International Institute for
Sustainable Development (IISD)
LES
FAITS MARQUANTS DE LA TROISIEME CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE DES NATIONS UNIES
SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
5 DECEMBRE 1997
La Grande
Commission (GC) de la Troisième Conférence des
Parties (CdP-3) de la Convention-Cadre des
Nations Unies sur les Changements Climatiques
(CCCC) devait poursuivre durant la matinée sa
Plénière inventorielle. L'après-midi, la CdP
se réunit en Plénière pour débattre des
questions organisationnelles et procédurales en
suspens. La Plénière inventorielle de la GC
devait se réunir de nouveau dans la soirée.
GRANDE
COMMISSION (GC)
Concernant
l'Article 4 (la "bulle" de l'UE), la
Norvège rapporta que des progrès ont été
réalisés grâce aux éclaircissements apportés
et concessions faites par l'UE et que la
proposition sera amendée. Le délégué indiqua
toutefois que certains points importants
restaient encore en suspens. Au sujet de
l'Article 10 (engagements volontaires), le
Mexique rapporta que les délégués ont exprimé
un intérêt pour la coopération sur ce sujet
mais qu'il n'y a pas d'indication que tous les
groupes régionaux soient intéressés par des
discussions de groupe de contact.
Les délégués
devaient examiner par ailleurs un projet de
décision sur les questions méthodologiques en
rapport avec le protocole, en vertu duquel la CdP
réaffirme que les Parties doivent utiliser les
Lignes Directrices révisées du PICC dans les
inventaires de gaz à effets de serre (GHG).
Dans un
paragraphe crocheté, la CdP réaffirme
également que les Données Potentielles du
Réchauffement de la Planète (GWPs) utilisées
par les Parties doivent être celles fournies par
le PICC sur la base des effets produits par les
GHG sur une période de 100 ans. Les Parties
peuvent, à titre d'information seulement,
utiliser une période de temps différente. La
Chine proposa que les GWPs doivent tenir compte
des incertitudes compliquées inhérentes au
travail de leur d'estimation.
La Suisse,
appuyée par la Hongrie, encouragea le SBSTA
d'élaborer davantage sur l'inclusion des
émissions des carburants dans les inventaires de
GHG.
Le Japon, opposé
par le Royaume-Uni, déclara qu'il y a une
méthode "réelle" et une méthode
"potentielle" d'estimation des
émissions et proposa l'introduction d'un nouveau
paragraphe en vertu duquel la CdP réaffirmerait
la méthode "réelle" pour l'inclusion
des émissions des HFC, PFC et SF6 dans les
QELROs. Les USA, appuyés par la Norvège,
appelèrent à l'utilisation de la méthodologie
concrète là où les données sont disponibles.
Les consultations se poursuivront sur ce projet
de décision.
Le Président
Mahmoud Ould El Ghaouth rapporta que le groupe de
négociation chargé de la question des
politiques et mesures (P&M) a produit un
projet de document, bien que des divergences
persistent dans les points de vue sur la question
de savoir si les P&M doivent être
obligatoires ou non. Le projet de texte comprend
trois paragraphes. Le premier dresse la liste
d'un certain nombre de politiques et mesures et
renferme des références crochetées portant
sur: certains types de P&M, les engagements
volontaires des Parties non visées à l'Annexe
I; l'application en fonction des circonstances
nationales; et l'évaluation de l'application des
P&M par la RdP. Le paragraphe crocheté 2 se
référe au point de savoir si les Parties
visées à l'Annexe I "appliqueront" ou
"s'efforceront d'appliquer" les P&M
de manière à réduire au minimum les effets
adverses de l'évolution climatique et les effets
négatifs des P&M sur les autres Parties. Le
paragraphe crocheté 3 traite de la coordination
des P&M.
Au sujet des
QELROS, le Président Raúl Estrada Oyuela
rappela que les questions des échanges en
matière d'émission et des activités
exécutées conjointement (AIJ) n'ont pas été
discutées par la GC. Le Canada souligna
l'importance des circonstances nationales et
mentionna le travail effectué pour le
développement des sources d'énergie
renouvelables.
