International Institute for
Sustainable Development (IISD)
LES
FAITS MARQUANTS DE LA TROISIEME
CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CONVENTION-CADRE DES NATIONS-UNIES SUR
LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
6 7 DECEMBRE 1997
La Grande
Commission (GC) de la Troisième Conférence des
Parties (CdP-3) de la Convention-Cadre sur les
Changements Climatiques (CCCC) devait tenir des
sessions samedi matin et après-midi. Les
délégués y ont passé en revue le texte
révisé produit par les groupes de négociation
informels et mené une discussion sur les
questions en suspens. Le Président de la GC
émit, dimanche, un texte officieux
(FCCC/CP/1997/CRP.2) reflétant l'état actuel du
texte de négociation et établissant les options
nécessitant les contributions de haut niveau.
GRANDE
COMMISSION
Les délégués
procédèrent à l'examen du texte révisé ayant
trait aux institutions et mécanismes. Le
document englobe un Préambule retraçant
l'objectif ultime de la convention, l'Article 3
de la Convention et le Mandat de Berlin. Le
projet de Préambule ne mentionne pas
spécifiquement les Articles 4.2(a) et (b). Le
G-77/ Chine déclara qu'il n'y avait pas eu
d'accord dans ce sens.
Takao Shibata
(Japon) rapporta que son groupe de négociation
est parvenu à un accord sur les Articles 8
(soumissions par les Parties), 9 (examen des
soumissions), 15 (secrétariat) 16 (organes
subsidiaires) 17 (processus consultatif
multilatéral), 19 (application), 21 (annexes),
22 (vote), 23 (dépositaire), 24 (signature), 25
(réserves), 26 (entrée en vigueur) et 28-29
(textes originaux), incluant propositions
alternatives et réserves.
L'Article 4 (j)
renferme deux alternatives pour le règlement
intérieur et les règles financières. Le
délégué US apporta son appui à l'alternative
B selon laquelle la Réunion des Parties (RdP)
adopterait le règlement intérieur et les
règles financières, par consensus. Le
G-77/Chine indiqua que durant les consultations
officieuses, sa proposition a été combinée à
celle de l'UE pour produire l'alternative A selon
laquelle les règles de la Convention
s'appliquerait, mutatis mutandis, au Protocole,
sauf s'il en est décidé autrement par voie
consensuelle par la CdP. Sur proposition du
Président, les délégués devaient adopter
l'Alternative A.
L'Article 18
renferme deux alternatives pour les procédures
et mécanismes liés à la question de non
conformité. L'Alternative A s'appliquerait aux
Parties visées à l'Annexe I et les pénalités
seraient opérées à travers un fonds pour le
développement propre. L'Alternative B
s'appliquerait à l'ensemble des Parties et toute
procédure englobant des incidences
contraignantes, devra être adoptée par
amendement du Protocole. Le Président proposa la
poursuite des consultations. Le délégué US
proposa un nouveau libellé demandant, entre
autres, aux Parties dépassant le budget
d'émission dont elles disposent pour une
période donnée, d'imputer la réduction de
l'excédent sur les exercices suivants.
L'Article 26
comprend deux alternatives sur l'entrée en
vigueur. L'Alternative A utilise des dispositions
en rapport avec le nombre de ratification et le
pourcentage des émissions de CO2. L'Alternative B requiert [75] ou
[50] ratifications et [50%] ou [75%] des Parties
visée à l'Annexe I.
Le Président
Estrada proposa de spécifier l'alternative 50
Parties et 60% des émissions totales. Le
Président Shibata rapporta que la plupart des
Parties ont préféré l'Alternative A, mais ont
suggéré de requérir 75% des émissions. Le
Président proposa d'introduire une note de bas
de page stipulant que ce pourcentage donne à une
Partie particulière droit de veto sur l'entrée
en vigueur. Le G-77/Chine déclara que tout
proposition excédant 50% est irrecevable. Il
pourrait apporter son appui à l'Article B s'il
demandait 50 ratifications et 60% des Parties
visées à l'Annexe I.
