International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES
FAITS MARQUANTS DE LA TROISIEME CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE DES NATIONS-UNIES
SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
9 DECEMBRE 1997
Les délégués
à la Troisième Conférence des Parties (CdP-3)
de la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les
Changements Climatiques (CCCC) devaient
poursuivre le segment de haut niveau tout au long
de la journée. La Grande Commission (GC) s'est
réunie dans la soirée et aux premières heures
du matin pour la considération de la révision
du texte de négociation du Président.
SEGMENT DE
HAUT NIVEAU
Plusieurs
intervenants de pays en développement, dont
l'Egypte, la Zambie, les Philippines, le Togo, la
Micronésie, le Zimbabwe, la Gambie, le
Swaziland, le Lesotho, le Ghana, Myanmar, le
Sénégal, l'Ile Maurice, le Malawi, le Cambodge,
l'Erythrée, les Iles Salomon, le Soudan, le
Kenya, l'Ouganda, le Laos, Malte, le Bhutan, le
Pérou, le Viet-nam, la Côte d'Ivoire, Kiribati,
l'Ethiopie et la Tunisie, appelèrent les Parties
visées à l'Annexe I à s'engager à des
objectifs de réduction significatifs et prompts.
Ils devaient également: souligner le principe
des responsabilités communes mais
différenciées; faire objection à l'idée
d'avoir de nouveaux engagements pour les pays en
développement; et souligner que les pays
industrialisés ont le devoir moral d'assumer la
responsabilité de leurs émissions. Beaucoup
notèrent que les pays en développement sont
déjà en train d'appliquer les politiques du
développement durable et réfutèrent
l'étiquette de "passagers non
payants." L'Ethiopie et le Swaziland
notèrent l'éradication de la pauvreté en tant
que priorité des pays en développement.
Singapour indiqua que ses émissions augmenteront
à mesure que croîtront son économie et sa
démographie.
D'autres
orateurs, tels que le Kazakhstan, le Niger, le
Viet-nam, Kiribati, l'Egypte, la Jordanie, le
Liban, l'Equateur, l'Uruguay, le Lesotho, le
Kenya, Bahreïn, le Turkménistan et la
Slovénie, retracèrent les effets du changement
climatique ainsi que les efforts nationaux visant
à faire face à ces problèmes et à rabaisser
le niveau des émissions de gaz à effet de serre
(GHG). Le Bhutan évoqua ses efforts visant à
maintenir les forêts en tant que puits
absorbants. Fidji déclara que ce sont les Etats
insulaires qui essuieront la pire expérience de
l'évolution climatique. Cuba nota que même
assujetti à un blocus économique injuste, le
pays a entrepris une action contre le changement
climatique.
Un certain nombre
de pays, y compris le Kazakhstan, l'Egypte, le
Zimbabwe, la Zambie, le Malawi, le Cambodge, les
Iles Salomon, le Laos, l'Uruguay, le Viet-nam, la
Gambie, le Kenya, la Tunisie, Myanmar, le Niger,
l'Ouganda, le Maroc, le Lesotho et le Swaziland,
mirent en relief la nécessité du transfert
technologique, des ressources financières et du
renforcement des capacités pour le traitement du
problème des changements climatiques. Certains
pays, tels que le Pérou, le Chili et la
Colombie, apportèrent leur appui à la mise en
place d'un fonds pour le développement propre.
La Belgique appela à des voies plus équitables
dans l'échange des technologies entre le Nord et
le Sud.
La Lituanie
déclara que les pays visés à l'Annexe I
doivent se placer à l'avant du processus de
réduction des GHG, mais les pays en
développement doivent faire montre de leur
volonté à suivre. La Slovaquie se déclara
prête à s'engager pour des réductions même si
son économie n'est pas hautement développée.
L'Estonie déclara que les pays en développement
avancés doivent commencer à prendre quelques
engagements. La Thaïlande appuya l'idée de
répartir les pays en développement en deux
groupes avec des calendriers différents pour la
réalisation des objectifs, tout en appelant les
pays industrialisés à apporter leur soutien et
à faire montre de leadership. L'Azerbaïdjan,
l'Arménie et la Croatie déclarèrent que les
difficultés de la transition à l'économie de
marché doivent être prises en ligne de compte.
L'Autriche et
l'Italie donnèrent un aperçu sur leur objectif
dans le cadre de la proposition de l'UE.
