconde période
d'engagement, à moins qu'une Partie ne choisisse d'appliquer la
décision à sa première période d'engagement.
Les dispositions concernant les engagements et les points de
départ en matière de QELROs fixés pour les Parties visées à
l'Annexe I qui se trouvent engagées dans un processus de
transition vers l'économie de marché, sont l'objet des
paragraphes 5 et 6.
Le paragraphe 7 stipule que pour la première période
d'engagement (2008-2012), les QELROs seront pour les Parties
visées à l'Annexe I équivalents au pourcentage de leurs émissions
durant 1990, ou autre année de référence choisie mentionnée dans
l'Annexe B, multiplié par 5. Il détermine que pour obtenir les
montants qui leur sont assignés, les Parties doivent dans leurs
calculs pour l'année ou période de référence 1990, additionner
les émissions de GHG et déduire les suppressions ayant découlé,
en 1990, des changements intervenus au niveau de l'utilisation
des terres, si ces changements ont constitué en 1990 une source
nette de GHG.
Le paragraphe 8 établit que les Parties visées à l'Annexe I
peuvent utiliser 1995 comme année de référence pour les HFC, PFC
et SF6, aux fins de calculer leurs objectifs de réduction ou de
limitation conformément au paragraphe 7. Le paragraphe 9
détermine que les objectifs de réduction ou de limitation des
périodes d'engagement subséquentes seront établis à travers des
amendements apportés à l'Annexe B, conformément aux procédures
prévues à cet effet dans le Protocole (Article 20, paragraphe 7).
Les paragraphes 10 et 11 se réfèrent à la manière dont les
unités de réduction acquises ou transférées par les Parties
visées à l'Annexe I peuvent être appliquées par ces mêmes Parties
pour la réalisation de leurs objectifs de réduction ou de
limitation. Le paragraphe 12 se réfère à l'acquisition des
réductions d'émissions certifiées par les différentes Parties
comme moyen de réaliser les QELROs. Le paragraphe 13 permet aux
Parties visées à l'Annexe I de reporter les écarts de réduction
des émissions de GHG par rapport aux montants assignés pour
période d'engagement donnée à la période suivante. Le paragraphe
14 indique que les Parties visées à l'Annexe I veilleront à
mettre en oeuvre leurs engagements liés au paragraphe 1, de
manière à permettre la minimisation des effets négatifs, aux
plans social, environnemental et économique, sur les Parties pays
en développement et notamment celles identifiées dans l'Article
4, paragraphes 8 et 9 de la Convention. Il y est également établi
que la Réunion des Parties, à sa première session, considérera
les actions permettant de minimiser les effets négatifs de
l'évolution climatique et/ou l'impact des mesures de réponse, sur
les Parties pays en développement. Le financement, l'assurance et
le transfert technologique comptent parmi les questions à
considérer à cette fin.
ARTICLE 4 (Action Conjointe / La "Bulle de l'UE"): Le 4
Décembre, Harald Dovaland (Norvège) présenta un rapport sur les
consultations informelles menées au sujet de l'Article 4 qui
concerne l'action conjointe réalisée à travers une organisation
régionale d'intégration économique, ou la "bulle" de l'UE.
L'orateur déclara que des éclaircissements étaient nécessaires
quant à la signification de certains termes de l'Article et que
l'UE était en train d'essayer de trouver le moyen d'accommoder
les préoccupations exprimées par les différentes délégations.
Estrada encouragea le groupe à poursuivre ses consultations et de
présenter dans les meilleurs délais à la CdP un rapport sur les
progrès réalisés.
Le 6 Décembre à la CdP, Dovaland résuma le projet de texte
proposé pour l'Article 4. Il nota l'impasse au niveau de deux
alternatives, l'une émanant de l'UE et l'autre avancée par
d'autres membres du groupe de contact. La seconde alternative
souligne que, dans le cadre de la "bulle", l'affectation des
objectifs d'émissions sera juridiquement contraignante. Une autre
section indique les plafonnements prévus pour les réallocations
et un libellé y est inclus pour la prise en compte des
changements ou de l'élargissement intervenant au sein des organi-
sations régionales d'intégration économique.
Après l'adoption de l'Article 4 par la GC, Samoa nota que le
caractère "fallacieux" de la possibilité qui s'offre aux Parties
dont les émissions sont déjà inférieures aux niveaux de 1990 de
les commercialiser à titre de réductions supplémentaires, n'a pas
été suffisamment examiné et que cela pouvait ouvrir la voie à des
évasions de grande échelle. Le délégué indiqua qu'il acceptait
l'article avec la conviction que seule l'UE tirerait avantage des
réarrangements.
L'Article 4, tel qu'adopté par la CdP-3, contient 6 paragraphes
établissant les règles à suivre par les Parties visées à l'Annexe
I qui se mettent d'accord pour réaliser conjointement leurs
engagements liés à l'Article 3. Le paragraphe 1 stipule que les
Parties visées à l'Annexe I auront accompli leurs engagements si
le montant cumulé, exprimé en dioxyde de carbone, de leurs
émissions anthropiques des GHG listés dans l'Annexe A n'excède
pas les montants qui leur sont assignés, calculés en fonction de
leurs QELROs, tels que figurant dans l'Annexe B. Le niveau
d'émissions respectif affecté à chacune des Parties fera
expressément l'objet d'un accord.
Le paragraphe 2 détermine que les termes de l'accord seront
notifiés au Secrétariat à la date de dépôt des instruments de
ratification, d'acceptation, d'approbation ou d'accession des
Parties concernées. Le Secrétariat se chargera à son tour
d'informer les Parties et les signataires de la Convention de la
teneur des termes de l'accord.
Le paragraphe 3 indique que l'accord restera valide toute la
durée de la période d'engagement spécifiée dans l'Article 3.
Le paragraphe 4 stipule que si l'action conjointe des Parties
est inscrite dans le cadre, ou est menée en collaboration avec
une organisation régionale d'intégration économique, toute
modification intervenue dans la composition de l'organisation
après l'adoption du Protocole, n'affectera en rien les
engagements existants liés au Protocole.
Les paragraphes 5 et 6 indiquent que dans le cas où les Parties
ne parviennent pas à un tel accord pour la réalisation du niveau
combiné de leur réduction d'émissions, chacune des Parties de cet
accord sera responsable de son propre niveau d'émissions.
ARTICLE 5 (Méthodologies): L'Article 5 se réfère à l'obligation
des pays à mettre en place, un an au plus tard après le démarrage
de la première période d'engagement, un système national
d'estimation des émissions par sources et des suppressions par
puits absorbants de tous les GHG échappant au contrôle du
Protocole de Montréal. Les lignes directrices régissant ces
systèmes nationaux doivent incorporer les méthodologies acceptées
par le GIEC et seront décidées par la CdP, agissant en tant RdP,
dès sa première session.
Les méthodologies d'estimation des émissions par sources et des
suppressions par puits absorbants de tous les GHG échappant au
contrôle du Protocole de Montréal doivent être acceptées par le
GIEC et entérinées par la CdP-3. Là où les méthodologies ne sont
pas utilisées, des ajustements appropriés seront appliqués
conformément aux méthodologies qui seront approuvées par la CdP,
agissant en tant que RdP.
L'un des paragraphes détermine par ailleurs que la Réunion des
Parties se doit de revoir régulièrement, et le cas échéant, de
réviser ces méthodologies et ajustements sur la base du travail
du GIEC et du SBSTA. La révision des méthodologies ou ajustements
ne doit s'effectuer que dans l'objectif de s'assurer de la
conformité avec les engagements pris dans le cadre de l'Article 3
pour les périodes d'engagement adoptées qui suivent cette
révision.
Un autre paragraphe stipule que les données potentielles du
réchauffement de la planète (GWP) utilisées pour calculer
l'équivalent C02 des émissions anthropiques par sources et des
suppressions par puits absorbants des GHG listés dans l'Annexe A,
doivent être celles acceptées par le GIEC et entérinées par la
CdP-3. Il énonce également que la CdP agissant en tant que RdP se
doit de revoir régulièrement les données potentielles du
réchauffement de la planète relative à chaque gaz, en tenant
compte de l'avis fourni par le GIEC et le SBSTA. La révision des
GWP s'appliquera aux engagements pris dans le cadre de l'Article
3 pour la période d'engagement adoptée qui suit cette révision.
En vertu du projet de décision, la CdP réaffirme que les
Parties doivent utiliser la Révision 1996 des Lignes Directrices
du GIEC régissant les inventaires de GHG. Dans un paragraphe
crocheté, la CdP réaffirme également que les données potentielles
de réchauffement de la planète (GWP) utilisées par les Parties
doivent être celles fournies par le GIEC sur la base des effets
produits par les GHG sur une période de 100 ans. A titre
d'information uniquement, les Parties peuvent utiliser une
période de temps différente. La Chine proposa que les GWP doivent
tenir compte des incertitudes inhérentes et compliquées
qu'implique le travail d'estimation.
La Suisse, appuyée par la Hongrie, encouragea le SBSTA à
élaborer davantage quant à l'inclusion des émissions liées à la
combustion des carburants dans les inventaires de GHG. La Japon,
contré par le Royaume-Uni, affirma qu'il y a des méthodes
"réelles" et des méthodes "potentielles" d'estimation des
émissions et proposa l'insertion d'un nouveau paragraphe en vertu
duquel la CdP affirmerait le recours aux méthodologies "réelles"
pour l'intégration des émissions de HFC, PFC et SF6 dans les
QELROs. Le délégué US, appuyé par son homologue de la Norvège,
appela à l'utilisation de la méthodologie réelle là où les
données sont disponibles.
Au cours de la Plénière finale, les délégués devaient adopter
un projet de décision sur les questions méthodologiques liées au
Protocole (FCCC/CP/1997/L.5). Ce projet réaffirme que:
- les Parties doivent utiliser les lignes directrices
révisées du GIEC pour les inventaires de GHG;
- les données des HFC, PFC et SF6, lorsque disponibles,
doivent être incluses dans les rapports sur les
émissions;
- les données potentielles du réchauffement de la planète
utilisées par les Parties doivent être celles fournies
par le GIEC dans son Second Rapport d'Evaluation;
- les émissions calculées sur la base des ventes de
carburants destinés aux navires et aux avions engagés
dans le transport international, ne doivent pas être
incluses dans les totaux nationaux et doivent faire
l'objet de rapports séparés; et,
- les émissions découlant des opérations multilatérales
liées à la Charte des Nations Unies doivent faire l'objet
d'un rapport séparé.