Le Président du
groupe de travail chargé des institutions et
mécanismes (I&M), Takao Shibata (Japon)
rapporta les progrès réalisés dans les
discussions sur les Articles portant sur la
RdP/CdP, les mécanismes de conformité, et
l'entrée en vigueur. Patrick Szell (Royaume-Uni)
poursuit le travail au sein d'un groupe de
contact. Il indiqua que la résolution d'un
certain nombre de points dépendra du résultat
des négociations menées sur différentes autres
questions. Les Parties ont requis: une
référence à l'Article 4.1 de la CCCC dans le
Préambule; que les négociateurs revisitent
l'Article 14 qui porte sur la RdP après la
discussion sur les sections pertinentes du
libellé. Et l'inclusion d'une référence à la
proposition concernant la mise en place d'un
fonds pour le développement propre, dans
l'Article 18. L'orateur indiqua en outre que les
Parties se sont accordées sur le fait que la CdP
de la CCCC serve de réunion des parties du
protocole, le principe de l'intégration
fonctionnelle et de la distinction juridique
entre les deux étant admis. Les négociations se
poursuivent sur le point de savoir s'il est
nécessaire d'adopter de nouvelles règles de
procédure. S'agissant du mécanisme de
conformité, les Parties sont en train
d'examiner: s'il est besoin d'adopter des
pénalités contraignantes; la nature de ces
pénalités; et si le mécanisme doit être
élargi à l'ensemble des Parties.
Bo Kjellén
(Suède), président du groupe de travail chargé
des Articles 12 et 13 portant respectivement sur
les engagements et les finances, rapporta que les
discussions se poursuivaient sur la référence
à l'Article 4.1 de la CCCC et un certain nombre
d'autres alinéas.
Estrada déclara
que certaines délégations ne souhaitaient
apparemment pas réaliser un compromis sur les
autres points en attendant l'aboutissement des
négociations sur les QELROs. Les Parties qui
retardent l'accord doivent être conscientes de
leurs responsabilités dans le processus global.
Au cours de la
séance nocturne, l'Iran présenta un rapport sur
les consultations autour de la proposition
préconisant la création d'un fonds de
compensation.
CONFERENCE
DES PARTIES
La Plénière de
la CdP devait se réunir dans l'après-midi. Les
délégués acceptèrent l'offre avancée par
l'Argentine d'accueillir la CdP-4 et les
réunions des organes subsidiaires du 2 au 13
Novembre 1998 à Buenos Aires. Le Président de
la GC, Estrada, (Argentine), présenta un rapport
sur le travail de la Commission. La GC s'est
réunie à huit reprise pour la négociation des
derniers points du protocole ou autre instrument
juridique. Au sujet de l'Article 3, Estrada nota
que les négociations concernant différents
points attendent l'accord sur les chiffres des
QELROs. S'agissant de la question de couverture,
deux alternatives sont en discussion: la
régulation immédiate des six gaz ou la
régulation de trois gaz maintenant et l'adoption
d'une annexe indiquant que les trois autres
seront régulés à la CdP-4. Concernant les
puits absorbants, Antonio La Viña (Philippines)
a entrepris des consultations sur leur
définition. Des accords doivent être conclus
sur les questions des puits et de la couverture
avant qu'on ne puisse définir les QELROs. La
discussion se poursuit autour de la question de
savoir s'il faut retenir des objectifs annuels ou
pluriannuels et leur durée. Le libellé
concernant les "emprunts" en matière
d'émission a été supprimé. La mise en place
d'une caisse de compensation et la création d'un
fonds pour le développement propre ont été
discutées de manière officieuse. Des décisions
ont été prises au sujets des paragraphes se
référant aux pays en transition économique.
Les discussions se poursuivent également sur le
concept de "la bulle" proposé par
l'UE. Des décisions ont été prises au sujet
des méthodologies et des engagements.
Les autres sujets
encore en discussion comprennent: les engagements
volontaires; la conformité réalisée
conjointement; les institutions et mécanismes;
et l'organe du protocole. L'application de
l'Article 18 et de pénalités pour non
conformité reste à décider. Une définition
des quantités de GHG est nécessaire pour
l'Article 2. L'absence d'accord sur les Articles
2 et 3 entrave la négociation de l'Article 12.
S'agissant des P&M, il y a trois positions
favorisant respectivement: des P&M
obligatoires; pas de P&M; quelques P&M
non obligatoires.
Au sujet de
l'évaluation de l'information et des
éventuelles décisions liées à l'Article
4.2(f), le Président Oki (Japon) parla des
consultations officieuses sur la question de
l'amendement de la Convention et de ses Annexes.
Luis Herrera (Venezuela) fit part du consensus
sur le remplacement de la Tchécoslovaquie dans
l'Annexe I par la Slovaquie et la République
Tchèque et l'ajout de la Croatie et de la
Slovénie. L'orateur soumit un projet de
décision (FCCC/CP/1997/L.3), lequel fut adopté.