Luis Gylvan Meira
Filho (Brésil) devait ensuite introduire le
projet de texte révisé portant sur les
objectifs pluriannuels. Le texte fournit un
supplément de définition, à ajouter à
l'Article I, stipulant que la "somme
déterminée" signifie la somme totale nette
des émissions qu'une Partie ne peut dépasser au
cours d'une période d'engagement donnée, pour
la réalisation de ses QELROs. Le texte révisé
contient par ailleurs, deux alternatives pour le
premier paragraphe de l'Article 3 (engagements).
Le G-77/Chine fit
objection à la définition de "somme
déterminée" et apporta son appui à
l'alternative C qui appelle à des QELROs
inscrits dans des calendriers avec des
échéances telles que 2005, 2010 et 2020. Le
porte-parole proposa des références demandant
à une Partie donnée plutôt d'honorer ses
engagements pour la réalisation des QELROs que
de faire en sorte que ses "sommes
d'émissions" soient égales aux
pourcentages qui lui sont assigné dans la pièce
jointe I.
Le délégué US
déclara que cela a été approuvé dans le
groupe de négociation. Le Président proposa
d'utiliser le libellé d'origine en attendant le
résultat des consultations. La Chine fit
objection à l'omission des éléments cruciaux
d'objectifs et de calendriers. Les consultations
informelles se poursuivront sur ces points.
S'agissant de
l'Article 2 portant sur les politiques et mesures
(P&M), le Président Mahmoud Ould El Ghaouth
demanda un délai pour des consultations.
L'Article demeure crocheté. Aucun progrès n'a
été enregistré dans l'Artile 10 (engagements
volontaires) qui reste également entre crochets.
La Norvège
résuma le projet de texte de l'Article 10
portant sur le concept de la "bulle" de
l'UE. Le délégué nota l'impasse dans laquelle
se trouvent deux alternatives, l'une avancée par
l'UE et l'autre par d'autres membres du groupe de
contact. La deuxième alternative souligne que
les quotas d'émission affectés dans le cadre de
la "bulle" seront juridiquement
contraignants. Une autre section établit un
plafond aux réaménagements des quotas et un
libellé y est également inclus invitant à la
prise en compte des changements ou de
l'élargissement des organisations régionales
d'intégration économique.
L'Iran présenta
un rapport sur les négociations concernant la
minimisation des effets négatifs de l'évolution
climatique à travers les politiques et mesures.
Le représentant proposa deux libellés
alternatifs basés sur le projet de décision
avancé par le Zimbabwe et l'Ouganda et appelant
à l'évaluation, par le SBI, des actions
destinées à répondre aux besoins des pays en
développement, en rapport avec les effets
négatifs en question. Les deux alternatives
renferment une référence crochetée à
[l'établissement de dispositifs permettant de
mesurer la compensation]. Les USA, l'UE, la
Pologne, l'Australie et le Canada déclarèrent
que la compensation était inacceptable et que le
paragraphe devait être supprimé. L'Arabie
Saoudite, le G-77/Chine, l'Indonésie, l'Ouganda,
l'Uruguay, le Koweït, le Nigeria, les Emirats
Arabes Unis, la Chine, le Venezuela, Bahreïn et
l'Egypte appuyèrent la suppression des crochets.
Le Zimbabwe suggéra l'examen ministériel de la
proposition dans le cadre de l'Article 4.8. La
Nouvelle Zélande fit objection à la
compensation et apporta son appui à l'Ouganda
pour remplacer "compensation" par
"impacts." Le Président suggéra de
remplacer le libellé existant par celui de
l'Iran, avec l'ensemble du contenu entre
crochets.
Bo Kjellén
(Suède), Président du groupe de travail chargé
de l'Article 12, rapporta que plusieurs libellés
alternatifs restaient à résoudre. On procéda
à la distribution d'un document donnant un
aperçu sur l'état actuel des négociations et
incluant des libellés alternatifs et quelques
nouvelles propositions. Le Président Estrada
invita les Parties à négocier sur la
plate-forme des alternatives présentées par
Kjellén. Le délégué US introduisit une
nouvelle proposition sur la question du transfert
des technologies écologiquement rationnelles
(TER).
John Ashe
(Antigua et Barboude) Président du groupe de
travail chargé de l'Article 13 (finances),
rapporta l'existence d'un désaccord sur les
références crochetées portant sur la mise à
disposition des ressources financières "à
travers le mécanisme de financement"
défini par l'Article 11 et sur les lignes
directrices qui se rapportent au dit mécanisme.