ARTICLE 6 (Exécution Conjointe): L'Article 6 couvre une partie
des éléments figurant dans l'Article 7 du texte de négociation de
l'AGBM-8 qui porte sur le transfert et l'acquisition des unités
de réduction d'émissions entre les pays visés à l'Annexe I,
découlant des projets conçus aux fins de réduire les émissions
anthropiques par sources ou d'améliorer les suppressions par
puits absorbants. Les critères comprennent que le projet:
- est approuvé par les Parties impliquées;
- prévoit une réduction des émissions ou une amélioration
des suppressions en supplément de ce qui est attendu;
- ne peut pas acquérir d'unité de réduction d'émissions
s'il n'est pas en conformité avec les obligations
figurant dans les Articles 5 et 7; et,
- est complémentaire aux actions menées à l'intérieur du
pays pour la réalisation des engagements liés à l'Article
3.
Il prévoit:
- la poursuite de l'élaboration des lignes directrices
régissant sa mise en oeuvre, y compris dans les domaines
de la vérification et de l'élaboration des rapports;
- l'autorisation des entités juridiques sous la
responsabilité d'une Partie donnée à participer à
l'engendrement, au transfert ou à l'acquisition d'unités
de réduction d'émissions; et,
- la poursuite des transferts et des acquisitions des
unités de réduction d'émission pendant la résolution des
questions liées à la mise en oeuvre, au cas où elles
seraient posées, à condition que ces unités ne soient pas
utilisées par les Parties pour la réalisation des
engagements liés à l'Article 3 avant la résolution de
toute question posée au niveau de la conformité.
ARTICLE 7 (Soumission par les Parties): L'Article 7 appelle
chacune des Parties visées à l'Annexe I à incorporer un
supplément d'information dans son inventaire annuel des émissions
anthropiques par sources et des suppressions par puits absorbants
des GHG échappant au contrôle du Protocole de Montréal, en vue de
s'assurer de la conformité à l'Article 3, et à incorporer dans sa
communication nationale les renseignements supplémentaires utiles
à démontrer la conformité avec ses engagements. Elle doit
soumettre son inventaire d'émissions annuellement et sa
communication nationale aussi fréquemment que déterminé par la
RdP. La RdP doit adopter dès sa première session, puis revoir
périodiquement, les lignes directrices régissant la préparation
de l'information. Elle doit également décider des modalités du
calcul des montants assignés.
ARTICLE 8 (Evaluation d'Experts de la Mise en OEuvre): L'Article
8 appelle à ce que l'évaluation, par des équipes expertes, de
l'information soumise dans le cadre de l'Article 7 par les
Parties visées à l'Annexe I, fasse partie intégrante de la
compilation annuelle, de la comptabilisation des inventaires
d'émissions et des quantités assignées, ainsi que de la revue des
communications. Les équipes d'évaluation seront coordonnées par
le Secrétariat et composées d'experts choisis parmi ceux désignés
par les Parties de la Convention et les organisations
intergouvernementales, tel qu'approprié. Le processus
d'évaluation permettra une étude technique exhaustive de tous les
aspects de la mise en oeuvre du Protocole et les équipes étab-
liront un rapport pour la RdP faisant le point de la mise en
oeuvre et identifiant les problèmes éventuels rencontrés dans la
réalisation des engagements. Le Secrétariat se chargera de la
circulation des rapports et dressera la liste posée au niveau de
la mise en oeuvre pour examen approfondi par la RdP. La RdP doit:
adopter à sa première session, et revoir périodiquement les
lignes directrices régissant l'évaluation; procéder, avec
l'assistance du SBI et le cas échéant du SBA, à l'examen de
l'information fournie par les Parties, des rapports d'évaluation
des experts, des questions listées par le Secrétariat et des
questions éventuelles soulevées par les Parties; et, prendre des
décisions sur tout élément requis pour la mise en oeuvre du
Protocole.
ARTICLE 9 (Evaluation du Protocole): En vertu de l'Article 9,
la RdP doit procéder à la revue périodique du protocole et ce, à
la lueur des meilleures informations et études scientifiques
disponibles sur l'évolution du climat et ses effets, ainsi que
des informations techniques, économiques et sociales pertinentes,
et d'entreprendre toutes les mesures appropriées. La première
évaluation aura lieu à la seconde session de la RdP et sera
suivie d'autres revues à intervalles réguliers et en temps
opportun.
ARTICLE 10 (Avancement des Engagements Liés à l'Article 4.1 de
la CCCC): L'Article 10 (correspondant à l'Article 12 dans le
texte de négociation) fut traité au sein du groupe de négociation
coprésidé par John Ashe (Antigua et Barboude) et Bo Kjellén
(Suède). Les pays industrialisés favorisaient le texte alternatif
qui stipule que toutes les Parties doivent, entre autres, mettre
en oeuvre des programmes nationaux et régionaux contenant des
mesures d'atténuation de l'évolution climatique et de
facilitation de l'adaptation adéquate. Les pays en développement
préféraient l'alternative stipulant que les pays industrialisés
doivent incorporer les QELROs et les P&M dans leurs programmes
nationaux, et qu'ils doivent également spécifier les mesures
prises pour financer le transfert technologique, fournir les
ressources financières et aider à la couverture des coûts de
l'adaptation. Quelques délégués exprimèrent leurs préoccupations
sur le point de savoir qui doit supporter les coûts nécessaires à
la mise en oeuvre des propositions touchant, entre autres, à la
formulation des programmes d'amélioration des dispositions de
protection de l'infrastructure et au déploiement des technologies
d'adaptation.
Le 3 Décembre, le groupe de négociation chargé des engagements
liés à l'Article 4.1 se réunit l'après-midi pour discuter du
projet de texte du Président. Les délégués décidèrent de ne pas
aborder les trois paragraphes reformulés couvrant respectivement
les programmes nationaux et régionaux d'inventaires de GHG et de
mesures d'atténuation et d'adaptation, les actions nécessaires au
traitement de l'évolution climatique, et l'élaboration des
rapports et ce, après qu'un groupe de pays eut déclaré préférer
utiliser comme plate-forme de discussion la version précédente de
ces paragraphes.
Le 6 Décembre, Kjellén rapporta que plusieurs libellés
alternatifs restaient à régler. Un document fut distribué faisant
état de l'avancement des négociations, incluant les formulations
alternatives et quelques nouvelles propositions. Estrada invita
les Parties à négocier sur la base des alternatives figurant dans
le document présenté par Kjellén.
Lors la Plénière finale de la GC, le Président indiqua qu'il
n'y avait pas d'accord sur l'article entier. Il nota toutefois
l'accord conclu sur le chapeau de l'article et les paragraphes
portant sur les inventaires nationaux, le transfert
technologique, la coopération scientifique, le renforcement des
capacités, les communications nationales et une référence à
l'Article 4.8 de la CCCC, lesquels paragraphes furent adoptés.
Le porte-parole du G-77/Chine déclara qu'il n'y a pas de
consensus sur l'Alternative A qui contenait une liste de
programmes et de mesures d'atténuation et d'adaptation, et
proposa sa suppression au profit de l'Alternative B qui met
l'accent sur le transfert technologique. Kjellén déclara que le
texte de son coprésident pouvait se substituer aux paragraphes
sur lesquels il n'y a pas d'accord. Estrada demanda à ce que le
texte du coprésident soit distribué. Après un long débat, le
texte fut accepté.
L'Article 10, tel qu'adopté par la CdP-3, décrit les activités
que toutes les Parties doivent entreprendre pour la réaffirmation
et l'avancement de la mise en oeuvre des engagements existants
liés à l'Article 4.1 de la CCCC, en tenant compte de leurs
responsabilités communes mais différenciées et des priorités de
développement national et régional, sans introduire de nouveaux
engagements pour les Parties non visées à l'Annexe I. Là où il
sera pertinent, et dans la mesure du possible, les Parties
doivent formuler, mettre en oeuvre, publier et mettre à jour des
programmes contenant des mesures d'atténuation et d'adaptation.
Les programmes doivent concerner entre autres l'énergie, le
transport, l'industrie, l'agriculture, la foresterie, et la
gestion des déchets. Les Parties visées à l'Annexe I doivent
soumettre l'information sur l'action entreprise dans le cadre du
Protocole. Les autres Parties doivent veiller à inclure dans
leurs communications nationales, l'information sur les programmes
qu'ils estiment avoir rapport avec le traitement de l'évolution
climatique, y compris ceux visant à la baisse de la croissance
des émissions de GHG, l'amélioration des suppressions par les
puis absorbants, le renforcement des capacités et les mesures
d'adaptation. Les autres paragraphes couvrent la coopération dans
les domaines du transfert technologique, de la recherche et de
l'observation scientifique ainsi que les programmes d'éducation
et de formation.
ARTICLE 11 (Ressources Financières): Cet Article fut discuté
dans un groupe de négociation séparé, présidé par John Ashe
(Antigua et Barboude). Le 6 Décembre, Ashe rapporta à la Plénière
de la GC qu'il y a eu accord sur les références crochetées à la
fourniture des ressources financières "à travers le mécanisme de
financement" et sur les directives devant être fournies au
mécanisme. Le délégué des Philippines, au nom du G-77/Chine,
proposa la suppression du libellé crocheté. Les délégués
débattirent du point de savoir si la référence au mécanisme de
financement devait être retenu. Plus tard, au cours de la même
session, John Ashe introduisit le projet de texte révisé sur les
ressources financières.
L'Article 11 aborde la question des ressources financières en
notant que les Parties doivent, dans la mise en oeuvre de
l'Article 10 du Protocole, tenir compte des Articles 4.4 - 4.9.
Il y est également stipulé que les Parties visées à l'Annexe II
doivent, conformément aux Articles 4.3 et 11 de la CCCC et à
travers son mécanisme de financement: fournir des ressources
financières nouvelles et supplémentaires pour la couverture de
l'ensemble des coûts approuvés encourus par les Parties pays en
développement, nécessaires à l'avancement des engagements liés au
paragraphe 10(a) du Protocole; et, fournir également les ressou-
rces financières nécessaires aux Parties pays en développement
pour la couverture de l'ensemble des coûts marginaux des
activités relevant de l'Article 10, y compris celles du transfert
technologique. La mise en oeuvre des engagements existant doit
tenir compte de la nécessaire adéquation et prévisibilité des
flux financiers. L'Article permet enfin la fourniture de
ressources financières à travers le canal bilatéral, régional et
multilatéral.
ARTICLE 12 (Mécanisme pour le Développement Propre): Le 4
Décembre au cours de la Plénière de la GC, Luis Gylvan Meira
Filho présenta un rapport sur les consultations tenues sur la
proposition préconisant la création d'un fonds pour le
développement propre (Article 18 dans la version précédente) et
déclara qu'il y a eu consensus verbal sur son inclusion dans le
texte du Protocole mais que le travail de rédaction restait à
faire.