Concernant la suppression de la Turquie des
Annexes I et II, Herrera rapporta que les
consultations se poursuivaient sur ce point.
Sergio Selaya
Bonilla (Honduras) rapporta qu'aucun consensus
n'a pu être réalisé sur la proposition
d'amendement avancée par l'UE concernant le vote
majoritaire. Cette dernière dut ainsi être
retirée. Bakary Kante (Sénégal) rapporta qu'il
n'y a pas eu de consensus autour de la
proposition du Koweït préconisant la création
d'un fonds de compensation. Le Président
rapporta, pour sa part, que les consultations se
poursuivaient sur la question du règlement
intérieur.
Le Président
demanda à la CdP de prendre note de plusieurs
documents: les activités ayant trait au soutien
technique et financier (FCCC/CP/1997/INF.3); le
rapport de la seconde réunion de l'AGBM-8
(FCCC/AGBM/1997/8/Add.1); et les questions
administratives et financières
(FCCC/CP/1997/INF.1) incluant le budget
programmatique de la biennale 1998-99.
Les Parties
s'accord�rent que la proposition Br�silienne
pr�conisant le rattachement des objectifs
d'�mission des diff�rentes Parties � leurs
contributions � l'�volution climatique
(FCCC/AGBM/1997/ MISC.1/Add.3) soit transmise au
SBSTA pour en �valuer les aspects scientifiques
et m�thodologiques et aviser la CdP-4 sur les
futures activit�s. Le Br�sil nota l'�l�ment
politique propos�: que les futurs objectifs
soient �tablis en terme de changement du relev�
de la temp�rature moyenne � la surface du
globe, en guise de m�canisme pour la
r�partition proportionnelle du fardeau.
La Nouvelle
Z�lande d�clara que les instances concern�es
des Parties vis�es � l'Annexe I ont besoin
d'assurances que les pays en d�veloppement
adapteront eux aussi des engagements
contraignants de limitation des �missions dans
la troisi�me p�riode des engagements. Le
d�l�gu� proposa une double condition: que les
Parties vis�es � l'Annexe I puissent avoir,
dans les meilleurs d�lais, l'accord des Parties
non vis�es � l'Annexe I sur des engagements
futurs, mais que ces derni�res ne soient pas
tenues par ces engagements si les premi�res
n'honorent pas les engagements pris � Kyoto. Il
appela � un "engagement progressif" en
fonction du niveau relatif de d�veloppement et
� l'exemption des pays les moins avanc�s.
Appuy� par la Hongrie, les USA, le Canada, l'UE,
la Pologne, la Slov�nie, l'Australie, la Suisse
et le Japon, l'orateur introduisit un projet de
texte qui, entre autres: fait �tat des
engagements des Parties vis�es � l'Annexe I
d'ici 2014, consid�re que les futurs engagements
des Parties vis�es � l'Annexe I doivent,
au-del� de cette date, consacrer la
participation du plus grand nombre possible dans
les actions contraignantes; reconna�t que
l'introduction de futurs engagements juridiques
contraignants de limitation des �missions pour
les Parties non vis�es � l'Annexe I reste
tributaire de l'application par les Parties de
l'Annexe I, en particulier, des QELROs du
Protocole de Kyoto; admet qu'il doit y avoir de
nouveaux QELROs pour les Parties vis�es �
l'Annexe I et des "objectifs quantitatifs de
limitation des �missions" pour les autres
Parties, � l'exception des pays les moins
avanc�s; et �tablit un processus de
d�termination des engagements, � conclure d'ici
2002.
Le G-77/Chine,
appuy� par la Tha�lande, l'Arabie Saoudite,
l'Iran, la Colombie, la Malaisie, Le Nicaragua,
le Honduras, la Syrie, le Ghana, le Togo, le
Laos, le Kowe�t, la Grenade, le Botswana,
Bahre�n, le Mali, Le Chili, le P�rou, Trinit�
et Tobago, le Nigeria, le Bangladesh, le Kenya,
le Maroc, le Zimbabwe, L'Indon�sie, l'Uruguay,
la R�publique Centrafricaine, les Philippines,
le Venezuela, le Costa Rica, la Gambie,
l'Argentine et l'Afrique du Sud, au nom de la
Communaut� du D�veloppement de l'Afrique
M�ridionale (SADC), d�clara que l'�quit� et
le principe des responsabilit�s communes mais
diff�renti�es restaient des �l�ments cl�s
pour la r�ussite. Le porte-parole nota la
faiblesse des taux d'�mission par habitant dans
les pays en d�veloppement et souligna les
priorit�s de leur d�veloppement �conomique et
social. Ce n'est pas le moment d'aborder les
engagements devant �tre pris par les pays en
d�veloppement mais celui de renforcer les
engagements des pays industrialis�s. L'orateur
conclut son intervention par un seul mot:
"non." L'Inde fit objection � l'id�e
de priver les pays en d�veloppement d'un espace
environnemental �quitable pour leur croissance.