Les Philippines, au nom du G-77/Chine,
proposèrent la suppression du libellé
crocheté. Le Royaume-Uni, au nom de l'UE,
appuyé par les USA, le Canada et le Japon,
déclara qu'il était nécessaire de spécifier
le mécanisme de financement pour éviter les
ambiguïtés. Le Président Estrada, appuyé par
le Nigeria, suggéra la suppression.
Dans le
paragraphe portant sur les orientations
concernant le mécanisme de financement devant
être fourni à la CdP par la Réunion des
Parties du protocole, l'orateur indiqua que le
point de vue du G-77/Chine est que,
juridiquement, le paragraphe n'appartient pas au
protocole. Le Président Estrada suggéra la
suppression du paragraphe. Les Philippines, pour
le G-77/Chine, déclarèrent qu'il ne doit pas y
avoir deux ensembles de lignes directrices pour
le mécanisme de financement. La Chine rejeta
toute tentative de réécriture de l'Article 4.1
de la CCCC. Les USA et le Royaume-Uni
demandèrent un délai de réflexion.
Le Président
Ashe introduisit un projet de texte révisé pour
l'Article 13. Le premier paragraphe indique que
l'application de l'Article 12 tiendra compte des
dispositions de la CCCC relatives aux sujets de
ressources financières et de vulnérabilité des
pays en développement quant à l'évolution
climatique. Le second paragraphe stipule que les
Parties pays industrialisés se doivent,
conformément aux Articles 4.3 et 11 de la
Convention, de mettre à disposition les
ressources financières permettant de couvrir
l'ensemble des co�ts approuv�s encourus par les
Parties pays en d�veloppement dans la
formulation des communications nationales, ainsi
que l'ensemble des co�ts marginaux de la mise en
uvre des dispositions telles que les
communications nationale, les inventaires de GHG,
la collecte des donn�es et les nouvelles
technologies d'adaptation. Le troisi�me
paragraphe stipule que les d�cisions
ant�rieures de la CdP concernant le m�canisme
de financement doivent s'appliquer, mutatis
mutandis, � cet article. Le quatri�me
paragraphe indique que les Parties pays en
d�veloppement peuvent saisir eux-m�mes les
possibilit�s de ressources financi�res pour la
mise en uvre de l'Article 12, � travers le
canal bilat�ral, r�gional et multilat�ral. Les
Philippines, appuy�s par l'Arabie Saoudite, la
Chine et le P�rou, demand�rent un d�lai
permettant au G-77/Chine de mener des
consultations au sujet du libell� en raison des
liens entre ce paragraphe et certaines questions
en suspens, en particulier celles portant sur
l'avancement des engagements pris dans le cadre
de l'Article 4.1.
Le Pr�sident
Estrada rapporta qu'aucun accord n'a pu �tre
conclu sur les libell�s alternatifs des articles
int�ressant les �changes en mati�re
d'�mission et l'ex�cution conjointe
(respectivement les Articles 6 et 7) et qu'ils
resteront, par cons�quent, tels que figurant
dans le document de n�gociation produit par
l'AGBM-8 (FCCC/AGBM/1997/2).
Le Canada
introduisit un texte comportant sept paragraphes.
Dans le premier paragraphe, on a int�gr� un
libell� stipulant que les engagements li�s �
l'Article 3 seront concr�tis�s par les Parties
vis�es � l'Annexe I "de mani�re
rationnelle du point de vue co�t/
efficacit�" et "conform�ment aux
r�gles internationales." Un paragraphe
�tablissant un plafond pour le r�gime des
�changes en mati�re d'�mission fut introduit.
Il y est stipul� que les rapports concernant les
�changes d'�mission doivent �tre �tablis
annuellement et trois paragraphes alternatifs
sont r�serv�s � la question des lignes
directrices relatives � la structure et au
calendrier du m�canisme d'�change.
L'Inde, au nom du
G-77/chine, appuy�e par la Chine et
l'Indon�sie, r�it�ra son objection au concept
des �changes en mani�re d'�mission, affirmant
qu'il ne fait pas partie du Mandat de Berlin et
qu'il ne permet aucune limitation et r�duction
des �missions de gaz � effet de serre.