Une bonne partie des négociations autour du MDP se déroula dans
des réunions informelles bilatérales et des discussions de
groupes menées par les USA et le Brésil. Le premier débat public
eut lieu au cours de Plénière finale de la GC. Les délégués
devaient amender les références au comité directeur du "MDP".
Les Philippines, soutenues par les Iles Marshall, la France,
l'Ouganda, l'Arabie Saoudite, Trinité et Tobago, l'UE et les
Pays-Bas, proposèrent la suppression d'un paragraphe stipulant
que les réductions d'émissions certifiées réalisées entre l'an
2000 et le début de la première période d'engagement peuvent être
utilisées au titre de la conformité durant cette même période
d'engagement. La France déclara que la CdP-4 doit examiner le
paragraphe. La Russie, le Costa Rica, la Hongrie, les USA, la
Croatie, le Japon, le Pérou et la Pologne s'opposèrent à sa
suppression, tout comme le Canada qui déclara que l'exécution
conjointe, assortie des crédits en matière des droits d'émissions
constituait une notion importante à retenir.
Le Brésil déclara que le paragraphe incitait à un démarrage
rapide. Le délégué estimait qu'il était important d'énoncer
explicitement que les réductions réalisées entre l'an 2000 et la
première période d'engagement peuvent être utilisées dans les
décomptes de la première période d'engagement. Estrada déclara
qu'il ne voyait pas de consensus en faveur de la suppression du
paragraphe.
Le texte final de l'Article 12 définit le mécanisme pour le
développement propre (MDP). Son objectif consiste à aider les
Parties non visées à l'Annexe I à réaliser le développement
durable et à contribuer aux visées de la CCCC, et à apporter aux
Parties visées à l'Annexe I une assistance pour la concrétisation
des QELROs. Les Parties non visées à l'Annexe I tireront profit
des activités des projets aboutissant à des réductions
d'émissions certifiées, et les Parties visées à l'Annexe I
peuvent utiliser les réductions certifiées "à titre de
contribution à la conformité à une partie de leurs" QELROs, tel
que déterminé à la RdP.
Le MDP sera assujetti à l'autorité et aux directives de la RdP
et sera supervisé par un comité directeur. Les réductions
d'émissions réalisées au niveau de chaque projet doivent être
certifiées par les entités opérationnelles désignées par la RdP
sur la base: de la participation volontaire de chacune des
Parties impliquées; des profits réels mesurables et à long terme
tirés de l'atténuation de l'évolution climatique; et des
réductions d'émissions supplémentaires réalisées en l'absence
d'activités certifiées liées à quelque projet. Le MDP aidera à
arranger le financement des projets en fonction des nécessités.
La première RdP se chargera d'élaborer les modalités et les
procédures permettant de s'assurer de la transparence, de
l'efficacité et du rendement de comptes, à travers des projets
d'audit et de vérification indépendants. La RdP doit également
s'assurer qu'une partie des recettes des projets certifiés soit
utilisée pour couvrir les dépenses administratives et aider à
faire face aux coûts d'adaptation des Parties pays en
développement particulièrement vulnérables aux effets de
l'évolution climatique. La participation peut impliquer des
entités privées et/ou publiques, en fonction des directives
fournies par le comité directeur du MDP. Les réductions
d'émissions certifiées obtenues entre 2000 et 2008 peuvent être
utilisées pour la réalisation de la conformité, au titre de la
première période d'engagement. La CdP, agissant en tant que RdP,
doit, à sa quatrième session, procéder à l'analyse des
implications du paragraphe concernant les réductions réalisées
entre 2000 et 2008.
ARTICLE 13 (Réunion des Parties): Après sa première réunion, le
2 Décembre, le groupe de contact présidé par Patrick Széll
(Royaume-Uni) présenta un rapport sur les progrès réalisés sur
cet article. La discussion avait pour plate-forme les
propositions avancées par le G-77/Chine durant l'AGBM-8. Le
groupe de contact discuta des liens entre la RdP et la CdP, de la
manière dont l'article concernant la RdP devrait se référer à la
revue de l'adéquation des engagements pris dans le cadre de la
CCCC, et d'un certain nombre d'autres questions en suspens.
Le 5 Décembre au cours de la Plénière de la GC, le Président du
groupe de négociation chargé de la question des institutions et
des mécanismes (I&M), Takao Shibata (Japon), présenta un rapport
sur les progrès réalisés dans les discussions sur les articles
consacrés à la relation entre la RdP et la CdP. Il indiqua que
les Parties se sont accordées pour dire que la CdP de la CCCC
servira de Réunion des Parties (RdP), après avoir accepté le
principe d'intégration fonctionnelle et de distinction juridique
entre les deux organes.
Après une nouvelle discussion, les délégués approuvèrent
l'Article 13 qui stipule que la CdP servira de RdP pour le
Protocole. Les Parties de la Convention qui ne sont pas Parties
du Protocole peuvent participer aux délibération à titre
d'observateurs. Les décisions seront prises par les seules
Parties du Protocole. La CdP doit remplir les fonctions qui lui
seront assignées par le Protocole et doit, entre autres, évaluer
l'application, examiner les obligations et veiller à la
mobilisation de ressources financières supplémentaires.
ARTICLES 14 ET 15: Ces articles furent approuvés dans le groupe
de négociation chargé de la question des institutions et mécan-
ismes. En vertu des Articles 14 (Secrétariat) et 15 (Organes
Subsidiaires), le Secrétariat et les Organes Subsidiaires de la
CCCC serviront, en tant que tels, le Protocole.
ARTICLE 16 (Processus Consultatif Multilatéral): Cet article
fut débattu dans le groupe de négociation chargé des I&M. La CdP
se doit de considérer, dans les meilleurs délais possibles,
l'application du processus consultatif multilatéral au Protocole.
ARTICLE 16 (bis) (Commercialisation des Droits d'Emissions):
L'Article 16 (bis) est une adjonction tardive au Protocole de
Kyoto. Faisant partie, à l'origine, de la déclaration faite par
les USA à la CdP-2 annonçant qu'ils étaient prêts à prendre un
engagement juridique contraignant pour la réduction des
émissions, le concept de la commercialisation des droits
d'émissions fut abordé dans les discussions sur les QELROs. Au
départ des négociations de la CdP-3, ce même concept faisait
l'objet de l'Article 6 du texte de négociation produit par
l'AGBM-8 (FCCC/CP/1997/2), le G-77/Chine l'avait alors placé
entre crochets. Le texte permet à toute Partie visée à l'Annexe
I, ou toute Partie assumant un engagement volontaire, de
transférer à une autre Partie ou d'acquérir d'elle des droits
d'émissions dans les limites qui leur sont octroyées, à condition
que la Partie en question soit en conformité avec ses obligations
et dispose d'un mécanisme national chargé de la certification et
la vérification des échanges en matière de droits d'émissions.
L'Article établit aussi les critères devant régir la
commercialisation des droits d'émissions.
Le texte portant sur la commercialisation des droits
d'émissions fut traité dans le groupe de négociation sur les
QELROs, puis dans les négociations informelles et enfin, sous
forme de quelques paragraphes de l'Article 3 dans le débat final
de la GC où il fut remplacé pour réapparaître dans une version
différente, comme Article 16(bis).
Le 3 Décembre, le groupe de négociation sur les QELROs discuta
brièvement de l'échange des droits d'émissions. Le 6 Décembre,
Estrada rapporta à la GC qu'aucun accord n'a pu être réalisé sur
le libellé alternatif proposé pour cet article et qu'il resterait
par conséquent tel que formulé dans le document de négociation
produit par l'AGBM-8. Le Canada introduisit un texte alternatif
stipulant que les engagements liés à l'Article 3 doivent être
réalisés "de manière efficace du point de vue coût" et
"conformément aux règles internationales". On fixa un plafond
pour les échanges de droits d'émissions et on introduisit par la
même, un libellé sur la nécessité d'établir des rapports sur ces
échanges. Des lignes directrices régissant la structure et le
calendrier du mécanisme de l'échange furent également ajoutées.
L'Inde, au nom du G-77/Chine et appuyée par la Chine et
l'Indonésie, réitéra son objection au concept de
commercialisation des droits d'émissions, affirmant qu'il était
étranger au Mandat de Berlin et qu'il ne menait pas à la
réduction et à la limitation des émissions de GHG.
Le débat se poursuivit au cours des séances de la GC des 10 et
11 Décembre. La Chine, appuyée par l'Inde, l'Arabie Saoudite,
l'Iran, le Togo, l'Ouganda, le Nigeria, le Viêt-nam et les
Emirats Arabes Unies, proposa de supprimer le paragraphe qui
porte sur la commercialisation des droits d'émissions, ainsi que
les deux paragraphes suivants consacrés respectivement à
l'addition et la soustraction des unités de réduction d'émissions
acquises ou transférées par chacune des Parties (paragraphes
3.10, 3.11 et 3.12). L'Inde souligna que l'échange doit être basé
sur des droits équitablement alloués.
Le Mexique, la Russie, Israël, l'Ukraine, Nauru, l'Australie,
la République de Corée, la Roumanie, le Japon, l'Argentine,
Samoa, la Nouvelle-Zélande, la Pologne et la Suisse se
déclarèrent en faveur du maintien des trois paragraphes tels
quels. L'Iran suggéra au Secrétariat d'étudier le concept en vue
d'une action future. L'Ouganda, appuyé par le Nigeria précisa que
les futures CdP doivent examiner les mérites de la
commercialisation des droits d'émissions.
Le Royaume-Uni, appuyé par la Hongrie, Tuvalu, la Grenade, les
Seychelles, le Zimbabwe, la République Tchèque, le Chili,
l'Uruguay, les Philippines, la Slovénie, l'AOSIS, la Zambie et la
Colombie, proposa d'amender le paragraphe pour clarifier que les
échanges de droits d'émissions ne seront permis que lorsque les
règles et les lignes directrices appropriées seront approuvées
par la CdP. Le Président nota l'existence d'un projet de décision
devant être soumis à cet effet à la CdP-3.
Le délégué US souligna l'évolution de sa position vers l'appui
de réductions très importantes et, avec le Canada, l'Argentine et
la Nouvelle-Zélande, proposa que la CdP-4 se charge de la
définition des règles et des lignes directrices pertinentes.
Le Burkina Faso proposa de supprimer dans le paragraphe 3.10 le
libellé autorisant les Parties à s'engager dans la
commercialisation des droits d'émissions et précisant le
caractère complémentaire de ces échanges par rapport aux mesures
intérieures visant à la réalisation des engagements, et de
supprimer dans la foulée les deux paragraphes suivants, et
suggéra d'introduire une référence à la décision qui doit être
prise par la CdP-3 invitant la CdP-4 à déterminer les modalités,
règles et lignes directrices des échanges des droits d'émissions.