L'Autriche déclara que le nombre de questions en
suspens met en lumière la nécessité d'un suivi
pour le processus. L'Italie souligna la
croissance intérieure des investissements au
profit de l'énergie renouvelable. La Finlande
mit en exergue son action dans le domaine de
l'évolution climatique et qualifia les mesures
nationales de cruciales. L'Irlande nota que son
objectif d'émission indicatif pour 2010
représente une croissance de 15% par rapport aux
niveaux de 1990 au lieu des 55% prévus. La
République Tchèque et Monaco appuyèrent les
objectifs fixés par l'UE et les politiques et
mesures prévues pour leur réalisation.
Le Kazakhstan, la
Slovénie, la Lituanie et l'Estonie apportèrent
leur soutien à l'échange en matière
d'émission mais soulignèrent la nécessité
d'un suivi rigoureux et de mécanismes de
conformité. La Pologne appela à une approche
budgétaire permettant aux pays qui réduisent
leurs émissions avant l'an 2000 de mettre en
banque les crédits qui serviront à leurs
émissions ultérieures. Le Malawi, l'Uruguay,
l'Ethiopie, la Colombie et la Roumanie
accueillirent favorablement les activités
d'exécution conjointe (AIJ). Le Cambodge
déclara que les échanges en matière
d'émission et les activités d'exécution
conjointe pourraient être utiles si leur point
focal est la dissémination des technologies
propres. Le délégué des Philippines mit en
garde contre l'utilisation des puits absorbants,
des échanges en matière d'émission et de
l'exécution conjointe.
La Turquie se
déclara ne pas être en mesure d'être Partie de
la CCCC en raison du fardeau économique et
social découlant du fait d'appartenir aux deux
annexes.
Les Emirats
Arabes Unis, le Yémen et la Gambie appuyèrent
la mise en place d'un mécanisme de compensation
au profit des pays subissant des pertes
économiques dans le cadre de la Convention. La
Gambie et le Yémen appelèrent à un soutien
amélioré et plus efficace de la part du FEM.
L'Algérie appela à la simplification des
procédures de réponse aux besoins prioritaires
des pays en développement.
Les délégués
devaient entendre également les déclarations du
PICC, du FEM, de l'IEA, du Globe International
Business Council for Sustainable Development, du
Réseau Climate Action Sud-Est Asiatique,
de l'OPEP, du PNUD, du Réseau Climate Action US,
de la Fédération des Organisations Economiques
du Japon (Keidanren), du Business Council for
Sustainable Energy, de l'International Youth
Mouvement for the UN, de l'IOC, de l'Union
Internationale des Syndicats Libres, de Climate
Train, du Conseil Eocuménique Mondial, de
l'International Federation of Chemical, Energy,
Mines and General Trade Unions, du Programme pour
l'Alimentation Mondiale, de la Banque de
Développement Asiatique, de la Banque
Européenne pour la Reconstruction et le
Développement, de la Commission Permanente du
Pacifique-Sud, du SPREP et de la Commission
Economique et Sociale des Nations-Unies pour
l'Asie et le Pacifique.
GRANDE
COMMISSION
Le Président
Raúl Estrada introduisit, lors d'une première
session nocturne, un nouveau projet de texte
(FCCC/CP/1997/ CRP.4), avec les recommandations
d'un certains nombre de négociations, y compris
celle concernant l'Article 3 (QELROs).
L'orateur indiqua
que la proposition de texte pour l'Article 3 sera
traitée comme une offre à prendre ou à laisser
et qu'il laissera aux délégations le temps de
prendre connaissance du contenu et de se
consulter. La proposition des QELROs constituait
une bulle globale comme suggéré à différents
moments durant les négociations, en particulier
par la Russie. Le texte du Président renferme
une proposition préconisant une réduction
globale de 5% dans les émissions de CO2, CH4, NO2 par rapport aux niveaux de 1990,
pour la période d'engagement s'étalant entre
2006 et 2010, avec pour les Parties, la latitude
de s'acquitter de leurs engagements
individuellement ou conjointement. Il est
probable que la CdP-4 adopte une annexe au
Protocole établissant les engagements concernant
la réduction des HFC, PFC et SF6, et tissant des liens entre les
deux paniers. L'orateur indiqua que l'engagement
global a été réparti de manière
différenciée, avec pour quelques pays, la
possibilité d'augmenter leurs émissions, pour
quelques autres la possibilité de maintenir
leurs niveaux d'émission actuels, et pour la
majeure partie restante, des réductions. La
création de forêts, le reboisement et la
déforestation ont été inclus comme puits
absorbants, avec la prévision de nouvelles
analyses. Le projet de texte de l'Article 6
(échanges en matière d'émission) a été
négocié à l'AGBM à Bonn. S'agissant de
l'Article 7, le Président Estrada indiqua que
l'exécution conjointe entre les Parties visées
et non visées à l'Annexe I a été abandonnée.