S'agissant des
puits absorbants, le Pr�sident Estrada demanda
la tenue de consultations informelles pour la
consid�ration d'un certain nombre de points
incluant, entre autres, la proposition
pr�conisant qu'un organe subsidiaire travaille
la question en Juin 1998 et pr�sente � la CdP,
un rapport avant l'entr�e en vigueur du
protocole. La F�d�ration Russe d�clara que la
nature de la r�solution qui sera apport�e � la
question d�terminera sa vision du protocole. Les
Iles Marshall, le Costa Rica et l'Uruguay
d�clar�rent qu'ils �taient pr�ts � adopter
le texte disponible. Le d�l�gu� Canadien
d�clara que le traitement que la proposition
r�serve � la r�colte comportait une
inconsistance pouvant causer � son pays
"une douleur �norme," et la
reforestation qui ne compensera pas la p�nalit�
d�coulant de la r�colte. Le Mexique demanda au
Pr�sident d'inclure les activit�s de
conservation dans la consid�ration de la
d�finition des puits absorbants. Le Pr�sident
Estrada indiqua que les analyses et les
d�finitions n�cessaires n'�taient pas encore
disponibles. Le d�l�gu� US d�clara que le
texte ne pourra probablement �tre r�solu que
lorsque les estimations relatives aux objectifs
auront �t� achev�es. Le Pr�sident Estrada
d�clara que les d�finitions qu'il a sugg�r�es
indiquent des chiffres moins �lev�s et ajouta
qu'il valait mieux �tre clair et transparent sur
ce que les Parties entendent faire et adopter des
normes communes. L'UE mit en garde contre les
incitations perverses.
Antonio La Vi�a
(Philippines) introduisit un papier officieux
r�vis� comportant seulement un libell� relatif
� l'option C figurant dans les papiers officieux
pr�c�dents (rendant compte de la limite des
activit�s li�es aux puits absorbants dans la
compensation des �missions). Le Japon, la
Barbade, la Russie, les USA, le Canada, Cuba et
la Jama�que appuy�rent le texte. La Nouvelle
Z�lande, soutenue par l'Australie, les USA et la
Norv�ge, appela au maintien du texte pr�c�dent
en guise d'option pour les ministres. Le
Pr�sident nota que le texte en question n'avait
pas �t� introduit � titre officiel, mais
accepta n�anmoins de le retenir comme source.
Les Iles Marshall, la Suisse, la Barbade et la
Malaisie y firent objection. Le d�l�gu� US
proposa d'ajouter "pour la premi�re
p�riode d'engagement" au paragraphe relatif
au d�marrage de la permission des activit�s
li�es aux puits. L'UE pla�a l'ensemble du
paragraphe entre crochets. Samoa, avec Tuvalu,
signala une �ventuelle r�serve sur le
paragraphe au cas o� d'autres libell�s y
�taient retenus comme options.
La derni�re
version du texte, celle du 7 D�cembre,
enti�rement crochet�e, int�gre les puits dans
l'Article 3 qui, dans l'une de ses alternatives,
appelle les Parties � r�aliser les QELROs
relatifs aux sources et aux puits dans les
d�lais propos�s. Il y est �galement stipul�
que le net des �volutions intervenant au niveau
des �missions, par source, et des suppressions,
par puits absorbants, et d�coulant des
changements directement induits par l'homme,
depuis 1990, au niveau de l'utilisation des
terres et dans les activit�s foresti�res,
limit�es � la cr�ation de for�ts, au
reboisement et � la d�forestation, seront
utilis�s dans la r�alisation des engagements
des Parties, relatifs � l'Article 3. Le texte
appelle aussi les Parties � fournir au SBSTA les
donn�es permettant d'�tablir le niveau de leurs
stocks de carbone en 1990 et de proc�der �
l'estimation des changements intervenus dans les
ann�es suivantes. La RdP devra proc�der, lors
de sa premi�re r�union o� aussit�t que
possible, � l'�valuation et d�termination des
modalit�s, r�gles et lignes directrices
permettant de d�cider comment et quelles autres
activit�s induites par l'homme devront �tre
ajout�es �, ou soustraites de, la somme
d�termin�e pour les Partie vis�es � l'Annexe
I.
A
SUIVRE AUJOURD'HUI
CdP: La
Pl�ni�re se r�unit � partir de 10h, dans la
Salle Principale.
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