La Gambie, le Malawi, Kiribati, l'Arabie Saoudite, la Zambie et
l'Iran appuyèrent la proposition de suppression des paragraphes
3.11 et 3.12 si la CdP-4 doit se pencher de nouveau sur la
question des échanges des droits d'émissions.
Notant que certains pays visés à l'Annexe I ont besoin de
mécanismes de flexibilité pour pouvoir prendre des engagements
juridiques contraignants significatifs, Estrada encouragea les
délégués à adopter une décision permettant à la CdP-4 de
déterminer les modalités et les lignes directrices devant régir
les échanges des droits d'émissions et en particulier pour ce qui
concerne la vérification, l'établissement des rapports et le
rendement de comptes. Cet appel fut appuyé par le Kenya et le
Costa-Rica.
Estrada précisa que les paragraphes 3.11 et 3.12 n'étaient pas
prévus avant que ne soient décidées les règles objet du
paragraphe 3.10. Il nota qu'il était clair que la salle était
prête à passer à l'adoption d'un projet de décision confiant à la
CdP-4 la poursuite du travail.
La Norvège et la Roumanie appuyèrent l'élaboration des règles
et des lignes directrices et leur soumission à la considération
de la CdP-4. Le Sri Lanka proposa que la CdP examine la
faisabilité des échanges des droits d'émissions et se charge
éventuellement de la formulation des règles.
La Chine déclara que les règles, lignes directrices et autres
régulations des échanges en matière d'émissions doivent être
étudiées comme suggéré dans le projet de décision. Le délégué mit
également en garde que l'échange des droits d'émissions risquait
de n'aboutir à aucune réduction réelle des niveaux d'émissions.
Il exprima son espoir que cette question ne conditionnera aucune
proposition de chiffres.
Estrada déclara qu'il y avait consensus sur le besoin pour la
CdP d'étudier les conditions qui doivent entourer "ce nouvel
animal" avant "de le lâcher courir un peu partout".
Le délégué US était d'accord que certains aspects nécessitaient
un examen plus approfondi et appuya l'amendement proposé par le
Royaume-Uni, notant que l'échange des droits d'émissions s'est
avéré probant et rentable dans d'autres fora. L'orateur affirma
que les paragraphes 3.11 et 3.12 reflétaient bien l'accord auquel
étaient parvenues les Parties.
L'Inde appuya également les propositions avancées par le
Royaume-Uni et le Burkina Faso, et mit l'accent sur la question
des titres de droit. Soutenu par l'Ouganda, les Philippines,
l'Arabie Saoudite, le Zimbabwe, la Zambie, l'Iran et la Colombie,
l'orateur suggéra d'amender de nouveau le paragraphe 3.10 pour y
inclure une définition des règles régissant "l'affectation
équitable des titres initiaux de l'échange des droits
d'émissions". Le Zimbabwe proposa une référence à un plafonnement
global des titres sur la base de la contraction et de la
convergence des émissions, pour mieux traiter l'équité.
Le délégué US s'opposa fortement à la proposition Indienne et
affirma qu'elle rendait le système impraticable, admettant
toutefois que les propositions de l'Inde et du Zimbabwe
comportaient certains éléments que les Parties pourraient
souhaiter aborder dans le futur. La Colombie proposa un nouvel
amendement à la définition des règles garantissant l'affectation
équitable des titres des droits d'émissions.
Estrada suggéra de séparer le paragraphe 10 de l'Article 3 et
de créer un nouvel article sur les arrangements intérimaires
nécessaires et notamment la conduite d'une étude.
La Chine qualifia l'équité des règles de sujet touchant aux
droits de l'homme et appuya par ailleurs la suggestion du
Président de charger les Organes Subsidiaires de présenter à la
CdP des rapports sur les échanges des droits d'émissions.
Estrada devait ensuite mettre en garde que les Parties
risquaient d'être sur le point de "faire exploser" l'entière
possibilité de parvenir à un accord et invita les délégations à
réfléchir aux conséquences de la décision qu'elles allaient
prendre. Il était entendu, pendant un certain temps, que
l'échange des droits d'émissions entrait dans le cadre de la
souplesse requise par certaines Parties pour garantir leur
participation. Il a toujours été clair que des études restaient
nécessaires. Il est indispensable donc d'établir un lien entre le
travail futur de la Conférence et les points à adopter. L'orateur
observa la souplesse appliquée à une partie du débat. Il rappela
que dans son rapport concernant l'AGBM, il avait noté qu'un
certain nombre de pays étaient dès l'abord contre l'adoption de
la Convention et plus tard contre l'adoption du Mandat de Berlin.
Durant les travaux du Mandat de Berlin, ces mêmes Parties
n'avaient pas aidé à faire progresser les choses. La Malaisie
demanda que la question des échanges des droits d'émissions soit
référée aux Organes Subsidiaires. Estrada suspendit la réunion.
Après la pause, Estrada proposa la suppression du paragraphe
3.10 et l'insertion d'un Article 16(bis) séparé, établissant un
arrangement intérimaire pour l'échange des droits d'émissions. Il
présenta aussi un projet de décision en vertu duquel la CdP
demanderait aux présidents du SBSTA et du SBI d'orienter le
Secrétariat quant au travail préparatoire nécessaire à permettre
à la CdP-4 d'examiner les méthodologies et les principes, ainsi
que les modalités, règles et lignes directrices devant régir les
échanges des droits d'émissions, et en particulier au niveau de
la vérification, de l'élaboration des rapports et du rendement de
comptes. L'orateur précisa que le texte et le projet de décision
constituait la seule possibilité de consensus. Ces libellés
furent adoptés au cours de la Plénières finale.
Le texte final de l'Article 16(bis) stipule que "la CdP
procédera à la définition des principes pertinents, modalités,
règles et lignes directrices, en particulier au niveau de la
vérification, établissement des rapports et rendement de comptes,
devant régir l'échange des droits d'émissions. Les Parties
incluses dans l'Annexe B peuvent prendre part aux échanges de
droits d'émissions aux fins d'honorer leurs engagements liés à
l'Article 3 de ce Protocole. Ces échanges doivent être
complémentaires aux mesures intérieures visant à réaliser les
engagements quantitatifs de réduction et de limitation des
émissions pris dans le cadre de cet Article".
La décision FCCC/CP/1997/L.7 requiert des présidents du SBSTA
et du SBI de fournir au Secrétariat des directives concernant les
préparatifs de la CdP-4, et d'affecter à leurs organes
subsidiaires respectifs, des travaux sur la définition des
principes pertinents, modalités, règles et lignes directrices, en
particulier pour la vérification, l'élaboration des rapports et
le rendement de comptes, devant régir l'échange des droits
d'émissions dans le cadre de l'Article 16(bis) du Protocole.
ARTICLE 17 (Non-Conformité): Au cours de la Plénière "inven-
torielle" du 6 Décembre, le Président du groupe de négociation
sur les I&M, Shibata, déclara que les délégués ont débattu de
deux alternatives. L'Alternative A s'applique aux Parties visées
à l'Annexe I et les pénalités y sont opérées à travers le Fonds
pour le Développement Propre. L'Alternative B s'applique à toutes
les Parties et toute procédure à caractère contraignant y serait
adoptée par amendement du Protocole. Estrada proposa la poursuite
des consultations informelles. Le délégué US proposa un nouveau
libellé exigeant des Parties ayant dépassé le budget d'émissions
qui leur est assigné pour une période donnée, de réduire des
périodes subséquentes l'excédent en question.
Après de nouvelles discussions, le libellé approuvé pour
l'Article 17 stipule que la RdP se doit d'approuver à sa première
session les procédures et mécanismes appropriés et efficaces
permettant de déterminer et de traiter les cas de non-conformité
aux dispositions de ce Protocole, y compris à travers
l'élaboration d'une liste indicative des conséquences encourues,
tenant compte des cause, type, degré et fréquence de
l'infraction.
ARTICLE 18 (Règlement des Différends): Cet Article fut discuté
par le groupe de négociation sur les I&M. En vertu de cet
Article, les dispositions de la CCCC s'appliquent mutatis
mutandis.
ARTICLE 19 (Amendements au Protocole): Cet Article fut discuté
dans le groupe de négociation sur les I&M. Il établit le
processus d'amendement du Protocole, en vertu duquel les amende-
ments seront adoptés par voie consensuelle. A défaut de
consensus, ils seront assujettis au vote à majorité des trois-
quarts.
ARTICLE 20 (Annexes du Protocole): Cet Article fut discuté dans
le groupe de négociation sur les I&M. Il stipule que les annexes
sont partie intégrante du Protocole et que les annexes adoptées
après l'entrée en vigueur du Protocole doivent se limiter à des
listes à caractère descriptif, scientifique, technique ou
procédural. Les amendements aux annexes sont adoptés par les
sessions ordinaires de la RdP.
ARTICLE 21 (Droits de Vote): Cet Article fut discuté dans le
groupe de négociation sur les I&M. Il stipule que chaque Partie
disposera d'une voix, sauf dans le cas des organisations
régionales d'intégration économique, lesquelles exerceront leurs
droits de vote, avec un nombre de voix égal à celui de leurs
Etats membres.
ARTICLE 22 (Dépositaire): Cet Article fut discuté dans le
groupe de négociation sur les I&M. Il stipule que le Secrétaire
Général de l'ONU sera le dépositaire du Protocole.
ARTICLE 23 (Ratification, Acceptation et Approbation): Cet
Article fut discuté dans le groupe de négociation chargé des I&M.
Il stipule que le Protocole sera ouvert aux signatures au siège
des Nations Unies, à New York, du 16 Mars 1998 au 15 Mars 1999.
ARTICLE 24 (Entrée en Vigueur): Lors de la Plénière de la GC du
5 Décembre, le Président du groupe de travail sur les I&M, Takao
Shibata, présenta un rapport sur les progrès réalisés dans le
débat sur la question d'entrée en vigueur. L'Article renferme
deux alternatives. L'Alternative A repose sur des dispositions
liées au nombre de ratifications et au pourcentage des émissions
de C02. L'Alternative B requiert [75] ou [50] ratifications et
[50%] ou [75%] des Parties visées à l'Annexe I. Estrada proposa
de spécifier 50 Parties et 60% du total des émissions. Shibata
rapporta que la plupart des Parties ont préféré l'Alternative A,
et suggéra de requérir 75% des émissions. Estrada proposa
l'insertion d'une note de bas de page stipulant que ce
pourcentage confère un droit de veto quant à l'entrée en vigueur.