Le projet de texte de l'Article 10 (engagements
volontaires des Parties non visées à l'Annexe
I) est maintenu, à défaut, tel que présenté
après l'AGBM-8.
Le Président
Estrada déclara que le Mécanisme pour le
Développement Propre (MDP) proposé a évolué
d'une manière telle qu'il mérite désormais un
traitement séparé dans un nouvel Article 14. Il
invita les Parties à lire le libellé
attentivement. Bo Kjellén (Suède), Président
du groupe de travail chargé de l'Article 12
portant sur la relation entre le protocole et
l'Article 4.1 de la CCCC, déclara qu'il était
prêt à reprendre les négociations sur les
questions en suspens, dans l'espoir de voir la
résolution des libellés en rapport avec la
question des politiques et mesures et celle des
finances, aider à faire progresser les choses.
Le président du
groupe de travail chargé de l'Article 14, Luis
Gylvan Meira Filho, d�clara qu'il a introduit un
texte d�pourvu de crochets, la contrainte temps
n'ayant pas permis � son groupe de parachever
son travail. Le Pr�sident Estrada sugg�ra la
tenue d'une consultation avec le comit� de
r�daction juridique. L'Uruguay souhaita avoir
des �claircissements sur la disposition figurant
dans l'Article 14 pr�voyant pour les Parties
vis�es � l'Annexe I, l'utilisation de
certificats pour les r�ductions accumul�s dans
les projets relevant du MDP, � titre de
contribution � la r�alisation "d'une
partie de leurs" engagements en mati�re de
QELROs. Meira Filho pr�cisa qu'il n'y a pas eu
d'accord total sur le libell� parce qu'un
certain nombre de d�l�gations souhaitaient soit
voir un chiffre sp�cifi�, comme un pourcentage
des engagements, soit voir la CdP d�terminer un
pourcentage repr�sentant le maximum
d'engagements pouvant �tre r�alis�s en
utilisant le MDP. D'autres pr�f�r�rent avoir
une restriction plus g�n�rale. L'Arabie
Saoudite fit objection � l'affirmation que le
libell� alternatif tir� du texte de
n�gociation du Pr�sident ait �t� abandonn�.
Le Pr�sident Estrada d�clara qu'il est �vident
que le projet de texte de l'Article 14 n'est pas
consensuel.
Le Pr�sident
Estrada devait indiquer par ailleurs que
l'Article portant sur la conformit� est le plus
facile avec les deux options qui y sont
propos�es. Au sujet de l'Entr�e en vigueur, il
choisit le seuil de 60 ratifications, incorporant
les Parties vis�es � l'Annexe I, dont
l'ensemble repr�sentent au moins 60% du total
des �missions de dioxyde de carbone, pour 1990.
Il expliqua que le chiffre de 60% �tait juste en
dehors de la limite permettant le droit de veto
� une Partie. L'�metteur le plus important est
responsable de 34% des rejets.
Le Burkina Faso,
appuy� par le Bangladesh et l'Ouganda, appela �
une r�f�rence � la disposition, dans l'Article
3 de la CCCC, relative � la prise en
consid�ration des situations des pays les moins
avanc�s. La Mauritanie indiqua que la
pr�occupation exprim�e par le Burkina Faso
�tait trait�e dans le projet de texte de
l'Article 2. L'Iran d�clara que les Parties ne
doivent pas rendre le travail du Pr�sident
Estrada plus difficile en compliquant les
questions. Le Pr�sident Estrada d�clara qu'il
�tait clair qu'un groupe souhaitait avoir une
r�f�rence � l'Article 4.9 de la CCCC et qu'un
autre n'en voulait pas. Il invita l'Iran a tenir
une consultation avec le Burkina Faso. Le Kowe�t
sugg�ra l'ajournement de la r�union. La
Mauritanie d�clara qu'il pr�sumait que les pays
de l'OPEP �taient oppos�s � leur inclusion
parmi les pays les moins avanc�s. Il demanda �
savoir si c'�tait bien l� la position indiqu�e
par l'Iran, le Kowe�t et le Nigeria dans leurs
interventions. Le Nigeria qualifia l'intervention
de la Mauritanie de peu diplomatique. L'orateur
invita la Mauritanie � soumettre une nouvelle
proposition sur l'int�gration d'une r�f�rence
� l'Article 4.9 de la CCCC. Le G-77/Chine
d�clara que les d�l�gations venaient
d'entendre une d�monstration de l'unit� du
groupe et de la diversit� et la transparence de
la mani�re dont le groupe conduit ses affaires.