Le Br�sil fit remarquer que la position de l'un
des pays industrialis�s en pr�sence disant en
substance "si vous ne donnez pas, nous ne
donnerons pas", ce � quoi il souhaitait
r�pondre "nous ne discuterons pas avant que
vous n'ayez donn�." La Chine rappela la
performance des Parties vis�es � l'Annexe I
quant � la r�alisation des engagements
existants et demanda � l'UE de faire attention
� sa "bulle."
La Hongrie
d�clara que d'autres Parties pourraient suivre
les pays en transition �conomique qui se sont
joints � l'Annexe I en d�pit des difficult�s
�conomiques. Le d�l�gu� US d�clara que les
engagements de toutes les Parties doivent laisser
une latitude � la croissance �conomique tout en
assurant la protection de l'environnement. Les
USA souhaitent voir les pays en d�veloppement,
� l'exception des pays les moins avanc�s,
adopter des objectifs d'�mission visant la
r�duction de la croissance de leurs �missions.
Le d�l�gu� nota que les engagements des pays
en d�veloppement pouvaient �tre diff�renci�s
en fonction des responsabilit�s et des
capacit�s de chacun d'entre eux. L'UE r�it�ra
que le Mandat de Berlin emp�chait la
possibilit� de nouveaux engagements pour les
pays en d�veloppement et souligna que les pays
industrialiser doivent prendre les devants en
adoptant, � Kyoto, des engagements juridiques
contraignants. L'orateur affirma qu'il �tait
appropri� d'entamer un processus d'�valuation
bas� sur l'Article 7.2 visant � �tablir de
nouveaux engagements pour toutes les Parties.
Tout en reconnaissant les efforts consentis par
les pays en d�veloppement pour le traitement de
leurs �missions, le Japon souligna la
n�cessit� du renforcement de leur participation
dans le futur. Le d�l�gu� proposa la mise en
route d'un processus post-Kyoto � cet effet. Il
pr�cisa que la participation des pays en
d�veloppement ne signifie pas la r�duction mais
seulement la limitation des �missions et indiqua
que la proposition de la Nouvelle Z�lande
pouvait servir de plate-forme aux discussions. Le
Canada affirma que la programmation s�quentielle
des engagements a bien fonctionn� dans d'autres
accords.
Le G-77/Chine
d�clara que la proposition N�o-z�landaise doit
�tre d�laiss�e et que le groupe ne participera
pas � quelque groupe de contact que ce soit,
pour une question de principe. Le Pr�sident
indiqua qu'il consultera le Bureau.
Le Secr�taire
Ex�cutif pr�senta un rapport sur les r�sultats
de sa requ�te d'information concernant le statut
de la Yougoslavie au sein des Nations Unies et de
dans la CCCC. Le Pr�sident demanda � la
Yougoslavie de continuer � ne pas participer �
la r�union.
DANS LES
COULISSES
Durant et apr�s
le marathon des r�actions enregistr�es � la
Pl�ni�re du vendredi, d�l�gu�s et
observateurs se sont mis � r�fl�chir sur les
implications strat�giques possibles de la
proposition de la Nouvelle Z�lande concernant
les nouveaux engagements des pays en
d�veloppement. Certains pensent que la
proposition gagnerait � �tre formul�e dans les
meilleurs d�lais. D'autres la consid�rent comme
d�rangeante et susceptible de provoquer des
tensions et des r�sistances, � �viter � ce
stade d�licat. D'autres encore se demandent si
la proposition n'a pas �t� introduite rien que
pour placer la discussion sur les engagements
volontaires des Parties non vis�es � l'Annexe I
sous une lumi�re favorable. Un observateur
chevronn� a sugg�r� que le plus gros probl�me
de la pr�sentation r�sidait probablement dans
la contradiction avec sa propre donn�e
s�quentielle: qu'une id�e claire des QELROs de
l'Annexe I doit �merger avant la sobre
consid�ration des engagements des pays en
d�veloppement.
A SUIVRE
AUJOURD'HUI
Segment de
Haut Niveau: La R�union de Haut Niveau
commence � 10h dans la Salle Principale.
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