Le G-77/Chine déclara que tout chiffre excédant 50% serait
inacceptable. Le délégué indiqua qu'il pourrait appuyer
l'Alternative B s'il y était demandé 50 ratifications et 60% des
Parties visées à l'Annexe I.
Après de nouvelles discussions dans la GC, les délégués
s'accordèrent que le Protocole entrera en vigueur 90 jours après
la date à laquelle au moins 55 Parties de la Convention
incorporant des Parties visées à l'Annexe I représentant au total
un minimum de 55% de l'ensemble des émissions de dioxyde de
carbone de 1990, auront déposé leurs instruments de ratification,
d'acceptation, d'approbation ou d'accession.
ARTICLE 25 (Réserves): Cet Article fut discuté dans le groupe
de négociation sur les I&M. Il stipule qu'aucune réserve ne peut
être faite au Protocole.
ARTICLE 26 (Retraits): Cet Article fut discuté dans le groupe
de négociation sur les I&M. Il stipule qu'à tout moment, après la
date d'entrée en vigueur du Protocole pour une Partie donnée,
cette Partie peut se retirer du Protocole.
ARTICLE 27 (Textes Originaux dans les Langues des Nations
Unies): Cet Article fut discuté dans le groupe de négociation
chargé des I&M. Il stipule que l'original de ce Protocole dont
les versions arabe, chinoise, anglaise, française, russe et
espagnole constituent des textes également authentiques, sera
déposé auprès du Secrétaire Général des Nations Unies.
QUESTIONS DIVERSES
CAISSE DE COMPENSATION: Le 4 Décembre à la Plénière, le
Président du groupe de négociation chargé de l'examen de la
caisse de compensation proposée (Iran) rapporta que les points de
vue étaient encore divergents sur ce sujet et que de nouvelles
consultations étaient nécessaires.
Le 6 Décembre, l'Iran rapporta le résultat des négociations sur
la question de la minimisation des effets négatifs de l'évolution
climatique, à travers les P&M. L'orateur proposa un libellé
alternatif élaboré sur la base du projet de décision avancé par
le Zimbabwe et l'Ouganda et appelant à une évaluation, par le
SBI, des actions visant à répondre aux besoins des pays en
développement au plan des effets adverses. Les deux alternatives
renfermaient une référence crochetée à [l'établissement de
mesures de compensation]. Les USA, l'UE, la Pologne, l'Australie
et le Canada déclarèrent que la compensation est inacceptable et
que le paragraphe devrait être supprimé. L'Arabie Saoudite, le G-
77/Chine, l'Indonésie, l'Ouganda, l'Uruguay, le Koweït, le
Nigeria, les Emirats Arabes Unis, la Chine, le Venezuela, Bahreïn
et l'Egypte apportèrent leur appui à la suppression des crochets.
Le Zimbabwe suggéra un examen ministériel de la proposition dans
le contexte de l'Article 4.8 de la CCCC. La Nouvelle Zélande fit
objection à l'idée d'établir un tel dispositif et appuya la
proposition de l'Ouganda de remplacer le terme "compensation" par
le terme "impact". Le Président suggéra de remplacer le
paragraphe existant par le texte de l'Iran, en plaçant ce dernier
entre crochets. Les délégués n'engagèrent pas de nouvelles
discussions sur cette proposition.
ENGAGEMENTS VOLONTAIRES: Le 4 Décembre durant la Plénière de la
GC, Dámaso Luna, (Mexique) rapporta que de nouvelles
consultations étaient nécessaires sur la question des engagements
volontaires pour les Parties non visées à l'Annexe I (Article 10,
précédemment). Lors de la Plénière finale de la GC, l'Arabie
Saoudite, le Koweït, le Venezuela, l'Egypte, les Emirats Arabes
Unis, la Syrie, le Maroc, l'Iran, le Brésil, la Gambie et le
Bangladesh appelèrent à la suppression de ce projet d'Article.
L'Inde déclara que l'Article créait une nouvelle catégorie de
Parties non établie dans la Convention. La Chine déclara que bien
que les engagements soient volontaires au niveau de
l'appellation, ils détermineront un certain niveau de réduction
et de limitation des émissions anthropiques, imposant par là même
une obligation qui n'a pas à être appliquée aux pays en
développement. L'Article mettrait en danger le statut des Parties
non visées à l'Annexe I qui se joindraient à ses activités et
imposerait de nouveaux engagements aux pays en développement.
L'Ouganda affirma que les engagements volontaires cesseraient
d'être volontaires dans quelques années. Samoa, au nom de 35
Parties et de l'AOSIS, déclara que les activités prévues dans le
cadre de cet Article étaient entièrement volontaires et
n'imposaient aucun nouvel engagement aux Parties pays en
développement. L'Argentine, appuyée par le Royaume-Uni, proposa
un libellé supplémentaire interdisant les mesures arbitraires ou
la discrimination à l'encontre des Parties non visées à l'Annexe
I qui ne prennent pas d'engagements volontaires.
La Hongrie, la Grenade, la Russie, le Japon et la Micronésie se
déclarèrent en faveur du maintien de l'Article. Le délégué US
affirma que l'Article renforçait le Protocole en y incluant un
éventail plus important de pays dans le partenariat, qu'il
n'imposait aucun nouveau mandat et qu'il permettait la poursuite
des objectifs de croissance. L'orateur proposa d'ajouter que les
limitations d'émissions assumées à titre volontaire ne doivent
pas inhiber l'essor économique et qu'elles peuvent constituer un
budget de croissance. La République de Corée déclara que
l'Article était formulé de manière à permettre l'assomption
volontaire d'un objectif sans prendre de nouveaux engagements.
Israël appuya l'Article et les amendements proposés.
Le délégué des Philippines déclara qu'il soutenait le concept
qui sustend l'Article, mais que seules les préoccupations
représentées dans les amendements devaient être traitées. Le
Mexique déclara que sous une autre forme, l'Article pourrait
éviter la pression mise sur les pays non visés à l'Annexe I. Il
proposa d'amender l'amendement US empêchant la limitation de la
croissance économique et du développement, et d'insérer un
libellé stipulant que les Parties qui ne se portent pas
volontaires auront accès à toutes les modalités des échanges des
droits d'émissions et ne seront passibles ni de pénalités ni
d'amendes. L'orateur indiqua que l'idée consistait à ouvrir aux
Parties non visées à l'Annexe I l'accès aux mécanismes de marché.
Estrada déclara qu'il n'y avait pas de consensus en faveur de
l'Article et qu'il devait être par conséquent supprimé.
PROPOSITION DE LA NOUVELLE ZELANDE: Le 5 Décembre, la Nouvelle
Zélande déclara que les groupes de base des Parties visées à
l'Annexe I avaient besoin d'assurance que les pays en
développement étaient prêts à adopter des engagements
contraignants de limitation des émissions au cours de la
troisième période d'engagement. Le délégué proposa une double
conditionalité: les Parties visées à l'Annexe I obtiendraient de
suite des Parties non visées à l'Annexe I leur accord sur les
engagements futurs, mais les Parties non visées à l'Annexe I ne
seraient pas tenues de respecter ces engagements si les Parties
visées à l'Annexe I manquaient à honorer les engagements qu'ils
ont pris à Kyoto. Il appela à un "engagement progressif" réalis-
able en fonction des niveaux relatifs de développement, ainsi
qu'à l'exemption des pays les moins avancés. Soutenu par les USA,
le Canada, la Pologne, la Slovénie, l'Australie, la Suisse et le
Japon, le délégué introduisit un projet de texte qui, entre
autres: faisait état des engagements des Parties visées à
l'Annexe I, d'ici 2014; considérait que les engagements
juridiques contraignants futurs des Parties non visées à l'Annexe
I dépendaient de la réalisation des leurs par les Parties visées
à l'Annexe I, et notamment des QELROs fixés dans Protocole de
Kyoto; acceptait l'introduction de nouveaux QELROs pour les
Parties visées à l'Annexe I et "d'objectifs quantitatifs de
limitation d'émissions" pour les autres Parties, à l'exception
des pays les moins avancés; et, établissait un processus de
formulation des engagements, à conclure d'ici 2002.
L'UE réitéra que le Mandat de Berlin interdisait l'imposition
de nouveaux engagements pour les pays en développement et
souligna que les pays industrialisés doivent se porter à l'avant
en adoptant des engagements juridiques contraignants à Kyoto.
L'orateur attira l'attention sur les résultats du GIEC qui
indiquent qu'une réduction significative des émissions
nécessitaient des efforts à la fois de la part des pays
industrialisés et des pays en développement. Les futurs
engagements doivent toutefois tenir compte du principe des
responsabilités communes mais différenciées. Il suggéra la
poursuite des consultations pour parvenir à un résultat
satisfaisant. Il affirma qu'il serait approprié de démarrer un
processus de revue sur la base de l'Article 7.2 de la CCCC en vue
d'établir de nouveaux engagements pour l'ensemble des Parties.
Le G-77/Chine, appuyé par la Thaïlande, l'Arabie Saoudite,
l'Iran, la Colombie, la Malaisie, le Nicaragua, le Honduras, la
Syrie, le Ghana, le Togo, le Lagos, le Koweït, la Grenade, le
Botswana, Bahreïn, le Mali, le Chili, le Pérou, Trinité et
Tobago, le Nigeria, le Bangladesh, le Kenya, le Maroc, le
Zimbabwe, l'Indonésie, l'Uruguay, la République Centrafricaine,
les Philippines, le Venezuela, le Costa Rica, la Gambie,
l'Argentine et l'Afrique du Sud, au nom de la Communauté Sud-
Africaine de Développement (SADC), déclara que l'équité et les
responsabilités communes mais différenciées sont les éléments
clés de la réussite. Le porte-parole nota, par ailleurs, les
faibles taux d'émissions par tête d'habitant enregistrés dans les
pays en développement, ainsi que leurs priorités en matière de
développement économique et social. Ce n'est pas le moment de
traiter des engagements des pays en développement économique et
social mais celui de renforcer ceux des pays industrialisés. Il
conclut par un seul mot "non!". L'Inde fit objection à l'idée de
priver les pays en développement d'un espace équitable pour leur
croissance. Le Brésil indiqua que la déclaration de l'un des pays
industrialisés revenait à dire "si vous ne donnez pas, nous ne
donnerons pas", à quoi je réponds: "nous ne discuterons pas,
avant que vous n'ayez donné". La Chine rappela la faible
performance des Parties visées à l'Annexe I au niveau des
engagements existants et mit en garde l'UE: "méfiez-vous de votre
bulle!".