Le porte-parole offrit de reprendre la question
au sein du groupe. La Mauritanie pr�senta ses
excuses et accueillit favorablement l'appui du
Nigeria � l'incorporation d'une r�f�rence aux
pays les moins avanc�s. Le Pr�sident Estrada
d�clara qu'il ne voyait pas d'objection. La
r�union fut suspendue.
La GC reprit
mercredi � 3h20 du matin. Le Pr�sident Estrada
indiqua que des n�gociations et des
consultations intenses ont �t� men�es au sein
et entre les groupes depuis la mise en
circulation du projet de texte du protocole. Il
d�clara qu'il s'attendait � une conclusion
positive des n�gociations mais qu'il restait
encore quelques points � r�gler.
Il mit en relief
les domaines n�cessitant une discussion dans
l'Article 3 concernant les QELROs. Il indiqua que
des questions ont �t� soulev�es sur le point
de savoir si l'engagement des 5% de r�duction
globale devait �tre entendu comme �tant la
responsabilit� de chacune des Parties vis�es �
l'Annexe I. Il ajouta que le texte avait besoin
d'�tre affin� pour mieux indiquer que chaque
Partie sera responsable de son chiffre respectif
figurant dans l'Annexe A.
Le Pr�sident
nota par ailleurs de r�elles possibilit�s de
parvenir � un accord sur la couverture des six
gaz d�s le d�part, plut�t que sur l'approche
"trois plus trois." Une formulation
diff�rente sera n�cessaire, en particulier pour
ce qui est des ann�es de r�f�rence, pour
chaque ensemble de gaz: 1990 pour le CO2, le CH4 et le NO2; et 1995 dans certains cas pour
les autres gaz. Il ajouta que cela n�cessitait
une �laboration attentive garantissant toute la
transparence qu'il faut.
L'orateur indiqua
en outre qu'il y avait quelques propositions pour
la modification de la p�riode d'engagement,
2006-2010, dans le projet de texte. Le G-77/Chine
et d'autres pays pr�f�r�rent un d�marrage
dans les meilleurs d�lais. D'autres ont montr�
des r�ticences � commencer avant 2008.
Estrada signala
que tout le monde est d'accord que les questions
li�es � l'Article 3 doivent �tre solutionn�es
pour r�soudre le reste. Il nota les
n�gociations en cours et les coups de
t�l�phone aux capitales, et proposa le report
de la discussion � plus tard dans la journ�e.
Il demanda aux d�l�gu�s de consacrer une
r�flexion � l'Article 12 qui porte sur les
engagements disponibles li�s � l'Article 4.1.
Le Br�sil
d�clara qu'il esp�rait que la r�ouverture de
la discussion sur les puits absorbants ne portera
que sur les lignes de d�part et qu'il ne sera
pas d'accord sur l'inclusion des tous les puits
g�r�s dans les QELROs. Le Pr�sident Estrada
r�pondit que les puits ne sont pas objet de
discussion.
DANS LES
COULISSES
Les d�l�gu�s
ont indiqu� qu'un certain nombre de questions
majeures �tait encore en jeu apr�s
l'ajournement de la GC aux premi�res heures du
mercredi matin. Une r�vision de texte sur les
puits a �t�, croit-on savoir, mise en
circulation. Plusieurs d�l�gations ont
sugg�r� qu'elles n'�taient pr�tes d'accepter
l'engagement quantitatif de limitation et de
r�duction des �missions figurant dans le projet
d'Annexe A du Pr�sident, qui place l'UE �
8%; les USA, la Russie, le Canada et
l'Ukraine � 5% ; le Japon � 4,5%;
la Nouvelle Z�lande m�me, l'Australie et la
Norv�ge � +5%; et l'Islande � +10%, par
rapport aux niveaux de 1990. On croit �galement
savoir que les d�l�gu�s sont en train de
r��crire la proposition concernant
l'�volution, dans le cadre du suivi accord� �
l'offre de la Nouvelle Z�lande pour
l'embarquement des pays en d�veloppement.
A SUIVRE
AUJOURD'HUI
GC: La
Pl�ni�re de la GC est pr�vue � 11h.
CdP: La
Pl�ni�re de la CdP se r�unira � 15h dans la
Grande Salle.
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