La Hongrie déclara que d'autres pays pourraient suivre
l'exemple des pays en transition économique qui se sont joints à
l'Annexe I en dépit de leurs difficultés économiques. Le délégué
US déclara que les engagements de toutes les Parties doivent
permettre la croissance économique tout en protégeant
l'environnement. Le délégué US souhaita voir les pays en
développement, à l'exception des pays les moins avancés, adopter
des objectifs permettant de faire baisser la croissance de leurs
émissions. Il nota que les engagements des pays en développement
pourraient être différenciés en fonction des responsabilités et
des capacités de chacun d'entre eux. Tout en reconnaissant les
efforts consentis par les pays en développement dans le
traitement de leurs émissions, le Japon souligna la nécessité
d'une plus grande participation dans le futur. Le délégué proposa
l'initiation d'un processus post Kyoto à cet effet. Il affirma
que la participation des pays en développement ne signifiait pas
la réduction mais une simple limitation de leurs émissions et
indiqua que la proposition Néo-Zélandaise pouvait servir de
plate-forme aux discussions sur ce sujet. Le Canada déclara que
la réalisation des engagements sur plusieurs étapes a bien
fonctionné dans le cadre d'autres accords.
Le G-77/Chine déclara que la proposition de la Nouvelle Zélande
devrait être abandonnée et que le groupe ne participera à aucun
groupe de contact, par principe. Le Président indiqua qu'il
consultera le Bureau. La proposition ne fut pas davantage
discutée.
PLENIERE DE CLOTURE
Le 11 Décembre, vers 1h. du matin, Hiroshi Ohki (Japon),
convoqua la Plénière de clôture de la CdP-3 pour le traitement
des points en suspens de l'ordre du Jour (FCCC/CP/1997/1),
incluant l'adoption du Protocole ou instrument juridique
contraignant. L'adoption du règlement intérieur de la CdP
(FCCC/CP/1997/2) fut reportée à la CdP-4. Les délégués décidèrent
par ailleurs que le SBSTA et le SBI se doivent de procéder à
l'élection des membres des Bureaux autres que les Présidents.
Le Président de la GC, Estrada, déclara qu'il était heureux de
soumettre le Protocole de Kyoto, recommandé à l'unanimité par la
GC, à l'adoption de la CdP-3. Il indiqua que le Protocole allait
permettre la réduction des émissions globales de GHG de 5.2% pour
les Parties visées à l'Annexe I par rapport aux niveaux de 1990
dans la période entre 2008 et 2012. Il nota que cela signifiait
une réduction de 30% des émissions projetées d'ici 2012. Il
souligna qu'il n'a pas été facile pour les pays de parvenir à un
accord, compte tenu des implications économiques et politiques de
certaines concessions qui ont été faites, et affirma que l'esprit
de compromis qui a présidé à ces négociations doit servir
d'exemple pour les négociations futures.
L'orateur indiqua par ailleurs que le Protocole inclut une
annexe comportant des objectifs pour chacun des pays visés à
l'Annexe I. Il attira l'attention sur la décision à prendre par
la CdP-3 (FCCC/CP/ 1997/L.1) pour l'adoption du Protocole.
Le délégué US souligna que le paragraphe de l'Article 12
stipulant que "la CdP-4, agissant à titre RdP du Protocole, doit
analyser les implications des réductions d'émissions certifiées"
ne doit pas figurer dans le Protocole, mais dans le projet de
décision de son adoption. La Norvège suggéra l'inclusion d'un
nouveau sous-paragraphe dans la décision concernant l'élaboration
des modalités et procédures de la mise en oeuvre effective de
l'Article sur le MDP et à adopter la décision sans rien y
ajouter, étant donné que la GC l'a recommandée à son adoption, à
l'unanimité.
Le Protocole de Kyoto (FCCC/CP/1997/L.7/Add.1) fut unanimement
adopté par la CdP-3, et assorti d'une décision l'ouvrant aux
signatures du 16 Mars 1998 au 15 Mars 1999 et demandant au
Secrétaire Général de l'ONU d'en être le dépositaire. La décision
requiert des Présidents du SBSTA et du SBI d'affecter à leurs
organes subsidiaires respectifs un travail sur la liste des
questions à traiter et de fournir au Secrétariat les orientations
nécessaires à la préparation de la CdP-4. La liste comprend ce
qui suit:
- La détermination des modalités, règles et lignes
directrices permettant de savoir comment et quelles
activités supplémentaires induites par l'homme et liées à
l'évolution des émissions et des suppressions de GHG au
niveau des changements intervenant dans les catégories
terre agricole, utilisation des terres et foresterie
doivent être ajoutées au, ou soustraites du montant
assigné aux Parties visées à l'Annexe I tel que prévu par
le Protocole dans l'Article sur les puits absorbants liés
aux QELROs (Article 3, paragraphe 4).
- La définition des principes pertinents, des modalités,
règles et lignes directrices devant régir en particulier
la vérification, l'élaboration des rapports et le
rendement de comptes des échanges de droits d'émissions,
conformément à l'Article consacré dans le Protocole, à la
commercialisation des droits d'émissions (Article 16).
- L'élaboration, pour les Parties visées à l'Annexe I, des
lignes directrices devant régir le transfert ou
l'acquisition des unités de réduction d'émissions
résultant des projets visant à réduire les émissions
anthropiques par sources ou à renforcer les enlèvements
par puits absorbants des GHG dans les différents secteurs
économiques, tel que prévu dans l'Article consacré à la
forme des crédits de réduction (Article 6).
- La considération et, le cas échéant l'action, des
méthodologies nécessaires au traitement de la situation
des Parties listées dans l'Annexe B du Protocole, pour
lesquelles des projets individuels auraient un impact
proportionnellement significatif au niveau des émissions
durant la période d'engagement. L'analyse des implica-
tions de l'Article portant sur les réductions d'émissions
certifiées (Article 12, paragraphe 10).
- La décision invite également les Présidents du SBI et du
SBSTA à présenter une proposition conjointe pour le
programme de travail de la RdP, après l'entrée en vigueur
du Protocole.
Le délégué de Trinité et Tobago, au nom de l'AOSIS, rappela
qu'il y a 3 ans, à la CdP-1, l'AOSIS avait soumis une proposition
pour un protocole établissant des objectifs de réduction de GHG
significatifs. Il indiqua que les objectifs de réduction assignés
aux Parties visées à l'Annexe I dans le Protocole de Kyoto sont
insuffisants et que le message moral qu'ils portent est douteux:
le monde industrialisé continuera-t-il à déverser ses déchets?
L'orateur déclara aussi que les Parties n'ont pas travaillé
toutes ces années pour voir les émissions de GHG augmenter. Il
attira l'attention sur le fait qu'en vertu de ce Protocole,
certaines Parties pays industrialisés sont autorisées à accroître
leurs émissions au moment où d'autres acceptent de réduire les
leurs, et que cela est difficile à comprendre, compte tenu des
faits scientifiques concernant le réchauffement de la planète. Il
ajouta que les auteurs de ce Protocole porteront le blâme des
dégâts et désastres liés à l'évolution du climat, et appela les
Parties à se rendre à la CdP-4 avec des engagements plus clairs.
La CdP-3 fut ajournée vers 15h.30, le jeudi 11 Décembre 1997.
BREVE ANALYSE DE LA CDP-3 : LE ZEN ET L'ART D'ENTRETENIR LA PLANETE
"D'un seul pétale
Tombant dans un reflet de lune
Naissent ces couronnes d'eau
Qui s'en vont sous la brise
Chaque vie toucher".
(Traduction très approximative d'un poème Japonais ou Waka,
écrit par Mahoroba Kaoru et choisi en guise d'introduction pour
cette analyse, par le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael
Zammit-Cutajar. Une note d'accompagnement en traduit le sens de
cette manière: "ajoutées l'une à l'autre, nos actions
individuelles participeront ensemble à refaçonner le monde".
Les Parties de la CCCC ont adopté un protocole juridiquement
contraignant sans précédent dans l'ambition de limiter et de
réduire les émissions de gaz à effet de serre qui ont accompagné
l'avènement et l'évolution de l'ère industrielle. Cela s'est
déroulé, bien à propos, à Kyoto, capitale Japonaise du Zen -
pratique associée dans la tradition Bouddhiste au cheminement
vers la pleine conscience. Durant la CdP, le Secrétaire Exécutif,
Michaël Zammit-Cutajar, expliqua que le parcours du Zen vers
l'illumination requiert de celui qui le pratique d'aller au-delà
des frontières mentales que lui imposent les cadres établis
déterminant sa perception du monde.
Le Protocole de Kyoto sera sans doute le Koan du XXIème siècle,
une sorte de cheminement ou de challenge comparable au Zen,
consistant ici à franchir les frontières imposées par les
pratiques politiques, économiques, techniques et culturelles
profondément ancrées dans les capitales de l'Annexe I promotrices
d'un modèle de développement dont le principal produit exporté au
reste du monde est l'esprit de non-durabilité.
Les contraintes qui ont bridé la réflexion à Kyoto étaient les
points d'accroche qui ont marqué le processus original de la
CCCC. Pour prendre toutes les formes familières de l'hésitation
lorsque les Parties se trouvèrent face à la perspective d'adopter
un accord juridique contraignant, elles ont dû survivre au
processus de l'AGBM qui s'acheva le dimanche précédant la CdP-3,
avec des délégués déterminés à rester jusqu'au bout accrochés à
leurs positions de négociation fermement établies. Cela permet
d'expliquer l'écart entre l'objectif énoncé dans la CCCC et la
réalité des résultats. Les Parties reconnaissent tout à fait
l'inefficacité de leurs engagements à changer les schémas
économiques et énergétiques prévalants et prévenir ainsi
l'évolution climatique préjudiciable. Le Protocole de Kyoto sera
inévitablement qualifié de premier pas. Un de plus. Il faudra
s'en contenter, à défaut d'objectifs de réduction et de
limitation plus ambitieux. De plus, au moment où la question
d'équité s'efforçait de se trouver une place dans les calculs
étriqués des négociateurs, l'ambition de donner une dimension
universelle à l'obligation de réduire les tendances des émissions
de gaz à effet de serre à travers l'élargissement de la partici-
pation aux pays en développement, dut être abandonnée en cours de
route. Dans l'intervalle, l'aspect éthique est condamné à prendre
une forme caricaturale dans les échanges au sein et avec le G-
77/Chine.
Le challenge suggéré par le Secrétaire Exécutif permet une
gamme d'interprétations et, comme le Zen, peut fournir quelques
éléments de réponse aux demandeurs d'informations avant qu'ils
n'embarquent pour leur propre recherche. Cette analyse se
limitera à trois aspects de ce qui fut, pour bon nombre de
participants, une expérience des plus intenses et des plus
compliquées:
- Les voies stratégiques et les influences des principaux
acteurs;
- L'utilité du paradoxe de négociation; et,
- La question de savoir si un retour au marché pourrait à la fois
servir et concilier les nobles aspirations d'équité, de
protection de l'évolution climatique, pour un protocole crédible
et capable d'envoyer à tous les concernés un signal fort et
clair, permettant de trouver le chemin vertueux d'une production
et consommation énergétique durable.
L'ESPRIT ZEN APPLIQUE A LA STRATEGIE
Tout au long du processus de négociation, l'UE, les USA et le
Japon sont restés en constante communication, à la fois dans
l'enceinte du Kyoto International Conference Hall et par
téléphone. Au même moment, les USA, y compris à travers la visite
qui se voulait remarquée du Vice Président Al Gore, ont maintenus
des contacts de haut niveau avec les principaux pays en
développement partenaires. Comme l'a suggéré Zammit-Cutajar,
Kyoto fut la Conférence du marteau et de la ligne rouge. Il
aurait pu ajouter "et de la force de vente".
Alors que l'UE a apporté l'ambition qui a orienté les objectifs
chiffrés du Protocole conclu, les USA ont joué un rôle influent
dans le façonnage de l'approche institutionnelle de son
application, en greffant notamment la commercialisation des
droits d'émissions. Tirant plein profit de l'avantage que lui
donnaient ses éléments constitutifs très instruits en matière
d'écologie, l'UE plaça dans sa mire la réticence des USA et se
fit le porte-parole des préoccupations des ONG concernant les
brèches constatées sur divers flancs, y compris au niveau des
puits absorbants et de la commercialisation des droits
d'émissions. Ce faisant, l'UE s'attaqua également à la souplesse
que les USA et d'autres pays du Groupe JUSSCANZ espéraient
pouvoir réduire l'impact, au plan intérieur, des objectifs de
limitation et de réduction. Célébrée par les ONG pour ce rôle,
l'UE achoppa quelque peu, malgré tout, sur sa propre lourdeur
institutionnelle. La perception US de l'approche de l'UE est la
suivante: "Ils ont pris d'avantage plaisir à se montrer verts
qu'à se montrer pratiques, et c'est nous qui avons dû convaincre
tous les autres." Quelques tensions ont émergé lorsque certains
membres du groupe élargi de l'UE (en particulier l'Allemagne)
résistèrent à l'idée de donner aux négociateurs de premier rang
dans la Troïka - Royaume-Uni, Pays-Bas et Luxembourg - la
souplesse dont ils avaient besoin pour réagir promptement aux
nouvelles positions et autres diversions tentées, notamment par
les USA.
Il y a eu également des tensions sur des sujets tels que la
commercialisation des droits d'émissions, avec certains pays,
comme le Royaume-Uni, culturellement plus réceptifs que d'autres
à l'adoption de mécanismes orientés vers le marché. L'UE a gagné
l'insertion de politiques et mesures tenant compte des
"circonstances nationales" et la permission de former une
"bulle", abandonnant la résistance exprimée à l'égard de
l'approche des 6 gaz à la fois, des puits absorbants, de la
commercialisation des droits d'émissions et de la différenciation
des objectifs.
Le G-77/Chine - ou plutôt les principaux acteurs qui mènent
habilement le jeu au sein de ce bloc - ont joué un rôle efficace
dans l'obstruction d'un article sur des engagements volontaires
pour les pays en développement, mais ont laissé les observateurs
incertains sur le point de savoir s'ils seraient capables de
remporter une victoire plus importante. C'est avec beaucoup de
doigté que l'Inde et la Chine ont mené le débat sur la question
de l'échange des droits d'émissions, attirant dans leurs
embuscades les USA et le Groupe des JUSSCANZ et réussissant à
retarder le rythme d'application de cette disposition. Ce
faisant, ils réussirent dans les dernières heures des
négociations, à s'opposer de manière décisive à l'article
concernant les engagements volontaires et à amener tous les
protagonistes au bord de l'épuisement total. En résultat de quoi,
l'article sur les engagements volontaires fut abandonné.
Le monde complexe, ambigu et virtuel des intérêts du G-77/Chine
trouva son illustration dans le rôle de courtier jouer le Brésil
pour la mise en place d'un fonds pour le développement propre.
Parrainée par les USA, cette idée s'est transformée en un
mécanisme pour le développement propre - institution hybride
englobant l'exécution conjointe et la commercialisation des
droits d'émissions, le tout assorti d'une participation
volontaire "certifiée" des pays en développement. Pour parvenir à
ce résultat, les négociateurs US ont dû susciter l'intérêt des
pays d'Amérique Latine qui, en l'occurrence, et pour reprendre
les mots d'un observateur, "se sont littéralement fait expliquer
où se trouvaient leurs intérêts nationaux".
Le Mécanisme pour le Développement Propre (MDP) devint le
principal point de marchandage des négociations selon l'un des
observateurs. Même face à la résistance persévérante de la Chine
et de l'Inde, les USA et leurs alliés ont, avec le MDP et les
déclarations favorables à la participation volontaire faite par
le Mexique, la République de Corée et d'autres, gagné un terrain
considérable.
Le Brésil et les USA développèrent ensemble le MDP. Présenté à
l'origine par le Brésil comme moyen de financer les projets à
travers les pénalités infligées pour cas de non-conformité, le
MDP, tel qu'il est établi maintenant, servira surtout à faciliter
les projets de réduction des émissions mis en place dans les pays
en développement et financés par les pays industrialisés. Après
la certification de ces projets et des émissions qu'ils
permettront de réaliser, les pays industrialisés pourront placer
les résultats dans la colonne des crédits sur le compte de leurs
propres objectifs de réduction. C'est pour cette forme
d'exécution conjointe assortie de possibilités de crédit, que les
USA et d'autres plaident depuis longtemps.
L'idée acquit une force d'impulsion lorsque les USA parvinrent
à la faire reconnaître comme voie politiquement correcte
permettant de prendre à bord un certains nombre de pays en
développement clés. Elle risque toutefois de devenir, pour les
pays visés à l'Annexe I, une source de litiges sur les émissions
offshore négociables. A qui profitera le plus le MDP? Cette
interrogation ne sera clarifiée que lorsque certaines questions
en suspens trouveront une réponse: ce nouveau mécanisme sera-t-il
sous le contrôle du FEM ou de la Banque Mondiale et où sera
établi le siège de la nouvelle institution?
Les pays en développement aidèrent à élever les objectifs en
soutenant une position proche de celle de l'UE concernant la
réduction des émissions. Les pays en développement opposèrent un
veto à l'introduction d'engagements volontaires et à une forme
stigmatisée de l'exécution conjointe, et aidèrent à la confection
du MDP en acceptant enfin les approches de souplesse et de
différenciation pour les QELROs, auxquelles ils avaient résisté
auparavant. Sous la conduite de l'éloquent Ambassadeur Slade
(Samoa), l'AOSIS continua à représenter la portée morale de la
Convention et du processus du Protocole. L'AOSIS maintint sa voix
moralisante, même si son influence au sein du G-77 était souvent
mise à l'épreuve par les alliés des intérêts des pays de l'OPEP.
Les ONG et les membres du "quatrième pouvoir" - les médias -
ont joué un rôle central parallèle à celui des négociations
distantes qui se déroulaient entre Présidents et Premiers
Ministres. Leurs spécialistes ont fourni informations et analyses
aux délégations qui voulaient bien les écouter, leurs experts en
communications ont produit des communiqués de presse à Kyoto et
dans leurs pays dans les heures qui ont suivi chaque
développement de la situation et leurs activistes traditionnels
ont organisé des manifestations hautes en couleurs et donnant à
réfléchir, allant de la Palme d'Or octroyée par Friends of the
Earth aux industries les plus polluantes à la présentation de
pingouins sculptés dans la glace, en passant par une procession
portant le spectre des martyrs de la cause environnementale du
Peuple Ogoni du Nigeria, qui vint établir un lien entre les
Droits de l'Homme et les politiques en matière d'évolution
climatique.
Les ONG ont joué un rôle pivot dans la mise en lumière des
brèches contenues dans les propositions, notamment celles
concernant la commercialisation des droits d'émissions et des
puits absorbants. Lors d'une réunion avec les ONG, le Vice
Président GORE, se montra lui aussi réceptif au conseil de
modération quant au contenu de son adresse à la Plénière,
concernant la nécessité d'engagements pour les pays en
développement.
L'UTILITE DU PARADOXE DE NEGOCIATION
Un paradoxe émergea au moment où les principales factions en
présence dans ces négociations se battaient encore pour des
objectifs plus élevés à travers des approches contradictoires.
L'UE et d'autres supporters d'un objectif ambitieux, tels que le
G-77/Chine et l'AOSIS, décidèrent de tenir bon jusqu'à ce que les
USA fassent montre d'une meilleure volonté pour l'amélioration de
son offre de stabilisation aux niveaux de 1990. L'UE résista
aussi aux pressions de faire des concessions aux USA et aux
membres du JUSSCANZ sur la souplesse au niveau de l'application
et au niveau des crit�res r�gissant les puits absorbants et la
commercialisation des droits d'�missions. Les USA et le Groupe
JUSSCANZ exigeaient des engagements sur ces questions avant
qu'ils puissent faire leurs calculs et d�finir leurs objectifs.
L'absence d'ouverture fut aggrav�e par l'accord tardif - attendu
depuis longtemps - sur l'adoption d'une formule de
diff�renciation par opposition � l'application d'un taux
uniforme, ainsi que par la strat�gie classique consistant �
pousser le processus des n�gociations jusqu'au bout. Cette
strat�gie sert � augmenter la mise et peut �tre utile � des
n�gociateurs commerciaux, mais elle ne sert pas beaucoup �
rehausser la qualit� des accords institutionnels complexes
touchant � la politique d'�volution climatique.
Le mod�le conceptuel adopt�, l'approche qu'on appelle "grande
bulle", sugg�r�e � l'origine par la Russie, fournit un champ de
manoeuvre aux groupes qui d�fendaient les deux approches -
l'ambitieuse et la frileuse. Il permit aux diff�rentes Parties
d'avancer pour la r�duction globale un chiffre correspondant
essentiellement au r�sultat des calculs faits par chacune d'entre
elles et repr�sentant ce que les divers �l�ments politiques lui
permettaient d'atteindre individuellement. Les diff�rents calculs
donn�rent une fourchette de chiffres qui devint le seuil de
tol�rance pour la n�gociation entre les maximalistes et les
minimalistes. A la t�te des premiers, on trouvait l'UE. Parmi les
seconds, on trouvait les pays cherchant � obtenir des taux
d'�missions sup�rieurs � ceux de 1990. L'UE a toujours �t� claire
sur le fait que leur chiffre de 15% avanc� dans les n�gociations
ne constituait pas une offre unilat�rale. Mais la diff�renciation
laissa le groupe quelque peu sans ressources et l'obligea � se
d�mener pour �laborer une position de repli.
Alors que les objectifs diff�renci�s �taient fond�s sur des
formules complexes de crit�res �conomiques et sociaux, la "Grande
Bulle" r�duisit la diff�renciation � une dimension purement
politique et le processus de n�gociation, � quelque chose qui
prit parfois l'allure d'un simple marchandage. Un d�l�gu� Russe
rappela la mani�re dont il avait �t� approch� par le Pr�sident de
la GC, Estrada, avec une offre, � laquelle il r�pondit: "Je ne
suis pas encore d'accord. Je ne le serai jamais". Pour d'autres,
le processus ressembla � un jeu ..., avec de fr�quentes h�sitations
puis des marches arri�res lorsqu'on d�couvre ce que d'autres
Parties avaient � offrir. A quelques heures de la cl�ture de la
Conf�rence, les USA d�couvrirent que le japon a accept� un
objectif moins �lev� que celui anticip� par Washington - l'un des
principaux n�gociateurs se pr�cipita vers Estrada pour demander
une explication � l'homme qui �tait largement tenu pour
responsable d'avoir persuad� les Parties de l'Annexe I � en
arriver l�.
Avec la diff�renciation, le crit�re principal devint la
relative volont� de chacun des pays d'annoncer un objectif
d'�missions en rapport avec 1990. Du centre longuement m�dit�
des projections de chacune des d�l�gations, �mergea un manque de
volont� politique, sous forme d'une "non - d�cision" politique
collective - comme sortie du n�ant ou, mieux encore, de ce qu'un
observateur d'ONG qualifia de "bo�te noire d'Estrada." Ainsi,
dans la pure tradition Zen, l'accord se forma lui-m�me.
RETOUR AU MARCHE
S'il existe des pr�c�dents pour la port�e et la nature du
Protocole de Kyoto, force est de constater qu'ils ne sont pas
encourageants. L'un des observateurs sugg�ra qu'on regarde ce qui
est advenu de la tentative, aujourd'hui oubli�e, du FEM de
r�guler les flux mon�taires internationaux, des accords
commerciaux ambitieux g�r�s par des institutions aujourd'hui
rouill�es telles que le "Tin Council" (l'Office de l'Etain), et
des plans pompeux associ�s au Nouvel Ordre Economique Mondial.
Vers la fin des pourparlers de Kyoto, un n�gociateur US rappela
que le business de l'Am�rique c'est le business. Ainsi, le
business et la loi du march� seront les �l�ments cl�s de la mise
en oeuvre, notamment � travers l'�change des droits d'�missions et
le m�canisme pour le d�veloppement propre. Le secteur priv�
constitue le principal groupe cible des signaux politiques �mis
par Kyoto pour indiquer que le business comme d'habitude n'est
plus d�sormais une option. Et c'est l� que r�side le second
paradoxe.
Les USA, le Japon et l'Europe - ces grosses machines
�conomiques mondiales qui ont �rig� leurs pouvoirs sur des
technologies non durables - devraient maintenant �tre les
premiers � inverser les tendances qu'ils ont engendr�es. Mais les
diplomates qui ont la responsabilit� de traduire ce signal dans
la r�alit� politique de leurs pays, font eux-m�mes partie de
l'avant-garde des styles de vie cosmopolite.
Une autre inconsistance de l'approche bas�e sur l'approche
fond�e sur le march� retenue dans le Protocole est, selon un
autre observateur, l'insistance des USA sur la souplesse, tout
grands ap�tres qu'ils peuvent �tre, du r�le du march�. Les
signaux clairs lanc�s aux march�s exigent qu'il y ait le moins
possible d'incertitude. Les permis n�gociables seront �chang�s
exactement comme d'autres marchandises sur un march� o� il est
important qu'il y ait une certaine certitude. Avec des objectifs
de r�duction faibles et une souplesse importante, de grandes
difficult�s sont anticip�es au niveau de la r�gulation et de la
d�termination de la conformit�. On se pose des questions sur la
valeur r�elle de ces nouvelles marchandises. Commentant le
Protocole, un participant impliqu� dans la politique des Nations
Unies en mati�re d'�volution climatique fit part de ses craintes
qu'on ne puisse garantir que les r�ductions d'�missions seront
r�alis�es, dans leur majeure partie, au plan int�rieur, et qu'il
n'y ait au contraire, tendance � r�aliser ses engagements sous
d'autres cieux.
Ainsi, le probl�me central que pose l'approche bas�e sur le
march� est la tendance � faciliter l'externalisation des co�ts et
du fardeau. Il est int�ressant de noter que l'un des
repr�sentants US a admis la r�alit� de ce fait. M�me si tout le
monde est d'accord pour dire que le Mod�le d'Equilibre G�n�ral
classique peut accompagner une externalisation des co�ts, les
n�gociateurs US estiment qu'il s'agit l� d'un ph�nom�ne � court
ou moyen termes. Ceux qui croient dans le Mod�le d'Equilibre
G�n�ral arguent que dans un r�gime marchand, en particulier
lorsqu'un signal vient annoncer � l'avance que le march� est sur
le point d'�tre lanc�, les gens exercent leurs options
ext�rieures d'abord et les options int�rieures seulement plus
tard. Si le mod�le classique est juste, pensent les n�gociateurs
US, les USA pourraient se retrouver en train d'entreprendre entre
60 et 90% de leurs efforts de r�duction d'�missions, � l'�chelle
int�rieure - parce que les co�ts seraient moindres. Il se trouve
que cela implique �galement que les administrations D�mocrates
pr�sentes et � venir peuvent anticiper que la pression ne sera
que minimale voire marginale, au plan int�rieur. Interrog� sur le
point de savoir si le Vice Pr�sident Gore et l'Administration
Clinton cherchaient � gagner du temps, le repr�sentant US affirma
avec insistance qu'ils �taient en train d'essayer de gagner du
temps pour le monde entier.
Les optimistes et ceux ayant int�r�t � minimiser la perspective
d'un accent important sur quelque r�gime r�gulatoire, pr�tendent
que le signal politique qui �merge d�j� de Kyoto sera suffisant.
Un membre du groupe de pression du service public de
l'�lectricit� d�clara qu'il �tait trop t�t pour mesurer toutes
les implications du Protocole - notamment pour ce qui est de
l'inclusion du SF6 - mais qu'une chose �tait d�j� claire:
l'impact sur ses utilisateurs repr�sentera 37% de r�duction
budg�taire. Interrog� si le signal �mis par Kyoto �tait suffisant
pour amener ces clients � acc�l�rer leurs travaux li�s �
l'am�lioration des puits absorbants et aux turbines � gaz de
haute efficacit�, il r�pondit: "si le signal �tait plus fort,
nous ne serions plus l�".
CONCLUSION: L'HOMME QUI N'A PAS DORMI PENDANT 14 ANS
Interrog� sur ses impressions apr�s l'ext�nuante derni�re
r�union de la Grande Commission qui dura toute la nuit, un
d�l�gu� Indien raconta l'histoire de l'homme qui resta �veill� 14
ans durant. Comme le Koan du Zen, l'histoire sembla �tre quelque
peu � c�t� de la question originale: de quelle mani�re les
politiques li�es � l'�volution climatique ont-elles �t� affect�es
par Kyoto? Le consensus autour duquel s'est retrouv�e la
communaut� scientifique mondial est que le climat est "en panne"
et que l'esp�ce humaine en est, en toute probabilit�, largement
responsable. Mais, le processus politique est ainsi fait et il
est peu probable que les leaders politiques aient m�me commenc� �
formuler les questions essentielles, ne parlons pas des r�ponses.
Les politiques li�es � l'�volution climatique - comme l'a
d�montr� le processus du Protocole de Kyoto - posent des dilemmes
et des paradoxes � des politiciens dont la carri�re est encore
trop assujettie � un mod�le de d�veloppement qui a besoin d'�tre
reconsid�r� avec minutie. Il n'y a pas que le climat qui soit en
panne. Et pour plus d'une raison, le texte du Protocole de Kyoto
aura l'�toffe d'une �nigme con�ue davantage pour poser des
questions que pour apporter des solutions confortables. Par
bonheur, il existe deux grandes �coles de pens�e dans la
tradition Zen, l'une dit que le passage � la clart� vient d'un
�clair d'inspiration. La seconde approche, plus pratique, dit que
la clart� est au bout un cheminement fait d'essais et d'erreurs.
Et que dans ce voyage, le plus important est de fouler la terre
d'un pas l�ger.
A SUIVRE
REUNIONS DE LA CCCC: Les Organes Subsidiaires de la CCCC se
r�uniront du 2 au 12 Juin 1998 � Bonn en Allemagne. Les r�unions
suivantes des m�mes Organes Subsidiaires co�ncideront avec la
Quatri�me Conf�rence des Parties pr�vue du 2 au 13 Novembre 1998
� Buenos Aires, Argentine. Pour plus d'information, contacter le
Secr�tariat de la CCCC � Bonn, Allemagne; tel: +49-228-815-1000;
fax:+49-228-815-1999; e-mail: secretariat@unfccc.de. Consulter
aussi les pages d'entr�e de la CCCC au http:// www.unfccc.de, et
de l'Unit� d'Information du PNUE au http://www.unep.ch/iuc.html.
QUATRIEME CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LES TECHNOLOGIES DE
MAITRISE DE GAZ A EFFET DE SERRE (GHGT-4): Cette Conf�rence se
tiendra du 30 Ao�t au 2 Septembre 1998 � Interlaken (Suisse).
Pour plus d'information, contacter: Dr. Baldur Eliasson, Head,
Energy and Global Change, ABB Corporate Research Ltd., Baden-
D�ttwil , Switzerland.; tel: + 41-56-486 80 31; fax: + 41-56-493
45 69 e-mail: baldur.eliasson@chcrc.abb.ch.
ONZIEME CONGRES MONDIAL SUR L'AIR ET L'ENVIRONNEMENT PROPRE (&
EXPO): Ce Congr�s est pr�vu du 13 au 18 Septembre 1998 � Durban
(Afrique du Sud). Pour plus d'information, contacter le
Secr�tariat de la Conf�rence: PO Box 36782, Menlo Park 0102,
South Africa; fax: +27 12 460 170 e-mail: wissing@iafrica.com.
CLIMATE-L: Pour toute information sur le suivi de la CdP-3, via
la messagerie �lectronique, s'inscrire sur la liste CLIMATE-L de
l'Institut International du D�veloppement Durable. Pour de plus
amples renseignements � ce sujet, envoyer e-mail �: enbinfo@iisd.org.
|